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4 avril 2025
Opinions
par Souleymane Gueye
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ABDOURAHMANE SARR OU LE MIRAGE DE LA LIBERTÉ
L'idée selon laquelle un secteur privé fort, soutenu par un État fort, est la clé pour permettre aux citoyens de prendre leur destin en main est profondément problématique. De plus, l'idée de libérer les citoyens de l'État est une illusion dangereuse
Une critique de l'idéologie libérale du nouveau ministre de l'Économie
Dans un acte de défiance flagrante envers le mandat qui lui a été confié par le peuple, le nouveau ministre de l'Économie a choisi, lors de sa passation de service, de présenter son propre projet politique : Mom Sa Bop, Menel Sa Bop, en contradiction manifeste avec celui sur lequel le président a été élu. Ce discours, empreint d'une idéologie libérale, soulève des préoccupations profondes quant à la direction que prend notre gouvernement en matière économique et sociale.
Abdourahmane Sarr a affirmé son fameux "Yewwi Askan Wi" (libérer les citoyens de l’État), dont le but est de financer des biens et services publics de qualité au bénéfice des populations, en particulier les plus vulnérables, afin de leur permettre de prendre leur destin en main. Cependant, derrière cette déclaration en apparence louable se cache une conception dangereusement erronée de la gouvernance économique et sociale.
L'idée selon laquelle un secteur privé fort, soutenu par un État fort, est la clé pour permettre aux citoyens de prendre leur destin en main est profondément problématique. En réalité, cela crée une dépendance inquiétante à l'égard du marché, soumis aux intérêts privés souvent contradictoires avec l'intérêt général. Un État fort ne devrait pas se contenter de soutenir le secteur privé, mais plutôt le réguler de manière à garantir qu'il contribue effectivement au bien-être de toute la société, et non à l'enrichissement de quelques-uns.
De plus, l'idée de libérer les citoyens de l'État est une illusion dangereuse. L'État, en tant qu'institution démocratique représentant l'intérêt collectif, est le garant des droits fondamentaux et de la justice sociale. Libérer les citoyens de l'État revient en réalité à les livrer à la merci des forces du marché, où seuls ceux dotés de ressources financières importantes peuvent réellement exercer leur liberté. Cela conduit à une société profondément inégalitaire, où les plus démunis sont laissés pour compte.
Pour démontrer l'erreur fondamentale de cette vision libérale, nous pouvons nous tourner vers les enseignements d'éminents économistes sociaux. Amartya Sen et Joseph Stiglitz, tous deux lauréats du prix Nobel d'économie, ont souligné l'importance de l'État dans la promotion du bien-être et de la liberté des individus, ainsi que la nécessité d'une intervention active pour corriger les défaillances du marché. De même, les idées de John Maynard Keynes sur la nécessité d'une intervention étatique pour réguler l'économie et atténuer les cycles économiques sont toujours d'actualité.
En tant que partisan du Projet, qui promeut un État stratège et interventionniste (Page 20, Point 8 du Chapitre Pour une économie performante et résiliente sous-tendue par une gestion transparente des finances publiques), il est de notre devoir de dénoncer cette idéologie dangereuse et de défendre un rôle fort et responsable de l'État dans la protection et la promotion du bien-être de tous les citoyens. Nous devons nous mobiliser pour résister à cette tendance libérale qui menace les fondements mêmes de notre société et œuvrer pour une économie plus juste et équitable pour tous.
Ensemble, restons vigilants et engagés pour un Sénégal souverain, juste et prospère.
Souleymane Gueye est ingénieur projets numériques.
par Célestin Monga
MAHAMMED
Les douleurs et les trahisons qui constituent la trame de nos vies intrinsèquement misérables par-delà nos pouvoirs d'achat supposés n'ont jamais ébranlé la fine conscience que Mahammed Boun Abdallah Dionne avait de notre devoir de vivre
De temps à autre, par inadvertance, de bonnes nouvelles aussi arrivent dans mon courrier. Comme ce message insolite reçu en septembre 2013 d'un certain Mahammed Boun Abdallah Dionne. Je n'avais pas l'honneur de le connaître. Il se présentait comme le responsable des programmes Afrique de l'Organisation des nations unies pour le développement industriel (UNIDO), basée à Vienne, Autriche, et disait être « le président de mon fan club ». Je m'en suis immédiatement méfié car très jeune, j'ai appris l'effet que les compliments (réels ou artificiels) provoquent dans le cerveau humain : ils font baisser inconsciemment la garde.
Intrigué tout de même par l'essentiel du message, qui m'invitait à donner un discours à de la conférence générale de l'institution, prévue le mois suivant à Lima, Pérou, j'en avais parlé à mon superviseur Kaushik Basu, le premier vice-président et économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale. Sans hésiter une seule seconde, Kaushik dont j'étais le conseiller-directeur, m'avait encouragé à accepter l'invitation. Il estimait que l'UNIDO était une des meilleures agences des Nations Unies et Amartya Sen, son ancien directeur de thèse, le lui avait confirmé.
J'ai donc rencontré Mahammed Boun Abdallah Dionne au Pérou, en marge de la conférence. Debout dans un coin de la salle, à l'abri des micros et des caméras, il m'avait alors révélé la véritable raison de son invitation. Après m'avoir confié qu'il se préparait à abandonner sa carrière internationale pour retourner au Sénégal comme Directeur de cabinet et Premier ministre du président Macky Sall. Puis, il avait ajouté en dardant sur moi son regard droit comme une lame : « Peu de cadres africains qui pensent notre condition occupent les hautes fonctions de décision dans les organismes internationaux. L'ONUDI se prépare à recruter deux directeurs-généraux adjoints [Managing Directors]. Je voudrais que tu postules à ces postes. Même si tu n'en as pas envie, fais-le pour l'Afrique. Nous te soutiendrons. »
Interloqué par cette proposition décente, j'avais promis d'y réfléchir. Je travaillais depuis plus d'une quinzaine d'années à la Banque mondiale à Washington D.C. et j'y avais atteint le grade de directeur. J'aimais la quantité de savoirs que brassait l'institution, mais je savais aussi que mon parcours improbable et aléatoire dans cette maison de verre et peu transparente était constamment l'objet du courroux des gardiens du temple ceux qui ne supportaient ni l'indiscipline de mes idées publiées régulièrement dans des ouvrages non-autorisés, ni mon attitude jugée hérétique je ne jouais pas au golf le weekend avec les gourous et je ne socialisais pas avec les faiseurs de carrière. Je n'avais donc pas eu à réfléchir longtemps.
Après ce premier contact à Lima, Mahammed et moi avions continué nos échanges.
