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4 avril 2025
Femmes
"LA RENGAINE SUR LA COLONISATION ET L'ESCLAVAGE EST DEVENUE UN FONDS DE COMMERCE"
L’écrivaine franco-sénégalaise, Fatou Diome, s’exprime sans filtre sur son enfance, l’immigration, le féminisme, ou la pensée « décoloniale » qui a le don de l’irriter…
Le Monde Afrique |
Coumba Kane |
Publication 25/08/2019
Fatou Diome écrit comme elle parle, avec fougue et sensibilité. Que ce soit dans ses romans ou dans ses prises de paroles publiques, l’auteure franco-sénégalaise use avec habileté de cette langue piquante qui frôle parfois la satire. Dans son premier roman à succès, Le Ventre de l’Atlantique (éd. Anne Carrière, 2003), elle donnait la parole à cette jeunesse sénégalaise piégée dans le désir d’Europe et ses mirages tragiques. Les œuvres de Fatou Diome offrent aussi une voix aux femmes, héroïnes du quotidien quand les maris migrent (Celles qui attendent, éd. Flammarion, 2010) ou disparaissent tragiquement, comme dans son nouveau roman, Les Veilleurs de Sangomar (éd. Albin Michel), en librairie le 22 août.
Installée à Strasbourg depuis vingt-cinq ans, Fatou Diome observe et critique sa société d’origine et son pays d’accueil. En vingt ans de carrière, elle a publié une dizaine de romans, de nouvelles et un essai remarqué en 2017, Marianne porte plainte ! (éd. Flammarion), véritable pamphlet contre les discours identitaires, racistes, sexistes et islamophobes. Dans cet entretien, Fatou Diome s’exprime sans filtre sur son enfance aux marges, l’immigration, le féminisme, ou la pensée « décoloniale » qui a le don de l’irriter…
D’où vient votre nom, Diome ?
Fatou Diome Au Saloum, région située sur la côte sud du Sénégal, les Diome sont des Sérères-Niominkas, des Guelwaar. Il est dit que ce peuple était viscéralement attaché à sa liberté.
Pourtant, écrivez-vous dans Le Ventre de l’Atlantique, votre nom suscitait la gêne à Niodior, votre village natal…
Oui, car je suis née hors mariage d’un amour d’adolescents. A cette époque, j’étais la seule de l’île à porter ce nom car mon père est d’un autre village. Enfant, je ne comprenais pas pourquoi la simple prononciation de mon nom suscitait le mépris. J’ai compris plus tard que ce sentiment de gêne diffuse que je ressentais autour de moi venait du fait que j’étais supposée être « l’enfant du péché ».
Cette ostracisation était d’autant plus injuste que l’idée « d’enfant illégitime » n’existait pas chez les Sérères animistes jusqu’au milieu du XIXe siècle et la domination des religions monothéistes. Jusque-là, au contraire, avoir un enfant des fiancés avant le mariage était le meilleur moyen de s’assurer que le prétendant était fertile. C’était même une tradition dans l’aristocratie sérère notamment, où la lignée était matrilinéaire. « Domou Djitlé », qui signifie « enfant illégitime », est une expression wolof, qui n’existe pas en sérère.
Comment enfant affrontiez-vous cette marginalisation ?
En renonçant à ceux qui me calomniaient. Cette indépendance m’est venue des conseils de mon grand-père maternel, un marin qui, dans l’Atlantique, devait sans cesse trouver des solutions. Je l’accompagnais souvent en mer. Quand le vent soufflait trop fort et que je pleurais, il me lançait : « Tu crois que tes pleurs vont nous ramener plus vite au village ? Allez, rame ! » C’est une leçon que j’ai retenue : les jérémiades ne sauvent de rien.
A quel moment vous êtes-vous réappropriée votre nom ?
A l’école. L’instituteur, qui était lui-même marginalisé car étranger, m’a expliqué le sens du diome : la dignité. C’était énorme ! La « bâtarde du village » était donc la seule à s’appeler dignité ! (Rires)
Et puis un jour, j’ai rencontré mon père. C’était un homme adorable, un sculptural champion de lutte ! Ma mère avait eu de la chance d’aimer cet athlète magnifique ! Porter son nom est une fierté. Je suis le fruit d’un amour absolu, un amour souverain qui n’a demandé nulle permission aux faux dévots.
Etre une enfant illégitime, c’était aussi risquer de ne pas survivre à la naissance…
Oui et je dois la vie sauve à ma grand-mère maternelle, qui m’a accueillie au monde, dans tous les sens du terme. C’est elle qui a fait la sage-femme. Elle aurait pu m’étouffer à la naissance comme le voulait la tradition, mais elle a décidé de me laisser vivre et de m’élever. Elle me disait souvent que je n’étais pas illégitime mais légitimement vivante, comme tout enfant.
Cette jeune grand-mère vous a allaitée. Quelle fut votre relation avec elle ?
Très forte. Elle était et restera ma mamie-maman. Jusqu’à sa mort, je l’appelais Maman. Enfant, je dormais avec elle. Plus tard, j’insistais pour faire la sieste avec elle lors de mes visites. Comme un bébé, je gardais une main sur sa poitrine. Ma grand-mère, j’en suis convaincue, était la meilleure mère possible pour moi. Pardon pour l’autre dame…
Votre mère…
Oui. Avec elle, j’avais étrangement une relation de grande sœur. Et plus tard, je l’ai prise sous mon aile car j’étais plus combative et plus indépendante qu’elle. J’ai choisi ma vie, elle non. Et c’est pour cette raison que j’ai dit dans Le Ventre de l’Atlantique que « j’écris, pour dire et faire tout ce que ma mère n’a pas osé dire et faire ». Elle a par exemple subi la polygamie, une maladie que je n’attraperai jamais.
