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4 avril 2025
Economie
Par Fadel DIA
L’ONU A-T-ELLE ENCORE SA PLACE À NEW YORK ?
L'arrêt brutal de l’aide américaine sera douloureuse car beaucoup trop de personnes ont commis l’erreur d’en dépendre mais, et c’est le bon côté de cette décision, cela peut mettre fin à plusieurs mythes qui l’entourent
Dans une allocution solennelle prononcée à la télévision nationale à l’occasion de la commémoration de la mort de son père, le roi Mohamed VI a annoncé que le Maroc allait racheter à l’Espagne, l’ensemble des iles Canaries, qui sont, après tout, des terres africaines, pour en faire un Dubaï de l’Atlantique, autrement plus attractif et plus enchanteur que celui du Golfe Persique, et aux portes de l’Europe. Quant aux populations locales, elles seront tout simplement transférées dans le pays dont elles parlent la langue, l’Espagne.
On apprend par ailleurs que le président Poutine a révoqué tous les actes qui avaient abouti à la dissolution de l’URSS en 1991 et qu’en conséquence les pays baltes ou l’Ukraine sont réintégrés dans la Russie et que le pouvoir y sera désormais exercé par des gouverneurs nommés par Moscou. En conséquence Vlodmyr Zelenski est purement et simplement révoqué de ses fonctions.
Enfin, le président Xi Jinping a pris la décision de constituer une Grande Chine et de mettre fin à l’indépendance des états à populations majoritairement chinoises, Taiwan, mais aussi Singapour et la Malaisie. Le cas du Viet Nam et des autres pays de la sous- région sera examiné ultérieurement, après examen du taux de sinité de leurs populations respectives… Fake news stupides ? Absurdités ? Oui, mais d’autres du même acabit polluent les médias depuis plusieurs jours sans qu’on doute de leur authenticité, assurément parce que leur signataire est coutumier des faits. Nous sommes entrés dans l’ère de l’absurdité, celle de la force brutale et du « maa tey », celle du déni des grands principes tant chantés par les pays occidentaux qui s’en sont proclamés les inventeurs et les gestionnaires exclusifs. Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, respect de la dignité de la personne humaine, égalité des hommes et des peuples etc., tous ces grands principes sont aujourd’hui bafoués dans de nombreux pays d’Europe et d’Amérique du Nord, à l’intérieur de leurs frontières et à l’extérieur.
Le « bafoueur » en chef s’appelle Donald Trump et s’il nous inquiète plus que les autres, c’est parce qu’il est capable de tout et aussi parce qu’il peut faire tout ce qu’il a promis de faire, y compris le pire ! Ce n’est pas son principal allié, le seul qui compte à ses yeux et dont on se demande si ce n’est pas surtout son manipulateur, qui l’en dissuaderait. C’est en tout cas une forfaiture que le chef du gouvernement de l’Etat d’Israël adoube ce qui n’est rien d’autre que la réédition des crimes qui constituent l’essentiel du cahier de charge de victimaire de son pays. Netanyahou fait peu cas des paroles d’un de ses éminents compatriotes qui disait que l’une des leçons que les Israéliens d’aujourd’hui devraient tirer des malheurs subis par leurs ancêtres, c’est de faire en sorte que ça ne recommence pour personne!
Mais Donald Trump ne s’en prend pas qu’aux Palestiniens. Il porte aussi l’estocade à tous ceux qui bénéficiaient peu ou prou de l’aide américaine, et dans certains cas, il s’agit d’un acte criminel puisque cela peut mettre en danger la vie de millions de personnes qui en dépendaient, pour leur santé ou leur survie. La suspension, ou plus radicalement l’arrêt, de l’aide américaine au développement sera douloureuse parce qu’elle a été brutale et que, malheureusement, beaucoup trop de personnes ont commis l’erreur d’en dépendre mais, et c’est le bon côté de cette décision, cela peut mettre fin à plusieurs mythes qui l’entourent.
Le premier de ces mythes, c’est de croire que c’est une aide désintéressée et purement humanitaire et le premier à réfuter cette assertion est le mieux placé pour le faire : c’est celui qui tient les ciseaux, c’est le chef du « département de l’efficacité gouvernementale », Elon Musk, qui trouve même qu’elle est « criminelle ». Il est en tout cas de notoriété publique, qu’elle cible des objectifs bien précis, vise à servir d’abord les intérêts stratégiques du bailleur et qu’elle a quelquefois des relents de service de renseignements, voire d’espionnage méthodique. Elle n’est pas non plus, et c’est le deuxième mythe, aussi généreuse qu’on le croit et si elle est importante en chiffres absolus, elle est insignifiante au regard de la richesse américaine. Les Etats-Unis ne viennent qu’au 25ème rang mondial si l’on rapporte leur aide à leur PIB : 0,24%, quand la Norvège est à 1,09% !
