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4 avril 2025
Femmes
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DES FILLES MARIÉES AU NIGÉRIA POUR EFFACER DES DETTES
Les filles de la communauté Becheve sont parfois vendues à des hommes plus âgés pour effacer les dettes de leurs parents - Témoignage de Dorothy mariée à 7 ans
Au Nigeria, les filles de la communauté Becheve sont parfois vendues à des hommes plus âgés pour effacer les dettes de leurs parents. Voici le témoignage de Dorothy mariée à 7 ans.
C'est au milieu de ses enfants que Dorothy arrive à oublier ses blessures familiales.
A 7 ans à peine, cette Nigérianne a été mariée de force avec un homme de 50 ans.
Ses parents avaient ainsi régler une dette.
Avec son mari, elle a eu son premier enfant à l'age de 12 ans.
Dorothy AKPAN, "Money Woman" :
"Sans ma foi chrétienne, je me serais suicidé. On m'a plaqué et maintenu pour qu'un homme couche avec moi. Je ne peux pas oublier ça. Mais avec l'aide de Dieu, j'essaie d'oublier, mais ce mauvais souvenir me revient souvent".
Le cas de Dorothy est loin d'être unique. Dans le sud-est du pays, des milliers de femmes de la communauté Becheve ont été victimes d'un money mariage, ou mariage monétaire en français: une union forcée pour payer ses dettes.
Une tradition ancestrale que le mari de Dorothy critique aujourd'hui
Philip AKPAN, époux de Dorothy
"J'ai des remords sur ce que j'ai fait à Dorothy. Si vous m'achetez et me donnez une jeune fille en mariage, je refuserais aujourd'hui."
Le Nigeria a ratifié des conventions internationales protégeant les droits des enfants. Et pourtant le mariage forcé demeure une menace réelle pour les jeunes filles de la communauté Becheve.
FATMA SAMOURA, COUP DE COEUR OU COUP DE COM' D'INFANTINO ?
Elle en a surpris plus d'un en devenant numéro 2 de la Fifa en 2016, propulsée par le président de l'istitution - Mais trois ans après, l'action au quotidien de cette femme de caractère semble freinée, précisément par l'homme qui est venu la chercher
Pourquoi elle ? La désignation au poste de secrétaire générale de cette Sénégalaise alors âgée de 52 ans, transfuge de l'ONU où elle a passé 21 ans à travers l'Afrique, mais sans expérience préalable dans le sport, s'est faite au débotté, lors du congrès de Mexico.
Pour son recrutement, Infantino "a accéléré le processus qu'il avait lui-même annoncé", explique une source proche.
Selon des récits concordants, les deux se sont rencontrés en Afrique, à l'initiative du Malgache Ahmad Ahmad, futur patron du football africain, lors d'une visite d'Infantino qui mène alors campagne pour la présidence de la Fifa.
"S'il y a quelque chose qu'on ne peut pas lui reprocher, c'est qu'elle a du caractère", assure un bon connaisseur de la Fifa, à propos de cette mère de trois enfants.
- Femme "de caractère" -
Samoura a la lourde tâche de succéder au Français Jérôme Valcke, mis à pied puis suspendu 12 ans (peine réduite ensuite à 10 ans) notamment pour un trafic de billets.
"Son arrivée a été perçue comme une bonne surprise, car pour une fois c'était une personnalité non issue du sérail", explique une autre source."Contrairement aux poids lourds de la Fifa, elle n'a pas cette culture de bulle parano".
Mais dès sa nomination, contraste la même source, "en interne, comme à l'extérieur, beaucoup se sont demandés si c'était un coup de relations publiques de la part d'Infantino".
En public justement, celui-ci avait insisté sur "l'expérience et la vision internationales" de la dirigeante, et justifié sa nomination par la nécessité pour l'instance de "s'ouvrir à des perspectives nouvelles, extérieures au réservoir traditionnel".
Sauf qu'en interne, dès ses premiers jours, en plus d'un mini scandale sur des notes de femme de ménage qu'elle aurait fait régler par la Fifa, Samoura se rend vite compte que sa tâche, qui consiste notamment à gérer l'administration de la Fifa, ne sera pas aisée, tant Infantino s'entoure à tous les postes d'une sorte de garde rapprochée.
"Son périmètre est limité car on l'empêche de travailler.Le souci c'est que le président s'implique dans des dossiers où elle pourrait apporter quelque chose d'autre", constate une source.
Ainsi est-elle bordurée par deux secrétaires généraux adjoints, l'Ecossais Alasdair Bell, venu de l'UEFA, et l'ex-star de l'AC Milan, le Croate Zvonimir Boban, chargé des dossiers sportifs.
Quel est son bilan après trois ans ? "Il y a une fierté pour nombre d'Africains de voir une des leurs occuper cette position", confie un spécialiste du football africain.
"Du point de vue symbolique, et étant une femme, il y a un impact indéniable", ajoute la même source qui explique qu'elle a joué "un rôle certain" dans l'élection du Malgache Ahmad Ahmad à la présidence de la Confédération africaine (CAF), homme qu'elle avait appris à connaître alors qu'elle était en poste pour l'ONU à Madagascar.
- Le foot féminin "coûte" -
Alors que le soutien des 56 fédérations africaines est fondamental dans la réélection à la présidence de la Fifa - Sepp Blatter avant Infantino l'avait bien compris - Samoura continue d'entretenir "une relation particulière et une proximité certaine avec Ahmad", même si l'aura de ce dernier commence sérieusement à s'étioler, en raison d'accusations répétées à son encontre de mauvaise gestion de la CAF.
Le développement du football féminin est l'un des crédos de la Sénégalaise."Aujourd'hui, le foot masculin ça paie, le foot féminin ça coûte.Ca devrait payer et ça va payer", répète-t-elle à l'envi, comme ce jour de février dernier. "Je n'ai qu'un regret, c'est que les dirigeants hommes ne se rendent pas compte de cette manne qui est devant eux et qui ne demande qu'à être exploitée".
La Fifa a certes désigné une responsable du football féminin, Sarai Bareman (Samoa) qui avait remplacé la pourtant très efficace et unanimement appréciée Suissesse Tatjana Haenni, "mais elle passe plus de temps à faire le tour du monde pour présenter le trophée" de la Coupe du monde, s'étonne un bon connaisseur.
