SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
3 avril 2025
Femmes
VIDEO
DÉCÈS DE TONI MORRISON
Première Afro-Américaine à recevoir le prix Nobel de littérature en 1993, l’écrivaine est morte dans la nuit de lundi à mardi à l’âge de 88 ans, selon son éditeur
Le Monde |
Josyane Savigneau |
Publication 06/08/2019
Toni Morrison est morte dans la nuit du 5 au 6 août, à l’âge de 88 ans, avec un sentiment de révolte inentamé. L’écrivaine américaine est morte au Montefiore Medical Center de New York, a précisé son éditeur, Alfred A. Knopf, à Associated Press.Ni le succès international, ni le prix Nobel de littérature en 1993 – elle est la première Afro-Américaine à le recevoir –, ni les divers doctorats honoris causa et autres distinctions ne sont parvenus à altérer ses passions et son allure de guerrière. Certes, elle a vu un Afro-Américain accéder à la présidence des Etats-Unis. Mais huit ans plus tard, elle a assisté à l’élection de Donald Trump et au retour du racisme décomplexé.
Silhouette imposante, port de tête altier, tout en elle était impérial et impérieux. Petite-fille d’anciens esclaves, elle savait d’où elle venait. Et elle n’a jamais craint de choquer. Par exemple, en qualifiant, en octobre 1998, Bill Clinton, de « premier président noir des Etats-Unis ». « Il présente toutes les caractéristiques des citoyens noirs, précisait-elle. Un foyer monoparental, une origine très modeste, une enfance dans la classe ouvrière, une grande connaissance du saxophone et un amour de la junk food digne d’un garçon de l’Arkansas. »
Plus récemment, en 2015, alors qu’elle faisait à Londres la promotion de son dernier livre, God Help the Child (en français Délivrances, aux éditions Christian Bourgois, comme la quasi-totalité de ses livres), elle déclarait au quotidien The Telegraph, à propos de plusieurs bavures policières qui venaient d’avoir lieu aux Etats-Unis : « Je veux voir un flic tirer sur un adolescent blanc et sans défense. Je veux voir un homme blanc incarcéré pour avoir violé une femme noire. Alors seulement, si vous me demandez : “En a-t-on fini avec les distinctions raciales ?”, je vous répondrai oui. »
Chloe Wofford naît le 18 février 1931, à Lorain (Ohio) dans une famille de quatre enfants. Elle passe son enfance dans le ghetto de cette petite ville sidérurgique proche de Cleveland. Son père est ouvrier soudeur et n’aime guère les Blancs. Sa mère est plus confiante en l’avenir. Sa grand-mère lui parle de tout le folklore des Noirs du Sud, des rites et des divinités. C’est en se convertissant au catholicisme que Chloe prend comme nom de baptême Anthony, que ses amis abrègent en Toni. Son grand-père est un fervent lecteur de la Bible, et, très vite, elle apprend à lire et à écrire.
Boursière, Chloe Anthony Wofford fait de brillantes études, soutient une thèse sur le thème du suicide chez Faulkner et Virginia Woolf, et commence une carrière d’enseignante. En 1958, elle épouse Harold Morrison. Ils ont deux enfants et divorcent en 1964, mais elle gardera Morrison comme nom de plume. Elle enseigne l’anglais à l’université d’Etat de New York et travaille comme éditrice chez Random House, où elle publiera notamment une anthologie d’écrivains noirs, The Black Book (1973).
Tout commence en 1970
Plus tard, de 1989 à 2006, elle enseignera la littérature à l’université de Princeton, longtemps interdite aux Noirs. En 1989, elle était déjà une écrivaine reconnu. Mais à l’époque où elle est professeure à New York, elle ne pense pas à écrire. « J’étais mariée à un architecte, j’avais deux enfants. Vous connaissez beaucoup d’écrivains qui ont des enfants ? », dira-t-elle souvent quand on lui demandera pourquoi elle a commencé à publier si tard, en 1970.
C’est donc en 1970 que tout commence, avec le premier de ses onze romans, L’Œil le plus bleu, qui n’a aucun succès et est diversement apprécié par la communauté noire. Une gamine de 11 ans, Pecola Breedlove, rêve d’avoir des yeux bleus et finit aveugle, folle et persuadée d’avoir un regard couleur cobalt, grâce à l’opération d’un charlatan noir. « Je m’étais inspirée d’une camarade de mon enfance, explique Toni Morrison au Monde en 2004. A 11 ans, elle ne croyait plus en Dieu, parce qu’elle l’avait supplié pendant deux ans, tous les jours, de lui donner des yeux bleus de petite Blanche. J’avais 32 ans, le silence des femmes noires me semblait assourdissant, jusqu’à l’intérieur de la communauté intellectuelle et militante noire. »
Suivront Sula (1973), Le Chant de Salomon (1977), Tar Baby (1981). Aux Etats-Unis, elle est déjà célèbre quand elle publie Beloved, en 1987, qui obtient un prix Pulitzer. Mais en France, c’est à partir de là qu’elle est vraiment connue, que l’on suivra toutes ses publications futures et que l’on republie ses anciens livres – les rares traductions étaient épuisées. Beloved, l’histoire tragique de Sethe, obsédée par le destin de sa fille, qu’elle a égorgée pour qu’elle échappe à sa condition d’esclave, a été inspirée à Toni Morrison par un article de journal intitulé « Visite à une esclave qui a tué son enfant », d’après un fait divers de 1855 sur une esclave du Kentucky.
Il faut s’arrêter un moment sur son essai de 1992, Playing in the Dark, tiré de ses conférences à Harvard, où l’on retrouve la radicalité de ses analyses et de ses observations : « Je parle de la construction de la blancheur en littérature. Comment la littérature devient “nationale”, comment Melville ou Twain avaient l’idée du Blanc qu’ils étaient en imaginant le Noir : son langage, étrange, différent, presque étranger ; la façon d’associer les Noirs avec certains traits : la violence, la sexualité, la colère ou bien, si c’est un bon Noir, la servilité, l’amour. Ce qui n’a rien à voir avec la réalité, mais qui est la façon dont les Blancs imaginent les Noirs. Par exemple, je l’étudie dans Benito Cereno, de Melville, où le Blanc ne peut pas imaginer que le Noir puisse faire quelque chose d’intelligent. Chez Hemingway (dans En avoir ou pas, Le Jardin d’Eden), Saul Bellow, Flannery O’Connor, Willa Cather, Carson McCullers, Faulkner… ils contemplent des corps noirs afin de réfléchir sur eux-mêmes, sur leur propre moralité, leur propre violence, leur propre capacité d’aimer, d’avoir peur, etc. »
Prix Nobel
Toujours en 1992, Toni Morrison publie un nouveau roman, Jazz, avec succès. L’année suivante, elle obtient le Nobel. Et en 1994, quand sort Paradise, elle a une très mauvaise surprise. Le dernier volet de la trilogie commencée avec Beloved, est plus que fraîchement accueilli par la critique. C’est pourtant son œuvre la plus aboutie et la plus libre. Ceci expliquant peut-être cela.