Il s’agit enfin d’une aide discrétionnaire puisque, pour les derniers chiffres connus, les 4 pays africains qui figurent dans le top 10 de ses principaux bénéficiaires (Ethiopie, Soudan du Sud, Nigéria, RDC, soit au total près de 470 millions d’habitants) ont reçu, ensemble, bien moins de la moitié de ce qu’a reçu la seule Ukraine, qui compte dix fois moins d’habitants …C’est en tout cas la preuve que ce n’est pas « l’aide » qu’ils apportent aux pays pauvres qui peut empêcher les Etats-Unis d’être « great again ».
Une Amérique arc-boutée sur ses dollars et qui ne rêve que de plages et de terrains de golf, une Amérique opposée à la promotion des droits de l’Homme, à la fourniture d’une aide humanitaire conséquente aux plus démunis, au développement durable et à la garantie du droit international, peut - elle être un abri sûr pour l’Organisation des Nations-Unies ? New York n’avait pas été choisie pour abriter son siège pour des raisons purement logistiques et stratégiques, mais aussi parce qu’au sortir de la deuxième Guerre mondiale, les Etats-Unis représentaient la puissance qui avait vaincu les régimes dictatoriaux et qui prêchait la liberté et l’émancipation des peuples.
Mais aujourd’hui ils ont pratiquement quitté le navire ONU, ils se sont retirés de ses organismes les plus symboliques, dont aucun pourtant ne met en péril le bien-être des Américains, et il n’est même pas exclu qu’ils arrêtent toute contribution à son fonctionnement ! Ils ont à nouveau claqué les portes de l’OMS et de l’UNESCO, bêtes noires de Donald Trump, chargées de veiller sur nos corps et nos esprits, et celles du Conseil des Droits de l’Homme, dont la mission est la promotion et la protection des droits humains les plus fondamentaux.
Ils sont sortis de l’Accord de Paris sur le climat signé sous l’égide de l’ONU et dont l’une des ambitions était de fournir aux pays pauvres les moyens d’atténuer les effets du changement climatique dont les pays développés sont les principaux responsables. Ils ont réduit de façon significative leur contribution au fonctionnement de l’URNWA qui a sous son mandat 6 millions de réfugiés palestiniens, 700 écoles et 500.000 élèves. Ils ont pris des sanctions contre la Cour Pénale Internationale, dont ils ne sont pas membres, au seul motif qu’elle s’est interrogée sur la responsabilité du Premier ministre israélien dans le génocide qui est en cours à Gaza, etc.
Les Etats-Unis de Donald Trump ont donc renié tous les principes qui sont à la base de la création de l’ONU, au point qu’on peut se poser la question de savoir si celle-ci peut décemment maintenir son siège dans la métropole d’un pays qui lui est hostile et qui travaille à la discréditer ! C’est une question que malheureusement personne n’osera poser : si dans leurs salons feutrés les chefs d’Etats et rois du monde entier murmurent que Trump est fou ou vulgaire, aucun n’osera l’admonester, car il leur fait peur, pas seulement parce qu’il est fort, mais aussi parce qu’il peut tout dire et tout faire. Nous sommes revenus au temps de Gengis Khan !
LE FMI DANS L’ATTENTE DU RAPPORT DE LA COUR DES COMPTES
Ce ne sont pas que les Sénégalais qui attendent impatiemment ledit rapport sur l’affaire de la falsification présumée des données publiques. La porte-parole de l’institution, a indiqué que le rapport final devrait être publié ce mois-ci.
Le Fonds monétaire international (Fmi), dans son point de presse, s’est exprimé sur les travaux de la Cour des compte sur l’affaire de la falsification présumée des données au Sénégal.
Ce ne sont pas que les sénégalais qui attendent impatiemment le rapport de la Cour des comptes sur l’affaire de la falsification présumée des données publiques. Le Fonds monétaire international (fmi) aussi. D’ailleurs, face à la presse hier jeudi, Julie Kozak, la porte-parole de l’institution financière a annoncé que «la Cour des comptes du Sénégal devrait publier son rapport final ce mois-ci.»
Et parallèlement, indique Mme Kozak, les services du Fmi travaillent «en étroite collaboration avec les autorités pour identifier leurs besoins en matière de renforcement des capacités et pour mettre en œuvre les mesures correctives nécessaires pour s'attaquer aux causes profondes de ces fausses déclarations.»
