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4 avril 2025
Femmes
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"MA MÈRE M'A EXCISÉE EN CACHETTE DE MON PÈRE"
A 22 ans, elle était la plus jeune écrivaine des 72 heures du livre de Conakry, avec un essai autobiographique qui parle de son excision sans concession - Rencontre face caméra avec Sadya Touré
Au Mali, une jeune femme doit se méfier de tout le monde, y compris de ses proches, car l’excision est une pratique qui divise au sein même des familles et dans la société. C’est ce que raconte Sadya Touré, 22 ans, dans « Etre une femme ambitieuse au Mali », son essai autobiographique (Innov éditions) qui lui a valu de participer, à la fin avril, en Guinée, aux 72 heures du livre de Conakry.
Avril 2002. La saison chaude débute à Bamako, la capitale malienne. La mère de Sadya est comptable, son père gère les approvisionnements pour un groupe hôtelier. Dans cette famille de la classe moyenne, le père s’oppose à l’excision de son unique fille, alors âgée de cinq ans, et menace de répudier son épouse si celle-ci commet l’irréparable. Il emmène sa fille chez le glacier et promet de la protéger. Mais le lendemain, en l’absence de son mari, la mère de Sadya conduit sa fille dans une petite maison inhabitée. C’est la maison de l’excision. Là-bas, une dizaine de jeunes filles âgées de cinq à douze ans attendent dans une cour ; les plus agitées passent en premier.
« L’exciseuse s’est servie d’une lame qui venait d’être utilisée et l’a nettoyée avec un bout de tissu en wax. Il y avait cinq femmes dans la pièce. Chacune me tenait un membre », se rappelle Sadya.La douleur et l’hémorragie sont telles que sa mère prend peur et l’amène à l’hôpital pour désinfecter la plaie. Puis, au retour dans la maison familiale, lui fait promettre de ne rien dire à son père. « Ce soir-là, je suis allée aux toilettes et je pleurais tant et si fort que mon père est venu. C’est comme cela qu’il a découvert que j’avais été excisée », témoigne la jeune femme. Le père de Sadya répudie son épouse pendant cinq mois. « Je me sentais responsable de la séparation de mes parents. »
« Si l’excision était nécessaire, Dieu aurait créé les filles sans clitoris »
Après des études de journalisme et de communication à l’Université catholique de l’Afrique de l’Ouest, Sadya prépare actuellement un master 1 en lettres modernes à l’Université des lettres et sciences humaines de Bamako. Elle travaille parallèlement au sein d’ABA-ROLI (American Bar Association Rule of Law Initiative) en tant qu’assistante du directeur. Sourire éclatant, gestuelle mesurée, Sadya, de confession musulmane, est pratiquante mais ne porte le voile qu’en de rares occasions. Dans son essai, elle dénonce ainsi les mutilations génitales :
« Je pense que si l’excision était nécessaire, Dieu aurait créé les filles sans clitoris ou du moins avec le clitoris coupé. »
La jeune Malienne parle de clitoris et de plaisir sans détour.
« Chez nous, on dit que les filles doivent être excisées pour ne pas être dévergondées, mais, moi, j’ai rencontré des femmes excisées qui trompent leurs maris parce qu’elles cherchent à ressentir un plaisir qu’elles n’ont jamais eu. »
Les femmes maliennes sont victimes d’une double injonction contradictoire, dit-elle. « Quand tu n’es pas excisée, tu te sens rejetée. Quand tu es excisée, tu te sens coupable de ne pas ressentir de plaisir avec ton mari. » Sadya Touré, excisée rebelle, est une Avenger des droits de la femme mais le Mali est-il prêt à l’entendre ?
« Souffrir en silence, c’est la devise des femmes maliennes. Chez nous, on a coutume de dire que pour avoir la baraka (la « bénédiction » en arabe, être béni, avoir de la chance), une femme doit être aveugle, sourde et muette. »
Laisse pas traîner ta fille
Sadya vient de créer « Mali Rural Women Empowerment Organization », une association qui offre des bourses d’études aux jeunes filles des milieux ruraux.Dernièrement, elle est intervenue auprès des membres de sa famille pour retarder le mariage d’une de ses petites cousines qui souhaitait faire des études supérieures.
« J’ai été rusée. J’ai proposé au monsieur d’attendre deux ou trois ans avant de prendre ma cousine comme épouse. Le monsieur était impatient, il est parti. »
Paradoxe malien ? Sa mère, qui est responsable de son excision, est aussi un modèle pour Sadya : elle est la seule de sa famille « au village » à avoir fait des études supérieures. Mais l’excision demeure un sujet qui cristallise les tensions entre la mère et la fille. Sadya n’a pas d’enfant, mais elle a prévenu sa mère qu’elle s’opposerait à l’excision de ses futures filles. Cela reste toutefois une source d’inquiétude pour la jeune essayiste.