Quand le livre a été publié en français, en 1998, sa colère n’était pas retombée.« Aujourd’hui, être moderne, c’est un crime ! », disait-elle au Monde. On l’accusait notamment de « ne pas respecter ce qui fonde tout roman véritable, l’unicité de la voix narrative ». « Sans parler de ceux qui me collent l’étiquette “réalisme magique”, évoquant une proximité avec Garcia Marquez, qui n’a aucun sens. “Réalisme magique”, c’est ce qu’on dit quand on ne sait pas quoi dire, pour “littérature non blanche”. » Finalement, elle en riait, avant de reprendre son réquisitoire : « Il y a aussi, chez les critiques, cette manie de dire presque systématiquement “le précédent livre était meilleur”, à laquelle s’ajoute la mode actuelle de juger la personne plutôt que son texte, de prétendre délivrer des vérités définitives sur ce que doit être “un vrai roman”. Or, le roman, c’est le lieu même de la liberté. »
« Le sujet commun de la trilogie Beloved, Jazz, Paradise, expliquait-elle, c’est l’amour. Amour d’une mère pour son enfant dans Beloved, amour romantique dans Jazz, et ici un amour d’ordre spirituel. Je voulais réfléchir sur la différence entre le crime et le péché, entre la culpabilité et le sens de la faute. C’est une démarche morale, plus théologique que judiciaire, bien que ce ne soit pas, à mes yeux, un roman religieux. »
C’est l’histoire, au milieu des années 1970, d’un petit groupe de femmes aux destins contrariés qui ont fini par se rassembler dans une ancienne institution religieuse qu’on désigne comme le Couvent, aux environs de Ruby, une bourgade de l’Oklahoma. Ces femmes vivent seules, en dehors de la communauté de Ruby et sans hommes. Leur simple existence est comme une insulte. Elles doivent disparaître.
« Je ne donne pas d’indications raciales sur ce groupe de femmes. Dans ce pays, c’est mal accepté, commentait Toni Morrison. Aux Etats-Unis, la littérature écrite par desAfricains-Américains est critiquée d’abord d’un point de vue sociologique ou bien elle est vue comme exotique… Serai-je autorisée, enfin, à écrire sur des Noirs sans avoir à dire qu’ils sont noirs, comme les Blancs écrivent sur les Blancs ? Serai-je débarrassée, enfin, de ces comparaisons insensées entre plusieurs livres sans aucun rapport entre eux, sauf d’avoir un auteur noir qu’on rassemble dans une même recension pour conclure : “Celui-ci est le meilleur, parce qu’il propose la vision la plus réaliste des Noirs américains.” Que pensez-vous qu’il arriverait si je proposais à des journaux un article se terminant par : “John Updike est un meilleur écrivain que John Cheever parce qu’il propose une vision plus réaliste des Blancs américains” ? Les rédacteurs en chef s’étrangleraient. »
Regard de l’autre
Elle voulait appeler ce roman War. Son éditeur a jugé que ce n’était pas assez vendeur. Pourtant War convenait mieux à cette combattante somptueuse d’une cause qui ne connaît pas de victoire définitive. Pour son onzième roman God Help the Child (2015), le seul situé à l’époque actuelle, les Français ont préféré le titre de Délivrances. Ce qui est bien le sujet du livre. Comment se délivre-t-on du regard de l’autre ? Comment sort-on de la prison des souvenirs et des traumatismes ? Dès sa naissance, Lula Ann Bridewell est jugée beaucoup trop noire par ses parents à la peau plus claire. Jeune femme, elle se fait appeler Bride et croit avoir réussi. Mais se remet-on d’une enfance dévastée ?
Comment se remet-on d’avoir été une enfant noire dans le ghetto de Lorain ? Comment se remet-on d’être une femme noire dans une société qui n’en a pas fini avec la question raciale ? Toutes ces questions, Toni Morrison n’a cessé de les poser, dans sa vie et dans son œuvre. Et même le prix Nobel « pour son art romanesque (…) qui dresse un tableau vivant d’une face essentielle de la réalité américaine » n’a pas apaisé ses interrogations.
Dates
18 février 1931 Naissance à Lorain (Ohio)
1970 Premier roman, L’Œil le plus bleu
1987Beloved, prix Pulitzer
1993 Prix Nobel de littérature
2015Délivrances
Dans la nuit du 5 au 6 août 2019 Mort à l’âge de 88 ans
CES FEMMES PARLEMENTAIRES SANS ADRESSE MAIL
« Avant je n’étais ni sur Facebook, ni sur Twitter encore moins sur Instagram. Je ne connaissais pas leur utilité même si j’en avais entendu parler. », confesse Fatma Diop, vice-présidente à l’Assemblée nationale
« Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard », disait Louis Aragon. Pour les femmes parlementaires, il n’est jamais trop tard pour se mettre à la page et surtout au digital.
Sous d’autres cieux, les politiques ne se départissent presque jamais de réseaux sociaux comme Twitter, Facebook, Instagram, des blogs personnels et autres directs/live afin de garder un lien continu avec leurs concitoyens. Sous d’autres cieux. Au Sénégal, les femmes parlementaires (certaines pour ne pas tomber dans la généralisation) semblent être les exceptions confirmant la règle. Questionnées lors d’un atelier de formation sur la digitalisation, plusieurs d’entre elles n’avaient pas… d’adresses email. « Avant cette formation, je n’étais ni sur Facebook, ni sur Twitter encore moins sur Instagram. Je ne connaissais pas leur utilité même si j’en avais entendu parler. », confesse Fatma Diop, vice-présidente à l’Assemblée nationale et l’ainée des parlementaires ayant bénéficié de la formation. Aminata Diao Baldé, benjamine des parlementaires a, en revanche, une autre pratique digitale. « En tant que représentante du peuple, je publie des éléments des sessions plénières sur les réseaux sociaux (Facebook et WhatsApp). Ainsi j’informe les populations de ma localité ainsi que mes amis sur ces canaux », confie la jeune député du département de Vélingara.
Si parmi les 45 femmes parlementaires, la majorité a un compte Facebook, très peu d’entre elles connaissait l’utilité de Twitter, très utilisé par les personnalités publiques car c’est le réseau social d’influence par excellence. Twitter est créé depuis mars 2006. « Ces ateliers nous ont permis de créer, nous mêmes, le site du collectif des femmes parlementaires. La méconnaissance des outils technologiques est un obstacle à notre travail », reconnaît Sira Ndiaye, chargée de la communication du réseau des femmes parlementaires. Présente presque sur tous les réseaux sociaux, elle milite pour « des parlementaires de leur époque ».
PAR MARINA BINTA KABOU
UNE JOURNÉE À INSCRIRE DANS L'AGENDA DES DÉFENSEURS DES DROITS DE LA FEMME
Le 31 juillet a été consacré Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA). Une date historique, une journée de haute facture, mais qui, malheureusement, demeure méconnue
Le 31 juillet a été consacré Journée Internationale de la Femme Africaine (JIFA). Une date historique, une journée de haute facture, mais qui, malheureusement, demeure méconnue. En effet, contrairement à la journée du 08 Mars, Journée Internationale de la Femme, célébrée partout à travers le monde avec une forte mobilisation, la célébration de la JIFA ne suscite pas le même engouement, particulièrement dans les pays africains.