Des efforts qui, dit-elle, visent à améliorer la transparence, à renforcer la responsabilité et à empêcher que de telles erreurs ne se reproduisent à l'avenir. «Je peux vous dire que nous sommes activement engagés dans des discussions avec les autorités pour remédier à ce problème de fausses déclarations», a ajouté Mme Kozak.
CES OBSTACLES QUI PLOMBENT LA COMPETITIVITE DU SECTEUR PRIVE NATIONAL
Les obstacles majeurs à l’investissement et à la compétitivité des entreprises ont été identités. Il s’agit entre autres de l’accès au foncier, au financement et aux marchés.
L’Apix a organisé hier, jeudi 6 février, un déjeuner de travail avec le privé national. L’objectif principal de cette concertation est de renforcer le dialogue et la collaboration entre les pouvoirs publics. Au cours des échanges, les obstacles majeurs à l’investissement et à la compétitivité des entreprises ont été identités. Il s’agit entre autres de l’accès au foncier, au financement et aux marchés.
Dans le cadre du renforcement du dialogue et de la collaboration avec les acteurs du secteur privé, l’Apix a organisé hier, jeudi 6 février, un déjeuner de travail avec le privé national. L’objectif principal de cette concertation est de renforcer le dialogue et la collaboration entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques afin d’améliorer l’environnement des affaires et de favoriser une croissance durable et inclusive.
Lors des échanges, les obstacles majeurs à l’investissement et à la compétitivité des entreprises ont été identités. « Parmi les obstacles, nous avons relevé l’accès au foncier, à l’énergie à moindre coût pour développer l’industrie, l’accès au financement avec l’absence d’une banque d’affaire pour pouvoir prendre en même temps que les entreprises des risques d’investissements dans les secteurs prioritaires mais aussi l’accès aux marchés. Le marché est très simple à configurer. Soit il existe et l’investisseur vient investir, soit il n’existe pas et l’Etat doit mener des réformes fortes pour pouvoir créer les conditions pour que l’investissement privé peut prospérer », a explique le directeur général de l’Apix Bakary Séga Bathily. Il précise que la création de banques d’affaires relève du domaine du secteur privé. « L’Etat crée les conditionnalités pour qu’il y ait des banques d’affaires au Sénégal. Il y a une politique qu’il faut mener à ce niveau. Il appartient au secteur privé national de se regrouper pour mettre en place cette banque d’affaires pour se financer lui-même », soutient-il. Par ailleurs, le DG de l’Apix a annoncé que le Conseil Présidentiel de l’Investissement (CPI) sera réactivé et repositionné comme l’instance suprême d’évaluation et d’approbation des réformes issues de leurs travaux communs. Il servira, dit-il, de cadre pour un dialogue constructif et stratégique entre l’État et les acteurs économiques.
De son côté, Abdourahmane Diop, directeur général de Geomat ingénierie a souligné la nécessité d’impliquer le secteur privé national dans la réalisation des projets publics. Il a relevé aussi un certain nombre de manquements dont l’accès à l’information et le déficit dans la préparation des projets. « Dans ce cadre, nous avons identifié une cinquantaine de projets sur lesquels nous avons travaillé dans la recherche de partenaires techniques et financiers. Nous avons été heureux d’entendre le Premier ministre annoncer le lancement prochain d’une centaine de projets et programmes. Il est important qu’on ait le plus rapidement possible cette liste et qu’on sache les projets qui seront financés par l’Etat, ceux qui seront financés en Ppp et ceux qui seront financés par le privé », indique-t-il. Selon lui, cela permettra au secteur privé de se positionner et également de chercher les partenaires techniques et financiers. Pour profiter de ces opportunités qu’offre l’Etat, M Diop pense que le secteur privé doit s’améliorer dans la prise de risques et dans la participation à la préparation des projets à travers des études.
SANGOMAR, PLUS DE 3 MILLIONS DE BARILS PRODUITS EN JANVIER
Durant cette période, 3 cargaisons, représentant un volume total de 2,89 millions de barils, ont été expédiées et commercialisées sur le marché international.
Le ministère du Pétrole et des Énergies vient de rendre public le rapport de production du mois de Janvier pour le Gisement pétrolier de Sangomar. Près de 3 millions de barils ont été commercialisés. Ci-dessous le rapport complet.
La production totale du site de Sangomar pour le mois de janvier 2025 a atteint 3,11 millions de barils de pétrole brut.
Durant cette période, 3 cargaisons, représentant un volume total de 2,89 millions de barils, ont été expédiées et commercialisées sur le marché international.
