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4 avril 2025
International
UN ENJEU CRUCIAL POUR LA PAIX DU MONDE
La paisible cité de Cadenabbia, aux pieds des collines et lacs verdoyants, dans le Nord de Milan, en Italie, abrite depuis hier, lundi 18 novembre 2024, la conférence internationale des experts sur la Résolution de la crise dans les pays du Sahel.
La paisible cité de Cadenabbia, aux pieds des collines et lacs verdoyants, dans le Nord de Milan, en Italie, abrite depuis hier, lundi 18 novembre 2024, la conférence internationale des experts sur la Résolution de la crise dans les pays du Sahel. C’est une initiative du Bureau de Berlin, en Allemagne, de la fondation Konrad Adenauer, dans la perspective de créer un carrefour d’échanges des experts sur les axes majeurs de sortie de crise. Les enjeux et défis sont immenses et l’urgence d’une synergie des interventions est requise pour bâtir durablement la paix et la stabilité dans cette région située entre l’Afrique au Sud, le Sahara et le Maghreb.
Cette conférence, ouverte hier lundi et ce pour trois jours, à Cadenabbia dans le Nord de Milan, en Italie, regroupe les experts de différents rangs sur la recherche de solution à la crise qui secoue avec fracas les pays du Sahel. L’initiative porte les empreintes du Bureau de Berlin de la fondation Konrad Adenauer et vise à créer un carrefour d’échange sur les problématiques majeures qui affectent cette région du Nord de l’Afrique. Il s’agit entre autres de l’insécurité quasi permanente sur fond d’attaques djihadistes, des questions de gouvernance, de l’impact des changements climatiques, de l’aide humanitaire aux populations de plus en plus vulnérables, de la politique migratoire et de la paix dans un contexte géopolitique mondiale en constante mutation.
Et malgré les efforts des Nations Unies (ONU), de l’Union européenne (UE), de la Communauté des Etant de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et d’autres instances notamment le G5 Sahel (Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Mali et le Tchad, à l’origine), la situation reste préoccupante sur le terrain. L’approche de cette conférence est de porter le regard sur les besoins fonctionnels des populations de cette communauté des Etats du Sahel, en termes d’investissements structurants, de bonne gouvernance politique, sociale et économique, de la valorisation du potentiel local pour freiner la migration irrégulière et de stabilité sous régionale.
Au cours des échanges, il est plusieurs fois apparu l’influence des puissances étrangères sur fond de repositionnement notamment la Russie et la Chine, face au coup de froid qui caractérise les relations France/Afrique.
Les conclusions de cette conférence aideront sans doute les décideurs à mutualiser leurs efforts dans le sillage de la reconstruction de ces Etats du Sahel, aussi bien leurs institutions de gouvernance que les infrastructures. Ce qui, assurément, accompagnera ces communautés à retrouver l’espoir, celui d’une vie meilleure sur une terre qui les a vus naître mais, aujourd’hui, sous le contrôle des groupes armés, dans des Etats fragilisés par des coups de force (avec des régimes militaires) et sans perspective immédiate de retour à l’ordre constitutionnel.
EXCLUSIF SENEPLUS - La Biennale transforme l'école ARUBA en un écrin où dialoguent les œuvres des maîtres disparus et contemporains. Les designers sénégalais y démontrent que l'art peut sublimer l'architecture
Ce samedi 16 novembre 2024, la Biennale de Dakar a connu un de ses plus forts moments et offert aux Dakarois et étrangers de passage, une de ses plus belles expositions dans un endroit qui a le mérite poser la problématique entre architecture, urbanisme et beaux-arts, dans toute son acuité, à savoir, l’école Supérieure d’architecture, d’urbanisme et des beaux-arts de Dakar, ARUBA.