PAR Ndèye Fatou Kane
IL EST URGENT DE VOTER UNE LOI CRIMINALISANT LE VIOL
Il faut désormais agir et sortir des indignations cycliques - A l’heure où l’on parle de dialogue national, la question des violences faites aux femmes doit être placée au cœur des débats
Depuis quelques semaines au Sénégal, on assiste à une recrudescence de viols et de meurtres dont les femmes sont les principales victimes. Le 21 mai au soir, le corps de Bineta Camara, 23 ans, a été retrouvé dans la demeure familiale à Tambacounda, dans le centre du pays. La jeune femme a semble-t-il été étranglée après que son agresseur ait tenté de la violer.
Le week-end suivant, le cadavre d’une femme dévêtue a été découvert à Ouakam, une commune de Dakar. Il ne s’agit pas de deux cas isolés. Des affaires similaires se sont enchaînées ces dernières semaines. En plus de cette flambée d’attaques, les violences verbales sexistes et les commentaires désobligeants à l’encontre des femmes pullulent sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Facebook. Comme si l’on avait attendu ces moments pour déverser une bile contenue depuis longtemps.
Sortir des indignations cycliques
On s’invective, on s’insulte, on met en avant son appartenance ethnique, religieuse, clanique, ou même son sexe, pour justifier les dérives langagières. La mort de Bineta Camara a suscité de vives réactions d’indignation, de Dakar à Abidjan, ou à Paris, et dans de nombreuses autres villes du Sénégal, où les femmes ont manifesté pour exprimer leur ras-le-bol. Le mur du vivre-ensemble entre hommes et femmes, si fragile soit-il, était le socle de notre nation. Ce mur est en passe de s’effondrer pour laisser la place aux frustrations qui ne demandent qu’à surgir.
La triste nouvelle de la tentative de viol de Bineta Camara a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En 2018, l’épisode du professeur Songué Diouf avait choqué le Sénégal entier, mais nous étions vite passés à autre chose. Cet éminent professeur de philosophie avait déclaré, le plus tranquillement du monde dans une émission de télévision, que si les femmes sénégalaises se faisaient agresser sexuellement c’était de leur faute, provoquant l’ire de toute la population sénégalaise. Mais un an après, cette colère s’est dissipée et l’homme continue sa carrière d’enseignant.
Il faut désormais agir et sortir des indignations cycliques. Pour le moment, le débat tourne de manière stérile autour de deux idées : le rétablissement de la peine de mort pour punir les violeurs ou leur accompagnement psychologique. Il devrait se situer ailleurs, autour de la mise en place d’un arsenal législatif.
Au Sénégal, l’article 320 du code pénal stipule qu’il y a viol dès lors « qu’il y a un acte de pénétration de quelque nature que ce soit commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ». Les peines d’emprisonnement varient entre cinq et quinze années de réclusion. Bien que le sursis ne peut être appliqué dans ces cas, une dizaine d’années de prison constitue une goutte face à l’océan d’une vie gâchée.
L’opprobre est jeté sur les femmes
Car la mort sociale qui suit l’acte de viol est un autre drame pour les victimes. Pour illustrer cette double peine, il y a quelques années, une affaire de viol avait opposé un journaliste sénégalais très connu d’un hebdomadaire panafricain installé à Paris à une jeune fille sénégalaise. Le violeur s’en était sorti indemne après trois ans d’emprisonnement, tandis que sa victime, elle, avait quitté le pays sur la pointe des pieds, emportant avec elle le poids du jugement de la société, qui avait fait des gorges chaudes de cette affaire, avec en boucle l’interrogation : « Qu’est-ce qu’elle faisait avec lui dans une chambre d’hôtel ? » Et pourtant, il a été prouvé que les deux entretenaient une relation amoureuse !
La loi doit donc être plus répressive. Pour aller plus loin, il faudrait urgemment mettre fin à une aberration : considérer le viol non pas comme un délit, comme c’est le cas aujourd’hui, mais comme un crime. Il est urgent de voter une loi criminalisant le viol !
Mais dans mon si beau pays, tout ce qui a trait aux débats en dessous de la ceinture est à proscrire. L’opprobre est jeté sur les femmes, elles qui doivent rester vierges, dans tous les sens du terme. En attestent les propos du père de feue Bineta Camara après les résultats de l’autopsie, qui a tenu à préciser que sa fille est décédée en ayant opposé une farouche résistance à son agresseur. Il ajoute que sa fille n’a pas été violée. Elle est donc partie rejoindre le royaume des cieux en emportant son hymen, symbole de sa pureté.
Ces précisions étaient-elles nécessaires ? L’honneur et le respect dont bénéficie le groupe familial, à l’aune du sutura – discrétion, propension à masquer, à maquiller en wolof – qui fait taire nombre de femmes, sont encore une fois brandis au-dessus de nos têtes. A l’heure où l’on parle de dialogue national, la question des violences faites aux femmes doit être placée au cœur des débats.
Ndèye Fatou Kane est écrivaine et chercheuse en genre à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), à Paris.
MACKY VEUT CRIMINALISER LE VIOL
Le président de la République a annoncé lundi qu’un projet de loi visant la criminalisation du viol et de la pédophilie sera prochainement soumis à l’Assemblée nationale
Le président de la République, Macky Sall, a annoncé lundi qu’un projet de loi visant la criminalisation du viol et de la pédophilie sera prochainement soumis à l’Assemblée nationale.
"J’ai donné des instructions fermes au ministre de la Justice, pour me présenter très prochainement en Conseil des ministres un projet de loi qui sera naturellement transféré à l’Assemblée nationale, visant la criminalisation du viol, mais également de la pédophilie", a-t-il dit.
S’exprimant à l’occasion d’une cérémonie de levée des couleurs qu’il présidait au palais de la République, le chef de l’Etat a réaffirmé sa détermination à protéger les familles, à travers "les éléments les plus fragiles de la société’’, que sont les enfants garçons et filles, ainsi que les femmes.
Des voix se sont dernièrement élevées au sein de l’opinion pour demander que le viol soit criminalisé, suite à une série de meurtres dont celui de Bineta Camara, le 18 mai dernier, une affaire qui a ému à travers le pays.
Le Collectif contre les violences faites aux femmes et aux enfants avait par exemple organisé un sit-in samedi dernier, un rassemblement au cours duquel ses responsables ont appelé à la criminalisation du viol et à la tolérance zéro dans ce domaine.
Selon le chef de l’Etat, le projet de loi annoncé constitue dans ce sens une ’’mesure forte’’ devant déboucher sur "des sanctions exemplaires’’.
"Cela pourra aider, mais il faut une mobilisation nationale parce que ces viols et ces violences se passent dans les familles", a indiqué Macky Sall.
