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5 avril 2025
Femmes
LA DÉSAGRÉGATION DES DONNÉES STATISTIQUES, UNE NÉCESSITÉ
«Les données statistiques désagrégées permettent de mieux prendre en compte la question genre dans les investissements.» C’est l’avis du Pr Allé Nar Diop, directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd)
Pour une prise en compte de la question genre dans les politiques des Etats, il est nécessaire d’avoir des données statistiques désagrégées. Selon le Pr Allé Nar Diop, directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), cela va permettre d’avoir un ciblage très fin afin de prendre en compte les préoccupations des femmes et des filles.
«Les données statistiques désagrégées permettent de mieux prendre en compte la question genre dans les investissements.» C’est l’avis du Pr Allé Nar Diop, directeur général de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd). Il présidait hier, mercredi 21 septembre 2022, un atelier régional sur les Ecosystèmes des données prenant en compte la dimension genre en Afrique.
Selon lui, dans l’entreprenariat féminin, ces données aident à voir comment assister les femmes dans les stratégies d’investissement. Il a rappelé qu’au Sénégal, la troisième stratégie de développement de la statistique inclut un aspect genre dans la production des données. Il signale que plusieurs projets sont en train d’être mis en œuvre avec plusieurs partenaires notamment Onu Femmes sur cette problématique où il est question de créer un écosystème de données qui prend en compte la dimension genre. «Plusieurs activités multipartites d’enquêtes, par exemple sur l’utilisation du temps qu’on a eu à exécuter cette année, permettent de mieux prendre en compte la question genre. Au-delà de cela, dans la production quotidienne de statistiques au niveau de l’Ansd, nous prenons cet aspect en compte pour pouvoir désagréger les données», a fait part le Dg de l’Ansd.
Pour sa part, Johannes Jutting, représentant de Paris21 (Partenariat global pour promouvoir les statistiques), mise sur les plans statistiques pour arriver au développement de nos pays. «Les plans statistiques sont mis en place pour aider les Plans nationaux de développement. Si dans les plans statistiques, il y a une attention plus particulière sur les questions de genre, cela va se transformer dans les plans de développement des pays», soutient-il.
LE MARIAGE DE CHEIKH YERIM SECK, UNE LÉGITIMATION DE LA CULTURE DU VIOL
Baol Baol, militante pour les droits des femmes, membre fondatrice du Collectif des Féministes du Sénégal, Awa Seck a jeté un pavé dans la mare par un tweet sur le récent mariage de Cheikh Yérim Seck - ENTRETIEN
Baol Baol, militante pour les droits des femmes, membre fondatrice du Collectif des Féministes du Sénégal, Awa Seck a jeté un pavé dans la mare par un tweet sur le récent mariage de Cheikh Yérim Seck et Astou Dione. Connue par son pseudo “La Moussoreuse”, elle assume sa prise de position et la clarifie pour Seneweb. Entretien.
En commentant sur Twitter le mariage de Cheikh Yérim Seck et Astou Dione, vous n’avez pas mâché vos mots : “réhabilitation de violeurs”, “conséquence de la culture du viol”, “prédateurs adulés”. Pourquoi avoir senti le besoin de porter une prise de position aussi forte et controversée ?
Ma prise de position n’est pas controversée, elle est très claire et s’inscrit dans notre lutte contre les violences sexuelles et sexistes au Sénégal.
Dans notre société, le viol est toujours banalisé. Les violeurs vaquent tranquillement à leurs occupations sans aucune vergogne ni sentiment de honte alors que les personnes violées disparaissent de l’espace public et sont donc doublement victimes. On ne peut pas continuer à détruire les femmes sans conséquence pénale ou sociale. Les violeurs doivent faire profil bas.
Les agressions à caractère sexuel constituent les formes les plus répandues de violences. Elles se déroulent dans la sphère publique ou dans le cadre familial et causent des conséquences néfastes aux victimes.
Selon l’Association des Juristes du Sénégal (AJS), le viol et la pédophilie occupent la première place de ces violences, et les chiffres enregistrés pour l’année 2020-2021 dans les huit (8) boutiques de droit le confirment avec plus de 260 cas signalés, sur des victimes dont la tranche d'âge varie entre 03 et 48 ans. A noter que la majorité de ces dossiers sont en instruction et jusqu’à ce jour aucune décision n’a été rendue.
Nous vivons dans un pays où un homme peut refaire sa vie peu importe le crime qu’il a commis s’il est influent, riche ou fait partie d’un cercle de privilégiés, ce qui est le cas de Yérim Seck. La culture du viol au Sénégal persiste grâce à notre environnement social et médiatique dans lequel les violences sexuelles sont toujours justifiées, excusées, banalisées voire acceptées.
C’est un environnement qui culpabilise les femmes et jeunes filles en faisant peser sur elles la responsabilité du crime. N’oublions pas de rappeler que le viol est un crime. Malgré la loi 2020- 05 criminalisant le viol et la pédocriminalité modifiant la loi n° 65-60 du 21 Juillet 1960 portant code pénal visant à durcir la répression du Viol et de la Pédophilie avec des sanctions pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité a été adoptée et promulguée le 13 janvier 2020, l’impunité règne toujours.
Dans un pays où très peu de viols sont déclarés, dénoncés et poursuivis, la parole de la victime est fragile face aux accusations.
Mais quel rapport entre ce que vous venez de décrire, et le mariage qui a été célébré le week-end dernier ?
Ce mariage symbolise tout ce que ce pays pense de ce crime.
N’oublions pas qu’à sa sortie de prison, Yérim a été récompensé avec une émission de télé et qualifié du plus grand analyste politique du pays. Un pays qui a tellement d’hommes intelligents et jeunes, comment peut-on faire de lui un rôle modèle ? Non seulement il est réhabilité mais adulé.
De plus en plus de victimes seront réticentes à dénoncer leurs agresseurs parce que la société sénégalaise excuse les violeurs comme Yérim, symbole de l’impunité.
Certains vous reprochent une forme d’acharnement sur Cheikh Yérim Seck. Vous donnez l’impression de vouloir sa “mort” professionnelle et sociale. N'a-t-il pas droit à une seconde chance ?
Soyons clair, la vie professionnelle de Yérim ne m’intéresse pas, socialement il doit se faire discret. Dans un pays normal, les violeurs font profil bas, nous luttons contre l’impunité des agresseurs sexuels comme lui.
Il est important de rappeler qu’il n’a pas été gracié, il bénéficie d’une liberté conditionnelle à laquelle il n’a pas droit, ce qui n’est pas normal. Des jeunes croupissent en prison pour des faits beaucoup moins graves. Yérim a reconnu les faits de viol, condamné en première et deuxième instance par la justice sénégalaise en septembre 2012, sa peine réduite il est sorti en janvier 2013. L’AJS et d’autres organisations des droits de l’homme ont contesté à l’époque cette libération. Ils ont exigé que l’Etat rectifie le tir et que la tolérance zéro soit la règle en cas de viol.
Parmi les motifs de grâce, le viol n’en fait pas partie.
