Le juge du 1er cabinet a répondu favorablement à leur requête et va entendre l’ex capitaine de la gendarmerie le lundi 12 décembre prochain à 11 heures.
Une très bonne nouvelle pour les avocats de Ousmane Sonko. Ces derniers, avaient adressé un courrier au Doyen des juges pour demander l’audition de l’ancien capitaine de gendarmerie Seydina Oumar Touré.
Le juge du 1er cabinet a répondu favorablement à leur requête et va entendre l’ex capitaine de la gendarmerie le lundi 12 décembre prochain à 11 heures.
Ce dernier, alors en poste à la Section de recherches, a contribué à l’enquête sur l’affaire Sweet Beauty dans laquelle Ousmane Sonko est accusé de viols et menaces de mort par Adji Sarr.
Rappelons que le 10 mai dernier, les conseils de Sonko avaient joint à leur correspondance une série de sept questions à l’attention de l’ex-agent de la Section de recherches.
Entre autres questions, les avocats du maire de Ziguinchor veulent savoir si, lors de son enquête, le gendarme a subi une quelconque pression de quelque nature que ce soit.
Cette pression, s’il y a lieu, vient de quel bord ? Mais, ce n’est pas tout, la défense souhaite aussi que le juge demande au capitaine Touré dans quel état était Adji Sarr lorsqu’elle s’est présentée la première fois dans les locaux de la gendarmerie ; si elle présentait quelques signes traumatiques, si elle était, un tant soit peu bouleversée etc.
CES FEMMES QUI FONT BOUGER LES LIGNES
MYRIAM THIAM, UNE VOIX QUI PORTE
EXCLUSIF SENEPLUS - Le féminisme de cette figure de Yewu Yewi prend racine dans un événement fondateur : le viol d’une jeune fille dont l’auteur est absout après avoir payé « le prix de la virginité » : 60000 francs
Kaïra Thiam, Fatima Sow et Fatou Sow |
Publication 08/12/2022
Comme chaque année, la campagne des 16 jours d’activisme bat son plein contre les violences faites aux femmes. Toutefois, il est des violences faites à certaines femmes qui passent (presque) inaperçues. Ce sont les violences des institutions nationales et internationales contre les féministes sénégalaises. L’entrisme dans les institutions qui refusent le progressisme, le copinage, les réflexions absurdes, les considérations et compliments non sollicités, les tentatives de corruption financières ou sexuelles, sans doute pour en délégitimer certaines, le flicage, la pratique du blacklistage, du male gaze qui veut que des anti-féministes demandent à des hommes de pouvoir de valider des féministe sénégalaise ou non ; voire de favoriser des personnes que les féministes ne reconnaissent pas comme tel pour des faits graves d’attaques contre des femmes réclamant leur liberté, des victimes de viol ou encore contre des féministes. Les féministes sénégalaises ne valident pas ce qu’il est commun d’appeler, chez nous, des « pick me women ». Celles qui tirent du regard masculin une valorisation de leur existence.
En cette fin des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, qui nous mènent à la journée des droits humains, le 10 décembre, il nous paraissait nécessaire de faire front commun contre ces pratiques patriarcales. Cela d’autant que le thème retenu cette année par ONU femmes est « Tous unis ! L’activisme pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles ». Notre unité féministe se restitue donc dans cette action collective de diffusion d’une partie de notre Hall of fame féministe. L’une des premières leçons à retenir du féminisme est que dans la culture féministe, la seule et unique reconnaissance qui nous importe est celle de nos consœurs toutes obédiences confondues. Nous n’avons besoin ni de la reconnaissance patriarcale, individuelle et masculine, ni de celle plus structurée des institutions. Ainsi, voici une série de portraits, dont le projet est validé par une féministe, Pr Fatou Sow, écrits par une féministe, Khaïra Thiam, corrigés par une autre féministe, Fatima Diallo, et autorisés par toutes celles qui y figurent. Elles ont la reconnaissance et la gratitude de chacune d’entre nous et elles œuvrent au quotidien pour la libération de chacune d’entre nous des fers du patriarcat sénégalais. Et cela bien malgré nos divergences d’opinions, de positionnement, de stratégies ou de modes de lutte.
Ainsi donc pour paraphraser un slogan féministe des années 70 : « Ne nous croquez pas, on s’en charge ! »
Myriam Thiam, une voix qui porte
Myriam Thiam a été élevée dans les années 70, dans une famille d’intellectuels qui valorisait les filles, leur éducation et leur instruction. Elle a été biberonnée aux droits des femmes et à la conscience aigüe d’être un être humain comme les autres.
Son féminisme prend racine dans un événement fondateur pour elle : Le viol d’une jeune fille dont l’auteur est absout après avoir payé « le prix de la virginité » : 60000 francs. Myriam Thiam est heurtée et outrée par cet événement et par le traitement réservé aux jeunes filles devenues mères ainsi que leurs enfants traités de « domou kharam ». Elle n’a ensuite de cesse d’être violement en révolte contre le traitement réservé à des êtres humains sur la seule base qu’elles sont des femmes.
Féministe dès les prémisses de Yewu Yewi, mouvement féministe sénégalais des année 80, Myriam Thiam n’a jamais arrété de militer et de déconstruire concrètement les stéréotypes de genre. De formation universitaire, elle a pourtant fait le choix de s’attaquer, au quotidien, à tout ce qui pourrait freiner l’épanouissement des femmes, en particulier celle des « petites gens ».
De tradition walo walo, elle a aussi pour modèles Fatou Sow, Gisèle halimi, Marie Angélique Savané et quelques autres. C’est pourquoi, Myriam ne s’en laisse pas conter et s’impose partout où elle passe. Elle contribue aussi par les arts qu’elle maitrise : le chant et la bijouterie, à faire vivre et promouvoir la culture au Sénégal et au-delà.