Qu’aviez-vous à dire quand vous avez commencé à écrire à 13 ans ?
Ecrire était une nécessité. Il me fallait comprendre pourquoi, par exemple, telle tante me câline devant mes grands-parents puis me traite de « bâtarde » en leur absence. L’écriture s’est imposée à l’âge de 13 ans, lorsque j’ai quitté le village pour poursuivre mes études en ville. Pour combler ma solitude, je noircissais des cahiers. Une fois, j’ai même réécrit Une si longue lettre de Mariama Bâ. Dans ma version vitaminée, les femmes n’étaient plus victimes de leur sort, mais bien plus combatives. J’aime celles qui dansent avec leur destin, sans renoncer à lui imposer leur tempo.
Vous épousez ensuite un Alsacien et vous vous installez à Strasbourg. En France, vous découvrez une autre forme de violence, le racisme. Comment y avez-vous survécu ?
En m’appropriant ce que je suis. J’ai appris à aimer ma peau telle qu’elle est : la couleur de l’épiderme n’est ni une tare ni une compétence. Je sais qui je suis. Donc les attaques des idiots racistes ne me blessent plus.
Etre une auteure reconnue, cela protège-t-il du racisme ?
Reconnue ? Non, car la réussite aussi peut déchaîner la haine. On tente parfois de m’humilier. C’est par exemple ce policier des frontières suspicieux qui me fait rater mon vol car il trouve douteux les nombreux tampons sur mon passeport, pourtant parfaitement en règle. Ou ce journaliste parisien qui me demande si j’écris seule mes livres vus leur structure qu’il trouve trop complexe pour une personne qui n’a pas le français comme langue maternelle. Ou encore cette femme qui, dans un hôtel, me demande de lui apporter une plus grande serviette et un Perrier… Le délit de faciès reste la croix des personnes non caucasiennes.
La France que vous découvrez à votre arrivée est alors bien éloignée de celle de vos auteurs préférés, Yourcenar, Montesquieu, Voltaire…
Cette France brillante, je l’ai bien trouvée mais on n’arrête pas de la trahir ! Il faut toujours s’y référer, la rappeler aux mémoires courtes. Cette France, elle est bien là. Seulement, les sectaires font plus de bruit. Il est temps que les beaux esprits reprennent la main !
Qui la trahit, cette France ?
Ceux qui lui font raconter le contraire de ce qu’elle a voulu défendre. Pour bien aimer la France, il faut se rappeler qu’elle a fait l’esclavage et la colonisation, mais qu’elle a aussi été capable de faire la révolution française, de mettre les droits de l’homme à l’honneur et de les disperser à travers le monde. Aimer la France, c’est lui rappeler son idéal humaniste. Quand elle n’agit pas pour les migrants et les exploite éhontément, je le dis. Quand des Africains se dédouanent sur elle et que des dirigeants pillent leur propre peuple, je le dis aussi. Mon cœur restera toujours attaché à la France, et ce même si cela m’est reproché par certains Africains revanchards.
Vous vivez en France depuis 1994. Les statistiques officielles démontrent la persistance de discriminations en matière de logement ou de travail contre notamment des Français d’origine africaine dans les quartiers populaires. Que dites-vous à ces jeunes Noirs ?
Qu’ils prennent leur place ! Vous savez, au Sénégal, un jeune né en province aura moins de chance de réussir que celui issu d’une famille aisée de la capitale. La différence, c’est qu’en France, cette inégalité se trouve aggravée par la couleur. Ici, être noir est une épreuve et cela vous condamne à l’excellence. Alors, courage et persévérance, même en réclamant plus de justice.
Cette course à l’excellence peut être épuisante quand il faut en faire toujours plus…
Si c’est la seule solution pour s’en sortir, il faut le faire. Partout, la dignité a son prix. On se reposera plus tard, des millénaires de sommeil nous attendent.
Vous avez suivi une formation en lettres et philosophie à l’université de Strasbourg avec un intérêt particulier pour le XVIIIe siècle. Que pensez-vous des critiques portées par le courant de pensée « décoloniale » à l’égard de certains philosophes des Lumières ?
Peut-on éradiquer l’apport des philosophes des Lumières dans l’histoire humaine ? Qui veut renoncer aujourd’hui à L’Esprit des lois de Montesquieu ? Personne. Les Lumières ont puisé dans la Renaissance, qui s’est elle-même nourrie des textes d’Averroès, un Arabe, un Africain. C’est donc un faux débat ! Au XVIIIe siècle, la norme était plutôt raciste. Or Kant, Montesquieu ou Voltaire étaient ouverts sur le monde. Ils poussaient déjà l’utopie des droits de l’homme. On me cite souvent Le Nègre du Surinam pour démontrer un supposé racisme de Voltaire. Quel contresens ! Ce texte est une ironie caustique. Voltaire dit à ses concitoyens : « C’est au prix de l’exploitation du nègre que vous mangez du sucre ! »
Par ailleurs, chez tous les grands penseurs, il y a souvent des choses à jeter. Prenez l’exemple de Senghor. Sa plus grande erreur d’emphase et de poésie fut cette phrase : « L’émotion est nègre, la raison hellène. » Cheikh Anta Diop, bien qu’Africain, était un grand scientifique quand Einstein était doté d’une grande sensibilité. Cette citation est donc bête à mourir, mais devons-nous jeter Senghor aux orties ?