« Au Mali, il n’est pas rare qu’une grand-mère ou une tante fasse exciser sa petite fille sans le consentement de ses parents. »
PAR Ouly S.
ÊTRE NOIRE À DAKAR
C’est tout de même ahurissant qu’en 2019, il y ait toujours des hommes, et des femmes d’ailleurs dont le premier et principal critère de beauté est la peau claire, THE light skin
Combien de fois avons-nous entendu des propos similaires ? Apparemment c’est très normal, personne n’y voit jamais d’inconvénient. Et c’est justement ce qui est inquiétant.
Pourquoi à Dakar, Sénégal, pays africain en Afrique (je me trompe ?) avons-nous cette fâcheuse habitude d’associer la noirceur à la mocheté? Et encore pardonnons-nous ce « défaut » aux hommes (en fait on leur pardonne tout dans cette société, mais on y reviendra plus tard). Ñoom daal, « na ñu taali rek, teh gaaw loxo ci poss »… Mais sacrilège s’il s’agit d’une femme !
C’est tout de même ahurissant qu’en 2019, il y ait toujours des hommes, et des femmes d’ailleurs (premières ennemies de la femme, mais ça aussi, on y reviendra plus tard) dont le premier et principal critère de beauté est la peau claire, THE light skin. Quelles que soient vos autres caractéristiques physiques, du moment que vous êtes claire de peau, vous êtes directement classée au-dessus des… Noires. Pourtant, nous sommes bien en Afrique où nous sommes supposés, à l’heure actuelle, assumer notre histoire et notre identité. Pourquoi devrions-nous nous blanchir la peau pour prétendre être belle ?
Comme je disais donc, cela est gracieusement pardonné à ces messieurs, qui eux-mêmes (ñuul teh ñaaw… non je rigole) exigent depuis leurs trônes des femmes claires de peau. Résultat ? Skinlight, saabù carotte et autres produits à l’hydroquinone se vendent à un rythme ahurissant. Un business très rentable, si si, je vous assure. Avec, en plus, beaucoup d’innovations dans le domaine : crèmes, comprimés, sérums, injections… Tout ça pour quoi ? Avec tous les risques sanitaires encourus, et malheureusement, bien connus.
Je vous entends d’ici… Bien sûr, elles ne sont pas obligées de le faire. Et évidemment, toute femme devrait pouvoir s’aimer et s’assumer telle qu’elle est, telle que Dieu l’a créée. MAIS vous connaissez bien notre société : tout tourne autour du mâle Alpha… Ou Arona whatever. Les filles sont souvent éduquées très tôt dans une logique de tout faire pour plaire aux hommes et, à terme, en arriver au mariage : le saint graal (un autre point à aborder plus tard). Tous les moyens sont donc bon pour attirer, séduire, retenir.
La responsabilité est donc partagée. D’une part, les femmes doivent s’accepter, s’assumer, et surtout prendre conscience qu’elles sont belles quelles que soient leur couleur de peau et leur morphologie. Dieu merci, j’ai grandi dans un environnement sain qui m’y a aidée, mais ce n’est malheureusement pas le cas de toutes… Ce qui nous amène au deuxième point : l’entourage. Pour qu’elles puissent faire ce travail sur elles-mêmes, il est important qu’elles soient soutenues : appréciez les telles qu’elles ou, à défaut, évitez toute remarque superflue, désobligeante et non constructive. « Yow temps yi da nga ñuul dh »… ne les aidera sûrement pas dans le processus. De plus, il serait vraiment réducteur de ne considérer que notre physique, quand on a tellement plus à offrir au monde.
Enfin, les hommes. Ah les hommes… Je vous l’accorde, vous faites des efforts récemment. Mais daal, gën leen goorgorlu. Évitez de complexer gratuitement les femmes ! On ne le dira jamais assez, il est important de savoir choisir ses mots (quelle que soit la situation d’ailleurs) parce qu’ils ont un impact certain et qu’on ne peut revenir en arrière pour atténuer les dégâts. Et quand bien même les femmes noires ne seraient pas à votre goût (waaw su leen neexeh deh), de grâce, avancez tranquillement, laissez, il y aura toujours des Hommes pour les aimer et apprécier leur beauté à leur juste valeur.