Sur le plan personnel, Myriam Thiam est une maman de trois grands et beaux garçons, qu’elle a élevé seule en leur donnant des clés pour être des hommes respectueux des femmes et conscients du monde inégalitaire dans lequel ils vivent. Elle continue à espérer qu’on ait plus de lois scélérates au Sénégal et que les femmes puissent avoir le droit de choisir et d’être considérées pour ce qu’elles sont : la moitié de l’humanité.
CES FEMMES QUI FONT BOUGER LES LIGNES
MARAM GUEYE, UNE FÉMINISTE CHERCHEUSE EN AMÉRIQUE
EXCLUSIF SENEPLUS - La Professeure de littérature africaine et des diasporas africaines à l’Université East Carolina est une militante sans complsaisance, très clairement intersectionnelle, décoloniale et anti-suprématiste arabe
Khaira Thiam, Fatima Diallo et Fatou Sow |
Publication 08/12/2022
Comme chaque année, la campagne des 16 jours d’activisme bat son plein contre les violences faites aux femmes. Toutefois, il est des violences faites à certaines femmes qui passent (presque) inaperçues. Ce sont les violences des institutions nationales et internationales contre les féministes sénégalaises. L’entrisme dans les institutions qui refusent le progressisme, le copinage, les réflexions absurdes, les considérations et compliments non sollicités, les tentatives de corruption financières ou sexuelles, sans doute pour en délégitimer certaines, le flicage, la pratique du blacklistage, du male gaze qui veut que des anti-féministes demandent à des hommes de pouvoir de valider des féministe sénégalaise ou non ; voire de favoriser des personnes que les féministes ne reconnaissent pas comme tel pour des faits graves d’attaques contre des femmes réclamant leur liberté, des victimes de viol ou encore contre des féministes. Les féministes sénégalaises ne valident pas ce qu’il est commun d’appeler, chez nous, des « pick me women ». Celles qui tirent du regard masculin une valorisation de leur existence.
En cette fin des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, qui nous mènent à la journée des droits humains, le 10 décembre, il nous paraissait nécessaire de faire front commun contre ces pratiques patriarcales. Cela d’autant que le thème retenu cette année par ONU femmes est « Tous unis ! L’activisme pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles ». Notre unité féministe se restitue donc dans cette action collective de diffusion d’une partie de notre Hall of fame féministe. L’une des premières leçons à retenir du féminisme est que dans la culture féministe, la seule et unique reconnaissance qui nous importe est celle de nos consœurs toutes obédiences confondues. Nous n’avons besoin ni de la reconnaissance patriarcale, individuelle et masculine, ni de celle plus structurée des institutions. Ainsi, voici une série de portraits, dont le projet est validé par une féministe, Pr Fatou Sow, écrits par une féministe, Khaïra Thiam, corrigés par une autre féministe, Fatima Diallo, et autorisés par toutes celles qui y figurent. Elles ont la reconnaissance et la gratitude de chacune d’entre nous et elles œuvrent au quotidien pour la libération de chacune d’entre nous des fers du patriarcat sénégalais. Et cela bien malgré nos divergences d’opinions, de positionnement, de stratégies ou de modes de lutte.
Ainsi donc pour paraphraser un slogan féministe des années 70 : « Ne nous croquez pas, on s’en charge ! »
Maram Gueye, une féministe chercheuse en Amérique
La sémillante Professeure de littérature africaine et des diasporas africaines à l’Université East Carolina n’en est pas moins une féministe sénégalaise extraordinaire, régulièrement présente au Sénégal. D’un tempérament très affirmé, elle l’est aussi en féminisme. Elle est très clairement intersectionnelle, décoloniale et anti-suprématiste arabe.
Comme ses prédécesseuses, Pr Fatou Sow en tête, bell hooks, Maria Lugones, Wangari Mathai ou Audre Lorde, Professeure Maram Guèye participe autant à l’évolution de la pensée féministe par sa participation assidue à diverses manifestations scientifiques au Sénégal et dans le monde, qu’elle ne participe à la lutte sur le terrain. Autrice de divers articles universitaires comme dans la presse mainstream anglophone, elle n'hésite pas à faire connaitre l’état actuel de la lutte féministe sénégalaise et les problématiques auxquelles celle-ci est confrontée. Militante sans complaisance, elle n’est jamais la dernière à organiser, porter des pancartes ou à marcher pour renforcer la lutte féministe de terrain.
Comme en témoignent ses étudiantes, les femmes sénégalaises aux USA, ou les nouvelles feministes sénégalaises, Maram Gueye est une grande fédératrice de la solidarité féminine à travers des groupes réels ou virtuels qu’elle a créés et qu’elle administre.
Sur le plan personnel, elle Saloum Saloum, issue d’une famille griotte dont elle est extrêmement fière car ancrée dans sa culture. Maman solo fantastique, elle élève ses enfants sur les principes et les valeurs du féminisme. Elle investit sur cette jeunesse qui demain surement réalisera l’égalité entre les femmes et les hommes auxquelles nous aspirons toutes.
CES FEMMES QUI FONT BOUGER LES LIGNES
MAIMOUNA SIBY, UNE RAFALE VENUE DU NORD
EXCLUSIF SENEPLUS - Elle a l’étoffe d’une cheffe et n’entend pas se faire dicter son agenda et certainement pas par des hommes. L’invisibilisation des femmes et de leurs apports historiques, économiques ou sociaux la fait bondir de colère
Khaira Thiam, Fatima Diallo et Fatou Sow |
Publication 07/12/2022
Comme chaque année, la campagne des 16 jours d’activisme bat son plein contre les violences faites aux femmes. Toutefois, il est des violences faites à certaines femmes qui passent (presque) inaperçues. Ce sont les violences des institutions nationales et internationales contre les féministes sénégalaises. L’entrisme dans les institutions qui refusent le progressisme, le copinage, les réflexions absurdes, les considérations et compliments non sollicités, les tentatives de corruption financières ou sexuelles, sans doute pour en délégitimer certaines, le flicage, la pratique du blacklistage, du male gaze qui veut que des anti-féministes demandent à des hommes de pouvoir de valider des féministe sénégalaise ou non ; voire de favoriser des personnes que les féministes ne reconnaissent pas comme tel pour des faits graves d’attaques contre des femmes réclamant leur liberté, des victimes de viol ou encore contre des féministes. Les féministes sénégalaises ne valident pas ce qu’il est commun d’appeler, chez nous, des « pick me women ». Celles qui tirent du regard masculin une valorisation de leur existence.