Les citoyens sont d’égale dignité et doivent être punis à hauteur de leur crime. Ce n’est pas un acharnement sur la personne de Cheikh Yérim Seck, l’acte qu’il a commis est un acte grave qui a porté atteinte à la dignité d’une jeune fille. En continuant à se pavaner partout, il contribue à banaliser le viol et ceci nous ne pouvons l’accepter.
À Diourbel, un conducteur de Jakarta a été condamné à 15 ans de prison pour tentative de viol. On voit clairement le traitement « coumba am ndeye ak coumba amul ndeye ». Une société juste ne devrait pas être indifférente face à un tel double standard.
Yérim ne s’est jamais excusé, n’a jamais regretté ce qu’il a fait.
Nous continuerons, je continuerais à dénoncer la culture du viol tant qu’il ne paiera pas sa dette. D’ailleurs à sa libération, Moustapha Fall, président du réseau des journalistes contre le viol (oui ça existe), disait que : « les auteurs de viols sont des poisons pour la société. Ils doivent être mis hors d’état de nuire, on doit les castrer, les piquer…qu’ils soient journalistes, ministres, députés ou directeurs de sociétés, ils doivent tous croupir en prison ».
Nous avons tous été témoins, ces dernières semaines, de comment la société sénégalaise traite injustement des femmes qui n’ont commis aucun crime, leur reprochant leur divorce, remariage, leur courage de vouloir vivre heureuse. On les accuse de ne pas être de bons exemples pour les femmes. De l’autre côté, ces mêmes personnes félicitent Yérim, personne ne dit qu’il est un mauvais exemple pour les garçons et hommes de ce pays.
Je n’ai pas le temps de m’acharner sur Yérim, je parle de lui parce qu’il continue à faire un doigt d’honneur aux femmes, aux victimes et aux survivantes de violences sexuelles. En effet en juin 2021 le collectif des féministes du Sénégal a organisé un sit-in suite à l’agression sexuelle d’une fille mineure de 15 ans par le fils de Yerim Seck qui a tout filmé et publié la vidéo. Son père a voulu étouffer l’affaire. C’est suite à notre mobilisation que le jeune homme a été cueilli par la justice et encore une fois libéré (#JusticePourLouise).
On entend toujours, “ quel exemple, quel message envoie-t-on aux garçons et hommes de ce pays ?” Et les victimes dans tout ça ?
Dans cette affaire, d’autres vous reprochent aussi votre critique implicite du choix de vie de Astou Dione, accusée de participer à la “réhabilitation” d’un “violeur”. Par son mariage, trahit-elle réellement la cause des femmes ?
Comme tout le monde j’étais contente à l’annonce de son mariage dans ses stories. Elle n’avait pas encore donné l’identité de l’heureux élu. Lorsqu’elle l’a publié et je ne suis pas la seule, ce fut un choc de découvrir l’identité du marié : un violeur en liberté conditionnelle.
Les féministes sont pro-choix, nous luttons pour que chaque femme ait la liberté de décider de sa vie personnelle, professionnelle, sociale sans risquer d’être en danger.
Nous soutenons toujours les femmes parce qu’elles sont des victimes du système. Mais les femmes sont malheureusement les plus fidèles alliées du patriarcat. Les choix de vie de Astou Dione ne nous concernent pas mais quand ils contribuent à faire revenir un prédateur sexuel sur la scène, on s’octroie le droit d’en parler.
En tant que militante contre les violences faites aux femmes, son choix amène beaucoup de questions. Surtout pour les victimes qui voyaient en elle une défenseure de par ses positions sur le viol, la loi criminalisant le viol, qui selon elle manque de rigueur dans son application.
Si la loi justice sénégalaise était rigoureuse avec Yerim Seck il n’aurait pas la réhabilitation qu’il a eu aujourd’hui parce que les peines étaient de cinq à dix ans à l’époque.
On ne peut pas demander aux citoyens de rester neutre face à son choix, celui d’un violeur condamné et en liberté conditionnelle. En tant que militante et pour ce qu’elle représente, c’est assez troublant.
Vous avez tantôt parlé de double standard. Ne peut-on pas vous faire le même reproche : forte contre Yérim Seck et faible contre Ousmane Sonko dans l’affaire Adji Sarr ?
Je suis très contente que vous posiez cette question, je trouve très dommage que nos détracteurs, ces hommes et certaines femmes qui ne s’engagent que selon leur appartenance politique nous attribuent des combats de circonstances. Qu’attendent-ils pour agir pour leurs sœur, mère, épouse, tante, fille, comme c’est la seule condition pour qu’une femme mérite d’être traité avec dignité dans ce pays.
Le collectif féministe dont je fais partie a toujours soutenu Adji Sarr, nous soutenons toute femme qui dit être sexuellement abusée sans conditions. D’ailleurs lors de notre sit-in, on lui a montré tout notre soutien, on continue de le faire, elle est aussi assistée par des femmes incroyables mais tout n’est pas sur internet .
L’affaire Adji Sarr est encore une conséquence de comment on traite la parole des femmes et des hommes puissants dans ce pays : les femmes sont considérées comme des citoyennes de seconde zones, les hommes hyper protégés.
Personnellement il suffit d’aller sur ma page facebook et taper Adji Sarr vous verrez tous mes posts de soutien. J’ai toujours dénoncé l’inégalité de traitement entre Sonko et Adji Sarr depuis que l’affaire a éclaté. Sa vie a été fouillée, sa réputation salie, des enquêtes sur elle.
Adji est une fille sénégalaise lambda victime de la culture du viol qui culpabilise une fille célibataire qui a essayé de gagner sa vie comme elle peut, personne n’a le droit de porter atteinte à son intégrité. Un homme polygame a laissé femmes et enfants pour aller dans un institut de beauté en plein couvre feu, c’est lui qu’on croit pas une pauvre fille.
Sonko est un homme puissant, privilégié qui utilise son pouvoir et ses gens dans une société sénégalaise où les femmes qui brisent le silence sont brisées. Nous sommes dans un environnement social qui culpabilise les femmes quant à leurs tenues et apparences pour faire reposer sur elles la responsabilité de l’agissement d’un homme adulte souvent beaucoup plus âgé, deux fois son âge pour elle.
Il appartient aux hommes adultes de se contrôler, respecter leurs familles, femmes, d’avoir une certaine moralité, éthique quand ils ont pour ambition de diriger ce pays, être journalistes comme Yérim ou d’être des modèles pour cette jeunesse.
Pourquoi n' a pas appliquée la même démarche sur la vie privée de Sonko ? Non, une victime doit être irréprochable, et son agresseur « non sa vie privée ne nous intéresse pas » disent ses partisans. Adji Sarr sache que nous te soutenons quelle que soit l’issue.
En dehors des affaires médiatisées, tous les jours on accompagne des femmes broyées par un système qui protège les hommes et fait tout reposer sur les femmes et jeunes filles.
Chacune de nous a un travail, une famille, des occupations et nous ne sommes pas payées pour notre militantisme. Nous combattons le patriarcat, les oppressions des hommes, sur les femmes par principe.
Nous disons “victime je te crois” pour permettre aux personnes vulnérables de briser le silence dans une société où elles sont stigmatisées.