Il s’est agi dans ce lieu d’une rare beauté d’exposer des grands maîtres de notre peinture, parfois disparus comme Félicité Kodjo, Amadou Sow, Ibrahima Kébé ou Souleymane Keïta, ou d’une grande actualité créatrice comme Abdoulaye Konaté, Soly Cissé, Serge Corréa, Moussa Traoré, Chalys Lèye, Birame Ndiaye ou d’accueillir un collectif de designers sénégalais dont les créations valorisent l’architecture, et posent avec talent l’idée d’urbanité, étincelle vivante de l’urbanisme s’il en est.
Les invités furent saisis de cette présence d’architectes et d’urbanistes de renom qui à l’instar de Sawalo Cissé, illustrent ce que fut cette célèbre école de Dakar d’architecture et des beaux-arts de l’époque Lods, symbole esthétique d’une certaine idée de Dakar, ville qui par la poétique de son nom et de son architecture inspira le titre d’un de ses plus beaux albums à John Coltrane.
L'art de l'architecte et celui de l'urbaniste sont ici étroitement liés ; aucun architecte ne peut ignorer tes contraintes urbanistiques de l'implantation du logement ; aucun urbaniste ne peut ignorer les contraintes spécifiques du logement qui permettent soit leurs groupements, soit leurs dispersions.
Cette exposition est vivante et vivace d’élégance et de poésie, et exprime par le choix même des exposants, ce que les concepteurs de ARUBA, amenés par Emile Diouf, Abib Diène, Chérif Diattara, Saabibou Diop ou Coly Faye, souhaitent inculquer à leurs étudiants : Une ville se pense. Tandis que la nôtre est à panser.
Faites un tour à ARUBA, vous en serez émerveillés par le talent de nos artistes exposés, et aussi part la collection privée des œuvres de Abib Diène et Emile Diouf entre autres, et vous serez conquis par cet environnement propice à la création et au travail d’urbanisme nécessaire au développement de nos villes, pour que la pensée qui y est diffusée nous éloigne de l’idée que nos architectes aujourd’hui soient rémunérés au kilo de béton.
ARUBA nouveau concept est le lieu où l'art et l'architecture entretiennent un lien étroit et complexe, tissant un dialogue continu au fil des époques. L'architecture, bien que souvent considérée comme une discipline scientifique pour sa part technique, est indéniablement un art dans sa dimension créative.
En visitant cette exposition, vous découvrirez que le programme d'architecture d’ARuBA-Sup est conçu pour former les futurs leaders du domaine, en leur offrant une solide base théorique et pratique, tout en mettant l’accent sur l’innovation, la durabilité, et l’expertise technique. Vous comprendrez alors qu’en mettant l'accent sur les concepts de durabilité, d'inclusion sociale et d'innovation, ARUBA offre une formation complète aux futurs urbanistes à la gestion des espaces urbains, au développement durable, et aux pratiques d’aménagement du territoire.
Parce que l'accent est mis sur la créativité, l'innovation et le façonnage des matériaux, il s‘agit de permettre aux étudiants de développer des compétences artistiques, techniques et pratiques appliquées à la conception architecturale et urbaine.
Vous qui rêvez encore de toutes les beautés de nos espaces urbains traversés par les talents de nos artistes et architectes urbanistes, faites un tour au Point E, Rue A angle Avenue Cheikh Anta Diop, vous serez réconciliés avec vos désirs d’urbanités et de civilités urbaines.
LA NOUVELLE MAJORITÉ FACE AU DILEMME BUDGÉTAIRE
Si Pastef peut désormais gouverner sans entrave, le budget 2025 s'annonce comme son premier test grandeur nature : il faudra concilier l'orthodoxie financière réclamée par le FMI avec les attentes sociales des Sénégalais
(SenePlus) - La probable majorité absolue de Pastef à l'Assemblée nationale confronte le président Bassirou Diomaye Faye à un délicat exercice d'équilibriste entre les attentes populaires et les exigences du FMI, rapporte Reuters.
