SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
5 avril 2025
Femmes
VIDEO
EVA ET PI, UN AMOUR DE ‘’TEMPS DE BOY’’
EXCLUSIF SENEPLUS - Son premier amour, le charme de son mari, sa séquence préférée de la Série – Eva joue le film de sa vie dans l'ultime saison de Pod et Marichou
Omar Niane Lamine Ba et Rokhaya Bassène |
Publication 11/04/2019
Au bouclage de la saison 3 de la série Pod et Maricou, SenePlus a croisé Eva. Une rencontre à cœur ouvert à travers laquelle la femme de Pod parle de son vrai amour. ‘’La séquence tournée à Saly en compagnie de Pod m’a le plus marquée. J’étais célibataire et je m’imaginais déjà avec mon mari, M. PI’’, confie l'actrice. Toujours très amoureuse de son mari, elle raconte le début de leur histoire d’amour. ‘’ Nous sommes ensemble depuis plus de 10 ans. Une histoire, un amour de ‘’temps boy’’, basé sur la confiance et la transparence’’, révèle Eva.
Voir la vidéo.
12 MILLIARDS DE LA COOPERATION ITALIENNE DEDIES AUX FEMMES
La quatrième réunion statutaire du Comité de pilotage du Programme d’appui au développement économique et sociale du Sénégal (Padess), s’est tenue hier, mardi 9 avril 2019, sous la tutelle du ministère de la Femme, de le Famille et du Genre.
Un atelier qui a permis de passer en revue l’état de mise en œuvre des recommandations issues du dernier Comité de pilotage et de soumettre le Plan de travail annuel (PTA) pour 2019. La Coopération italienne à allouée 12 milliards de F Cfa aux femmes pour la réalisation du projet.
L e Programme d’appui au développement économique et social du Sénégal (Padess) a tenu sa quatrième réunion statutaire avec l’Agencia italiano per cooperazionne (Coopération italienne), principal bailleur dudit programme. Il s’agit d’évaluer les performances du programme en termes de capacités d’exécution technique et budgétaire durant l’exercice 2018. De même, il a été soumis à l’appréciation du Comité de pilotage les activités à planifier et à budgétiser pour l’année 2019.
La mise en œuvre du Padess s’articule principalement autour des composantes suivantes: l’amélioration de l’accès des groupes vulnérables aux infrastructures et services sociaux de base, le soutien et le financement des activités génératrices de revenus des groupes vulnérables notamment les femmes, les jeunes et les familles. Il y a aussi l’appui au développement et à la consolidation des Pme, l’animation de dispositifs locaux de suivi évaluation et de coordination, entres autres. Ceci dans le but de contribuer à la réduction de la pauvreté par le soutien à l’opérationnalisation des politiques et stratégies nationales de lutte contre la pauvreté.
Pour Alexandra pierre Mattey, directrice la Coopération italienne, «le Padess est un projet qui a pris en charge l’héritage du Pides (Programme intégré de développement économique et social, ndlr), qui est un autre projet financé par la Coopération italienne et qui a pris fin il y a un mois». Elle explique que le Pides a été déroulé dans les régions de Dakar et Kaolack et qu’avec le Padess, «on a procédé à un élargissement de la carte géographique», avec la région de Sédhiou. A cet effet, poursuit-elle, 17 millions 500 mille euros, soit environ 12 milliards de F Cfa, ont été attribué au Padess, pour la réalisation d’infrastructures et d’équipements sociaux de base et de niveau intermédiaire.
Aïssatou Ayo Diop, coordonnatrice du Padess, note que «la stratégie de mise en œuvre du programme s’adosse à une logique multi-acteurs et sur un transfert de responsabilités à travers le principe de subsidiarité». Elle indique que les domaines d’interventions du programme sont, entre autres, l’amélioration de l’offre de services sociaux de base aux groupes en situation de vulnérabilité (femmes, jeunes, familles, handicapés), l’appui au développement économique local à travers le renforcement /soutien de services intégrés socioéconomique et l’appui aux Pme à travers la mise en place de mécanismes de financement innovants et fonctionnels etc.
Et Mme Ayo Diop de lister les réalisations de 47 infrastructures (sanitaires, scolaires, socioéconomiques et communautaires) dans les régions de Dakar, Sédhiou et Kaolack, l’amélioration de l’accès des femmes aux opportunités d’emplois et de revenus, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, le renforcement des capacités des acteurs (femmes, jeunes, élus locaux, etc.), avec la collaboration des partenaires financiers, à savoir des institutions de micro finance locales.