J'avais postulé donc aux offres d'emploi publiées quelques mois plus tard, après son départ de l'ONUDI. Le processus de recrutement avait duré un an, avec huit rounds d'interviews— y compris des séquences avec des psychologues ou avec des représentants du staff dont je voulais être le leader. Ma nomination à l'ONUDI et mon séjour au sein de cette merveilleuse institution m'avaient permis de densifier mon regard sur les grandes questions internationales et de renouveler mon métabolisme. Elle m'avait apporté aussi les nombreuses externalités positives qu'offre la vie à Vienne. Je la dois d'abord à Mahammed.
Tout chez cet homme était inhabituel. Sa bonté étrange chez un cadre africain de gros calibre suscitait de la culpabilité et finissait par être contagieuse. Sa chaleur était énergisante, son regard toujours vrai et profond. Ses yeux surchargés d'attention pour son interlocuteur ôtaient toute envie de dire des bêtises. Sa foi en l'Afrique et son sens de nos responsabilités d'« élites » privilégiées était intimidants.
Il parlait avec une ardeur qui reflétait son enthousiasme et son sérieux. Sa vérité intérieure surgissait de chaque syllabe, même humoristique, qu'il prononçait avec une franchise déconcertante.
Généreux et humble, il avait une grande idée de la responsabilité des Africains qui ont eu la bonne fortune d'aller à l'école et de se confronter à d'autres manières de voir et de faire. Il aimait le mouvement et la remise en question de soi. C'était une hygiène de vie. « Jaar jaar ! ...» : le parcours, me disait-il en wolof pour expliquer la nécessité d'avoir un itinéraire, une trace.
En sa présence, le temps s'étirait : l'échange était toujours intense, la parole lumineuse et le silence exaltant. Toute discussion économique avec lui-sur la dette ou sur la politique monétaire était une exploration des espaces ignorés, comme si on déambulait ensemble dans une grande maison fascinante et inconnue pour y ouvrir ensemble des armoires et des tiroirs abandonnés et y découvrir ensemble des poupées russes. C'était un exercice d'humilité, un défi pour le Bantou porteur de semi-certitudes que je suis...
Pas un grain de la frivolité et de l'agitation immobile qui donnent à beaucoup d'entre nous le faux sentiment d'avoir « réussi » leur vie. Un jour où je suis à Dakar, il promet de passer me chercher pour aller prendre un vers. Je l'attends devant l'hôtel Savanah où des véhicules divers se garent toutes les minutes. Il est en retard. Pas de problème : un homme d'Etat gère constamment les urgences mystérieuses de la République. Pendant que je l'attends, un véhicule garé depuis longtemps pas loin « fait des appels de phare ». Je ne m'en offusque pas : nous avons l'esprit magique et le sens du spectacle. Au bout de quelques minutes, le chauffeur de ce voiture ambiguë ouvre lentement la portière et descends : c'était Mahammed, qui m'attendait depuis un moment et il conduisait lui-même son véhicule !
« Tu gâtes le métier de Premier ministre », lui di-je étonné par tant d'incivilité. Chez nous et ailleurs, ça ne se passe pas comme cela. Un haut dignitaire de la République ne s'abaisse pas à conduire. Il sourit, me tape sur l'épaule, et m'emmène dans un café de la ville où tous les employés ne se gênent pas pour le tutoyer en lui faisant la conversation. Les douleurs et les trahisons qui constituent la trame de nos vies intrinsèquement misérables par-delà nos pouvoirs d'achat supposés n'ont jamais ébranlé la fine conscience que Mahammed avait de notre devoir de vivre. De vivre pour autrui pour se donner, peut-être, une raison valable d'exister. Même lorsqu'il s'est parfois retrouvé dans ce lieu inévitable où la vie nous renvoie comme un miroir nos impossibilités, « l'en-commun du grand désenchantement » (comme l'énonce Patrick Chamoiseau), Mahammed est demeuré stoïque dans la foi.
De temps à autre, les mauvaises nouvelles me parviennent avec un acharnement cynique. Comme celle reçue le 5 avril m'annonçant son décès. J'ai parlé hier avec Caty, sa lumineuse épouse bien-aimée. Elle m'a dit : « Mahammed était mon guide, mon conseiller, mon ami, mon mari, mon tout. Il était un homme parfait, j'ose le dire. »
Mahammed Boun Abdallah Dionne, mon grand-frère, a été inhumé ce jour, 10 avril 2024 à Touba.
par Mouhamadou Sall
L’HYDROGÈNE, LA SOLUTION VERS UN MONDE NET ZÉRO CARBON
Alors que les conséquences du réchauffement planétaire se font de plus en plus sentir avec leur cortège de catastrophes, il devient urgent de repenser notre modèle énergétique
Relever le challenge de l’Energie et du Numerique ou s’enfoncer dans la dépendance et le sous-développement :
Cet article aborde l’un des deux enjeux majeurs actuels à relever obligatoirement : les enjeux climatiques et environnementaux vers un monde décarboné. Un second article à venir aborde les enjeux du numérique.
Gaz à effet de serre
Les gaz à effet de serre, naturellement présents dans l’atmosphère, font office de paroi absorbant une partie de la lumière du Soleil et de la chaleur émise par la Terre et, de ce fait, garantissent les conditions de la vie sur notre Planète.
Sans ces gaz, la température moyenne globale à la surface de notre planète serait froide (environ -18 °C).
L’activité humaine génératrice de gigantesques quantités de certains gaz, et l’accumulation de nouvelles substances entrainent un dérèglement de l’équilibre naturel provoquant un réchauffement et un changement climatique qui mettent en danger le devenir des êtres humains et de toute autre forme de vie sur notre Planète.
D’après les Nations Unies les combustibles fossiles, à savoir le charbon, le pétrole et le gaz sont responsables de l’effet de serre :
plus de 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre
près de 90 % de toutes les émissions de dioxyde de carbone.
Aussi, la transition énergétique est -elle devenue un consensus à l’échelle mondiale pour assurer «le passage d’une société de consommation abondante d’énergies fossiles à une société consommatrice d’Energie renouvelable ou d’Energie faiblement carbonée. »
Feuille de route de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) Zero carbone en 2050« Net Zéro by 2050 »
L’AIE propose une feuille de route mondiale pour la décarbonation du secteur de l’énergie « Net Zéro by 2050 » : Net Zero by 2050 – Analysis - IEA. A. Il est donc recommandé d’utiliser toute ressource qui ne produit pas de gaz carbonique (ou CO2) lorsqu’elle produit de l’énergie.
Energie renouvelable ou faiblement carbonée.
Les énergies renouvelables provenant de sources dont le renouvellement naturel est assez rapide pour qu'elles puissent être considérées comme inépuisables à l'échelle du temps humain sont :
Énergie éolienne (terrestre et en mer)
Énergie solaire (photovoltaïque, thermique et thermodynamique)
Biomasse
Énergie hydraulique
Géothermie
Il est à noter que toutes les sources d’énergie renouvelables existantes sont exemptes d’émission de carbone, à l’exception de la biomasse qui émet un gaz CO2 local mais absorbé par les plantes ce qui contribue à la photosynthèse (absorption de CO2 et production d'oxygène (O2)).
