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4 avril 2025
International
par Boubacar Mohamed Sy
LA FEMME AU CENTRE DE LA STRATÉGIE POUR L’ÉDUCATION DES MASSES
Le tollé qu’a suscité la note de service du Directeur Général du Port Autonome de Dakar aménageant les horaires de travail en faveur des femmes et pour le Ramadan mérite une attention particulière, tant il renseigne sur la complexité de notre société
Amkoullel, l’enfant peulh : « Un enfant peut désobéir à son père mais jamais à sa mère ».
Le tollé qu’a suscité la note de service du Directeur Général du Port Autonome de Dakar aménageant les horaires de travail en faveur des femmes et pour le Ramadan mérite une attention particulière, tant il renseigne sur la complexité de notre société.
Mieux, il renseigne sur une certaine difficulté à mettre sur la besace à idées quelques problématiques de fond dont le traitement permettrait de combattre quelques freins au développement.
Par exemple : en tant qu’écrivain et intellectuel qui se nourrit de controverses scientifiques, je suis (excusez l'emploi du je) déjà très en avance aussi bien dans la réflexion que dans la rédaction d’un essai politique qui traitait de la place de la femme dans notre société.
Le titre choisi, assez complexe, est le suivant : La place de la femme dans la société sénégalaise : entre conformisme ou modernité. (Titre qui pourrait évoluer)
Il reste évident, au demeurant, que traiter le présent sujet serait comme se positionner sur une ligne de crête surtout quand, subséquemment, on veut réfléchir sur ce qui pourrait concourir à une vraie éducation des masses, au Sénégal. Problématique ; à savoir précisément l’absence d’éducation des masses, qui demeure un parmi d’autres des vrais obstacles au développement du Sénégal.
La solution, à cet effet, pourrait être de replacer la femme au centre même de la stratégie pour aboutir à une société ou l’éducation est socle de toute démarche des membres qui la composent.
En vérité, superficiellement, il est difficile pour un pays de se développer avec une grande partie de la population mal éduquée, mal instruite et qui considère l’argent comme la seule valeur à considérer.
Cela justifie l’expansion et la puissance du paraitre outrageusement soigné à « ndoumbelane » et érigé en passe-droit un peu partout.
Venons-en à l’absence d’éducation des masses.
Manifestation de l’absence d’éducation comme frein au développement
L’absence d’éducation dans la société a engendré au Sénégal beaucoup de tares. Lesquelles appréciées aussi bien au niveau des citoyens que des hommes politiques.
En effet, le Sénégal est un pays où chacun peut faire ce qu’il veut. C’est un pays où le respect est mort malgré les discours moralisateurs, à longueur de journée, sur la politesse et sur tout ce qui s’y apparente.
Un pays ou celles et ceux qui essaient de rester sur le droit chemin et qui font preuve de rectitude dans la démarche dérangent. Il est une société où le mensonge est généralisé et banalisé, où la corruption est un recours usité insolemment.
Le mensonge, l’impolitesse, la ruse et la corruption sont-ils devenus les arguments du citoyen qui ne se gêne plus d’en user abondamment dans sa vie courante ?
Le citoyen sénégalais pense que la voie de la réussite passe par l’emprunt des voies de contournement et non par le travail. Ainsi, est-il noté le point de départ de la course, sans règles établies et par toutes sortes de pratiques, vers l’obtention de la richesse.
Ce qu’il y a lieu de comprendre, en réalité, est que tous les problèmes liés au développement comme la mal gouvernance, la gabegie, le népotisme ou l’utilisation à des fins politiques de l’administration découlent ou s’expliquent par une mauvaise éducation.
Il est évident qu’une personne qui a vécu dans des valeurs de partage, de solidarité, de respect du bien d’autrui, du « Ngor, diom et fouleu » aura toujours un comportement exemplaire.
La personne qui reste dans les valeurs constitue une référence absolue et un exemple pour tous. C’est à ce niveau de responsabilité que sont appréciées éducation et instruction. L’éducation est un travail de base sur la personnalité de l’enfant. C’est cela qui subsiste pour dire vrai.
Prenons l’exemple des débats politiques au Sénégal. Le débat politique qui devait être civilisé et didactique n’est qu’étalage, la majeure partie du temps, de médiocrité et d’indiscipline.
Combien de fois, au Sénégal, des militants de partis politiques, du pouvoir comme de l’opposition, se sont montrés en exemple de la pire des manières en ne s’écoutant pas, en s’insultant, au pire, copieusement sur les réseaux sociaux et même ailleurs ? On ne se gêne pas de s’insulter pour exprimer nos désaccords.
Restons toujours sur les réseaux sociaux. Aucune possibilité de débat contradictoire. Des discussions viles et sans réel contenu. Le constat d’une attraction pour les débats sur les personnes, sur la nudité, sur la vie d’autrui, et quelques fois par le fait de quelques presses en ligne, constituant une violation du droit à la vie privée et frisant la majeure partie du temps une atteinte illégale à l’honneur et à la réputation de tiers distingués. Quant aux débats scientifiques, ils sont sanctionnés par leur audience quasi inexistante.
Sur un autre aspect, la vérité « Mbedoum-Bour » est l’expression la plus parlante et la plus évidente d’une conception rétrograde de la société.
Elle témoigne, par ailleurs, d’une absence d’éducation et d’inculture réelles dans notre société. Comment considérer la rue comme un dépotoir d’ordures pour n’importe lequel sénégalais s’il est suivi le sens très précis du “Mbedoum-Bour”.
Un autre exemple des plus illustratifs pour comprendre l’indiscipline au Sénégal reste l’irrespect total du code de la route et l’intolérance sur la route entre chauffeurs. Il suffit d’observer la circulation pour se donner une idée du Sénégal et de ses pathologies impossibles à dissimuler.
Pour terminer sur les manifestations de l’absence d’éducation des masses, chacun peut constater aujourd’hui que l’insulte est banalisée. Le discours racé et policé est de moins en moins constaté contrairement aux années 60 ou il était l’apanage du plus grand nombre.
Quelle décadence !
Quelles sont les causes de cette absence d’éducation des masses ? Les causes de la situation étant multiples. On peut citer, entre autres : la pauvreté, la désertion des parents (mari comme femme) du foyer conjugal pour une quête de vie quotidienne meilleure, la désagrégation de l’enseignement public, la télé et la presse qui font plus du marketing et du busines en offrant plus que du ludisme que du didactique. Le ludisme, en ce sens, est devenu l’opium du peuple.
Jadis, l’éducation et l’instruction des masses étaient un travail communautaire. Elles étaient partagées par différents acteurs à savoir les parents, la famille élargie, les voisins, l’Etat à travers les écoles et pour finir le monde de l’audiovisuel et de la presse.
Il faut revenir, en conséquence, aux fondamentaux à savoir une société normalisée ou chacun jouera traditionnellement son rôle. C’est là où le sujet traité est intéressant puisqu’il insiste sur une mission essentielle dévolue à la femme à savoir l’éducation d’une nation.
Revenons aux causes de la désertion des parents, mari comme femme, du domicile familial. Ce qui traditionnellement fait obstacle à la tâche d’assurer l’éducation des enfants.
Le constat qu’il est possible de faire est que, désormais, homme comme femme se rendent au travail. Cela n’est pas sans conséquence sur la construction de la personnalité de l’enfant dont la responsabilité incombe aux parents.
Plusieurs causes, d’une inégale importance, expliquent la nouvelle situation qui devient une règle. Parmi ces causes, deux des plus significatives restent la dure réalité dans les ménages qui fait que l’homme ne peut plus lui seul, conformément aux préceptes de l’islam et à la vérité culturelle, assurer la dépense quotidienne mais aussi, et dans bien des cas, le mimétisme qui amène la femme africaine à se comporter comme la femme occidentale. Il s’y ajoute le manque d’éducation citoyenne qui fait de l’argent la seule valeur à considérer.
La vérité retient, aussi bien dans les traditions africaines que dans les civilisations islamiques, que jusqu’à un certain âge bien défini, sept ans pour les uns, douze ans pour les autres, l’éducation de l’enfant relève de la femme qui doit lui inculquer les valeurs de base de la famille ainsi que celles de la société.
Pour ce faire, il est vrai, la femme est appuyée par la totalité des membres de la maison y compris les parents proches, les voisins. Quant au père, bien que souvent absent, il n’est jamais exempté de contribuer drastiquement à l’éducation des enfants. La base de l’éducation reposait sur un travail communautaire.
Au terme de l’âge requis, l’enfant est placé entre les mains de l’école qui assurait sa réelle mission. Par ailleurs, au plan historique, en France, la famille appartenait au père qui en détenait la responsabilité.
La raison de la généralisation du travail des femmes en Europe est à chercher dans les effets et conséquences des deux guerres mondiales qui ont décimé l’essentiel de la population jeune qui constituait les soldats.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les femmes, veuves pour la grande majorité d’entre-elles, se sont vues dans l’obligation de sortir pour travailler, nourrir leurs enfants en bas âge et se nourrir.
Il s’agit d’une situation objective pour répondre à un besoin réel de survie. D’ailleurs, il ne faut pas oublier que le droit de vote accordé aux femmes n’est intervenu que récemment en France.
Dans ce pays, alors que les hommes ont obtenu le droit de vote universel en 1848, il s’est écoulé presque un siècle pour que les femmes obtiennent ce droit. C’est en 1944 qu’elles l’ont eu et n’ont pu, finalement, l’exercer qu’en 1945, juste après la Seconde Guerre mondiale.
La réalité vécue par les femmes africaines est tout autre et fort différente. Elle mérite d’être connue pour faire ressortir la position appréciable et très enviable que l’Islam et les traditions africaines offrent à la femme.
Pour illustration, le proverbe africain ne dit-il pas que « Les pantalons exécutent le jour ce que les foulards ont décidé la nuit » ? Ainsi, la place accordée à la femme, dans ces civilisations, est-elle d’importance.
En vérité, la femme est au centre de tout. Elle est, à la limite et à juste raison, vénérée. Proverbe = Sagesse des nations. Ce que les nations ont sécrété pour en faire vérité.
Aussi, accentuer ce mimétisme alors même que les vécus sont différents, pour affirmer que la femme doit forcément travailler et le faire comme à l’européenne, peut-il se traduire au résultat, par des effets pas si favorables que cela au développement de l’Afrique.
Il est, soit dit en passant, possible d’alerter sur la loi sur la parité qui doit être revue. Elle doit faire l’objet d’une étude sérieuse pour en déterminer les résultats, notamment en termes d’effet et d’impact sur le développement du pays.
Pour terminer avec la France où on a importé presque tout au mépris de nos vérités traditionnelles et sans recours à la tropicalisation, la parité, quoique semblablement obligatoire, reste optionnelle pour les formations politiques.
Au Sénégal, par exemple, même les conseils municipaux ont l’obligation de respecter intégralement la parité. Ce qui sape quelques fois à l’établissement d’un conseil performant.
La question à trouver réponse est de savoir comment les femmes sénégalaises puissent-elles s’épanouir intellectuellement tout en continuant à jouer pleinement leur rôle dans le foyer et notamment celui d’inculquer à l’enfant une éducation de base la plus solide qui passe même plus important que les considérations de préparation de ndogou ?
NB : L’insertion professionnelle des femmes ne répond plus contextuellement à leur seul désir d’épanouissement intellectuel ou à une volonté de contribution significative et incontestable au développement du pays mais une nécessité, pour beaucoup d’entre elles et au même titre que les hommes, de contribuer financièrement dans la maison pour une vie plus aisée. Elle n’est donc et ne sera jamais remise en question.
En définitive, la réponse à la question permettrait de bâtir et de mettre en pratique une politique d'éducation répondant à nos valeurs culturelles et cultuelles.
Boubacar Mohamed Sy est Juriste spécialisé en droit du numérique, des technologies avancées et de la cybersécurité, Conseiller Municipal / Commune de Patte d’oie.
LA RDC OFFRE 5 MILLIONS DE DOLLARS POUR L’ARRESTATION DES CHEFS DU M23
Le gouvernement a annoncé cette prime pour toute information menant à l’arrestation de Corneille Nangaa, Sultani Makenga et Bertrand Bisimwa, figures clés du groupe armé M23. Condamnés à mort par contumace en août 2024, ils sont activement recherchés.
Une prime de 5 millions de dollars a été mise en place par le gouvernement de la République Démocratique du Congo pour toute personne fournissant des renseignements conduisant à l’arrestation de trois leaders du groupe armé M23, nous apprend Africanews.
La récompense est destinée à Corneille Nangaa, ancien directeur de la commission électorale et maintenant à la tête de l’Alliance du fleuve Congo, une coalition qui inclut le M23. Il a fréquemment pris la parole en public lors de rassemblements organisés dans des villes sous le contrôle des rebelles.
Sultani Makenga, le chef militaire du M23, ainsi que Bertrand Bisimwa, le leader politique, sont également mentionnés dans la récompense. Les leaders du M23 ont récemment assumé le contrôle de Goma et Bukavu, situés dans l’est du pays.
En août 2024, Corneille Nangaa, Bertrand Bisimwa et Sultani Makenga ont été déclarés coupables et condamnés à mort par contumace.
