Dakar, 11 août (APS) - Le Cap vert a infligé au Kenya sa deuxième défaite (64-57) de l’Afrobasket féminin dans la poule D, dimanche au palais des sports Dakar aréna de Diamniadio.
Avec ce succès, les cap-verdiennes rejoignent les mozambicaines avec le même nombre de victoire.
Mardi, les deux équipes se rencontrent pour la première place du groupe, synonyme de qualification directe en quart de finale.
Pour sa part, le Kenya avec deux défaites en autant de sorties va jouer le tour qualificatif pour les quarts de finale mercredi.
Dakar, 11 août (APS) - Le Cameroun a battu largement (95-53) la Tunisie, pour sa première sortie à l’Afrobasket féminin dans la poule B, dimanche au palais des sports Dakar aréna de Diamniadio.
Exemptées samedi, les camerounaises se signalent d’entrée en attendant d’affronter les championnes d’Afrique en titre, les Nigérianes
Le Cameroun sera opposé au Nigeria, mardi pour la première place du groupe, synonyme de qualification directe en quart de finale.
Les Tunisiennes avec deux revers en autant de sorties vont disputer le tour qualificatif pour les quarts de finale mercredi.
Plutôt dans la journée, le Cap vert a infligé au Kenya sa deuxième défaite (64-57) de l’Afrobasket féminin dans la poule D.
LA CÔTE D’IVOIRE SE REPREND DEVANT L’EGYPTE (71-67)
La Côte d’Ivoire a obtenu sa première victoire de l’Afrobasket féminin, en battant (71-67) l’Egypte
Dakar,11 août (APS) - La Côte d’Ivoire a obtenu sa première victoire de l’Afrobasket féminin, en battant (71-67) l’Egypte en match comptant pour la deuxième journée de cette compétition.
Samedi, les ivoiriennes avaient perdu devant les Lionnes. La Côte d’Ivoire va suivre de près la rencontre mardi entre l’Egypte et le Sénégal.
En cas de victoires des vice-championnes d’Afrique, les ivoiriennes vont disputer le tour qualificatif pour les quarts de finale mercredi.
Plutôt dans la journée, le Cap-Vert a infligé au Kenya sa deuxième défaite (64-57) de l’Afrobasket féminin dans la poule D.
Le Cameroun a battu largement (95-53) la Tunisie, pour sa première sortie à l’Afrobasket féminin dans la poule B.
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UNE RÉPONSE À LA QUESTION MIGRATOIRE
EXCLUSIF SENEPLUS - Le Sénégal vient de mettre en place, l'Observatoire Sahélien des Migrations sous la houlette de Ndioro Ndiaye, afin de mieux appréhender ce fléau qui n'épargne plus aucune jeunesse en Afrique
C'est désormais effectif, le bureau de l'Observatoire Sahélien des Migrations a été mis en place ce 08 août 2019. Avec comme présidente, le professeur Ndioro Ndiaye, cette structure compte jouer un rôle très important dans la reflexion sur le fléau qui touche tout le continent et particulièrement la jeunesse africaine, selon Diago Ndiaye, son secrétaire générale.
par Abdou Rahmane Mbengue
TABASKIMANIA, LE CULTE DE L'APPARENCE
Etre Sénégalaise le jour de la Tabaski, c’est être impeccable, trois voire quatre fois dans la même journée, de la tête aux pieds - Toute cette fureur dispendieuse à quelle fin ? Quel rapport avec le sacrifice de Abraham ?
Que nous dit la fête de Tabaski sur la société sénégalaise d’aujourd’hui ? Circulez dans les rues de Dakar : Partout, c’est embouteillages monstres, moutons parqués le long des trottoirs, marchands à la sauvette qui vous exposent babouches, sachets d’eau, couteaux et j’en passe. Cette furie consumériste va laisser des pères de famille sur le carreau. C’est connu après la fête, la Senelec va passer couper beaucoup de compteurs dans les maisons.
La fête doit-elle être synonyme de désordre, de gâchis ? Il y a un fond de rites païens qui nous rattrape dans cette histoire. Notre vieux passé de ceddo remonte à la surface. Tabaski rime avec pagaille et ripaille. Regardez toute cette racaille qui circule à moto à Dakar et agresse impunément !