Forte demande en énergie, de l’Afrique, horizon 2050
Selon OCDE (l’organisation de la Coopération et du Développement Economique) la croissance de la demande mondiale d’énergie n’est plus portée par les pays développés, mais par les pays émergents (la Chine, l’Inde et le Brésil) et aussi, d’ici 2050, par l’Afrique qui devrait connaître le taux de croissance urbaine le plus rapide du monde ce qui , en corollaire, entrainerait une forte demande croissante en Energie.
L’Hydrogène comme Solution vers un monde zéro émission CO2
Les projets à grande échelle qui s’appuie sur l’usage de l’hydraulique, des panneaux solaires et des éoliennes requièrent beaucoup d’espace qui peuvent impacter négativement sur l’environnement.
Eu égard aux besoins croissants en Energie, la solution durable pour atteindre les objectifs climatiques, vers un monde zéro émission de CO2, repose en grande partie sur l’hydrogène comme source d’ énergie:
Hydrogène naturel ou Hydrogène blanc
Hydrogène vert : produit par des énergies renouvelables telle que les éoliennes et les panneaux solaires. La seule émission qui en résulte serait de l’eau potable !
La fusion thermonucléaire, fondée sur les isotopes de l’hydrogène à l’état de recherche mais dont l’issue est certaine
L’hydrogène naturel ou natif (H2), ou hydrogène blanc
L’hydrogène a toujours été considéré comme un « vecteur énergétique » qui, contrairement aux énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), ne peut être produit qu’à partir d’une autre source d’énergie.
Cependant, la découverte de puits d’hydrogène naturel, ces dix dernières années, ouvrent des nouveaux axes de développement.
L’origine et l’étendu des ressources en hydrogène naturel dont des traces ont été trouvées dans plusieurs endroits de l’écorce terrestre et dans les océans sont en cours d’étude.
Il est à noter que le premier puits a été découvert à proximité de Bourakébougou, au Mali. Depuis plusieurs années, il alimente ce village en électricité.
Entre autres applications de l’Hydrogène : La pile à Hydrogène
Entre autres applications de l’hydrogène : la pile à hydrogène. La pile à hydrogène utilise l’hydrogène et l’oxygène comme combustibles et produit directement de l’Energie en fournissant de l’eau et de la chaleur.
La production de pile à hydrogène, partant de l’hydrogène blanc (après évaluation de l’étendue des ressources) et de l’hydrogène vert, est un enjeu majeur pour une alternative aux énergies fossiles pour les carburants qui alimentent les transports.
Fusion nucléaire ou reproduction de soleil artificiel dans les centrales électriques
La fusion nucléaire, objet de recherche depuis environ 70 ans, semble être la solution comme source d’énergie durable illimitée. Il s’agit de reproduire du soleil artificiel, dans les centrales électriques, en utilisant une source d'énergie sans limite et sans risque de déchet à vie longue.
La fusion nucléaire est une énergie propre qui use d’un combustible quasi inépuisable, sans carbone ni déchets à longue durée.
Le principe de la fusionnucléaire consiste à faire fusionner deux noyaux atomiques légers d'hydrogène pour en créer un lourd, de l'hélium, afin de libérer de l'énergie. La fusion nucléaire n’émet pas de gaz à effet de serre mais de l’hélium (He) stable.
Par opposition, le principe de la fission nucléaire, utilisée dans les centrales nucléaires actuelles, qui consiste à rompre des liaisons de noyaux atomiques lourds radioactifs entrainant la pollution radioactives
La fusion nucléaire utilise comme source d’énergie des atomes légers isotopes de l’hydrogène qui constituent un carburant quasi inépuisable :
le Deutérium , disponible en quantité illimitée dans la mer
le Tritium , qui n’existe pas à l’état naturel. Il est extrait du lithium qui est présent dans l’écorce terrestre, et à l'état de traces, dans les océans.
D’évidence la mise en œuvre de la fusion est complexe en particulier :
atteindre une température très élevée de l’ordre de 100 Millions de degrés soit 10 fois plus qu’au cœur du soleil
maintenir le plasma (milieu totalement ionisé) sur la durée.
Deux méthodes de fusion sont utilisées pour atteindre le seuil de rentabilité énergétique à savoir ; libérer une énergie de fusion supérieure à celle produite pour amorcer la réaction.
Fusion par confinement magnétique
Fusion par confinement inertiel
Fusion par confinement magnétique.
Les atomes légers d'hydrogène (deutérium et tritium) sont chauffés et le plasme obtenu est confiné par des champs magnétiques intenses à l’aide d’aimants.
Cette configuration est la plus proche d’un futur réacteur à fusion destiné à fournir de l’électricité. Elle est celle utilisée par plusieurs projets dont le projet ITER issu de la coopération internationale qui a débuté dans les années 80.
Le projet ITER regroupe 35 pays dont les Etats-Unis, l'Union européenne le Japon, la Chine, la Corée du Sud ITER - une énergie pour notre avenir
Le réacteur ITER devrait générer son premier plasma au début des années 2030.
Fusion par confinement inertiel.
Des lasers de très forte énergie sont envoyés à l'intérieur d'une capsule cylindre, de la taille d'un dé à coudre, contenant l'hydrogène.
Le but de cette méthode est de démontrer le principe physique de la fusion nucléaire.
Cette méthode est utilisée par le NIF (National Ignition Facility,) un laser de recherche extrêmement énergétique, construit par le laboratoire américain LLNL (Laboratoire national Lawrence Livermore). Laboratoire national Lawrence Livermore — Wikipédia (wikipedia.org)
Le 5 décembre 2022, le NIF a atteint pour la première fois le seuil de rentabilité énergétique où l'énergie produite est supérieure à l'énergie consommée. Cet exploit a été renouvelé le 07 août 2023
Émergence de startups en Fusion
Aujourd’hui, la course à la fusion fait rage. En raison de l’évolution technologique, en plus des projets internationaux et nationaux, on assite, dans la course, à une émergence de starts up.
Les enjeux de la transition énergique et celle du numérique sont une chance à saisir pour les pays en développement et pour l’Afrique en particulier.
L’hydrogène est la source d’Energie incontournable à l’horizon 2050. Tel est le message de Cheikh Anta il y a plus de 60 ans.
L’évolution technique a brisé les frontières entre les pays et favorisé le partage du savoir, du savoir-faire et du faire-savoir à travers le cyber espace, ce qui offre l’opportunité pour l’Afrique et le Sénégal en particulier d’être des références techniques mondiales à l’image des GAFAM (Google Facebook, Amazon, Apple, Microsoft).