L ’idée d’une JIFA serait née à Dar Es Salam en 1962, à l’initiative de AOUA KEITA , militante et première femme députée malienne. Après les indépendances, malgré les différences ethniques et linguistiques, les femmes de tout le continent africain ont senti la nécessité de conjuguer leurs forces, de travailler en synergie autour d’un idéal commun notamment celui de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la femme africaine et à son émancipation. C’est ainsi qu’elles se sont rencontrées pour la première fois à Dar Es Salam au Tanganyika, actuelle Tanzanie, le 31 juillet 1962. Elles ont mis en place la première organisation de femmes africaines dénommée « la Conférence des Femmes Africaines », laquelle, deviendra « l’Organisation Panafricaine des Femmes (OPF) ».
Suite à cette rencontre, la JIFA a été promulguée par les Nations Unies en 1962, avant d’être officiellement consacrée le 31 juillet 1974, lors du premier Congrès de l’Organisation panafricaine des femmes à Dakar . Depuis cette date, du chemin a été parcouru par les femmes. En Afrique, des femmes ont marqué l’histoire par le rôle important qu’elles ont eu à jouer au sein de leurs pays.
Les femmes, affichant de plus en plus, un leadership avéré, sont de plus en plus déterminées, à travers un combat constant, à satisfaire cette ambition légitime de pouvoir contribuer à la consolidation de la démocratie et au développement durable de leur pays. Elles font preuve d’audace et se donnent les moyens de faire des études supérieures pour pouvoir prétendre à des postes de responsabilité. Elles briguent des postes de présidentes, ministres, chefs d’entreprise, agricultrices, chefs de service, etc.
Elles s’imposent dans l’échiquier politique, en se frayant un chemin dans les instances de décision. Autant de responsabilités qu’elles conjuguent avec une vie d’épouse, de mère et de femme leader . De 1974 à nos jours, les droits des femmes en Afrique semblent connaitre une évolution majeure. A l’instar de la communauté internationale, les Etats africains ont adopté, dans le cadre de l’OUA, actuelle UA, de nombreux instruments régionaux dans le but de protéger les femmes. Il s’agit notamment : du protocole additionnel à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des peuples relatifs aux droits des femmes en Afrique, communément appelé « Le Protocole de Maputo », adopté le 11 juillet 2003 par l’Union Africaine à Maputo, au Mozambique et entré en vigueur en novembre 2005. de la Déclaration Solennelle pour l'Egalité de Genre en Afrique adopté par les Chefs d’Etat et de Gouvernement des Etats membres de l’Union africaine, en Juillet 2004 à Addis Abeba (Ethiopie) de la Charte africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance adopté le 30 janvier 2007 -du Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux personnes âgées adopté le 31 janvier 2016 ainsi que -du protocole relatif aux personnes vivant avec un handicap.
Au chapitre de ces avancées, on peut également citer l’Acte additionnel relatif à l’égalité de droits entre les femmes et les hommes pour le développement durable dans l’espace CEDEAO, adopté le 19 mai 2015 lors de la 47ème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement tenue à Accra au Ghana. Nombre de ces textes cités ont été signés et ratifiés par beaucoup d’Etats africains, dont le Sénégal.
En effet, il faut noter qu’au Sénégal des avancées significatives ont été enregistrées à travers l’adoption de plusieurs lois et décrets dans différents domaines. Il s’y ajoute la mise en place de plusieurs programmes et politiques contribuant à l’autonomisation des femmes tels que le Plan d’Action National de lutte contre les VBG , la Stratégie Nationale pour l’Equité et l’Egalité de Genre (SNEEG 1 et 2) entre autres .
Toutefois, cet arsenal juridique aussi bien laborieux que propice, ne semble pas suffire pour assurer une effectivité des droits des femmes. Ces dernières font encore l’objet de nombreuses discriminations émanant de considérations socio-culturelles, mais aussi parfois des lois nationales. Les femmes sont toujours sous représentées dans les instances de décisions. Elles sont les principales victimes des violences basées sur le genre.
Il est donc urgent et important de rallumer la flamme des femmes africaines qui ont été à l’origine de la JIFA.Chaque année, cette journée devrait être l’occasion de faire le bilan de l’effectivité des droits des femmes en Afrique. Elle permettrait de maintenir perpétuellement allumée cette flamme de l’engagement, du dévouement et du leadership des femmes et des filles africaines, afin qu’elles puissent relever tous les défis que la promotion et la défense de leurs droits sur le continent leur imposent. Le 31 juillet, une date donc à retenir et à inscrire dans l’agenda des acteurs de promotion des droits des femmes !!!
LES MÉDIAS INVITÉS À REVOIR LEURS COPIES
C’est à ce douloureux constat qu’est parvenue Codou Loum au terme du diagnostic qu’il faisait hier du traitement de l’information concernant les violences faites aux femmes.
Prévenir la violence et promouvoir l’égalité des sexes par le biais des medias, c’est le but recherché par l’unesco qui, en collaboration avec l’ambassade d’espagne et le rif, a lancé la campagne contre les violences basées sur le genre. ainsi, la présidente du rif a appelé les medias à changer de perception dans le traitement qu’ils font des violences faites aux femmes.
«C’est une thématique qui est généralement traitée par les medias sénégalais dans la page des faits divers». C’est à ce douloureux constat qu’est parvenue Codou Loum au terme du diagnostic qu’il faisait hier du traitement de l’information concernant les violences faites aux femmes. Son ambition est de corriger, avec le concours de l’Unesco, cette démarche des médias en travaillant directement avec les écoles de formations en journalisme comme le Cesti, l’Iseg et l’Etica. Pour elle, cela permettra de partir d’une approche basée sur les droits humains. Ce sera aussi l’occasion pour l’Unesco d’aider les étudiants pour qu’ils aient une autre perception de la violence faite aux femmes.
Face à des étudiants en journalisme qui ont présenté des reportages sur les maltraitances faites aux femmes, Mme Codou Loum pense que désormais le traitement sur ces questions prendra une autre priorité. «Les gens n’ont plus le droit de se taire», dit-elle .
Le directeur régional de l’Unesco, Dimitri Sanga, va plus loin que soutenant que la thématique liée aux violences faites aux femmes touche non seulement le Sénégal mais aussi la plupart des pays africains. «Les chiffres sont très édifiants, 35% des femmes en 2017 ont dit avoir été victimes de violences faites aux femmes», dit-il tout en précisant que ces violences sont, en général, commises dans le milieu familial. Esquissant des pistes de solutions, il considère que ces questions ne peuvent être réglées que quand toutes les couches seront sensibilisées.
Représentante du ministre de la Femme, Mme Ndèye Fatou Ndiaye souligne que les statistiques montrent que 24% des femmes qui ont subi des violences sont allées vers les services compétents pour les déclarer. Pour montrer l’ampleur du phénomène, elle informe qu’il y a eu, l’année dernière, 600 cas de viol.