Le directeur de Cabinet du ministre de la Famille, s’est d’abord facilité des réalisations de la phase pilote du projet, non sans rappeler l’innovation majeure consistant à conférer aux organes de presse des différentes régions d’intervention le statut d’acteur clé dans la mise en œuvre du programme. Ce qui constitue, pour lui «un changement indéniable de paradigme dans les approches de développement. C’est pourquoi le Padess a décidé d’associer en amont comme en aval les acteurs de la presse, dans ce programme», dira-t-il.
VIDEO
CE QUE MIJOTE DABA SEYE
EXCLUSIF SENEPLUS - La chanteuse promet un spectacle riche en sonorités aux mélomanes le 12 avril au Grand Théâtre
Ababacar Sadikh Sall et Lamine Ba |
Publication 10/04/2019
Daba Sèye promet un spectacle son et lumière à ses fans. La chanteuse se dit fin prête pour faire voyager les mélomanes le 12 avril au Grand Théâtre. ‘’ Je n’avais pas l’habitude de danser sur scène mais pour cette soirée, je vais casser la baraque.’’
Voir la vidéo.
VIDEO
MULTIPLE PHOTOS
SOUPA SÉRÈRE RÉCEPTIONNE SA PREMIÈRE ÉCOLE
L’ONG américaine Buildon, œuvrant dans l’éducation en partenariat avec la fondation Acronis, a procédé à l’inauguration de l’école du village situé au Nord de la région de Fatick
Alioune G Sall et Fatou Sène |
Publication 08/04/2019
L’ONG américaine Buildon, œuvrant dans l’éducation en partenariat avec la fondation Acronis a procédé l’inauguration de l’école du village de Soupa sérère, situé dans le Nord de la région de Fatick, le samedi 06 Avril 2019. ‘’ C’était une évidence pour Acronis de participer à cette dynamique consistant à rapprocher le centres d'éducation vers les enfants dans tous les endroits possibles. C’est la deuxième école en Afrique sur un programme de 15 dans le monde, au cours de ces 3 prochaines années’’, a renseigné Maréva Koulamallah, ‘’ directrice communication EMEA. ‘’ pour Acronis.
Les deux classes de l’école de Soupa Sérère ont été construites dans le cadre d’une méthode participative où les bailleurs invitent les bénéficiaires à mettre la main à la pâte. ‘’ Après le choix de la localité bénéficiaire, on amène l’argent. Mais on vient construire avec les habitants. Par exemple ici à Soupa Sérère, chaque jour il y avait au minimum 30 habitants du village qui venaient travailler avec nous’’, a expliqué Daouda Camara, coordonnateur de l’Ong Buildon au Sénégal. ‘’ On ne se limite pas seulement à construire une école et à l’équiper. D’autres actions vont suivre. Parmi lesquelles, l’alphabétisation des femmes, la réinsertion à l’école des enfants qui ont abandonné tôt l’apprentissage’’, a annoncé Daouda à propos des différentes actions de l’ONG, ajoutant qu' l'organisation songe à mettre à la disposition des femmes, un montant assez conséquent pour leur permettre en place un commerce.
LES ENTRANTS ET LES SORTANTS
POINT DE MIRE SENEPLUS - Au total 16 personnalités ont fait leur entrée au sein du nouveau gouvernement de 32 ministres et 3 secrétaires d’Etat dont la liste a été rendue publique dimanche, contre une vingtaine de sortants
Dakar, 8 avr (APS) - Au total 16 personnalités ont fait leur entrée au sein du nouveau gouvernement de 32 ministres et 3 secrétaires d’Etat dont la liste a été rendue publique dimanche, contre une vingtaine de sortants.
Le chef du gouvernement Mahammed Boun Abdallah Dionne, parlant de la nouvelle équipe, a évoqué "un élan nouveau, des visages nouveaux, davantage de femmes, davantage de jeunes, mais c’est également le Sénégal de tous qui est en marche", le chef de l’Etat devant être désormais "en contact direct avec le pouls" des régions.
Selon lui, "la moitié de ses membres, soit 50% des ministres, sont nouveaux", sans compter que la participation des femmes a augmenté, passant "de l’ordre de 20%" dans la précédente équipe à 25% dans la nouvelle, soit "une femme sur quatre membres du gouvernement".