Admirez la femme sénégalaise ! Etre Sénégalaise le jour de la Tabaski, c’est être impeccable, trois voire quatre fois dans la même journée, de la tête aux pieds. Dans cette toilette, il y a le boubou en tissu haut de gamme à 12 mille francs le mètre, la perruque en cheveux naturels (pas si naturels que ça), les chaussures de luxe, le make-up au salon. Ajoutez-y les soins de beauté (faux cils, ongles, pédicure, manucure et toute curie) ! Faites le calcul, c’est dix fois le salaire de la pauvre domestique !
Toute cette fureur dispendieuse à quelle fin ? Quel rapport avec le sacrifice de Abraham ? En réalité, la femme sénégalaise est victime de l’ordre social compétitif auquel elle est soumise. Il ne faut pas seulement être belle, il faut surtout éviter d’être moins belle que la coépouse, l’épouse des beaux-frères, les belles-sœurs etc. Cet ordre social compétitif engendre nécessairement une surconsommation de ces gadgets et produits censés faire briller en société. Ces artifices trompeurs donnent l’apparence d’une aisance matérielle qui n’en est rien. C’est de la poudre aux yeux. Ce que Aminata Sow Fall dénonce dans son livre L’empire du mensonge est encore plus vrai le jour de la Tabaski. Qu’est-ce qui nous pousse à dépenser sans compter, à dilapider nos économies en un jour juste pour épater le voisin ? Notre contrat social est-il fondé sur le faux-semblant, le culte de l’apparence ? Souvent, il revient aux hommes (ce n’est pas le moment pour être polygame) de payer la facture.
Pour les hommes, la Tabaski est un marqueur social, un test de virilité. Le bélier à sacrifier doit refléter la hiérarchie sociale. Cet animal est le produit d’un croisement entre nos prétentions, notre pouvoir d’achat et de la pression sociale. Dans les attributs physiques du bélier, l’homme projette sa puissance, sa virilité. Ce n’est pas seulement un simple ruminant que nous attachons avec fierté à un piquet devant notre porte le jour de la Tabaski, c’est aussi un peu de nous-mêmes, notre capacité à émerveiller notre entourage.
Dans le geste de l’homme qui revient du foirail, tirant derrière lui son bélier, on peut voir la bravoure des anciens chasseurs qui reviennent de la brousse avec le gibier, promesse de festins pour tout le village. Qu’on le dise ou pas, il y a donc chez chaque homme l’injonction de la réussite sociale, ne jamais rentrer bredouille de la chasse. Comme tous les goorgoorlus, j’ai circulé dans Dakar pour trouver le mouton au meilleur rapport qualité prix.
Vous avez remarqué comme moi que beaucoup de jeunes Dakarois élèvent des moutons souvent de race pour les revendre le jour de la Tabaski. Cette fête a donc donné un véritable coup de fouet à la filière ovine. Tant mieux si cela permet de générer des revenus et créer des emplois. L’élevage de mouton de race est devenu un sport national, sponsorisé par des industriels. La race pure est recherchée et choyée. Cet eugénisme est absurde. Voici qu’à des pauvres bêtes innocentes, on applique des normes de hiérarchisation sociales basées sur le sang. Ici, gigantisme est synonyme de noblesse. Mais c’est oublier trop vite que tout ce tas de viande est plein de cholestérol.
La Tabaski de l’enfance. Demain, c’est la Tabaski et le plus beau jour au monde pour l’enfant. Les habits neufs, les babouches neuves, la prière collective, la grillade des morceaux de testicule (de mouton bien sûr). L’après-midi, la balade dans les rues pour les étrennes. Le lendemain, les parties de babyfoot à 25 F le match. Je suis devenu adulte et tout cela a disparu. Qui a volé ma Tabaski ?