Une récompense de 4 millions de dollars est aussi proposée pour l’arrestation de leurs complices et d’autres personnes en fuite.
DRAMANI MAHAMA À OUAGA
Après des étapes à Bamako et Niamey, le chef d’État ghanéen poursuit sa tournée sahélienne à Ouagadougou, avec pour objectif de renforcer la coopération entre la Cédéao et l’Alliance des États du Sahel
Après des étapes à Bamako et Niamey, le chef d’État ghanéen poursuit sa tournée sahélienne à Ouagadougou, avec pour objectif de renforcer la coopération entre la Cédéao et l’Alliance des États du Sahel.
Le président du Ghana, John Dramani Mahama, a été reçu ce lundi 10 mars 2025 à Ouagadougou par son homologue burkinabè, le Capitaine Ibrahim Traoré, dans le cadre d’une visite officielle visant à renforcer les relations bilatérales et à apaiser les tensions régionales.
A sa descente d’avion, le président ghanéen a eu droit aux honneurs militaires. Il a également reçu des mains du Capitaine Ibrahim Traoré le traditionnel chapeau de Saponé avant d’être acclamé par la forte communauté ghanéenne vivant à Ouagadougou.
Les deux Chefs d’État se sont entretenus en privé au salon d’honneur avant de se rendre au Palais présidentiel de Koulouba où ils auront une séance de travail.
« Au menu des échanges : le renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays, la situation sécuritaire au Sahel, ainsi que la géopolitique sous-régionale et internationale », a explique la Présidence du Faso.
Cette visite à Ouagadougou s’inscrit dans une tournée régionale du président Mahama, qui s’est rendu samedi à Bamako (Mali) et dimanche à Niamey (Niger), les deux autres membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). À chacune de ses étapes, le président ghanéen a plaidé pour un rapprochement entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’AES.
Lors de son étape malienne, John Dramani Mahama a qualifié l’AES de « réalité irrévocable » et a souligné l’importance d’établir « des relations bien décentes » entre les deux organisations régionales. « Nous allons pouvoir travailler afin qu’il puisse exister des relations bien décentes entre l’AES, la Confédération des États du Sahel qui existe, qui est irrévocable, et aussi la Cédéao », a-t-il déclaré à Bamako.
La situation en République démocratique du Congo illustre une fois de plus l’impuissance de l’Union africaine à résoudre les crises au sein de ses États membres. Les violences se sont intensifiées ces derniers mois dans le pays, impliquant notamment des armées régulières d’autres États de la région des Grands Lacs, en particulier celle du Rwanda, que le président Kagame ne peut plus nier comme à son habitude.
Depuis Dakar, le Professeur Penda Mbow, actrice de la société civile, livre son analyse sur cette crise qui ensanglante le cœur de l’Afrique et dont la communauté dite internationale n’a, selon toute vraisemblance, aucun intérêt à ce que la paix revienne, au vu des comportements de chacun et des inétrêts évidents des multinationales occidentales dans cette partie de l'Afrique.
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POUR QUE NOS LANGUES NE MEURENT JAMAIS
À contre-courant d'une édition dominée par le français, Ndeye Codou Fall Diop fait le choix des langues nationales. Son parcours, d'EJO Editions à la vice-présidence de Fonk Sunuy Làmmiñ, témoigne d'un engagement total
Dans un entretien accordé récemment à Amani TV, Ndeye Codou Fall Diop, directrice d'EJO Editions et vice-présidente de l'association Fonk Sunuy Làmmiñ, partage sa vision pour la promotion des langues nationales au Sénégal et détaille son parcours atypique qui l'a déterminé à devenir une figure incontournable de l'édition en langues locales.
Titulaire d'un baccalauréat littéraire et ayant débuté des études de philosophie à l'université, Mme Diop raconte comment son questionnement sur sa propre langue maternelle s'est développé au fil de son parcours. "J'ai découvert le potentiel de ma langue maternelle et j'ai découvert également que la langue est un vecteur de culture et également vecteur identitaire", explique-t-elle.
La maison d'édition qu'elle dirige, EJO Editions, fondée par l'écrivain Boubacar Boris Diop, est spécialisée exclusivement dans la publication d'ouvrages en langues nationales. Un choix qui ne va pas sans difficultés, notamment financières. "Nous travaillons sur fonds propres", précise-t-elle, tout en mentionnant quelques soutiens occasionnels comme celui du Fonds d'aide à l'édition de la Direction du livre.
Malgré ces contraintes, son engagement reste total : "On ne crée pas une maison d'édition pour attendre de l'aide. On crée une maison d'édition parce qu'on a envie de le faire", affirme-t-elle. Une philosophie qui reflète sa vision de l'édition comme un acte militant plus qu'une entreprise commerciale.
Pour Ndeye Codou Fall Diop, chaque livre publié en langue nationale représente une victoire et un héritage pour les générations futures : "Les paroles s'envolent et les écrits restent. Demain, quand on parlera de l'histoire culturelle et littéraire du Sénégal, on parlera également d'EJO et de LuDef Wou."
Le message central de cette prof de Wolo au Cesti est clair : un pays ne peut se développer en marginalisant la majorité de sa population. "Dans un pays où ceux qui comprennent et parlent les langues étrangères représentent peut-être 20 % de la population, je crois que tout ce que nous devons faire doit tourner autour des langues nationales", insiste-t-elle.
Cette conviction l'a également amenée à cofonder l'association Fonk Sunuy Làmmiñ, qui propose des cours gratuits d'alphabétisation en wolof, pulaar et serer. "Les cours sont gratuits, en présentiel et en ligne, et les gens peuvent s'inscrire et participer", précise-t-elle, soulignant l'engagement bénévole des membres de l'association.
Au-delà de l'alphabétisation, l'association organise également des événements culturels comme "Taataan" pour présenter des ouvrages en langues nationales et rendre hommage aux pionniers du domaine.
Interrogée sur la place des femmes dans le monde littéraire, Ndeye Codou Fall Diop est catégorique : "les femmes doivent s'exprimer parce que, comme on dit, elles sont mieux placées pour parler de leurs propres problèmes." Elle explique que les préoccupations et les perspectives féminines apportent une dimension essentielle à la littérature.
Pour encourager davantage les femmes à prendre la plume, elle recommande de "soutenir des événements comme 'Miss littérature' organisé par Salamata Ousman Diallo ou 'Le salon du livre féminin d'Amina Seck". Par ailleurs, elle suggère que l'on puisse mettre en place des ateliers d'écriture et aider les femmes à publier leurs ouvrages.
PAR Djibril Ndiogou Mbaye
L’EUROPE CLOUEE AU PILORI, L’UKRAINE ET ZELINSKI VOUÉS AUX GÉMONIES ?
EXCLUSIF SENEPLUS - Le Vieux Continent vient de se rendre compte d’une erreur capitale : celle de ne s’être concentrée que sur l’Europe économique et de n’avoir pas initié plus tôt, l’Europe de la défense
Le monde est sûrement dans une phase transitoire. Il vit des moments aussi difficiles qu’incertains, qui vont aboutir à un nouvel organigramme dans les relations internationales. Rien ne sera plus jamais comme avant.
Ce processus commencé depuis longtemps, est aujourd’hui bousculé par les conséquences d’un mal profond et planétaire, porté par une seule force obscure, réincarnée en l’homme le plus puissant du monde. Il vient accélérer la recomposition géopolitique, géostratégique et économique du monde.
À lui seul, cet homme représente la pire des choses qui soit arrivée à l’humanité depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Vous avez bien lu « deuxième » et pas « seconde », parce que la troisième guerre mondiale a déjà commencé.
Trump: Malum ex machina
Vous pouvez parfaitement vous fier à ce néologisme barbare de mon cru, il dépeint le caractère de la bête politique (au sens péjoratif de l’expression) qu’est Donald Trump. Il est comme qui dirait, un mal, une calamité sortie de la machine pour déstabiliser le monde. Tout l’opposé du « deus ex machina ».
À la chute des valeurs morales, constatée dans toutes les sociétés contemporaines, correspond l’émergence d’une classe politique décomplexée qui promeut et accompagne la consécration des idéaux autrefois indéfendables, parce que considérés comme immoraux, amoraux, violents et injustes.
L’avènement de Trump, et les multiples mesures contestables et contestées à travers le monde, qu’il s’empresse de mettre en place en sont les exemples les plus frappants.
Lui qui a accès au renseignement le plus pointu, est certainement au courant de cette décrépitude des valeurs sur lesquelles il a d’ailleurs surfé pour accéder une seconde fois à la tête de la première puissance mondiale. Le monde et les relations internationales n’en sortiront pas indemnes.
Populiste à souhait, il est maître dans l’art de « vaincre sans avoir raison ». Pour cela, il n’hésite pas à dire des contre-vérités, donner de faux chiffres, mener une politique débridée et « épileptique » , en abusant de la naïveté et de l’inculture d’une grande partie de son électorat.
Il sait que les grandes civilisations sont menacés dans leur suprématie et leur existence pour certaines. Il fait tout pour sauver la peau de l’Amérique, quelqu’injustes que puissent être ses décisions. Il n’a pas de scrupule et s’est entouré de jeunes loups de sa trempe, avec un seul objectif assumé : L’Amérique d’abord par tous les moyens.
C’est un businessman sans affect qui déroule en fast-track et de façon désordonnée (du moins en apparence) des décrets et décisions divers pour sanctionner, interrompre, autoriser ou encourager.
La malchance ou la chance est que Donald est intelligent et, parait-il, « logique » selon Macron. Ayant réussi dans les affaires, il est convaincu d’être doté d’une intelligence supérieure et d’un flair politique sans égal.
Sa réélection presque facile, en battant tous les records a conforté ses certitudes.
A vrai dire, il n’est pas le seul coupable. Mais il arrive à point pour exacerber les hostilités et accélérer les événements car il sait qu’il n’a pas beaucoup de temps. Toutes ses violentes saillies, d’apparence anarchiques et décousues, sont en réalité les maillons d’une chaîne de décisions bien planifiées, qui doivent conduire à une plus grande suprématie américaine au crépuscule de son second mandat.
Avec la « pause » sur l’aide militaire à l’Ukraine, les USA viennent de faire un grand bond dans l’ignominie, l’abjection et la lâcheté, pour rappeler au monde entier qu’il est capable, après sa co-responsabilité dans les dizaines de milliers de morts palestiniens, de danser également, sur des cadavres ukrainiens, après les avoir livrés sans défense, à l’armée russe.
Rien ne l’arrêtera. Il est décidé à continuer son hold-up des terres rares de l’ukraine pour s’accaparer indûment des minerais critiques et autres ressources naturelles dont il a besoin pour approvisionner les industries de pointe de son pays, dans la production des technologies nouvelles comme l’intelligence artificielle et s’affranchir de la dépendance vis à vis de la Chine, devenue son challenger direct.
Donald Trump est pragmatique et cela lui suffit. Il n’a pas besoin De s’encombrer d’empathie ou de sentiments humains. Il est un robot-président qui s’est auto-programmé un logiciel d’optimisation de richesses à tout prix. Il n’a ni amis, ni alliés. Tout au plus, il peut avoir des partenaires conjoncturels, sur une ou des questions factuelles. Et c’est tout ! L’Europe, comme l’Afrique, est en train de l’apprendre à ses dépens. Elle organise sa riposte.
L’Europe poussée, à son corps défendant, a assumer son propre destin militaire
Le comportement arrogant et égocentrique de Trump et le violent clash avec Zelinski ont eu, au moins un avantage. C’est de faire se resserrer les rangs des Européens en leur apprenant, à leur dépens, qu’on ne délégue pas sa sécurité, de surcroît à un allié impérialiste et capitaliste. Ces derniers termes, qui résonnaient désuets, tellement on ne les rencontrait plus que dans les manuels d’histoire, ont été remis au goût du jour par les deux plus grandes puissances militaires.
Pour Trump, les choses peuvent ne pas se dérouler comme lui et ses équipes l’ont prévu. car si on souhaite garder quelqu’un sous sa domination, on ne doit pas le pousser a rechercher les moyens de s’en affranchir.
Un pouvoir n’existe que dans sa reconnaissance et l’Amérique risque de perdre celle de l’Europe et incidemment sa position de « god-father », de parrain.
En méprisant ses alliés historiques européens, Trump a commis un crime de lèse majesté. En se réunissant à Bruxelles ce 6 mars, l’Europe manœuvre pour continuer à exister et garantir elle-même sa propre sécurité. Elle se prépare un avenir d’affranchie.
La prémonition de De Gaulle vient de se réaliser, les États-Unis ne sont pas les alliés fidèles que l’on pense : « un jour, les Etats-Unis quitteront le Vieux Continent. Celui-ci doit devenir adulte, sauf à céder sur ce qui lui est cher – inviolabilité des frontières, non-recours à la force, appui aux démocraties libérales naissantes ».
Ils viennent de se rendre compte que ni les Nations Unies, ni l’organisation mondiale du commerce, ni la Cour internationale de justice, ni le comité des droits de l’homme, ni les conclusions des conférences d’après guerre, ni les règles strictes de l’OTAN ne seront un paravent à la soif d’hégémonie économique de Donald Trump, qui ne cesse de les piétiner.