Les prévisions de production pour l’année 2025 devraient se chiffrer à environ 30,53 millions de barils de pétrole brut, avec un objectif de maintien du plateau de 100 000 barils par jour tout au long de l’année.
LA MISE AU POINT DE L'ANSD SUR LA SITUATION ÉCONOMIQUE ET LA DETTE PUBLIQUE
Suite à des interprétations du rapport 2022/2023 sur la situation économique et sociale du Sénégal, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie a apporté des clarifications ce 6 février 2025.
Suite à la publication du rapport sur la Situation économique et sociale du Sénégal (édition 2022/2023) le 4 février dernier, des informations mal comprises ont circulé, notamment sur les finances publiques et la dette du pays. Face à cette situation, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a tenu à faire une mise au point pour rétablir les faits, ce 6 février 2025.
L’ANSD rappelle que ce rapport est une publication annuelle qui compile des données issues du Système statistique national (SSN), incluant celles du ministère des Finances et du Budget. « Les chiffres concernant la dette publique s’appuient sur les dernières statistiques officielles disponibles pour les années 2022 et 2023 », souligne la note.
Contrairement aux interprétations qui ont circulé, le rapport ne prend pas en compte les travaux d’audit actuellement menés par la Cour des comptes sur la situation des finances publiques. Ces audits sont en cours, et leurs conclusions ne sont pas encore disponibles. Toute mise à jour liée à ces investigations sera intégrée dans les prochaines éditions du rapport.
DE NOUVELLES VOIES FERROVIAIRES EN PERSPECTIVE
Le Sénégal envisage de mettre en place un vaste projet pour moderniser son réseau ferroviaire avec la construction de 2 000 kilomètres de voies ferrées à écartement standard
Le Sénégal envisage de mettre en place un vaste projet pour moderniser son réseau ferroviaire avec la construction de 2 000 kilomètres de voies ferrées à écartement standard. Ce programme, annoncé par Ibrahima Ba, directeur général de la Société nationale des chemins de fer du Sénégal (SN-CFS), fait partie intégrante de la vision « Sénégal 2050 », visant à moderniser les infrastructures nationales.
La première phase du projet concernera la ligne Dakar-Tambacounda, un axe stratégique pour le pays, notamment pour ses échanges commerciaux avec le Mali. Selon M. Ba, les études sont en cours pour accélérer la mise en œuvre de ce projet essentiel pour le développement économique de la sous-région.
Ce programme, inspiré du Train Express Régional (TER), permettra au Sénégal de disposer d’un réseau ferroviaire moderne, en phase avec les normes internationales. Lors de sa visite à Diourbel, Ibrahima Ba a également échangé avec les travailleurs du secteur pour mieux comprendre leurs préoccupations et améliorer leurs conditions de travail.
Ce projet vise à favoriser une mobilité fluide, durable et à renforcer l’intégration économique du Sénégal avec ses voisins.
LES ICS ONT INJECTE 20 MILLIARDS EN 2023
La contribution des Industries Chimiques du Sénégal (ICS) à l’économie sénégalaise a quadruplé entre 2014 et 2023, leur part dans la valeur ajoutée du secteur extractif est passée de -8 % en 2014 à +13,87 % en 2023, soit une augmentation de 120 milliards
La contribution des Industries Chimiques du Sénégal (ICS) à l’économie sénégalaise a quadruplé entre 2014 et 2023. Ainsi, leur part dans la valeur ajoutée du secteur extractif est passée de -8 % en 2014 à +13,87 % en 2023, soit une augmentation de 120 milliards de FCFA, selon un rapport du cabinet Pricewaterhouse Coopers Advisory Sénégal SAS (PwC), publié hier, mercredi 5 février 2025.
Un rapport du cabinet PricewaterhouseCoopers Advisory Sénégal SAS (PwC), publié hier, mercredi 5 février 2025, a évalué l'impact des ICS sur l’économie nationale, en analysant les transformations opérées depuis 2014, date d’entrée du groupe indonésien Indorama dans le capital des ICS. De manière globale, les résultats mettent en évidence une contribution positive et soutenue des ICS au développement économique du Sénégal.
Selon l’étude, les ICS jouent un rôle significatif dans le PIB national, avec une valeur ajoutée qui a quadruplé entre 2014 et 2023. Toujours d’après ce rapport, la contribution des ICS à la valeur ajoutée du secteur extractif a progressé de -8 % en 2014 à +13,87 % en 2023, générant 120 milliards de FCFA supplémentaires.