On constate tout de même une domination des penseurs occidentaux dans le champ de la philosophie par exemple…
Certaines choses sont universelles. Avec Le Vieil Homme et la mer, Hemingway m’a fait découvrir la condition humaine de mon grand-père pêcheur. Nous Africains, ne perdons pas de temps à définir quel savoir vient de chez nous ou non. Pendant ce temps, les autres n’hésitent pas à prendre chez nous ce qui les intéresse pour le transformer. Regardez les toiles de Picasso, vous y remarquerez l’influence des masques africains…
Vous estimez donc que le mouvement de la décolonisation de la pensée et des savoirs, porté par un certain nombre d’intellectuels africains et de la diaspora, n’est pas une urgence ?
C’est une urgence pour ceux qui ne savent pas encore qu’ils sont libres. Je ne me considère pas colonisée, donc ce baratin ne m’intéresse pas. La rengaine sur la colonisation et l’esclavage est devenue un fonds de commerce. Par ailleurs, la décolonisation de la pensée a déjà été faite par des penseurs tels que Cheikh Anta Diop, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor ou encore Frantz Fanon. Avançons, en traitant les urgences problématiques de notre époque.
A l’échelle de la longue histoire entre l’Afrique et l’Occident, ce travail de décolonisation de la pensée, débuté il y a quelques décennies, n’est peut-être pas achevé ?
Je pense, comme Senghor, que nous sommes à l’ère de la troisième voie. Nous, Africains, ne marchons pas seulement vers les Européens ; eux ne marchent pas que vers nous. Nous convergeons vers la même voie, la possible conciliation de nos mondes. La peur de vaciller au contact des autres ne peut vous atteindre quand vous êtes sûr de votre identité. Me concernant, ce troisième millénaire favorise la rencontre. Je sais qui je suis, je ne peux pas me perdre en Europe car, non seulement je récite mon arbre généalogique, mais je séjourne régulièrement dans mon village.
Après tous les efforts de Senghor, Césaire, Fanon, en sommes-nous encore à nous demander comment nous libérer de l’esclavage et de la colonisation ? Pendant ce temps, où nous stagnons, les Européens envoient Philae dans l’espace… L’esclavage et la colonisation sont indéniablement des crimes contre l’humanité. Aujourd’hui, il faut pacifier les mémoires, faire la paix avec nous-mêmes et les autres, en finir avec la littérature de la réactivité comme le dit si bien l’historienne Sophie Bessis.
Cette histoire dramatique, loin d’être un chapitre clos, continue pourtant de marquer le présent des Africains et les relations avec d’anciennes puissances coloniales…
Pour moi, il y a plus urgent. La priorité, c’est l’économie. Faisons en sorte que la libre circulation s’applique dans les deux sens. Aujourd’hui, depuis l’Europe, on peut aller dîner à Dakar, sans visa. Le contraire est impossible ou alors le visa vous coûtera le salaire local d’un ouvrier. Pourquoi attendre une forme de réparation de l’Europe, comme un câlin de sa mère ? Pourquoi se positionner toujours en fonction de l’Occident ? Il nous faut valoriser, consommer et, surtout, transformer nos produits sur place. C’est cela l’anticolonisation qui changera la vie des Africains et non pas la complainte rance autour de propos tenus par un de Gaulle ou un Sarkozy.
On sent que ce mouvement vous irrite…
Je trouve qu’il y a une forme d’arrogance dans cette injonction et cette façon de s’autoproclamer décolonisateur de la pensée des autres. C’est se proclamer gourou du « nègre » qui ne saurait pas où il va. Je choisis mes combats, l’époque de la thématique unique de la négritude est bien révolue.
Votre roman Le Ventre de l’Atlantique (2003) a été l’un des premiers à aborder le thème de la migration vers l’Europe. Que dites-vous à cette jeunesse qui continue de risquer sa vie pour rejoindre d’autres continents ?
Je leur dirai de rester et d’étudier car, en Europe aussi, des jeunes de leur âge vivotent avec des petits boulots. Quand je suis arrivée en France, j’ai fait des ménages pour m’en sortir, après mon divorce. J’ai persévéré malgré les humiliations quotidiennes et les moqueries au pays.
Si je suis écrivain, c’est parce que j’ai usé mes yeux et mes fesses à la bibliothèque. J’ai toujours écrit avec la même rigueur que je nettoyais les vitres. Aux jeunes, je dirai que l’école a changé ma vie, elle m’a rendue libre.
La tentation est grande de partir vu le manque d’infrastructures dans de nombreux pays africains. Comment rester quand le système éducatif est si défaillant ?
La responsabilité revient aux dirigeants. Ils doivent miser sur l’éducation et la formation pour garder les jeunes, leur donner un avenir. Il faudrait que les chefs d’Etat respectent plus leur peuple. Il n’y a qu’à voir le silence de l’Union africaine face au drame des migrants. Quand les dirigeants baissent la tête, le peuple rampe.
Quel regard portez-vous sur le durcissement de la politique migratoire européenne ? Dernier acte en date, le décret antimigrants adopté par l’Italie qui criminalise les sauvetages en mer…
L’Europe renforce sa forteresse. Mais qui ne surveillerait pas sa maison ? Les pays africains doivent sortir de leur inaction. Pourquoi n’y a-t-il pas, par exemple, de ministères de l’immigration dans nos pays ? C’est pourtant un problème majeur qui touche à l’économie, la diplomatie, la santé, la culture. Si l’Afrique ne gère pas la situation, d’autres la géreront contre elle. Elle ne peut plus se contenter de déplorer ce que l’Europe fait à ses enfants migrants.