Aussi a-t-il invité ses compatriotes à dénoncer les auteurs de violences dont les femmes et les jeunes sont victimes, assurant de la détermination de l’Etat de prendre "des mesures exceptionnelles dans le sens de rétablir non seulement la sécurité publique, des personnes et des biens, mais aussi de veiller à ce que des dispositions légales soient prises pour que ces actes puissent totalement être éradiqués".
DU "TABAC" DANS LE SEXE, UNE PRATIQUE DANGEREUSE POUR LES FEMMES
Dans le sud du pays, des habitantes utilisent un produit aux vertus supposées médicinales
Le Monde Afrique |
Chloé Lauvergnier et Seydou Tamba Cissé |
Publication 02/06/2019
Assise dans la cour d’une grande maison, Fatou* ouvre délicatement un sac en plastique. A l’intérieur, des dizaines de sachets laissent s’échapper une forte odeur de tabac. Chacun contient quelques grammes d’un produit semblable à du terreau. « Vous sentez cette odeur ? Elle n’a pas changé depuis une semaine : c’est le signe que le produit est de bonne qualité », affirme cette habitante de Sédhiou, une petite ville de Casamance, dans le sud du Sénégal.
Depuis quelques années, de plus en plus de femmes de la région consomment ce produit, qu’elles surnomment « tabac » en raison de sa composition. « Il m’a permis de soulager mes maux de ventre. Mais il sert aussi à traiter les douleurs aux articulations et l’anémie, à lutter contre la fatigue et à faciliter l’accouchement », assure Fatou, qui le vend à d’autres habitantes de Sédhiou. D’après elle, le produit permettrait même de soigner l’infertilité :
« Je connais une femme qui n’a jamais réussi à avoir d’enfants durant dix ans. Elle est tombée enceinte après avoir commencé à le consommer. »
C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé Rokhaya*, la quarantaine, à tester le produit. « Des gens m’ont dit que ça allait m’aider à avoir des enfants », confie-t-elle à l’intérieur de sa maison, à la nuit tombée. Mais le produit est loin d’avoir eu l’effet escompté :
« J’en ai mis une petite quantité sur les lèvres du sexe, car les femmes l’utilisent comme ça généralement. Mais au bout de cinq minutes, j’ai commencé à vomir et à avoir des vertiges : j’ai cru que j’allais mourir ! Depuis, je ne l’ai plus jamais remis dans mon sexe. »
Rokhaya raconte qu’elle continue pourtant à utiliser le « tabac » lorsqu’elle a des crampes aux pieds, en le mélangeant avec du beurre de karité, ou encore pour nettoyer des plaies.
« C’est comme une drogue »
A Sédhiou, d’autres femmes décrivent des effets secondaires semblables : vomissements, étourdissements, diarrhée… L’une d’elles confie avoir fait une « nuit blanche » après avoir consommé le produit, qu’elle décrit comme « chaud et piquant ». « Ma langue est devenue lourde, j’ai eu le corps abattu, comme si j’étais anesthésiée : c’était comme une drogue », se souvient cette femme. Même son de cloche du côté de Rokhaya :
« C’est comme la cigarette : certaines femmes ne peuvent plus s’en passer. »
Plusieurs femmes de l’entourage de Rokhaya utilisent ce produit. L’une d’elles s’approvisionne auprès de trois fabricantes qui vivent dans un village voisin et viennent le vendre à Sédhiou. Elles ont commencé à fabriquer le produit trois ans plus tôt, après l’avoir découvert à Kandiénou, un petit village proche de la frontière avec la Guinée-Bissau, d’où il serait originaire.
« Pour le produire, il faut piler des feuilles de tabac et deux autres plantes, lekankouran mano et le koundinding, jusqu’à obtenir une poudre. Ensuite il faut mélanger le tout, rajouter un peu d’eau et laisser reposer. Puis nous mettons le produit dans des petits sachets en plastique : c’est très rapide », détaille l’une d’elles. D’autres disent que de la soude serait aussi ajoutée.
L’activité est très rentable. Le coût de production est faible, puisqu’elles achètent uniquement les feuilles de tabac et les sachets en plastique. Ensuite, chaque sachet est vendu 50 francs CFA (0,08 euro) à des consommatrices ou à des vendeuses, qui le revendent ensuite 100 francs CFA.
Selon les trois fabricantes, au-delà de ses supposées vertus médicinales, leur produit serait aphrodisiaque, puisqu’il permettrait aux femmes de se procurer un certain bien-être lorsqu’elles sont seules. « Quand elles l’utilisent, c’est comme si elles faisaient l’amour avec un homme. Donc après, elles n’ont plus envie d’avoir de rapports sexuels avec leurs maris », racontent-elles en gloussant, avant d’ajouter : « Cela a d’ailleurs fragilisé beaucoup de couples. »
Menaces de répudiation
Plusieurs habitants confirment des tensions dans les ménages. C’est le cas de Boubacar Faty, secrétaire général du lycée Ibou-Diallo :
« Certaines femmes n’ont plus de contact physique avec leur mari, ce qui crée des frustrations. Un jour, j’ai entendu une femme dire à son mari : “Ce que le tabac me procure comme plaisir, tu ne m’en procures même pas la moitié !” »
Maïmouna Camara, ex-assistante sociale à l’hôpital de Sédhiou, assure que « certains hommes menacent de répudier leurs femmes s’ils découvrent qu’elles consomment le produit ». Celui-ci est donc vendu en cachette : les rencontres entre fabricantes, vendeuses et clientes ont systématiquement lieu dans les foyers, pour éviter d’attirer l’attention des hommes ou des autorités.
