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4 avril 2025
Economie
lettre d'amérique, par rama yade
LA FIN DE L’USAID, UN NOUVEAU DEPART POUR L’AFRIQUE
Au fond, les Africains n’auraient pas dû attendre que Donald Trump coupe les vivres humanitaires. Ils auraient dû prendre les devants et réorienter leurs partenariats extérieurs sur des bases plus saines
C’est fait. L’Agence américaine pour le développement international (Usaid) n’existe plus. Ici, à Washington, on a même aperçu, sur Pennsylvania Avenue, des hommes couvrir de noir le nom de l’institution. C’est la conséquence du décret signé par le Président Donald Trump le 21 janvier 2025 et exigeant, sauf pour «l’assistance militaire à destination de l’Egypte et d’Israël», «une pause de 90 jours pendant laquelle l’efficacité des programmes et leur cohérence avec la politique étrangère des Etats-Unis vont être évaluées». Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a toutefois précisé, le 28 janvier, que cette suspension ne concernait pas l’aide alimentaire d’urgence.
«Thank you for your service»
Pas de long processus législatif, pas de débat au Congrès, pas de grève des personnels. C’est par un simple email se terminant par «Merci pour votre service» qu’ont été mis en congé 10 000 personnels dont deux tiers basés à l’étranger, priés de rentrer à Washington. Des élus démocrates comme Ilhan Omar ou Jamie Raskin ont bien tenté des manifestations devant le siège d’Usaid, il était trop tard. Ils avaient laissé passer le week-end. Tous les ordinateurs ont été emportés par le Doge, le nouveau bureau anti-gaspillage dirigé par Elon Musk.
En un claquement de doigts, l’Usaid, le plus grand pourvoyeur d’aide au développement dans le monde depuis sa création en 1961, sous la présidence Kennedy, a été fermée. La célérité de ce démantèlement est un démenti féroce à tous les gouvernements incapables d’agir vite. Quand on veut, manifestement on peut, seraient tentés de penser certains électeurs.
L’Amérique d’abord
On se gardera bien de relever les raisons propres aux Etats-Unis qui ont amené la nouvelle administration à sceller le sort de l’Usaid. Le nouvel homme fort de Washington cherche à réaliser 1000 milliards de dollars d’économies sur le fonctionnement de l’Etat fédéral. De plus, pour Elon Musk, l’Usaid, que ce dernier a qualifiée d’ «organisation criminelle», poursuivait des objectifs qui ne correspondent plus aux priorités de la nouvelle administration, «l’Amérique d’abord». On a ainsi vu la nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leawitt, scandalisée, tendre des feuilles où manifestement figuraient des actions financées par l’Usaid comme «1,5 million de dollars pour faire progresser Dei [Diversité, Equité, Inclusion est un programme honni des trumpistes, garantissant une meilleure représentation des minorités sexuelles et ethniques] sur les lieux de travail en Serbie ; 70 000 pour la production d’une comédie musicale Dei en Irlande ; 47 000 pour un opéra transgenre en Colombie, 32 000 pour une bande dessinée transgenre au Pérou». Après tout, il n’y a rien de choquant pour un président élu d’appliquer le programme pour lequel il a été élu et de définir ses propres priorités. On ne voit pas non plus pourquoi les administrations devraient échapper à une évaluation de leurs missions. Toutes ces actions sont légitimes si elles se font dans le respect de la loi. Et c’est la question qui agite ceux qui résistent à la déferlante Maga. On ne se prononcera pas non plus sur les conséquences de cette fermeture sur la politique étrangère américaine, les analystes de DC rivalisant de prédictions sur la manière dont cette fermeture avantagera - ou non - la Chine et la Russie pour combler le vide ainsi laissé. Sans doute les décideurs de Washington y ont pensé.
L’Afrique, première victime ?
En revanche, si l’aide à la sécurité à l’Ukraine ou la formation des écolières sous régime taliban ont cessé, tous sont unanimes pour affirmer que l’Afrique, qui est notre principale préoccupation ici, sera la première victime de l’effondrement de l’Usaid. Les pays africains reçoivent en effet un quart de l’aide globale américaine, l’Usaid comprise, soit près de 18 milliards de dollars. En dehors de l’Egypte, les principaux bénéficiaires africains sont : l’Ethiopie, la Somalie, le Nigeria et la RDC. C’est surtout en matière d’aide d’urgence et de santé, avec le Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (Pepfar), que l’émotion a été vive, poussant l’administration à suspendre le décret pour les aides médicales vitales.
Et de citer le bilan de l’organisation. Au cours de l’exercice 2023, les Etats-Unis ont déboursé 72 milliards de dollars d’aide en faveur d’une centaine de pays, dans des domaines aussi divers que la santé des femmes dans les zones de conflit, l’accès à l’eau potable, en passant par les traitements contre le Vih/sida, la sécurité énergétique et la lutte contre la corruption. Il se dit que les programmes de lutte contre le sida et le paludisme ont permis d’éviter 200 000 morts par an dans les pays pauvres. Du Soudan à la Rdc, des centaines de millions de dollars de nourriture et de médicaments, déjà livrés par des entreprises américaines, se trouvent dans les ports, en raison de la fermeture soudaine de l’agence.
Et alors ?
Sur des questions aussi fondamentales, l’Afrique n’aurait jamais dû dépendre d’un agenda étranger, américain ou autre. L’éducation des filles, la santé, l’Armée, ce sont des domaines stratégiques qui devraient relever du domaine régalien des nations, même africaines. D’ailleurs, pour tous les Etats engagés sur la scène internationale, l’aide au développement procède toujours plus d’une démonstration d’influence, de pouvoir que de la générosité. Surtout, elle n’a jamais sorti aucun pays du sous-développement. Régulièrement, les Ong déplorent que l’aide au développement déployée par les pays riches reste inferieure aux recommandations des Nations unies. Plutôt que d’accroître la dépendance africaine à des aides inefficaces, tous ces efforts auraient été mieux employés s’ils avaient été consacrés à des politiques bien plus décisives comme le renforcement du commerce entre économies africaines (désespérément en deçà de 15% quand il s’élève au-delà de 90% entre les économies européennes), l’introduction de monnaies souveraines (l’éco n’a toujours pas vu le jour malgré les annonces tonitruantes) ou encore la transformation industrielle locale des ressources, la formation d’ingénieurs et de scientifiques.
Proposer un deal à Donald Trump
Au fond, les Africains n’auraient pas dû attendre que Donald Trump coupe les vivres humanitaires. Ils auraient dû prendre les devants et réorienter leurs partenariats extérieurs sur des bases plus saines. Le même souci d’efficacité et la politique du «America first» qui animent les Etats-Unis, devraient animer les Africains. Avec son «Ghana beyond aid», le Ghana avait bien essayé sous la présidence de Nana Akufo-Addo, mais c’est le Botswana qui y est parvenu avec davantage de succès, transformant localement son diamant pour mettre en place une stratégie de croissance réussie. Plutôt que de se battre pour le maintien de ces «aides au développement», les Africains devraient profiter de la fin de l’Usaid pour, au minimum, accompagner et élargir la demande américaine d’évaluation à tous les dispositifs d’aide et, au mieux, proposer un nouveau partenariat aux Occidentaux, fait d’investissements directs et de commerce plus juste. Après tout, les économies africaines ont des atouts et des ressources dont peu d’Etats dans le monde disposent à grande échelle. On peut parier que le «dealmaker» ou «négociateur», qu’est Donald Trump, ne sera pas insensible à cette approche.
Rama Yade est Directrice Afrique Atlantic Council.