Selon une étude menée par le Bureau des Nations Unies sur la drogue et la Criminalité (Unodc) publiée en 2017, plus de la moitié des femmes assassinées dans le monde ont été tuées par leur compagnon ou des membres de leur famille. D’après le rapport, le domicile familial est l’endroit le plus dangereux pour une femme. D’après l’étude, six femmes sont tuées toutes les heures par quelqu’un qu’elles connaissent.
LA RÉPRESSION SEULE NE SUFFIRAIT PAS POUR ENDIGUER LE PROBLÈME
La présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Aminata Touré, a exprimé mardi le souhait que la prévention soit érigée en ‘’stratégie’’ de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.
Dakar, 30 juil (APS) - La présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Aminata Touré, a exprimé mardi le souhait que la prévention soit érigée en ‘’stratégie’’ de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.
’’La répression seule ne suffirait pas pour endiguer le phénomène des violences faites aux femmes et aux filles. Il faudrait penser à ériger la prévention en stratégie’’, a proposé Mme Touré.
Elle intervenait à la première session extraordinaire du CESE pour cette année, au siège de ladite institution.
Aminata Touré a demandé à la ministre Ndèye Sali Diop Dieng, chargée de la Femme, de la Famille et du Genre, de privilégier la ’’prévention’’, le ’’soutien’’ et l’’’accompagnement’’ des victimes de cette forme de violence.
Le CESE a démarré cette session par l’audition de la ministre de la Femme. D’autres ministres seront auditionnés par les conseillers.
L’audition de Mme Dieng portait sur "la protection et la prise en charge des femmes et filles victimes de violences sexuelles ou sexistes".
Les conseillers et la ministre de la Femme ont également discuté du ’’partage des expériences, des bonnes pratiques et des nouvelles orientations de l’État pour la prévention des violences faites aux femmes et aux filles’’.
Des militants de la société civile et des organisations de défense des droits de l’homme étaient présents. Ils ont remis à la présidente du CESE des mémorandums sur les violences sexuelles ou sexistes.
Aminata Touré estime que le thème de l’audition de la ministre de la Femme est d’‘’intérêt général’’. C’est un sujet ’’que l’on doit prendre très, très au sérieux’’, dit-elle.
Mme Touré a aussi invité tous les citoyens à être des ‘’protecteurs’’ des couches affectées par cette forme violence dont les garçons sont en train de devenir une cible, selon elle.
Aminata Touré dit avoir constaté que les hommes contribuent à la lutte contre les violences sexuelles ou sexistes en mettant en place des ‘’plateformes’’ dédiées à cette cause.
Le CESE sera plus ’’ouvert’’ aux organisations de la société civile, qui ont réclamé que des mesures ’’urgentes’’, ’’fortes’’ et ’’efficaces’’ soient prises contre ces violences qui débouchent quelquefois sur des ‘’meurtres’’.
Ndèye Sali Diop Dieng a dévoilé les ‘’stratégies’’ mises en place par son ministère en vue de l’‘’éradication’’ ou de la ’’réduction’’ de cette forme de violence.
Selon Mme Dieng, les violences sexuelles ou sexistes doivent faire l’objet d’‘’une réponse multisectorielle et proactive’’.
’’La mémoire collective garde encore, selon les documents disponibles, les cas de violence basés sur le genre les plus médiatisés, avec ou sans viol suivi de meurtre’’, a souligné Ndèye Sali Diop Dieng.
Elle a ainsi rappelé les cas de Doki Niass, battue à mort en mars 1992, de Bineta Camara, qui a succombé à cette forme de violence cette année, à Tambacounda (est), et de Fatoumta Makhtar Ndiaye, vice-présidente du Conseil économique, social et environnemental, tuée chez elle à Pikine, dans la banlieue de Dakar en 2016.
’’Seulement 24 % des victimes font recours à la justice’’, révèle-t-elle, déplorant la faiblesse de ce pourcentage.
Les résultats de l’audition de la ministre de la Femme seront compilés dans un document qui sera remis au président de la République, Macky Sall, et aux responsables des organisations intervenant dans la lutte contre les violences sexuelles ou sexistes, selon Aminata Touré.
Les ministres Amadou Hott, chargé de l’Economie, du Plan et de la Coopération, et Dame Diop, chargé de l’Emploi, de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat, seront également auditionnés lors de cette session.
FAUX, LES FEMMES NE PORTENT PAS L'ADN MASCULIN DE TOUS LEURS PARTENAIRES SEXUELS
Rédigé sur un ton alarmiste, un article du site Elishean au Féminin explique « la présence d’ADN masculin dans le cerveau des femmes » par le fait que "le sperme est vivant" - Un fait jugé impossible par plusieurs spécialistes
L’auteur de l’article dit s’être basé sur une étude que des universitaires américains ont effectuée sur le cerveau de plusieurs femmes.
Rédigé sur un ton alarmiste, l’article explique « cette présence d’ADN masculin dans le cerveau des femmes étudiées » par le fait que « le sperme est vivant. Ce sont des cellules vivantes. Quand il est injecté en vous, il nage encore et encore jusqu’à ce qu’il s’effondre dans un mur, puis se jette dans votre chair. Si c’est dans votre bouche, il nage et grimpe dans vos passages nasaux, l’oreille interne et derrière vos yeux. Puis il creuse. Il entre dans votre flux sanguin et s’accumule dans votre cerveau et votre colonne vertébrale ».
Et de conclure : « Comme quelque chose d’un film de science-fiction, cela devient une partie de vous et vous ne pouvez pas vous en débarrasser. Nous commençons maintenant à comprendre tout le pouvoir et les conséquences des rapports intimes ».
Consulté plus de 200 mille fois sur le site elishean-aufeminin.com et repris par plusieurs sites comme le magazine en ligne AfrikMag qui l’a partagé sur sa page Facebook, générant des centaines de commentaires et des dizaines de partages.
Le transfert de l’ADN masculin par voie sexuelle pas mentionné dans l’étude
« Microchimérisme masculin dans le cerveau humain féminin », l’étude sur laquelle le site s’est basé pour faire cette affirmation, a été publiée pour la première fois, en septembre 2012 sur Plos One, une revue scientifique américaine.
Pour expliquer cette présence d’ADN mâle dans le cerveau des femmes, le document indique que cette situation est généralement causée par plusieurs facteurs que sont l’échange de cellules entre un fœtus mâle et sa mère au cours d’une grossesse antérieure, un avortement que la femme ignorait, un jumeau mâle qui a disparu, un frère aîné transféré par la circulation maternelle, ou tout simplement par transfusion sanguine non irradiée.
On remarque que le transfert de l’ADN masculin par voie sexuelle n’a pas été mentionné dans l’étude.
Pr Ndiaye Diallo ajoute que « l’ADN, est ce qui permet à un être vivant d’être. C’est l’ADN qui va contenir tout ce qu’il faut pour former un être vivant. S’il n’y pas d’ADN, il n’y a pas de vie ».