Pour ceux qui ne prennent pas la peine de savoir c’est quoi le féminisme : le féminisme est politique donc pluriel il y’a autant de féminismes donc de modes d’actions. L’essentiel est que nous avons un objectif commun : lutter pour avoir une société juste où les hommes et femmes sont égaux en droit pour éradiquer les violences.
Nous militons contre les violences sexuelles, économiques, l’accès à l’éducation des filles, les mariages forcés, l’accès à la santé des femmes. Cela fait des mois que beaucoup de femmes perdent la vie en donnant la vie, dans notre collectif il y a des femmes spécialisées selon les domaines.
Je suis très sensible à la mortalité maternelle et infantile. En effet, j’ai perdu ma mère quand j’avais 8 ans à cause d’une mauvaise prise en charge, elle était enceinte de 9 mois. Cela fait 35 ans que les femmes décèdent toujours en donnant la vie. Lutter contre les violences obstétricales fait aussi partie de nos combats.
Ce que nous défendons est un principe de droit humain, de respect de la dignité et de l’intégrité physique des femmes, ce n’est pas notre combat, cela doit être le combat de chaque citoyen sénégalais sans conditions.
Arrêtez de demander où sont les féministes ? Ne nous attendez plus, on est tous concernés !
Dans cette polémique, vous prenez aussi des coups souvent sexistes d’ailleurs, les attaques classiques contre les défenseurs des droits des femmes : “frustrée”, “jalouse”, “aigrie”, “mal baisée”. Comment vivez-vous avec ça et qu’est ce que cela traduit du climat de notre pays ?
Je suis féministe radicale, femme, entrepreneure, épouse, mère, épanouie, malheureusement on a l’habitude des attaques, insultes. Cela m’encourage encore plus dans mon militantisme. J’ai été élevée à Diourbel par un père (que Dieu ait pitié de son âme) qui s’est toujours battu pour que ses filles choisissent leur vie. Donc ce ne sont pas des hommes fragiles qui vont m’empêcher de parler, d’agir pour ce qui est juste. On a vraiment reculé parce que mon père, délégué syndical et compagnon de Cheikh Anta Diop, était plus déconstruit que nos harceleurs.
Ces hommes qui nous traitent de frustrées, mal baisées sont sexistes et misogynes. Jamais ils ne parlent de cette façon des militants comme Guy Marius Sagna ou Assane Diouf, Clédor Sène. Et puis aigrie n’est pas une insulte parce les féministes non-mariées préfèrent rester seules qu’être avec un homme qui abusent d’elle. Seuybadeh du ngoreu. Ce que nos mères ont accepté elles nous ont éduquées pour avoir ce qu’elles n’ont pas eu.
Des femmes font aussi partie de ces harceleurs, nous ne leur en voulons pas, à la fin de la journée tout droit acquis, tout combat gagné profite à toutes les femmes. Il est très difficile de faire ce qu’on fait dans une société comme la nôtre, il faut beaucoup de courage pour aller à contre-courant de ce que les hommes qui bénéficient du patriarcat qui nous oppressent, attendent des femmes. C’est aussi une stratégie de protection pour ces femmes. En effet, les femmes qui osent bouger de leurs places sont sévèrement punies.
Nos ancêtres Mariama Bâ, Caroline Faye, toutes les femmes qui nous ont permis aujourd’hui d’accéder à l’éducation étaient aussi attaquées, mais elles ont tenu. Nous avons un héritage de femmes battantes, qui défendent une société plus juste où toutes les femmes vivent en sécurité sans craindre pour leur intégrité physique ou leur vie.
Les féministes sont des régulatrices, nous savons qui nous sommes, d’où nous venons, décomplexées et décolonisées. La plupart des attaques c’est sur notre physique cela en dit plus sur eux que nous. Nous ne recherchons pas la validation des hommes pour savoir ce qui est bien pour nous et comment y arriver, c’est normal qu’ils aient peur.
Nous avons compris leurs stratégies pour faire taire, silencer toute femme qui dénonce les violences économiques, sexuelles, sexistes dont les femmes sénégalaises sont victimes.
Nous sommes la voix des sans voix, nous ne sommes pas nombreuses mais assez pour faire bouger les lignes. Soit on s’en sort ensemble soit on coule ensemble, aucune femme n’est en sécurité nulle part.
Le Sénégal est devenu un pays qui n’est plus sûr pour les femmes et je suis de plus en plus inquiète pour nos filles qui sont quotidiennement confrontées aux harcèlements de rue, violences dans les familles dont l’inceste etc.
Notre société est extrêmement violente envers les femmes et très conciliante avec les hommes violents. Ce constat devrait alarmer tout sénégalais.
LE DÉFI DE LA PARITÉ
Le Sénégal fait franchir un nouveau palier à la représentation politique des femmes en Afrique de l'Ouest avec une proportion record de députées au Parlement récemment élu. Mais il reste du chemin à parcourir face aux attitudes et aux lois patriarcales
Le Sénégal fait franchir un nouveau palier à la représentation politique des femmes en Afrique de l'Ouest avec une proportion record de députées dans le Parlement récemment élu. Mais il reste du chemin à parcourir dans un pays où attitudes et lois patriarcales sont profondément enracinées.
Plus de 44% des sièges de l'Assemblée nationale élue en juillet seront occupés par des femmes, la proportion la plus haute dans un Parlement en Afrique de l'Ouest. Des progrès contre-balancés par les réalités du pouvoir et les forces d'inertie sociales.
Aminata Touré a été Première ministre pendant dix mois entre 2013 et 2014 et a occupé le poste de présidente du Conseil économique et social qui a fait d'elle l'un des plus hauts personnages de l'Etat. Elle entre au Parlement pour le parti présidentiel.
Même elle fait observer qu'en politique, les pionnières rencontrent toujours résistance et suspicion. "On vous a beaucoup plus à l’œil, ils ne vous pardonnent aucune erreur", dit-elle à l'AFP. "Je crois que toutes les femmes de pouvoir vous diraient la même chose".
Sur les 165 mandats parlementaires, 73 ont échu à des femmes. Le pays, volontiers considéré comme un Etat de droit et un îlot de stabilité dans une région agitée, se classe au quatrième rang en Afrique et au 18e rang mondial pour la parité hommes-femmes au Parlement, devant la Suisse, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, selon l'Union interparlementaire, une organisation basée à Genève.
En dehors du Sénégal, sur les 111 postes de parlementaires ou de ministres pourvus en Afrique de l'Ouest et au Sahel entre décembre 2021 et juin 2022, seuls 15 l'ont été par des femmes, indique un rapport récent de l'ONU. Au Sénégal, une loi de 2010 exige la "parité absolue" entre les sexes dans toutes les institutions électives, avec des listes de candidats alternant hommes et femmes.
Viol, avortement, mariage...
Comme les têtes de liste sont presque toujours des hommes et le nombre de candidats élus sur une même liste est souvent impair, la représentation féminine reste inférieure à 50%, explique une porte-parole de l'Assemblée nationale.