UNE PROGRESSION DE DEUX POINTS POUR LE SENEGAL DANS L'INDICE DE PERCEPTION DE LA CORRUPTION
Le pays de la Téranga se hisse du coup à la 69e position, ex æquo avec Sao Tomé-et-Principe, la Côte d’Ivoire et le Bénin, qui ont obtenu le même score
La perception de la corruption est en léger recul au Sénégal. Pour cause, dans le classement de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) pour l’année 2024, le pays gagne deux points par rapport à 2023, atteignant ainsi un score de 45 sur 100. Le pays de la Téranga se hisse du coup à la 69e position, ex æquo avec Sao Tomé-et-Principe, la Côte d’Ivoire et le Bénin, qui ont obtenu le même score. Le Forum civil, section sénégalaise de Transparency International invite néanmoins les pouvoirs publics à démultiplier les efforts pour endiguer la corruption qui freine le développement.
L e Forum civil, branche sénégalaise de Transparency International, salue l’amélioration de deux points enregistrée par le Sénégal dans l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2024, portant ainsi son score à 45/100 contre 43 en 2023. Bien que cette progression soit significative, le pays demeure dans la zone critique, témoignant de la nécessité de poursuivre les efforts en matière de lutte contre la corruption.
Selon le Forum civil, cette avancée résulte de réformes majeures, notamment l’instauration d’un Parquet national financier et le renforcement des missions de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). Toutefois, l’organisation exhorte les autorités à une transparence accrue, en particulier en ce qui concerne la publication des rapports de l’Inspection générale d’État ainsi que la gestion des flux financiers illicites.
Pour rappel, entre 2012 et 2024, le Sénégal a connu une progression modérée dans l’IPC, passant de 36 à 45 points. Si la note est demeurée stable à 45 entre 2016 et 2020, les réformes récemment mises en œuvre, notamment celles adoptées en 2023 et au début de l’année 2024, ont permis d’enregistrer cette légère amélioration.
Par ailleurs, le Forum civil exhorte le président de la République à clarifier l’origine du compte bancaire de 1 000 milliards de FCFA mentionné par le Premier ministre. Il plaide également en faveur de l’adoption de lois renforçant la transparence et la gouvernance vertueuse, telles que celles relatives à l’accès à l’information, à la protection des lanceurs d’alerte et à l’obligation de déclaration de patrimoine.
Pour rappel, l’Indice de Perception de la Corruption 2024 révèle que la corruption reste un problème majeur dans de nombreux pays à travers le monde. Cependant, des changements positifs sont observés dans plusieurs d’entre eux. L’IPC classe 180 pays en fonction du niveau perçu de corruption dans leur secteur public. Les scores sont attribués sur une échelle allant de 0 (très corrompu) à 100 (très intègre). La moyenne mondiale, stagnante depuis plusieurs années, s’établit à 43. Plus des deux tiers des pays affichent un score inférieur à 50, soulignant l’ampleur du défi à relever.
LE SÉNÉGAL PERD SES SOIGNANTS
Avec seulement 0,69 médecin pour 10 000 habitants, bien loin des recommandations de l'OMS, le pays peine à retenir ses professionnels de santé face aux conditions de travail difficiles et aux salaires peu attractifs
Depuis plusieurs années, le Sénégal est confronté à un exode massif de ses professionnels de santé vers la France et d'autres pays européens. Ce phénomène, qui ne cesse de s’accentuer, pose un véritable problème de santé publique, menaçant l'équilibre déjà fragile du système médical national.
Il y a quelques jours, le licenciement du Dr Maïssa Ndao, médecin vacataire au centre de santé de Grand-Dakar, a exacerbé les tensions dans un secteur déjà en proie à des difficultés chroniques. Considérée comme arbitraire par ses collègues, cette décision a déclenché une vague de protestations et de menaces de grève, révélant au grand jour les maux qui rongent la profession médicale au Sénégal.
Le Dr Ndao a été licencié, après avoir osé demander une augmentation de salaire, selon certains de ses proches, alors que son supérieur hiérarchique a avancé qu’il avait critiqué la gestion financière du centre de santé lors d’une réunion de cogestion à laquelle il n’avait pas été officiellement convié. Le médecin-chef du centre, Dr Modou Ndiaye, justifie cette décision par une attitude jugée ‘’irrespectueuse’’ et une perturbation de la réunion. Cependant, pour les collègues du Dr Ndao, ce licenciement est symptomatique d’un système qui étouffe la liberté d’expression et méprise les professionnels de santé. ‘’Nous attendons la réponse du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes (Sames). S’il ne réagit pas, nous allons arrêter toute prestation dans les structures publiques’’, a déclaré El Hadj Babacar Ndoye, porte-parole du Mouvement des jeunes médecins du Sénégal, lors d’un point de presse.
Une profession en souffrance
Cette affaire a remis en lumière les conditions de travail difficiles des médecins sénégalais. Entre salaires insuffisants, plateau technique défaillant et recrutements au compte-gouttes, la profession se sent délaissée. Avec seulement 0,69 médecin pour 10 000 habitants, le Sénégal est loin des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise un médecin pour 5 000 à 10 000 habitants. S’y ajoutent le manque d'infrastructures, des salaires peu attractifs et des conditions de travail déplorables. Ils constituent les premières causes d’un exode noté. De nombreux médecins, infirmiers et spécialistes déplorent le manque de matériel adéquat et les longues heures de travail, souvent sans compensation financière suffisante.
Ainsi, la France, qui est le principal pays d’accueil des médecins sénégalais, profite de cette situation. Elle offre de meilleures opportunités : salaires plus élevés, meilleures conditions de travail et une reconnaissance professionnelle accrue. Chaque année, de nombreux jeunes médecins s’envolent vers l'Hexagone, après avoir réussi les concours de validation de diplômes étrangers.
Selon des sources hospitalières, certains services de santé français fonctionnent grâce à la présence massive de médecins issus d’Afrique francophone, notamment du Sénégal.
La contribution percutante du Dr Boubacar Signaté
Ces centaines de médecins qui quittent le pays pour l’Europe ou les États-Unis sont attirées par de meilleures conditions de travail et des rémunérations plus attractives. Cette fuite des cerveaux, déjà préoccupante, risque de s’aggraver, comme l’a souligné le docteur Boubacar Signaté, médecin urgentiste à Paris et figure respectée du secteur, dans une contribution virale largement partagée sur les réseaux sociaux.
Dans la foulée, il précise qu’avant, c’était les Maghrébins qui étaient en nombre. Ils le sont toujours, 3 000 candidats pour certaines spécialités, 2 000 pour d’autres, pour parfois moins de 100 postes ouverts. ‘’C’est la première fois, cette année, que j’ai vu beaucoup de médecins sénégalais se présenter en nombre et surtout être lauréats de ce concours. Certains déjà en France, mais, fait inédit cette année, d’autres sont venus directement du Sénégal concourir et être lauréats. Donc, ils vont s’y mettre de plus en plus et réussir le concours’’, alerte ce médecin urgentiste.
Dans ce contexte alarmant, le Dr Signaté, qui vit à Paris, a dressé un tableau sans concession de la situation. ‘’Si vous pensez qu’il y a une saignée, attendez-vous à une hémorragie massive’’, a-t-il averti. Il décrit en détail les mécanismes qui poussent les médecins sénégalais à partir, notamment vers la France, où ils peuvent obtenir une autorisation de plein exercice après avoir réussi un concours exigeant.
‘’En France, les médecins sénégalais sont accompagnés dans leurs démarches administratives, logés et bénéficient d’un cadre de travail moderne et respectueux. Ici, au Sénégal, nous sommes traités comme des citoyens de seconde zone’’, déplore-t-il.