Si cette victoire législative offre au nouveau pouvoir les coudées franches pour mettre en œuvre son ambitieux programme sur 25 ans, le premier défi sera d'ordre budgétaire dans un contexte de crise fiscale, selon l'agence de presse.
"Les électeurs recherchent des solutions rapides au chômage, à la hausse du coût de la vie et à la limitation des services publics dans les zones rurales reculées", souligne Wendyam Lankoande, consultant chez Africa Practice, cité par Reuters.
La tâche s'annonce ardue. Un audit gouvernemental de septembre a révélé que la dette et le déficit budgétaire du Sénégal étaient bien plus importants que ce qu'avait annoncé la précédente administration. Conséquence : le programme du FMI de 1,9 milliard de dollars convenu en juin 2023 est suspendu.
Les négociations pour relancer les décaissements pourraient s'étendre jusqu'à mi-2025, précise Reuters. "Nous considérons la majorité de Pastef comme un développement positif car elle ouvre la voie au président Faye et au Premier ministre Sonko pour commencer à travailler sur un budget 2025 globalement aligné sur les exigences du FMI", analyse Leeuwner Esterhuysen, économiste principal chez Oxford Economics Africa.
Toutefois, l'expert prévient : "Certaines de ces exigences ne seront pas nécessairement bien accueillies par les citoyens sénégalais." Il estime cependant que le FMI pourrait faire preuve de souplesse, semblant entretenir de bonnes relations avec la nouvelle administration.
"Nous pensons que le gouvernement pourrait retarder la mise en œuvre de mesures drastiques comme la suppression des exonérations de TVA sur les intrants agricoles ou l'augmentation des prix de l'électricité des ménages, tandis que les subventions énergétiques seront progressivement supprimées pour limiter l'impact sur les consommateurs", projette Esterhuysen.
Cette victoire législative de Pastef a déjà eu un impact positif sur les marchés : Reuters note que la dette souveraine du Sénégal a vu son prix augmenter lundi, alors que la plupart des autres obligations des nations africaines perdaient du terrain. Le rendement de son obligation en dollars 2033 a baissé d'environ 10 points de base à 9,28% vers 11h45 GMT.
CRITIQUES AU MALI
Casquette de camouflage de l’armée malienne vissée sur la tête, le Premier ministre du Mali, Choguel Maïga, a commencé par apporter son soutien aux militaires maliens sur le front avant de tacler les membres de la junte...
Casquette de camouflage de l’armée malienne vissée sur la tête, le Premier ministre du Mali, Choguel Maïga, a commencé par apporter son soutien aux militaires maliens sur le front avant de tacler les membres de la junte qui dirigent le pays depuis la capitale. Il révèle ensuite pour la première fois publiquement que souvent, ces derniers gouvernent seuls, en le mettant à l’écart sur des sujets importants comme la durée de la transition.
« Ce n'est pas normal dans un gouvernement. Le Premier ministre ne peut pas apprendre dans les médias que les élections sont reportées sans débat au sein du gouvernement ». Le Premier ministre malien va plus loin en laissant entendre que la transition titube, « avec les risques de graves remises en cause et de risque de retour en arrière ». Très en verve, Choguel Maïga révèle qu’en moins de deux ans, des récépissés ont été accordés à plus de 100 nouveaux partis politiques pro-juntes, alors que les dernières assises nationales ont demandé de réduire leur nombre.
LE GABON VALIDE LA RÉFÉRENDUM CONSTITUTIONNEL
Les Gabonais se sont prononcés sur une nouvelle constitution, avec 91,8 % des suffrages exprimés en faveur du « oui », selon les résultats provisoires.
Les Gabonais se sont prononcés sur une nouvelle constitution, avec 91,8 % des suffrages exprimés en faveur du « oui », selon les résultats provisoires. Ce texte, porté par la junte dirigée par le général Brice Oligui Nguema, vise à tourner la page du régime Bongo et à encadrer la transition en cours.