PREMIER CONTRIBUTEUR AUX EXPORTATIONS DU SENEGAL
L’étude révèle également que les ICS constituent le premier contributeur à la balance des paiements du Sénégal. Par ailleurs, les ICS apparaissent comme l’un des principaux moteurs du développement du contenu local, avec plus de 5 000 emplois directs et des milliers d'emplois indirects maintenus chaque année.
En 2022, l’entreprise comptait 5 055 salariés, représentant 49 % des emplois directs du secteur extractif sénégalais, ce qui fait d’elle le premier employeur du secteur minier, comme l’indique le dernier rapport de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE)-2022.
Le Directeur général des ICS, Mama Sougoufara, a souligné que l’entreprise collabore avec 627 fournisseurs-partenaires locaux et a injecté près de 54 milliards de FCFA dans l’économie locale en 2022. Le nombre d’entreprises locales travaillant avec les ICS est ainsi passé de 269 en 2014 à 623 en 2023. S’agissant du volume total des transactions effectuées par le secteur minier, il a été estimé à un peu plus de 378 milliards de FCFA en 2022, dont 14 % provenaient des ICS, soit 54 milliards de FCFA.
UN ENGAGEMENT FORT EN FAVEUR DU DEVELOPPEMENT DURABLE
L’étude met également en exergue l’engagement des ICS dans le développement des territoires, notamment par l’amélioration des conditions de vie des communautés locales et la réduction continue de leur empreinte environnementale. Un plan d’accélération de la conformité des installations (antérieures aux réglementations environnementales actuelles) ainsi que la mise en place d’une plateforme Entreprise-Territoire ont récemment été annoncés par la Direction générale des ICS
Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre des politiques environnementales du gouvernement, comme l’a souligné le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Daouda Ngom, lors d’une visite officielle, note le rapport.
En matière de Responsabilité Sociétale d’Entreprise (RSE), les ICS se distinguent par des actions d’envergure, notamment l’approvisionnement gratuit en eau de plus de 75 000 personnes. Considérant que l’eau est une ressource vitale aux enjeux multiples (sociaux, économiques et environnementaux), les ICS assurent, depuis de nombreuses années, la distribution d’eau potable dans des régions dépourvues de forages et de systèmes de distribution.
Chaque jour, près de 75 000 personnes bénéficient gratuitement d’une eau issue d’infrastructures hydrauliques mises en place et entretenues par les ICS, incluant des forages et plusieurs kilomètres de conduites d’eau. Environ 3 000 agriculteurs exploitant des terres situées dans la zone minière utilisent également cette ressource.
La zone d’approvisionnement couvre plusieurs localités de l’arrondissement de Méouane, et représente une part significative de la consommation quotidienne d’eau des habitants. Les ICS fournissent gratuitement 8 000 m³/jour d’eau, ce qui, au tarif minimum de 250 FCFA/m³, représente une valeur marchande annuelle estimée à 730 millions de FCFA.
UN ACTEUR CLE DANS LES SECTEURS DE L’EDUCATION ET DE LA SANTE
L’étude met également en évidence le rôle essentiel des ICS dans le développement des infrastructures éducatives et sanitaires des territoires environnants.
En 2022, les contributions sociales volontaires des sociétés minières au Sénégal étaient estimées à 3,7 milliards de FCFA. Les ICS se distinguent en tête de ces contributions avec 900 millions de FCFA, soit 24 % du total, dédiés au soutien des communautés locales. Ces fonds ont permis de financer des projets sociaux, le développement des infrastructures, l’éducation, la santé et l’approvisionnement en eau.
Au total, 150 projets ont été déployés, bénéficiant directement à 150 000 personnes.
UN LEVIER POUR LE DEVELOPPEMENT DU SECTEUR AGRICOLE
Les ICS jouent également un rôle primordial dans le secteur agricole, grâce à leur production d’engrais qui contribue à mieux répondre aux besoins du marché local et sous-régional, malgré les nombreux défis encore présents
Enfin, les perspectives de croissance des ICS, alignées sur l’Agenda Sénégal 2050, renforcent leur rôle stratégique dans l’économie nationale. Un projet de construction d’une nouvelle usine de production d’engrais, d’une capacité de 600 000 tonnes par an (contre 250 000 tonnes actuellement), a d’ores et déjà été annoncé.