Vous avez écrit sur la condition féminine, le rapport au corps de la femme au Sénégal et la fétichisation dont vous avez été victime en France en tant que femme noire. Vous sentez-vous concernée par le mouvement #metoo ?
Je comprends ce combat, mais je considère qu’Internet n’est pas un tribunal. Les femmes doivent habiter leur corps et leur vie de manière plus souveraine dans l’espace social et public. Il faut apprendre aux jeunes filles à s’armer psychologiquement face aux violences, par exemple le harcèlement de rue. Il faut cesser de se penser fragiles et porter plainte immédiatement en cas d’agression.
La lutte contre les violences faites aux femmes revient aussi aux hommes…
En apprenant aux femmes à habiter leur corps, à mettre des limites, on leur apprend aussi à éduquer des fils et des hommes au respect. Le féminisme, c’est aussi apprendre aux garçons qu’ils peuvent être fragiles, l’agressivité n’étant pas une preuve de virilité, bien au contraire. Me concernant, malgré la marginalisation à laquelle j’ai été confrontée, je ne me suis jamais vécue comme une femme fragile, ni otage de mon sexe, mes grands-parents m’ayant toujours traitée à égalité avec les garçons.
Vous sentez-vous plus proche du féminisme dit universaliste ou intersectionnel ?
Je me bats pour un humanisme intégral dont fait partie le féminisme. Mon féminisme défend les femmes où qu’elles soient. Ce qui me révolte, c’est le relativisme culturel. Il est dangereux d’accepter l’intolérable quand cela se passe ailleurs. Le cas d’une Japonaise victime de violences conjugales n’est pas différent de celui d’une habitante de Niodior ou des beaux quartiers parisiens brutalisée. Lutter pour les droits humains est plus sensé que d’essayer de trouver la nuance qui dissocie. Mais gare à la tentation d’imposer sa propre vision à toutes les femmes. L’essentiel, c’est de défendre la liberté de chacune.
MANSOUR FAYE DÉTERMINÉ À RÉUSSIR L’OPÉRATION ’’VILLE PROPRE’’
Le maire de la ville de Saint-Louis, Mansour Faye, a exprimé la détermination de la commune à rendre la ville propre, conformément à l’opération ‘’Sénégal propre’’
Saint-Louis, 24 aout (APS) - Le maire de la ville de Saint-Louis, Mansour Faye, a exprimé la détermination de la commune à rendre la ville propre, conformément à l’opération ‘’Sénégal propre’’ lancée par le président Macky Sall, malgré ‘’les quelques résistances notées dans la gestion des ordures ménagères depuis la collecte jusqu’au déchargement au centre d’enfouissement’’.
‘’Malgré tout, la commune reste plus que déterminée à faire face et vaincre les résistances et en appelle aux populations pour une appropriation de ces initiatives ville propre, afin que la ville tricentenaire soit parmi les villes les plus propres du Sénégal’’, a-t-il insisté.
Le maire de la ville s’exprimait lors du lancement de l’opération ‘’Clean Day’’ au niveau de la Langue de Barbarie. Selon le maire, la ville fait face à ‘’un défaut en termes de disponibilité de logistiques lourdes’’ mais, précise-t-il, ‘’les ressources humaines sont là et, par rapport au moyens financiers, la commune fait de son mieux’’.
Il a aussi insisté sur la conscientisation des populations, parce que, selon lui, ‘’c’est seul avec l’implication des populations, à travers les conseils de quartier, les associations communautaires de base, les jeunes et les femmes que la commune peut réussir cet objectif de rendre la ville propre, pour un ‘’cadre de vie sain et adéquat’’.
L’édile de la ville a relevé que ‘’sans l’implication des populations, tout effort sera vain car, c’est avec leur engagement et leur détermination, que l’on peut atteindre l’opération ‘’Clean Day’’ et rendre la ville propre’’.
‘’L’occupation anarchique est érigée sur la berge de Goxu Mbathie et Guet Ndar et (…) il faut nécessairement mettre fin à cela, car des arrêtés seront pris et des mesures de sanctions suivront par rapport aux récidivistes, à la suite de vastes campagnes de sensibilisation’’, avertit le maire.
MODE A
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COMMENT S'HABILLER APRÈS LA PLUIE ?
EXCLUSIF SENEPLUS - Notre animatrice, Fatou Bintou Dionne a rencontré quelques dakarois afin de comprendre les motivations vestimentaires de chacun en cette période d'hivernage où toute la capitale ou presque patauge dans les eaux
Fatou Bintou Dionne et Youssouf Ba |
Publication 22/08/2019
Après la pluie, le beau temps. Mais à Dakar, les populations pateaugent souvent dans les eaux pluviales. C'est le cas aujourd'hui pour les citoyens qui ont été obligé d'adopter un nouveau accoutrement pour aller au travail. Comment s'habiller à Dakar après la pluie ? Notre animatrice vedette, Fatou Bintou Dionne, est allée à la rencontre des dakarois pour comprendre leur choix vestimentaire en cette période d'hivernage.
Voir la vidéo.