Par Ibou FALL
2029, C’EST MAINTENANT
Contrairement à Abdou Samba Toro Diouf, pour Macky, ce n’est qu’un au revoir, n’est-ce pas ? Les Sénégalais risquent de virer Diomaye et ses deux épouses à la prochaine présidentielle pour réclamer à gorges déployées son retour à lui, le Superman du PSE
Le sort en est jeté, c’est BDF qui est gravé sur le drapeau en miniature surplombant la présidence de la République. Depuis une semaine, le Palais n’abrite plus le même locataire. Macky Sall, conformément à la Constitution, le 2 avril 2024, après avoir remis de mauvaise grâce les clés du propriétaire à son successeur resté sur le perron, s’en est allé, raccompagné par un garde rouge dont le rigide pas de l’oie semble le virer à coups de pieds.
La veille, il se permet une ultime cérémonie officielle pour décorer ses compatriotes méritants, histoire de leur laisser un souvenir indélébile. Il y a un peu de tout dans le lot des récipiendaires : du brave soldat, du fonctionnaire frustré, du sportif en déclin, de l’artiste méconnu…
Mieux vaut tard que jamais ? Les bobos à panser, c’est derrière lui, désormais
Le prophète du Pse prendra un dernier bain de foule, une fois les grilles du Palais définitivement franchies, saluant au passage un peuple où se s’entremêlent les cris de remerciements de ses groupies côtoyant les rancuniers inconsolables qui tiennent à lui cracher un haineux bon débarras et sans regret. Il fera un saut chez lui, à Mermoz, où une populace d’inconditionnels se presse devant la demeure pour espérer lui serrer la pince une dernière fois.
Des images de son départ circuleront ensuite, à l’aéroport militaire Léopold Sédar Senghor de Yoff, faisant ses adieux à quelques proches alignés aux pieds de la passerelle de l’avion présidentiel, avant de s’envoler vers son destin que l’on localise pour l’heure au Maroc où un p’tit pied-à-terre l’attend dont quelques images circulent.
Sa misérable baraque de Marrakech a au moins l’avantage de le tenir loin des parquets financiers locaux qui pourraient se prendre pour la Crei et le sommer d’expliquer l’origine d’un tel luxe.
Vous savez bien, quand la «demande sociale» exige un bouc émissaire, plus il est haut placé, plus la camorra des indignés est heureuse…Il ne chômera pas longtemps, semble-til, Emmanuel Macron, le pape de la Françafrique, l’ayant recruté comme Envoyé spécial du Pacte de Paris pour les peuples et la planète. Macky Sall aurait même commencé le job par une visioconférence depuis Dakar.
La bonne étoile, on l’a ou on ne l’a pas…
Un remake de l’alternance de 2000, lorsque le 1er avril, après la prestation de serment du Pape du «Sopi» au Stade de l’Amitié devant une marée de sans-culottes, Abdou Samba Toro Diouf lui remet les clés du propriétaire et s’éclipse par l’avion présidentiel à destination du Caire où il représentera son tombeur à un sommet de chefs d ’ E t a t . Il faudra à Abdou Samba Toro Diouf, cependant, un peu plus de temps pour se caser à la Francophonie. Le président Abdoulaye Wade aurait traîné des pieds pour lui accorder sa bénédiction…
Et puis, contrairement à Abdou Samba Toro Diouf, pour Macky Sall, ce n’est qu’un au revoir, n’est-ce pas ? Dans des courriers adressés à ses militants de l’APR et ses alliés de Benno bokk yaakkaar, il tient à préciser qu’il reste le président de l’APR, avec résidence à Marrakech tout de même, leur demandant de rester mobilisés pour se préparer à la reconquête du Palais.
Il ne le dit pas comme ça, j’avoue…
Mais c’est sous-entendu : les Sénégalais risquent de virer Bassirou Diomaye Faye et ses deux épouses à la prochaine présidentielle pour réclamer à gorges déployées son retour à lui, le Superman du PSE, et Marième Faye, l’attachante darling kor qui arrache des larmes aux sentimentales des taudis de banlieue…
Il y a déjà des imams qui regrettent le «soukeur’ou kôr» traditionnel tandis que les féministes hurlent au scandale : quatre femmes dans le vent, ça ne fait pas la parité dans un gouvernement. Les sempiternels attributaires illégitimes des passeports diplomatiques, les abonnés aux distributions de fonds politiques, les talibés qui ne tolèrent pas que l’on snobe leurs marabouts, les paresseux qui ne trouvent pas de travail mais jurent en chercher tous les matins, les pèlerins qui voyagent aux frais de la République, les bénéficiaires des marchés publics sans appel d’offres, les DG parachutés pour leur art de cirer les bottes et les PCA absentéistes ont du souci à se faire…
A cette cohorte de nouveaux pauvres, s’ajoutent leurs courtisans empressés et divers dégâts collatéraux : les onéreuses maîtresses, leurs bâtards et leurs familles dont les robinets s’assèchent brutalement. C’est tout autant de l’électorat hostile qui va gonfler dans les cinq prochaines années.
Il ne faut pas croire que c’est la fin des privilèges : ce sont juste les minois des privilégiées et leurs jolies fesses, qui changent. Pourquoi, dans la perspective de 2024, ne pas miser également sur un clash entre l’actuel président et son encombrant Premier ministre ? Ça pourrait aider…
C’est connu, la Primature est un cadeau empoisonné pour les fortes têtes. Puisque les pratiques païennes qui consistent à renverser du poivre dans une demeure sont démodées, le tandem présidentiel sortant, durant ses habituelles dévotions devant la Kaaba, devrait souhaiter une zizanie insoluble au sommet de l’Etat. C’est déjà arrivé, entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, Abdoulaye Wade et Idrissa Seck, Macky Sall et Abdoul Mbaye…
Bref, de quoi rester optimiste pour le futur : cinq ans, ce n’est pas une éternité…
Sauf que les duettistes Sall et Faye ne seront pas seuls à manœuvrer : le challenger de la dernière présidentielle, Amadou Ba, claque la porte de l’Apr pour appeler les bonnes volontés à faire bloc avec lui. Il vient de ramasser près de 35 % des votes, en dépit de la mauvaise volonté affichée (c’est un euphémisme) de Macky Sall à le soutenir. Les esprits chagrins parlent carrément de trahison.
L’équation Amadou Ba est qu’il se positionne d’entrée comme le patron de l’opposition et s’affranchit de la tutelle de Macky Sall en appelant les républicains, ou ce qui en reste, à la veillée d’armes pour les prochaines conquêtes. Il y aura sans doute bientôt des Législatives, puisque l’actuel Parlement n’accorde à aucun camp une majorité indiscutable. La prochaine bataille de Dakar, qui devra confirmer les forces en présence, risque d’être meurtrière : entre Barthélemy Dias qui n’a pas une tête à céder la place à Khalifa Sall, Amadou Ba qui a besoin d’une place forte pour attendre patiemment les signes du Destin et l’actuel régime qui fera un point d’honneur à s’emparer de la citadelle, tous les coups, ou presque, seront permis…
Vous voulez mon avis ? Je vous le donne quand même : on ne va pas sentir passer les cinq années qui viennent, il y aura du sport !