Selon les résultats provisoires publiés dimanche par le ministère de l’Intérieur, la nouvelle constitution proposée par le régime de transition dirigé par le général Brice Oligui Nguema a recueilli 91,8 % de votes favorables. Ce référendum, considéré comme une étape clé dans la transition amorcée après la fin du régime Bongo, a enregistré un taux de participation de 53,54 %, inférieur aux premières estimations de 71 %.
Samedi, 868 115 électeurs étaient appelés à choisir entre un bulletin vert pour le « oui » ou rouge pour le « non ». Ce scrutin, qualifié par les autorités de « moment historique », intervient un peu plus d’un an après le coup d’État du 30 août 2023 qui a mis fin à 55 ans de domination de la famille Bongo.
Une fois les résultats validés par la Cour constitutionnelle, le processus devrait se poursuivre avec une élection présidentielle prévue pour août 2025, marquant la fin de la transition. Le général Oligui, qui a promis un retour à un régime civil, n’a cependant pas exclu une candidature, tout en prônant un développement économique et social pour le pays.
Déroulement et organisation
Le scrutin s’est tenu dans un climat apaisé, avec un couvre-feu réaménagé de minuit à 5 h du matin pour l’ensemble de la période électorale. Selon les autorités et le Réseau d’observateurs citoyens (ROC), soutenu par les Nations Unies, aucun incident majeur n’a été signalé lors de la journée de vote.
Le processus de dépouillement, encadré par le code électoral, a vu les bulletins incinérés sur place après comptage, tandis que les procès-verbaux ont été centralisés au ministère de l’Intérieur, en l’absence des instances électorales dissoutes après le coup d’État. Toutefois, le ROC a noté que ses observateurs n’ont pas pu assister au dépouillement dans certains bureaux.
Enjeux et contenu de la nouvelle constitution
Le texte constitutionnel de 173 articles, élaboré après un dialogue national au printemps, introduit des réformes majeures. Parmi elles figurent un mandat présidentiel de sept ans renouvelable une seule fois, l’interdiction de transmission héréditaire du pouvoir, et la suppression de la fonction de Premier ministre.
Le deuxième article consacre le 30 août comme « fête de la libération », date marquant l’arrivée au pouvoir de la junte. L’article 170 prévoit l’exonération de poursuites pour les acteurs des événements liés à la transition.
Certaines dispositions, comme la limite des mandats présidentiels et le mode d’élection au suffrage universel, sont déclarées non révisables. Une nouveauté notable est l’introduction du service militaire obligatoire pour les filles et les garçons.
Débats et perspectives
La campagne référendaire, dominée par le discours officiel, a été marquée par des divergences. Les opposants ont critiqué une concentration excessive des pouvoirs autour du président de la transition, tandis que les partisans du texte ont appelé à « tourner la page » en soutenant le « oui ».
La prochaine étape, si la nouvelle constitution est adoptée, sera d’assurer une transition inclusive en vue des élections présidentielles de 2025.
CE QUI A MOTIVÉ MON CHOIX POUR LA GUINÉE
A 27 ans, la meneuse guinéenne fait son bonhomme de chemin dans le monde professionnel. Fatoumata Jallow évolue en première division suédoise avec AIK Basket Solna.
iGFM (Dakar) A 27 ans, la meneuse guinéenne fait son bonhomme de chemin dans le monde professionnel. Fatoumata Jallow évolue en première division suédoise avec AIK Basket Solna. La discussion avec Jolofsport a débuté sur Instagram. Elle a apprécié le travail effectué par le tabloïd sénégalais. Naturellement, elle a accepté cet entretien, expliqué son choix pour la Guinée et dévoilé ses objectifs en sélection et en club.
Née en Suède, vous avez décidé de jouer pour la Guinée. Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?