Au-delà de la représentation politique, le Sénégal arrive au 130e rang sur 189 dans un classement de l'ONU sur l'égalité des genres. La forte présence à l'Assemblée nationale "permet aux femmes d'avoir leur mot à dire", sur le budget et sur leurs préoccupations, dit l'ancienne cheffe de gouvernement Aminata Touré.
La part que le nouveau Parlement fera à ces préoccupations est incertaine. Le Sénégal n'a criminalisé le viol qu'en 2020. Le Protocole de Maputo, une initiative de l'Union africaine qui vise à élargir l'accès à l'avortement et que le Sénégal a ratifiée en 2005, attend toujours d'être pleinement retranscris dans la loi nationale.
L'avortement n'est autorisé au Sénégal que pour sauver la vie d'une femme enceinte. En 2020, un quart de la population carcérale féminine était emprisonné pour des faits liés à l'avortement, selon l'ONG Africa Check. L'âge légal du mariage est de 16 ans pour les filles, 18 pour les garçons.
"Tellement à faire"
"Il devrait être porté à 18 ans pour que les filles puissent continuer d'aller à l'école et qu'elles soient sur un pied d'égalité avec les garçons en termes de droits", dit Maimouna Yade, responsable de l'organisation de femmes JGEN. "Il y a tellement de choses à faire", dit Mame Diarra Fam, nouvelle parlementaire d'opposition. Elle évoque les violences faites aux femmes, l'éducation des filles et l'accès aux soins.
Les défenseurs des droits reconnaissent les avancées réalisées ces dernières années, comme la loi sur la parité ou la loi de 2013 permettant aux Sénégalaises mariées à des étrangers de transmettre leur nationalité à leurs enfants, un droit dont jouissaient déjà les Sénégalais.
La loi criminalisant le viol a "largement été poussée" par des femmes députées, dit la militante Maimouna Yade. Le président Macky Sall devrait nommer prochainement un Premier ministre et un nouveau gouvernement sera formé. Les avocats de la cause des femmes observeront attentivement la place faite à ces dernières.
Aminata Touré fait partie de ceux qui plaident pour que la parité soit appliquée au gouvernement et au secteur privé. La société civile fait campagne pour que, pour la première fois, le président de l'Assemblée nationale soit une présidente. "On espère qu'une femme sera à la tête du Parlement", dit Coumba Gueye, secrétaire exécutive de l'Association des avocates sénégalaises. "Avec une femme, beaucoup de choses peuvent changer".
LES ORGANISATIONS FÉMININES EXIGENT LE RESPECT DE LA PARITÉ
La parité doit être respectée dans le bureau de l’Assemblée nationale dont l’installation est prévue le 12 septembre prochain.
A quelques jours de l’installation des députés de la quatorzième législature, le Réseau National de Veille et d’Alerte (Rnva) pour le respect de la loi sur la parité aux élections a lancé un avertissement aux parlementaires. Selon les organisations féminines, «le non-respect de la parité alternée est une cause de nullité de l’élection des membres des bureaux et des commissions».
La parité doit être respectée dans le bureau de l’Assemblée nationale dont l’installation est prévue le 12 septembre prochain. C’est ce qui ressort d’une déclaration du Réseau National de Veille et d’Alerte (Rnva) pour le respect de la loi sur la parité aux élections parvenue hier à «L’As». « Le non-respect de la parité alternée est une cause de nullité de l’élection des membres des bureaux et des commissions.
Le Rnva invite les honorables députés à observer et/ou à faire observer la parité dans ces instances électives et à veiller au strict respect des textes sur la parité, notamment du règlement intérieur qui régit l’organisation et le fonctionnement de votre auguste Institution. Le respect et l’application de la parité absolue constituent des avancées majeures dans la reconnaissance de la Démocratie et des Droits humains et ne sauraient souffrir d’aucun manquement», informe le Rnva dans le communiqué.
Dans le cadre de la mise en place du Bureau et des Commissions de l’Assemblée nationale, soulignent les organisations féminines, il est important de rappeler les dispositions législatives et réglementaires sur la parité absolue, applicables aux instances électives et semi-électives. «Après les élections locales et législatives, le Sénégal s’achemine vers l’installation le 12 septembre 2022 de la 14ème législature de l’Assemblée Nationale issue des élections législatives du 31 juillet 2022. Elle sera composée de 73 femmes (44%) et 92 hommes (56%). C’est une grande avancée (même si on n’est pas encore à 50/50) qui donne la 4ème place au Sénégal au niveau africain et la 18ème au plan mondial. Conformément à l’article 7 alinéa 5 de la Constitution qui dispose que ‘’La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats et aux fonctions’’, la loi n°2010-11 du 28 mai 2010 instituant la parité absolue Homme-Femme a été adoptée, suivie de son décret d’application n°2011-819 du 16 juin 2011 et intégrée dans le Code électoral (CE)», soutiennent-elles.
Pour les organisations féminines, l’article 1er de la loi sur la parité dispose que «la parité absolue homme-femme est instituée au Sénégal dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives» . «Le décret n° 2011-819 du 16 juin 2011, portant application de cette loi cite, parmi les institutions concernées, l’Assemblée nationale, son Bureau et ses Commissions. Ces dispositions ont été transposées dans le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale par la loi n°2015-19 du 18 août 2015 modifiant la loi n°2002-20 du 15 mai 2002.
Ainsi, l’article 14 alinéa 2 dispose : ‘’les vice-présidents, les secrétaires et les questeurs sont élus au scrutin de liste, pour chaque fonction, respectant la parité homme-femme, conformément aux dispositions de la loi n°2010-11 du 28 mai 2010’’. L’application de la loi sur la parité est d’ordre juridique lui conférant son caractère obligatoire avec comme objectif de corriger la sous-représentation des femmes au sein des responsabilités de la vie publique», précisent-elles. Il est important, pour le réseau, de souligner avec vigueur que le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale dispose en son article 13 que «Le bureau de l’Assemblée nationale comprend, outre le Président : le 1er Vice-Président, …».
Par conséquent, ajoutent les membres du réseau, «un (e) président(e) élu (e) dans un bureau ou une commission fait partie intégrante de ce bureau ou de cette commission. Son suivant devra être nécessairement de sexe opposé pour respecter les conditions de la parité alternée telle que stipulée par la loi.
D’ailleurs à ce titre, concernant l’élection des membres des bureaux des institutions totalement et partiellement électives, la Cour Suprême, à travers deux arrêts (n° 02 et n° 17 respectivement datés des 08 janvier et 26 février 2015), considère sans détour, que les Présidents d’institutions font partie du Bureau», insiste le Réseau National de Veille et d’Alerte (Rnva) pour le respect de la loi sur la parité aux élections.
HALIMA GADJI RETOURNE À L'ÉCRAN
La chaine cryptée française Canal+ a lancé une nouvelle série intitulée : ‘’Le Futur est à nous’’ qui sera diffusée à partir de lundi, marquant ainsi le retour sur le petit écran de l’actrice principale, la Sénégalaise Halima Gadji
La chaine cryptée française Canal+ a lancé une nouvelle série intitulée : ‘’Le Futur est à nous’’ qui sera diffusée à partir de lundi, marquant ainsi le retour sur le petit écran de l’actrice principale, la Sénégalaise Halima Gadji.