LA MORT DU BOULANGER ET LE NOUVEAU PLAN D’ACTIONS DE "AAR LI NU BOKK" EN UNE
Dakar, 21 août (APS) – Les quotidiens reçus mercredi à l’APS se font largement écho des conclusions de l’autopsie du corps du boulanger Amar Mbaye et du nouveau plan d’actions de la plateforme "Aar li nu bokk".
’’Meurtre du boulanger Amar Mbaye, ce que révèle l’autopsie’’, affiche en Une Walfadjri. Ces résultats de l’autopsie réalisée ce mardi à l’hôpital Aristide Le Dantec de Dakar, font état ‘’d’un traumatisme cervico-facial avec fractures multiples, hémorragie interne et externe de grande abondance’’.
La famille du jeune boulanger mort dans la nuit de vendredi à samedi à Thiès portera plainte contre X, a annoncé son père. ‘’Cette plainte n’a rien à voir avec l’auto-saisine du procureur’’, a-t-il précisé. Mafatim Mbaye s’adressait à la presse devant la maison mortuaire au quartier Niéti Kadd, après l’inhumation de son fils Amar Mbaye dans l’après-midi au cimetière Madocki de la cité du rail.
‘’Nous allons porter plainte contre X’’, a dit Mafatim Mbaye, relevant que cette plainte ne dénote pas un manque de confiance à l’égard de la justice. ‘’En remettant les résultats de l’autopsie au procureur, tout à l’heure, il nous avait dit qu’il s’était déjà autosaisi. Notre plainte sera déposée auprès du procureur et de la gendarmerie’’, a précisé le sexagénaire.
Pour le quotidien Source A, ‘’la thèse de l’accident se confirme’’ d’après l’autopsie et les témoignages de conducteurs de moto-jakarta interrogés par la Police.
Evoquant la mort tragique du motocycliste, Le Quotidien affiche en Une : ‘’Tension sur les rails’’. Amar Mbaye a été inhumé mardi au cimetière Madocki de la cité du rail, souligne le journal, faisant état d’affrontements avec les forces de l’ordre malgré l’appel au calme.
Le Quotidien ajoute aussi que le policier Makha Diop alias ‘’El Capo’’, mis en cause dans cette affaire, a confié dans un groupe WhatsApp n’avoir rien à voir avec le meurtre du jeune Amar.
Selon Vox Populi, ‘’+El Capo+ brise le silence’’. ‘’Personne ne vous montrera ma présence sur les lieux parce que je n’étais pas là-bas’’, a-t-il dit sur la messagerie WhatsApp.
Le nouveau plan d’actions de la plateforme "Aar li nu bokk" pour ‘’une gestion transparente des ressources naturelles du pays’’ est au cœur de la livraison des quotidiens.
Ladite plateforme a annoncé mardi un nouveau plan d’action "La Plateforme citoyenne Aar Li Nu Bokk informe les Sénégalaises et Sénégalais qu’elle lancera, à compter de cette semaine, son nouveau plan d’action pour intensifier le combat pour le traitement diligent du scandale du pétrole et du gaz et la mise en place de mécanismes pour garantir la transparence dans la gestion de ces ressources’’, a-t-elle indiqué, dans un communiqué.
Selon L’As, ‘’Aar li nu bokk déterre la hache de guerre pour la transparence dans la gestion du pétrole et du gaz’’.
"Aar li nu bokk" a été mise sur pied à la suite des allégations de corruption présumée contenues dans un reportage de la BBC et visant Aliou Sall, frère du chef de l’Etat Macky Sall, dans le cadre des contrats pour l’exploitation du pétrole et du gaz découverts ces dernières années au Sénégal.
‘’La guerre total’’, selon Enquête, soulignant que la plateforme ‘’va intensifier la lutte pour la protection des ressources naturelles du Sénégal’’. Elle prévoit des conférences publiques, des forums, des rassemblements périodiques, des concerts et des marches partout dans le pays.
Le Témoin s’intéresse à la ‘’crise’’ au Parti démocratique sénégalais (PDS) et se demande si Oumar Sarr a ‘’’l’étoffe pour diriger la fronde’’. La presse a relayé ces derniers jours que des réunions se tiennent régulièrement chez Oumar Sarr depuis qu’Abdoulaye Wade a remanié le Secrétariat national de sa formation politique.
Le dernier réaménagement opéré au PDS par son Secrétaire général national Abdoulaye Wade suscite des grincements de dents. De nombreux responsables ont dénoncé cette nouvelle configuration qui fait la part belle à des figures proches de Karim Wade, qui occupe le poste de Secrétaire général-adjoint chargé de l’Organisation, de la modernisation et de l’élaboration des stratégies politiques.
Dans sa livraison du jour, Le Soleil annonce que l’Etat va accompagner les producteurs face au déficit pluviométrique.
LE SÉNÉGAL VICE-CHAMPIONNE D'AFRIQUE DE BASKET
Comme en 2017 au Mali, les Lionnes ont courbé l’échine devant le Nigeria (55-60), dimanche soir à Dakar Arena de Diamniadio, en finale de l’Afrobasket
Dans une salle comble, le Sénégal met le bleu de chauffe dès le premier quart temps. La première possession des Lionnes est transformée en panier par la meneuse Binetou Diémé sur une pénétration dont elle a le secret. Le Nigeria élabore avec succès un jeu favorisant des décalages sur les côtés. Et sur la ligne des lancers francs, les D’Tigress se montrent aussi adroites. Malgré des points de Ndèye Sène et d’Oumou Khaïry Sarr, le Nigeria remporte ce quart temps (10-14).