Et puis saax, Yalna ñu deff ni Rwanda, tereh xessal. Ñuul force, ameen !
CE SECOND MANDANT DU PRÉSIDENT MACKY SALL EST SPÉCIAL
Ndèye Saly Diop Dieng a incité jeudi, les femmes de la cité du rail à contribuer à l’émergence du Sénégal
Le ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants a marqué hier de sa présence la conférence des femmes Benno Bokk Yaakaar (Bby) du département de Thiès. Ndèye Saly Diop Dieng a attiré leur attention sur la nécessité de changer de paradigme, pour être à l’ère du Fast Track. D’autant que, dit-elle, ce second mandant du Président Macky Sall est un mandat spécial.
Ndèye Saly Diop Dieng incité hier les femmes de la cité du rail à contribuer à l’émergence du Sénégal. C’était à l’occasion de la conférence organisée par les femmes de la coalition Benno Bokk Yaakaar (Bby) du département de Thiès que dirige Yéya Ly Cissé de l’Alliance des Forces de Progrès (Afp), membre du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (Hcct). Selon le ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des Enfants, le Président Macky Sall a renforcé la position des femmes sénégalaises dans les sphères de décision. En plus de cela, il y a le renforcement de leurs capacités, la mise à disposition de financements leur permettant de vivre dignement et à la sueur de leur front.
Pour elle, le «Fast Track» est venu renforcer cette dynamique et impulser définitivement le pays dans la voie du développement durant ce quinquennat du Président Macky Sall. «Ce second mandant du Président Macky Sall est un mandat spécial», indique Ndèye Saly Diop Dieng qui estime que les femmes sont au cœur du dispositif.
D’où, à ses yeux, la nécessité d’un changement de paradigmes. C’est pourquoi, les femmes sont dans l’obligation de penser davantage au travail rentable et se départir de tout ce qui est en rapport avec les mondanités. La page du gaspillage doit être définitivement tournée pour orienter toutes les énergies vers les actions de développement et les femmes ont un rôle à jouer dans ce domaine. Pour elle, l’heure est aux sessions de formation, pour créer de véritables activités génératrices de revenus à travers par exemple la multiplication des unités de transformation.
De l’avis du Ministre Ndèye Saly Diop Dieng, le changement de paradigme impose aux femmes de ne plus jamais se partager les financements, encore moins de les gaspiller dans les cérémonies familiales. Lors de cette cérémonie, il a été beaucoup question d’unité dans les rangs de la majorité politique élargie du Président de la République. Fama Aïdara ex Chef de Cabinet du Ministre de la Bonne Gouvernance et de la Protection de l’Enfance, tout le monde en a marre des querelles intestines, entretenue souvent pour des raisons insignifiantes.
Selon elle, le moment est venu de se pardonner mutuelle- ment et de se départir de toutes les tendances. Pour elle, la désunion en politique est souvent liée à un manque de culture politique. Elle ajoute que dès le début, le Président Macky Sall n’a pas été accompagné par un personnel politique et au sein de l’Alliance Pour la République (APR), il n’existe pas une école du parti. Mais au fil du temps dit- elle, certains responsables commencent à prendre de l’expérience.
Tout compte fait dit-elle, le Président Macky Sall peut bien compter sur les femmes qui vont l’accompagner durant ce quinquennat, pour continuer à tirer ensemble le pays vers l’émergence. Parlant du thème, « Femme, politique et Islam, Pape Maël Thiam Administrateur de l’Alliance Pour la République (APR) a affirmé, « l’islam nous impose à faire de la politique, c’est pourquoi les chefs religieux ne peuvent pas s’en laver totalement les mains, à moins qu’ils arrêtent en même temps de soutenir les talibés.
Selon lui, si ce n’était les politiciens, la vie serait plus dure pour les citoyens. En effet, ils apportent leur contribution quand il s’agit de baptême, du sucre pour le ramadan, de moutons tabaski, du financement de certains programmes. De ce point de vue dit- il, les politiciens méritent le respect, notamment le segment féminin, qui est doté de capacités qui peuvent permettre de transcender beaucoup de problèmes.
A l’en croire, Dieu a doté les femmes d’une certaine intuition à telle enseigne que si leurs avis étaient bien pris en compte, il y aurait la possibilité d’anticiper sur beaucoup de crises qui peuvent agiter la société. L’urgence dit-il, c’est de recadrer les actions politiques, pour les orienter vers la prise en charge des questions d’émergence du pays.