Le médecin sous-entend aussi que les revenus des médecins au Sénégal sont si bas qu’il serait presque choquant de les mentionner. En comparaison, dans des pays comme la France, les médecins bénéficient de salaires nettement plus élevés, ce qui rend la situation sénégalaise d’autant plus difficile à accepter. Il suggère que les médecins sénégalais sont sous-payés, ce qui les pousse à chercher des opportunités à l’étranger. ‘’Je ne parlerai pas des revenus, ce serait indécent, ni des conditions de travail, ni de la protection sociale du travailleur et de sa famille, ni du cadre de vie, ni de la reconnaissance et du respect donnés au médecin. Il n’y a qu’au Sénégal qu’on ne sait pas qu’un médecin a plus de valeur que toutes les pièces précieuses réunies’’, ironise-t-il.
En outre, il pointe du doigt le retard sur le plan de la formation inadaptée aux exigences modernes. ‘’Nos universités, leurs programmes pédagogiques et leurs visions dans le domaine des sciences de l’éducation sont obsolètes. Les enseignants qui y officient dans leur majorité sont dépassés et totalement fermés à toutes velléités de réforme de l’espace universitaire. Les plus jeunes d'entre étant les pires sur ce point. Nos autorités étatiques sont sourdes, aveugles et muettes, à commencer par nos deux ministères de tutelle : de la Santé et de l’Enseignement supérieur’’, s'indigne-t-il.
Le Dr Signaté souligne également que cette fuite des cerveaux ne se limite pas à la France. Le Canada, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse attirent également de nombreux professionnels de santé sénégalais. ‘’Ce que vous voyez aujourd’hui n’est qu’un petit saignement. Une hémorragie massive est en route’’, prévient-il. Les universités sénégalaises forment environ 1 000 médecins par an, mais l’État n’en recrute qu’une centaine pour les structures publiques. ‘’Nous ne pouvons pas absorber tout le flux de diplômés’’, explique le professeur Bara Ndiaye, doyen de la faculté de Médecine de l’Ucad.
Cette situation crée un cercle vicieux : les médecins, frustrés par le manque de perspectives, partent à l’étranger, laissant le système de santé sénégalais encore plus affaibli.
Une réforme urgente
Pour inverser la tendance, le Dr Signaté appelle à une refonte complète du système de santé et de l’enseignement médical. ‘’Il faut former une nouvelle génération de médecins qui restera au Sénégal. Celle-ci ne restera pas’’, a-t-il affirmé.
Face à cette situation, le gouvernement sénégalais tente d'apporter des réponses, mais celles-ci restent insuffisantes. La revalorisation des salaires, l'amélioration des infrastructures et la création de meilleures conditions de travail pourraient contribuer à retenir ces talents. Certains experts suggèrent également la mise en place d’accords bilatéraux avec les pays d’accueil afin de favoriser le retour de ces médecins après quelques années d’expérience à l’étranger.
En attendant, les menaces de grève se multiplient et le licenciement du Dr Ndao pourrait bien être l’étincelle qui déclenchera une crise majeure dans le secteur de la santé. Car son licenciement n’est pas une affaire isolée. C’est le symptôme d’un système de santé à bout de souffle, où les médecins se sentent méprisés et sous-estimés. Alors que la fuite des cerveaux s’accélère, le Sénégal doit agir rapidement pour éviter une catastrophe sanitaire.
En effet, le secteur de la santé est un pilier essentiel du développement d'un pays et l'exode de ses acteurs principaux met en péril la capacité de la nation à assurer des soins de qualité à sa population. La volonté politique et des investissements stratégiques seront nécessaires pour enrayer cette tendance et redonner espoir aux soignants qui aspirent à exercer dans leur propre pays.
FADILOU «BALAIE» MEME DES CDI
La volonté de Fadilou Keita de restructurer la CDC, selon des sources concordantes, semble cacher une volonté de se débarrasser de recrues des ex DG de la boite, Cheikh issa Sall et Cheikh Tidiane Ba.
La volonté de Fadilou Keita de restructurer la CDC, selon des sources concordantes, semble cacher une volonté de se débarrasser de recrues des ex DG de la boite, Cheikh issa Sall et Cheikh Tidiane Ba. Interrogé sur la question, l’inspecteur du Travail Daouda Seck estime qu’en cas de licenciements économiques, l’employeur n’a pas le droit de faire le tri comme bon lui semble, mais il doit respecter les règles édictées par la loi.
Dans le cadre de ce qu’il appelle la «restructuration» de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Fadilou Keita a laissé croire récemment à travers un communiqué que le redéploiement et le licenciement de travailleurs de la boite va se faire dans les règles de l’art.Il a même précisé que pour assurer la transparence un comité composé de cinq membres, dont trois personnalités indépendantes, a été mis en place. Mais au regard des derniers développements dans cette affaire qui retient l’attention des Sénégalais, ladite restructuration, selon nos sources, semblent visés les agents recrutés par les ex directeurs de la CDC, Cheikh Issa Sall et Cheikh Tidiane Ba. Ils sont au moins 30. D’après nos informations, parmi les recrues du maire de Mbour, il ne va en rester que deux à la CDC, après la «restructuration» de la CDC. Pourtant, souffle-t-on, les travailleurs concernés avaient jubilé lors de la nomination de l’actuel patron de la CDC.
Cette démarche de Fadilou Keita, qui semble remettre en cause la valeur d’un CDI au Sénégal, surtout dans les sociétés étatiques, a poussé le journal L’AS a interrogé un inspecteur du Travail. Il s’agit de Daouda Seck, en service à Tamba. «Pour restructurer l’entreprise on peut mettre en place un plan social, encadré strictement par la loi. Mais dans le cadre de cette procédure-là, l’employeur ne choisit pas qui va être licencié parce qu’il y a un ordre de licenciement qui est établi et qui est indexé à un certain nombre de critères prévus par la loi», a-t-il dit.
Poursuivant, il a ajouté : «C’est difficile pour une société étatique d’alléguer le motif économique, mais pour le cas de la CDC, il faut aller dans le fond pour voir les motivations de la direction. C’est-à-dire si l’entreprise traverse des difficultés économiques ou s’il s’agit d’un cas de réorganisation interne. Il y a un certain nombre de critères qui sont prévus par la loi, notamment il y a l’ancienneté, il y a les aptitudes professionnelles. Donc, c’est tous ces critères là qu’on met sur la table et on voit qui les remplit et qui ne les remplit pas. Et en fonction de ça, on établit un ordre des licenciements. Par exemple, si on fait le listing et qu’on se retrouve avec 100 travailleurs et qu’il faut en licencier 20, donc ce sont les 20 premiers qui vont partir. Mais ce n’est pas à l’employeur de faire le tri».
Selon Daouda Seck, «pour ce type de procédure, les droits doivent être payés». «Et en même temps également pendant deux ans, pour les mêmes postes, ceux qui avaient été licenciés ont la priorité d’embauche. Cela veut dire que si demain l’employeur veut recruter encore pour le même poste, la loi lui interdit de prendre quelqu’un d’autre que celui qui occupait le poste», a-t-il dit. Pourtant d’après nos sources, sur les 20 personnes devant être licenciés, plus de 15 disposent des Cdi. Ce qui pose même la problématique du respect des droits. Autrement dit, un Cdi n’a plus de valeur sous nos tropiques.
LA SONACOS ENREGISTRE SON RECORD
La Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS) enregistre une performance exceptionnelle dans la région de Diourbel. En seulement deux mois, l’usine locale a collecté 22.000 tonnes de graines d’arachide
La Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS) enregistre une performance exceptionnelle dans la région de Diourbel. En seulement deux mois, l’usine locale a collecté 22.000 tonnes de graines d’arachide, soit une quantité dix fois supérieure à celle de l’année dernière, a annoncé lundi Souleymane Diop, directeur régional du développement rural (DRDR).