Léna Niang lance parfaitement le Sénégal dans le deuxième quart en réussissant deux tirs primés. Mais les Lionnes ont des carences dans le repli défensif. Le Nigeria en profite pour prendre le large sur des actions supersoniques rondement menées. Et la plupart du temps, Kalu, la meneuse des D’Tigress se charge de servir ses coéquipières dans d’excellentes conditions. A la mi-temps, le score est de 24-32 en faveur du Nigeria.
Le Sénégal entre poussivement dans le troisième quart temps. Les Lionnes ne contestent pas avec hargne les shoots de leurs adversaires. Au fil du match, le Nigeria affiche une efficacité clinique sur les tirs à trois points pour garder son avance. Peu inspirées, certaines joueuses de la team Sénégal à l’instar de Ndèye Sène perdent une kyrielle de ballons d’attaque.
Au moment de démarrer le quatrième et dernier quart temps, le Sénégal est toujours mené par le Nigeria (37-48). Crispées, les Lionnes peinent à effacer l’ardoise. Un panier à deux points plus une faute subie par Mame Marie Sy redonne de l’espoir au public. Astou Traoré l’imite aussitôt en bon capitaine. La fin de la partie est marquée par un chassé croisé. Dans le money time, aucune des deux sélections ne lâche rien.
Finalement, ce sont les D’Tigress qui ont les nerfs plus solides pour gagner au forceps cette rencontre palpitante de bout en bout (55-60). En lever de rideau, le Mali a décroché la médaille de bronze grâce à sa victoire contre le Mozambique (54-66).
par Yaye Fatou Sarr
MARIAMA BA, ELLE S'APPELAIT!
La lecture du roman, Une si longue lettre, nous suffit tant comme héritage car nous retrace le parcours d'une dame respectueuse et respectable qui sait s'imposer et cela dignement malgré les péripéties de la vie
Célébrons cette dame pleine de grâce, pleine de culture, écrivaine, femme africaine, femme noire.
Célébrons cette dame en ce jour d'anniversaire de son décès et pour toujours. Elle a su porter très haut le flambeau de femme engagée, sénégalaise et africaine en général.
Mariama Ba, féministe assumée nous a encouragé à porter les combats des femmes que nous sommes. Elle a su traduire en écrits et en paroles le vécu de tant de femmes africaines entre rejets, inégalités, souffrances, peines, combats, etc.
Elle a su donner du courage, assez de courage pour permettre à des générations après de poursuivre son combat.
Oh oui! Je n'étais pas encore née ce 17 Août 1981 quand elle nous laissait orphelines mais ma fierté n'en est que plus grande et ma conviction encore plus forte.
La lecture du roman, Une si longue lettre, nous suffit tant comme héritage car nous retrace le parcours d'une dame respectueuse et respectable qui sait s'imposer et cela dignement malgré les péripéties de la vie.
Peut être que de là ou elle est, elle nous observe fière que le combat soit porté par des générations qui ne l'ont connue que par ses écrits mais certainement elle se demande pourquoi depuis les choses n'ont pas changé.
Reposez en paix Mariama Ba.
par Fatimata Diallo
IL Y A 38 ANS DISPARAISSAIT MARIAMA BA
Ta plume trempée dans l'encre de la liberté a tracé les contours du jour naissant pour des générations d'enfants d'Afrique - Merci d'avoir sublimé le plomb de la violence en poussière d'or et de diamant pour l'amour des tiens
Tant de belles choses ont été dites et écrites sur Mariama Ba qu'il m'a tout d'abord paru inutile de rajouter un énième texte sur elle. Puis j'ai relu, en souvenir d'elle, quelques extraits de ses écrits, discours et extraits de romans. Les mots geysers ont jailli de mon coeur reconnaissant.
Comme un soupir, le temps d'une rose à peine éclose,
Tu es apparue, ange aux ailes de lumière.
Ta plume trempée dans l'encre de la liberté
A tracé les contours du jour naissant
Pour des générations d'enfants d'Afrique.
Mère caressante et altière, mer aux bras serpentins,
Tu enlaces et enveloppes encore tes enfants multiples
Dans le souffle de ton style unique pour aller au bout du rêve.
Les souffrances et le deuil et l'obscurité
En larmes d'étoiles tu as liquéfiés pour l'amour de la beauté.
Merci maman Mariama d'avoir sublimé le plomb de la violence
En poussière d'or et de diamant
Pour l'amour des tiens.
Nous ne cesserons de lever les yeux vers le ciel
En un Merci jailli de l'âme pour toucher ton étoile qui scintille
Là haut, si loin, si près !
Paisible repos au Paradis, Maman !
LE SÉNÉGAL EN FINALE DE L'AFROBASKET
Menées jusqu’a 17 points d’ecart par l’équipe mozambicaine dans les deux premiers quarts temps, les Lionnes sont allées puiser dans leurs dernières ressources pour s’imposer par trois petits points
Le Sénégal s’est qualifié en finale de l’Afrobasket féminin et affrontera, dimanche, le Nigéria.
L’équipe du Sénégal s’est imposée en demie finale, ce vendredi, face au Mozambique sur le score de 60-57.
Le Nigéria s’est qualifié en finale de la 24e édition l’Afrobasket féminin en s’imposant, ce vendredi, largement face au Mali sur le score de 79-58.
Les Sénégalaises avaient perdu en finale face aux Nigérianes, il y a deux ans à Bamako (Mali).