"CEUX QUI CRITIQUENT LA RECONDUCTION DES DEUX MINISTRES SONT MINORITAIRES"
Aïda Sow Diawara, première adjointe d'Aminata Mbengue Ndiaye au Mouvement national des femmes du Ps, annonce une commission pour entendre les opposants à la reconduction des ministres socialistes dans le gouvernement
Une loyaliste du Parti socialiste contre-attaque. Aïda Sow Diawara, première adjointe de Aminata Mbengue Ndiaye au Mouvement national des femmes du Ps, annonce une commission pour entendre les opposants à la reconduction des ministres socialistes dans le gouvernement. Dans cet entretien, la député-maire de Golf- Sud recadre Gorgui Ciss qui préconisait une rotation au sein des ministres socialistes.
Que pensez-vous des remous au sein du Ps depuis la reconduction de Serigne Mbaye Thiam et Aminata Mbengue Ndiaye ?
Quand nous avons élu Tanor comme Secrétaire général du parti, nous lui avons donné carte blanche. Nous souscrivons à tout ce qu’il pose comme acte dans le cadre du parti. Aminata Mbengue Ndiaye dirige le Mouvement national des femmes du Ps. Elle est la première adjointe de Tanor. Elle est ministre dans le cadre de la parité. Donc, elle a le poste des femmes.
En tant que vice-présidente des femmes, je vous assure que les 14 régions adhèrent à la reconduction de Aminata Mbengue Ndiaye. Nous adhérons aux choix de Tanor portant sur Serigne Mbaye Thiam et Aminata Mbengue Ndiaye. Personne n’avait fustigé cela. Nous sommes fiers de ces deux ministres qui ont fait un travail excellent et font la fierté du Ps et même des Sénégalais. Sinon, le Président Sall ne les aurait pas reconduits. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat.
S’ils avaient fait du mauvais travail, ni le Président Macky Sall ni le parti n’allaient leur renouveler cette confiance. Le Ps est un creuset de cadres. De 13 ans à 90 ans, on a toutes sortes de ressources humaines. Il y a le Réseau des cadres, le Réseau des universitaires, dans lesquels il y a beaucoup de personnes capables d’être ministres. Ce que je dénonce par contre, c’est que des gens aillent dans la presse pour critiquer les décisions du parti. Nous sommes un parti démocratique, qui fonctionne et tient régulièrement ses réunions. Il faut venir dire ses vérités devant les instances du parti.
Après la démission de Me Moussa Bocar Thiam liée à cette reconduction, Abdoulaye Gallo Diao a dirigé une fronde contre la direction du Ps. Est-ce que ce maintien des ministres n’est pas en train de détruire le Ps ?
Abdoulaye Gallo Diao est notre fils qu’on va voir pour régler le problème. Il a émis ses idées et nous allons lui parler. Pourquoi les mêmes personnes ? C’est parce qu’ils font du bon travail. Serigne Mbaye Thiam, au département stratégique du ministère de l’Education nationale a fait un excellent travail. Depuis que je suis née, je n’ai jamais vu une année scolaire sans problème. Serigne Mbaye Thiam a bien géré l’Education. Si Tanor devait choisir de nouveau, nous lui conseillerons Aminata Mbengue Ndiaye et Serigne Mbaye Thiam.
Mais ils ne sont les seuls à pouvoir être ministres dans le parti…
C’est vrai. Je vous ai rappelé les cadres qui existent dans le parti. Mais nos ministres ont été choisis par rapport à leur travail. Ce n’est pas élégant qu’on nomme quelqu’un ministre et qu’un homme se lève pour dire : «Pourquoi pas moi.» On peut le faire à l’interne et non dans la presse.
Finalement le parti semble vivre un malaise à l’interne ?
On ne le sent pas. Nous avons créé une commission pour régler ces problèmes. Cette commission aura sa première réunion demain à la Maison du parti (aujourd’hui) pour écouter ceux qui pensent qu’il faut enlever les ministres.
Donc une rotation est toujours possible ?
Non. On a déjà nommé nos ministres. Ce n’est pas parce que des gens n’en veulent pas qu’on va les enlever. Ceux qui critiquent la reconduction des deux ministres sont minoritaires dans le parti.
Donc, quelle est la finalité de la création de cette commission ?
C’est pour régler des problèmes et faire taire les gens.
Gorgui Ciss a déclaré que le Ps a raté une bonne occasion de donner un signal fort. Au finish, Benno bokk yaakaar n’affaiblit-elle pas le Ps ?