Par Alpha YOUM
DU TRAVAIL ET EMPLOIS DECENTS DANS L’AGRICULTURE ET LA PECHE
Depuis la covid 19 le Sénégal rencontre des difficultés pour relancer avec force les secteurs porteurs de valeurs ajoutées et enregistre un faible taux de croissance économique voisinant 4%, une inflation à 9,2% et une dette cumulée de 75% du PIB en 2022.
Depuis la covid 19 le Sénégal rencontre des difficultés pour relancer avec force les secteurs porteurs de valeurs ajoutées et enregistre un faible taux de croissance économique voisinant 4%, une inflation à 9,2% et une dette cumulée de 75% du PIB en 2022. Une situation aggravée de nos jours par des chocs externes telle que la guerre en Ukraine et un environnement sous régional instable à cause des crises politiques. L’année 2023 peut être considérée comme transitoire dans la mesure où des dispositions budgétaires allant dans le sens de gérer les risques financiers sont très vite prises par la Direction de la Programmation budgétaire et financière (DPBF) sous la supervision de Monsieur Cheikh DIBA, actuel Ministre de l’économie et des finances. Sur ce parcours parsemé d’embuches, comment réunir les éléments nécessaires pour la création d’emplois décents afin de réduire la pauvreté et en même temps garantir un niveau de croissance économique soutenable ?
D’après l’ANDS la population sénégalaise résidente est estimée à 18032473 habitants dont plus de 50% constitués de jeunes en 2023. Un taux de chômage de 20,1% avec une dominante pour les femmes en milieu rural (32%). La population active est la somme des chômeurs et des personnes en emploi, celle qui participe au marché du travail. Ce dernier n’est pas en équilibre car les personnes à la recherche d’emplois n’ont pas encore du travail. En conséquence, l’Etat est confronté à la résolution de deux types de chômage : l’un est conjoncturel, en d’autre termes lié au ralentissement de l’activité économique de 2021 et 2022 ; l’autre est structurel c'est-à-dire aux évolutions démographiques et aux diverses contraintes du marché du travail. Pour le premier type de chômage qui est conjoncturel, l’Etat doit mobiliser des ressources supplémentaires pour stimuler l’investissement dans des secteurs ou filières. Pour le deuxième type de chômage qui est structurel, l’Etat a intérêt d’aller dans le sens d’une transformation économique profonde en changeant de paradigmes et d’options. Cela veut dire d’avoir une approche systémique entre les ministères sectoriels pour atteindre le plein emploi. Le plein emploi ne se signifie pas absence de chômage, en France on considère que le plein emploi est atteint à partir d’un taux de chômage de 4,5%. Pour améliorer l’analyse de l’indicateur du chômage, le Bureau International du Travail (BIT) a développé le concept de « déficit d’emplois » qui signifie les personnes qui souhaiteraient travailler mais qui n’ont pas d’emplois. Compte tenu de la complexité de l’analyse du marché travail et de l’emploi, la pluralité des acteurs et la combinaison des moyens semblent être la stratégie la plus sûr pour lutter contre le chômage par la création d’emplois décents.
La suite de ma réflexion sera axée sur des indications précieuses pour agir concrètement sur le marché du travail. Ces indications correspondent à des leviers qu’il faut utiliser pour créer de la richesse et du travail décent dans deux secteurs stratégiques de notre économie : l’agriculture et la pêche. Selon le BIT « le travail décent résume les aspirations des êtres humains au travail, c'est-à-dire l’accès à un travail productif et convenablement rémunéré, la sécurité sur le lieu de travail et la protection sociale pour les familles, de meilleures perspectives de développement personnel et d’insertion sociale, la liberté pour les individus d’exprimer leurs revendications, de s’organiser et de participer aux décisions qui affectent leurs vie, l’égalité des chances et de traitement pour tous, hommes et femmes » . C’est l’objectif 8 du nouveau programme de développement durable pour 2030, plein emploi productif et travail décent avec plus de justice sociale et de protection sociale.
Levier 1. Créer du travail décent en milieu agricole
Concevoir en urgence des programmes publics à vocation agricole pour ramener la part de l’agriculture à 70% de la population active avec une contribution de 40% du PIB. Cela nous permettra de résorber le déficit d’emplois par un retour massif vers le monde rural tout en assurant la sécurité alimentaire. Affecter des ressources considérables dans l’agriculture pour stimuler la création d’emplois peut permettre d’avoir par an prés de 2000 milliards de FCFA de valeur ajoutée en volume et une contribution de plus 75% dans le secteur primaire. Réviser et réorienter le Programme de relance et d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise (PRACAS2). Associer l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA) et le Centre pour le Développement de l’Horticulture (CDH) pour la formation professionnelle des jeunes sur les techniques de production, les semences et la conservation des récoltes. Accompagner cette politique par la mise en place dans les régions agricoles d’infrastructures de stockage des produits cultivés. Dans la vallée, les agriculteurs perdent chaque année 30% de leur culture d’oignons faute d’infrastructures. Avec une bonne formation des jeunes et un dispositif de stockage, le Sénégal pourrait atteindre 200000 tonnes de pomme de terre par an et atteindre dans cette filière l’autosuffisance alimentaire par l’emploi de plus 500 milles jeunes. Si toutes les conditions sont réunies, l’agriculture pourra utiliser régulièrement un nombre considérable de jeunes.
Levier 2 : Créer du travail décent dans le secteur de la pêche.
Les pêcheurs représentent aux environs 15% de la population active (63000 emplois directs pêcheurs) dont 94% sont fournis par la pêche artisanale. Il faut ramener ce taux d’activité à 25% par la levée de toutes les contraintes liées à ce secteur. Renégocier les licences de pêche et mener des concertations avec les différents acteurs concernés. Il faut atteindre au moins un million de pêcheurs, 350000 pirogues et 180 navires industriels pour assurer le plein emploi dans ce secteur. Pour rappel le Sénégal a 718km de côtes avec un plateau continental de 23800 km carré. Son réseau hydraulique très dense, le fleuve Sénégal (1700km), le fleuve Gambie (477km), le fleuve Casamance (350km) et le fleuve Sine Saloum (130km). La pêche est un véritable moteur de croissance économique. La pêche génère une valeur ajoutée environ à 80 milliards dont 60% sur le segment de la capture et 40% sur la transformation soit 11% di PIB primaire et 3,2% du PIB total, 200 milliards FCFA de recettes par an soit 30% des recettes totales d’exportation. C’est une nécessité d’établir des conventions de formation avec des écoles spécialisées avec l’appui de la marine nationale pour une bonne connaissance des métiers de mer en direction de la jeunesse.