‘’C’est le grand retour, une nouvelle production, un nouveau personnage. C’est grâce à Samantha Biffot (la productrice) et à mon art qui m’a amenée ici’’, a déclaré l’actrice, vendredi, lors d’une projection, en avant première, devant un public de trois épisodes de cette série à la salle Canal Olympia Téranga.
Dans cette nouvelle série, Halima Gadji interprète le rôle de Aby Ndiaye Konan, une journaliste sénégalaise, partie à Abidjan (Côte d’Ivoire) avec son époux Henri Konan (l’Ivoirien Mahoula Kane, assassiné à leur arrivée) et son fils Milel Konan.
Cette série qui relate l’histoire de trois familles met en scène 15 acteurs principaux venant du Sénégal et de la Côte d’Ivoire.
‘’C’est une très belle expérience vécue et un challenge bien relevé’’, a raconté Halima Gadji.
‘’J’ai commencé les tournages avec beaucoup d’enthousiasme, d’amour, avec une très belle équipe panafricaine de production composée que de jeunes, une équipe panafricaine des acteurs formidables et c’est la première fois que je joue avec des acteurs étrangers hors de chez moi’’, a-t-elle expliqué.
L’actrice a été revelée au grand public avec la série sénégalaise ‘’Maitresse d’un homme marié’’ de la Maison de production ‘’Marodi Tv’’, dans laquelle, elle a interprété le rôle de Marième Dial.
La nouvelle série ‘’originale’’ de la chaine française ‘’Le Futur est à nous’’ sera diffusée pour la première fois quotidiennement du lundi au vendredi, selon le nouveau directeur général de Canal+ Sénégal, Cheikh Ahmadou Bamba Sarr.
‘’C’est de la responsabilité de tout un chacun de travailler à ce que les artistes puissent y vivre, des investisseurs comme nous puissent continuer à investir dans cet écosystème de sorte que tout le monde puisse s’y retrouver et en bénéficier’’, a-t-il estimé.
Cette série ‘’Le futur est à nous’’ créée en 2019 regroupe 15 acteurs principaux, 40 personnages secondaires et plus de 1000 figurants. Elle a été entièrement tournée en Côte d’Ivoire.
Selon sa productrice Samantha Biffot, 60 épisodes ont été tournées pour cette première saison, 120 épisodes seront tournés en 2023 et 260 sont prévues à l’horizon 2025.
UNE FORTE NÉGLIGENCE A CAUSÉ UN NOUVEAU DRAME AUTOUR DE L'ACCOUCHEMENT
Mme Doura Diallo s'est présentée mardi au centre de santé de Kédougou pour un accouchement avant une décision du personnel médical de faire une "intervention chirurgicale" faite "trop tard car la situation était déjà devenue inextricable"
"Une forte négligence médicale" a causé le décès cette semaine au Sénégal d'une femme et son bébé et justifie la garde à vue de trois personnels de santé, a déclaré un procureur d'un tribunal sénégalais.
"Eu égard à la gravité des faits", trois "personnes mises en cause sont arrêtées et placées (depuis mercredi) en position de garde à vue pour homicide volontaire et complicité de ce chef", a indiqué le procureur du tribunal de grande instance de la ville de Kédougou (sud-est), Baye Thiam dans un communiqué, daté de mercredi et parvenu vendredi à l'AFP.
Mme Doura Diallo, dont l'âge n'a pas été précisé, s'est présentée dans la journée de mardi au centre de santé de Kédougou pour un accouchement avant une décision du personnel médical de faire une "intervention chirurgicale" faite "trop tard car la situation était déjà devenue inextricable". Les centres de santé sont des structures intermédiaires entre postes de santé et hôpitaux au Sénégal.
Selon le procureur, citant un rapport médical, "les manoeuvres du gynécologue pour extraire le nouveau-né ont causé (son) décès" et ont "certainement provoqué une rupture utérine qui a immédiatement conduit au décès de la mère suite à une hémorragie externe et un arrêt cardiaque". "Une forte négligence médicale ainsi qu'un manquement manifeste aux règles élémentaires de la médecine ont été relevés", indique-t-il. Les trois personnes en garde à vue sont un gynécologue, un anesthésiste et un infirmier, a indiqué à l'AFP un représentant syndical.
La presse sénégalaise a rapporté des circonstances terribles pendant l'accouchement et la prise en charge par l'équipe médicale. Cette affaire fait écho à une autre qui a suscité un vif émoi. Astou Sokhna, la trentaine, mariée et enceinte de neuf mois, est décédée le 7 avril à l'hôpital de Louga (nord) après avoir attendu dans de grandes souffrances pendant une vingtaine d'heures la césarienne qu'elle réclamait.
Trois sages-femmes ont été condamnées en mai à Louga à six mois de prison avec sursis pour "non assistance à personne en danger". Onze bébés ont péri le 25 mai dans un incendie dans l'hôpital de la ville de Tivaouane (ouest). Trois personnes qui étaient en détention préventive dans le cadre de l'enquête ont bénéficié d'une liberté provisoire entre le 23 août et le 30 août, a rapporté la presse. Quatre nouveau-nés avaient également péri dans l'incendie d'un service de néonatalogie à l'hôpital de Linguère (nord) en avril 2021.
Le président Macky Sall a reconnu "l'obsolescence" du système de santé et ordonné son audit après le drame de Tivaouane.
TROIS AGENTS DE SANTÉ ARRÊTÉS DANS UN NOUVEAU DRAME AUTOUR DE L'ACCOUCHEMENT
Une femme et le bébé qu'elle portait sont décédés dans la nuit de mardi à mercredi lors de l'accouchement dans un centre de santé de Kédougou. La presse a rapporté des circonstances terribles au cours de la prise en charge par l'équipe médicale
Trois professionnels de santé ont été placés en garde à vue cette semaine au Sénégal après le décès d'une femme enceinte et son bébé, dernier drame en date autour de l'accouchement et la maternité dans le pays, a indiqué un représentant syndical.
Ces décès mettent à nouveau en lumière les carences du système de santé au Sénégal après une série d'accidents fatals.
Une femme et le bébé qu'elle portait sont décédés dans la nuit de mardi à mercredi lors de l'accouchement dans un centre de santé de Kédougou (sud-est), a indiqué à l'AFP un représentant syndical s'exprimant sous le couvert de l'anonymat parce que l'affaire est entre les mains de la justice.
La presse a rapporté des circonstances terribles au cours de l'accouchement et de la prise en charge par l'équipe médicale.
Les centres de santé sont des structures intermédiaires entre postes de santé et hôpitaux dans les petites villes.
"Trois personnes ont été arrêtées depuis hier (mercredi). Elles sont en garde à vue à la gendarmerie de Kédougou pour négligence", a dit le représentant syndical. Il s'agit d'un gynécologue, un anesthésiste et un infirmier, a-t-il précisé.