Mais au-delà des problèmes conjugaux causés par le produit, c’est surtout son impact sur la santé des femmes qui inquiète. Ngima Coly, une sage-femme de Sédhiou, estime que la consommation du « tabac » s’est considérablement développée depuis qu’elle l’a découvert, en 2010 :
« Quand j’examine des femmes qui l’utilisent, je vois un produit noirâtre accolé à leurs parois vaginales. Je constate cela presque tous les jours, y compris chez les jeunes, alors qu’auparavant c’étaient surtout des femmes assez âgées qui consommaient ce produit. »
Et même si elle reconnaît en ignorer les effets précis à long terme, elle martèle qu’« il ne faut pas l’utiliser », car elle estime qu’il pourrait entraîner des cancers du col de l’utérus : « Actuellement, j’en dépiste au moins cinq cas chaque année. »
De son côté, Ndèye Sarr, infirmière au poste de santé de Karantaba, une petite ville voisine, souligne l’addiction au produit :
« Quand on dit aux femmes d’arrêter de le consommer, elles sont d’accord mais elles continuent malgré tout. »
Risque de cancer du vagin
Le « tabac » est désormais arrivé à Dakar, où il a attiré l’attention de Cheikh Ameth Tidiane Diarra, un gynécologue-cancérologue de l’Institut Curie. L’utilisation de ce produit reste toutefois beaucoup plus marginale dans la capitale, puisque ce sont essentiellement des femmes originaires de Casamance qui l’achètent ou le vendent. Le docteur Diarra explique qu’il pourrait exister une corrélation entre l’utilisation de ce produit et les cancers du vagin :
« J’ai fait une dizaine d’années en gynécologie, durant lesquelles je n’ai jamais vu de cancer du vagin. Mais depuis deux ans, j’ai été confronté à treize cas. C’est peut-être lié au fait que je fais beaucoup plus de cancérologie actuellement, mais ce qui est sûr, c’est que letabagisme favorise le développement de cancers. Donc si les femmes mettent un produit à base de tabac dans leur sexe, cela peut augmenter le risque de cancer du vagin. De plus, mettre ce genre de produit dans le sexe peut provoquer des infections et affecter la fertilité. »
oncernant les effets bénéfiques supposés du produit, le docteur Diarra reconnaît qu’il existe probablement un « effet placebo » et que sa composition à base de tabac peut amener ses utilisatrices à avoir « des sensations pouvant être confondues avec de l’excitation ». Il espère présenter les premières conclusions de son étude d’ici à 2020. En attendant, lui aussi exhorte les femmes « à ne pas mettre n’importe quoi dans leur vagin ». De son côté, le ministère de la santé dit avoir connaissance du produit mais n’a entrepris aucune étude à ce sujet.
Au-delà du Sénégal, le « tabac » serait désormais exporté en France et dans certains pays frontaliers, si l’on en croit plusieurs habitants de Sédhiou. Une salariée de l’Unesco, qui a travaillé à Dakar durant plusieurs années, assure qu’il serait notamment vendu à Bordeaux.
* Les prénoms ont été changés.
L'AFRIQUE SUR ORBITE DU MONDIAL DE FOOT FÉMININ
Trois équipes africaines sont qualifiées pour la Coupe du monde féminine de football en France : le Nigeria, le Cameroun et l'Afrique du Sud - Revue des troupes
Déjà sur le toit du football continental avec leur onzième victoire lors de la Coupe d'Afrique des nations féminine 2018, les Super Falcons du Nigeria sont l'équipe la plus titrée et la plus attendue d'Afrique pour ce Mondial. Car les Super Falcons ont bataillé dur pour décrocher le dernier titre continental et s'envoler pour une nouvelle qualification.
Des Nigérianes en mode conquête
Après avoir terminé deuxièmes de leur poule derrière l'Afrique du Sud, elles ont dû passer deux fois par la séance des tirs au but. Tout d'abord en demi-finale contre le Cameroun, puis en finale contre les Sud-Africaines, deux adversaires qui seront également présentes en France cet été. Mais elles ont de bonnes raisons d'y croire. Il faut savoir que les Super Falcons (un surnom qui rappelle celui des Super Eagles du Ghana, leurs concurrentes de toujours, NDLR) ont participé à toutes les Coupes du monde depuis la première édition en 1991, mais n'ont dépassé le premier tour qu'une seule fois pour atteindre les quarts de finale en 1999. Le tournoi qui s'ouvrira vendredi 7 juin en France marquera donc leur huitième participation à la plus prestigieuse compétition de football féminin au monde. La NFF (Fédération de football nigériane) espère maintenant que les Super Falcons pourront transférer leur succès continental sur la scène mondiale et au moins sortir de la phase de groupes. Les dames de l'entraîneur suédois Thomas Dennerby affronteront la France, favorite, la Norvège et la Corée du Sud dans le groupe A.
Et, s'il y avait un nom à retenir dans cette superbe équipe désormais de plus en plus soudée, ce serait celui d'Asisat Oshoala. Après avoir remporté le ballon d'or et le ballon d'or Fifa U20 en 2014, Asisat a ajouté trois trophées de footballeuse africaine de l'année, a joué pour Liverpool, Arsenal, pour enfin atterrir à Barcelone ! Asisat Oshoala a inscrit sept buts en sept matches de championnat pour Barcelone, devenant ainsi la première Africaine et Nigériane à marquer dans une finale de la Ligue des champions féminine. Elle est également la première joueuse africaine et nigériane à figurer en finale de la Ligue des champions féminine de l'UEFA. À ses côtés figure en place la joueuse Onome Ebi. À 36 ans, c'est sa cinquième Coupe du monde en tant que défenseuse.
Quatre ans après, revoilà les Lionnes en Coupe du monde
Pour la première fois de son histoire, l'équipe nationale féminine de football camerounaise s'est qualifiée pour la Coupe du monde de la Fifa en 2015 au Canada. Les joueuses avaient créé la surprise en battant la Suisse en phase de groupes et avaient constitué la deuxième équipe africaine à atteindre les huitièmes de finale. Malheureusement, l'aventure de l'équipe s'est terminée au deuxième tour après sa défaite face à la Chine. Cette fois-ci, les Lionnes « blessées » espérent surpasser leur record face au Canada, aux Pays-Bas et à la Nouvelle-Zélande dans le groupe E. « J'étais très fière de participer à cette Coupe du monde parce que c'était une première. C'est le rêve pour tout footballeur. Ça a été positif pour le Cameroun, pour l'Afrique en général et pour moi en particulier », souligne l'attaquante Gaëlle Enganamouit au micro de Fifa.com. « Nous serons attendues et tout le monde voudra nous battre. Nous devrons être au top physiquement et tactiquement. Nous voulons faire mieux ou au moins aussi bien qu'il y a quatre ans. J'espère que notre préparation commencera le plus tôt possible, car l'exigence de résultat sera là, de toute façon. Et, si nous ne sommes pas performantes, les supporteurs jugeront sans chercher à connaître les raisons. « Dans tous les cas, le retour du Cameroun, qui s'est qualifié pour la France après avoir battu le Mali dans le match pour la troisième place de la Coupe d'Afrique des nations féminine au Ghana, renforce son ancrage dans le football international. Le pays s'est même qualifié pour chacune des deux dernières Coupes du monde des moins de 17 ans ! Sur les 13 joueurs qui ont passé du temps sur le terrain lors de la huitième de finale perdue contre la Chine en 2015, 12 font partie de la formation 4 ans plus tard.