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LES TENDANCES VESTIMENTAIRES À L'HEURE DE LA TABASKI
EXCLUSIF SENEPLUS - Dans le premier numéro de notre émission consacrée à la mode, Faby notre animatrice vedette, vous entraîne au marché HLM de Dakar, à la découverte des pagnes et autres coquetteries en vogue à la veille de l'Aïd el-Kebir
Fatou Bintou Dione, Aminata Diallo et Youssouf Ba |
Publication 09/08/2019
Dans le premier numéro de notre émission ''Mode A'', consacrée à l'uniers de la mode, Faby notre animatrice vedette, vous fait entraîne au marché HLM de Dakar, pour la découverte des pagnes, tissus et autres coquetteries en vogue en prélude à l'Aïd el-Kebir.
LES FEMMES SE DÉTOURNENT DES BANQUES POUR LES TONTINES
Association collective d’épargne, la tontine est bien ancrée au Sénégal. elle constitue aujourd’hui un moyen pour les femmes de mener des activités génératrices de revenus et être autonomes sans demander un quelconque appui.
Association collective d’épargne, la tontine est bien ancrée au Sénégal. elle constitue aujourd’hui un moyen pour les femmes de mener des activités génératrices de revenus et être autonomes sans demander un quelconque appui. Mise en pratique sous différentes formes, les tontines éloignent aussi et surtout les femmes des institutions financières où les taux d’intérêt et garanties exigées pour bénéficier d’un prêt constituent une véritable contrainte quand à l’autonomisation de la femme.
Pratique très connue au Sénégal, la tontine est devenue aujourd’hui le système de placement collectif le plus en vogue chez la gent féminine. Cette opération d’épargne de délai bien déterminé est devenue la concurrente la plus redoutable des institutions financières. A Fatick par exemple, les femmes ont fini de mettre en place leurs propres établissements de crédit grâce aux tontines. En effet, constitué en association, les femmes sont réunies autour d’une calebasse ou d’un coffre local dans chaque quartier de la ville.
D’un commun accord, elles épargnent et s’octroient du crédit à partir de leurs propres fonds. «C’est devenu notre quotidien», renseigne Soxna Astou Kane, selon qui le système d’épargne le plus à la mode dans la cité de Mame Mindiss est le système des trois clés communément appelé Niéti thiabi. «Nous nous réunissons tous les samedi et chacun, selon ses moyens, verse une somme. Une fois les cotisations faites, nous octroyons du crédit à celles qui en font la demande. Cette forme d’épargne est plus bénéfique que les tontines mensuelles », dit-elle.
Pour cette forme de tontine, il n’y a ni amendes en cas de retard, ni taux d’intérêt pour les prêts. Une belle occasion de se détourner des banques et institutions financières dont les taux d’intérêts se révèlent exorbitant. «Les femmes ont pris du recul par rapport aux banques», avoue Fatou Kiné Diouf. Présidente d’une association de femmes dans son quartier, madame Diouf estime que les banques appauvrissent. «Les taux d’intérêt sont trop élevés et les garanties exigées sont de plus en plus contraignantes. Avec les trois clés, au moins les femmes parviennent à mener de petites activités génératrices de revenus sans trop de pression», a- t-elle laissé entendre non sans magnifier l’esprit solidaire et entreprenant des femmes qui, dans une certaine mesure, arrivent à seconder leurs époux grâce à leurs épargnes. «Je connais des femmes dans mon groupement qui ont acheté elles- mêmes leur chambre à coucher grâce à la tontine», confie notre interlocutrice.
Jadis méthode pour femme, la tontine devient l’affaire des hommes. «Les hommes s’organisent entre eux ou même avec d’autres femmes pour épargner», renseigne une autre présidente de groupement. « Une de mes amies enseignantes qui faisait partie de mon groupement a réussi à faire voyager son mari avec les fonds qu’elle a épargnés», témoigne-elle avant de souligner qu’avec ce système d’épargne les banques seront obligées de revoir leurs méthodes.
Mis en pratique dans la commune de Fatick depuis bientôt trois ans, le système des trois clés communément appelé « niéti thiabi » qui peut être considéré comme un compte bloqué a atteint aujourd’hui des proportions importantes et a permis aux femmes de prendre conscience de leurs capacités à se rendre autonomes. En effet, grâce aux tontines, les femmes de Fatick ont su s’offrir et offrir à leurs conjoints une totale quiétude en cette période de Tabaski où les chefs de famille sont submergés par les dépenses
LE DRAME DE DEVOIR ÉLEVER UN ENFANT NON DÉSIRÉ
Rencontre avec certaines victimes et témoins de viol suivi de grossesse... Comment vivent-ils cette épreuve ? Quel suivi psychologique ?