Voici la liste des entrants : Maître Malick Sall (Justice), Mouhamadou Makhtar Cissé (Pétrole et Energies), Amadou Hott (Économie, Plan et Coopération), Moussa Baldé (Agriculture et Equipement rural), Cheikh Oumar Hann (Enseignement supérieur, Recherche et Innovation), Samba Ndiobène Kâ (Élevage et Productions animales), Abdou Karim Fofana (Urbanisme, Logement et Hygiène publique).
Il y aussi Aminata Assome Diatta (Commerce et PME), Néné Fatoumata Tall (Jeunesse), Zahra Iyane Thiam (Microfinance et Economie solidaire), Dame Diop (Emploi, Formation professionnelle et Artisanat), Ndèye Tické Ndiaye Diop (Économie numérique), Moïse Diégane Sarr ( secrétaire d’État, chargé des Sénégalais de l’extérieur), Mamadou Saliou Sow (secrétaire d’État, chargé de la Promotion des droits humains et de la Bonne gouvernance), Mayacine Camara (secrétaire d’État, chargé du Réseau ferroviaire).
Me Oumar Youm, l’ancien directeur de cabinet du président de la République, fait son retour dans le gouvernement au ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement.
Les ministres sortants sont Augustin Tine (Forces armées), Ismaila Madior Fall (Justice), Diène Farba Sarr (Renouveau urbain, Habitat et Cadre de Vie), Papa Abdoulaye Seck (Agriculture et Equipement rural), Mansour Elimane Kane (Pétrole et Energies renouvelables), Mary Teuw Niane (Enseignement supérieur), Yaya Abdoul Kane (Gouvernance territoriale), Mbagnick Ndiaye (Intégration Africaine, NEPAD et Francophonie).
Abdoul Latif Coulibaly (Culture), Khoudia Mbaye (Promotion des investissements, Partenariats et Développement des Téléservices de l’Etat), Abdoulaye Bibi Baldé (Communication, Télécommunications, Postes et Economie numérique), Maïmouna Ndoye Seck (Transports aériens et Développement des infrastructures aéroportuaires), Mame Thierno Dieng (Environnement et Développement durable) ont aussi quitté le gouvernement.
De même, Mame Mbaye Niang (Tourisme), Pape Gorgui Ndong (Jeunesse), Aminata Angélique Manga (Economie solidaire et Microfinance), Ndèye Ramatoulaye Guèye Diop (Bonne gouvernance et Protection de l’enfance), Souleymane Jules Diop (ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé du suivi du PUDC), Birima Mangara (Budget) ne font plus partie du gouvernement, ainsi que les secrétaires d’Eat Abdou Ndéné Sall (chargé du développement du réseau ferroviaire) et Moustapha Lô Diatta (chargé de l’accompagnement et de la mutualisation des organisations paysannes)
PAR ISABELLE BONI-CLAVERIE
LE LONG COMBAT CONTRE LES NORMES DOMINANTES
Pourquoi une norme érigée à partir des spécificités physiques d’un groupe ethnique particulier devrait avoir valeur d’universel ? Pourquoi faudrait-il faire blanc pour affirmer une certaine réussite sociale ?
Parce que Sibeth Ndiaye a porté une robe à fleurs et ses cheveux afro le jour de sa prise de fonction comme porte-parole du gouvernement, elle a essuyé un torrent de commentaires misogynes et racistes sur les réseaux sociaux. Le reproche qui lui a été le plus communément fait est, que par sa tenue et sa coiffure, elle dépréciait les fonctions officielles qui sont désormais les siennes. Ce qui revient à dire qu’en osant être simplement ce qu’elle est, une femme, qui plus est une femme noire, elle n’était pas digne de la République.
Sibeth Ndiaye n’est pourtant pas la première femme ministre noire à porter ses cheveux tels que la nature les lui a donnés. Mais Christiane Taubira disciplinait son afro en de fines nattes terminées par un strict chignon. Le racisme particulièrement odieux dont elle a été la cible a pris appui ailleurs. Quant à Georges Pau-Langevin, deux fois ministre sous Hollande, elle portait l’afro très court, ce qui, pour un œil non averti, en rendait le caractère crépu moins perceptible. Sibeth Ndiaye, elle, a choisi de laisser libre cours à la luxuriance de sa chevelure non homologuée d’origine européenne. Et, qu’elle le veuille ou non, cela a un sens qui va bien au delà d’une simple question capillaire.