Gabrielle Onguéné est la joueuse à suivre dans cette équipe. Remarquée lors de la dernière Coupe du monde, elle est aussi l'un des meilleurs buteurs du championnat russe ces dernières années. Plus récemment, elle a marqué le but vainqueur du match contre le Mali, qui a permis la qualification pour la Coupe du monde grâce à une superbe frappe au-delà de 20 mètres.
Premier test pour les footballeuses sud-africaines
Les Banyana Banyana se sont qualifiées pour leur première Coupe du monde après une excellente performance à la Coupe d'Afrique des nations 2018, où elles sont arrivées deuxièmes après les Super Falcons du Nigeria. Cependant, la phase de groupes s'annonce très difficile, d'autant plus qu'elles devront affronter les favoris du tournoi, l'Allemagne, la Chine et l'Espagne, dans le groupe B de la mort. Les joueuses emmenées par la capitaine Desiree Ellis, 56 ans, devront miser sur Thembi Kgatlana, l'une des footballeuses africaines les plus talentueuses tenante en 2018 du prestigieux prix de footballeur africain de l'année après avoir terminé meilleure buteuse de la CAN 2018. Actuellement à Beijing avec BG Phoenix en Chine, la joueuse, âgée de 22 ans, compte déjà plus de 50 sélections pour son pays et entend bien faire du rendez-vous français un tremplin pour briller sur la scène mondiale.
Les footballeuses de l'équipe nationale d'Afrique du Sud qualifiée pour le Mondial 2019 ont déjà gagné un premier match, celui des primes. Puisqu'elles recevront des bonus « quasiment équivalents » à ceux de leurs collègues masculins qui participeront à la Coupe d'Afrique des nations en Égypte cet été. « Les primes pour la participation à la Coupe du monde dames sont quasiment les mêmes que les bonus des Bafana Bafana (l'équipe nationale masculine) » à la CAN, a déclaré le porte-parole de la Fédération sud-africaine de football, Dominic Chimhavi. Une décision prise au moment où le combat pour l'égalité salariale est très vif au sein de certaines fédérations de football.
Les joueuses des Banyana Banyana percevront une prime individuelle de 320 000 rands (20 000 euros) si elles passent le premier tour, de 420 000 rands (26 000 euros) en cas de qualification pour les demi-finales et de 670 000 rands (42 000 euros) si elles parviennent en finale, a-t-il précisé. En cas de sacre, la prime sera de 950 000 rands (59 000 euros). Interrogé sur les raisons de cette quasi-parité financière, Dominic Chimhavi a répondu : « C'est la première fois que les Banyana Banyana sont qualifiées pour une Coupe du monde. Du coup, ça a généré de l'argent » de la part des sponsors.
PAR BOUBACAR BADJI
POURQUOI PAS MARIÈME ?
EXCLUSIF SENEPLUS - Macky Sall a déjà choisit son successeur - L’implication de Marième Faye Sall dans la marche de l’Etat n’est plus à démontrer - Il faut reconnaître qu’en plus d’avoir du talent, elle maitrise l'art politique
Boubacar Badji de SenePlus |
Publication 02/06/2019
Après la réélection du président Macky Sall dès le premier tour du scrutin du 24 février, j’attendais impatiemment l’arrivée de mars. Ah ! Que dis-je, mars ! Non. Je prêtais déjà mes oreilles aux échos du 8 mars. La journée mondiale des droits de la femme. Je pensais que pour une fois dans le discours de ces dames symboles d’une lutte noble, usée par la résistance impitoyable face à un égoïsme masculin enrobé d’un chauvinisme culturel, j’entendrais quelque chose de nouveau. Une aspiration féminine plus élevée. Une projection pour prendre possession des instances qu’elles dénigrent chaque année à la même date. Malheureusement pour moi, les discours n’ont pas changé. Seules les formulations des thèmes ont pris un coup de maquillage, selon les goûts et la puissance séductrice de celles qui les ont prononcé. La cible n’a pas changée non plus.
Assis sur mon tabouret, le doigt sur l’écran de mon téléphone portable, je défilais de la page www.com à www.sn en cliquant au passage sur www.net. Rien n’a changé ? Oh que si ! Les tissus de cette année ont éré plus classes, plus brillants et plus chers que ceux de l’année dernière. Celles qui les ont porté ont augmenté en corpulence. Toujours le même plaidoyer sur les droits de la femme en pointant du doigt un Homme qui manque toujours à l’appel. A la télé, c’était aussi le même défilé. De belles driankés plus préoccupées par leurs apparences. Le contenu du message ne les intéresse pas trop. À force d’écouter le même refrain, on finit par chanter en chœur avec l’artiste même si on ne parle pas sa langue. Je continuais mon zapping télé. Sorti du cercle des privés, je tombe publiquement sur le président de la République Macky Sall, entouré d’une centaine de femmes sur la RTS1. Le président réélu peut bien se permettre de fêter la Femme. Et là, je me pose cette question : si c’était une femme à la place de Macky, ce serait qui ? Je préfère économiser mon encre en omettant l’écrasante majorité de l’électorat féminin du fichier électoral. Cependant, je ne peux occulter le fait qu’aucune femme n’était candidate à la présidentielle du 24 février parce que les sénégalais ne le voulaient pas. Ou devrais-je dire, la Femme sénégalaise ne le voulait pas. Pourtant, il y avait cinq candidates à ce scrutin, toutes recalées.
La réélection de Macky est accompagnée d’un nouveau fait. En effet, pour la première de l’histoire politique nationale, le président de la République ne participera pas à la prochaine présidentielle. Une situation inédite qui fait qu’au sein de la coalition Benno Bokk Yaakaar, les partis alliés attendent une redistribution des cartes tout en affichant ouvertement leurs ambitions. L’appel de Tanor entre dans ce cadre. Mais la vérité est que tous ces partis gagneraient à s’encrer d’avantage dans cette coalition pour deux raisons. La première est liée au fait que les leaders de ces partis n’ont pas une culture de renouvellement au sein de leurs instances. Par conséquent, pour eux, il est plus judicieux de rester dans Benno et continuer à bénéficier des avantages qu’offre la coalition au pouvoir. La deuxième raison concerne la fracture à l’intérieur des partis comme le PS, l’AFP, La LD, est tellement profonde que leurs bases réelles n’accepteront pas de continuer à être dirigées par des transhumants drapés dans des costumes d’alliés de classe VIP et couverts de privilèges dans le vol business politique de Benno. Même avec l’aspiration d’atterrir ensemble en 2035. Ah j’ai failli oublié les autres passagers de ce vol. Souleymane Ndéné Ndiaye, Abdoulaye Baldé, Aissata Tall Sall, Mamadou Diagne Fada et autres n’oseraient plus centraliser un rêve de conquête du pouvoir dans leurs têtes de transhumants.