LA CHRONIQUE HEBDO D'ELGAS
PETITES COPINES
EXCLUSIF SENEPLUS - Le féminisme sénégalais, entre autres, a un ennemi premier et central, c’est la tradition et la religion, piliers du patriarcat - Quoiqu’en pensent les sectaires, le féminisme est une question d’Hommes - LE RETOUR À COUBANAO
Ça a duré à peine 20 minutes. Sur le petit banc de bois, au bord de la route, où j’avais échoué à l’ombre d’un grand manguier, elles avaient avancé vers moi. D’abord timides, elles n’avaient pas arrêté de regarder mon appareil photo dans un mélange de curiosité enfantine et d’impatience. Puis d’un coup, alors que je m’essuyais le front et échangeais avec quelques jeunes du village, elles avancèrent et se dressèrent net devant moi. A peine eûmes-nous entamé un dialogue, que je compris que je les intéressais moins que le Sony que j’avais. Je fus magnanime. Elles prirent l’appareil qui semblait les captiver plus que tout, s’éloignèrent de quelques pas, ajustèrent l’objectif sur moi, l’une donnant les consignes et l’autre cadrant talentueusement. Comme une équipe de photographes en herbes, elles mitraillèrent. Elles ajoutaient même de la coquetterie dans le geste, l’appareil imposant pour leurs petites mains semblait s’y plaire. En regardant sur l’écran ensuite, après une première salve de photos, elles s’esclaffèrent, fières d’elles et de leurs premières captures.
Elles me tendirent l’objet et se mirent 5 mètres plus loin, m’intimèrent presque l’ordre de les sublimer. Je cadrai et photographiai. Elles adoptèrent plusieurs poses : les doigts en V, une position de profil, la moue du bisou, un grand sourire. Elles vinrent après, à mes côtés, savourer le diaporama. L’une sembla littéralement en extase avec elle-même sur une des photos, l’autre plus en retrait, se tut, même si un sourire venait jeter un éclat à son visage plus dur à confesser. Je me fis ainsi des amies, de petites copines, vites complices, qui ne s’arrêtaient plus. Elles s’appelaient Effoh et Yaga, découvris-je au gré de la conversation, jumelles d’âges, de classes, et camarades de jeux.
Effoh, la plus entreprenante avaient des tresses inachevées, un petit bijou, de perles noires autour du cou. Elle avait de petits yeux noirs et fureteurs, de grandes oreilles et une bouche prompte à proférer d’innocentes bêtises. Elle adoptait tour à tour une moue vive et prudente, comme incapable de savoir sur quel mode aborder l’étranger que j’étais. Elle portait un ensemble en wax, bleu, brodé de jaune, et des tongs esquintés, recouvertes par l’argile. Yaga avait, elle, le visage timide, rempli de grâces. De larges yeux qui naissaient en bas d’un front imposant et lisse. Elle avait un tout petit nez et se tenait sagement, dans une gestuelle du corps d’une incroyable maturité. Elle était habillée d’une jupe rose et d’un t-shirt blanc, taché au niveau de la poitrine du motif d’un gros point rouge agrémenté d’un dessin bleu, comme la trace d’une trainée de peinture. Des tresses moins imposantes, en petites touffes irrégulières, donnaient à son visage, des accents de simplicité naturelle. Plus en retrait, moins expressive, elle avait elle aussi pris place à côté de moi.
Devant mon écran, dont elles avaient instinctivement compris tous les mécanismes de fonctionnement, elles firent défiler les photos, du jour, de la veille, et me posèrent des questions sur chaque cliché. Elles jouèrent sur les modes, noir et blanc, sépia, les portraits, les paysages. Effoh plus engageante, semblait pourtant devant l’objet moins douée que Yaga, qui sereinement, naviguait dans le tableau de bord. Elles formaient une redoutable équipe, dont les talents en trompe-l’œil, pouvaient en décontenancer beaucoup. La retenue de Yaga était tout sauf un suivisme, l’énergie de Effoh, encore moins une assurance. Toutes les deux semblaient se compléter, dans un portrait en ombres et lumières, deux faces d’une même médaille, que l’âge et l’avidité rendaient assurément grandiose. L’abord timide avait désormais cédé la place à plus d’entrain chez elles, de partage, et mes copines ne me lâchèrent plus, pour mon plus grand bonheur.