Lorsqu’on a perdu le pouvoir en 2000, beaucoup de nos cadres ont rejoint Abdoulaye Wade. Est-ce que le Ps est mort ? Non. Nous ne voulons pas de départs mais si des gens partent, ce n’est pas la fin du monde. Le Ps n’appartient à personne. Ce n’est pas parce que Gorgui Ciss a parlé de rotation, qu’il devrait y avoir une rotation. Il dirige une coordination parmi les 138 que compte le Ps. Il n’a pas le monopole de la vérité. Même s’il y avait rotation, le Ps ne va pas nommer ceux qui parlent dans la presse. Le Ps a un schéma. C’est toujours le responsable qui monte et après, son adjoint, etc. Gorgui Ciss a des responsabilités dans le parti (patron du Réseau des universitaires, Ndlr). Et si les autres disaient qu’il faut une rotation ? Il est là depuis longtemps. Les gens doivent arrêter.
54 % DES PROSTITUÉES À DAKAR ONT-ELLES ÉTÉ ÉLÈVES OU ÉTUDIANTES ?
Plusieurs sites internet ont relayé cette information attribuée à Ismail Kamby, le leader du collectif Touche pas à ma sœur- Nous avons vérifié
« 54 % des prostituées œuvrant dans la capitale sénégalaise ont été étudiantes ou élèves (…) Pour les élèves, elles ont été victimes de viols, suivis de grossesses. Pour les étudiantes, grossesses non-désirées nées d’une relation adultérine », voici ce qu’on peut lire dans un article publié par le site d’informations sénégalais Senego.
C’est un « mouvement qui prône la défense et la lutte contre les violences faites aux femmes », renseigne sa page Facebook.
D’où vient cette statistique ?
Africa Check est entré en contact avec Ismail Kamby qui affirme avoir mené avec ses collaborateurs une étude sur la prostitution au Sénégal.
« Nous l’avons réalisée (l’étude) avec un cabinet sur un échantillon de 112 anciennes étudiantes et 98 anciennes élèves », explique-t-il sans donner plus de détails sur comment l’étude a été menée.
Sur l’échantillonnage, M. Kamby précise que les personnes interrogées « sont des prostituées, et parmi les prostituées il y avait d’anciennes étudiantes et élèves ».
L’étude n’est pas encore finalisée
Nous lui avons demandé si l’étude était disponible au public et aux médias.
« Non pas encore », nous a-t-il répondu. « C’est une partie de l’étude qui ne concerne que la région de Dakar qui a été publiée. Nous n’en avons pas encore fini », répond M. Kamby qui ne nous a pas fait parvenir la partie de l’étude portant sur Dakar.
Pour la date de finalisation de l’étude le coordonnateur de « Touche pas à ma sœur » répond ne pas savoir « d’autant plus que ce sera à l’échelle nationale ».
Que disent les autres données disponibles ?
L’Agence nationale de la statistique et de la démographie, ANSD, n’a aucune donnée récente sur la prostitution au Sénégal.
Moise Gning, documentaliste à l’ANSD a fait savoir à Africa Check que la structure ne dispose pas de statistiques actuelles sur la prostitution à Dakar et au Sénégal. Il dit que l’agence avait réalisé une étude sur ce sujet dans les années 80 mais les résultats ont été retirés de la base de données car ils sont aujourd’hui obsolètes et non utilisables.
A Dakar, le service d’hygiène sociale de l’Institut d’Hygiène Sociale de Médina (IHS) est chargé de répertorier les prostituées dans un fichier national. Il s’agit, précisément, des travailleuses du sexe légalement reconnues comme exerçant le métier de prostitution.
« L’expérience que nous avons infirme cette production-là (le pourcentage 54 %). Ça n’exprime pas la réalité des faits que nous avons ici », souligne Dr Ibrahima Traoré, médecin généraliste à l’IHS.
« On a une idée sur celles (les prostituées) qui viennent s’inscrire au fichier. Mais cela n’a rien à voir avec celles qui le font (se prostituent) et qui ne viennent pas s’inscrire ».
Dr Traoré indique également que les prostituées qui viennent s’inscrire et qui détiennent un carnet de santé, représentent « au moins 90 % d’entre elles (qui) n’ont pas fait l’école ».
« La plupart des gens qui viennent s’inscrire ici c’est vraiment des gens qui n’ont pas fait l’école. 90 à 95 % d’entre elles : (soit) elles sont illettrées, (soit) elles sont allées jusqu’au CM2. On a peut-être 1 ou 2 % qui ont fait des études au-delà du Brevet de fin d’études moyennes (BFEM). 0,7 ou 1 % ont fait l’université ».