En cette fin des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, qui nous mènent à la journée des droits humains, le 10 décembre, il nous paraissait nécessaire de faire front commun contre ces pratiques patriarcales. Cela d’autant que le thème retenu cette année par ONU femmes est « Tous unis ! L’activisme pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles ». Notre unité féministe se restitue donc dans cette action collective de diffusion d’une partie de notre Hall of fame féministe. L’une des premières leçons à retenir du féminisme est que dans la culture féministe, la seule et unique reconnaissance qui nous importe est celle de nos consœurs toutes obédiences confondues. Nous n’avons besoin ni de la reconnaissance patriarcale, individuelle et masculine, ni de celle plus structurée des institutions. Ainsi, voici une série de portraits, dont le projet est validé par une féministe, Pr Fatou Sow, écrits par une féministe, Khaïra Thiam, corrigés par une autre féministe, Fatima Diallo, et autorisés par toutes celles qui y figurent. Elles ont la reconnaissance et la gratitude de chacune d’entre nous et elles œuvrent au quotidien pour la libération de chacune d’entre nous des fers du patriarcat sénégalais. Et cela bien malgré nos divergences d’opinions, de positionnement, de stratégies ou de modes de lutte.
Ainsi donc pour paraphraser un slogan féministe des années 70 : « Ne nous croquez pas, on s’en charge ! »
Maimouna Siby, une rafale venue du nord
Il se dégage de Maimouna Siby une volonté de connaitre, comprendre et apprendre le féminisme : ses courants, ses histoires grandes ou petites, ses thématiques, ses systèmes de pensée, ses leaders aussi…
Ainsi n’a-t-elle lésiné sur aucun effort pour emmagasiner le plus d’informations possibles et les traiter au fil de l’eau. Son volontarisme toujours souriant est impressionnant pour qui discute avec elle cinq minutes. Sa curiosité et son questionnement incessant vous met un coup de pression pour reprendre vos tablettes et être sûre de ce que vous affirmez. Mais elle a de qui tenir car ses modèles féministes sont loin du féminisme de convenance teinté de « patriarcat bienveillant ». Elle, ce sont les scientifiques et les radicales qui l’intéressent. Son arrière-grand-mère, Maguette Maty Niang Ndoye, Pr Fatou Sow, Aminata Libain Mbengue, Khaïra Thiam et bien d’autres lui donnent le courage de prendre, elle aussi, la parole et de dénoncer la condition des femmes sénégalaises. Grande décomplexée, elle a l’étoffe d’une cheffe et n’entend pas se faire dicter son agenda et certainement pas par des hommes. C’est elle qui décide ! N'en déplaise à ces messieurs !
Mère de deux enfants, qu’elle a toujours élevé sur des bases égalitaires, il lui est impensable que sa fille ait moins de droits que son fils ou qu’elle soit traitée différemment par la société en raison de son sexe ou de son genre. L’invisibilisation des femmes et de leurs apports historiques, économiques ou sociaux la fait bondir de colère car dit-elle « nous sommes tous 100% des humains à être nés d’une femme (…) tous sans exception ! ».
Ainsi, celle qui prétend, par coquetterie sans doute, être « la bleue du mouvement », est très claire sur ce qui motive son engagement : l’égalité en droit et en traitement. La force physique n’octroyant pas plus de droits aux uns plus qu’aux autres. Il lui est donc inacceptable que le droit de la famille au Sénégal soit encore si inique avec les femmes, en 2022, et que celles-ci en soient encore à se battre pour l’acquisition de certains droits ou pour la levée des discriminations scandaleuses que ledit code recèle. Dans un autre domaine, notre révolutionnaire, propose que toutes les femmes s’arrêtent de travailler en même temps le 25 de chaque mois pour bien faire réaliser au reste de l’humanité l’importance qu’elles ont dans l’économie et l’inanité des discriminations salariales. Le monde cesserait de tourner ou il serait bien obligé de faire droit à leur demande. Mais pour se faire, l’union et à la constance de l’engagement de toutes les femmes doit se réaliser contre le patriarcat. C’est pourquoi là encore, elle montre l’exemple en utilisant tous les ressorts qu’offrent divers modes de lutte qu’elle combine. Parce que la société sénégalaise met toutes les femmes en danger et bafoue leur dignité humaine, sans que ces dernières n’aient besoin de rien faire, Maimouna Siby est sûre de son bon droit et qu’elle n’a rien à perdre à se battre pour sa liberté.
Maimouna-sans-peur, espère tout de même que cette égalité se réalisera et que les hommes arrêteront de croire qu’ils trônent sur la destinée des femmes. « Nos corps nous appartiennent, nos têtes nous appartiennent, nos vies nous appartiennent ! Ça n’est à personne de nous dire ce qu’on a ou pas à faire, ni qui être ou ne pas être. Une féministe se doit d’abord d’être libre, d’être elle-même et authentique et d’agir en accord avec ses valeurs pour l’amélioration de l’humanité ! »
CES FEMMES QUI FONT BOUGER LES LIGNES
AMINA SECK, UNE PLUME REBELLE
EXCLUSIF SENEPLUS - Ce cœur d’or espère encore une société égalitaire dans laquelle les femmes seraient libres et respectées en droit. Dès lors qu’il s’agit des femmes, pour elle, toutes les luttes se valent
Khaira Thiam, Fatima Diallo et Fatou Sow |
Publication 07/12/2022
Comme chaque année, la campagne des 16 jours d’activisme bat son plein contre les violences faites aux femmes. Toutefois, il est des violences faites à certaines femmes qui passent (presque) inaperçues. Ce sont les violences des institutions nationales et internationales contre les féministes sénégalaises. L’entrisme dans les institutions qui refusent le progressisme, le copinage, les réflexions absurdes, les considérations et compliments non sollicités, les tentatives de corruption financières ou sexuelles, sans doute pour en délégitimer certaines, le flicage, la pratique du blacklistage, du male gaze qui veut que des anti-féministes demandent à des hommes de pouvoir de valider des féministe sénégalaise ou non ; voire de favoriser des personnes que les féministes ne reconnaissent pas comme tel pour des faits graves d’attaques contre des femmes réclamant leur liberté, des victimes de viol ou encore contre des féministes. Les féministes sénégalaises ne valident pas ce qu’il est commun d’appeler, chez nous, des « pick me women ». Celles qui tirent du regard masculin une valorisation de leur existence.