L’engouement pour la campagne de commercialisation 2025 se traduit par une hausse spectaculaire des volumes collectés. ‘’À la date d’aujourd’hui, l’usine de la SONACOS de Diourbel a collecté 22.000 tonnes, après seulement deux mois de collecte’’, a précisé Souleymane Diop dans un entretien avec l’APS. Un bond significatif par rapport à 2024, où seuls 1.992 tonnes avaient été collectées sur l’ensemble de la campagne.
Ce dynamisme s’explique par plusieurs facteurs, notamment *la mise en place d’un dispositif renforcé* incluant le soutien des forces de défense et de sécurité, du service régional du commerce et des autorités administratives locales.
Outre les graines d’arachide destinées à la transformation, 62 tonnes de semences ont également été collectées dans la région. Cependant, seuls 26 des 57 points de collecte prévus par la SONACOS sont opérationnels, mobilisant 58 opérateurs économiques.
Si le bilan est encourageant, la capacité financière des acteurs locaux reste un défi, malgré les efforts du gouvernement pour leur apporter un soutien.
Pour cette campagne, l’État a fixé le prix d’achat du kilo d’arachide à 305 francs CFA, contre 280 francs CFA l’année dernière. Une augmentation de 25 francs CFA qui vise à stimuler la production et à assurer une meilleure rémunération aux agriculteurs.
UN NOUVEL ESPOIR POUR DE JEUNES ENTREPRENEURS SENEGALAIS
Le Consortium Jeunesse Sénégal (CJS) franchit une nouvelle étape dans son engagement en faveur des jeunes, en lançant le Fonds «Yaakaar», un dispositif innovant destiné à soutenir financièrement les porteurs de projets associatifs et entrepreneuriaux.
Le Consortium Jeunesse Sénégal (CJS) franchit une nouvelle étape dans son engagement en faveur des jeunes, en lançant le Fonds «Yaakaar», un dispositif innovant destiné à soutenir financièrement les porteurs de projets associatifs et entrepreneuriaux. Doté d'un budget initial de 500 millions de FCFA, ce fonds ambitionne de lever les barrières d'accès au financement qui freinent de nombreux jeunes talents.
Un levier pour l'inclusion et l'autonomisation des jeunes, face aux défis d'insertion économique et sociale, le Fonds «Yaakaar» se veut une réponse adaptée aux réalités des jeunes Sénégalais. «Ce fonds incarne notre volonté de bâtir un écosystème solidaire et inclusif, permettant aux jeunes, qu'ils soient issus de l'informel, des zones rurales ou non diplômés, d'accéder aux ressources nécessaires à la concrétisation de leurs projets», explique Sobel Aziz Ngom, président du CJS.
Conçu pour s'adapter aux différents niveaux de maturité des initiatives, le Fonds «Yaakaar» propose trois (03) catégories de financements : «Tambali» (100.000 à 500.000 FCFA) pour les projets en phase de démarrage, «Doolel» (500.000 à 2.000.000 de FCFA) pour les structures en consolidation et «Yaatal» (2.000.000 à 5.000.000 de FCFA) pour les initiatives en pleine expansion. L'une des particularités du Fonds «Yaakaar» réside dans son mode de gouvernance : les jeunes eux-mêmes participent à la gestion et au suivi des financements, garantissant transparence et efficacité dans l'allocation des ressources. «L'argent est le nerf de la guerre. Grâce aux subventions du CJS, nous avons pu recruter et investir dans notre association. Ce nouveau fonds va amplifier cette dynamique et offrir des opportunités aux jeunes porteurs de véritables projets», témoigne Maty Faye, chargée de Communication de l'association Mango Sports.
Le premier appel à projets, réservé aux initiatives citoyennes, est doté de 40 millions de FCFA et est ouvert jusqu'au 24 février 2025. Les jeunes intéressés peuvent soumettre leur candidature via la plateforme guichetjeunesse.sn. Avec cette initiative, le CJS montre son engagement à bâtir une jeunesse autonome et acteur clé du développement du Sénégal.
LA PRODUCTION PETROLIERE ET GAZIERE, LOCOMOTIVE DE LA CROISSANCE
En 2025, l’économie nationale devrait bénéficier d’une conjoncture internationale plus favorable, caractérisée par une détente des cours des produits de base
En 2025, l’économie nationale devrait bénéficier d’une conjoncture internationale plus favorable, caractérisée par une détente des cours des produits de base. À l’échelle nationale, elle devrait être principalement soutenue par l’entrée en pleine production des ressources pétrolières et gazières, ainsi que par leurs effets indirects sur l’économie du pays, selon le rapport économique et financier de la Direction générale de la planification et des politiques économiques.
La Loi de Finances Initiale (LFI) 2025 coïncidera avec le lancement des projets issus de la nouvelle stratégie nationale de développement, déclinaison quinquennale de l’agenda national de transformation Sénégal 2050. Par ailleurs, le cadrage macroéconomique a été conçu de manière à offrir des marges de manœuvre budgétaires suffisantes à moyen terme. Il demeure en adéquation avec les objectifs fixés dans le cadre de la surveillance multilatérale. Ainsi, l’option retenue privilégie une politique budgétaire axée sur la rationalisation et l’efficacité des dépenses publiques, ainsi que sur l’élargissement de l’assiette fiscale. Cet objectif sera atteint, selon les acteurs, grâce à plusieurs mesures administratives, notamment la réduction des exonérations et l’amélioration de la collecte des recettes fiscales, en particulier dans le secteur de la fiscalité immobilière.
Selon le rapport, l’année 2025 marquera la mise en œuvre effective des projets et programmes visant à atteindre les objectifs définis dans la nouvelle stratégie nationale de développement. Afin de réduire significativement le déficit budgétaire, le gouvernement entend relever le défi de la mobilisation des ressources internes, conformément à la Stratégie de recouvrement des recettes à moyen terme (SRMT), tout en veillant à une maîtrise rigoureuse des dépenses publiques. Les objectifs spécifiques de la SRMT s’articulent autour de plusieurs axes, à savoir l’élargissement de l’assiette fiscale et douanière par une augmentation du nombre de contribuables ; le renforcement du contrôle de la cohérence des déclarations fiscales ; une meilleure maîtrise de la valeur en douane afin de limiter les détournements de destination et l’usage abusif des régimes économiques ; la simplification des procédures administratives pour réduire les coûts supportés par les contribuables et favoriser leur mise en conformité avec les obligations fiscales et douanières.
Par ailleurs, selon le REF, le gouvernement adoptera une stratégie d’endettement alignée sur les objectifs de croissance et de consolidation budgétaire définis dans la Stratégie Nationale de Développement (SND) 2025-2029.
UN TAUX DE CROISSANCE PROJETE A 8,8 %
Le taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) réel est estimé à 8,8 % en 2025, contre une prévision de 6,7 % en 2024. Cette dynamique serait largement portée par le secteur secondaire (+21,5 %), et, dans une moindre mesure, par les secteurs primaire (+5,2 %) et tertiaire (+4,5 %).
Hors agriculture et hydrocarbures, la progression de l’activité économique devrait atteindre 4,8 % en 2025, contre 3,5 % en 2024. Le rapport d’indiquer par suite que cette prévision découle des projections économiques établies pour la période 2025-2029. Ainsi donc, ces projections reposent sur plusieurs hypothèses fondamentales, à savoir une progression de la productivité totale des facteurs estimée à 2 % en moyenne annuelle, contre un niveau de -0,1 % au cours des dix dernières années ; une amélioration de l’efficacité des investissements, rendue possible par un renforcement des processus de préparation (maturation et sélection) et de suivi-évaluation des projets d’investissements publics, ainsi que par des gains de productivité au sein des PME ; une augmentation de la productivité des travailleurs grâce à une intensification des programmes publics d’encadrement du secteur privé (Conseil agricole et rural, ADPME, Bureau de Mise à Niveau, etc.), qui interviendront directement au sein des pôles de développement, y compris dans le secteur primaire.