Au même titre que la peau noire, le cheveu crépu est devenu avec la mise en esclavage des Africains un stigmate racial. Sans doute parce qu’avec la couleur, c’est ce qui fait le plus fortement différence avec le Blanc. A contrario, obtenir des cheveux lisses est depuis plusieurs siècles, et pour des millions de personnes noires, un objectif en soi. Ce n’est pas un hasard si les premières fortunes afro-américaines se sont bâties au début du vingtième siècle sur la commercialisation de produits et techniques de défrisage. Pas un hasard non plus si partout dans le monde les femmes noires, et parfois les hommes, n’ont de cesse de masquer la nature réelle de leurs cheveux.
Il ne s’agit pas seulement de l’incorporation d’une norme esthétique dominante, mais aussi d’une réalité sociale. Aujourd’hui encore, il est plus facile lorsqu’on est noir et qu’on vit dans un pays occidental de trouver du travail, d’être accepté socialement, si on a le cheveu lisse. Souvent ce n’est même pas une question de choix, mais d’obligation. Nombre d’environnements professionnels exigent une coiffure « classique » qui exclut de fait les cheveux crépus ou trop ostensiblement frisés. Les vraies questions seraient plutôt : pourquoi une norme érigée à partir des spécificités physiques d’un groupe ethnique particulier devrait avoir valeur d’universel ? Pourquoi faudrait-il faire blanc pour affirmer une certaine réussite sociale ?
C’est cela sans doute qui agace autant chez Sibeth Ndiaye. Elle ne s’excuse pas d’être noire dans un milieu politique majoritairement blanc. Elle ne fait même pas l’effort d’offrir aux Français «bon teint » des gages visibles d’assimilation. Elle déboule là où on ne l’attendait pas, telle qu’en elle-même, avec son « premier pays », le Sénégal, auquel elle se réfère explicitement, sa naturalisation toute récente, son afro, ses tenues colorées et son franc-parler. Mais elle le dit elle-même, ses parents sénégalais lui ont appris que « là où tu es, tu es à ta place. » Et sa place elle la prend.
Croyant la défendre, certains, y compris au sein du gouvernement, ont joué la carte de la méritocratie, réitérant sans s’en rendre compte le même type d’infériorisation sociale que ceux qui l’attaquaient. «Parier avec Sibeth sur une nana de moins de 40 ans, noire, pas née en France, c’est couillu et ça veut dire quelque chose en termes d’égalité des chances.», nous apprend ainsi un conseiller ministériel cité par Libération. Si ce n’est que Sibeth Ndiaye vient d’une grande famille, rompue à l’exercice du pouvoir, avec un père qui a été député et une mère, haute magistrate, qui a présidé le Conseil Constitutionnel du Sénégal. C’est une immigrée, peut-être, mais fille de cette bourgeoisie africaine qui a les moyens d’envoyer ses enfants étudier en Europe ou en Amérique. Sa réussite n’est pas celle d’un système, mais d’une personne.
En cela, l’afro de Sibeth Ndiaye n’a rien de révolutionnaire. Il n’est pas à ranger du coté de celui d’Angela Davis et des militants des droits civiques noirs américains des années 60, quand le simple port d’une telle coiffure vous désignait comme dangereux gauchiste auprès de la police. Il est juste le signe d’une nouvelle génération, à l’aise dans ses origines multiples, muticulturelle, afropéenne comme dirait l’écrivaine Léonora Miano.
De la même façon, cette nomination, si elle montre l’absence de préjugés du Président qui l’a choisi, ne fait pas système. Sous la présidence de Macron les lois en matière d’immigration se sont encore durcies. Et s’il n’y a jamais eu autant de députés non blancs sous la 5è République (post indépendances africaines) qu’avec LREM, la « diversité » ou plutôt l’inclusion des minorités ethniques n’a jamais autant été un non sujet politique.
Il n’en reste pas moins que Sibeth Ndiaye, son afro et sa robe à fleurs, constituent un signal réjouissant pour de nombreuses femmes noires, et pour tous ceux qui refusent de voir la République confisquée par des idéologies rances.
par Modou Mamoune FAYE
MAIS, POURQUOI SONT-ILS SIBETH ?
Pourquoi toutes ces attaques contre Sibeth Ndiaye qui, pourtant, n’est pas la première femme noire issue de l’immigration à accéder à de hautes fonctions au sein du gouvernement français ?