En cette fin des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, qui nous mènent à la journée des droits humains, le 10 décembre, il nous paraissait nécessaire de faire front commun contre ces pratiques patriarcales. Cela d’autant que le thème retenu cette année par ONU femmes est « Tous unis ! L’activisme pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles ». Notre unité féministe se restitue donc dans cette action collective de diffusion d’une partie de notre Hall of fame féministe. L’une des premières leçons à retenir du féminisme est que dans la culture féministe, la seule et unique reconnaissance qui nous importe est celle de nos consœurs toutes obédiences confondues. Nous n’avons besoin ni de la reconnaissance patriarcale, individuelle et masculine, ni de celle plus structurée des institutions. Ainsi, voici une série de portraits, dont le projet est validé par une féministe, Pr Fatou Sow, écrits par une féministe, Khaïra Thiam, corrigés par une autre féministe, Fatima Diallo, et autorisés par toutes celles qui y figurent. Elles ont la reconnaissance et la gratitude de chacune d’entre nous et elles œuvrent au quotidien pour la libération de chacune d’entre nous des fers du patriarcat sénégalais. Et cela bien malgré nos divergences d’opinions, de positionnement, de stratégies ou de modes de lutte.
Ainsi donc pour paraphraser un slogan féministe des années 70 : « Ne nous croquez pas, on s’en charge ! »
Amina Seck, une plume rebelle
Féministe, la belle Amina Seck l’est sans doute depuis l’enfance. En grande observatrice de la société sénégalaise, elle notait déjà que le grand respect que recevaient les hommes n’avait pas sa réciproque pour les femmes. Trop marquée par le traitement inégal entre les filles et les garçons, à commencer par sa propre famille, elle s’est très tôt rebellée contre cet état de fait.
Quoique plus jeune elle n’avait pas les mots pour nommer positivement cet humanisme, très vite l’écrivaine s’est saisie du vocable « féministe » pour désigner sa lutte pour l’éradication de toutes formes de violence que subissent les femmes, les jeunes filles et les petites filles. Une lutte donc, pour le respect des droits et une reconnaissance sociale des femmes et des filles, qui se retrouve aujourd’hui sous sa plume de romancière. Par ailleurs, sans modèle féministe particulier, elle a appris à connaitre les pionnières du féministes sénégalais, membre de Yewu Yewi, qu’elle regarde avec beaucoup de respect pour le courage qu’elles ont eu de faire entendre les voix des femmes sénégalaises.
Aujourd’hui, Amina Seck oriente toutes ses activités dans le sens de cette lutte notamment sur le plan de la promotion des droits des femmes dans et par les arts et la culture. Elle ne fait pas qu’écrire et faire écrire les autres femmes, elle promeut la création artistique féminine. En effet, elle a déjà fondé une agence pour la promotion des arts et des cultures au féminin. Celle-ci lui a permis de mettre sur pied le premier salon du livre féminin du Sénégal. Elle n’entend pas en rester là car la prochaine édition s’en vient ainsi que des participations à des colloques, des formations et bientôt un centre dédié.
Ce cœur d’or espère encore une société égalitaire dans laquelle les femmes seraient libres et respectées en droit. Elle pense que la lutte féministe y mènera et permettra de développer une plus grande sororité entre mouvements féministes et mouvements féminins. Dès lors qu’il s’agit des femmes, pour elle, toutes les luttes se valent.
CES FEMMES QUI FONT BOUGER LES LIGNES
MAIMOUNA YADE, UNE FÉMINISTE PIQUANTE
EXCLUSIF SENEPLUS - Elle réfute la relégation des femmes ou la confiscation de leurs droits au motif d’une inégalité physionomique. Argument pourtant souvent entendu au Sénégal des hommes qui se croient autorisés à parler des femmes ou de leurs droits
Khaira Thiam, Fatima Diallo et Fatou Sow |
Publication 07/12/2022
Comme chaque année, la campagne des 16 jours d’activisme bat son plein contre les violences faites aux femmes. Toutefois, il est des violences faites à certaines femmes qui passent (presque) inaperçues. Ce sont les violences des institutions nationales et internationales contre les féministes sénégalaises. L’entrisme dans les institutions qui refusent le progressisme, le copinage, les réflexions absurdes, les considérations et compliments non sollicités, les tentatives de corruption financières ou sexuelles, sans doute pour en délégitimer certaines, le flicage, la pratique du blacklistage, du male gaze qui veut que des anti-féministes demandent à des hommes de pouvoir de valider des féministe sénégalaise ou non ; voire de favoriser des personnes que les féministes ne reconnaissent pas comme tel pour des faits graves d’attaques contre des femmes réclamant leur liberté, des victimes de viol ou encore contre des féministes. Les féministes sénégalaises ne valident pas ce qu’il est commun d’appeler, chez nous, des « pick me women ». Celles qui tirent du regard masculin une valorisation de leur existence.