Il vient de les jeter en pâture au très vindicatif et ambitieux Poutine qui rêve du retour sur la scène internationale et surtout de la grande Russie. Or la grande Russie s’arrête aux portes de l’Europe unifiée, qui craint désormais pour sa sécurité. Celle-ci est devenue tellement hypothétique avec le désengagement tous azimuts des USA, mais aussi et surtout son intention de sacrifier le destin de l’Ukraine sur l’autel de ses ambitions économiques et politiques, que c’est l’urgence absolue pour l’Europe de trouver un parapluie nucléaire. «On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ».
La décision de l’Europe, sous l’égide du président français, d’ouvrir la discussion sur la nécessité d’une défense par et pour l’Europe, en dit long sur les états d’âme des Européens et leur désillusion vis-à-vis des États-Unis, leur allié majeur dans l’OTAN, qui n’en est plus un.
En fait, l’Europe vient de se rendre compte d’une erreur capitale : celle de ne s’être concentrée que sur l’Europe économique et de n’avoir pas initié plus tôt, l’Europe de la défense.
La France incarne la fierté européenne. Il pousse au sursaut, mais tous les protagonistes ne sont pas réceptifs. Certains, comme Victor Orban de la Hongrie, font la sourde oreille pour cause d’intérêts économiques trop imbriqués, pour ne pas dire dépendants des USA et de la Russie. Pendant ce temps, l’Ukraine perd chaque jour des centaines d’hommes et du terrain et risque de perdre la guerre, si la situation perdure .
Zelinski et l’Ukraine voués aux gémonies ?
Zelinski a fini par se coucher par terre finalement, en présentant ses plates excuses à ceux qui ont essayé de l’humilier dans le bureau ovale, plus pour sauver son peuple et son armée d’une déconfiture certaine et sans précédent que par faiblesse.
Sacrifier un peu de sa dignité et de sa fierté, pour que survive ses intérêts vitaux, sa population ou sa patrie est parfois un exercice auquel pourrait être contraint un chef d’Etat d’un pays faible ou pauvre.
Avec le retrait de l’aide américaine, l’Ukraine risque de perdre les moyens de se défendre aussi bien dans les tranchées que dans les airs et en mer, sans le précieux et très nécessaire renseignement militaire américain.
En effet, sans l’aide américaine, l’Ukraine est condamné à court, terme à négocier en position de faiblesse et à très moyen terme, à une défaite certaine. En attendant, il enterre ses enfants, de plus en plus nombreux à mourir sur le front et des civils dans les bombardements plus récurrents des villes.
Mais l’Ukraine peut, certainement compter sur l’aide et le soutien de l’Europe.
Les Européens n’interviennent cependant pas seulement pour des raisons humanitaires ou religieuses ou pour sauver les pauvres âmes ukrainiennes en souffrance. Elle intervient surtout pour un souci réaliste et géostratégique: la peur qu’a l’avenir, la Russie, puissance impérialiste, ne continue son expansion vers la Pologne, la moldavie et d’autres pays membres de l’OTAN. Ce qui rapprocherait les batteries de missiles russes à portée immédiate des pays européens.
On se rend compte que le monde est entré dans une phase où la force militaire est redevenue le langage économique le plus parlé par les grandes puissances pour « négocier » les questions économiques. Elles ont décidé de piétiner le droit et les codes diplomatiques pour coloniser, de gré ou de force, les ressources et les territoires de leurs voisins et au delà.
La loi de la jungle remplace celle des hommes pour la survie économique.
On assiste à une sorte de débandade des grandes puissances qui n’hésitent plus à se lancer dans des campagnes d’annexion des terres riches ou utiles à leur sécurité ou à leur développement économique, au mépris des règles de droit international et des codes diplomatiques qui assuraient jusqu’ici la justice et la paix entre les peuples.
Tous ces bouleversements augurent d’une redistribution des cartes et d’un avenir difficile auquel est promis l’humanité et surtout les États les plus faibles.
LETTRE collective AU SG DES NATIONS UNIES
DE LA PERSÉCUTION DES TUTSI CONGOLAIS
EXCLUSIF SENEPLUS - Le conflit de l'Est de la RDC ira en s'aggravant tant que la question de la nationalité des Banyarwanda du Congo ne sera pas résolue. Aucun groupe humain ne peut accepter indéfiniment la négation de son être
La situation dans l'est de la RDC occupe régulièrement la une des journaux et attire l'attention des dirigeants politiques. Des écrivains, artistes, hommes d'État, journalistes, représentants religieux, survivants de génocide, chercheurs et universitaires provenant des quatre coins du globe ont pris la décision de dénoncer le silence entourant la persécution des Tutsis congolais. Plus de 400 signataires, originaires de plus de 50 pays, ont pris la décision d'envoyer une lettre au Secrétaire général des Nations Unies. Parmi ces éminentes personnalités, on trouve des scientifiques tels que le professeur indien Bibhuran Nayak, récipiendaire d'une médaille d'or en sciences géologiques, le professeur brésilien Carlos F.O. Graeff, le professeur Josias Semujanga, membre de la Société royale du Canada, Jean-Pierre Karegeye, Directeur du Centre pluridisciplinaire sur le génocide. On y retrouve également la présidente de l'université américaine de Bulgarie, Dr Margee Ensign, des historiens spécialisés dans la région des Grands Lacs, tels que Vincent Duclert et Jean-Pierre Chrétien.
Plusieurs écrivains de renom tels que Boubacar Boris Diop, lauréat du Prix international de littérature Neustadt 2022, Gaël Faye, lauréat du Prix Renaudot 2024, Dominique Célis, ainsi des survivantes et autrices comme Yolande Mukagasana, Esther Mujawayo et Félicité Lyamukuru, ont signé la lettre.
De nombreuses associations représentant les victimes, établies en RDC, au Rwanda, au Burundi, aux États-Unis, au Canada, en France, en Belgique, en Papouasie-Nouvelle-Guinée (Océanie), ont décidé de faire entendre leur voix. C’est aussi le cas de nombreux hommes d'État, en fonction ou en retraite, qui appellent aussi à chercher et trouver une paix durable. Parmi eux, le professeur Charles Murigande, ancien recteur de l'Université du Rwanda et ancien ministre des Affaires étrangères et ambassadeur, le sénateur belge, Dr. Alain Destexhe.
Les signataires considèrent que le conflit dans la région orientale du Congo a été réduit à une unique narration : celle de la menace de fragmentation de l'État et de l'exploitation de ses ressources. Le monde demeure largement indifférent à l'exclusion des Tutsi congolais, tandis que l'incitation à leur extermination est soutenue par certains acteurs politiques congolais. Les signataires de la lettre sollicitent l'intervention de l'ONU afin de prévenir un génocide analogue à celui des Tutsis au Rwanda en 1994, compte tenu de la situation alarmante. Ils soutiennent une perspective holistique de la crise en procédant à un réexamen de ses causes profondes.
En résumé, les signataires estiment que les Nations Unies se doit d'intervenir avec célérité pour garantir la protection des Tutsi congolais ainsi que d'autres communautés menacées. À cet égard, il présente huit recommandations en vue d'établir une paix durable.
M. António Guterres
Secrétaire Général des Nations Unies
Siège des Nations Unies
New York, NY, 10017
405 East 42nd Street,
New York, NY, 10017, USA.
Monsieur le Secrétaire général,
Nous, écrivains, artistes, journalistes, avocats, religieux, membres de la société civile, chercheurs et professeurs des universités d’Afrique, d’Amérique du Nord, d’Amérique Latine, des Caraïbes, d’Europe, du Moyen Orient et d’Asie unissons nos voix pour exhorter respectueusement l'Organisation des Nations Unies à ne pas répéter les mêmes tragiques erreurs d'appréciation que lors du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994. Des graves événements de l'Est du Congo plongeant leurs racines dans l'histoire, n'émerge qu'un récit unique : le risque de balkanisation du Congo et l’exploitation de ses richesses. On passe ainsi sous silence l’exclusion des Tutsi congolais dont l'extermination est de plus en plus ouvertement évoquée par certains acteurs politiques. Cette guerre, aussi abominable soit-elle, ne saurait être réduite à une seule de ses causes. Elle résulte plutôt d'un mélange explosif de tensions sociales et économiques qui se sont progressivement cristallisées en une crise identitaire et en conflit armé.
Il est impératif de conclure un cessez-le-feu immédiat afin de préserver des vies humaines et d’ouvrir la voie à une solution négociée. Le meilleur moyen d'y parvenir n'est certainement pas de répéter l'accusation particulièrement simpliste selon laquelle le Rwanda soutiendrait le Mouvement du 23 mars (M23) dans le seul but d'exploiter les ressources naturelles du Kivu. Cette interprétation univoque, largement relayée par les médias, choisit d'ignorer les atrocités épouvantables commises au grand jour contre les Tutsi congolais tués, mutilés et parfois dévorés par leurs bourreaux. Elle exacerbe en outre les tensions et alimente les discours de haine. L'actuelle escalade militaire en est du reste une conséquence directe.
Nous vous invitons par la présente à privilégier la recherche d'une solution durable prenant en compte les causes profondes de ce conflit. Telle est à nos yeux la démarche adéquate pour assurer, à travers la stabilité de la région des Grands Lacs, la sécurité et le bien-être de millions d'hommes et de femmes ne demandant qu'à vivre dans la tranquillité.
Nous jugeons tout aussi important de bien identifier les principales forces présentes sur le terrain ainsi que leurs objectifs et leur philosophie politique. Le M23 fait face à l'armée congolaise, appuyée par les FDLR, désignées comme une entité terroriste en raison de leur idéologie génocidaire qui est aussi celle des Wazalendo, composés de plus de deux cents autres groupes armés. Outre des mercenaires européens et les forces des Nations Unies, le Burundi, l'Afrique du Sud, la Tanzanie et le Malawi entre autres pays se battent aux côtés de l’armée congolaise. En plus d'exploiter les ressources naturelles du Congo et de semer la terreur par des viols massifs et des tueries brutales, les groupes armés FDLR et Wazalendo organisent le recrutement forcé d'enfants-soldats. Quant à la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), elle s'est malheureusement éloignée de son objectif de maintien de la paix en s'associant étroitement à ces groupes armés entretenus par le gouvernement de Kinshasa.
Monsieur le Secrétaire général,
Ce conflit résulte en grande partie du défaut d'intégration de populations regroupées malgré elles au sein de nouvelles configurations frontalières établies par les autorités coloniales. Il est également motivé par le refus de prendre en compte des mouvements migratoires dans la période ayant précédé et suivi les indépendances africaines. Une autre de ses causes est la restriction de la citoyenneté à des critères ethniques et physiologiques. Il est aisé de comprendre que les épreuves subies par les populations tutsi du Congo ont laissé des séquelles dans leur psychisme.
Depuis trois décennies, des centaines de milliers d'entre eux sont condamnés à une vie précaire dans des camps de réfugiés au Burundi, en Ouganda, au Kenya et au Rwanda s'ils n'ont pas trouvé refuge dans plusieurs pays occidentaux. Face à l’indifférence ou à la complicité de l'état congolais, certains d'entre eux ont pris les armes pour assurer leur propre défense. C'est dire que ce conflit ira en s'aggravant tant que la question de la nationalité des Banyarwanda du Congo ne sera pas résolue. Aucun groupe humain ne peut accepter indéfiniment la négation de son être même et, sauf votre respect, les résolutions de l'ONU sont bien dérisoires face à un tel dilemme existentiel.
Nous nous permettons aussi de vous faire remarquer que la tragédie vécue par les Banyamulenge, Tutsi du Sud-Kivu, ne correspond en aucun cas à la fable simpliste que l'on cherche à imposer au monde. Le M23 est en effet né et évolue en dehors des territoires traditionnels des Banyamulenge, dans des zones où les ressources minières sont négligeables. Pourtant les Banyamulenge subissent depuis plus de sept ans, sur la base de cette fausse assomption, les attaques des forces armées congolaises (FARDC) et de diverses milices ethniques telles que les MaiMai.
Au Nord-Kivu, les génocidaires FDLR ont vu leurs rangs grossir dans les zones qu'elles contrôlaient avant d'en être délogées par le M23. Elles s'y étaient livrées pendant longtemps et en toute impunité à toutes sortes d'exactions. L'Etat congolais, au lieu de réagir, les laissait au contraire exploiter les minerais et le bois revendus sur le marché mondial avec la complicité de certains politiciens. De plus, elles percevaient des taxes dans les régions sous leur contrôle. Cette situation a contraint de nombreux Tutsi à chercher refuge dans les pays voisins.
Monsieur le Secrétaire général,
L’étude approfondie de l’histoire complète de la région démontre que l'émergence du M23 n’est pas la cause, mais bien la conséquence de la privation systématique des droits humains des Banyarwanda et des Tutsi en République Démocratique du Congo, faisant d’eux des citoyens de seconde zone interdits de participer pleinement à la société civile.
Julius Nyerere savait donc de quoi il parlait lors qu'il a mis en exergue en 1996 l'indissociabilité des habitants de cette partie de l'Afrique : « (…) il est inutile, disait-il, de respecter les frontières sans respecter les individus qui se trouvent à l'intérieur de ces frontières (…) Par conséquent, en abordant la question du respect de la frontière établie entre l'Allemagne et la Belgique, il est essentiel d'envisager également le respect des populations concernées par cette division.»