Selon la presse sénégalaise, Dioura Diallo, en état de grossesse très avancée et dont l'âge n'a pas été précisé, s'est présentée mardi soir au centre de santé. Elle est décédée après avoir abondamment saigné et à la suite d'une césarienne ratée lors de laquelle le bébé a subi des blessures avant de décéder, selon la presse.
Cette affaire fait écho à une autre qui a suscité un vif émoi. Astou Sokhna, la trentaine, mariée et enceinte de neuf mois, est décédée le 7 avril à l'hôpital de Louga (nord) après avoir attendu dans de grandes souffrances pendant une vingtaine d'heures la césarienne qu'elle réclamait.
Trois sages-femmes ont été condamnées en mai à Louga à six mois de prison avec sursis pour "non assistance à personne en danger".
Onze bébés ont péri le 25 mai dans un incendie dans l'hôpital de la ville de Tivaouane (ouest). Trois personnes qui étaient en détention préventive dans le cadre de l'enquête ont bénéficié d'une liberté provisoire entre le 23 août et le 30 août, a rapporté la presse.
Quatre nouveau-nés avaient également péri dans l'incendie d'un service de néonatalogie à l'hôpital de Linguère (nord) en avril 2021.
Le président Macky Sall a reconnu "l'obsolescence" du système de santé et ordonné son audit après le drame de Tivaouane.
LES VIOLENCES CONJUGALES EN HAUSSE AU SÉNÉGAL
Les violences conjugales sont passées de 40,6 à 52% en deux ans, selon la directrice de l'Organisation Non Gouvernementale (Ong) Partners West Africa Sénégal, Adjaratou Wara Aïdara
Les violences conjugales sont passées de 40,6 à 52% en deux ans, selon la directrice de l'Organisation Non Gouvernementale (Ong) Partners West Africa Sénégal, Adjaratou Wara Aïdara. Aussi, a-t-elle plaidé pour une police centrée sur les survivants des Violences Basées sur le Genre (VBG).
La lutte contre les Violences basées sur le genre (VBG) est loin d'être gagnée. Malgré l'existence d'un texte de loi criminalisant le viol et la pédophilie, le fléau sévit encore au sein de la société sénégalaise. D’après la Directrice de l'Ong Partners West Africa Sénégal qui cite des chiffres de l'Association des juristes du Sénégal, le taux de violences conjugales a connu une hausse. «Au Sénégal, une loi criminalise le viol et la pédophilie.
"Il est attendu de cette loi une réduction de ces types de violences. Malheureusement, les données montrent qu'il n'y a pas eu d'avancées majeures. D'ailleurs, une hausse des violences faites aux femmes a été observée un peu partout au Sénégal et dans le monde, surtout les violences conjugales. Les chiffres de l'Association des Juristes du Sénégal (Ajs) montrent que ces formes de violences sont passées de 40,6 à 52% en deux ans, malgré toutes les dispositions prises. C'est alarmant ! », s'inquiète Professeur Adjaratou Wara Aïdara qui prenait part hier à un atelier de partage des résultats de recherches sur les violences faites aux femmes et aux enfants.
Sur le même registre, la patronne de Partners West Africa Sénégal s'alarme du faible taux de dénonciation de la part des "survivants" des violences faites aux femmes auprès des services de police. «Seuls 40% des victimes de ces violences vont vers les services de police et les services sociaux. Elles se signalent auprès de leurs familles et de leurs amis. Seule une personne sur dix va vers la police. Ce qui représente moins de 15%. Ce sont plus de 60% de cas qu'on n'arrive pas à identifier à cause de la victimisation, mais également par peur d'aller vers ces structures pour diverses raisons», a regretté Mme Aïdara.
Une police centrée sur les survivants des VBG
Dans son étude réalisée dans 7 régions du Sénégal, Partners- West Africa plaide pour une police centrée sur les personnes victimes de violences baséessur le genre. Sous ce rapport, indique Adjaratou Wara Aïdara, les commissariats de Mbao et de Rebeuss devraient aider à identifier ces cas. Parce que, souligne-t-elle, le silence permet aux auteurs de ces actes de continuer dans la mesure où la plupart de ces victimes ne se signalent pas.
«La justice et la sécurité sont deux secteurs qui ont un rôle majeur à jouer dans la prévention et dans la lutte contre toutes formes de violences à l'égard des femmes et des couches vulnérables. Nous avons une culture de la non-dénonciation, de la protection des auteurs de ces actes puisqu'étant souvent du cercle le plus restreint et le plus intime de la victime, par peur de représailles à cause de la stigmatisation et de la victimisation. Il faut qu'on puisse briser le plafond de verre pour inverser la tendance afin que la peur change de camp", a plaidé la Directrice Sénégal de Partners West Africa.
Prenant part à l'atelier, la Directrice de la Famille et de la protection des groupes vulnérables au ministère de la Femme, de la Famille et du Genre a noté l'importance de s'appuyer sur le rôle des forces de sécurité et de défense dans la prise en charge des victimes de la violence basée sur le genre. Sous ce rapport, a laissé entendre Fatou Ndiaye, le Sénégal a élaboré un guide en vue de former le maximum d'agents de police et de gendarmerie sur la prise en charge des victimes de violences basées sur le genre.
par l'éditorialiste de seneplus, jean-claude djéréké
MARIE KORÉ, UNE GRANDE FIGURE DE LA LUTTE ANTICOLONIALE EN CÔTE D’IVOIRE
EXCLUSIF SENEPLUS - Les trois mots qui résument bien la trajectoire de cette femme sont : courage, autorité et patriotisme. Elle n'avait pas peur de se mettre en avant pour affronter les épreuves qui jalonnent le chemin de la liberté
Jean-Claude Djéréké de SenePlus |
Publication 27/08/2022
“Mes sœurs bhété, baoulé, dioula et de partout, n’ayez pas peur ! Chez nous aussi nous n’avons pas peur de l'eau, nous avons l’habitude de travailler dans l’eau. Ce n’est pas parce qu’on nous envoie un jet d’eau avec du sable que nous devons nous décourager car une personne qui veut aller au secours de son époux, de son frère, de son fils ne doit pas reculer devant si peu de choses.” Ainsi s’exprimait Marie Koré, le 22 décembre 1949. Elle s’adressait aux femmes qui avaient décidé de marcher d’Abidjan à Grand-Bassam où étaient détenus 8 dirigeants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), la section ivoirienne du Rassemblement démocratique africain (RDA). Il s’agit de Bernard Dadié, Mathieu Ekra, Jacob Wiliams, Jean Baptiste Mockey, Albert Paraiso, René Séry Koré, Lama Kamara, Phillipe Vieyra (cf. Henriette Diabaté, ‘La marche des femmes sur Grand-Bassam’, Abidjan, Nouvelles Éditions africaines, 1975 ).