Elles avaient plus ou moins 10 ans, étaient en CE1, dans la même classe. Effoh n’aimait pas les calculs ; Yaga, ne détestait pas grand-chose. Tout autour, sur les bancs où avaient pris place les habitants du village, notre manège avait fait sourire. Les femmes avaient d’abord essayé de refréner l’envie des deux fillettes d’importuner l’étranger. Je les rassurai. Elles les laissèrent, même si elles ne semblaient pas tout à fait sûres que cette attitude fût la plus appropriée, pour des gamines à qui on apprend habituellement l’effacement. Cet épanchement, moi, me plaisait. En attendant la voiture pour rentrer à Ziguinchor après ce séjour dans les Kalounayes, notre petit clan à trois m’avait rappelé des souvenirs. Je ne pus en effet m’empêcher de repenser à la seule cérémonie de ñakay (Excision) à laquelle j’avais assisté 20 ans auparavant. J’avais perdu alors ma meilleure copine dans le bois sacré, pendant plusieurs jours. Elle avait peu ou prou le même âge qu’Effoh et Yaga. L’espoir de retrouver les premières amours est si envahissant, mais si irrépressible, que chaque retour est inconsciemment une manière de les revivre. Ma petite copine de jeux, que l’on me prêtait sous mes contestations gênées, mais que j’avais tant plaisir à voir au loin, à deviner, à aimer, avait été dans le lot des filles parties pour l’excision. De là même où Yaga, Effoh et moi, nous nous sommes plus à nos jeux photographiques, 20 ans avant, l’écho qui parvenait à ce seuil du village, était autre. L’initiation à la vie féminine, le rite de purification, battaient leur plein. Je me retrouve, ayant abandonné le rêve de revoir ma promise, à voir son visage chez ses deux petites complices, dont je ne savais pas si elles avaient déjà subi leur tour, et si elles y iraient incessamment sous peu…
Les 20 minutes avaient filé. Le bruit du moteur et la grande trainée de poussière annonçaient l’arrivée de la voiture pour Ziguinchor. Effoh, Yaga et moi fûmes tristes de nous séparer. On était devenus de vrais confidents. Le visage si impassible de Yaga avait même fendu sa raideur et son masque habituel, pour offrir des yeux larmoyants. Je n’avais rien d’autres à leur laisser, comme le gage de les revoir, ni même de partager les photos. Je décrochai le mail in extremis d’un jeune et leur promis de leur faire parvenir un album imprimé. La voiture disparut. Je sais, je le sais encore plus maintenant, que j’ai manqué de petites copines, de petites amies, du sexe opposé. Nous n’avons pas appris à connaître nos femmes, enfants, adolescentes, adultes. Nous n'en retenons que ce qu’en portraiture notre culture. Il y a potentiellement dans toute célébration du rôle majestueux de la mère, idéale, au foyer, une habile corruption de la domination, la vénération comme rançon de l’hégémonie. Les rôles ingrats que la société leur assigne nous aliènent inconsciemment, à les voir ainsi, subalternes. Au fil du temps, sans s’en rendre compte, nous devenons leurs bourreaux. Pas tellement que nous soyons mauvais, mais seulement héritiers d’un ordre. Je me plais à imaginer l’avenir de mes copines, je ne sais pourquoi, mais je ne suis pas optimiste. Coubanao leur offre assez peu de choses pour rêver, la première condition de l’émancipation…Effoh et Yaga, comme ces adolescentes qu’on retrouve dans les romans de Toni Morrison, embarquées dans des illusions douces et tragiques.
Le temps d’écouter les petites filles est sans doute le plus important des paris à faire, finis-je par me dire dans la voiture. Le pari d’éveiller à chaque âge la conscience. L’égalité n’est pas le clonage, ni même la ressemblance, mais la liberté de piloter sa vie, de n’être empêché par rien d’arbitraire. L’une des défaites des féminismes c’est qu’on en a fait une chasse gardée des femmes. Comme s’il fallait quand on est homme, prouver en être pour être admis dans le club. Point de certificat de féminisme par détention de vagin. Il ne peut se dissocier des combats généraux pour la liberté et l’égalité. Le féminisme sénégalais, entre autres, a un ennemi premier et central, c’est la tradition et la religion, piliers du patriarcat. Sa propension à l’esquiver pour déporter les combats ailleurs est la mesure de son imposture. Ne rien passer aux femmes, ne point les surcharger. Les considérer totalement avec la liberté de défaillir, d’être mauvaises, de choquer, d’être humaines…Quoiqu’en pensent les sectaires, le féminisme est une question d’Hommes. Ceux qui le sont n’ont besoin ni de preuves, ni de gages à donner, encore moins de proclamations. En cela est-il salutaire que les écrits restent. Derniers juges dans un monde de la parole immédiate où il y a tant de héros pour si peu de causes.
LA TANZANIE VEUT RENDRE PUBLIC LA LISTE DES HOMMES MARIÉS POUR LUTTER CONTRE L'INFIDÉLITÉ
Les informations seront disponibles sur un site web gouvernemental pour aider les femmes célibataires à identifier les "prédateurs" qui se font passer pour des célibataires eux-aussi, fait remarquer Paul Makonda, commissaire régional
Les autorités de la ville de Dar es-Salaam ont annoncé la publication prochaine de la liste des hommes mariés afin de lutter contre l'infidélité.
Cette base de données sera publique et inclura leurs photos.
Les informations seront disponibles sur un site web gouvernemental pour aider les femmes célibataires à identifier les "prédateurs" qui se font passer pour des célibataires eux-aussi, fait remarquer Paul Makonda, commissaire régional.
"Notre but principal est de soulager la douleur de ces femmes qui souffrent de ces tricheurs qui leur promettent le mariage", a expliqué Paul Makonda.
"Un commissaire régional n'est pas heureux de diriger des femmes qui sont tristes et brisées à cause de l'amour et des relations sentimentales'' a-t-il fait remarquer.
La mesure suscite divers commentaires et analyses dans le pays notamment sur les réseaux sociaux.
Certaines personnes estiment que l'infidélité ne concerne pas seulement les hommes mariés, mais aussi les femmes; celles-ci mériteraient donc tout autant que leurs noms soient publiés sur le site internet du gouvernement.
La religion est aussi un facteur qui peut réduire l'efficacité de cette mesure, selon d'autres internautes.
La Tanzanie est un pays où l'islam, qui permet à un homme d'avoir plusieurs épouses, est une religion de premier rang.
Le fait d'avoir son nom sur un site web ne va en aucun cas décourager un homme d'aller à la conquête d'une femme et celle-ci d'accepter d'être sa deuxième ou troisième épouse, selon les internautes.