On peut déduire de tout cela que l'émergence du M23 n’est pas la cause, mais bien la conséquence de la question des Banyarwanda et des Tutsi en République Démocratique du Congo.
Permettez-nous de soumettre à votre réflexion les faits particulièrement significatifs que voici :
· Trois ans après l'indépendance du Congo (1960), le Nord-Kivu a vécu une période de troubles connue sous le nom de Guerre de Kanyarwanda. Le leader Nande, Denis Paluku a proclamé la souveraineté du Nord-Kivu contre Kinshasa. Ses collègues rwandophones se sont opposés à lui et prôné l'unité du Congo. En réaction, Paluku avait décidé d'envoyer une expédition punitive dans le Masisi. Les Tutsi y étaient arrêtés et exécutés à Kiroshe. En ce temps-là, le M23 n'existait pas.
· Dans les années 80, des étudiants tutsi ont été molestés sur le campus de Kinshasa aux cris de : "Vive la nationalité zaïroise ! A mort les usurpateurs de notrenationalité !". Un tract appelait aussi à "éradiquer partout et dans leur intégralité ces serpents (les étudiants Tutsi) qui veulent nous mordre". On pouvait également y lire ceci : « Tous les écrits reconnaissent que les Tutsi se trouvant au Zaïre, sont des immigrants et partant ne doivent pas bénéficier des mêmes droits que les fils authentiquesde ce pays. » En ce temps-là, le M23 n'existait pas.
· En 1991, les Tutsi congolais ont été interdits de participation à la Conférence Nationale Souveraine, sous prétexte qu'ils n'étaient pas "zaïrois". En ce temps-là, le M23 n'existait pas.
· Pendant la Deuxième République, surtout à partir des années 80, les Tutsi rwandophones avaient la possibilité d’être électeurs sans pour autant être éligibles. En ce temps-là, le M23 n'existait pas.
· La Constitution de la République démocratique du Congo a été modifiée à plus de sept reprises, chaque révision étant associée à la question des Rwandophones. En ce temps-là, le M23 n'existait pas.
Il est clair à nos yeux que la communauté internationale commet une erreur aux effets potentiellement dévastateurs en s'imaginant que l'élimination d'un seul groupe rebelle et l'imposition de sanctions contre le Rwanda suffiront pour restaurer la paix dans l'Est du Congo.
Monsieur le Secrétaire général,
S'il est une leçon à tirer de ce conflit, c'est que la coopération entre l'État congolais, la Monusco, les Wazalendo et les FDLR a contribué à accroître la militarisation de la région et à attiser la haine envers les Tutsi de la RDC et du Rwanda.
Une telle alliance militaire et idéologique entretient une sorte de guerre perpétuelle et éloigne chaque jour un peu plus la paix que votre organisation a pour mission de promouvoir. C'est ce qu'avait bien compris l’ancien président sud africain, Thabo Mbeki, quand il alertait sur le danger d'un conflit de longue durée en ces termes: « Si le gouvernement congolais ne protège pas les Tutsi congolais, alors le M23 continuera d'exister, car ils auront des armes pour se défendre. »
Selon nous, pour une paix et une sécurité durables dans la région des Grands Lacs, il est nécessaire :
· De réexaminer le rôle et la nécessité de la MONUSCO aujourd’hui
· De réexaminer les causes et les conséquences de la faillite des Nations Unies dans la prévention et la lutte contre le génocide des Tutsi, et la possibilité d’un génocide contre les Tutsi congolais à la lumière de la Convention de Genève , des rapports de l’Union africaine ainsi que ceux de Duclert et de Muse
· de prendre au sérieux les préoccupations sécuritaires du Rwanda en neutralisant les FDLR et leur idéologie génocidaire qui gangrène depuis 1994 toutes les anciennes colonies belges ;
· de passer en revue les nombreux accords entre le gouvernement congolais et le M23 en vue de déterminer ce qui a empêché leur application ;
· d’arrêter et décourager tout appui militaire au gouvernement congolais tant que ce dernier continuera à faire appel à des génocidaires, à des mercenaires et à des milices dont le programme politique se limite à l'extermination des Tutsi ;
· de désigner un ou une représentante des Nations Unies crédible aux yeux des deux parties. Son rôle de médiation viserait à promouvoir la paix en impliquant les communautés locales ;
· de réaffirmer le double principe de l’intangibilité des frontières congolaises et du droit inaliénable des communautés tutsi ou rwandophones de vivre en toute sécurité, sur leur terre natale et ailleurs au Congo;
· de garantir la sécurité des minorités en encourageant une éducation aux valeurs favorisant la compréhension de l'identité congolaise à travers le prisme de l’individu-citoyen plutôt que de l’appartenance à une tribu/ethnie.
· de mettre en place une Commission internationale neutre chargée d'enquêter sur les contrats miniers ainsi que sur les pratiques liées à l’exploration, à l’exploitation, à la commercialisation et au financement de l’économie des minerais, des terres rares et des exploitations agricoles et forestières dans toute la République Démocratique du Congo ;
· d’encourager les initiatives de paix initiées par des institutions religieuses telles la Conférence Nationale du Congo (CENCO) en collaboration avec l’Eglise du Christ au Congo (ECC) et récemment celles de l’Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale (ACEAC)
Monsieur le Secrétaire général,
Nous attendons de vous que vous preniez, à l’inverse de celui qui occupait vos fonctions en 1994, la mesure des périls qui menacent des populations civiles sans défense et dont le seul tort est d’être ce qu’elles sont : des Tutsi. Nous pensons qu’il est urgent de procéder à une analyse moins tendancieuse et étriquée de la situation du Kivu, préalable nécessaire à toute solution durable. Nous ne saurions trop insister sur le fait que la focalisation exclusive sur le M23 et le Rwanda est suspecte et encourage les discours venimeux chez les extrémistes de plus en plus hardis qui trouvent dans les médias sociaux un moyen efficace de populariser leur idéologie de haine.
Le génocide de 1994 au Rwanda est encore dans toutes les mémoires. L'ONU a certes présenté ses excuses aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda mais tout porte à craindre que trente-deux ans plus tard elle se verra hélas contrainte de présenter ses excuses aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsi au Congo.
Nous vous invitons à prendre vos responsabilités face aux menaces sur lesquelles nous avons tenu à attirer votre attention. Il n’en va pas seulement du destin des populations des Grands Lacs et de leur besoin de sécurité. Il en va aussi de la crédibilité des Nations Unies et de l’honneur de l’humanité.
Les signataires,
Voici la liste complète des signataires avec leurs noms, professions, villes et pays :
1. **Dr. Jean-Pierre Karegeye** - Director, Interdisciplinary Genocide Studies Center - Boston, USA
2. **Dr. Josias Samujanga** - Professor, University of Montreal - Montreal, Canada
3. **Gael Faye** - Singer, Writer, Prix Renaudot - Paris/Kigali, France/Rwanda
4. **Boubacar Boris Diop** - Writer, Neustadt International Prize for Literature in 2022 - Dakar, Senegal
5. **Dr. Vincent Duclert** - Historian, Senior Research Scientist, EHESS-CNRS - Paris, France
6. **Dr. Ali Chibani** - Writer and journalist - Paris, France
7. **Dr. Wajiha Raza Rizvi** - Senior Research & Policy Specialist, Educationalist, Filmmaker - Lahore, Pakistan
8. **Madeleine Mukamabano** - Journalist - Paris, France
9. **Dr. Karolyn M. Byerly** - Academic, researcher, activist, editor - Washington, USA
10. **Ms. Sumaira Latif** - Journalist DW-Urdu Service/Filmmaker - Lahore, Pakistan
11. **Mr. Khalid Hussain** - Cartoonist, Illustrator, Artist - Lahore, Pakistan
12. **Amadou Bator Dieng** - Engineer - Dakar, Senegal
13. **Djomo Clorore** - Engineer - Garches, France
14. **Jean-Paul Gaffiot** - Historian, Université Cheikh Anta Diop - Paris, France
15. **Dr. Abderahmane Ngayde** - Sociologist, City University of New York - Dakar, Senegal
16. **Jessica Mwiza** - Musician, Cineast - New York, Rwanda
17. **Macky Madiba Sylla** - Engineer - Switzerland
18. **Omar Fall** - Cineast - Paris, France
19. **Pape Altoune Dieng** - Painter, author of works of memory on the genocide against the Tutsi of Rwanda - Dakar, Senegal
20. **Bruce Clarke** - Professor, activist - Paris, France
21. **Dr. Juan Montero Gomez** - Professor of Literature - Spain
22. **Dr. Martin-Suarez** - MonAbelatca - Tenerife, Spain
23. **Mahrouka Gasmi** - Writer, genocide Survivor - Tunis, Tunisia
24. **Yolande Mukagasana** - Researcher in Critical Discourse and Conflict Analysis - Kigali, Rwanda
25. **Dr. Bojana Coulibaly** - Professor of Engineering, San Carlos University - Boston, USA
26. **Dr. Flor de Mayo Gonzalez** - Senior Lecturer, School of Law, University of Rwanda - Guatemala
27. **Dr. Alphonse Murefu** - École de journalisme - Kigali, Rwanda
28. **Dr. Adama Togola** - Research Specialist, Michigan State University - Bamako, Mali
29. **Dr. Jean Kayitsinga** - Development Consultant & Practitioner - East Lansing, USA
30. **Ms. Tahira Habib** - Resident Physician, Mobile Infirmary Hospital - Lahore, Pakistan
31. **Dr. Maryam Mohsin** - Sr. Educational Policy Advisor - Mobile, AL, USA
32. **Dr. Worku Negash** - Retired Professor, Alabama A & M University - Addis Ababa, Ethiopia
33. **Dr. Gatsinzi Basaninyenzi** - Artist - Alabama, USA
34. **Dalita Boitaud** - Visiting Faculty, Canadian University Dubai - Uzest, France
35. **Ms. Faiza Rafique** - Dubai, UAE
36. **Dr. Ambirish Saxena** - University of South Asia - Delhi, India
37. **Dr. Waseem Anwar** - Professor & Director, International Centre for Pakistani Writing in English, Kinnaird College for Women - Lahore, Pakistan
38. **Dr. Muhammad Zahid Bilal** - Associate Professor, Head, Department of Media & Communication Studies, University of Okara - Okara, Pakistan
39. **Dr. Taimoor Hassan** - Professor, University of Central Punjab - Lahore, Pakistan
40. **Dr. Eni Maryani** - Professor, Faculty of Communication Sciences, Universitas Padjadjaran - Bandung, Indonesia
41. **Dr. Veronica Yepez-Beyes** - Professor of Communication, Pontificia Universidad Católica del Ecuador - Quito, Ecuador
42. **Dr. Zara Masood** - Assistant Professor, Forman Christian College - Lahore, Pakistan
43. **Mr. Wasif Karim** - Telecommunication Industry / Sector - Islamabad, Pakistan
44. **Mahwa Aloys** - Researcher, Peace Ambassador and John Lewis Fellow - Goma, DRC
45. **Mr. Rehan Tayyab** - Criminologist - Faisalabad, Pakistan
46. **Tuza Oxygène** - Chercheur en géopolitique - Rotterdam, Pays-Bas
47. **Dominique Celis** - Autrice, écrivaine et professeur de philosophie - Kigali, Rwanda
48. **Dr. Marie-Josée Gicali** - Autrice - Montréal, Canada
49. **Aymeric Givord** - Membre du CPCR et du CA d’Ibuka France - Paris, France
50. **Romain Poncet** - Enseignant en histoire, membre d’Ibuka France - Paris, France
51. **Dr. Surafel Tilahun** - Professor and Head of the HPC and Big Data Analytics Centre of Excellence, Addis Ababa Science and Technology University - Addis Ababa, Ethiopia
52. **MPINGANZIMA-CATTIER Immaculée** - Fonctionnaire - France
53. **Jean-Claude Ngabonziza** - Journaliste - Gatineau, Canada
54. **Nkusi R.** - Developer (I.T.) - Bruxelles, Belgique
55. **Dr. Yoporkea Somet** - Professor, University of Technology - Nairobi, Kenya
56. **Dr. Samba Gadjigo** - Professor, Holyoke College - Massachusetts, USA
57. **Dr. Etienne Musonera** - Professor of Marketing, Mercer University, Atlanta - Atlanta, USA
58. **Immaculée Rukamba** - Retired - Brussels, Belgium
59. **Chantal Mutamuriza** - Human rights Defender - Geneva, Switzerland
60. **Dr. Hélène Dumas** - Historienne, spécialiste du génocide des Tutsi - Paris, France
61. **Innocent Muñozí** - Journaliste, directeur de la Radio TV Renaissance - Burundi
62. **Nestor Bidadanure** - Écrivain et philosophe - Burundi
63. **Dr. Waqas A. Khan** - Advisor (Forests), Minister of Education, Punjab - Changa Manga, Pakistan