En cette fin des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, qui nous mènent à la journée des droits humains, le 10 décembre, il nous paraissait nécessaire de faire front commun contre ces pratiques patriarcales. Cela d’autant que le thème retenu cette année par ONU femmes est « Tous unis ! L’activisme pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles ». Notre unité féministe se restitue donc dans cette action collective de diffusion d’une partie de notre Hall of fame féministe. L’une des premières leçons à retenir du féminisme est que dans la culture féministe, la seule et unique reconnaissance qui nous importe est celle de nos consœurs toutes obédiences confondues. Nous n’avons besoin ni de la reconnaissance patriarcale, individuelle et masculine, ni de celle plus structurée des institutions. Ainsi, voici une série de portraits, dont le projet est validé par une féministe, Pr Fatou Sow, écrits par une féministe, Khaïra Thiam, corrigés par une autre féministe, Fatima Diallo, et autorisés par toutes celles qui y figurent. Elles ont la reconnaissance et la gratitude de chacune d’entre nous et elles œuvrent au quotidien pour la libération de chacune d’entre nous des fers du patriarcat sénégalais. Et cela bien malgré nos divergences d’opinions, de positionnement, de stratégies ou de modes de lutte.
Ainsi donc pour paraphraser un slogan féministe des années 70 : « Ne nous croquez pas, on s’en charge ! »
Maimouna Yade, une féministe piquante
Dans le milieu, on l’appelle Maya et comme son homonyme, l’abeille : qui s’y frotte s’y pique. Maya aime la confrontation et le débat d’idées et sans contredit, sa voix porte.
Pourtant dans ses débuts, malgré une inclination naturelle à défendre les droits des femmes et des filles, elle ne se réclamait pas féministe. C’était un mot pour elle dénué de sens, que certains devant ses propos lui collaient comme étiquette. Au fil du temps, de ses recherches et de ses accointances féministes, le mot « féministe », elle le porte, aujourd’hui, comme une seconde peau. Dans ses pérégrinations féministes à travers le monde, Maimouna Astou Yade a pu faire groupe avec d’autres et découvrir des féministes d’horizons divers. Dès lors elle a su se forger sa propre tendance dans ce courant idéologique et s’allier à d’autres autour d’un objet commun.
Féministe au faîte de son engagement, elle reste impressionnée par les pionnières et leur travail. Elle se nourrit de leur courage qui a porté haut le combat du féminisme sénégalais. Parmi elles, Marie Angélique Savané et Fatou Sow, dont elle lit les écrits, lui donnent matière à penser dans ses propres batailles pour l’égalité et l’équilibre social. Elle réfute la relégation des femmes ou la confiscation de leurs droits au motif d’une inégalité physionomique. Argument pourtant souvent entendu au Sénégal de la bouches d’hommes qui se croient autorisés à parler des femmes ou de leurs droits.
En reine des abeilles, elle s’active dans l’organisation féministe qu’elle dirige. En effet, c’est à travers diverses actions et programmes auprès de bénéficiaires qu’elle essaime sa philosophie et ses valeurs féministes. Mais là où elle est le plus efficace c’est avec son projet « les pupilles féministes » qui lui permet de préparer la relève. Elle vise par là à prévenir un éventuel essoufflement du mouvement comme on a pu le connaitre à d’autres moments de l’histoire du féminisme sénégalais.
C’est avec tout cet investissement personnel et professionnel que Maimouna Astou Yade espère rendre le mouvement féministe encore plus puissant et durable. Elle appelle de ses vœux les filles et les femmes féministes à acquérir des compétences intellectuelles et pratiques nécessaires au transfert de nos savoirs et savoir-faire aux plus jeunes.
CES FEMMES QUI FONT BOUGER LES LIGNES
FATOU SOW, LUX MEA LEX
EXCLUSIF SENEPLUS - Première femme sociologue sénégalaise, militante féministe convaincue, elle a fait ses armes dans un contexte socio-historique fermé à la pensée africaine de l’égalité des sexes
Khaira Thiam et Fatima Diallo |
Publication 07/12/2022
Comme chaque année, la campagne des 16 jours d’activisme bat son plein contre les violences faites aux femmes. Toutefois, il est des violences faites à certaines femmes qui passent (presque) inaperçues. Ce sont les violences des institutions nationales et internationales contre les féministes sénégalaises. L’entrisme dans les institutions qui refusent le progressisme, le copinage, les réflexions absurdes, les considérations et compliments non sollicités, les tentatives de corruption financières ou sexuelles, sans doute pour en délégitimer certaines, le flicage, la pratique du blacklistage, du male gaze qui veut que des anti-féministes demandent à des hommes de pouvoir de valider des féministe sénégalaise ou non ; voire de favoriser des personnes que les féministes ne reconnaissent pas comme tel pour des faits graves d’attaques contre des femmes réclamant leur liberté, des victimes de viol ou encore contre des féministes. Les féministes sénégalaises ne valident pas ce qu’il est commun d’appeler, chez nous, des « pick me women ». Celles qui tirent du regard masculin une valorisation de leur existence.
En cette fin des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, qui nous mènent à la journée des droits humains, le 10 décembre, il nous paraissait nécessaire de faire front commun contre ces pratiques patriarcales. Cela d’autant que le thème retenu cette année par ONU femmes est « Tous unis ! L’activisme pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles ». Notre unité féministe se restitue donc dans cette action collective de diffusion d’une partie de notre Hall of fame féministe. L’une des premières leçons à retenir du féminisme est que dans la culture féministe, la seule et unique reconnaissance qui nous importe est celle de nos consœurs toutes obédiences confondues. Nous n’avons besoin ni de la reconnaissance patriarcale, individuelle et masculine, ni de celle plus structurée des institutions. Ainsi, voici une série de portraits, dont le projet est validé par une féministe, Professeur Fatou Sow, écrits par une féministe, Khaïra Thiam, corrigés par une autre féministe, Fatima Diallo, et autorisés par toutes celles qui y figurent. Elles ont la reconnaissance et la gratitude de chacune d’entre nous et elles œuvrent au quotidien pour la libération de chacune d’entre nous des fers du patriarcat sénégalais. Et cela bien malgré nos divergences d’opinions, de positionnement, de stratégies ou de modes de lutte.