Par contre, au sein de l’Alliance pour la République, les lieutenants de Macky fourbissent bien leurs mines en attendant le bon moment pour les faire sauter. Ces cadres de l’Apr ont bien raison de taire leurs ambitions. Parce qu’en face il y a un ingénieur en politique ‘’Es yakk carrière’’. Sur sa liste noire, sont inscrits en gros caractères des noms comme : Idrissa Seck, Karim Wade, Khalifa Sall, Abdoul Mbaye, Alioune Badara Cissé, Aminata Touré, entre autres. Aussi, la mise en place du nouveau gouvernement marqué par le processus d’étouffement des ambitions de l’ancien ministre des finances Amadou Ba devenu ministre des affaires étrangères, ne peut être considéré comme un dossier à classer dans les tiroirs du Fast-track. Comme Aminata, Amadou risque de devenir un étranger de la scène politique aux yeux du citoyen sénégalais. Et on le sait tous, le sénégalais ne votent pas pour un ‘’étranger’’. La suppression du poste de premier ministre vient conforter l’idée pour Macky de ne pas être confronté à la même situation que son prédécesseur.
Les duels entre Wade le père et son fils adoptif Idrissa Seck et l’autre entre Wade le maitre et son élève Macky, restent toujours frais dans nos mémoires. Macky a tiré les enseignements de ces deux cas précédents sur la question de sa succession. Wade après avoir liquidé Idy avait nommé Macky. Avec ce dernier, il s’était encore confronté à la montée en puissance d’un Premier ministre considéré par le ‘’peuple’’ comme son potentiel successeur. Comme le président Wade, Macky Sall a déjà choisit son successeur. La suppression du poste de premier ministre et l’enclenchement de la machine d’étouffement des ambitions de son ancien ministre de l’économie et des finances, en témoignent. Macky a un autre élu différent de Mahammad Boun Abdallah Dionne et Amadou Ba pour le succéder. Les propos de son frère cadet Alioune Sall au Grand Jury de la RFM rapportés par Dakaractu, sont sans appel. Je le cite : ‘’ Il ne faut pas perdre son temps. Les gens sont libres d'avoir des ambitions. Ils vont les assumer. Moi, si j'avais des ambitions présidentielles, je n'accepterai pas d'être dans le gouvernement. Je prendrais toutes les initiatives pour faire en sorte que le jour où le parti choisira un candidat qu'il soit moi. Mon message est destiné à tous ceux qui, légitimement, peuvent avoir des ambitions...'' Il poursuit : ''L'Apr, par contre, est un parti qui doit perdurer, qui doit jouer un rôle éminent et qui doit rester au pouvoir le plus longtemps possible. Je n'ai mené de discussion autour de la succession du président avec personne. Je crois que les gens qui ont des ambitions doivent les assumer en n'impactant pas sur l'efficacité du gouvernement". Pour moi, il est clair que ceux qui sont dans ce gouvernement sont éliminés d’office par le grand-frère, et le petit-frère le sait.
Sinon pourquoi affaiblir des personnes loyales qui ont fini de faire leurs preuves si l’on sait que Macky ne sera pas candidat en 2024 ? La réponse se cache dans le parcours politique du président. Il a toujours deux coups d’avance sur ses adversaires et la majorité des analystes politiques. L’instauration d’un régime présidentiel ne se justifie pas par son envie de devenir un chef d’Etat omnipotent mais plutôt par le besoin qu’il a de continuer à détenir les clés du jeu politique pour permettre à l’Apr de gouverner jusqu’en 2035. Et pour y arriver, il veut lui-même baliser la voie pour son successeur déjà désigné. A la différence de Wade qui s’était confronté à un problème de timing, Macky a cinq ans pour « tripatouiller » la constitution, analyser la réaction des sénégalais tout en les préparant à accepter, mais surtout à voter pour son candidat. Rassurez-vous, il fera tout ‘’légalement’’. Pas de dévolution monarchique, ni une passation à la ‘’Senghoriènne’’.
Dans son discours de prestation de serment, le président réélu avait commencé par la formule ‘’sénégalaises, sénégalais…’’, avant de promettre une place de choix à la femme pour ce quinquennat. Par ailleurs, dans ses dernières sorties, le président fait tout pour mettre en avant la gent féminine. Macky est–il en train de préparer l’opinion à l’idée de voir une femme à la tête de la magistrature suprême au Sénégal ?
En effet, pour la première fois au Sénégal, nous avons une première dame de père et de mère sénégalais. Pour la première fois au Sénégal, nous avons une première dame ancrée dans notre culture et qui l’exporte fièrement à chacune de ses sorties. Pour la première fois au Sénégal, une première dame a le pouvoir de (faire) nommer ou de (faire) démettre un ministre sans bruit. Pour la première fois au Sénégal, une première dame prend l’initiative de faire des visites inopinées chez des citoyens avec son lot de terranga. Pour la première fois au Sénégal, une première dame décide de battre campagne toute seule pour faire réélire le président. Enfin, pour la première fois au Sénégal, une première dame est publiquement félicitée par le Conseil constitutionnel. D’ailleurs, le président de cette institution a reçu une volée de bois vert après cette sortie. L’implication de Marième Faye Sall dans la marche de l’Etat n’est plus à démontrer. Des ministres l’ont déjà certifié.
Mais, quelques soient les avis sur sa personne et sur notre soi-disant culture politique, il faut reconnaître qu’en plus d’avoir du talent en politique, elle maitrise cet art. La preuve, elle a réussi à rassembler autour d’elle toutes les députées juste après l’homologation de la loi supprimant le poste de Premier ministre. Et si dans la tête du président Sall, tout se jouait pour qu’une première fois dans l’histoire politique nationale, une femme succède à son mari par la voie des urnes ? Oui, pourquoi pas Marième ?
SALIMATA GUEYE, CHAMPIONNE D'AFRIQUE DU TRIATHLON
La pensionnaire de l'Union Sportive de Ouakam est devenue la première médaillée d'or dans la catégorie jeunes aux championnats d'Afrique de la discipline ce samedi en île Maurice
La jeune triathlète sénégalaise, Salimata Guèye est entré dans l'histoire du triathlon africain en décrochant la médaille d'Or aux Championnats d'Afrique de Triathlon catégorie Jeunes ce samedi en Île Maurice.