Dr Traoré dit que ces statistiques sont basées sur le fichier sanitaire des travailleurs du sexe. Toutefois nous n’avons pas pu consulter ce fichier parce que le médecin nous a indiqué qu’il s’agit de données sensibles.
Enda Santé ne peut confirmer le chiffre 54 % non plus
Ibrahima Ba, chargé du volet suivi et évaluation d’Enda/Santé a indiqué à Africa Check que l’organisation n’est pas en mesure de corroborer ni de se prononcer amplement sur la statistique de 54 % et qu’elle ne détient aucune étude sur le sujet non plus.
« Nous ne pouvons pas confirmer ce pourcentage et nous ne détenons aucune information allant dans ce sens », a déclaré Ibrahima Ba.
Conclusion : Pas de preuve que 54 % des prostituées à Dakar ont été étudiantes ou élèves
Ismail Kamby, coordonnateur du mouvement « Touche pas à ma sœur », a affirmé que 54 % des prostituées à Dakar ont été étudiantes ou élèves.
Contacté par Africa Check, il a précisé que cette donnée est tirée d’une étude pas encore finalisée.
Les données de l’Institut d’Hygiène Sociale (IHS) de Dakar, structure habilitée à répertorier les prostituées dans un fichier national, ne confirment pas cette donnée.
Selon le Dr Ibrahima Traoré, médecin généraliste à l’IHS, la majorité des travailleuses du sexe répertoriées par l’institut n’ont pas fait d’études ou se sont arrêtées à l’école primaire.
EN 17 ANS, ON N'A EU AUCUN INVESTISSEUR"
La styliste Adama Paris, explique comment elle s'est lancée dans les affaires à la seule force de son travail, sans aucun prêt, ni le recours à un investisseur
Adama Paris, créatrice de mode et entrepreneuse sénégalaise, est à la tête de sa propre marque. Elle organise chaque année le Dakar Fashion Show et a créé la chaîne de télévision Fashion Africa.
La jeune styliste explique qu'elle s'est lancée dans les affaires depuis 17 ans, à la seule force de son travail, sans aucun prêt, ni le recours à un investisseur.
Son envie est d'ériger un pont entre les différents continents du monde.
Adama Paris répond aux questions de Nicolas Négoce.
LA GUINÉE MODIFIE SA LOI SUR LE MARIAGE
L'Assemblée nationale guinéenne a adopté jeudi un nouveau code civil, qui modifie les dispositions légales sur la monogamie - Désormais, tout homme qui souhaite être polygame doit avoir l'accord de sa première épouse
L'Assemblée nationale guinéenne a adopté jeudi un nouveau code civil, qui modifie les dispositions légales sur la monogamie.
Désormais, tout homme qui souhaite être polygame doit avoir l'accord de sa première épouse.
Selon la nouvelle loi, le mariage est soumis au régime de la monogamie pour tous les citoyens guinéens. Cependant, le futur mari peut, au moment de la célébration du mariage, avec l'accord explicite de sa future épouse, déclarer qu'il opte pour la polygamie limitée à deux, trois ou quatre femmes au maximum.
Seuls quatre des 111 députés qui siègent actuellement à l'Assemblée nationale ont voté contre. Deux se sont abstenus.
La nouvelle loi est diversement appréciée en Guinée, à Conakry, la capitale, notamment.
C'est chez les femmes qu'on trouve surtout les avis favorables à cette modification du code civil.
"Nous avançons bien (...). Grâce à cette loi, les femmes cesseront d'être marginalisées. Jusque-là, leur avis n'était pas important", réagit une Guinéenne.
"Si la femme n'est pas d'avis que son mari prenne une deuxième épouse, que le mari s'abstienne de le faire donc", commente une autre.
Une autre encore estime que "c'est une grande avancée" pour les Guinéennes.
Rares sont les hommes qui ont opté pour la monogamie en Guinée. Ceux-là se réjouissent de l'adoption de la nouvelle loi.
La plupart des hommes interrogés par BBC Afrique à Conakry rejettent les modifications apportées au code civil.
"Cette loi rend les femmes plus fortes encore dans le foyer", réagit un Guinéen.
"Et si la femme ne donne pas son accord, cela n'engendre-t-il pas des problèmes ?" se demande un autre.
Selon l'imam Cissé, de la mosquée Kébé, située dans la banlieue de Conakry, le nouveau code civil est contraire aux prescriptions de l'islam relatives au mariage.
"L'islam autorise les hommes à prendre jusqu'à quatre femmes. Il ne dit pas que si la première femme ne donne pas son accord, on ne peut pas aller chercher une deuxième. On peut informer la première femme de la décision d'aller chercher une deuxième", explique le chef religieux.