Le Cancer Research UK, un organisme britannique qui finance la recherche sur le cancer, repris par l’Agence France Presse à travers une vidéo explicative va plus loin : « C’est une molécule héritée de nos parents qui se présente enroulée comme sur une bobine. Démêlée, elle ressemble à un escalier en colimaçon ».
« On le trouve dans le centre de chaque cellule appelé le noyau. Elle est composée de gènes qui contiennent les instructions nécessaires à la fabrication de protéines qui sont des molécules qui constituent et réparent le tissu du corps humain », nous apprend la vidéo.
Un seul défaut (une mutation) dans le code contenu dans l’ADN, peut engendrer des maladies comme le daltonisme. « Par contre, des maladies comme le cancer ou l’Alzheimer sont parfois le résultat de plusieurs mutations », est-il souligné.
Les spermatozoïdes ne peuvent pas aller dans le sang
La taille des spermatozoïdes qui est de l’ordre du micron (mesure de longueur valant un millionième de mètre selon le Larousse), rend impossible selon Pr Ndiaye Diallo, leur passage dans le sang.
« Avec cette taille-là, ils ne peuvent pas traverser l’épithélium vaginal et arriver jusqu’au sang. C’est pratiquement impossible », dit-elle.
La seconde hypothèse émise, par le site pour justifier la présence d’ADN mâle dans le cerveau des femmes, est l’absorption par voie buccale.
Ce qui n’est toujours pas possible dans la mesure où « de la bouche jusqu’au sang, il y a un certain nombre de processus biochimiques qui vont se passer et qui peuvent faire que les spermatozoïdes n’arriveront pas à libérer leur ADN pour que ce dernier puisse traverser toutes les barrières jusqu’à arriver au niveau du sang », explique la biologiste.
Professeur à l’Ecole de médecine et de santé publique du Wisconsin aux Etats-Unis, Janis Tupesis est plus catégorique : « Je peux dire sans réserve que c’est 100 % faux, ce scénario n’est pas plausible », martèle-t-il.
Conclusion : la déclaration est fausse
Un article du site Elishean au Féminin, publié en 2017 et récemment remis au goût du jour, indique que « les femmes portent l’ADN masculin de tous ceux avec qui elles ont eu des rapports intimes ».
L’auteur de l’article dit s’être basé sur une étude que des universitaires américains ont effectuée sur le cerveau de plusieurs femmes.
Mais ladite étude n’a pas mentionné la relation sexuelle comme pouvant être une raison de la présence d’ADN dans le cerveau de certaines femmes.
La biologiste Rokhaya Ndiaye Diallo, affirme que c’est pratiquement impossible vu la dimension des spermatozoïdes qui sont de la taille d’un micron.
Janis Tupesis, Professeur à l’Ecole de médecine et de santé publique du Wisconsin aux Etats-Unis est du même avis que la biologiste sénégalaise.
LE SEXE EST-IL UNE CUISINE ?
Afin de retenir leurs hommes, les femmes, astucieuses à souhait, sont prêtes à tous les subterfuges. Même à introduire des produits nocifs dans leur intimité. Un nouveau concept «jongué» qui risque de créer à long terme, un réel problème de santé public
AICHA FALL & NDEYE FATOU SECK |
Publication 24/07/2019
Un soir de dispute derrière la porte de la chambre conjuguale, à portée de voix de la «awo», il lui avait crié : «J’ai l’impression de coucher avec un homme. Je n’ai plus aucune sensation. Ton vagin est trop large.» Maty en avait pleuré les larmes de son corps, meurtrie en seulement un an de mariage. Depuis, elle est entrée dans une colère froide et folle. De celle qui prend le temps de mariner au fond de l’âme. Et qu’on apaise que par une vengeance. Elle avait d’abord commencé par en parler avec quelques amies pour diagnostiquer le problème, puis avait frénétiquement cherché dans l’Internet le remède à la béance vaginale. «Vous serez surpris par le nombre de recettes qui existent pour resserer le vagin», chuchote-t-elle, en jetant un œil avide sur un gros citron jaune disposé sur un étal de produits pour femmes «jongué» au marché Hlm de Dakar, un lieu grouillant de vies et d’affaires. Ça et là de la table, du miel, du karité, de l’oseille de Guinée, du gingembre, des cristaux de menthe, des mixtures et des poudres de toutes les couleurs que la vendeuse, une femme de forte corpulence au teint incertain et au maquillage ocre, manipule en faisant des gestes discrets vers le bas-ventre. D’abord, ces produits sont faits pour la gastronomie. Mais pour les initiées comme Maty, il y a là tout un arsenal pour rendre «saf» (épicé) le sexe. Emmitoufflée dans un large voile aubergine, elle essaie de se fondre dans le décor de la rue. Vingt-cinq ans, visage harmonieux éclairé par deux grands yeux en amande, elle aurait pu être d’une grande beauté si elle s’était laissée aller à quelques coquetteries. Mais, les traits encore durcis par l’insulte de son mari, la jeune épousée est toute à son désir de prendre sa revanche sexuelle, quitte à transformer son vagin en cuisine. Au menu ce soir, une toilette intime d’eau citronnée suivie d’un suppositoire à base de karité et de miel, devrait permettre à son homme de déguster et d’en redemander. Et à son mariage de se stabiliser. C’est l’assurance de nombreuses Sénégalaises qui ont fini de transformer le vagin en cuisine, selon la nouvelle conception de l’art du «jongué».