En conclusion, une bonne politique de création de travail décent dépend de trois conditions à notre avis : premièrement une élaboration claire et précieuse de la politique d’orientation en matière d’emplois, deuxièmement une stratégie claire pour la collaboration sectorielle et l’utilisation efficaces et efficiente des moyens mis à la disposition, troisièmement la maitrise d’une démarche managériale optimale. L’emploi des jeunes pose problème dans tous les pays. En Afrique subsaharienne, il existe à peu prés 62millions de jeunes qui n’ont ni formation ni éducation et qui migrent pour trouver un revenu de subsistance. C’est pour cela que l’Etat du Sénégal doit être focus sur la politique de travail décent pour une croissance économique inclusive et soutenable dans un environnement stable et attractif. Conscient de cette problématique, le Secrétaire général de l’ONU, Monsieur Antonio GUTERRES disait : « le monde du travail ne peut pas, et ne doit pas rester le même après la crise de la covid 19. L’heure est venue de coordonner l’action mondiale, régionales nationale pour créer les conditions de travail décent pour tout le monde. »
Alpha YOUM
Spécialiste de Gestion publique et Droit social
Par Guimba KONATE
ELECTION PRESIDENTIELLE 2024 OU DE LA FIERTE D’ETRE SENEGALAIS
Ah oui, une fois n’est pas coutume mais on peut encore être fier de notre pays, le Sénégal
Ah oui, une fois n’est pas coutume mais on peut encore être fier de notre pays, LE SENEGAL.
En effet, secoué depuis quelque temps par des scandales multiformes allant de la coprolalie haineuse à la prédation éhontée des terres en passant par les scandales financiers de toutes sortes parmi tant d’autres indélicatesses que la presse et la vox populi n’en finissaient pas de décrier rageusement et de s’en indigner fortement ; notre pays avait fini par donner l’image d’une Nation à la dérive où le sens de l’Honneur, le respect du bien public et toutes les autres formes d’attitudes républicaines, citoyennes, sociétales et autres bienséances avaient complètement disparu. Noyées qu’elles étaient dans le magma immonde des insanités codifiées, des détournements de deniers publics planifiés et des vols à grande échelle institutionnalisés et dénoncés inlassablement par les multiples rapports des corps de contrôle et banalisés par les postures d’autruches des Hautes Autorités. Ajoutez à tout cela un pouvoir frileux et extrêmement répressif qui ne souffrait d’aucune contradiction et n’hésitait pas à user et à abuser de la force publique, de l’appareil judiciaire et de la représentation nationale pour arrêter, bastonner, inculper et emprisonner à tour de bras quiconque adoptait une posture de défi ou tout simplement émettait un avis contraire aux désidératas du Maitre des céans. Ainsi on aura vu et vécu avec des arrestations arbitraires, des emprisonnements sans procès ou carrément téléguidés, des lois iniques votées à la va vite, une justice infantilisée, des FDS enragées contre des manifestants etc., etc. Tout cela avait fini par nous rendre quelque part, HONTEUX d’être sénégalais.
Tellement le tableau était sombre…
Mais voilà qu’au moment où on semblait complètement découragé et meurtri dans notre chair et mal dans notre être, deux faits récents nous rappellent que somme toute, nous avons un Grand pays et que Nous sommes un grand peuple qui recèle toujours des ressorts incroyables pour redorer son blason terni et nous réconcilier avec nousmêmes et entre Nous. Le premier motif de satisfaction et de fierté nationale retrouvée est à chercher dans l’organisation sans faille et le déroulement tranquille du scrutin présidentiel du 24 mars 2024, longtemps renvoyé aux calendes BBY pour des motifs tout aussi iniques. Et voilà que dans un sursaut salvateur le PEUPLE du SENEGAL se leva, muni de sa carte d’électeur pour imposer sa volonté à TOUS. Et dans cette démonstration de force, d’abnégation, de refus et de révolte silencieuse, le peuple a choisi son Guide en la personne de Bassirou Diomaye Daikhar FAYE pour présider aux destinées de notre cher pays. ALHAMDOULILAH. Au moins, on aura quelqu’un d’autre que ceux qui étaient là et on va voir ce qu’on va voir. Comme quoi, on sait se faire respecter au Sénégal. AJARAMA.
L’autre grand motif de satisfaction qu’on pourra retenir de ces joutes électorales c’est que le peuple commence à comprendre véritablement l’utilité de la carte d’électeur et l’usage qu’on peut en faire. Cela est extrêmement important et tous les acteurs politiques doivent désormais le savoir. Au Sénégal, Il n’est plus possible de mener «les gens en bateau pour des destinations inconnues» pour parler comme le chanteur Tiken Jah car ils ont TOUT compris. «YEWWII Nagnoulène… YEWEKOU NAGNOU, YEWOU NAGNOU». Aussi, chers politiciens, «à partir de dorénavant et jusqu’à désormais», il vous faudra présenter au peuple, des programmes réalistes, des arguments convaincants et adopter des comportements et des attitudes d’humilité, de respect et d’accessibilité pour bénéficier des suffrages des électeurs. Et pour cela, il n’y a qu’une voie et une seule : travailler, encore travailler, toujours travailler comme disait Père WADE et surtout BIEN travailler. Enfin, cet évènement d’envergure qu’est l’élection de notre Président a mis encore à nu, un travers détestable et répugnant dans notre pays : La pratique quasi industrielle du MENSONGE sous toutes ses formes. Avant, pendant et après cette élection présidentielle et durant tous les évènements qui l’auront précédée, on a aura tout vu et TOUT, TOUT entendu. Vraiment TOUT en termes de MENSONGES EHONTES. Entre les déclarations graveleuses des innombrables «Serignes LOLOU», les prédictions fantaisistes des diseurs et diseuses de bonnes aventures , les divinations absconses des pythonisses du dimanche, les sentences qui se veulent doctes des marabouts ou plutôt «Mares à boue» pour dévaliser Feu Mame Less DIA, saupoudrés des «analyses savantes et péremptoires» de nos «spécialistes politologues et experts-maison» qui soutenaient mordicus l’impossibilité d’avoir un vainqueur au premier tour, c’est à qui aura débité le plus gros mensonge. Nos oreilles ont vraiment sifflé et nos yeux se sont écarquillés d’incrédulité, de surprise, de dégoût et de désolation devant de telles attitudes qui dépassent l’indécence et frisent l’irrespect crasse pour les sénégalais que nous sommes. Toutes leurs funestes prédictions se sont révélées TOTALEMENT FAUSSES.