Donner naissance et élever son enfant devraient être la plus belle chose dans la vie. Toutefois, cela n’est pas le cas dans toutes les situations. Dans certaines circonstances, c’est un drame, un traumatisme qui suit la personne toute la vie. C’est le cas de certaines filles ayant été victimes de viol suivi de grossesse et qui, si elles ne bénéficient pas d’un accompagnement ou d’un suivi psychologique, risquent d’avoir une haine envers cet être innocent. Le Quotidien est allé à la rencontre de certaines victimes et témoins pour voir comment elles parviennent à gérer cette situation difficile.
Regard hagard, démarche lente, Adja (Ndlr : Nom d’emprunt) a vécu il y a deux ans un drame qui a changé le cours de sa vie. Trouvée dans une structure destinée à l’accompagnement des enfants et des femmes victimes de violences sexuelles, Adja tente de se refaire une nouvelle vie. Aujourd’hui, la jeune fille de 18 ans se sent mieux, mais dès l’évocation du traumatisme qu’elle a vécu il y a deux ans, son visage change. Elle devient une autre personne et a du mal à cacher son émotion.
En effet, il y a deux ans cette jeune fille, élève à l’époque en classe de 3ème, a été violée par un enseignant qui était son répétiteur. La voix étreinte par l’émotion, Adja a du mal à faire sortir les mots pour parler de cet épisode de sa vie. Il faudra l’aide de la coordonnatrice de cette association pour l’amener à se confier. Voix tremblante, yeux pleins de larmes, elle relate ce moment qui a changé sa vie : «Cela s’est passé quand j’étais en classe de 3ème, il y avait un enseignant qui me donnait des cours les après-midi. Ce jour-là il a libéré tôt les autres élèves et il ne restait que moi. Et il a profité de ce moment pour me violer. J’ai eu très peur, je n’ai rien dit, quand
je suis rentrée ma mère était très inquiète parce que c’était la première fois que je rentrais aussi tard.» C’est 6 mois après que les choses vont éclater parce qu’elle était enceinte. A l’entendre c’est comme si la vie était en train de s’écrouler sous ses pieds alors qu’elle n’était même pas encore sortie de l’enfance. Une grossesse qui a chamboulé sa vie, mais avec l’aide de ses proches, elle a tenu le coup. Aujourd’hui, informe-t-elle, l’enfant est avec sa mère qui s’occupe de son éducation. A la question de savoir quel nom a-t-elle donné à son enfant ? Elle répond d’une petite voix étreinte par l’émotion : Il porte mon nom. Et Adja d’ajouter : «Quand il sera grand, s’il demande, je ne lui dirai rien d’autre que la vérité.» Cette fille, qui a 18 ans maintenant, tente de se reconstruire et surtout d’essayer de donner de l’amour à cet enfant arrivé dans de telles circonstances.
Avec l’aide de ses proches et l’accompagnement qui lui ait offert dans cette structure, elle comprend que l’enfant n’a pas demandé à venir au monde et ce serait une erreur de le rejeter. Sauf que toutes les femmes ou filles ayant vécu un viol suivi de grossesse ne parviennent pas à accepter cette situation. C’est le cas d’une fille de 14 ans violée par 4 gaillards. Mame Safiatou Ndiaye, chargée de l’accompagnement psychosocial des enfants victimes de maltraitance au niveau du Centre de guidance infantile de Dakar (Cegid), qui a eu à suivre ce cas, est toujours marquée par ce drame. Revenant sur ce triste épisode de sa carrière elle raconte : «Cette fille quand elle est venu ici, elle ne savait pas qu’elle était en état de grossesse. C’est quand j’ai fait le référencement au niveau de l’Association pour le bien-être familial (Asbef) qu’on s’est rendu compte de la situation.»