On l’appelle Marie Koré, parce qu’elle épousa en secondes noces René Séry Koré, mais son vrai nom est Zogbo Galo Marie. Elle a vu le jour en 1910 ou en 1912 à Gossa, village situé dans la sous-préfecture de Gboguhé (Daloa). On ignore à quel moment elle débarque à Abidjan. Ce qu’on sait, en revanche, c’est qu’elle va y rencontrer et épouser un Français. Le mariage ne dura pas longtemps parce que le Français n’appréciait pas l’engagement politique de sa femme. Celle-ci militait dans le RDA qui luttait pour la fin de la colonisation. En dehors de la politique, Marie vendait de la banane plantain frite ou “aloco” à Treichville, une commune d’Abidjan. C’est là qu’elle fit la connaissance de René Séry Koré qui vivait déjà avec une autre femme appelée Meunde. Koré venait d’être licencié des P.T.T. par l’administration coloniale pour son appartenance au PDCI-RDA.
En 1947, Marie Galo, devenue Marie Séry Koré, est élue présidente des femmes du PDCI. Deux ans plus tard, elle participe aux manifestations qui ont lieu devant le palais du gouverneur socialiste Laurent Péchoux. Arrivé à Abidjan courant 1948, Péchoux avait pour mission de supprimer le RDA qui, entre autres choses, n’acceptait pas l’injustice dont étaient victimes les agriculteurs ivoiriens (par exemple, le kilo de café était acheté 45 francs CFA au producteur et vendu officiellement en France à 420 francs métropolitains). Pour parvenir à ses fins, Péchoux créa le Parti progressiste dirigé par Étienne Djaument. Le 22 décembre 1949, Marie Koré et d’autres femmes décident de rejoindre à pied Grand-Bassam qui fut la capitale du pays entre 1893 et 1900 et que 40 km séparent d’Abidjan. Pour empêcher les femmes d’atteindre Grand-Bassam, l’administration coloniale interdit aux transporteurs de rouler. “Nous ne sommes pas nées avec des voitures. Nous sommes habituées à marcher. Ça ne nous coûte donc rien de faire le voyage à pied”, répliqua Marie Koré. Certaines manifestantes devaient se retrouver au palais de justice, d’autres à la prison civile. Marie faisait partie du second groupe. Le 24 décembre 1949, très tôt, elle et les femmes de son groupe empruntent la rue principale. Les forces de l’ordre, qui avaient dressé un barrage sur le pont construit sur la lagune Ouladine, lancent des jets d’eau mélangée à de la vase et à des tessons de bouteilles. Mais les femmes ne reculent pas. Marie Koré monte sur le pont avec sa fille Denise sur le dos. Les femmes lui emboîtent le pas mais Marie glisse et tombe avec sa fille. Elle est battue avant d’être conduite au commissariat. Elle sera déférée au parquet avec quelques-unes de ses camarades et incarcérée en même temps que sa fille.
Le 15 décembre 1949, commence le boycott des produits français. Partout, les populations sont vent debout contre le système colonial mais les manifestations sont violemment réprimées par la police coloniale. Plusieurs morts et blessés sont enregistrés à Agboville, Bouaflé, Dimbokro, Gohitafla, Séguéla, etc. Que fera le PDCI pour sortir de l’impasse ? “Pour éviter un atroce massacre comme à Madagascar en 1947, le RDA décida de se désapparenter des groupes communistes et d’amener le pouvoir colonial à composer avec lui et à faire des réformes”, écrit l’historien Jean-Noël Loucou en avril 2016. Pour lui, l’indépendance de la Côte d’Ivoire ne fut pas octroyée mais négociée (https://news.abidjan.net/articles/588788/le-pdci-rda-de-1946-a-2016-70-a...). Peut-on souscrire à la thèse de l’indépendance négociée quand on sait que Houphouët était en position de faiblesse ? Pour négocier, il eût fallu que le PDCI disposât d’une force égale ou supérieure à celle de la France coloniale.
En mars 1950, les dignitaires du PDCI, incarcérés depuis février 1949, bénéficient d’une mise en liberté partielle. Marie Koré meurt, trois ans plus tard. Sa fille n’a que sept ans. A-t-elle succombé aux mauvais traitements subis pendant la lutte pour l'indépendance ou bien a-t-elle été tuée par l’éther qu’un médecin français lui aurait injecté en lieu et place de l’anesthésie avant de l’opérer d’un panaris à l’hôpital annexe de Treichville ? Difficile de dire ce qui s’est vraiment passé dans les derniers moments de sa vie. Ce qui est certain, c’est que la République n’a pas oublié le combat de Marie Koré. Elle lui a témoigné sa reconnaissance en créant un timbre postal à son effigie, en érigeant un monument qui représente trois femmes, en donnant son nom à une école primaire dans la commune d’Adjamé. Plusieurs associations féminines portent son nom. Le pont sur la lagune Ouladine, entre Grand-Bassam et Abidijan, a été baptisé “Pont de la Victoire” en souvenir de la résistance des femmes à l’administration coloniale qui avait injustement embastillé les militants du PDCI-RDA. La Banque centrale des États d’Afrique occidentale (BCEAO) a mis la photo de Marie Koré sur un billet de 1 000 francs CFA.
Les trois mots qui, à mon avis, résument bien la trajectoire de Marie Koré sont : courage, autorité et patriotisme. Marie Koré n’avait pas peur de se mettre devant, non pour se faire remarquer, mais pour affronter les épreuves qui jalonnent le chemin de la liberté (gaz lacrymogènes, jets d’eau, prison, etc.). Ses mots d’ordre étaient toujours suivis parce qu’elle était capable de donner l’exemple et de remonter le moral de ses camarades quand il le fallait. Pour elle, la patrie était beaucoup plus importante que l’ethnie et la religion. Elle refusait que son pays soit dominé et exploité par un autre pays. Elle lança l’appel au rassemblement des femmes parce qu’elle avait compris que les militants du PDCI emprisonnés à Grand-Bassam menaient le bon combat. Cette femme, qui avait horreur de l’injustice et de l’oppression, est incontestablement l’une des grandes figures de la lutte pour l’indépendance en Côte d’Ivoire et il ne fait l’ombre d’aucun doute que son engagement, sa détermination et son courage l’ont fait entrer dans l’Histoire.
«IL FAUT QUE LES CHIFFRES DE LA MORTALITÉ MATERNELLE NOUS REVOLTENT»
Engagée dans la lutte contre la mortalité maternelle, la Docteure (elle insiste sur le e) Ndèye Khady Babou, médecin spécialisée en santé publique, est indignée que les chiffres de la mortalité maternelle ne révoltent pas plus que cela les Sénégalais
La cause féministe embrasse de nombreux segments de la vie de la société. La première édition de «Jotaay ji», le festival féministe sénégalais, a installé le débat sur des questions qui touchent spécifiquement les femmes. Engagée dans la lutte contre la mortalité maternelle, la Docteure (elle insiste sur le e) Ndèye Khady Babou, médecin spécialisée en santé publique, est indignée que les chiffres de la mortalité maternelle ne révoltent pas plus que cela les Sénégalais. Un combat légitime dans un pays où, chaque année, ce sont 236 femmes qui meurent pour 100 000 naissances, alors que l’Oms attend un chiffre de 70 décès maternels pour 100 000 naissances.
Vos recherches portent surtout sur la problématique de la mortalité maternelle au Sénégal. Est-ce un engagement féministe pour vous ?