LE GRAND BLACK-OUT
Le Compact d'électricité, projet phare de 380 milliards de FCFA, voit son horizon s'obscurcir brutalement avec le gel des financements américains. L'objectif d'un accès universel à l'électricité s'éloigne considérablement
Entré en vigueur le 9 septembre 2021 pour une durée de cinq ans, le Compact d’électricité du Millennium challenge corporation (MCC), important projet visant à sortir les zones rurales du noir, risque une « électrocution » à plus de 380 milliards de FCfa. C’est la conséquence de la décision du nouveau gouvernement américain de geler l’aide financière qui soutenait jusque-là, au Sénégal, ce projet vital pour l’accès universel à l’électricité.
On y était presque… L’accès universel à l’électricité dont l’atteinte projetée initialement en 2025 est déjà compromise, mais même en 2026 voire 2027, plus de 12 millions de Sénégalais répartis sur l’étendue du territoire national risquent de demeurer dans le noir.
La décision du gouvernement américain de geler ses financements notamment au Sénégal entraine ainsi un contrecoup sur le secteur énergétique surtout sur les projets d’électrification engagés dans le cadre du Compact d’électricité du Millennium challenge corporation (MCC).
Pour rappel, le projet Sénégal Power Compact, signé le 10 décembre 2018 et entré en vigueur le 9 septembre 2021 pour une durée de cinq ans, est le deuxième programme dont bénéficie le gouvernement sénégalais de la part du MCC, une agence américaine indépendante d’aide au développement. Le premier Compact, achevé en septembre 2015, avait investi 540 millions de dollars dans le secteur agricole, contribuant à élargir l’accès aux marchés et aux services, en construisant des routes et des réseaux d’irrigation dans la vallée du fleuve Sénégal au nord, et dans la région de la Casamance naturelle au sud.
Constitué d’un don d’investissement de 302,5 milliards environ de la part des États-Unis d’Amérique et d’une contribution supplémentaire de 27,5 milliards (50 millions de dollars) francs CFA environ du gouvernement du Sénégal, le Compact électricité du MCC pour le Sénégal bénéficie d’un montant global d’environ 380 milliards de francs CFA. Rien que pour le volet Transport du projet, le montant total engagé à date est de 295,4 milliards de Fcfa (465 millions de dollars) et le montant total dépensé à date est de 157,5 milliards de Fcfa ($ 248.085.289,74), pour des bénéficiaires estimés à 4,6 millions de personnes vivant à Dakar, Thiès et Diourbel .
Son objectif est de réduire la pauvreté au Sénégal à travers le renforcement du secteur de l’électricité, l’amélioration de la fiabilité, l’élargissement de l’accès à l’électricité, et l’appui au Gouvernement du Sénégal à établir un socle solide et moderne sur lequel le système de l’électricité du pays peut reposer pour se développer. Décomposée en trois composantes, la phase finale du projet a été lancée en juillet 2024.
Un partenariat énergetique
Le partenariat stratégique entre les États-Unis et le Sénégal remonte à 1960, mais l’un des partenariats les plus importants de l’histoire des relations entre les deux pays réside dans leurs efforts communs d’étendre l’accès à l’électricité à des millions de Sénégalais. Avec un investissement de plus de 300 milliards de Francs CFA des ÉtatsUnis et de 27 milliards Francs CFA du Gouvernement du Sénégal, le MCC Sénégal Power Compact marque un tournant important.
Entre le Projet de modernisation et le renforcement du réseau de transport de Senelec (Projet Transport) ; le Projet d'amélioration de l'accès à l'électricité dans les zones péri-urbaines et rurales (Projet Accès) ; et le Projet de cadre propice et de renforcement des capacités des acteurs (Projet Réforme), concourant simultanément à lever les contraintes de coût élevé de l'électricité, de faible accès en dehors de Dakar et de qualité du service, le Sénégal Power Compact, volet énergie du Millenium Challenge Corporation (MCC), devait à terme bénéficier à plus de 12 millions de personnes sur l’étendue du territoire national.
Des réformes et des investissements
67% du budget du projet soit 403 millions de dollars (256 milliards de Fcfa) est destiné au volet Transport qui vise à moderniser le système de transport de l’électricité. Un vrai challenge quand on sait que les déperditions et autres pertes dans la fourniture de l’énergie électrique étaient principalement du fait d’un réseau de transport vétuste, entre autres agressions des câbles électriques et retard d’investissement sur les réseaux qui représentent les « autoroutes de l’électricité ».
Le volet transport qui comprend la construction d’environ 30 km de ligne de transport souterrain de 225 KV, 16 km de câbles sous-marin de 225 KV, deux postes 225 KV à Bel Air et au Cap des Biche, vise à soutenir les efforts de Senelec en cours pour développer un réseau de transport à haute tension fiable dans Dakar et ses environs, représentant environ 60 % de la demande d’électricité du pays et 20 % de sa population. Cela est d’autant plus important que le secteur privé s’intéresse essentiellement aux nouveaux projets de production à faible coût, notamment l’énergie éolienne, l’énergie solaire et le gaz naturel, qui dépendent largement d’un réseau de transport fiable et stable.