La pensionnaire de l'Union Sportive de Ouakam est devenue la première médaillée d'or dans la catégorie Jeunes aux Championnats d'Afrique de Triathlon, car étant introduite pour la première fois cette année. Elle concerne les jeunes athlètes Africains (Filles et Garçons) nés en 2005 et 2006 et qui sont susceptibles de s'aligner lors des JOJ Dakar 2022.
Ce dimanche 02 juin, Anta Ndiaye et Mamadou Diop défendront leurs titres de champion d'Afrique de Triathlon catégorie Groupe d'âge.
UNE MARGARET THATCHER SÉNÉGALAISE
Celle qu’ une partie de la presse a affabulée du surnom de «dame de fer » retrouve le chemin du pouvoir, après une traversée du désert depuis 2014 - Mais qui est cette «Mimi » ? Retour sur l’incroyable parcours de la nouvelle présidente du CESE
Le 14 mai 2019, le président de la république Macky Sall nommait Aminata touré dite Mimi présidente du Conseil économique social et environnement (CESE), en remplacement de Aminata Tall. Ainsi, l’ancien Premier ministre a inscrit une nouvelle page dans le roman de sa vie en devenant la quatrième personnalité de la république. Celle qu’ une partie de la presse a affabulée du surnom de «Dame de fer » en référence à l’ancienne chef du gouvernement britannique disparue retrouve le chemin du pouvoir, après une traversée du désert depuis 2014. Mais qui est cette «Mimi »? retour sur l’incroyable parcours de la présidente du Conseil économique social et environnemental (CESE).
Elle a le même caractère trempé et le même tempérament bagarreur que Margaret Thatcher, Premier ministre britannique (1979-1990). Elles ont aussi comme dénominateur commun d’être nées au mois d’octobre : le 12 octobre 1925 pour Mme Thatcher et le 13 octobre 1962 pour Mme Touré. Entre les deux, 37 ans d’âge de différence. Elles ont eu à occuper les mêmes fonctions de Premier ministre. Là s’arrête la comparaison ? Non. Elles ont le même charisme. Tout le monde reconnaît qu’elles sont : intelligentes, déterminées, ambitieuses. Ce qui les rap- proche davantage, c’est qu’elles sont surtout des femmes à poigne à qui on a donné le sobriquet de «Dame de fer ». L’appellation dérange, on ne sait pourquoi, certains proches de la nouvelle présidente du CESE. Mais, on a du mal à croire que derrière cette grande dame, teint noir, lèvres rougies, petits yeux rieurs, sourire avenant, se cache une «Dame de fer». «C’est injuste de vouloir en faire une dame de fer. Elle incarne la fermeté dans un gant de velours », rétorque un de ses proches. A Dakar, tout comme à Kaolack, elle a laissé l’image d’un garçon manqué toujours en jean, t-shirt et sa coiffe d’Angéla Davis. Mimi est fidèle en amitié. Elle a horreur de la trahison. C’est aussi une femme généreuse, mais elle ne gaspille pas son argent. «Ce n’est pas la Sénégalaise qui va déverser des billets d’argent sur les têtes des griottes », dit-on.
Chantre de la traque des biens mal acquis
Méticuleuse et ordonnée par contre, elle a géré avec courage les dossiers judiciaires explosifs à la Chancellerie, l’un des ministères les plus exposés du début du règne de Macky Sall : Affaire de la traque des biens mal acquis pour laquelle Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade et d’autres grands dignitaires libéraux ont connu les affres de la prison ; affaire Cheikh Béthio Thioune, poursuivi pour le double meurtre de Médinatou Salam. Ensuite, il y a eu les dossiers des journalistes : Cheikh Yérim Seck et Tamsir Jupiter Ndiaye poursuivis respectivement pour viol et actes contre nature (homosexualité), sans conter l’épineux dossier Hussein Habré réfugié au Sénégal, depuis 1990 et poursuivi pour crimes contre l’humanité. Ces dossiers ont fini par la révéler au grand public. Avec le sentiment qu’elle menait, le combat de sa vie, Mimi Touré est montée plusieurs fois au créneau pour croiser le fer contre les libéraux qui n’ont pas ménagé leurs attaques contre elle. Ce n’est pas pour rien qu’elle a été le ministre le plus médiatisé du gouvernement Abdoul Mbaye. Sans en être le porte-parole, elle a souvent agi comme tel contre vents et marées. « Fondamentalement, elle croit à la communication. Durant tout son parcours professionnel, c’est quelqu’un qui a toujours parlé aux populations. Elle pense que toute entreprise qui n’est pas comprise par les gens qu’elle sert est vouée à l’échec », témoigne, un militant de l’Alliance pour la République qui la fréquente depuis plus de trente ans.
Militant précoce
Elle a été la deuxième femme chef du gouvernement dans l’histoire politique du Sénégal, après Mame Madior Boye (2001- 2002). Cette fille de médecin décédé, il y a quelques années et d’une mère sage-femme qui est encore en vie, a vécu une enfance heureuse. Mais, souvent mouvementée, du fait des multiples déplacements de son père. C’est ainsi qu’elle a débuté sa scolarité, à Tambacounda, avant de venir faire la 6 eme au lycée Gaston Berger de Kaolack. Dans la capitale du Saloum, contrairement aux filles de son âge qui sont plus préoccupées à jouer au Roméo et Juliette, l’adolescente de 14 ans découvre les idées de gauche et la politique. «J’ai débuté mes activités politiques à l’âge de 14 ans à Kaolack, où, je fus beaucoup influencée par mon professeur d’histoire et de géographie, Ismaéla Diagne », confiait-elle à des journalistes. Elle a d’abord milité au Mouve- ment pour le socialisme (MSU) de feu Mamadou Dia, ancien président du Conseil (Premier ministre).
Ce militantisme précoce à gauche a développé chez elle son sens du leadership. Pour autant, cela ne l’a pas empêchée d’être brillante à l’école où elle truste les premières places. De retour à Dakar, où elle est née, ses parents l’inscrivent au lycée Van Vollen-hoven , devenu lycée Lamine Guèye de Dakar où est scolarisé les enfants de l’élite de l’époque. En 1981, elle est lauréate du prestigieux Concours général et décroche, la même année son baccalauréat. Elle s’envole, alors pour Grenoble en France pour des études en management d’entreprise, de droit et d’économie. Parallèlement à ces études, elle milite dans les mouvements de gauche, notamment à la Ligue communiste des travailleurs (LCT). En France, toujours, elle fera sa rencontre de son premier mari, Oumar Sarr, coordonnateur du Parti démocratique sénégalais, (PDS) avec qui , elle a une fille, Dior, diplômée en santé de l’université Yale. De retour au Sénégal, elle débute sa carrière comme chargée de marketing et de la communication à la Société des transports du Cap vert (disparue). Parallèlement, elle continue son militantisme à gauche. Elle se rapproche de Landing Savané dont, elle deviendra, la directrice de campagne à la présidentielle de 1993. Puis, elle est recrutée à l’Association sénégalaise pour le bien être familiale (ASBEF) comme chargée de pro- grammes, en matière de santé de la reproduction.