En ce qui concerne la croissance du facteur capital, celle-ci devrait atteindre 2,9 %, stimulée par l’augmentation des investissements publics et privés dans les infrastructures et les équipements productifs. De même, la croissance du facteur travail est estimée à 1,7 %, portée par l’accroissement de l’emploi, notamment dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, tels que les BTP et l’agriculture. Au total, le Produit Intérieur Brut (PIB) réel devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 6,5 % sur la période 2025- 2029. Hors hydrocarbures et agriculture, l’activité économique progresserait en moyenne de 5,8 % par an sur la même période.
GRAND TORTUE AHMEYIM LIVRE SES PREMIÈRES CARGAISONS DE GAZ
Cette avancée marque l’entrée officielle du Sénégal parmi les pays producteurs de pétrole et de gaz, après le début de l’exploitation du champ pétrolier de Sangomar en juin 2024.
Dakar, 10 fév (APS) – La société américaine Kosmos Energy a annoncé, lundi, la première production de gaz naturel liquéfié (GNL) du gisement Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé sur la frontière sénégalo-mauritanienne.
Kosmos Energy affirme que c’est ‘’la première production de [GNL] réalisée dans le cadre de ce projet’’.
Cette annonce confirme l’entrée de plain-pied du Sénégal parmi les pays producteurs de pétrole et de gaz, les gouvernements mauritanien et sénégalais ayant annoncé, le 31 décembre dernier, que le gaz avait ‘’commencé à couler des puits vers le navire flottant de production, de stockage et de déchargement’’ implanté en mer, à la frontière des deux pays.
Quelques mois auparavant, le 25 juin 2024, la présidence de la République du Sénégal a annoncé que le champ Sangomar, situé à une centaine de kilomètres au sud de Dakar, avait produit ses premiers barils de pétrole.
GTA est un projet gazier impliquant l’opérateur BP, qui en est l’actionnaire principal, et ses partenaires, à savoir Kosmos Energy, la Société des pétroles du Sénégal et la Société mauritanienne des hydrocarbures et de patrimoine minier.
Le gisement est exploité par British Petroleum.
Selon Mohamed Ould Khaled, le ministre mauritanien de l’Énergie et du Pétrole, et son homologue sénégalais, Birame Souleye Diop, la capacité de production de gaz de GTA est estimée à 2,5 millions de tonnes par an.
Elle devrait passer à 10 millions de tonnes par an dans les prochaines années, affirme l’Agence mauritanienne d’information en citant M. Ould Khaled.
Le champ pétrolier de Sangomar est exploité par la société australienne Woodside Energy. Le Sénégal possède un autre champ gazier, Yakaar-Teranga.
UNE NICHE INEXPLOITÉE
Entre 2012 et 2020, l'État a dépensé plus de 246 milliards de FCFA pour l'acquisition et l'entretien de son parc automobile. Pourtant, des centaines de véhicules sont aujourd'hui abandonnés dans les administrations, victimes d'une gestion peu rigoureuse
Chaque année, la commande publique de l’Etat représente des dizaines de milliards de francs CFA. L’acquisition de véhicules constitue une part significative des dépenses. Chaque année, des milliers de véhicules administratifs arrivent en fin de vie. Mais une gestion peu rigoureuse de ces biens appartenant à l’Etat engendre une accumulation de véhicules administratifs hors service, disséminés dans les parkings des services rattachés et des garages de mécaniciens. Nombre d’entre eux sont immobilisés en raison de pannes mineures et demeurent inutilisés, parfois indéfiniment. Plutôt que de les laisser s’accumuler dans des parkings ou de les envoyer directement à la casse, un État peut en tirer parti de plusieurs manières stratégiques. Face à cette situation, il apparaît opportun d’envisager leur revente aux agents de l’administration publique à un prix forfaitaire ou, à défaut, leur cession en pièces détachées, permettant ainsi de générer des recettes pour l’État.
Dans une volonté affirmée de rationaliser les dépenses publiques, le Premier ministre, Ousmane Sonko, a récemment adopté des mesures visant à optimiser la gestion des finances de l’État. Lors du Conseil des ministres du 8 janvier 2025, il a annoncé la mise en place d’un dispositif renforcé de suivi et d’évaluation des programmes et projets issus des 26 objectifs stratégiques et des réformes quinquennales 2025-2029.
Dans cette dynamique de rationalisation des dépenses publiques, une circulaire datée du 22 janvier a été publiée, rappelant l’impératif du respect de la réglementation en matière de missions à l’étranger. Ces initiatives, saluées par de nombreux citoyens, traduisent une volonté ferme de rationalisation et de mobilisation efficiente des ressources internes.
Seulement, l’urgence d’une gouvernance efficiente des deniers publics impose une réévaluation du sort réservé aux véhicules administratifs en panne. Faute probablement de budgets alloués à leur réparation ou pour des raisons encore à définir, ces véhicules s’accumulent dans les enceintes des ministères et dans leurs services décentralisés. On observe une concentration de ces véhicules hors d’usage au Palais de la République, à l’Assemblée nationale, au ministère des Finances et du Budget, au ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi qu’à l’ex-camp Lat Dior et à l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT). Ce constat s’étend à l’ensemble des services déconcentrés de l’administration publique.
De même, d’importantes quantités de matériels logistiques obsolètes sont entreposées sans réelle valorisation. La revente de ces équipements aux tiers, au prix du marché, constituerait une source de financement pourles services publics et permettrait d’alléger certaines charges budgétaires.
Création d’un service de revente et de réaffectation du matériel administratif
Afin de garantir la transparence dans la gestion des biens publics, la mise en place d’un service chargé du recensement, de l’évaluation et de la cession des véhicules et matériels hors service paraît indispensable. Ce dispositif devrait encadrer les modalités de vente dans une totale transparence et veiller à une gestion rigoureuse des fonds générés. À défaut d’une cession, il conviendrait d’évaluer la possibilité de remettre en service les véhicules et équipements encore fonctionnels, afin de les réaffecter aux services décentralisés qui en ont cruellement besoin. Une telle démarche présenterait un double avantage : d’une part, elle permettrait aux agents de l’État de disposer des moyens logistiques nécessaires à l’accomplissement de leurs missions et d’autre part, elle contribuerait à la préservation des finances publiques, tout en améliorant la sécurité et la salubrité dans les administrations.
Une administration publique en quête d’efficience
Dans plusieurs services décentralisés, les agents de l’État peinent à remplir leurs missions faute de ressources matérielles suffisantes. L’absence de véhicules de fonction et d’équipements adaptés entrave leur efficacité et freine le bon fonctionnement de l’administration. Dans ce contexte, il devient impératif d’adopter une approche plus pragmatique et plus efficiente, afin d’éviter le gaspillage des ressources publiques et de renforcer la performance de l’appareil administratif.
L’état, un grand consommateur aux pratiques coûteuses
Chaque année, l’État du Sénégal consacre des sommes colossales à l’achat de véhicules de fonction pour ses agents. Quand ils tombent en panne et, dans bien des cas, ne sont jamais réparés. Ils demeurent alors immobilisés pendant des mois, voire des années, sans qu’aucune initiative ne soit prise pour les récupérer ou, à défaut, les revendre au plus offrant.
Entre 2012 et 2020, l’État a ainsi dépensé 246 851 794 189 FCFA pour l’acquisition, l’entretien et la réparation de véhicules, ainsi que pour l’achat de carburant, soit une moyenne annuelle de 27,4 milliards FCFA. Une gestion plus efficiente des ressources permettrait d’optimiser ces dépenses et d’éviter des pertes financières considérables.