«La fille disait que si on n’amène pas l’enfant ailleurs elle risque de le tuer»
Choquée par la situation de cette fille, Mme Ndiaye avoue même qu’elle en a pleuré parce que «le pire c’est que la fille a été violée par 4 gaillards». Une douleur qui était difficile à supporter pour un enfant de 14 ans et qui en plus devait supporter une grossesse. D’après la travailleuse sociale de formation, «c’était même difficile pour la maman de la fille qui a confié vouloir se suicider». «Elle m’a dit sérieusement je ne pourrai pas tenir», raconte-t-elle. Un travail compliqué pour la chargée de l’accompagnement psy - cho-social au niveau du Cegid qui devait s’occuper aussi bien de la mère que la fille. Ce qu’elle est parvenue à faire, mais le traumatisme est toujours présent chez la victime. «Elle est toujours affectée et elle a souvent besoin de parler à une personne de confiance.
Elle m’appelle souvent et j’essaie de la rassurer et lui dire que ce n’est pas de sa faute», renseigne-t-elle. Et quid de l’enfant ? Mame Safiatou Ndiaye ne pense pas que cette fille puisse l’aimer un jour. La raison pour elle : «C’est très difficile ce qui est arrivé à cette fille violée par 4 personnes, une seule personne c’est déjà dur, imaginez quatre et puis à son âge.» Aujourd’hui, cette fille est suivie par un psychologue et son enfant a été mis dans un orphelinat. Parce que, explique-t-elle, «la victime disait que si on n’amène pas l’enfant ailleurs elle risque de le tuer». Toutefois, Mme Ndiaye a espoir qu’un jour elle arrivera à prendre conscience que l’enfant n’y est pour rien.
«Peut-être d’ici quelques années elle arrivera à récupérer son enfant», souhaite-t-elle. Dans une autre structure destinée à l’accompagnement de filles victimes de violences sexuelles, une dame confie qu’il lui arrive de voir des victimes qui ne veulent pas du tout de cet enfant issu d’un viol. D’après cette dame, elle a rencontré un cas où cette personne voulait avorter. A l’en croire, elle se roulait par terre, elle faisait des activités physiques intenses pour perdre cet enfant. C’est aussi ce que dit Mame Safiatou Ndiaye qui soutient avoir rencontré des cas où la victime disait préférer «se suicider que de garder la grossesse».
«Je préfère me suicider que de garder cette grossesse»
Mais grâce à l’accompagnement et le suivi psychologique offerts dans ces structures, elles parviennent à sauver ces victimes et éviter qu’elles fassent un acte puni par la loi. C’est ce que confirme la chargée de l’accompagnement psycho-social au niveau du Cegid. D’après Mme Ndiaye, «le plus souvent elles gardent leur bébé» si elles sont suivies. «Il m’est arrivé seulement deux ou trois cas où elles ne voulaient pas garder l’enfant.
Au début ça peut être difficile mais après l’accouchement elles arrivent à gérer et se dire que ce n’est pas la fin du monde. Les mamans aussi les poussent à aimer l’enfant», soutient-t-elle. Que dire des filles ou des femmes qui ont subi ce traumatisme et qui n’ont pas eu la chance d’avoir accès à ces structures pour diverses raisons ? La réponse, d’après Mme Ndiaye, est à chercher dans la stigmatisation qui les pousse à garder le silence. «C’est très difficile, on ne passe pas comme une victime mais comme coupable parce que y aura des gens qui diront tu l’as cherché. C’est ce qui poussent certaines à garder le silence et à ne rien dire», déplore-t-elle. Cette «loi du silence» conduit à des situations désastreuses parce que la personne ayant subi ce traumatisme n’aura pas la chance d’être accompagnée.
Pire, d’après Mme Ndiaye, elle développe «un risque suicidaire énorme et aussi des symptômes post-traumatiques qui peuvent apparaitre des années et des années après l’agression». Le combat des associations de défense des droits des femmes et de lutte contre les violences sexuelles c’est d’arriver à briser le silence et aussi de criminaliser ces actes. Pour les personnes interrogées pour mettre fin à ces violences, il faut que les auteurs soient punis. Et cela passe par la dénonciation et le courage d’aller jusqu’au bout de la procédure.