Le problème de la capacité de production ne se posant plus grâce à la stratégie du mix, le renforcement des réseaux de transport afin d’absorber les capacités de production additionnelles, ainsi que la densification du réseau dans les zones rurales, sont devenus des priorités pour Senelec.
Dans son volet Accès à l’électricité en zones rurales et périurbaines, l’objectif est d’augmenter l’offre et la demande en électricité de qualité. Outre l’extension du réseau électrique dans des zones sélectionnées des régions du sud et du centre du Sénégal, le « Projet Accès » vise également à accroître les taux d’accès et de consommation d’électricité, à faciliter les possibilités d’activités génératrices de revenus dans ces régions et à améliorer la compréhension de l’efficacité énergétique. 11% du budget soit 63,2 millions de dollars (40 milliards de Fcfa) est destiné à ce volet qui devrait bénéficier à plusieurs ménages des 5 régions que sont Fatick, Kaolack, Kolda, Sédhiou et Tambacounda soit directement 181 000 personnes.
Quant au volet « Réforme » aspect fondamental du projet, il à vise l’amélioration du cadre légal et au renforcement de capacités des acteurs du secteur de l’électricité, bref, à créer un cadre propice à l’amélioration de la viabilité financière et à la bonne gouvernance du secteur pour une fourniture de l’électricité en quantité et en qualité. Il est question de renforcer les lois, politiques et réglementations régissant le secteur de l’électricité au Sénégal, ainsi que les institutions responsables de leur mise en œuvre, en particulier l’opérateur Senelec, le régulateur Commission de Régulation du Secteur de l’Energie (CRSE), et le ministère en charge de l’Energie. Par le biais d’une feuille de route, le gouvernement sénégalais a formulé une vision à long terme pour le secteur de l’électricité, dont les principales caractéristiques comprennent une réorganisation opérationnelle du secteur. Ladite réorganisation permet à Senelec de devenir une société holding publique avec des filiales dédiées à chaque activité. Elle favorise aussi une réorganisation des ventes et du système hors réseau, un environnement plus favorable à la participation du secteur privé en matière de production, de transport, de distribution et de ventes. C’est dans ce cadre qu’un Code de l’électricité a fait l’objet de la loi n°2021-31 du 09 juillet 2021 ainsi que la Commission de régulation du secteur de l’énergie qui, à travers la loi n°2021-32 portant création, organisation et attributions de la Commission de Régulation du Secteur de l’Energie (CRSE), a vu le champ de compétences de l’autorité de régulation étendu à l’aval des hydrocarbures et à l’intermédiaire et aval gaziers.
Le coût de ce volet « Réforme » dont la mise en œuvre est prévue pour une durée de 5 ans est évalué à 46,9 millions Dollars US (30 milliards de Fcfa) et devrait bénéficier sur 20 ans maximum, à 12,6 millions de personnes sur toute l’étendue du pays.
S’il subsiste encore des disparités entre le taux d’accès à l’électricité pour les populations urbanisées (94 %) et rurales (60 %), depuis 2019, le taux national d’accès à l’électricité est évalué à 84 %, plaçant de fait le pays dans le trio de tête des États les mieux électrifiés de la CEDEAO, à la faveur des investissements importants et une stratégie du mix énergétique payante. Le Sénégal progresse vers l’accès universel à l’énergie, sauf que plus de 30 % des communautés rurales restent déconnectées du réseau. On y était presque….
MACRON ET L'AFRIQUE, L'ILLUSION D'UN RENOUVEAU
Décisions unilatérales, communication perçue comme arrogante, absence de concertation... Malgré sa volonté de séduire la jeunesse africaine, le président français n'a fait qu'accélérer le déclin de son pays sur le continent, d'après un nouveau rapport
(SenePlus) - Un rapport sénatorial adopté le mercredi 29 janvier par la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées dresse un constat sans concession de la politique africaine d'Emmanuel Macron. Selon les informations obtenues par La Croix, trois sénateurs - Ronan Le Gleut (LR), Marie-Arlette Carlotti (groupe Socialiste, Écologiste et Républicain) et François Bonneau (Union Centriste) - mettent en lumière l'échec manifeste de la stratégie de rénovation des relations franco-africaines initiée depuis 2017.