Entre autres grossiers mensonges, ils avaient pour les uns, spécialistes et analystes politiques autoproclamés, théorisé urbi et orbi, l’impossibilité quasi biblique d’avoir un vainqueur au premier tour. FAUX. Pour les autres, Ils avaient vu- par la grâce de DIEU - disaientils, l’air sentencieux et onctueux - l’élection dans un fauteuil du candidat BBY, FAUX. On reste partagé entre le paganisme, l’idolâtrie, l’associationnisme voire l’apostasie pour qualifier de telles attitudes débitées en public et Sans une once de HONTE. TERRIBLE. Le grand bénéfice de toutes ces déclamations mensongères par des «grandes personnes» c’est de permettre aux fidèles de découvrir de plus en plus la supercherie dont ils sont l’objet et de prendre à terme, leurs distances pour le plus grand bien de l’Islam et du Sénégal INCH CHA ALLAH.
J’ai toujours beaucoup de mal, à voir une personne bien sous tous les rapports, MENTIR avec aplomb et sans gêne ni vergogne et s’en porter bien. TRISTE. Mon avis est qu’il faudra se décider à légiférer dans ce pays contre des déclamations aussi mensongères et alarmistes mettant en danger jusqu’à la cohésion nationale. Car ces actes de divination reposant sur du FAUX sapent le soubassement de notre FOI de croyants et doivent être réprimés avec la plus grande fermeté par une LOI pour mettre un frein à ces plaisanteries de très mauvais goût. Le délit de mensonge existe non ? Il faudrait l’étendre à ces hurluberlus pour arrêter cette fâcheuse manie de débiter des propos aussi dangereux et INACCEPTABLES.
La VAR nous a saoulés d’images incroyables de toutes sortes d’individus débitant toutes sortes d’inepties et s’en tirer à trop bon compte. Assurément, il y’a urgence à légiférer pour classer de tels actes parmi les délits passibles de peines sévères d’autant plus qu’ils sont FAUX et mensongers. C’est le seul moyen d’arrêter cette spirale grotesque d’individus loufoques qui ne font plus rire avec leurs délires sulfureux qui sont autant de sornettes qu’on voudrait sentencieuses avec force blasphème en y associant le doux Nom du PLUS HAUT. SIDERANT !!! Il y va de notre survie en tant que Nation. Pour terminer, l’avènement en ce mois sacré du Ramadan, d’un nouveau Président de la République imposé par la vox populi, véritable détenteur du pouvoir politique, est de très bonne augure pour l’avenir et tous les espoirs d’un peuple réconcilié avec lui-même nous sont promis et permis.
Que DIEU continue à nous Insuffler de Sa Miséricorde infinie pour un Sénégal uni, prospère et divers. AMINE.
AU TRAVAIL MAINTENANT…
DIEU NOUS GARDE ET GARDE LE SENEGAL.
par l'éditorialiste de seneplus, ada pouye
LE TRIBUNAL DE LA TURPITUDE
EXCLUSIF SENEPLUS - La mutation du pouvoir obtenue après la défaite du candidat Amadou Ba a révélé quelques ingrédients de sa recette. Ce mouvement révolutionnaire est un marqueur de la reconfiguration de la sociologie politique du pays
« L’arbitraire et la turpitude ne se valident pas partout avec succès, comme s’ils étaient des lois de la physique. C’est le principe » (Tocqueville, A. 1835).
Macky Sall, ses louangeurs et ses manœuvriers incompétents, se sont démenés comme des forcenés pour déroger au principe. Rien n’y fait. La neuvième vague (Gennari, G. 1980) patriotique a précipité au fond de l’abîme les politiciens - bling bling boy - avec un QI de Dupont et Dupont. Ils ont oublié : on nous tue, on ne nous déshonore pas.
Que nul n’en ignore !
La mutation du pouvoir obtenue après la défaite du candidat Amadou Ba à l’élection présidentielle du 24 mars 2024 a révélé quelques ingrédients de sa recette.
Le mouvement social impulsé par le Pastef depuis 2019 à travers une bataille acharnée autour du « projet » a multiplié les scarifications sur le visage déjà hideux de notre démocratie néocoloniale empirique.
Ce mouvement révolutionnaire est un marqueur de la reconfiguration de la sociologie politique. La faillite des partis politiques postcoloniaux anecdotiques, a ouvert une brèche à une jeunesse désabusée. Les universités (Cheikh Anta Diop et Gaston Berger) ont joué leur rôle. Elles ont catalysé une forme d’organisation politico-sociale, se présentant sous la forme d’une mixture du panafricanisme intellectualiste de Cheikh Anta Diop et du nationalisme pragmatiste de Mamadou Dia.
La gloutonnerie matérialiste du clan Macky Sall avec son corollaire d’arrestations tous azimuts, - ne pouvait pas et ne peut toujours pas – être passée en pertes et profits.
Dans le face-à-face au clan « BBY/BTY (Bénnὁ Tἁs Yaakar », le mouvement F24 a constitué une des plateformes fédératrices regroupant à la fois des organisations de la société civile, des partis, des syndicats, le patronat, des organisations des droits de l’homme, des mouvements religieux et des identités remarquables, pour cristalliser un front du refus de la confiscation du pouvoir par le régime ploutocratique de Macky Sall.
L‘édifice de musellement généralisé du peuple sénégalais par les emprisonnements, l’acharnement contre les chaînes de télévision, les réseaux sociaux (coupures de l’Internet) y compris la menace à peine voilée de faire entrer les prétoriens dans l’arène politique, sous-tendue par un narratif colonialiste désuet adossé sur une fiction juridique (force restera à la loi) inopérante face au peuple ; cet édifice disions-nous, s’est affaissé comme un château de cartes.
Dans une République, au commencement se trouve le peuple, et, à la fin il sera. Alors tout naturellement, force restera toujours au peuple. La preuve en a été administrée par les électeurs dont la carte n’est que le prolongement de leurs convictions.
Le peuple est le tribunal de la turpitude.
Mais ne nous y trompons pas. La détermination dont elle a fait montre dépasse le politique. Elle s’inscrit dans une volonté d’amorcer une véritable mutation sociale (Touraine, A. 1984).
La résistance à la dictature a été multidimensionnelle et transnationale. Des intellectuels, des éditorialistes, des académiciens, la société civile et même le Conseil constitutionnel ont érigé des barricades contre la dictature, tous à leur manière. Une déferlante systémique. Un mouvement sismique inarrêtable.
La leçon a été bien apprise et bien mise en pratique : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire » (Albert Einstein).
Par Mamadou Ndiaye
LES HABITS NEUFS
De nouveaux visages arrivent aux responsabilités. Ventilés à divers postes d’un gouvernement qui a mis du temps à se dessiner, les ministres prennent possession de leurs départements respectifs sous la férule de leur chef, Ousmane Sonko déjà aux commandes
De nouveaux visages arrivent aux responsabilités. Ventilés à divers postes d’un gouvernement qui a mis du temps à se dessiner, les ministres prennent possession de leurs départements respectifs sous la férule de leur chef, Ousmane Sonko déjà aux commandes du navire !
Il a pris fonction hier dans une sobriété qui en dit long sur la nouvelle ère qui s’ouvre… Le Premier ministre Sonko a surtout décliné son programme de gouvernement puisé dans son fameux « Projet » qui sert de boussole aux nouvelles autorités.