Je voulais représenter mon pays d’origine. Je suis originaire de la Gambie et de la Guinée, et avoir l’opportunité de représenter l’un de mes pays est plus important que le basketball. C’est vraiment spécial et incroyable. Je suis vraiment reconnaissante et heureuse de pouvoir contribuer à l’histoire et au développement du basketball guinéen.
La Guinée a fini 8e du dernier Afrobasket. Peut-on dire que cette place en quart de finale ouvre des perspectives pour 2025 ?
Bien sûr, c’est un accomplissement important et de grande envergure. La Guinée n’est actuellement pas une équipe que les gens considèrent comme une menace sur le terrain.
Mais après l’Afrobasket 2023 au Rwanda, nous avons prouvé à nous-mêmes et aux autres que nous pouvons réussir. Nous avons fait des progrès par rapport aux résultats de mon premier Afrobasket 2021 au Cameroun (Ndlr : la Guinée avait fini 12e sur autant de pays).
Qu’est-ce qui manque à la sélection guinéenne pour titiller ses voisines comme le Sénégal ou le Mali et viser une médaille africaine après celle en argent de 1966 ?
Le Sénégal et le Mali sont de grandes équipes. Ils ont de bonnes bases sur lesquelles travailler. Nous avons besoin de bonnes préparations pour que les joueuses soient prêtes mentalement et physiquement à jouer contre les meilleures équipes. En plus, il faut investir dans les joueuses locales en Guinée pour pouvoir jouer à un niveau élevé et concourir.
L’Afrobasket n’est pas facile, il y a beaucoup de joueuses dans ces équipes nationales avec une grande expérience qui évoluent dans les meilleures ligues du monde. Il est donc important pour la Guinée de trouver des moyens de recruter des joueuses prêtes à jouer et à fournir le travail nécessaire pour avoir une équipe performante capable de rivaliser à un niveau élevé.
Vous évoluez sous les couleurs de AIK Basket, 6ème de la Damligan après 3 journées. Quels sont vos objectifs en club ?
Nous voulons être parmi les meilleures équipes et nous qualifier pour les play-offs. La première moitié de la saison est presque terminée. Il est donc important de rester concentré et de continuer à grimper au classement. Nous avons une excellente équipe cette année. Je suis heureuse de pouvoir apporter un bon impact à l’équipe et de continuer à le faire.
Sur le plan personnel, votre entame de saison n’est pas mauvaise avec une moyenne de 12 points, 2,7 rebonds et 2 passes décisives par match. Que devez-vous améliorer dans votre jeu ?
Je dirais qu’il faut avoir plus de patience et laisser le jeu venir à moi naturellement. Parfois, il peut être facile d’être frustré par les ratés et il est important de comprendre que tous les matchs ne seront pas parfaits. C’est donc quelque chose que je garderai à l’esprit et sur lequel je continuerai à travailler.
Par Hamidou ANNE
LE PEN, TRUMP, SONKO ET LEURS JUGES
Les populistes n’invoquent la Justice que quand celle-ci est en indélicatesse avec d’autres citoyens, leurs adversaires
J’ai suivi avec grand intérêt, ces derniers jours, le procès de Marine Le Pen et ses collaborateurs au sujet de délits supposés d’emplois fictifs au Parlement européen. En effet, il est reproché à la cheffe du parti français d’Extrême-droite, un système organisé de fraude qui faisait supporter les salaires de ses collaborateurs politiques par le Parlement européen. Le préjudice constaté est de 7 millions d’euros. En attendant la peine, les procureurs ont requis cinq ans de prison, ainsi que cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Ceci signifie que si les juges suivent les procureurs, elle serait inéligible pour la présidentielle 2027 dont elle est la grandissime favorite. L’intéressée a réagi, arguant «une atteinte à la démocratie», l’organisation de sa «mort politique», l’inféodation du Parquet à l’Exécutif, etc.