Paradoxalement, Emmanuel Macron semblait disposer d'atouts considérables pour renouveler cette relation. Premier président né après la décolonisation, il bénéficiait initialement d'une image favorable sur le continent. Pourtant, sept ans plus tard, le bilan s'avère désastreux, avec un recul spectaculaire de l'influence française en Afrique.
Le rapport pointe notamment les revers diplomatiques récents au Sénégal et au Tchad, où les forces françaises, présentes depuis des décennies, ont été sommées de partir. Ces échecs s'ajoutent au retrait forcé du Sahel, après l'échec de l'opération Barkhane qui, malgré son coût élevé, n'a pas su contenir l'expansion djihadiste. Comme le soulignent les sénateurs : "Finalement, rien ne s'est passé comme prévu."
Les auteurs critiquent particulièrement la méthode employée : "Cette déflation anticipée semble avoir été décidée dans un premier temps sans concertation avec les pays concernés, à qui il était affirmé en même temps, de manière contradictoire, que la France répondrait désormais mieux à leurs demandes en matière de coopération militaire." Le rapport va plus loin en dénonçant "plusieurs décisions et déclarations officielles considérées comme arrogantes et condescendantes envers les dirigeants ou les peuples africains."
Malgré les efforts présidentiels pour séduire la jeunesse africaine et diversifier les partenariats vers les pays non francophones, les résultats tardent à se manifester. Les sénateurs mettent en garde contre l'illusion d'un "nouvel eldorado" hors de l'espace francophone traditionnel, soulignant les niveaux préoccupants de corruption et d'endettement dans ces pays.
Le rapport identifie également un décalage générationnel crucial : "La dégradation de l'image de la France en Afrique traduit avant tout un éloignement par rapport aux sociétés civiles et aux populations : le tournant générationnel n'a pas été suffisamment perçu par notre pays, qui a continué à s'adresser principalement à des élites aujourd'hui très minoritaires ou écartées du pouvoir."
Pour redresser la situation, les sénateurs formulent plusieurs recommandations concrètes, notamment le renforcement de la diplomatie française face à la prééminence de l'Élysée et du ministère des Armées, ainsi qu'un assouplissement de la politique des visas, qualifiée d'"irritant majeur."
Le rapport conclut sur un défi majeur : la montée en puissance sur le continent de "valeurs se voulant opposées à celles de l'Occident (patriarcat, valeurs viriles, autoritarisme)." Face à ce constat, les auteurs plaident pour une approche renouvelée : plus cohérente, moins arrogante, et plus proche des sociétés civiles africaines en mutation.
UN PROGRAMME DE 2000 KM DE NOUVELLES VOIES FERRÉES ANNONCÉ
Inscrit dans la vision Sénégal 2050, il vise notamment à moderniser les infrastructures ferroviaires, avec une première phase consacrée à la ligne Dakar-Tambacounda, identifiée comme prioritaire.
Le directeur général de la société nationale des chemins de fer du Sénégal (SN-CFS), Ibrahima Ba a annoncé, mercredi, à Diourbel (centre), »un ambitieux programme » de construction de 2000 kilomètres de nouvelles voies ferrées à écartement standard à l’échelle du territoire national.
»(…) Il y a un ambitieux programme de développement et de maillage du territoire en chemins de fer dans le cadre de la vision Sénégal 2050 où, il y a deux mille kilomètres de nouvelles voies à écartement standard comme les voies (…) du Train express régional (TER). Donc, c’est une infrastructure moderne qui est prévue dans le cadre de cette vision », a-t-il notamment déclaré à des journalistes.
Il s’exprimait en marge d’une visite de travail à la gare ferroviaire de Diourbel où il a rencontré les acteurs du secteur en présence de ses collaborateurs.
« La première étape de ce programme va concerner la ligne Dakar-Tambacounda qui est inscrite comme projet prioritaire pour ce quinquennat du président de la République, Bassirou Diomaye Faye », a indiqué le directeur de la SN-CFS.
A l’en croire, ce projet dont les études sont en train d’être mises à jour va contribuer à la redynamisation des échanges commerciaux entre le Sénégal et le Mali.
Selon lui, il faut un plan de rattrapage dans le domaine des chemins de fer pour redynamiser ce sous secteur des transports.
Ibrahima Ba a expliqué que cette visite de travail vise à partager avec les travailleurs les nouvelles orientations de la société et le rôle qu’elle doit jouer dans la mise en œuvre de la nouvelle vision Sénégal 2050.
»Cette rencontre, a-t-il ajouté, est aussi l’occasion de recueillir leurs préoccupations par rapport à leurs conditions de travail sur le terrain afin de l’améliorer de manière durable ».