C’est un engagement féministe pour moi parce qu’à travers le monde, les femmes qui sont en état de grossesse et qui accouchent ont les mêmes complications que les femmes du Sénégal ou de l’Afrique. Mais ailleurs, les femmes n’en meurent pas et des solutions pratiques et peu coûteuses sont trouvées. Mais si aujourd’hui, dans nos pays, nous continuons à avoir des mortalités aussi élevées, autant chez la mère que chez l’enfant, c’est problématique. Il faut quand même qu’on se pose des questions par rapport aux politiques mises en place pour lutter contre cette mortalité maternelle, leur application et leur applicabilité et les ressources qui sont mises en place pour lutter contre ce fléau. C’est juste une aberration qu’en 2022, que l’on soit encore à 236 femmes qui meurent pour 100 000 naissances, là où on a promis à l’Oms d’être à 70 décès maternels.
Pour vous, l’Etat ne fait pas ce qu’il faut ?
Il y a des politiques mais derrière chaque politique, derrière chaque financement, il faut un suivi. Par exemple, sur plein d’études, on a montré que le fait de résoudre la problématique de la mortalité maternelle dans un pays résolvait presque tous les problèmes de santé. C’est un système tellement bien réfléchi, pensé et applicable que sa résolution améliorerait toutes les autres problématiques de santé. Pour la mortalité maternelle par exemple, il y a l’exemple des banques de sang. Parmi les causes de la mortalité maternelle, il y a les hémorragies de la femme enceinte pendant l’accouchement ou après. Et rien qu’en réglant ce problème de l’hémorragie, on règlerait tous les problèmes de banque de sang au Sénégal. Et là, il y a des politiques qui sont faisables. Pourquoi on ne les applique pas ? En tant que population sénégalaise, en tant qu’homme ou femme du Sénégal, on n’est pas plus exigent que ça par rapport à la mortalité maternelle. On a beau avoir réussi son système de santé, mis des choses en place, comme dans les pays du Nord par exemple, mais des gens vont quand même mourir du cancer. Mais la mortalité maternelle, on n’en meurt plus, c’est ça la différence. On a des morts évitables, des raisons pour lesquelles plus personne ne meurt aujourd’hui et nous, on continue d’en mourir. Des femmes continuent d’en mourir.
On continue encore d’évoquer le péché originel, les croyances culturelles pour expliquer ces morts…
Dans nos représentations populaires, quand une femme tombe enceinte, on commence déjà à formuler des prières pour elle, parce que sa vie serait en jeu. Mais ailleurs, c’est un évènement heureux que d’attendre un enfant. Parce que tu sais que tu ne vas pas en mourir, tu ne t’attends pas à mourir en donnant la vie. C’est dans nos cultures, dans nos sociétés, qu’on te dit : «Daguay mouth !» (Tu vas être sauvée). Du coup, on est tellement imprégné de ces notions de destinée qu’on ne se pose pas de questions. Et dès l’instant où on ne le fait pas, on remet tout entre les mains de Dieu. Et on ne se pose plus de questions sur nos responsabilités personnelles, sur celles de l’Etat, des professionnels de soins pour aujourd’hui oser se plaindre. Il faudrait que l’on puisse en arriver là parce que ça ne ferait qu’améliorer le système de santé.
Vous pensez à une action d’envergure des femmes ?
Pas porter plainte à proprement parler, mais être plus exigent. J’évoquais tantôt les décès liés au manque de sang. Le sang n’est pas produit par l’Etat. Mais ce que peut faire l’Etat, c’est de mettre sur pied des centres de transfusion, les fonds nécessaires pour rendre disponibles les poches de sang et pour que la population à son tour, aille donner du sang de manière régulière et ne pas seulement attendre que les banques soient vides pour le faire. Il faut qu’on ait cette culture et c’est ce qu’on appelle responsabilité partagée. Il y a une part que l’Etat doit faire, il y a une part que la gouvernance sanitaire doit faire et il y a notre responsabilité. Moi, en tant qu’homme dont la femme est en état, qu’est-ce que je fais pour concourir à son bien être ? Est-ce qu’elle fait ses consultations ? Son alimentation, sa prise en charge ? Il faut qu’on apprenne à être exigent et que les chiffres de la mortalité maternelle nous révoltent. Tant qu’on n’en sera pas là, on risque de ne pas changer les choses. On risque de penser que c’est la destinée, que c’est Dieu. C’est prouvé maintenant qu’une femme qui meurt, c’est une grosse perte pour l’économie parce qu’elle pèse très lourd pour tout ce qui concerne la prise en charge de la famille, le développement économique du pays.
Est-ce la même chose pour les violences conjugales ? Vous disiez dans votre intervention qu’il y a un protocole de prise en charge et une autre paneliste disait qu’il n’y en a pas…
Il y a un protocole par rapport à la prise en charge des violences basées sur le genre. C’est un modèle qui a repris ce que l’Oms avait mis en place mais que les autorités ont adapté à nos réalités. Main¬tenant, il faudrait juste démocratiser cela. Ces protocoles doivent pouvoir être fonctionnels pour tout le personnel médical et paramédical. Aujourd’hui, vu le nombre de personnes victimes de violences basées sur le genre, il ne devrait plus seulement s’agir de dire qu’on va former un groupe de personnel et laisser les autres. Cela devrait même être dans les curricula du personnel soignant de manière générale. Et qu’on puisse l’appliquer. Sinon, si une personne n’est pas outillée pour diagnostiquer ou détecter ces violences faites à une victime, celle-ci n’est pas prise en charge à temps ou n’est pas prise en charge du tout. Et c’est ce qui explique parfois les cas de féminicide ou de violences physiques beaucoup plus graves et qu’on aurait peut-être pu éviter.
Une femme victime de violence, il y a moyen de la repérer ? Comment ?
Au niveau du personnel médical par exemple, ce qui est sûr, c’est que quand il y a des victimes qui ont été brutalement abusées, il y a des signes physiques. Pour ces victimes-là, prendre le temps de discuter avec elles et voir les causes de ces blessures pourraient être plus faciles que pour une victime qui est sous le coup de violences verbales, psychologiques ou économiques. Et par rapport à ça, il y a aussi des choses à faire, pas seulement par le personnel médical, mais par tous les relais communautaires comme les badienou gox, etc. Pour le médecin par exemple, ce serait de se dire que cette femme, c’est la 3e ou la 5e fois que je la vois. Et chaque fois, ce sont des céphalées alors qu’au niveau physique, il n’y a rien. Peut-être qu’il y a autre chose. Et il prend le temps de l’écouter et de l’examiner, de chercher des blessures de défense qui sont localisées sur certaines parties du corps quand la personne essaie de se protéger des coups. Ce sont des formations à avoir avec le personnel médical mais surtout les déconstruire. Nous appartenons tous à un système où, plus ou moins, on banalise la violence et le personnel médical n’est pas épargné. Il faut donc faire en sorte que toutes les personnes, qui sont dans le circuit de prise en charge, puissent accéder à ces modules et prendre en charge d’éventuelles victimes. Parce que rien que dans l’écoute, l’information, dire à la victime ses possibilités, c’est un grand pas. Et les victimes de violence n’ont pas cela actuellement.