"L'islam ne dit pas qu'il ne faut pas chercher une deuxième femme parce que la première n'est pas d'accord. Cette loi n'est pas conforme à la religion musulmane", soutient l'imam Cissé.
Le nouveau code civil doit être promulgué par le président de la Guinée pour entrer en vigueur.
Mais la nouvelle loi ne s'applique toutefois pas aux couples constitués avant son adoption.
En décembre dernier, le président guinéen s'était opposé à l'idée d'une modification du code civil en faveur de la polygamie.
UN REPAIRE DE RETRAITES
Au moment où certains vont à la retraite à l’âge de 60 ans, d’autres se cramponnent à leurs postes, souvent plus de dix ans, voire 15 ans après la retraite au ministre de la Femme, de la Famille et du Genre, dirigé par Ndèye Saly Diop Dieng
Au ministre de la Femme, de la Famille et du Genre, dirigé par Ndèye Saly Diop Dieng la rupture d’égalité entre les travailleurs est manifeste et dure depuis longuement. En effet,
Le ministère de la Femme, de la Famille et du Genre, un repaire de retraités. Tout se passe comme si dans ce ministère, dirigé par Ndèye Saly Diop Dieng le temps avait suspendu son vol. Pour preuve, si l’ancienne ministre de la Famille et de la Solidarité nationale entre le 6 novembre 2002 et le 22 avril 2004, Awa Guèye Kébé et l’ex titulaire du département de la Femme, de la Famille et du Développement social entre le 22 avril 2004 et le 25 juin 2007, Aïda Mbodji revenaient au cabinet de Ndèye Saly Diop, elles reconnaitront facilement des visages connus, il y a de cela une dizaine d’années. Avec Ndèye Saly Diop Dieng, l’actuelle titulaire du département de la Femme, la rupture d’égalité entre les travailleurs est manifeste et dure depuis longuement. En effet, au moment où certains vont à la retraite à l’âge de 60 ans, d’autres se cramponnent à leurs postes, souvent plus de dix ans, voire 15 ans après la retraite.
A titre d’exemple, plusieurs postes sont présentement occupés par des personnes du troisième âge qui ont épuisé leur durée légale de travail, au regard de la législation, à commencer par le : Secrétariat général, la Direction de l’Entreprenariat féminin, la Directrice du PALAM (Programme d’Alphabétisation et d’Apprentissage des Métiers de lutte contre la pauvreté), la Direction de l’Entreprenariat féminin, le Directeur de cabinet et la liste est loin d’être finie.
S’agissant du Directeur de Cabinet, Ciré Lô, Inspecteur de la Jeunesse et des sports de formation, il a roulé sa bosse partout dans l’administration. Depuis 2000, il a occupé le poste de Directeur de cabinet sous différents ministères comme Modou Diagne Fada à la Jeunesse. Aliou Sow l’avait reconduit également. Au ministère de la Femme, il a été au service de tous les ministres qui se sont succédé au poste. Une autre retraitée inamovible est la Directrice du PALAM (Programme d’Alphabétisation et d’Apprentissage des Métiers de lutte contre la pauvreté), d’un coût global de 12 milliards. Khady Fall Ndiaye, Mme Mbacke est à la retraite au moins depuis 10 ans. Comme elle, Ousmane Ka, le Coordonnateur la Cellule de Suivi opérationnel des programmes de lutte contre la pauvreté (CSOPLCP) est admis à la retraite au moins depuis 15 ans.
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L'ENGAGEMENT POLITIQUE SOUS SENGHOR
Eugénie Aw revient sur son parcours de militante maoïste, son immersion dans le monde ouvrier et le travail d'alphabétisation politique qu'elle menait auprès des masses au début des années 1970 au Sénégal
Eugénie Aw revient sur son parcours de militante maoïste, son immersion dans le monde ouvrier et le travail d'alphabétisation politique qu'elle menait auprès des masses au début des années 1970 au Sénégal. Son histoire familiale n'est pas pour rien dans cet engagement.
Elle décrit ce qu'est la clandestinité à l'époque, ce qu'elle implique pour les militants comme sacrifices, les risques encourus.
La vague d'arrestation de 1975 à la suite de la saisie du journal XAREBI (La lutte), les interrogatoires des prisonniers, le procès qui suit et ce qu'il dévoile, permettent de mettre au jour une réalité peu connue de la vie politique sénégalaise des années 1970.