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UNE SÉNÉGALAISE RETROUVÉE MORTE A SON DOMICILE
Le corps sans vie de Bineta Sagna a été retrouvé ce mardi 06 août 2019, à son domicile établi à Bruxelles en Belgique, d’après une information d’un membre de la famille
Le corps sans vie de Bineta Sagna a été retrouvé ce mardi 06 août 2019, à son domicile établi à Bruxelles en Belgique, d’après une information d’un membre de la famille reprise par Brussels Information Press.
Les circonstances du décès ne sont pas encore élucidées à ce stade. Mieux, il faudra, toujours selon la même source, attendre les résultats de l’enquête ouverte par la police qui a été informée par un proche de la victime.
Bineta Sagna était la fondatrice et présidente de l’Agence de relations publiques Media et Communication la Sénégauloise. D’origine Sénégalaise, née en France, elle avait été classée, en 2017, parmi les leaders qui faisaient l’Afrique par le Tropics Magazine de Johannesburg.
Bineta Sagna était aussi présente dans l’organisation de la soirée « Rire contre le racisme » en septembre 2015 à Bruxelles. Militante féministe, elle refusait le « rôle » que certains hommes imposent aux femmes : « Soyez des femmes non-conventionnelles qui se jouent du poids des stéréotypes et embrassent des professions soi-disant dites masculines ».
Après des études universitaires en droit et en commerce, Binta Sagna fonde son agence de communication : une agence de Consulting qui s’occupe de la mise en place de projets et de leur médiatisation. Avec celle-ci, elle réussit la création d’un puissant réseau de femmes africaines qui gèrent des projets et événements d’envergure internationale.
"TONI MORRISON NOUS RAMÈNE CONSTAMMENT AU MONDE"
La Prix Nobel de littérature en 1993, s'est éteinte dans la nuit du 5 au 6 août, à 88 ans. Christiane Taubira, l'éditrice Dominique Bourgois, la traductrice Christine Laferrière et le journaliste François Busnel lui rendent hommage
franceinter.fr |
Pierre Weill |
Publication 07/08/2019
Christiane Taubira se souvient avoir découvert Toni Morrison en Guyane, après ses études : "Je suis tombée, ou plutôt je me suis hissée, dans cette littérature qui tranchait complètement avec ce que j'avais déjà lu, y compris en matière de ce qu'on qualifie de littérature africaine américaine". L'ancienne garde des Sceaux évoque sur France Inter une "magnifique, profonde et puissante littérature, à l'esthétique éblouissante" où "la vie bouillonne, effervescente".
Aux yeux de Christiane Taubira, Toni Morrison était une "irréductible optimiste", grâce à une profonde lucidité qui lui permettait de créer des personnages complexes. "Elle est allée au plus profond de l'humanité dans l'esclavage, mais elle nous ramène constamment au monde", souligne l'ancienne ministre.
"Autorité morale"
"Toni Morrison était une autorité morale, mais elle avait l'élégance de ne pas le revendiquer", ajoute l'éditrice Dominique Bourgois. "C’était un modèle pour beaucoup d’écrivains. C’est dans ses livres qu’elle était militante, exigeante. Pas en signant des manifestes".
"Hélas, les derniers mois de sa vie ont été complètement bouleversés par l’élection du président Trump. C’est resté sa rage quotidienne", déclare Dominique Bourgois.
Pour le journaliste François Busnel, directeur de la rédaction de la revue "America", la grande force de l'autrice est "qu’elle a réussi à nous faire comprendre que si nous voulions parler de Trump il fallait revenir à l’écriture et à la littérature".
"Richesse, rigueur, et vigueur"
Comment définir la littérature de Toni Morrison ? Par sa "richesse", sa "rigueur"et sa "vigueur", répond Christine Laferrière, traductrice des quatre derniers ouvrages de l'écrivaine.
Selon Christine Laferrière, Toni Morrison "a réussi à analyser tous les problèmes de l’Amérique, à toutes les époques, sous toutes les formes. Les conflits entre les Blancs et les Noirs, entre l’idéologie et la pratique, les conflits entre les femmes dans leurs relations familiales, intimes et sociales. Pour elle l’art était politique".