Elle dénonce une Justice «aux ordres», qui voulait l’empêcher de concourir au suffrage universel. «Mais, au-delà de moi, c’est le peuple français qui, en réalité, est empêché (…) de voter pour la candidate qu’il souhaite», ajoute-t-elle. J’ai tout de suite reconnu le refrain de la chanson de la victime brimée soi-disant par le «système». Marine Le Pen ainsi que tous les populistes usent et abusent de la rhétorique du complot quand ils sont devant la Justice et risquent une condamnation.
Après son départ du pouvoir en 2020, Donald Trump a fait l’objet de dizaines d’accusations. Il a été condamné pour certaines. Naturellement, le truculent président américain a lui aussi accusé les juges, arguant que les procès étaient «truqués» et que les juges étaient «corrompus». Aucune remise en cause, aucune tenue, mais l’usage de la défense de rupture, avec toujours en première ligne le prétexte d’un système inique qui voudrait annihiler la voix du peuple. Trump avait dit à l’issue d’une condamnation que le vrai procès sera pour le 5 novembre, avec le jugement du peuple souverain. Il faut reconnaître qu’il a remporté celui-là, malgré les accusations nombreuses dont certaines très graves, malgré l’attaque du Capitole du 6 janvier et malgré les propos hallucinants tenus quasi quotidiennement contre les magistrats, l’Administration, ses adversaires et toutes celles et tous ceux qui refusaient de se plier à ses désidératas.
La logique populiste est implacable, et elle est éculée. Ils ne sont coupables de rien et sont victimes de tout le monde. Tout le «système» est mis en place pour freiner leur montée politique et les combattre par l’usage détourné des lois. Au Sénégal, ce scénario a été éprouvé pendant trois années de procédures judiciaires, qui ont visé un homme dont l’irresponsabilité n’a pas de limite. Si Marine Le Pen, par exemple, fait l’objet d’accusations concernant l’usage de fonds publics au préjudice de l’Europe, notre bonhomme lui a été sous le coup d’affaires toutes privées.
D’abord visé par une plainte au pénal d’une compatriote, il a été sommé devant un tribunal d’apporter les preuves de ses accusations. Dans les deux cas, il a été condamné à la suite d’accusations privées. Dans les deux cas, il a refusé de faire face à ses accusateurs. Dans les deux cas, il a refusé de faire face à la Justice de son pays. Ses arguments, comme ceux de Trump et Le Pen aujourd’hui, ont consisté à invoquer la rhétorique du complot, de l’abus de pouvoir et de la volonté de l’empêcher d’être candidat. Il a appelé au «Mortal Kombat» pour ne pas se présenter devant un juge, qualifié de partisan, avant que son collègue et successeur, lui, ne reçoive le sobriquet de «lâche». L’histoire est facétieuse : celui qui disait détenir toutes les preuves du complot qui le visait, en huit mois d’exercice, n’en a sorti aucune. Au contraire, les rodomontades, les menaces, les accusations, le bruit permanent sont notre quotidien avec lui depuis le 2 avril 2024. Celles et ceux qu’il accusait de complot vaquent calmement à leurs occupations.
Les populistes n’invoquent la Justice que quand celle-ci est en indélicatesse avec d’autres citoyens, leurs adversaires. De vieilles vidéos de Mme Le Pen sont ressorties, où elle accusait toute la classe politique française de «piquer dans les caisses», sauf son parti. Trump a accusé les démocrates de toutes sortes de forfaits dont les plus farfelus, sans jamais apporter la moindre preuve. Notre bonhomme, lui, est coutumier des déclarations grossières et outrageuses, et a usé de la rhétorique du «système» du «Tous pourris !», mais se montre si léger quand il s’agit d’éclairer l’opinion sur les scandales présumés de l’Onas et de l’Aser. Pour Trump, Le Pen ou Sonko, la logique est la même : nous sommes victimes du système quand nous sommes appelés à la barre, mais dans l’exercice de nos responsabilités publiques, nous n’allons rendre aucun compte parce qu’au fond, nous sommes la Justice. Ce qui change seulement, c’est qu’aux Etats-Unis et en France, la presse, la Société civile et les intellectuels sont en général attentifs au devoir de responsabilité qui leur incombe
Chez nous, le larbinisme, la couardise et l’opportunisme ont élu domicile dans ces milieux, et ce depuis longtemps.