64. **Dr. Jean-Berchmans Niakirutimana** - Associate Professor, Arts, Brock University - Saint Catherines, Canada
65. **Dr. Richard Ndayidgamiye** - Lecturer, Arts, Brock University - Saint Catherines, Canada
66. **Dr. Emmanuel Nkururizza** - Educator, researcher, activist, University of Calgary - Toronto, Canada
67. **Dr. Regine Uwibereyeho King** - Calgary, Canada
68. **Dr. Pierre Canisius Kamarzi** - Professor, Education, Université de Montréal - Montréal, Canada
69. **Dr. Nshimiyimana, Eugène** - Associate Professor, Arts, McMaster University - Hamilton, Canada
70. **Henri Boyi** - Senior Lecturer, Arts, Western University - London, Canada
71. **Christian C. Rukimbira, Ing** - Ingénieur de projets, WSP Canada inc. - Montréal, Canada
72. **Jose Brito** - Ancien Diplomate - Praia, Cap Vert
73. **Mr. Asad Khalid** - Artist, Designer, Arimatron Film - Lahore, Pakistan
74. **Dr. Jean B Niakirutimana** - Associate Professor, Brock University - St. Catharines, ON, Canada
75. **Thérèse GASENGAYIRE** - Assistante Sociale - Paris, France
76. **Dr. Aurelia Kalisky** - Researcher, Centre Marc Bloch, Berlin - Berlin, Germany
77. **Annick Kayitesi-Jozan** - Writer, Psychologist, Genocide Survivor - Paris, France
78. **Dr. Jean-Marie Vianney Rurangwa** - Novelist, playwright - Deventer, Netherlands
79. **Eric Perreault** - Fonctionnaire Gouv du Canada (retraité) - Gatineau, Canada
80. **Charles Butera** - Writer - Genocide survivor - Hamilton, Canada
81. **Richard Glasgara** - Lawyer - Paris, France
82. **Remy Kayibanda** - Logistics - Michigan, USA
83. **Stéphane Audoin-Rouzeau** - Historien et directeur d'études de l'EHESS - Paris, France
84. **Jacques Morel** - Writer - Paris, France
85. **Dr. Mahamadou Lamine Sagna** - Professor, Social Science & Policy Studies, Worcester Polytechnic Institute - Worcester, USA
86. **Henriette Mutegwaraba** - Writer, Genocide Survivor - Houston, USA
87. **Gerardine Umulisa** - Conflict Management Specialist/Canadian Federal Gov. Genocide survivor - Ottawa, Canada
88. **Dr. Etienne Musonera** - Professor of Marketing, Mercer University - Atlanta, Georgia, USA
89. **Jean-Luc Galabert** - Consultant en projet de développement - Nyamata, Rwanda
90. **Dr. Caesar Rowland Aperitik** - University of Calgary, AB, Canada - Calgary, Canada
91. **Norbert Munyarusisiro** - Expert in Community Development - Calgary, Canada
92. **Irais Fuentes Arzate** - Professor, National Autonomous University of Mexico - Mexico City, Mexico
93. **Mr. Diishad Rao** - Textile Designer, Researcher, Archivist, Academic - Lahore, Pakistan
94. **Dr. Andrew F. Rusatsi SJ** - Prof of Biblical Exegesis and Peace Studies - Nairobi - Juba, Kenya - South Sudan
95. **Joseph Uwagaba** - Adjunct Professor/ VUZA Poland - Warsaw, Poland
96. **Christian Musana** - Banker - Nienburg, Germany
97. **Dr. Suchismita Pattanaik** - Researcher and Policy Specialist - Bhubaneswar, India
98. **SAMBO Armel** - Professor, History, The University of Maroua - Maroua, Cameroon
99. **Célestin Essoh** - Consultant en informatique - Paris, France
100. **Katherine Hughes Fratesh** - Associate Director, Field Initiatives - Please ADD, Please ADD
101. **Placide TUYUMVIRE** - Please ADD, Please ADD
102. **Bruno Gouleux** - Consultant - Kigali, Rwanda
103. **MUGENZI PATRICK** - Senior Economist, Central Bank - Kigali, Rwanda
104. **Jeanine Munyeshuli** - Economist - Geneva, Switzerland
105. **Aline Muhongayire** - Accountant - Calgary, Canada
106. **Dr. Virginie Brinker** - Enseignante-Chercheure, Université Bourgogne - Dijon, France
107. **Mr. M. Farooq** - Television Producer - Lahore, Pakistan
108. **Mr. Raza Ahmed** - Freelance Journalist - Lahore, Pakistan
109. **Ms. Asma Omar** - Freelance Journalist - Lahore, Pakistan
110. **DABIRE Soviet Aristide** - Attaché d'administration scolaire et universitaire - Dano, Burkina Faso
111. **Dr. Wandia NJOYA** - Associate professor, Daystar University - Nairobi, Kenya
112. **Antoine Mugesera** - Écrivain, Ex-Président de Tiouka, Ex-sénateur - Kigali, Rwanda
113. **Sheba Hakiza** - Treasurer, USRCA, President Pinnacle Planning Associates LLC - Maryland, USA
114. **Emmanuel Ganza** - Senior Pastor Of the House of Grace Church - New York, USA
115. **Rebecca Kalissa** - Educator - Boston, USA
116. **Tom Nataliro** - Advisor and Researcher in Interdisciplinary Genocide Studies Center - Kigali, Rwanda
117. **Alba Purroy** - Peace & Development Consultant / Gender Perspective - Caracas, Venezuela
118. **Racheal Nikuze** - Health Policy & Advocacy - Boston, USA
119. **Dr. BUCAGU Maurice** - Medical Doctor - Please ADD, Please ADD
120. **Mary Balikungeri** - Peace and Development - Please ADD, Please ADD
121. **Claire Rwiyereka** - Health Development & Performance - Kigali, Rwanda
122. **Sandrine Ricci** - Chercheuse et chargée de cours (Université du Québec à Montréal) - Montréal, Canada
123. **Delice Kumbuka** - Please ADD, Please ADD
124. **Antoine Rudasigwa** - Please ADD, Senegal
125. **Esperance Nasezero** - Please ADD, Please ADD
126. **Yehoyada Mbangukira** - Président de la communauté mandalée des États-Unis - California, USA
127. **Jean Baptiste Sibomana** - Business analyst - Johnston, USA
128. **Dirk Deprez** - Lawyer - Brussels, Belgium
129. **Lucas Perla** - Sociologist, professor - Bogotá, Colombia
130. **Donatha Musanabagamwa** - Please ADD, Bondurant, USA
131. **Jacqueline Uwamwiza** - Economist - Dakar, Senegal
132. **Philominna Uwamaliya Thiam** - Pédiatre - Dakar, Senegal
133. **Alexia Nitsuti Muhtre** - Economist - Londres, UK
134. **Yasmine Thiam** - Account - Dakar, Senegal
135. **Andrew Gombaniro** - Economist - Please ADD, Please ADD
136. **Dr. Carlos F.O. Graeff** - Professor, Materials Science, Universidade Estadual Paulista - Bauru, Brazil
137. **Habib Thiam** - Environnementaliste - Dakar, Senegal
138. **MUKANSONERA PASCASIE** - Anthropologue - Kigali, Rwanda
139. **Alhanase Karayenga** - Journaliste Burundais - Cluny, France
140. **Illuminée Mukantaganzwa** - Economist - Dakar, Senegal
141. **Kabano S. Isabelle** - Artiste - Comédienne Rwanda - Kigali, Rwanda
142. **Enrique Pelaez** - Demographer - Cordoba, Argentina
143. **Esperance Nasezerano** - Congolese Living abroad, Sud-Kivu native, A Manzanafenge survivor of the Gaturnia refugee camp genocide - Atlanta, USA
144. **Charles Domingue** - Cinéaste - Saint-Hilaire, Canada
145. **Innocent Niezhyayo** - Avocat et coordinateur du collectif des avocats et de victimes Banyamulenge, Hema et Tutsi du Nord Kivu - Hull, UK
146. **Odette Rwubuzizi** - Présidente Isoko Canada (Ass. des congolais d'ethnie Tutsi) - Toutes les provinces, Canada
147. **Rosine Gasirabo** - Retired - Obidos, Born Sucesso, Portugal
148. **Theophile Rwigimba** - Enseignant - Milton, Canada
149. **Patrick Ndahiriwe** - Coordinator - DRC Refugee Return Initiative (Organisation Sans but lucratif - Canada Office) - Ottawa, Canada
150. **DRC Refugee Return Initiative** - Organisation Sans but lucratif - USA Office - Washington, USA
151. **Noelline Mugisha** - Aide enseignante - Hamilton, Canada
152. **Dr. Jean Kamanzi** - Consultant, FAO - Gatineau, Canada
153. **Georges Ruàgengwa** - Real Estates Manager - Kigali, Rwanda
154. **Dr. Jean Bosco SHEMA** - Enseignant - Huye, Rwanda
155. **Musinga Bandora** - Ambassador (retired) - Dar es Salaam, Tanzania
156. **Pierre Canisius Kamanzi** - Professor, University of Montreal - Montreal, Canada
157. **Jackson Mukiza K.** - Librarian - Please ADD, Please ADD
158. **Olivier Byabagabo (PhD Cand)** - Coordinator of Legacy of Peace Impact - Bulare, Rwanda
159. **Muhvara Bachoba Joseph** - Misericorde ASBL - Sydney, Australie
160. **Barra Hart** - Author, Musician, Pan-Africanist - Abuja, Nigeria
161. **Jeanine Imtura** - Student at Northwest University - Washington State, USA
162. **Patrick Mbonyimtura** - Economist - Kigali, Rwanda
163. **Patrick Seminungu** - Accountant - Washington State, USA
164. **Jules Sebahizi Makura (PhD candidate)** - Governance expert and consultant - Please ADD, Please ADD
165. **BAHATI RUZIBIZA DANIEL** - Civil Aviation Engineer/ATM/Air Traffic Management) - Maine State, USA
166. **Cecil Halkey** - Civil Society Organisation/ Never Again Rwanda - Kigali, Rwanda
167. **Deo MUVUNYI** - Engineer - Kigali, Rwanda
168. **Peter MUJUI** - HR Personnel - Kigali, Rwanda
169. **Dr. Bucagu Maurice** - Medical Doctor - Please ADD, Please ADD
170. **Matabishi Lyjane** - Artist - Torino, Italy
171. **Musoni Oswald** - Catholic Priest Diocese of Goma /DRC - Goma, DRC
172. **NKAKA Jean** - Civil society - Kigali, Rwanda
173. **James Kiru Korneroj** - Community Development Specialist at Community Good Inc. - Port Moresby, Papua New174. NKAKA Jean - Société civile - Kigali - Rwanda
175. James Kinu Komengi - Spécialiste en développement communautaire chez Community Good Inc. - Port Moresby - Papouasie-Nouvelle-Guinée
176. Dr. Bibhuranjan Nayak - Scientifique en chef - Bhubaneswar - Inde
177. Amit Ratanlal Matta - Banquier - Mumbai - Inde
178. Mr. Jack-Abby - Coordonnateur humanitaire - [Ville non précisée] - [Pays non précisé]
179. Dr AKERE Orimisan - Opérateur d'entreprise - Lagos - Nigeria
180. Nathan Mwesigye Byamukama - Chercheur - Kampala - Ouganda
182. Aline Mwamikazi - [Informations manquantes]
183. Dr. Reyna Avila - Pharmacienne - Mexico City - Mexique
184. Dr. Jessie Heather - Médecin - Roseau - Dominique
185. Abg.Edward Ramos - Avocat - Caracas - Venezuela
186. Abg. Reinaldo Ramos - Avocat - Caracas - Venezuela
187. Abg.Eleades Magaly Cedres - Avocat - Caracas - Venezuela
188. Abg. Karina Peña - Avocate - Caracas - Venezuela
189. Amit Matta - Chef d'entreprise - Pune - Inde
190. Philippe Rwinkusi - Comptabilité - Washington - USA
191. Dr. Serigne Sèye - Enseignant-Chercheur, Université Cheikh Anta Diop - Dakar - Sénégal
192. Dr. Sébastien Caquard - Professeur, Université Concordia (Canada) - Montréal - Canada
193. Steven Karake - Professeur d'économie - Vancouver - Canada
194. Dr Benjamin Franklin - Consultant à Water for people - Vancouver - Canada
195. AIsha Dème - Consultante projets culturels, auteure, curatrice indépendante - Dakar - Sénégal
196. Dr. Aloys Tegera Buseyi - Anthropologue - Goma - RD Congo
197. Dr. Abdarajmane Ngaidé - Historien, Université de Cheikh Anta Diop - Dakar - Sénégal
198. Esther Mujawayo - Écrivaine, Traumathérapeute - Essen - Allemagne
199. Catalina Sagarra - Professeure associée, éditrice du journal électronique GenObs - Peterborough - Canada
200. Prof Felicien Karege - Professeur émérite, Université du Rwanda - Kigali - Rwanda
201. Kazinguvu Ruboneka - Président du collectif des communautés Banyamulenge/ Gakondo - Edmonton - Canada
202. Dr. Rangira Béa Gallimore - Professeure émérite - Columbia, Mo - USA
203. Teddy Mazina - Photographe, Artiste - Bruxelles - Belgique
204. Manirarora Annoncee - Ancien membre du Parlement du Rwanda - Kigali - Rwanda
205. Philippe Olle-Laprune - Éditeur écrivain - Mexico city - Mexique
206. Dr. Aimable Twagilimana - Professeur distingué, Buffalo State University SUNY - Buffalo - USA
207. Dr Jean Mukimbiri - Médiateur - [Ville non précisée] - [Pays non précisé]
208. Musoni Damas - Fonctionnaire public et activiste des droits de l'homme - Kigali - Rwanda
209. Evode Kalima - Ancien membre du Parlement et consultant de la société civile - Huye - Rwanda
210. Adélaïde Mukantabana - Écrivaine, survivante du génocide - Dordogne - France
211. Mr. Eric Nsengumukiza - Théologien - Vienne - Autriche
212. Sylvie Amizero - Ressources humaines - Ottawa - Canada
213. Claude Ndahiriwe - Journaliste - Kigali - Rwanda
214. Théophila Nyirahonora - [Profession non précisée] - Kigali - Rwanda
215. Prof. Charles Murigande - Fonctionnaire civil à la retraite - Kigali - Rwanda
216. Mukarumongi Dafroza - Ingénieure retraitée/Co-fondatrice CPCR - Reims - France
217. Alain Gauthier - Président CPCR - Reims - France