Ainsi donc pour paraphraser un slogan féministe des années 70 : « Ne nous croquez pas, on s’en charge ! »
Fatou Sow, lux mea lex
À 83 ans, Fatou Sow est notre fringante universitaire féministe. Première femme sociologue sénégalaise, elle est aussi notre première ressource intellectuelle. Garante de l’histoire du féminisme sénégalais et africain, elle nous enseigne, à tout moment du jour ou de la nuit, avec une générosité non feinte, tout ce que ses années de recherches universitaires intenses lui ont permis de découvrir et de théoriser. Fatou Sow est toujours active dans la production de savoirs féministes et dans leur diffusion. Son agenda est extraordinairement plein, tant elle a à cœur de poursuivre ses activités sur le plan national et international.
Fatou Sow à l’exigence des têtes bien faites et nous pousse toutes à monter en puissance intellectuellement, à déconstruire sans relâche les moindres détails de notre pensée prise dans les rets du système patriarcal. Son intransigeance à notre égard nous amène à nous dépasser et à nous confronter parfois à d’autres féministes à travers le monde, dans les espaces dans lesquels elle nous envoie. Son point de vue, ou son éclairage sur des questions qui nous traversent nous est hautement précieux quand bien même nous pouvons lui discuter certaines de ses positions affirmées sur nombre de sujets.
Son engagement féministe, elle le dit elle-même, lui est venu, par petites touches, au cours de ses travaux universitaires, de ses contacts avec les femmes dans leurs situations de terrain et surtout de ses échanges avec ses collègues universitaires internationaux. Son long compagnonnage avec les réseaux de femmes du Sud Global a enrichi ses expériences. Militante féministe convaincue, elle a fait ses armes dans un contexte socio-historique fermé à la pensée africaine de l’égalité des sexes. Sans désemparer, Fatou Sow a, sa vie durant, défriché les espaces de pensée et progressivement imposé diverses poches de respiration pour qu’advienne des recherches et des productions scientifiques sur les problématiques des femmes, pensées par et pour les femmes. Défiant le monde académique africain viscéralement patriarcal et tout à fait hostile à l’idée, elle y a instillé une pensée critique féministe qui a fait beaucoup d’émules et qui continue à en faire, pour notre plus grand bonheur.
Discuter avec elle est un bonheur renouvelé à chaque fois car elle à l’art et la manière de contenir et materner, sans en avoir l’air, les plus terribles d’entre nous, parce qu’elle les traite en égales. C’est là toute la quintessence de la culture féministe : l’absence de verticalité et de hiérarchie que créent les systèmes de dominations auxquels le patriarcat nous a habitués.
TEXTE COLLECTIF
LIBÉREZ PAPE ALÉ NIANG
Nous signataires exigeons la libération immédiate de Pape Alé Niang et prenons position afin que la liberté de la presse, et toutes les libertés plus généralement, soient préservées, en ces temps troubles pour la démocratie
À l’heure où la liberté de la presse consubstantielle à la liberté d’expression est malmenée au Sénégal, nous signataires disons non. Non, à une démocratie dépouillée de sa substance.
Le droit du public à l’information ne doit pas obéir à l’agenda politique. Il ne doit souffrir d'aucune entrave. Le journaliste a le devoir d’informer sur tout sujet d’intérêt public.
C’est malheureusement cette mission qui vaut à Pape Alé Niang d’être incarcéré depuis le 6 novembre 2022 pour des accusations de "divulgation d’informations non rendues publiques par l’autorité compétente de nature à nuire à la défense nationale", "recel de documents administratifs et militaires" et "diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques". Autant d’artifices destinés à maquiller les faits, à la manière des démocraties d’apparat.
Nous signataires exigeons la libération immédiate de Pape Alé Niang et prenons position afin que la liberté de la presse, et toutes les libertés plus généralement, soient préservées, en ces temps troubles pour la démocratie.
Ci-dessous, la liste des premiers signataires par ordre chronologique. Vous pouvez signer cette pétition, en rajoutant votre nom et votre affiliation dans la fenêtre des commentaires.
René Lake, journaliste, administrateur de SenePlus.com
Fatou Sow, sociologue, CNRS
Abdou Salam Fall, sociologue, directeur de recherches des universités
Boubacar Boris Diop, écrivain
Edwy Plenel, journaliste, administrateur de Mediapart, Paris
Felwine Sarr, universitaire et écrivain
Koulsy Lamko, écrivain, poète et universitaire, Mexique
Mamadou Alpha Diallo, anthropologue, Universidade Federal de Integração Latino Américana, Brésil
Mohamed Mbougar Sarr, écrivain, romancier, prix Goncourt 2021, Paris
Alioune Tine, administrateur d’Africajom, ancien directeur régional Amnesty International
Amzat Boukari-Yabara, historien et écrivain, président Ligue Panafricaine
Chantal Ismé, universitaire, Maison d’Haiti à Montréal
Youssoupha Mbargan Guissé, philosophe, sociologue et chercheur à l’IPS
Mirielle Fanon Mendès-France, juriste, co-chair Fondation Frantz Fanon, Paris
Elgas, sociologue, journaliste, écrivain et enseignant, Paris
Saphie Ly, journaliste, directrice de Nexus Groupe
Jean-Pierre Karegeye, universitaire, chercheur Interdisciplinary Genocide Studies Center, Boston
Christine Holzbauer, journaliste, reporter, spécialiste de l’Afrique, Paris
Mamadou Mbodji, psychologue
Francis Kpatindé, journaliste, enseignant à Sciences Po Paris
Aziz Salmone Fall, politologue et universitaire