LE PASTEF FAIT CARTON PLEIN
Les premières projections donnent 129 sièges sur 165 au parti présidentiel. L'opposition, avec seulement 20 sièges répartis entre Samm Sa Kaadu (5) et Takku Wallu (15), se trouve réduite à sa plus simple expression, en attendant le reste des répartitions
(SenePlus) - Selon les projections du statisticien Mamadou Yauck, publiées dimanche 17 novembre à minuit, le Pastef obtient une majorité absolue historique à l'Assemblée nationale. Le parti au pouvoir raflerait 129 sièges sur les 165 à pourvoir, soit largement au-dessus de la majorité absolue fixée à 83 députés.
Ces premières estimations révèlent un véritable raz-de-marée en faveur du parti du Premier ministre Ousmane Sonko, tandis que l'opposition se trouve fortement fragmentée. La coalition Samm Sa Kaadu n'obtiendrait que 5 sièges, et Takku Wallu 15 sièges. Les 16 sièges restants demeurent encore à pourvoir.
Face à l'ampleur de ces résultats provisoires, les principales forces d'opposition ont rapidement concédé leur défaite. La coalition Samm Sa Kaadu et l'ancien Premier ministre Amadou Ba ont admis leur revers quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote.
Autre enseignement de ce scrutin : la participation s'établit à 49,72%, selon les projections de Mamadou Yauck. Un taux qui témoigne d'une mobilisation importante des électeurs pour ces législatives anticipées.
Cette configuration, si elle se confirme dans les résultats officiels, donnerait au parti au pouvoir une marge de manœuvre considérable pour faire adopter ses projets de loi au Parlement.
Par Abdoulaye THIAM
L’OURAGAN SONKO !
Il n’y aura donc pas de cohabitation. Seuls quelques départements ont résisté à la razzia qui se dessine. Il s’agit des départements de Matam, Kanel, Ranérou, Dagana, Ndioum entre autres
Tel un tsunami, la liste du Parti Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité) a balayé tout sur son passage à l’issue du scrutin des élections législatives anticipées d’hier, dimanche 17 novembre. L’ouragan Ousmane Sonko n’a fait qu’une bouchée de ses adversaires. De Dakar à Ziguinchor; de Saint-Louis à Tambacounda, le président du Pastef, non moins Premier ministre, a démontré partout ou presque sa puissance et sa suprématie.
Comme lors de la présidentielle du 24 mars dernier, ce parti porté sur les fonts baptismaux en 2014, a confirmé son ancrage dans le pays et surtout dans les cœurs des jeunes sénégalais. Une victoire nette et sans bavure qui porte l’empreinte d’une seule et unique personne. Il s’agit de Ousmane Sonko. Ses erreurs de communication contre le régime dont il est pourtant le Chef du Gouvernement, ses sorties au vitriol appelant à l’application de la loi du talion contre Barthelemy Dias, n’ont pas pesé sur la balance. Les attaques ad hominem de ses adversaires, non plus. Les électeurs sénégalais ont décidé en toute responsabilité de plébisciter Ousmane Sonko qui détient maintenant les pleins pouvoirs pour dérouler sa vision Sénégal 2050 «Pour une nation souveraine, juste, prospère et ancrée dans des valeurs fortes ».
Seuls quelques départements ont résisté à la razzia qui se dessine. Il s’agit des départements de Matam, Kanel, Ranérou, Dagana, Ndioum entre autres.
Il n’y aura donc pas de cohabitation. Au contraire, le peuple, détenteur de la souveraineté l’a exprimée dans ce scrutin aux allures d’un référendum pour ou contre Ousmane Sonko.