218. Murigande Jacques Mighty Popo - Directeur principal, Rwanda School of Creative Arts and Music - Kigali - Rwanda
219. Amadou Bator Dieng - Journaliste, fondateur du site Kirinapost - Dakar - Sénégal
220. Agnès Gumira - Retraitée des Nations Unies - Dakar - Sénégal
221. Denyse Gashugi - Sociologue - Dakar - Sénégal
222. Safari Philemon - Économiste - Kigali - Rwanda
223. Dr. Vincent Rusanganwa - Chercheur, Université d'Umeå - Umeå - Suède
224. Dr Rene BEYNIS - Médecin - Dakar - Sénégal
225. Edith Joyce Beynis - Juriste - Dakar - Sénégal
226. Uwamaliya Condo - Historien/Éducateur - Anvers - Belgique
227. Kalisa Callixte - [Informations manquantes]
228. François MURASHI - Expert en aviation - Dakar - Sénégal
229. Dr Innocent NIZEYIMANA - Bioinformaticien - Dakar - Sénégal
230. Espérance Brossard - Comptable - Niort - France
231. JeanPaul Brossard - Retraité - Niort - France
232. Ndoli Didas - Expert en télécommunications - Kigali - Rwanda
233. Theobald Habiyaremye - Fonctionnaire civil et survivant du génocide - Kigali - Rwanda
234. UWASE BUKURU Christiane - Sociologue - Kigali - Rwanda
235. Dr. Kenedid Hassan - Sociologue - Hargeisa - Somaliland
236. Clementine Murekatete - Consultante en affaires - Kigali - Rwanda
237. Eugène Gumira - Artiste plasticien - Montréal - Canada
238. Charles Mugiraneza - Retraité - Terrebonne - Canada
239. Ngarambe J.D - Résident - Sacramento - USA
240. Nsinga Buki Longin - Trader - Kigali - Rwanda
241. Enrique Teran - Professeur de médecine/Chercheur biomédical - Quito - Équateur
242. Kabano Niwese Sophie - Avocate - Kigali - Rwanda
243. Olivier Uwineza Bahizi - Professionnel de l'information en bibliothèque et archives - Michigan - USA
244. Safari Munyarugendo - Président ISOKO USA - Nashville - USA
245. Kenny Nkundwa - Artiste - Montréal - Canada
246. Hamama Tul Bushra - Artiste, Designer - Olathe - USA
247. Idra Rwafonyo Muhire - Membre Isoko USA - Kentucky - USA
248. Arsene Rutaganya - Membre Isoko Canada - Edmonton - Canada
249. Marie Vandenabeele - Financier - Huy - Belgique
250. Pr Ndayizeye Longin - Spécialiste en santé publique - Kigali - Rwanda
251. Pr Ndayizeye Longin - Ancien membre du Parlement et pharmacien - Kigali - Rwanda
252. Antoine Somayire - [Informations manquantes] - Kigali - Rwanda
253. Emmanuel Nzitatira - Fonctionnaire civil retraité - Kigali - Rwanda
254. Georges Kaneza - Membre Isoko Europe - Halle - Belgique
255. Gilbert RWAMPUNGU GUMIRA - [Informations manquantes]
256. Dr Liberata Gahongayire - Historienne - Kigali - Rwanda
257. Dr Charles Muhizi - Enseignant - Huye - Rwanda
258. Dr. Nima Jerrit John - Professeur associé - Mumbai - Inde
259. NSENGIMANA Jason - Retraité - Kigali - Rwanda
260. Amb.Valens MUNYABAGISHA - Diplomate à la retraite et ancien sénateur, consultant indépendant - Kigali - Rwanda
261. Dr Muhakanyi NSANZE - Psychiatre - Waterloo - Belgique
262. Bahati william - Homme d'affaires - Kigali - Rwanda
263. Dr Munyakayanza Jean Francois - Historien, Président de l'Association du personnel universitaire retraité (RUSA) - Kigali - Rwanda
264. Arunima Mukherjee - Éducatrice - [Ville non précisée] - Inde
265. Shubham Mishra - Académique, chercheur - Delhi - Inde
266. Kate Ramil - Militante pour la paix durable - Manille - Philippines
267. Constantin Muco - REAP - Kigali - Rwanda
268. Charles Karangwa - Consultant en recherche - Kigali - Rwanda
269. Adut Lillian - Étudiante - Ifrane - Maroc
270. Amb. Dr. François X Ngarambe - Ancien ambassadeur du Rwanda - Kigali - Rwanda
271. Imani Smith - Étudiante - Austin - USA
272. Dr Jean Claude - Médecin - Kigali - Rwanda
273. Dr. David Kamugundu - Médecin/Médecin-conseil en santé publique - Kigali - Rwanda
274. Dr. Hannah Mweru Mugambi - Professeure d'anglais et de littérature, Université Akhawayn - Ifrane - Maroc
275. Nsengiyumva Yvan Christian - Ingénieur mécanicien - Kigali - Rwanda
276. Rev. Karen Thomas Smith - Aumônier, Université Akhawayn, Présidente de l'Église évangélique au Maroc - Ifrane - Maroc
277. Valens Shyirambere - Écrivain - Kigali - Rwanda
278. Dr Ritwik Ghosh - Éducateur, praticien - Delhi - Inde
279. Nyirashema Claire - Infirmière retraitée - Bruxelles - Belgique
280. Adele Kibasumba - Fondatrice, Amahoro Peace Association - New York - USA
281. Me. Gatete Nyiringabo R. - Chercheur principal, Institut d'analyse et de recherche sur les politiques (IPAR) - Kigali - Rwanda
282. Ndayambaje Theogene - Fonctionnaire civil - Kigali - Rwanda
283. Fred Mufulukye - Analyste politique - Kigali - Rwanda
284. Yrsa Rustman - Étudiante en paix et développement - Uppsala - Suède
285. Michael Egan - Historien, Université McMaster - Hamilton - Canada
286. Emmanuel Mungwarakarama - RCA Montréal - Québec - Canada
287. Nipunika Sarkar - Éducatrice - Delhi - Inde
288. Pacifique Nyaminege - Université d'État de Dakota du Nord - DAKOTA - USA
289. Mr.Gentil Misigaro - Artiste et militant - Calgary - Canada
290. Ishimwe Clement - Producteur de musique - Kigali - Rwanda
291. Ally Soudy Uwizeye - Journaliste - Seattle - USA
292. Toussaint Ruboneka - Management - Kigali - Rwanda
293. Ashish Chatterjee - Éducateur (Médias) - Delhi - Inde
294. Tultul Chatterjee - Académique, chercheur, Musique classique - Delhi - Inde
295. Musicworx - Musique, Médias - [Ville non précisée] - Inde
296. Nel ngabo - Artiste/Musicien - Kigali - Rwanda
297. Dr Mugisha Stephen - Homme d'affaires - Kigali - Rwanda
298. Willy Gakunzi - Auteur, Expert en matière de risques et de rapports réglementaires - Toronto - Canada
299. Ignace MUSANGAMFURA - Secteur privé - Kigali - Rwanda
300. Serge Mushinzimana - Président RCA Ottawa-Gatineau - Ottawa - Canada
301. Didier Kayumba - Membre, RCA Ottawa-Gatineau - Ottawa - Canada
302. Mugisi Jean Claude - Informaticien - Kigali - Rwanda
303. Nsabimana Benjamin - Auteur - Kigali - Rwanda
304. Elvis Ruhanama - Journaliste - [Ville non précisée] - [Pays non précisé]
305. Dr. Wolfgang Reinhardt - Chercheur sur le génocide, conférencier, militant pour les survivants du génocide, pasteur et enseignant retraité - Kassel - Allemagne
306. Emmanuel Nyirimana - Spécialiste en informatique - Kigali - Rwanda
307. Dr Dan KARASIRA TUMUSIIME - [Profession non précisée] - Kigali - Rwanda
308. Rureshya Zawadi - Spécialiste en informatique - Maine USA - USA
309. NIZEYIMBABAZI Jean de Dieu - Directeur de l'unité Agriculture et Ressources naturelles [MSc] - District de BURERA - Rwanda
310. Nassira Munyabuliza - Divertissement - Oregon - USA
311. Adrien Misigaro - Artiste/Musicien - Washington - USA
312. Gashugi Rachel - Banquière - Metz - France
313. Thérèse Gumira - Retraitée - Genève - Suisse
314. Devota Gacendeli - Survivante du génocide - Kigali - Rwanda
315. Kaneza Patrick - Chef de la communauté abanyamulenge/Montréal - Montréal - Canada
316. Samuel Ntakirutimana - Ingénieur/Ind.M Formateur professionnel - Hannover - Allemagne
317. Innocent Mumararungu - Militant des droits de l'homme et humanitaire - Niamey - Niger
318. Liliane Iradukunda - Infirmière clinicienne - Montréal - Canada
319. Dr. Tim Gallimore - Ancien porte-parole du Procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) - Missouri - USA
320. Mberakurora Olivier - Avocat - Kigali - Rwanda
321. Clément KARANGIRA - Secteur privé - Kigali - Rwanda
322. UMUGIRANEZA Alain Fred - Artiste - Kigali - Rwanda
323. BISENGIMANA Charles - Officier des douanes - KIGALI - Rwanda
324. ESPOIR MUGUNGA - Pasteur - Edmonton - Canada
325. Carine Umutesi - [Informations manquantes]
326. Tom NDAYISHIMIYE - Étudiant en études globales et internationales à l'Université d'Indiana Indianapolis - Indiana - USA
327. Rachel Kirenga - KryptoVision - Los Angeles - USA
328. Diana Mwizerwa - [Profession non précisée] - Boston - USA
329. Monica kirenga - LACCD - LOS ANGELES - USA
330. Gicondo Ananias - Chercheur - Kigali - Rwanda
331. Dr. Sarvesh Dutt Tripathi - Éducation aux médias - Delhi - Inde
332. Erik Griswold - Étudiant en informatique et philosophie - Houston - USA
333. Jean-François Cahay - Ingénieur - Bruxelles - Belgique
334. Alain Kagabo Mitali - Spécialiste en informatique - North Bethesda - USA
335. Jimmy Makuza - Communauté Igisabo Minembwe - Ontario - Canada
336. Dushime R. Innocent - Juriste - Kigali - Rwanda
337. Dr. Nima Jerrit John - Professeur associé - Mumbai - Inde
338. Marcel Kabanda - Historien - Paris - France
339. Adolphe Musafiri - Ingénieur en fabrication - Washington DC - USA
340. AMANI BIRASA Raphael - Étudiant en droit international à l'Université de Wuhan - Wuhan/Chine - République populaire de Chine
341. Jean-Damascene Gasanabo - Chercheur - Sciences sociales - New York - USA
342. Dr. Alphonse Kayiranga - Professeur associé et chercheur à l'Académie chinoise des sciences - Wulumqi - République populaire de Chine
343. PhD Jean-Claude Aimé Kumuyange - Chercheur UQAM - Montréal - Canada
344. Michael Rurangwa Yohana - Militant environnemental - Bujumbura - Burundi
345. Marie Rwagasana - Retraitée - San Francisco - USA
347. Jean François Dupaquier - Écrivain - Paris - France
348. Immaculée Sinvura - [Profession non précisée] - Ottawa - Canada
349. Jean-Pierre Chretien - Historien - Bordeaux - France
350. Patricia Bandora - Architecte/Chercheuse - Daressalaam - Tanzanie
351. Dr. NSENGIYUMVA Emmanuel - Professeur de langues à l'Institut Catholique de Kabgayi - Kabgayi - Rwanda
352. Emmanuel NKUSI - Société civile - Kigali - Rwanda
353. Munyengabe Tharcisse - Étudiant en droit (ILPD) - Kigali - Rwanda
354. Dr Merard Mpabwanamaguru - Consultant en planification urbaine, enseignant universitaire et chercheur - Kigali - Rwanda
355. Solange Uwamahoro - Infirmière - Kigali - Rwanda
356. Dr Alain Destexhe, MD - Essayiste, ancien sénateur - Bruxelles - Belgique
357. Dr. Margee Ensign Présidente de l'Université américaine de Bulgarie - Blagoevgrad - Bulgarie
358. Laure de Vulpian - Journaliste - Auray - France
359. Dusabe Jean Marie Vianney - Homme d'affaires - Kigali - Rwanda
360. Mikky Moustapha - Économiste en finance et développement - Houston - USA
361. James NTAYOMBA - Doctorant/Chercheur - Nanjing - RPC
362. Enat Terefe - Infirmière - Beyrouth - Liban
363. CHANCE Pascal - Doctorant/Personnel de l'Institut polytechnique du Rwanda - Pékin - Chine
364. Alexia Mukazi - Retraitée, famille de victimes du génocide des Tutsi au Rwanda - Nyon - Suisse
365. Muringa Ndatabaye Félix - Indépendant - Kigali - Rwanda
366. Mugisha John Spencer - Finance Rwandair ltd - Kigali - Rwanda
367. Professor Nicki Hitchcott - Professeure de français et d'études africaines, Université de St Andrews - St Andrews - Écosse
368. Ina Van Looy - Directrice du Centre d'éducation à la citoyenneté du CCLJ - Bruxelles - Belgique
369. Dr Jacques Kiruhura - Médecin et résident en obstétrique et gynécologie - Kigali - Rwanda
370. Manirarora Annoncee - Ancien membre du Parlement du Rwanda - Kigali - Rwanda
371. John Kagarama - Développement commercial et services de conseil/BDF - Kigali - Rwanda
372. Dr Nkaka Raphael - Professeur associé d'histoire, Université du Rwanda - Huye - Rwanda
373. John Kanimba - Travailleur social - Edmonton - Canada
374. Dre Jacinthe Samuelson - Psychologue - Montréal - Canada
375. Félicité Lyamukuru - Survivante du génocide des Tutsi 1994, auteure de "L'Ouragan a frappé Nyundo", militante pour la transmission de la mémoire des victimes de génocide et l'éducation - Bruxelles - Belgique
376. Dr. Liza Lorenzetti - Professeure adjointe en travail social - Calgary - Canada
377. Dr. Manasvi Maheshwari - Enseignement supérieur - Études médiatiques - Delhi - Inde
378. Dr Manmeet Kaur - Professeure (Communication) - Delhi - Inde
379. Dr Pramod Pandey - Éducateur, DME - Delhi - Inde
380. Dr. Susmita Bala - Académique, chercheuse, médias et communication - Delhi - Inde
381. Prince Shadwal - Réalisateur, scénariste, producteur - Fiction/Documentaire Monteur et superviseur post-production - Mumbai - Inde