Un plateau de condiments pour l’excitation, le bon goût ou le rafermissement vaginal
Une après-midi calme, dans une ruelle calme de la périphérie de Grand-Dakar, dans une maison calme. Assises au milieu d’un salon au style baroque, quatre jeunes dames discutent autour d’un plateau de produits. De temps en temps, des rires coquins troublent l’atmosphère privée de la rencontre. «J’entends souvent les femmes dire qu’elles ont un problème de sécheresse vaginale, mais moi, c’est le contraire. Mon problème est surtout comment donner un goût sucré à mon fluide», rigole Mame Marie en soupesant un pot de poudre blanc crème. C’est le produit numéro 3 du plateau, un mélange de sucre glace et de plantes naturelles censé faire mouiller et conférer une bonne odeur au vagin. C’est ce que dit la vendeuse, une jeune femme volubile, à la locution parfaite et à l’art de la persuasion consommé. Sa manière de placer sans l’air d’y toucher son métier dans l’agro-business, ses mises en garde répétitives contre la destruction de la flore vaginale, la mise en évidence de sa propre personne comme cobaye pour chaque produit, concourrent à rassurer les clientes et endormir leurs méfiances sur les composants et les dosages distillés. D’ailleurs, celles qui arrivent jusqu’ici n’en sont plus à ces détails. Pour l’essentiel, la clientèle est composée d’épouses désespérées par le manque d’appétit sexuel de l’époux. Dans un sursaut, elles viennent là pour sauver leur mariage. Et sont, pour la plupart, prêtes à tout essayer. À tout incorporer dans la chaleur de leur intimité pour le plaisir de leur partenaire. De la canelle, du sucre glace, du sel fin, de l’ail, de la menthe, du nep-nep, du gingembre, du miel, de la poudre de gowé, de la poudre de « ndir »… Au départ, Mame Marie, mariée depuis 5 ans, ne s’intéressait pas vraiment à cette cuisine d’un autre genre, mais depuis son accouchement l’année dernière, elle a senti un changement dans la manière dont son mari fuit les relations sexuelles. Sujette à de multiples infections, elle apprend, sur les groupes de femmes sur Facebook, à utiliser l’ail comme antifongique en l’insérant, le temps d’une nuit, au fond du vagin. «L’odeur était encore pire et mon mari n’a pas voulu m’approcher», se rappelle-t-elle avec dégoût au milieu de la conversation des «pour ou contre» dans le salon. Les ovules à base de karité et de nep-nep ont marché pour un temps, mais elles étaient trop salissantes pour les draps. En désespoir de cause, elle a atterri dans cette vente privée avec l’idée d’en repartir avec le produit numéro 3. Mais la vendeuse a tant et si bien vanté la qualité de ses condiments qu’elle s’est retrouvée avec toute une panoplie à tester pour l’excitation, le bon goût ou le rafermissement vaginal. Le secret de l’hôtesse est aussi simple que sournois. Elle insiste sur le côté bio de ses produits alors qu’aucune étiquette n’est visible sur les pots. Elle déconseille vivement toute incorporation dans le vagin alors que le produit numéro 10, fait dans une étrange mixture indéfinissable, est à cet effet. Et enfin, elle distille avec détermination et assurance des dosages qui sortent de nulle part. Elle dit sur le produit 5 : «Ce sont des écorces à faire en bain de siège avec 3 cuillérées de karité et de miel purs. Je vous conseille d’avoir un téléphone bien chargé pour faire passer les 45 minutes. Ça enlève les infections, les impuretés et ça adoucit l’intérieur du vagin.» Elle compterait même des Toubabs dans sa clientèle. Ce qui explique peut-être les prix exhorbitants. Alors qu’un sachet de poudre de «nep-nep» est vendu 200 FCfa dans les commerces habituels, le petit pot s’échange ici à 2 000 FCfa. Pareil pour le miel vendu à 1 000 FCfa pour un sachet de 20g ou encore le sachet de feuilles de «djeka» qui passe de 500 FCfa sur le marché, à 2 000 FCfa chez cette vendeuse. Des prix qui peuvent friser la folie lorsqu’ils sortent du cadre privé pour se retrouver exposer en boutique.
Des prix exorbitants
Posée sur une grande artère de la Patte d’Oie, cette boutique d’articles coquins est assez connue des femmes de Dakar. Exposés sur des étagères, des nuisettes affriolantes, des strings en bonbons, des sextoys, des tenues de policière, d’infirmière, des menottes et tout produit censé agrémenter le lit conjugual. Ici, les articles pour le vagin, telles les boules brésiliennes, les huiles chauffantes, le resserre-vaginal, sont soigneusement emballés et la vendeuse veille au grain. Contrairement aux ventes particulières et à leur origine inconnue, cette boutique surfe sur la vague du fournisseur officiel pour garantir à ses clientes des résultats sans conséquences. Même si là encore, les composants affichés sous forme de formules mathématiques, sont difficilement identifiables. Le moindre article ici se négocie à plus de 10 000 FCfa pour une utilsation à court terme. Des prix qui ne découragent apparemment pas la clientèle. «La plupart des produits pour le vagin sont en rupture, mais on en recevra la semaine prochaine», confie la commerciale. De manière générale, les femmes qui s’adonnent à la cuisine du vagin sont aussi peu regardantes sur les prix que les effets secondaires sur leur santé dans le long terme.
Une explosion de cancers gynécologiques d’ici 20 ans
A la clinique Nest, sise sur la Vdn, où le docteur Abdoulaye Diop, gynécologue, reçoit ce mercredi, l’ambiance est sereine. Dans la salle d’attente, un couple patiente, tandis que la secrétaire pianote sur le clavier de son ordinateur. Le calme ambiant est interrompu par l’irruption de Abdoulaye Diop. L’homme déboule comme un feu follet. Il est speed et a un emploi du temps millimétré. «C’est vous les journalistes ? Faites vite, mesdames. Je dois démarrer mes consultations de l’après-midi», embraie-t-il dès qu’il nous voit. Boule d’énergie, le gynécologue, fourré dans une chemise bleue sur un pantalon kaki marron, accueille dans son cabinet de consultation. Habitué à faire des lives sur les réseaux sociaux, Abdoulaye Diop, gynécologue, a toujours délivré des messages d’alerte pour prévenir et donner des conseils aux femmes afin qu’elles puissent lutter et prévenir efficacement les infections vaginales. D’ailleurs, il est le concepteur du hashtag #le vagin n’est pas une cuisine#. Un coup de gueule énoncé alors qu’il échangeait en direct avec ses patientes. «Ce jour-là, la conférence live portait sur les pertes blanches et beaucoup de femmes m’ont interpellé pour savoir ce qu’étaient les pertes blanches normales et celles pathologiques. Des questions revenaient en boucle comme : est-ce qu’il était bon, pour lutter contre les pertes blanches et les mauvaises odeurs vaginales de même que pour avoir un vagin ferme, d’utiliser des produits naturels comme de l’ail, du persil, des ovules de karité avec du miel et du sel, du gingembre, des feuilles de menthe et du ‘’nep-nep’’ (acacia nilotica). C’est hallucinant. Et là, j’ai explosé pour leur dire d’arrêter ! Le vagin n’est pas une cuisine !» Le mot est lâché et le hashtag lancé. Car, pour Dr Diop, les condiments de la cuisine ne sont pas destinés à être insérés dans les parties intimes. Des pratiques de la pharmacopée traditionnelle aux conséquences désastreuses comme les infections à répétition et les cancers qui ont connu une évolution fulgurante ces dernières années. A ce titre, le Fonds mondial, lors du lancement de la campagne de vaccin contre le Virus du papillome humain (Hpv), en 2018, a classé le Sénégal parmi les 20 pays au monde où le taux de cancer du col de l’utérus est le plus élevé. Chaque année, quelque 1 482 cas sont recensés et 858 n’en réchappent pas. Une situation alarmante qui pousse Dr Diop à multiplier les campagnes de sensibilisation, mais surtout à réitérer son alerte : «Stop, le vagin n’est pas une cuisine !» Surtout que ces produits dits naturels ne font d’effet que pour un temps donné. Sur le long terme, les femmes qui l’utilisent s’exposent à un déséquilibre de la flore vaginale et à des infections aggravées. Abdoulaye Diop : «Si on veut avoir une sensation de resserrement du vagin en utilisant de la menthe ou du gingembre, la physiologie de ces produits va créer une concentration des vaisseaux sanguins et forcément une sensation d’étroitesse du vagin. Mais l’effet est passager et entraîne une destruction de la flore vaginale. Cette destruction associée à une infection à Hpv est la porte ouverte au cancer.» Poursuivant, il enchaîne : «Sur 10 femmes qui viennent en consultation pour pertes blanches, au moins deux d’entre elles ont mis quelque chose qu’elle n’aurait pas dû mettre dans le vagin. Chaque semaine, j’en reçois 4 ou 5. Cela devient un problème de santé publique et cela devient même alarmant. Il y a une augmentation drastique du nombre d’infections vaginales.» Aussi, le docteur alerte sur les conséquences sanitaires d’ici 20 ans. «Cette génération de femmes qui utilisent ces produits dits naturels s’exposent, d’ici 20 ans, à plein de cancers gynécologiques. On aura beau faire des campagnes de sensibilisation et de vaccination, si elles continuent à agresser le vagin, les capacités de récupération et de cicatrisation du vagin seront dépassées. Et là, ce sera la porte ouverte à la dysplasie (malformation ou déformation résultant d’une anomalie du développement d’un tissu ou d’un organe, qui survient au cours de la période embryonnaire ou après la naissance).» Une femme avertie…
L’avis des hommes : Sans artifice, le plaisir dure plus longtemps !