Par ailleurs, il faut aussi relever que le Premier ministre tient ainsi sa revanche. Empêché à tort ou à raison, par tous les moyens, de prendre part à la présidentielle du 24 mars dernier, l’actuel Premier ministre avait «parrainé», le secrétaire général du Pastef pour le porter à la tête de la magistrature suprême. Un fait inédit au Sénégal, voire en Afrique, qui a augmenté le capital sympathie pour Ousmane Sonko qui est apparu dans plusieurs élections comme le faiseur de «rois», notamment lors des dernières élections municipales et législatives
Disposant désormais d’une majorité plus que qualifiée et de tous les leviers, Sonko qui consolide sa légitimité, aura la lourde responsabilité de remettre le Sénégal sur les rails de l’émergence.
KIEV AUTORISÉ À FRAPPER PLUS LOIN EN RUSSIE
Selon AP, Biden aurait donné son accord pour des frappes ukrainiennes plus profondes en Russie avec les missiles ATACMS. Cette décision, longtemps réclamée par Kiev, intervient alors que jusqu'à 12 000 soldats nord-coréens renforceraient les rangs russes
(SenePlus) - Le président Joe Biden vient d'autoriser l'Ukraine à utiliser des missiles américains longue portée pour des frappes plus profondes en territoire russe, alors que Moscou déploie des milliers de soldats nord-coréens pour renforcer son effort de guerre, rapporte Associated Press (AP), citant un responsable américain et trois sources proches du dossier.
Cette décision concernant l'utilisation du système de missiles tactiques de l'armée (ATACMS) intervient dans un contexte particulier : Vladimir Poutine positionne des troupes nord-coréennes le long de la frontière nord de l'Ukraine, dans une tentative de reconquérir des territoires repris par les forces ukrainiennes.
Selon AP, ce revirement stratégique fait suite à la victoire électorale de Donald Trump, qui a promis une fin rapide au conflit et suscité des incertitudes quant à la poursuite du soutien militaire américain vital pour l'Ukraine.
"Les missiles de plus longue portée seront probablement utilisés en réponse à la décision de la Corée du Nord de soutenir l'invasion de l'Ukraine par Poutine", indique l'une des sources citées par l'agence de presse américaine.
Le président Volodymyr Zelensky et ses soutiens occidentaux faisaient pression depuis des mois sur Biden pour autoriser ces frappes plus profondes avec des missiles occidentaux, arguant que cette restriction rendait impossible toute tentative d'arrêter les attaques russes contre les villes et le réseau électrique ukrainiens.
L'ampleur de l'implication nord-coréenne est significative : selon les évaluations américaines, sud-coréennes et ukrainiennes citées par Associated Press, jusqu'à 12 000 soldats nord-coréens ont été envoyés en Russie. Les services de renseignement américains et sud-coréens affirment que Pyongyang a également fourni d'importantes quantités de munitions à Moscou.
Cette décision intervient alors que la Russie a lancé ce dimanche "une attaque massive de drones et de missiles contre l'Ukraine, décrite par les responsables comme la plus importante des derniers mois, ciblant les infrastructures énergétiques et faisant des victimes civiles", précise AP.
Les États-Unis demeurent le plus précieux allié de l'Ukraine dans cette guerre, ayant fourni plus de 56,2 milliards de dollars d'aide à la sécurité depuis l'invasion russe en février 2022. Cependant, l'administration Biden a régulièrement retardé la fourniture de certaines armes avancées spécifiques demandées par l'Ukraine, ne cédant que sous la pression de Kiev et de ses soutiens.
Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, interrogé sur cette décision, a rappelé la position des Nations Unies qui est "d'éviter une détérioration permanente de la guerre en Ukraine", ajoutant : "Nous voulons la paix, nous voulons une paix juste", selon les propos rapportés par Associated Press.