Une interrogation légitime sur l’avenir des véhicules des précédents régimes
À la suite de l’alternance politique, tous les véhicules de fonction de l’ancien régime ont été récupérés et ramenés à la présidence. Toutefois, leur destination reste inconnue. Qu’en a-t-on fait ? Ont-ils été redistribués, revendus ou laissés à l’abandon ? Par ailleurs, une nouvelle acquisition de véhicules de fonction serait prévue pour les députés de la 15ème législature.
Quid des véhicules de fonction de la 13ème législature et de la 14ème ?
Les véhicules de fonction de la 13ème législature ont été rétrocédés aux honorables députés, sur instruction des autorités d’alors. Car, ces dernières considéreraient, en effet, qu'un véhicule ayant parcouru un nombre conséquent de kilomètres en 5 ans était entièrement amorti. En revanche, pour la 14e législature, aucune dotation en véhicules n'a été prévue. Les députés ont bénéficié d’une indemnité forfaitaire.
Une réforme nécessaire pour une gestion plus vertueuse des ressources publiques
Le constat d’une accumulation de véhicules administratifs hors service et d’une gestion inefficace des ressources publiques souligne la nécessité d’une réforme en profondeur. L’État doit adopter une approche plus rationnelle et transparente en matière de gestion du patrimoine administratif.
Quid des véhicules de fonction de la 13ème législature et de la 14ème ?
Les véhicules de fonction de la 13ème législature ont été rétrocédés aux honorables députés, sur instruction des autorités d’alors. Car, ces dernières considéreraient, en effet, qu'un véhicule ayant parcouru un nombre conséquent de kilomètres en 5 ans était entièrement amorti. En revanche, pour la 14e législature, aucune dotation en véhicules n'a été prévue. Les députés ont bénéficié d’une indemnité forfaitaire.
Une réforme nécessaire pour une gestion plus vertueuse des ressources publiques
Le constat d’une accumulation de véhicules administratifs hors service et d’une gestion inefficace des ressources publiques souligne la nécessité d’une réforme en profondeur. L’État doit adopter une approche plus rationnelle et transparente en matière de gestion du patrimoine administratif.
La mise en place d’un service dédié à la revente et à la réaffectation du matériel hors d’usage, combinée à une politique de contrôle et d’optimisation des dépenses, constitue une solution pertinente pourlimiterles pertes financières et améliorer la performance de l’administration publique. En définitive, une gouvernance plus rigoureuse et une meilleure valorisation des actifs de l’État permettront non seulement de réaliser des économies substantielles, mais également d’assurer une utilisation plus efficiente des ressources nationales, au bénéfice de l’ensemble des citoyens.
Plus de 20 milliards de fcfa de loyers annuels
Malgré un patrimoine immobilier conséquent, l’État du Sénégal est paradoxalement devenu son propre bailleur. En effet, les charges locatives qu’il supporte constituent un poids considérable pour le contribuable sénégalais. Afin de loger ses services tant sur le territoire national qu’à l’étranger, l’État débourse annuellement plus de 20 milliards de francs CFA en loyers
Cette situation résulte, dans certains cas, de l’insalubrité et de la vétusté des bâtiments publics, rendant leur occupation impossible, et, dans d’autres cas, de la spoliation ou de la confiscation de biens immobiliers appartenant à l’État par d’anciens attributaires.
Face à cette problématique, la Société de Gestion du Patrimoine Bâti de l’État (SOGEPA-SN) entend pleinement exercer ses prérogatives afin de remédier à ces dysfonctionnements et de réduire significativement les charges locatives supportées par l’État
D’ailleurs, Me Abdoulaye Tine, président du Conseil d’Administration (PCA) de la SOGEPA-SN, a confirmé cette ambition lors d’une intervention sur SENEPEOPLE PLUS : « L’État du Sénégal dispose d’un important patrimoine bâti, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, dont la gestion relève de la SOGEPA-SN. Nous œuvrons avec détermination afin de permettre aux services de l’État d’être logés dans les infrastructures publiques disponibles et ainsi de réduire des charges locatives qui s’élèvent à plus de 20 milliards de francs CFA par an. »
Elhadji Amadou Coulibaly, directeur adjoint à la direction du matériel et du transit administratif, à propos des véhicules administratifs en panne : « Les véhicules administratifs intègrent le patrimoine des services bénéficiaires »
Interrogé sur la gestion des véhicules administratifs en panne, stationnés dans les ministères, les services rattachés ou encore chez les mécaniciens, M. El Hadji Amadou Coulibaly, Directeur adjoint de la Direction du Matériel et du Transit Administratif (DMTA), a tenu à apporter des précisions. « Une fois réceptionnés, à la suite de la procédure d’appels d’offres respectant les règles de la commande publique, ces véhicules sont attribués aux ministères et services concernés, qui en assurent ensuite la gestion », a-t-il expliqué d’emblée. Dès leur affectation, ces véhicules relèvent donc du patrimoine des services bénéficiaires, qui en ont l’entière responsabilité.
Une gestion décentralisée des véhicules administratifs
La gestion de ces véhicules, qu’il s’agisse de leur entretien, de leurs réparations ou de leur mise hors service, est exclusivement du ressort des administrations bénéficiaires. En cas d’immobilisation prolongée ou d’usure avancée, il leur appartient d’initier la procédure de réforme.
Toutefois, cette démarche implique plusieurs autres entités de l’État. « Une fois le véhicule affecté, nous assurons le suivi, à travers le fichier automobile de l’État, ce qui nous permet de disposer de toutes les informations relatives à chaque véhicule », précise M. Coulibaly.
La Commission nationale de réception des véhicules, composée de plusieurs membres, dont la DMTA, est chargée d’enregistrer l’ensemble des caractéristiques techniques et financières des véhicules acquis : type, prix d’acquisition, numéro de châssis, source d’énergie, etc. Ce recensement permet à l’État de connaître précisément le parc automobile en sa possession.
Procédure de réforme des véhicules administratifs
Lorsqu’un véhicule devient vétuste ou que ses coûts d’entretien excèdent le coût d’acquisition d’un nouveau véhicule, il est recommandé de le sortir du patrimoine de l’État pour optimiser les dépenses publiques
« Il n’existe pas de délai précis pourla réforme d’un véhicule », souligne M. Coulibaly. « Cependant, lorsqu’un véhicule est trop ancien, gravement endommagé ou économiquement non viable à entretenir, il devient plus rationnel de le retirer du parc automobile de l’État. »Un processus de réforme qui implique plusieurs étapes, avec l’intervention de la DMTA et de la Commission de Contrôle des Opérations Domaniales (CCOD), jusqu’à la cession du véhicule à un tiers.
Un processus d’acquisition encadré
L’acquisition des véhicules administratifs utilitaires relève exclusivement de l’État, dans le cadre d’un programme annuel d’achat. Ce programme est géré par le Ministère des Finances, à travers la DMTA, et son enveloppe budgétaire est définie en fonction des ressources disponibles
«Nous procédons aux acquisitions en fonction des crédits alloués et non spécifiquement sur la base des demandes exprimées, car il est impossible de satisfaire l’ensemble des besoins », explique M. Cou libaly. « Une fois le budget défini, nous lançons les appels d’offres conformément aux procédures du Code des marchés publics. »
La répartition des véhicules entre les ministères fait également l’objet d’arbitrages successifs, d’abord au niveau de la DMTA, puis du Ministère des Finances, avant d’être validée parla Présidence de la République.
Des véhicules adaptés aux besoins administratifs
Les acquisitions portent principalement sur des véhicules utilitaires, destinés aux services administratifs : pick-up, camions, bus, scooters, etc. « Nous ne privilégions aucune origine particulière pour l’acquisition des véhicules. », précise M. Coulibaly. « Les fournisseurs soumettent leurs offres dans le cadre des appels d’offres, et l’attribution se fait selon les critères du Code des marchés publics. »
Que faire des véhicules en panne ?