LES HYPERANDROGÈNES, CES FEMMES "TROP MASCULINS"
Désormais, les femmes athlètes disposant d’un taux de testostérone trop élevé devront le maintenir en dessous d’un certain seuil sous peine d’inéligibilité aux compétitions féminines d’athlétisme
Le Temps |
Marie-Amaëlle Touré |
Publication 07/05/2019
Désormais, les femmes athlètes disposant d’un taux de testostérone trop élevé devront le maintenir en dessous d’un certain seuil sous peine d’inéligibilité aux compétitions féminines d’athlétisme. Une décision lourde de sens qui amène à s’interroger sur le phénomène de l’hyperandrogénie.
Mercredi dernier, l’athlète sud-africaine Caster Semenya a perdu l’une des étapes cruciales de la course qu’elle mène depuis près de dix ans contre les plus hautes instances sportives. Le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne a rejeté son recours à l’encontre des règles de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) qui oblige les athlètes hyperandrogènes, comme elle, à diminuer leur taux de testostérone. Tollé sur les réseaux sociaux où la plupart des internautes se sont indignés d’une décision jugée «raciste, sexiste et intersexophobe».
Notamment vulgarisé par l’univers de la mode, le terme d’androgyne renvoie souvent à ce style qui consiste à s’attifer de vêtements masculins et féminins. Le terme a pourtant une portée scientifique avant tout. Le petit Robert définit d’ailleurs la femme androgyne comme celle «dont la morphologie ressemble à celle d’un homme». Et l’hyperandrogénie dans tout ça ?
Une sécrétion d’androgène excessive
Chez la femme, l’hyperandrogénie se traduit par une production importante d’androgènes, substance provoquant une hausse du niveau de testostérone, hormone accroissant la masse musculaire et réputée améliorer les performances sportives notamment.
Deux types d’hyperandrogynie peuvent alors être distingués, l’une clinique, l’autre biologique, relève Julie Benard, médecin adjointe au Service de gynécologie aux Hôpitaux universitaires de Genève. La première peut se manifester par un hirsutisme (présence de poils de distribution masculine sur le dos, les fesses ou le visage), par de l’acné ou encore par une augmentation de la taille du clitoris. La seconde peut, quant à elle, se traduire par une hausse des androgènes présents dans le corps et amener à des troubles des cycles menstruels et de l’ovulation. Des traitements hormonaux adaptés permettent dès lors de limiter ce phénomène.
Un cas loin d’être isolé
C’est en 2009 que le monde découvre le cas de Caster Semenya. Cette Sud-Africaine d’à peine 18 ans va alors devenir l’une des figures du débat scientifique, médiatique et juridique autour de ces athlètes jugées trop «masculines». Pourtant la situation de l’athlète ne fait pas figure d’exception. D’autres sportives ont également été reconnues hyperandrogènes. C’est le cas de la Burundaise Francine Niyonsaba et de la Kényane Margaret Wambui. Idem pour la sprinteuse indienne Dutee Chand. Elle, était parvenue en 2015 à faire invalider par le TAS l’un des premiers règlements de l’IAAF. Le Tribunal avait alors donné deux ans à l’organisation pour présenter une étude scientifique prouvant la supériorité des athlètes hyperandrogènes.
En 2017, un rapport commandé par l’IAAF concluait que ce dérèglement leur donnait un avantage «significatif» dans certaines épreuves. Le professeur Chris Cooper, spécialiste de biochimie, avait d’ailleurs rappelé que les performances de Caster Semenya avaient décliné lorsqu’elle avait été obligée de prendre des médicaments pour faire baisser son taux de testostérone.
Débat éthique
Plusieurs membres de la communauté scientifique se sont par ailleurs positionnés en soutien à l’athlète sud-africaine, considérant qu’interdire les concours à ces femmes, à moins qu’elles ne réduisent leur taux de testostérone, reviendrait à interdire à des basketteurs de jouer, car ils étaient trop grands.
Ainsi, dans un article publié dans la revue médicale BMJ,les chercheuses canadienne et britannique Cara Tannenbaum et Sheree Bekker assurent que l’avantage conféré à ces coureuses par leurs hauts niveaux de testostérone n’est pas prouvé scientifiquement. Ces dernières ont relevé que chez les non-sportifs, les taux naturels de testostérone sont compris entre 9 et 31 nanomoles par litre de sang chez les jeunes garçons et les hommes, et 0,4 à 2 nmol/l chez les jeunes filles et les femmes.
Mais elles font valoir que chez les athlètes de haut niveau, les écarts entre les deux sexes sont moindres, et que certaines femmes sportives ont même des taux supérieurs à celles de sportifs.