382. Ayushi Singh - Académique, chercheuse - Delhi - Inde
383. Ndagijimana Jean Baptiste - Enseignant retraité - Gisagara - Rwanda
384. Sylvine Umuhire - Analyste financière - Edmonton - Canada
385. Aaron Ledoux - Indépendant - Edmonton - Canada
386. Nshimiyimana Dawidi - Mécanicien - Byumba - Rwanda
387. Manzi Jacques Mutimura - [Profession non précisée] - Shawinigan - Canada
388. Dr. Charles M. Rutonesha - Avocat et consultant - Columbus, Ohio - USA
389. Victor Biakweli - Société civile Québec - [Ville non précisée] - Canada?
390. Umugwaneza Laetitia - Spécialiste en informatique - Kigali - Rwanda
391. Musabyimana Pierre Damien - Enseignant à l'Institut Catholique de Kabgayi - Kabgayi - Rwanda
392. Gerhard Reuther - Pasteur et responsable d'un projet éducatif au Rwanda - Ruhla - Allemagne
393. Kotek Joël - Professeur émérite des universités - Bruxelles - Belgique
394. Butera Fidele - Prothésiste et orthésiste à l'Hôpital orthopédique et spécialisé de Rilima - Kigali - Rwanda
395. NGARAMBE Sylvestre - Enseignant à l'Université de technologie et d'arts de Byumba - Byumba - Rwanda
396. Dr. Gasana Sebastien - Enseignant/Université de technologie et d'arts de Byumba - Kigali - Rwanda
397. Ntirurambirwa Damien - Indépendant - Huye - Rwanda
398. Nyamaswa Francois - [Informations manquantes] - Gisagara - Rwanda
399. Kazinierakis Alain - Professeur de photographie - Photographe - Bruxelles - Belgique
400. King NGABO - Artiste, chercheur et fondateur-directeur du Musée Ingabo - Kigali - Rwanda
401. Mr. Ganza K. Bertin - Écrivain panafricain et fondateur d'A.F.F.L.A.T.U.S - Kigali - Rwanda
402. NGABONZIZA Emmy - Consultant en finance et gestion - Kigali - Rwanda
403. Mukarubayiza Beatrice - Notaire privé - Dakar - Rwanda
404. Juliana Bidadanure - Professeure associée à l'Université de New York - New York - USA
405. Muzana Alice - Membre du Parlement du Rwanda - Kigali - Rwanda
406. Sebera Nyunga Antoine - Notaire privé-médiateur - [Ville non précisée] - [Pays non précisé]
407. Ben Arrous Michel - Géographe - Jérusalem/Bordeaux - Israël/France
408. Rose Gakumba - Responsable de la performance - Lexington, Kentucky - USA
409. Eric Karengera - Producteur créatif - fondateur du réseau musical afro-européen AFROGROOV - Kigali - Rwanda
410. Dr Christian Beynis - Professeur assistant en mathématiques/physique, Université Iona - New York - USA
411. Mvano jean Baptiste - Avocat - [Ville non précisée] - [Pays non précisé]
par Jean Pierre Corréa
NDEER EN ACTIONS, POUR QUE LE 8 MARS NE SOIT PAS UNE FOLKLORIQUE SAINT VALENTIN
Il serait temps que l’on parle d’autre chose que de parité et d’égalité, et qu’on exige enfin du respect pour ce genre qui est avant tout celui de nos mères, de nos sœurs et de nos filles
Il est à redouter qu’encore cette année, le 8 mars soit une nouvelle fois une occasion ratée de remettre au milieu du village, la problématique récurrente des « Droits de la Femme », que l’on se plaît à célébrer au Sénégal sous le vocable forcément réducteur de « Journée de la Femme », fêtée avec le folklore qui sied aux traditionnelles gaudrioles avec lesquelles nous savons si bien dérouler notre sens aiguisé du futile et du vaporeux. Même sous des auspices proclamés de « Ruptures », nous n’échapperons pas aux cérémonies bruyantes et dissipées durant lesquelles des femmes de toutes organisations, drivées par le convenu et inévitable ministère de la Femme, sapées dans un dress-code grégaire et désuet, vont faire assaut des discours habituels vantant et relatant d’exceptionnels parcours de femmes, qui servent d’arbres à cacher la forêt dense qui enveloppe les tourments et les drames que vivent souvent la majorité d’entre elles.
Dans l’expression de mon métier, je plante ça et là, quelques « marronniers », et le 8 mars en fait partie, sauf qu’il me semble plus pertinent de proclamer mon amour pour les femmes, la veille, c’est-à-dire le 7 mars, date qui depuis 2015 marque Talaatay Ndeer, référence à la dignité conquise de haute lutte par ces femmes qui ont illuminé le sens aigu de la rébellion des Sénégalais, et que l’Association Ndeer en Actions a choisi pour célébrer les Femmes, en pointant ces faiblesses sociétales, qui comme des « cailloux dans nos babouches », nous empêchent d’avancer avec hardiesse et élégance sur les chemins qui balisent nos aspirations égalitaires.
Les engagements intelligents et dynamiques ayant pour vertus de s’agréger, la directrice du laboratoire genre de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), le professeur Fatou Sow Sarr diffuse cette conviction et accentue le plaidoyer pour l’intégration dans le calendrier républicain de la date du 7 mars pour célébrer la journée de la femme sénégalaise. Si la date du 8 mars est retenue, depuis 1977, à l’échelle internationale, en référence à la lutte des femmes ouvrières, elle estime « qu’il est temps pour le Sénégal de célébrer ces « Linguères » qui se sont immolées le 7 mars 1820 pour sauver l’honneur de leur patrie, et de consacrer la date du 7 mars au temps de la réflexion pour revisiter l’histoire des femmes de Talaatay Ndeer et faire du 8 mars un moment des festivités. Il est vrai que le brouhaha des tamas peut ne pas être propice à l’expression porteuse de changements audacieux et…urgents.
Hom-Deff : cela ne s’invente pas !
Loin des célébrations festives organisées par toutes sortes d’associations et groupements féminins, souvent issus d’entreprises ou d’institutions, cette date du 7 mars est épinglée dans le calendrier national par une association dénommée Ndeer en Actions, au sein de laquelle, c’est à souligner, des hommes et des femmes défendent, animés par leurs convictions, les principes qui sous-tendent la quête d’un certain égalitarisme entre hommes et femmes pour faire rimer femmes et démocratie. C’est d’ailleurs une singulière particularité de Ndeer en Actions, que d’accueillir en son sein l’Association des Hommes pour la Défense des Droits des Femmes et des Filles, Hom-Deff, comme pour dire « l’homme fait », ça ne s’invente pas, tout en décernant des « Diplômes de Reconnaissance » chaque année à des hommes qui ont par leurs actes, contribué à faire avancer la cause des femmes et des jeunes filles.
Mame Binta Cissé incarne dans un enthousiasme entraînant Ndeer en Actions. MBC est politique, d’essence et de nature. Parce que son environnement a toujours été politique, dans son sens premier et le plus noble, celui rattaché à la racine « polis » qui évoque la cité et donc ses citoyens.
Mame Binta Cissé est conquérante, au sens où elle aborde les problématiques qui lui tiennent à cœur, avec le goût du combat, et l’objectif de la victoire, à travers les résolutions des problèmes.
Les cercles de femmes, n’ont plus de secrets pour cette dame de Rufisque qui a toujours mis un point d'honneur à participer ou organiser la journée internationale des femmes, créant en outre l'association « Ndeer en actions » en 2015, avec pour mission de faire du 7 mars une journée nationale des femmes commémorant Talaatay Ndeer.
En 2022, les réflexions portaient sur le comportement que devraient avoir les jeunes filles en milieu scolaire sur internet pour éviter les dérives et promouvoir l’égalité, en 2024 sur le rôle des hommes dans l’émancipation des jeunes filles et l’autonomisation des femmes en milieu urbain.
La session de réflexion de 2025, inspirée du principe qu’il faut « continuer le début et que ce n’est qu’un combat », proposait en ce mois de Ramadan un thème d’une grande acuité : « Femmes et Islam. Quelles réformes pour le Code de la Famille ? ».
Qu’il se soit agi de Madame Sophie Cissé, modératrice, ou d’Alassane Niang, spécialiste en Charia et législation islamique, ou d’El Hadj Mbaye Bassine, Imam de la Mosquée de Keury Souf, tous ont évoqué la Sacralité de la Femme en Islam, et précisé sa place de choix, que certains ont choisi justement de ne pas voir… Il est vrai que notre particularité, réside dans le fait que les Sénégalais, souvent, ne comprennent pas…ce qu’ils savent.
Les acquis ne sont jamais définitifs et requièrent pour être pérennes, vigilance, sagacité et…convictions citoyennes.
Alors, que ce soit le 7 ou le 8 mars, ce qui est en jeu n’a rien à voir avec « la Fête des Femmes », mais avec « Le Droit des Femmes », lequel dans ce monde où le masculinisme à la Trump et à la Poutine pousse à chahuter certaines avancées acquises de haute lutte, nécessite vision, élégance, combativité et convictions.
Des activistes et universitaires appellent à la révision du code de la famille au Sénégal. Il semble exister une unanimité sur la nécessité de réformer le code de la famille. Mais conservateurs et progressistes ne s'entendent pas sur comment réformer ni sur quoi réformer. Selon le présent code de la famille au Sénégal, qui a pris un peu de poussières, seul un homme peut être reconnu comme chef de famille, décidant de quasiment tout. De l'endroit où vit la famille, à comment ou quand établir des documents administratifs à ses enfants, l'homme est le chef suprême de la famille. Ces réticences racontent quelque chose qui ressemble à une forme de régression.
« Touches pas à mon voile » !
La plateforme nationale des femmes musulmanes "Ndeyi Askann Wi" a pris des positions fermes contre l’agenda du genre et les politiques qu’elles jugent contraires aux valeurs traditionnelles sénégalaises.
Face à ce qu’elles considèrent comme une « propagande déguisée », alternant les termes « violences faites aux femmes » et « violences basées sur le genre », les membres de la plateforme dénoncent une tentative de normalisation des idéologies qu’elles rejettent. Selon elles, ces concepts sont utilisés de manière intentionnelle pour créer des amalgames et faire passer des idées contraires aux normes morales et religieuses du Sénégal.
« Nous refusons la féminisation de la famille », ont-elles déclaré, rappelant que pour elles, la quintessence de la cellule familiale réside dans l’union entre un homme et une femme, conformément aux valeurs islamiques et humaines universelles.
La ministre de la Famille et des Solidarités a été directement interpellée, à la limite de la menace : « Si vous choisissez l’agenda du genre, nous n’hésiterons pas à vous faire face ».