Oumou Wane, éditorialiste, présidente de la chaine de télévision Africa 7, Rome
Mamoudou Wane, journaliste, directeur de publication du quotidien L'Enquête
Emmanuel Desfourneaux, juriste, politologue, directeur de l’Institut Afro-européen
Marilyn Sephocle, professeur de langues à Howard University, Washington
Bah Ould Saleck, journaliste, éditeur de presse, Mauritanie
Michel Lobé Ewane, journaliste, administrateur, Joseph Sassoon Group, Cameroun
Babacar Buuba Diop, historien, universitaire, chercheur en gouvernance sociale
Pierre Sané, administrateur Imagine Africa Institute, ancien SG d’Amnesty International
Ben Diogaye Beye, scénariste, réalisateur et cinéaste
Maty Ndiaye Sy, coach en développement organisationnel, Institut des études avancées, Saint-Louis
Mahamadou Lamine Sagna, sociologue, universitaire, Worcester Polytechnic Institute, Massachusetts
Gwénola Possémé-Rageau, journaliste, experte en développement internationale, Paris
Thierno Gueye, Expert en droit international et en gestion des conflits
Marie Louise Eteki Otabla, écrivaine, essayiste et politologue, Cameroun
Baye Omar Gueye, journaliste, directeur de Sud FM
Ada Pouye, expert en développement international et urgence humanitaire
Jacques-Antoine Jean, journaliste, Radio Haïti Focus, Cambridge, Massachusetts
Mame Lika Sidibé, archiviste, journaliste, experte Paix et Sécurité
Ndongo Samba Sylla, économiste, chercheur et essayiste
Almamy Mamadou Wane, écrivain, essayiste et poète, Paris
Mamadou Ibra Kane, journaliste, directeur général d’E-Media
Alymana Bathily, sociologue des médias et écrivain
Abdoulaye Thiam, journaliste, rédacteur en chef de Sud Quotidien
Mamadou Ndoye, expert en Éducation, ancien ministre de l’Alphabétisation
Mohamed Ly, médecin à Grand Mbao, spécialiste de santé publique
Demba Ndiaye, journaliste, éditorialiste à SenePlus
Amadou Tidiane Wone, écrivain, ancien ministre de la Culture
Alassane Samba Diop, journaliste, directeur Iradio et Itv
Mamadou Mao Wane, sociologue, expert des questions de protection de l’enfant
Tidiane Kassé, journaliste, éditeur de presse et spécialiste des médias
Tidiane Sow, mathématicien et coach en communication politique
Henriette Niang Kandé, journaliste, Sud Quotidien
Ousseynou Beye, éditeur, éditorialiste et enseignant
Lamine Sène, linguiste, expert en transport maritime et assurances
Pape Touti Sow, consultant en politique et gestion d’entreprises
Doudou Andy Ngom, journaliste, administrateur de Xibaaru
Adam Ouologuem, journaliste, directrice Africa Society, Washington
Mamadou Diallo, historien, doctorant, Columbia University, New York
Mamadou Lamine Loum, économiste, ancien Premier ministre
Abdoulaye Elimane Kane, philosophe, écrivain, ancien ministre de la Culture
Fanny Pigeaud, journaliste, essayiste, Paris
Bacary Domingo Mané, journaliste, éditeur de presse
Serigne Saliou Guèye, enseignant, éditorialiste SenePlus, directeur de publication du quotidien Yoor-Yoor
Woury Diallo, inspecteur du Trésor, économiste
LE MINISTRE FATOU DIANE GUEYE MOBILISE A SUCCES LES FEMMES LEADERS POUR DIRE NON
L’affaire de la député Amy Ndiaye Gniby agressée au sein de l’hémicycle le 1er décembre a coïncidé avec la campagne des 16 jours d’Activisme contre les violences faites aux femmes.
Ce lundi 05 décembre 2022, le ministre de la Femme, de la Famille et de la Protection des enfants a réussi à mobiliser des femmes leaders pour dire Non à la violence faite contre les femmes. Fatou Diané Guèye a indiqué que le Sénégal n’a pas le droit d’observer un recul sur ce combat contre les violences faites aux femmes et filles.
L’affaire de la député Amy Ndiaye Gniby agressée au sein de l’hémicycle le 1er décembre a coïncidé avec la campagne des 16 jours d’Activisme contre les violences faites aux femmes. Le ministre Fatou Diané Guèye n’a pas rapporté cette opportunité malheureuse pour mobiliser les leaders d’organisations de défenses des droits desfemmessur cette affaire Amy Ndiaye Gniby. La violence physique perpétrée sur l’honorable député Amy Ndiaye GNYBI au sein de l’hémicycle par deux de ces collègues de surcroît des hommes, le 1er décembre 2022 a suscité une réaction d’indignation au niveau national et international. en Le souvenir des précédents cas de violence comme celui de l’honorable député Mame Diarra FAM est resté vivace. La manifestation s’est déroulée ce lundi 5 décembre 2022 à partir de 15 h 30mn à la Place du Souvenir et a enregistré la participation de près d’un millier de femmes. Consciente de leurs aspirations partagées, les femmes sénégalaises de tout bord, ont exprimé leur solidarité agissante et condamné cette image qui porte un coup dur à notre cher pays conclut-elle avant de réitérer l’engagement du Chef de l’Etat Macky SALL à ne ménager aucun effort, pour la protection des femmes et la promotion de leurs droits.
A cet effet, les femmes leaders toute obédience (société civile, politique, secteur privé, universités etc.) et les réseaux de jeunes engagés dans le mouvement d’éradication de la violence ont décidé spontanément d’organiser une mobilisation en relation avec les services du Ministère de la Femme, de la Famille et de la protection des enfants pour un appel à l’éradication des violences faites aux femmes. La société civile représentée à travers le réseau siggil Jigeen par la voix de Safietou Diop, la synergie des organisations de la société civile dirigée par la très distinguée Penda Seck Diouf ont eu a rappelé le parcours élogieux du mouvement associatif féminin.