Face à la présence de nombreux véhicules en panne au sein des administrations, certains suggèrent de les revendre à prix forfaitaire aux agents de l’administration ou de les valoriser en pièces détachées. Toutefois, M.Coulibaly rappelle que cette responsabilité incombe exclusivement aux services bénéficiaires. « Si un véhicule est affecté à un ministère qu’il s’agisse du ministère des Sports, de la Culture ou autre, c’est à ce dernier d’en assurer l’entretien, la réparation ou de décider de le mettre au rebut », explique-t-il. En revanche, la DMTA ne gère directement que les véhicules qui sont relèvent de son parc de son parc automobile.
Utilisation des véhicules administratifs : Quand Macky Sall promulguait trois nouveaux décrets !
En2021, face aux nombreux dysfonctionnements constatés dans la gestion des parcs automobiles des structures publiques, parapubliques et sociétés nationales, le président Macky Sall avait pris le décret n°2021-03du6janvier2021relatif aux véhicules administratifs.
Ce décret souligne que ces irrégularités pèsent lourdement sur les finances publiques. En effet, la gestion actuelle du parc automobile de l'État et de ses démembrements constitue une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics.
Une réforme en profondeur pour une gestion plus efficiente
Afin de remédier à cette situation, le Chef de l'État a initié une réforme structurelle des modalités d’acquisition et de gestion des véhicules administratifs. Cette initiative vise principalement à réduire drastiquement les coûts liés à l’achat, l’utilisation, la réparation et l’entretien des véhicules administratifs ; à impliquer le secteur privé dans la prise en charge des besoins de déplacement des structures de l’Administration
Cette réforme devait ainsi optimiser la gestion du parc automobile et permettre une réallocation des ressources publiques vers des investissements productifs, contribuant ainsi à l’émergence du pays à l’horizon 2035.
Dans cette perspective, l’ancien Président de la République a institué, par arrêté n° 019124 du 18 juillet 2019, une commission chargée de la mise en œuvre du nouveau modèle de gestion du parc automobile de la Présidence de la République.
Un dispositif réglementaire plus strict
L’ex-Chef de l’État avait également mis en place un nouveau cadre réglementaire encadrant l’acquisition, l’affectation, l’utilisation etla cession des véhicules administratifs. « Concernant le Désormais, l’État du Sénégal prévoit l’attribution d’une indemnité forfaitaire globale et d’une indemnité kilométrique, en remplacement de l’octroi de véhicules de fonction à certains agents de l’administration. Cette réforme concerne l’ensemble des véhicules de l’administration publique et des sociétés nationales.
Vers un désengagement total de l’État
Cette réforme reposait sur un désengagement total de l’État dans la gestion des véhicules administratifs. « Cette réforme repose sur le principe du désengagement total de l’État dans l’acquisition et la gestion des véhicules administratifs, notamment en ce qui concerne les dépenses de carburant, d’entretien, de réparation, d’amortissement et d’assurance », précisait le communiqué officiel du Conseil des ministres. L’impact budgétaire attendu de cette réforme était estimé à 4,4 milliards de francs CFA par an, soit une économie totale de 22,7 milliards de francs CFA sur cinq ans, selon les prévisions du gouvernement.
Une gestion budgétaire plus efficace
Entre 2010 et 2020, l’État du Sénégal a décaissé 246,8 milliards de francs CFA hors structures para publiques, collectivités locales et sociétés nationales pour l’acquisition, l’entretien et la réparation de véhicules ainsi qu’à l’achat de carburant. Cette somme représentait une dépense annuelle moyenne de 27,4 milliards de francs CFA, selon les chiffres officiels. Avec cette réforme, l’État ambitionnait de réduire considérablement ces coûts, tout en garantissant un service administratif plus efficient et une meilleure allocation des ressources publiques. parc automobile de l’État, le président de la République a exigé du gouvernement l’élaboration d’un cadre réglementaire rigoureux sur l’acquisition, l’affectation, l’utilisation et la cession des véhicules administratifs. Par ailleurs, il a chargé le Premier ministre d’étudier la possibilité de remplacer les dotations budgétaires en carburant, entretien et réparation des véhicules par des indemnités de représentation. » Le président Macky Sall avait ainsi confirmé la volonté de l’État de rationaliser les dépenses publiques en matière d’acquisition et de gestion des véhicules administratifs
Par Vieux SAVANE
SOYONS LES ARCHITECTES DE NOTRE FUTUR
Convaincre de la survenue d’une aube nouvelle suppose de rompre avec le mauvais signal que sont ces hordes de jeunes que l’on encourage à s’exfiltrer sur des terres lointaines pour s’y retrouver à cueillir des fruits et légumes
Exprimant la conviction selon laquelle « notre développement est d’abord interne », le Premier ministre Ousmane Sonko a plaidé ces derniers jours pour une « mobilisation des ressources locales », « l’industrialisation du pays et le renforcement des capacités nationales afin de réduire la dépendance aux financements étrangers ». On ne peut que souscrire à une telle approche, en attendant de la voir s’amorcer avec foi et détermination, car une telle voie ne se construit pas d’un coup de baguette magique.
Au chef de l’Etat et à son gouvernement de sonner d’ores et déjà la mobilisation générale et de convaincre de la survenue d’une aube nouvelle. Ce qui suppose de rompre avec le mauvais signal que sont ces hordes de jeunes que l’on encourage à s’exfiltrer sur des terres lointaines pour s’y retrouver à cueillir des fruits et légumes. Ou pire encore, répondre à la demande d’envois de médecins, ingénieurs, au moment où l’on est soi-même confronté à des déserts sanitaires et à un déficit criant de compétences professionnelles et techniques.
Pour autant, feu Ki-Zerbo avait déjà prévenu de l’irresponsabilité à vouloir se « coucher sur la natte des autres ». Aussi, pour peu qu’on veuille être les architectes de notre futur, nous revient-il plutôt de construire des agropoles, des unités de santé, des infrastructures économiques, dans le but de semer les graines d’une future cueillette des fruits d’un savoir-faire endogène.
Considérons l’huile alimentaire ! On nous en vend de toutes sortes, sans qu’on ne sache pour certaines, leurs provenances ni leurs compositions, alors que l’huile d’arachide, plus adaptée à la cuisine locale, coûte affreusement cher, du fait de la graine éponyme massivement exportée. Comment par ailleurs comprendre qu’en Casamance, les fruits de saison, mangue, mandarine, orange, pourrissent au sol, alors qu’on pourrait les conserver ou les transformer. De même, comment comprendre l’exportation à grande quantité de noix de cajou sans aucune valeur ajoutée.
Parce qu’il est impérieux de « compter sur ses propres forces » comme l’indique le Premier ministre, en clin d’œil à un slogan maoïste, se pose alors l’urgence de l’incarner véritablement.
Avant d’extirper la Chine de la pauvreté et d’en faire ce qu’elle est devenue aujourd’hui, à savoir la deuxième puissance économique du monde, ses habitants se sont donnés sans compter, travaillant jour et nuit dans des conditions difficiles. Au regard de la précarité et de la rareté des moyens disponibles, ils roulaient à bicyclette, disposaient de bataillons de médecins aux pieds nus sillonnant les campagnes les plus reculées, traquaient la corruption. Loin des défilés de mode et des paillettes, hommes et femmes, jeunes et vieux, dirigeants, intellectuels, paysans, portaient avec simplicité la sommaire tenue de travail dite « Mao ».