La nomination de Sibeth Ndiaye, le 31 mars dernier, comme secrétaire d’Etat, porte-parole du gouvernement, a revigoré les vieux démons du racisme en France. Depuis qu’elle a accédé à ce poste stratégique, l’ex-conseillère de presse d’Emmanuel Macron s’attire les foudres des réactionnaires de la fachosphère hexagonale. Ces derniers se sont rués sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux pour lui balancer des propos nauséabonds qui puent le racisme et le sexisme. Certains s’en prennent à son code vestimentaire qui tranche avec le look bcbg des cadres, des ministères, d’autres font des remarques humiliantes sur sa coiffure afro. Bref, toute la panoplie langagière du parfait xénophobe franchouillard qui croit dur comme fer que les Noirs et les Arabes sont la cause de ses déboires quotidiens.
Au micro de Rtl, Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national (Rn, le parti de Marine Le Pen) pour les européennes balance tout de go : « Sibeth Ndiaye assume d’être une menteuse professionnelle », reprenant des propos que l’actuelle porte-parole du gouvernement français aurait tenus et qui, selon cette dernière, ont été complètement sortis de leur contexte. Un autre membre du Rn, porte-parole de ce parti, Sébastien Chenu, va plus loin dans la démagogie en affirmant sur Cnews : « Elle assume le fait de mentir et ça devient un marqueur de la Macronie ». Même les gauchos, d’habitude si ouverts, s’y sont mis. En apprenant la nomination de Sibeth Ndiaye, le secrétaire national du Parti communiste, Fabien Roussel, a cru à un « poisson d’avril fait quelques heures trop tôt ».
Mais la palme revient à Robert Ménard, ex- secrétaire général de Reporters sans frontières, ancien gauchiste récupéré par l’extrême droite et actuel maire de Béziers. Sur Rmc, mardi dernier, il a attaqué Sibeth Ndiaye, non pas sur ses compétences, mais sur ses… origines familiales. « La légende autour d’elle, sous prétexte qu’elle est d’origine sénégalaise, laisserait entendre qu’elle ait un parcours difficile. Je vous rappelle que sa mère présidait le Conseil constitutionnel au Sénégal, c’est la bourgeoisie sénégalaise », a-t-il osé dire sans sourciller. Le hic est que les anti-Sibeth, on en trouve au cœur même de l’Etat français. « Depuis que le communiqué du remaniement est tombé, on s’appelle tous entre nous. On est sciés, pour ne pas dire dubitatifs. On ne comprend pas », a confié un conseiller ministériel au quotidien Le Parisien.
Mais pourquoi toutes ces attaques contre Sibeth Ndiaye qui, pourtant, n’est pas la première femme noire issue de l’immigration à accéder à de hautes fonctions au sein du gouvernement français ? Il y a eu le cas de Rama Yade, une autre Sénégalaise de naissance, qui avait occupé des positions plus prestigieuses : secrétaire d’Etat chargée des Affaires étrangères, puis chargée des Sports sous Nicolas Sarkozy. Peut-être que cette dernière était beaucoup plus « lisse », plus « intégrée » aux yeux des fachos. Cette phrase de l’écrivain Olivier Marteau illustre parfaitement nos propos : « On peut très bien être femme, ministre, noire et respecter la fonction et les gens. Exemple : Rama Yade », a-t-il déclaré dans un tweet.
Il est vrai que Sibeth Ndiaye, jeune femme de 39 ans, née à Dakar le 13 décembre 1979 et naturalisée française qu’en 2016, a une dégaine qui ne plaît pas à certains Français ringardisés et peu ouverts aux apports extérieurs. Elle s’habille comme elle le sent : jeans, jupes colorées et paire de baskets blanches, avec une tignasse afro ou des dreadlocks qui font gerber les défenseurs du puritanisme protocolaire. Il est tout aussi vrai qu’elle n’use pas de la langue de bois lorsqu’il s’agit de communiquer. Mais cela justifie-t-il tout ce déferlement de propos racistes dans un pays où les mots liberté, égalité et fraternité font office de devise nationale ? Et puis, ceux qui lui reprochent sa couleur de peau, son look et son franc-parler ignorent sans doute que dans son pays d’origine, elle est issue d’une famille qui symbolise toute la tolérance à la sénégalaise : un père musulman, Fara Ndiaye, ancien compagnon de lutte de l’ex-Président Abdoulaye Wade, et une mère catholique, Mireille Ndiaye, d’origine togolaise, qui a choisi le Sénégal comme pays d’adoption au point d’en devenir la présidente du Conseil constitutionnel.