«Vous aurez beau mettre tous les condiments de la cuisine dans le vagin, si votre homme veut aller voir ailleurs, il le fera. Ces astuces ne retiennent personne et causent plus de problèmes qu’elles n’en règlent. C’est une sorte de naïveté que certaines femmes ont.» L’argumentaire fait office de profession de foi. Il émane d’un homme averti et renseigne sur l’appréciation que la gent masculine se fait des astuces sexuelles utilisées par les femmes pour pimenter leur vie de couple et, par la même, fidéliser leur homme. Boubacar Hanne est marié depuis trois ans. Mais l’homme, qui savoure encore les délices de la vie de couple, ignore tout des produits utilisés par les femmes pour pimenter leur vie de couple. Avec ce jeune marié, le langage est de connivence. «Franchement de ma nuit de noce à aujourd’hui, je n’ai jamais prêté attention à ces astuces. Je ne saurais vous dire si mon épouse les utilise ou pas, parce que je ne sens aucune différence. Je ne m’attarde même pas sur ça. Mon but est autre», lance-t-il, dans un sourire entendu. Moustapha Sarr est d’un autre avis. Ce trentenaire, cadre dans une entreprise de la place, lui, l’a senti passer cette nuit où sa femme a testé des artifices de nuit. «C’était au bout de 2 ans de mariage. Cette nuit-là, madame a utilisé des feuilles de menthe et j’ai senti une petite différence, mais de moindre importance. Franchement, s’il s’agissait de choisir, moi je préfère sans ces produits. Parce que sans artifices, le plaisir dure plus longtemps.» Avis d’expert ?
"ATLANTIQUE" DE MATI DIOP AU GRAND THÉÂTRE DE DAKAR, LE 2 AOÛT
Le Grand Théâtre de Dakar va accueillir le 2 août prochain, à 19 h 30, une projection en "avant-première nationale" du film "Atlantique" de la réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop, lauréate du Grand Prix du Festival de Canne
Dakar, 22 juil (APS) – Le Grand Théâtre de Dakar va accueillir le 2 août prochain, à 19 h 30, une projection en "avant-première nationale" du film "Atlantique" de la réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop, lauréate du Grand Prix du Festival de Cannes (France), selon un communiqué parvenu à l’APS.
Le texte reçu de la maison de production sénégalaise "Cinékap" annonce aussi le séjour au Sénégal de la cinéaste franco-sénégalaise, de ce 22 juillet au 19 août prochain.
Mati Diop et d’autres lauréats du Festival de Cannes 2019 seront reçus par le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, mardi à 12 h 30, selon un communiqué de la Direction de la cinématographie du Sénégal.
Une projection du film "Atlantique" aura lieu à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, le 5 août. La séance de projection sera suivie d’un débat dirigé par l’économiste et écrivain Felwine Sarr et le professeur Bada Ndoye, en présence des étudiants.
Des projections en plein air du même film sont prévues à Thiaroye (banlieue de Dakar), le 6 août, à La Médina, à Dakar, le 7 août, puis aux Parcelles Assainies et à Yoff (banlieue de Dakar), le 8 août.
"Atlantique", le premier long métrage de Mati Diop, revient sur la migration irrégulière et ses nombreuses morts causées par des naufrages en mer Méditerranée, empruntée par les migrants africains pour atteindre l’Europe.
Entre fiction et fantastique, "Atlantique" donne la voix aux femmes dirigées par l’héroïne Ada, amante de Souleimane, qui est mort en traversant l’océan Atlantique.
"J’ai voulu dédier ce film à une certaine jeunesse, d’abord celle disparue en mer dans l’Atlantique en voulant rejoindre l’Espagne. Et j’ai voulu aussi rendre hommage à cette jeunesse d’aujourd’hui vivante, pleine de vie", avait dit Mati Diop, le 16 mai dernier, à la fin de la projection du film à la 72e édition du Festival de Cannes.
De son court métrage "Atlantiques" (2010) au long métrage "Atlantique" (2019) en passant par son documentaire "Mille Soleils" (2013), Mati Diop évoque "un même mouvement" par lequel elle essaie d’investir et d’apprendre, de découvrir, d’interroger son pays, le Sénégal, qui la "fascine" et la "déçoit" tout à la fois.
VIDEO
ET SI DIARRY SOW, LA MEILLEURE ÉLÈVE DU SÉNÉGAL VOUS ÉTAIT CONTÉE !
Une fille de 17 ans qui déjoue depuis 2 ans les statistiques aux examens et concours et impose son leadership dans le milieu scolaire Sénégalais - Rencontre avec ses parents pour comprendre son histoire et son amour pour les études
Le nom de Diarry Sow renvoie forcément à l’excellence. Une fille de 17 ans qui déjoue depuis 2 ans les statistiques aux examens et concours et impose son leadership dans le milieu scolaire Sénégalais. Du cycle primaire au lycée scientifique d’excellence de Diourbel, elle a toujours survolé les classements aux examens et concours auxquels elle participe, impossible de lui arriver à la cheville.
En plus du culte de l’excellence qu’elle a choisi comme cheval de bataille, la jeune fille a du compter sur le soutien inconditionnel de ses parents qui ont su, dès le bas âge, lui inculquer le courage, l’espoir et la confiance en soi, autant de valeurs qui sont les prémices puissantes de la réussite.
igfm.sn a rencontré les parents de Diarry pour comprendre l’histoire de cette dernière et son amour pour les études.
POPENGUINE, LÀ OÙ DES AMAZONES DÉFENDENT L'ÉCOLOGIE
Connue pour sa Vierge noire, auprès de laquelle les fidèles catholiques se rendent en pèlerinage, la ville est aussi le lieu d'une réserve naturelle reboisée et préservée depuis 1986 par des femmes pas comme les autres
Le Point Afrique |
Jane Roussel |
Publication 17/07/2019
Au cœur de Popenguine trône la plus vieille église chrétienne du Sénégal. Sa renommée s'est construite tout particulièrement autour de la Vierge noire, que le pape en personne est venu bénir et auprès de laquelle, depuis cent trente ans, les pèlerins se pressent le lundi de Pentecôte. En dehors de cela, le petit village, situé sur la Petite Côte, au sud de Dakar, semble tout à fait ordinaire. Avec ses échoppes en bord de la route, ses vendeurs à la sauvette, ses rues en terre battue, Popenguine ne se distingue pas des autres bourgades autour.