Responsabilité générationnelle
Certes, notre époque est autre mais demeure le fait qu’aucun grand dessein ne peut s’accomplir sans effort, sans sacrifice, sans humilité, sans conviction. C’est pourquoi, pour rompre avec la désespérance qui travaille de nombreux segments de la société, revient-il au gouvernement que dirige le Premier ministre Ousmane Sonko d’administrer une thérapie de choc. A lui de dérouler une autre perception du pouvoir, comme une formidable opportunité pour mettre le destin national sur les rails de trajectoires susceptibles de modifier par l’exemple les manières d’être et de faire. Ce qui suppose une rupture radicale qui ne saurait souffrir de certaines pratiques consistant à vouloir récompenser des compagnons de lutte au détriment de la compétence, encore moins tolérer la « transhumance » sur fond de sordides calculs de politique politicienne. Au demeurant, les complaintes complétement décalées de ministres de la République qui se morfondent sur la petitesse de leurs salaires vont à rebours de cela. A eux, il convient de rétorquer que l’on n’entre pas dans un gouvernement pour gagner de l’argent mais pour se mettre au service de l’Etat. Leur mission sacerdotale est donc de sublimer par l’exemple l’élan patriotique en promouvant la valeur travail et la probité.
Dans notre histoire récente on peut relever que le monde du football a bien dessiné ce chemin, avec l’érection d’écoles dédiées, la détection précoce de talents qui, à l’issue d’un bon encadrement et d’une bonne formation, sont susceptibles d’aller à l’assaut du marché national et international. Et nos entraîneurs ne sont pas en reste puisqu’ils ont montré à force de travail, d’audace et sans aucun complexe, qu’il n’était point « de sorciers blancs » mais de confiance en soi et de refus de la facilité. Avec Sadio Mané, Ismaëla Sarr, Lamine Camara et tant d’autres issus de nos centres de formation, on comprend désormais que l’excellence peut se conjuguer à partir d’un ancrage local.
Au plan musical et de la danse, il est important de célébrer le rôle pionnier de Germaine Acogny, d’un artiste comme Youssou Ndour, pour avoir complètement déconstruit ce qui les avait précédés, et qui consistait à croire que l’on ne pouvait réussir dans la musique et la danse, qu’en s’exilant ou à défaut, faire le lit de la dépravation des mœurs. Germaine Acogny, Youssou Ndour, Ismaëla Lô, Omar Pene, Didier Awadi, Coumba Gawlo Seck, pour ne citer que ceux-là, sont aujourd’hui la preuve vivante et vibrante de ce possible qui épouse la réalité.
Comment comprendre alors, près de 3 générations après l’indépendance que le Sénégal soit encore confronté dans certains secteurs à un archaïsme qui dénote un terrible déficit d’ambitions ? Globalement, l’agriculture plombée par une technologie désuète vit au rythme des saisons, l’élevage n’arrive pas à produire une réserve fourragère pour sédentariser le bétail.
Et pourtant, l’un des piliers de la souveraineté alimentaire repose sur le développement d’une agriculture locale résiliente et durable. Aussi, un gouvernement soucieux de renforcer son indépendance alimentaire doit-il investir massivement dans les infrastructures agricoles, soutenir la formation des agriculteurs et favoriser les circuits courts. Des politiques de subvention aux exploitations locales et de protection contre la concurrence déloyale des produits importés deviennent alors essentielles.
Le développement de la recherche en agroécologie et en technologies agricoles est également un levier d’importance. En adaptant les cultures aux conditions climatiques locales et en limitant la dépendance aux intrants importés (semences, pesticides, engrais), un pays peutrenforcer sa sécurité alimentaire tout en réduisant son impact écologique.
Comment comprendre par ailleurs que bénéficiant presque toute l’année d’un soleil généreux, on ne mette point les bouchées doubles sur cette énergie renouvelable, un autre domaine clé de la souveraineté. Réduire la dépendance aux énergies fossiles (jusqu’ici importées) passe en effet par une transition vers des sources d’énergie renouvelables locales, et le solaire en est une. Et nous l’avons gratuitement. L’Etat doit par conséquent encourager ces développements à travers des incitations fiscales, des investissements dans les infrastructures et un soutien aux entreprises innovantes du secteur.
Surtout que dans ce pays sourd une formidable énergie. Sur tous les plans, des jeunes notamment, filles et garçons, exhibent leurs capacités à rivaliser avec n’importe qui et dans tous les secteurs. La pandémie de la Covid a ainsi été un moment extraordinaire de créativité avec nos médecins et chercheurs, nos tailleurs, nos inventeurs. Les compétences sont là. Et le rôle du gouvernement, c’est précisément de créer les conditions pour que puissent s’exprimer et s’’épanouir les talents, dans un environnement approprié.
Nous sommes nos propres ennemis
Les générations précédentes ont faire leur part. Elles ont construit un pays autour de l’idée de Nation, de République démocratique et laïque à la mode d’un pays ouvert sur la diversité et le sentiment de commune appartenance. Elles ont lutté contre l’hyper présidentialisme, pour les libertés, pour l’égalité hommes/femmes, et rendu possibles les alternances politiques.
A la nouvelle génération de faire sa part en approfondissant cet héritage, au service d’un pays préoccupé du mieux-être des populations, notamment les plus démunies.
Si les annonces du Premier ministre vont dans le bon sens, cela voudrait signifier qu’on en finisse avec les discours qui se défaussent sur le passé colonial et sur l’arrogance hégémonique des puissances occidentales ou l’incompétence des régimes précédents. Il est question aujourd’hui, tout en oublient rien de tout cela, de ne plus subir mais d’être les sujets de notre histoire. Au gouvernement de montrer la voie et d’être concentré sur les changements à promouvoir et non sur le fait de vouloir s’éterniser au pouvoir. Une perspective qui, si elle s’avérait, serait synonyme de compromissions, de renoncements et surtout grosse de toutes les désillusions.
L’équation est pourtant simple, à l’image du choix qui s’est posé à Lee Kuan Yew, premier Premier ministre de Singapour, et décliné en cette alternative : « Voler l’argent de l’Etat, enrichir mes amis et mes parents, appauvrir mon pays, et en conséquence mettre mon peuple dans la misère » ou alors « Servir mon peuple et faire rentrer mon pays dans le rang des 10 meilleurs Nations ». Ayant opté pour le deuxième terme, les résultats n’ont pas tardé, à force de rigueur et d’engagement, puisqu’en moins d’une génération, Singapour est passé du statut de pays-sous développé et corrompu à celui de géant économique. Tout est donc possible pour peu que cela s’articule autour de choix ayant le Sénégal à cœur.
Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko doit s’inscrire dans cette dynamique de transformation. Il ne s’agit plus d’un simple changement d’équipe, mais d’un changement de paradigme. L’exercice du pouvoir doit être perçu comme une opportunité unique de mettre le pays sur une trajectoire nouvelle, où l’exemplarité des dirigeants inspire l’ensemble de la société. Cette exigence de rigueur et d’intégrité impose un refus catégorique de certaines pratiques anciennes, motivées par des intérêts personnels, familiaux et claniques.
En cela il est question de respect du serment constitutionnel, de refus de se laisser enivrer par les effluves du pouvoir. Ce sont là des conditions impérieuses pour qui veut opérer des conquêtes, avancer et conquérir le monde. Elles supposent en effet humilité, volonté d’aller de l’avant et aident surtout à rester être sourd aux vociférations insoutenables des courtisans. On commence déjà à les entendre, à les voir s’agiter de plus en plus, à l’image de ces gens-là qui appellent à ériger une stèle pour commémorer on ne sait quoi, dans la rue qui abrite le domicile privé de Ousmane Sonko. Des broutilles sans intérêt, mais dangereux, puisque installant insidieusement dans un culte de la personnalité, genre « Maréchal nous voilà », façon Bokassa, Mobutu, Deby, à l’origine de tant de dérives sur le continent. Nous sommes décidément nos propres ennemis.