Maître Nafissatou Diop a salué l’initiative du Ministre de regrouper toutes les parties prenantes sans exclusive pour défendre la cause des femmes. Le Professeur Penda Mbow prenant la parole a donné un cours magistral à l’assistance sur le rôle et de la place de femme sénégalaise, les fondements historiques de la trajectoire de la nation sénégalaises qui a toujours capitalisé sur l’apport de la femme durant les moments de crises.
Marie Angélique Savané, une figure emblématique de l’intelligencia sénégalaise et africaine pionnière dans le combat pour la promotion féminine a axé son intervention sur la nécessité de ne pas céder à la peur et à l’autocensure face aux violences faites aux femmes. Le Professeur Ndioro Ndiaye est revenu sur les enjeux et responsabilités qu’appellent la situation que traverse notre pays. Selon elle, la République doit porter plainte contre les deux parlementaires qui ont agressé la député Amy Ndiaye Gniby.
Madame Fatou Diané Guèye ministre de la Femme, de la Famille et de la Protection des enfants a saisi pour magnifier la forte mobilisation qui se déroule en pleine « Campagne des 16 jours d’activisme pour l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles et rendre hommage à toutes les femmes sénégalaises ». « Pourquoi sommes-nous là malgré tout le chemin parcouru par nos vaillantes aînées pour une reconnaissance des droits des femmes dans notre pays ? Pourquoi sommes-nous là, malgré les efforts consentis par les pouvoirs publics pour améliorer la condition féminine ? Pourquoi sommes-nous là, après la décision historique de Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République, Président en exercice de l’Union Africaine d’accueillir la 2ème Conférence du Continent sur la Masculinité Positive pour l’élimination des violences faites aux femmes et filles ? » s’est-elle interrogée. « Malgré les avancées significatives en faveur d’une meilleure condition féminine dans notre pays, subsistent encore des violations flagrantes des droits fondamentaux des femmes, sous diverses formes et dans une certaine mesure, des tentatives de remise en cause de nos acquis » a continué le ministre Fatou Diané Guèye. Elle n’a pas manqué de relever l’indignation et l’amertume des femmes sénégalaises, suite aux séries d’agressions sur nos sœurs et nos filles ces derniers jours surtout, durant la Campagne des 16 jours dont l’objectif est de mettre fin aux violences faites aux femmes. .
LES FEMMES FACE AUX DEFIS DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes - Depuis quelques jours, une campagne internationale de lutte contre les violences faites aux femmes est lancée, l’échelle planétaire.
Depuis quelques jours, une campagne internationale de lutte contre les violences faites aux femmes est lancée, l’échelle planétaire. En plus des violences physiques, économiques, morales, etc. les femmes sont confrontées à des difficultés passées sous silence. Au Sénégal, les effets des changements climatiques portent atteinte aux activités féminines, sans qu’une grande attention n’y soit accordée.
L a 27ème Conférence des parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 27) s’est clôturée le 18 novembre dernier à Sharm El-Cheikh, en Egypte. L’objectif reste le même : limiter le réchauffement global de la planète à 1,5°C. L’Afrique, continent le moins émetteur de gaz à effet de serre (4%), reste le plus touché par les impacts des changements climatiques. Alors que le président de la République Macky Sall, président en exercice de l’Union Africaine (UA) a rappelé l’urgence des soutenir la résilience africaine, les femmes ne sont pas très prises en compte dans les revendications.
Et pourtant au moment où il est célébré les «16 jours d’activisme» destinés à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles (du 25 novembre au 10 décembre de chaque année, sur initiative des Nations Unies - ONU), il est établi, selon ONU-Femmes, que «les femmes et les filles sont confrontées à des obstacles plus importants pour s’adapter aux évolutions climatiques, à des répercussions économiques disproportionnées, à une augmentation des activités de soins et du travail domestique non rémunérées, et à un risque accru de violence en raison des effets cumulatifs de la crise. Ces inégalités entre les sexes profondément enracinées se sont aggravées après la COVID-19, ce qui signifie que davantage de femmes et de filles sont exposées aux risques climatiques, et disposent d’une capacité d’action amoindrie pour trouver des solutions». Au Sénégal, la situation n’est guère reluisante.
A en croire le responsable de la Cellule genre du ministère de l’Environnement et du Développement durable, Salimata Ba, «les femmes sont dans une situation très critique, à tous les niveaux. Même au niveau de l’autonomisation, elles ont beaucoup de problèmes». Le constat est, souligne-t-elle, que «leur principale source de revenus, c’est soit l’agriculture, la transformation ou le secteur informel. Et les impacts des changements climatiques touchent ces secteurs». Salimata Ba juge qu’en cas de catastrophe, comme les inondations dans les villes, «elles perdent généralement leurs investissement. Et là, elles ne sont pas prises en compte dans le dédommagement».
Autre réalité, au Sénégal, les femmes rurales ne contrôlent pas la terre et ne peuvent donc pas mener des activités durables. Or, «pour faire face aux effets des changements climatiques sur les activités agricoles, il faut des ouvrages techniques qui demandent du temps. Et comme elles ne sont pas propriétaires, c’est difficile pour elles d’accéder à ces innovations technologiques», déplore-t-elle. C’est pourquoi les politiques de résilience aux changements climatiques doivent prendre en compte les besoins des femmes. «Il faut que les politiques qu’on imagine dans le cadre des changements climatiques prennent en compte la spécificité des femmes, pour qu’il y ait beaucoup plus de justice.»
L’expert en Politique économique sensible au genre, Alioune Dione est aussi du même avis. «Les politiques doivent être conçues de manière à ne pas creuser les inégalités», dit-il. D’après toujours Alioune Dione, il y a une volonté politique, certes ; mais il faut que les impacts des changements climatiques soient appréhendés dans une perspective d’égalité entre hommes et femmes. A la COP 27, les organisations féminines, dans le Women Gender Constituency, ont critiqué le manque de prise en compte de leurs propositions, malgré toutes les expertes et négociatrices mobilisées, et l’absence de participation possible dans le groupe de travail de la Convention climat qui était chargé de discuter du bilan et des suites du plan d’action genre.