C’est la grande force du patriarcat et de notre société sexiste, qui est de réussir à diviser l’humanité en deux moitiés, puis de morceler l’une des deux moitiés en plein de petits groupes pour être sûr que les choses ne changent pas. Diviser pour mieux régner, en somme, et cibler l’influence des lobbies féministes et des organisations internationales, accusées d’imposer des idéologies étrangères au Sénégal.
Chronique du viol ordinaire
S’il existe un domaine où il est plus indiqué d’être de Ndeer du 7 mars, plutôt que de la bamboula du 8 mars, c’est assurément celui du grand danger, et du grand mépris que notre société sexiste et patriarcale destine et inflige à nos jeunes filles, nos très jeunes filles, violées dans une indifférence coupable, par des tontons, des « édukateurs » ou des précepteurs religieux, sans véritables châtiments, malgré l’adoption de la loi criminalisant le viol et la pédophilie. Malgré ces mesures draconiennes, les viols, les uns plus odieux que les autres, font légion dans le pays.
L'Association des juristes sénégalaises (AJS) rapporte que "sur 331 victimes de viol recensées en 2022, 43% avaient entre 4 et 14 ans". Plus inquiétant encore, selon un rapport de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) cité par le journal du soir, le Centre de guidance infantile et familiale de Dakar a comptabilisé "97 cas de viols ou d'incestes sur mineures et 21 cas de viols suivis de grossesse, avec une moyenne d'âge de 11 ans" sur la seule période 2016-2017 dans la région de Dakar.
Face à ce drame, les nouvelles autorités sénégalaises, élues en mars, restent muettes. Malgré la signature du protocole de Maputo en 2004, qui prévoit l'autorisation de l'avortement dans les cas extrêmes, aucun gouvernement n'a osé légiférer sur la question, craignant les pressions religieuses.
Malgré tout ce pouvoir des hommes, il serait temps que l’on parle d’autre chose que de parité et d’égalité, et qu’on exige enfin du respect pour ce genre qui est avant tout celui de nos mères, de nos sœurs et de nos filles. Quel que soit le niveau de pouvoir des hommes qui détruisent l’avenir de ces jeunes filles, quels que soient la beauté d’une jeune fille et l’attrait de ses atours, il faut que les hommes du Sénégal sachent que : « Un HOMME ça s’empêche ». Et comment « ça s’empêche » ? En calmant sa braguette en pensant à sa mère, à sa sœur, à sa fille. Tout simplement.
Le 8 mars c’est tous les jours qu’il faut le célébrer en faisant du respect absolu des femmes, de leur liberté et de leur dignité un enjeu essentiel de civilisation. Le Professeur Fatou Sow nous enseigne que « Cela permettra de reconstituer l’histoire de nos sociétés traditionnelles, qui a été construite par des femmes. A travers cette approche, il sera possible de restaurer des valeurs qui sont nôtres et de booster l’estime de soi des femmes et leur obligation à participer à la construction du pays ».
Et surtout, cela nous éviterait de vivre comme des bêtes.
LE MONDE DOIT ECOUTER L’AFRIQUE
L’annonce est du ministre chinois des affaires étrangères Wang Li qui a fait face à la presse hier, vendredi 7 mars. Sa rencontre avec les médias s’inscrit dans le cadre des activités de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC),
La coopération sino-africaine sera maintenue. Mieux, les recommandations du sommet Chine-Afrique du mois de décembre dernier seront mis en œuvre. L’annonce est du ministre chinois des affaires étrangères Wang Li qui a fait face à la presse hier, vendredi 7 mars. Sa rencontre avec les médias s’inscrit dans le cadre des activités de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), une rencontre qui sert à faire le bilan des réalisations gouvernementales et d’ouvrir des perspectives.
La République populaire de Chine poursuit ses sessions de bilans de l’année 2024 et de perspectives pour 2025. Ses relations avec le continent africain en été abordées hier, vendredi 7 mars 2025, lors d’une conférence de presse animée par le ministre des Affaires étrangères Wang Li. Contrairement à des ruptures ou de relations controversées comme il en est le cas avec d’autres pays, Wang Li, souligne que la Chine aura l’Afrique au cœur de sa politique internationale. « L’Afrique est la terre de l’espoir au XXIe siècle. Sans modernisation de l’Afrique, il n’y aura pas de modernisation du monde. La stabilité et le développement de l'Afrique sont liés au destin commun de l'humanité. Le monde doit écouter la voix de l'Afrique et prêter attention à ses préoccupations. L’Afrique connaît un nouvel éveil et tous les pays doivent l’aider à s’engager sur une nouvelle voie de développement indépendant et autonome », a-t-il dit. Cette année est la première année de mise en œuvre des résultats du Sommet sino-africain de Beijing tenu en décembre 2024. Wang Li affirme ainsi, « Nous sommes prêts à suivre les « Dix actions de partenariat » de la Chine et de l'Afrique pour promouvoir conjointement la modernisation, aider l'Afrique à accélérer le processus d'industrialisation et de modernisation agricole, mettre en œuvre l'initiative de produits 100 % exempts de droits de douane, cultiver de nouveaux pôles de croissance tels que le numérique, l'écologie et l'intelligence artificielle, promouvoir 1 000 petits et beaux projets qui profitent aux populations, renforcer l'échange d'expériences en matière de gouvernance et améliorer la gouvernance». Le partenariat entre la Chine et le continent africain sera aussi marqué, dit-il, par «l’aide chinoise à l’Afrique pour qu’elle ait plus de représentativité dans les instances de décision à l’international». Selon toujours Wang Li, «La Chine et l’Afrique ont toujours été de bons amis, de bons partenaires et de bons frères qui partagent un destin commun. Sous la direction conjointe du président Xi Jinping et des dirigeants africains, les relations sino-africaines sont entrées dans la meilleure période de l'histoire. La Chine et tous les pays africains entretenant des relations diplomatiques ont atteint la «couverture complète» du partenariat stratégique, et la position de la communauté de destin sino-africaine a été élevée au niveau «à toute épreuve ».
Les différentes entreprises chinoises présentes en Afrique ont permis la réalisation de plusieurs kilomètres de route et de chemin de fer, dit Wang Li. « Au cours des 25 dernières années, la Chine a aidé l’Afrique à construire et à moderniser près de 100 000 kilomètres de routes et plus de 10 000 kilomètres de voies ferrées. Au cours des trois dernières années, les entreprises chinoises ont créé plus de 1,1 million d'emplois en Afrique ». Mieux ajoute-t-il, « La Chine est restée le premier partenaire commercial de l'Afrique pendant 16 années consécutives».
UNE DIPLOMATIE D’OUVERTURE, CONTRE LA PRISE DE GAZA AUX PALESTINIENS
Le ministre des Affaires étrangères de la Chine Wang Li dit que son pays est contre toute hégémonie d’une grande puissance. A l’en croire, les perspectives diplomatiques chinoises pour cette année 2025 sont « de bâtir des liens solides partout dans le monde, promouvoir un système de libre échange multi usage, préserver la stabilité de l’humanité et un bien être mondial». Sur ce, Wang Li souligne, «qu’il est nécessaire que les grandes puissances promeuvent des politiques pour renforcer les prérogatives de l’Organisation des nations unies (ONU) au lieu de semer des divisions qui peuvent plonger le monde dans une crise». Wang Li d’affirmer ensuite que «la Chine est convaincue de l’importance de l’existence de l’organisation des Nations Unies, un principe d’équité et de justice».
Les relations diplomatiques tendues avec les Etats-Unis (USA) ont été également abordées par le ministre chinois. Wang Li, tout en affirmant que son pays reste ouvert à une coopération pacifique basée sur le respect mutuel a estimé, « qu’aucune menace ne fera reculer la Chine dans sa marche pour le développement », faisant ainsi référence aux menaces de sanctions du président américain Donald Trump. Faisant toujours référence à la politique américaine, Wang Li, a montré toute son opposition à l’annonce du président américain Donald Trump de transformer la bande de Gaza en une station balnéaire. « Le monde ne peut pas être en paix si le Moyen orient ne l’est pas. La communauté internationale doit soutenir la création d’un Etat palestinien. Elle doit forger la paix entre la Palestine et l’Israël. Gaza appartient aux Palestiniens. Tout acte qui ne prend pas en compte cette dimension, est contraire à la volonté de tout un peuple », a-t-il soutenu en demandant plus d’aides humanitaires pour les Palestiniens. Wang Li a annoncé également plusieurs tournées du président chinois Xi Jinping en 2025.
FATOU NDIAYE (ENVOYÉE SPÉCIALE À BEIJING)
FUKUYAMA ALERTE SUR MUSK ET LE DÉCLIN DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE
Le chercheur de Stanford décrit comment le rachat de Twitter participait d'une stratégie pour acquérir de l'influence politique. Cette transformation de X en "mégaphone MAGA" illustre, selon lui, une menace fondamentale pour la démocratie américaine
(SenePlus) - Dans un article publié en janvier 2025, Francis Fukuyama, chercheur émérite à l'Institut Freeman Spogli de l'Université Stanford, dresse un parallèle inquiétant entre Silvio Berlusconi et Elon Musk, qu'il qualifie d'"oligarque américain fait maison".
Fukuyama commence par rappeler son blog de 2021 intitulé "Silvio Berlusconi et le déclin de la civilisation occidentale", dans lequel il argumentait que l'ancien Premier ministre italien serait considéré par les historiens futurs comme "le principal méchant" responsable de l'effondrement de la civilisation occidentale.
"Berlusconi était l'inventeur de la forme moderne d'oligarchie, dans laquelle un individu riche utilise son argent pour accéder au pouvoir politique par l'achat de médias, puis utilise sa fonction politique pour protéger ses intérêts économiques", écrit Fukuyama.
Cette stratégie, qui a empêché l'Italie de réformer ses institutions après la Guerre froide, a ensuite été adoptée par des oligarques dans toute l'Europe de l'Est et l'ancienne Union soviétique, comme Igor Kolomoisky et Rinat Akhmetov en Ukraine, ou Andrej Babiš en République tchèque. "Ces oligarques ont menacé la démocratie de manière fondamentale, en exerçant une influence politique excessive et en favorisant la corruption", souligne l'auteur.
Musk : le Berlusconi américain
"Eh bien, devinez quoi, nous avons maintenant notre propre oligarque américain dans le moule de Berlusconi : Elon Musk", affirme Fukuyama. Il explique que l'achat de Twitter (devenu X) pour 44 milliards de dollars n'était pas motivé par des raisons économiques ou par la défense de la liberté d'expression comme Musk le prétendait.
"Il voulait acheter de l'influence politique, ce qu'il a fait en abondance. X est passé d'une plateforme légèrement à gauche du centre à un mégaphone MAGA, que Musk utilise plusieurs fois par jour pour diffuser ses opinions politiques", écrit le chercheur.
Fukuyama souligne que cette influence médiatique, conjuguée aux 250 millions de dollars que Musk a donnés à la campagne de Trump, a largement contribué à l'élection de ce dernier. En retour, Trump lui a offert des rôles politiques comme co-directeur du DOGE et conseiller polyvalent, créant d'énormes conflits d'intérêts étant donné l'importance du gouvernement fédéral pour Tesla et SpaceX.
Un partenariat fragile
Le politologue prédit que le partenariat Trump-Musk n'est pas "fait au paradis". "Deux egos aussi importants auraient du mal à partager la vedette, et il y a des preuves que Trump se lasse déjà de la présence de Musk à Mar-a-Lago", note-t-il.
Si Musk suivait véritablement le chemin de Berlusconi, il chercherait à entrer lui-même en politique. "Il ferait un successeur bien plus plausible à Trump que n'importe lequel des enfants de Trump", estime Fukuyama, tout en rappelant que le président élu a déjà souligné que Musk ne peut pas briguer la présidence puisqu'il n'est pas né aux États-Unis. "Mais il y a beaucoup d'autres fonctions publiques auxquelles il pourrait aspirer, et je ne l'exclurais pas de la politique américaine même s'il est éjecté de l'orbite de Trump."
Les médias sociaux comme acteurs politiques
Fukuyama s'inquiète des implications à long terme de cette situation. "Les médias sociaux remplacent rapidement les médias traditionnels comme principale source d'information pour les Américains. Personne ne devrait prétendre qu'ils sont des places publiques neutres ; ce sont des acteurs politiques qui peuvent influencer l'issue des élections."
Le problème fondamental, selon lui, est qu'ils sont "trop grands et trop puissants". Contrairement aux trois grands réseaux de télévision d'antan, dont l'influence politique était limitée par la FCC et des normes de neutralité médiatique, "aucune contrainte de ce type n'existe aujourd'hui pour les grandes plateformes en ligne".
Fukuyama conclut en plaidant pour une réduction de ce pouvoir par la prolifération de "middlewares" qui supprimeraient essentiellement leur pouvoir éditorial. Il rappelle qu'en 2020, son groupe d'étude à Stanford avait comparé les grandes plateformes internet à "une arme chargée posée sur la table devant nous", en espérant qu'aucun mauvais acteur ne s'en emparerait. "Ce scénario est celui qui s'est maintenant déroulé avec Twitter et Elon Musk. Réduire l'échelle et le pouvoir des plateformes reste donc très important, mais la réforme est bloquée car la plateforme brandit maintenant une très grosse arme."