Carrière onusienne
En 1995, elle débute une carrière dans le système des Nations unies qui la conduira dans de nombreux africains comme le Burkina et la Côte d’Ivoire. Le couronnement de cette brillante carrière de fonctionnaire internationale sera un poste de directrice des droits humains au siège du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), à New York. « Après 2003, je me suis concentré sur ma carrière onusienne à New York », soutenait- elle dans les médias. Une carrière à laquelle, elle mettra volontairement un terme en 2010 pour soutenir le projet politique de Macky Sall. Entre les deux, le courant est vite passé. D’ailleurs, le candidat de la coalition Macky 2012 fera d’elle sa cheftaine de cabinet, pendant cette période de braise. Là, elle a montré toute l’étendue de son talent de chef d’orchestre. Car, la suite, on la connaît.
Un bonheur ne venant jamais seul, Aminata Touré devient Madame Coulibaly. Pour l’heure, celle qui s’apprête à monter au perchoir du CESE tient à l’écart sa famille de la politique. Ses enfants ne font pas la Une des pages people des journaux. Où va-t-elle s’arrêter après le ministère de la Justice, la Primature et aujourd’hui, le CESE ? Ces détracteurs lui prêtent d’autres ambitions. «Ce n’est pas quelqu’un qui cherche, le pouvoir pour le pouvoir. Ce qu’elle veut, c’est de remettre le pays dans le sens du respect des droits humains et réussir sa mission », tempère un de ses amis. Une chose est sûre, à 57 ans aucun homme ou femme politique n’a pris sa retraite. Le roman de Mimi et le pouvoir ne fait que commencer...
IL FAUT REVENIR AUX FONDAMENTAUX…
Et si les professionnels étaient indirectement responsables des dérives notées sur certaines télévisions ? C’est ce que semble dire des professionnels des médias.
Ibrahima BA et Oumar FEDIOR |
Publication 01/06/2019
« Je plaide pour une réappropriation de notre métier. Les professionnels doivent reprendre le métier parce qu’ils l’ont abandonné. Et la nature a horreur du vide. » Mamoudou Ibra Kane, journaliste et directeur général du groupe de presse Emedia invest, répond ainsi à la question de savoir si les professionnels sont indirectement responsables des dérives notées sur certaines télévisions ? De son point de vue, « quand on a une chaîne de télévision, il y a des fondamentaux à respecter ». Poursuivant, il soutient que si un sondage est fait aujourd’hui, « sur le ou la préférée des Sénégalais », on sera surpris des résultats. « C’est normal, il faut évoluer avec le temps. Mais, l’évolution du temps ne doit pas nous faire perdre ce qui constitue notre raison d’être », analyse M. Kane. Selon lui, il faut faire de sorte que celui qui intervient à l’antenne soit soumis à des règles très strictes. « Il ne doit pas parler de sujets qu’il ne maitrise pas. Il ne peut pas ignorer la sensibilité de certains sujets. Il y a une tenue, une retenue, des éléments de langage… », suggèret-il.
Mais, ces règles si elles sont appliquées ne ressemblent-elles pas à de la censure ? Pour notre confrère, le premier censeur pour un professionnel, c’est d’abord lui-même. « Mais, ce n’est pas évident de le faire comprendre à certains qui ont, à la limite, l’excuse de ne pas connaitre. Mais, à qui la faute ? Elle incombe avant tout à nous autres professionnels. Un outil médiatique, ce n’est pas rien. Il faut avoir des ressources humaines de qualité ; ceux qui n’ont pas eu la chance d’aller dans une école de journalisme, il faut les encadrer rigoureusement, il faut qu’ils se documentent… », préconise-t-il.
Et de souligner : « même la meilleure des improvisations est préparée ; ce sont des efforts à faire ». Si dans le travail journalistique, les règles sont claires, on ne peut en dire autant pour les animateurs. Pour Mamoudou Ibra Kane, il faut de la rigueur. « Si dans une émission de divertissement, vous voulez aborder une question sérieuse, vous la confiez à un animateur qui n’a pas les prérequis, qui n’a pas la formation, vous l’exposez et vous exposez votre chaîne. Il est possible d’être professionnel et célèbre. Il ne faut pas penser qu’il faut faire le buzz pour être célèbre.
LE DIRECT DÉCALÉ ?
La célébrité la plus durable, c’est celle qu’on a eue en état professionnel. Le cas d’Oprah Winfrey, animatrice américaine, en est un exemple patent. Aujourd’hui, c’est l’animatrice préférée des Américains. Elle a reçu Mandela, Michelle Obama comme invités… elle n’est pas dans le buzz pourtant. Elle se contente d’être professionnelle », rappelle-t-il. Aujourd’hui que les chaînes de télévisions pullulent, le patron d’Emedia invest estime qu’il ne faudrait pas abuser de la politique de la demande. A son avis, même si les populations ont des préférences, il faudrait penser à la politique de l’offre en leur proposant des contenus de qualité qui vont leur apporter énormément de choses. « Le folklore fait partie de la vie, mais même dans le divertissement on peut éduquer. On parle alors de divertissement sain. Si on ne le fait pas, on risque d’être largué par la concurrence sous régionale », avertit-il. Le constat avec les dérives, c’est qu’elles se passent en direct. Ce qui a sans doute poussé certains à proposer l’obligation du direct décalé. « C’est une idée très charmante.
Pour certaines productions, il est préférable de les enregistrer, mais pas toutes. Mais, je suis d’accord pour certaines émissions qu’on utilise un système de retardement de quelques minutes. Cela permet d’éviter certains dérapages. Après, on a le recul nécessaire, le temps de nettoyer… parce que dans le feu du direct, on peut dire des choses qu’on ne devrait pas », déclare Mamoudou Ibra Kane. Pour Jean Meïssa Diop, le direct décalé n’est pas une mauvaise idée, dans la mesure où il peut permettre de censurer ce qui doit l’être, mais il peut tuer le charme de la télévision. Pour lui, ce qu’il faut, par contre, c’est plus de sérieux. « Il faut que les gens qui commentent les émissions soient outillés et responsables. N’importe qui ne peut pas interviewer n’importe qui. Tout journaliste qui monte à l’antenne doit être briefé.