Les attaques contre Sibeth Ndiaye ne datent pas de sa nomination comme porte-parole du gouvernement français. En 2017 déjà, le Canard Enchaîné lui avait reproché d’avoir été irrespectueuse envers la mémoire de Simone Veil, après le décès de cette dernière, en tweetant : « Yes, la meuf est dead » (oui, la dame est morte). Une information démentie plus tard par une enquête minutieuse du quotidien français Libération. A l’époque, Ibrahima Diawadoh N’Jim, d’origine mauritanienne et ancien conseiller de Manuel Valls, avait écrit ceci dans le Monde : « Ce qu’on reproche à Sibeth Ndiaye, c’est d’être une femme noire qui a réussi. Cette polémique relève d’un racisme insidieux encore bien présent en France ». Toute cette histoire montre, en effet, que certains Français ne se rendent pas compte que le visage de leur société a radicalement changé. Quant à Sibeth Ndiaye, elle semble bien « carapacée » face à ce déferlement de racisme. Sur Bfm Tv, mercredi dernier, elle a balancé ces propos pleins de sagesse à ses détracteurs : « Quand vous êtes une femme et qu’en plus vous êtes noire, on met toujours en doute la raison pour laquelle vous êtes là. On vous dira que c’est de la discrimination positive, que c’est un peu du hasard, que c’est le fait du prince, que c’est grâce à vos amitiés ». Pan sur le bec !
TROIS MILLIARDS INJECTES DANS LE VACCIN CONTRE LE COL DE L’UTÉRUS CHEZ LES JEUNES FILLES
(SénePlus.com,Dakar) Le Sénégal a déclenché la vaccination de masse des jeunes filles contre le cancer du col de l’utérus.
Même si une polémique s’était installée autour du vaccin, l’Etat a déjà déboursé 3 milliards sur les 30 nécessaires pour protéger les filles contre ce cancer qui tue des milliers de femmes chaque année au Sénégal selon Mamadou Ndiaye directeur de la prévention.
SOKHAM EL WARDINI RÉCLAME LA LIBÉRATION DE KHALIFA SALL
(SénePlus.com, Dakar) la mairesse de Dakar a pris part hier à la 59iem édition de l’accession du Sénégal à la souveraineté nationale. Occasion pour Sokham El Wardini de réclamer encore la libration de son prédécesseur.
Selon l’actuelle maire de Dakar, il est vraiment temps de libérer Khalifa Sall.
SIBETH NDIAYE SE DIT VACCINÉE CONTRE LES ATTAQUES
"Quand vous êtes une femme et qu'en plus vous êtes noire, vous êtes cumularde. On met toujours en doute la raison pour laquelle vous êtes là"
Invitée sur BFMTV ce mercredi soir, la porte-parole du gouvernement est revenue sur le racisme couplé de sexisme auxquelles les femmes sont régulièrement confrontées, notamment dans le milieu professionnel.
"Je crois qu'en termes d'attaques, ça a déjà commencé sur les chapeaux de roue", a ironisé la nouvelle porte-parole du gouvernement, en référence aux critiques sur son look ou sa façon de s'exprimer qui ont fusé ces derniers jours, à l'annonce de sa nomination.
"On vous dira que c'est grâce à la discrimination positive, on vous dira que c'est le Fait du prince, que ce sont vos amitiés, voire plus, qui font que vous êtes où vous en êtes", a amèrement relevé Sibeth Ndiaye, soutenant que ce n'était jamais "quelque chose d'évident à entendre. C'est même plutôt désagréable".
"Je me suis posée la question de la capacité"
Si l'ancienne conseillère presse du président a reconnu que ce genre de critiques la "(touchait) forcément", elle assure que "ça ne (l)'a jamais arrêtée". Face à Ruth Elkrief ce mercredi, Sibeth Ndiaye a reconnu avoir "beaucoup hésité" à prendre le poste de porte-parole du gouvernement, lorsque le Premier ministre Édouard Philippe le lui a proposé.
"Comme beaucoup de femmes, je me suis posée la question de la capacité. Ma capacité à le faire", explique encore cette collaboratrice de longue date d'Emmanuel Macron.
"Je fais un peu office de rôle modèle", a fièrement soutenu Sibeth Ndiaye. "Si moi je réussis, peut-être que d'autres jeunes femmes, d'autres noires, se diront que 'c'est possible'".