C'est en s'approchant de l'océan Atlantique qui la borde avec ses vagues roulantes que l'on découvre une de ses particularités : une falaise dans les tons ocre, unique en son genre dans la région. C'est là, perchée au-dessus, que s'étend sa réserve naturelle, un espace unique tiré de la déshérence par une initiative de femmes. C'est là un véritable trésor pour Popenguine, un trésor qui s'est bâti petit à petit contre la logique de décennies de déforestation provoquée par des habitants à la recherche de bois de chauffe. De quoi se rappeler cet épisode de la fin des années 1980, quand des femmes du village se sont levées pour initier une autre dynamique.
Quand Popenguine renoue avec son histoire marquée par des femmes
Toute l'histoire de Popenguine s'est construite autour de ses figures féminines. Sa Vierge noire, d'abord, sa figure protectrice surnommée « génie » Coumba Cupaam, qui aurait même donné son nom au village : Popenguine viendrait de « bopp » et « jinn » en wolof, qui signifie tête et, par extension, visage de génie. Aujourd'hui, c'est autour de sa réserve naturelle prise en charge en 1986 que les femmes marquent le village de leur empreinte.
Katy Ndione, actuelle cheffe de la zone protégée, se souvient : « Un jour de 1986, en allant chercher de l'eau avec un groupe de femmes, nous sommes tombées sur des agents des parcs nationaux dans la forêt de Popenguine. On leur a demandé ce qu'ils faisaient. Ils nous ont répondu On plante des arbres. Alors, nous leur avons dit : Pourquoi pas nous ? »
Et de reprendre en expliquant le contexte, et ce triste constat : « On s'était déjà rendu compte qu'il y avait un problème avec notre brousse. On savait que c'était de notre faute si les réserves venaient à manquer, mais on ne savait pas quoi faire. Quand on a rencontré les agents de parcs nationaux, on a tout de suite été partantes. » Après une réunion au village pour proposer aux autres personnes de les aider à retrouver leur forêt d'origine, un regroupement d'une centaine de femmes s'est formé. À l'origine, le projet est mené par Woulimata Thiaw, suivie de 128 femmes, et un seul homme. À la question de savoir pourquoi les hommes ne participent pas à l'initiative, Katy Ndione sourit et raconte les nombreux obstacles qui se sont dressés sur leur chemin.
Se prendre en main malgré le scepticisme des hommes
Comme elles n'ont à l'époque aucun savoir en la matière, elles passent de nombreux mois à suivre l'enseignement des rangers. Techniques de pépinière, assainissement, aménagement et protection… « Nous avons tout appris au fur et à mesure », explique Katy.
Par chance, le site est volcanique, et très fertile. Sur les 1 900 hectares, les femmes plantent des arbres fruitiers, des acacias, des cocotiers… Des espèces d'arbres autochtones et utiles à la vie du village. Petit à petit, les espèces qui avaient disparu de l'environnement reviennent. « On voit de plus en plus de hyènes, de gazelles ou d'oiseaux qui avaient déserté », explique-t-elle.
Mais, au départ, un problème se pose. Cette association ne plaît pas aux hommes du village, pas du tout convaincus de l'utilité du reboisement, et persuadés que les rangers sont là pour prendre leurs femmes. Katy reprend : « Nos maris ne voulaient pas qu'on travaille avec eux, ils disaient : Ils veulent vous mettre dans leur lit. » Avant d'ajouter : « On nous appelait les femmes singes. »
Le projet s'est progressivement consolidé...
Katy précise, avec beaucoup de fierté, qu'être mal vues ne les a pas empêchées de mener à bien leur projet ! Petit à petit, l'ambition de reboisement s'est étendue à 8 villages aux alentours pour bientôt réunir 1 555 femmes. Une guide de la réserve raconte : « Elles quittaient Popenguine avec des seaux d'eau sur la tête, grimpaient la falaise et allaient jusqu'à Guéréo et La Somone (des villages voisins) pour reboiser », plusieurs heures de marche au cœur de la brousse, sous un soleil de plomb. Derrière l'aspect climatique, il y a quelque chose de sacré dans la nature pour Katy : « Cette terre, on l'a empruntée, et on doit la sauver pour nos petits-enfants. » À Popenguine, « on dit souvent que la nature est dans nos sangs », continue-t-elle. Le travail est bénévole et éprouvant, mais, avec le temps, les hommes du village ont compris que les femmes disaient « la vérité » et se sont mis à participer.
... et s'est mué en un outil de prévention...
À travers les huit villages concernés, les habitants font de la prévention pour le développement durable dans les écoles, avant d'emmener les enfants aider à replanter, à ramasser le plastique qui s'échoue le long des plages. La prochaine plantation en date ? Dix mille cocotiers, avec pour objectif d'avoir terminé sous dix jours. En 1994, la Fondation Nicolas Hulot se rend à Popenguine et demande aux habitants de quoi le village a besoin pour continuer le reboisement. « On a dit qu'on manquait d'hébergements pour les gens qui voulaient venir nous voir. » Alors, la fondation a financé un campement touristique au sein même de la réserve. Les petites cases blanches circulaires ont un peu mal vieilli, mais l'accueil est exemplaire.
... et une source de revenus pour la communauté
Chaque sou des bénéfices permet de renforcer les structures, de développer le campement, d'ajouter un restaurant, par exemple, ou d'autres infrastructures. il permet aussi de financer tout un système économique et social. L'argent récolté sert aussi à financer l'éducation et la santé dans la réserve, via une mutuelle que les femmes ont créée. Un magasin de bonbonnes de gaz a ouvert pour offrir une alternative solide au bois de chauffe : « Si on dit aux gens de ne pas couper le bois, ils se demandent comment on va faire ? » explique la guide. Une association locale a été mise en place sous la forme d'une tontine. Les femmes donnent une somme d'argent régulièrement pour créer une cagnotte, celle-ci est distribuée à tour de rôle à une famille du village.
Dernièrement, de nouvelles préoccupations saisissent les Amazones. La terre est aride, beaucoup trop pour la saison. « C'est une catastrophe, on manque de pluies », explique la guide. Le point d'eau, censé contenir une réserve maintenue à flot jusqu'en mai, était déjà vide en janvier dernier. À l'approche de l'hivernage, les habitants s'inquiètent de ne pas voir arriver la pluie. En parallèle, la terre est trop salée, et la mer avance vite, provoquant l'érosion de la falaise sur laquelle est posée la réserve. Pour conserver les animaux, des abreuvoirs ont été mis en place, mais, si la situation s'aggrave, il faudra trouver de nouvelles options plus durables car, si une première partie du défi a été relevée, d'autres challenges se font jour. Or puisqu'il faut laisser un espace vivable pour les futures générations...