Aussitôt sa nomination entérinée, il s’attelait, en accord avec le président de la République, à fixer la mission qu’il s’est assigné dans un contexte d’urgences et de contraintes qui ne laissent point place au répit. L’emploi, la sécurité, la jeunesse, la mobilisation citoyenne, la lutte contre la corruption et le coût de la vie constituent les axes pivots de la politique qu’il entend conduire.
A ces priorités, des budgets prioritaires ! Nanties d’un suffrage universel synonyme de plébiscite, les deux têtes de l’exécutif ne perdent pas de temps pour former une équipe qu’elles veulent homogène, complémentaire et soudée afin de traduire en actes les premières intentions présidentielles.
Pour beaucoup, les titulaires de portefeuilles ont le physique de l’emploi et surtout le profil adéquat. Certains CV sont… balèze ! D’autres intéressants. De ce fait, la diversité des horizons et des parcours demeure une richesse susceptible de forger un mental et un état d’esprit en quête de puissance. Ces technocrates manquent-ils de sens politique ?
Sous l’effet des contraintes, ils présentent des qualités distinctives pour enrayer les difficultés à l’origine du choix porté sur eux. D’ailleurs, nombre d’entre eux sont des technocrates à l’expertise avérée issus pour la plupart des milieux d’affaires, des banques, des institutions financières internationales, de la coopération ou des universités.
Tous, moins politiques que leur patron, vont apprendre le métier en s’éprouvant. La troisième alternance est donc en marche ! A cet égard, le terrain est la seule vérité qui compte. En clair, le savoir-faire et le vécu seront plus requis que l’épaisseur des diplômes empilés. N’empêche, la trajectoire académique reste un gage de sérieux, de présomption de compétence et pourquoi pas de talents qui prédisposent ceux qui s’en prévalent d’être à la hauteur.
Dans leurs relations de travail au quotidien, naîtront des liens personnels, base affective de solidarité gouvernementale propice à surmonter les écueils et les égos des uns et des autres. D’autres combats sont en ligne de mire pour ces ministres, de surcroît des novices dans leurs attributions : améliorer les conditions de vie des Sénégalais (sans distinction) une fois le chapitre de l’élection présidentielle clos, enchaîner les visites pour cerner les décalages en rencontrant les gens dans leur simplicité.
Au-delà du style, dont l’importance sera relative voire anecdotique, le ministre est attendu sur sa créativité et son impulsion pour entraîner son monde dans la dynamique voulue sans fausse note. Si les tâches prioritaires sont identifiées, leur mise en œuvre opérationnelle va s’avérer complexe en raison justement de la conjoncture politique qui prévaut en ce moment.
D’abord le budget 2024 est voté par une assemblée en osmose avec la majorité sortante. Il repose sur une loi de programmation et sert de référence à plusieurs exercices cumulés si bien que la modification ne surviendrait que dans le cadre d’une loi de finance rectificative nécessitant toutefois une réévaluation de la qualité des dépenses.
En d’autres termes, la même assemblée sera tenue de réapprécier la situation à l’aune du changement survenu depuis le 24 mars dernier. Une remise en ordre en perspective. La tâche s’avère délicate. Elle va induire des tractations pour arrêter une stratégie efficace au sein d’un Parlement souvent agité.
Mieux, il faudra aller vite (sans se hâter) et surtout donner un signal qui rassure. Le changement à la tête de l’exécutif postule une configuration nouvelle, voire inédite avec d’un côté un gouvernement qui reflète le choix voulu par les Sénégalais et une Assemblée nationale reposant sur un précaire équilibre des forces politiques.
Que nous réserve ce bouleversement du paysage politique ? Le PDS et le PS reculent, électoralement. Ils deviennent des partis de soutien et perdent ainsi l’initiative en se rangeant par nécessité derrière des forces qui montent. L’APR va-t-elle se saborder ou imploser ? N’ayant pas pu se structurer alors qu’elle était au pouvoir, va-t-elle pouvoir le faire maintenant qu’elle se retrouve sans préparation dans l’opposition ? Aucun cadeau ne lui sera fait ?
Et le Pastef ? Sa ligne politique a certes triomphé. Mais comment compte-t-il s’imposer dans une recomposition politique qui se profile en prélude aux prochaines élections législatives et municipales ?
De nouveaux combats se dessinent tant au pouvoir que dans l’opposition qui va nécessairement se chercher une figure d’incarnation. Le Président Diomaye Faye a fixé un cap avec en toile de fond une réorganisation de l’échiquier politique en vue de diminuer le nombre de partis, surtout ceux sans consistance ni épaisseur.
La récente consultation a révélé le poids électoral de beaucoup de prétendants sans réelle envergure ni emprise notable. Nul doute que certains dirigeants vont tomber en disgrâce.
En revanche, c’est la divine surprise et une onction de grâce pour ces jeunes ministres prêts à se durcir le cuir au contact du réel. Redoutables défis qui peuvent s’inscrire dans un temps long alors que les urgences exigent des réponses immédiates. Ils ont besoin d’un succès d’estime pour franchir les barrières psychologiques qui vont naturellement se dresser sur leur chemin.
Cependant, il est heureux de voir qu’un consensus se dégage sur le gisement d’emplois que recèle l’agriculture si jamais elle est mise sur les rails de la souveraineté alimentaire et surtout de la sécurité alimentaire. Pour y arriver, le choix porté sur le banquier Mabouba Diagne s’avère judicieux.
Il a fait montre d’une rare pugnacité dans ses fonctions antérieures pour réorienter les financements vers une économie verte en progression avec un succès retentissant. Par un subtile montage financier, il a créé un complexe agricole de transformation dans son terroir d’origine avec à la clé des emplois et des revenus accrus qui lui valent une immersion sociale très profonde.
Il en est de même du ministre de l’industrie, Sérigne Guèye, également maire de Sandiara qui, avec opiniâtreté, est parvenu à ériger une active zone industrielle dans son fief grâce à son carnet d’adresses et à son ingéniosité.
On le voit, il est possible d’accentuer la perspective en faisant de l’emploi le leitmotiv tous azimuts au grand bénéfice des jeunes de plus en plus nombreux sur le marché du travail, sans formation professionnelle, dépourvus de qualification. Ils constituent une chance (à saisir) et une non bombe ou une menace (à brandir) sur le chemin de la croissance inclusive qui les éloigne des affres de la misère et des tentations aventurières.
Par Pape Touty Makhtar SOW, A feu Khasset Cissokho
BABACAR MBOW : TRAVAIL ET SPIRITUALITE À NDEEM ET MBAKE KAJOOR
Avec les populations locales de Ndeem et de Mbake Kajoor, et celles venues d’ailleurs, il s’est investi physiquement et spirituellement dans les terroirs du Baol désertifié pour bâtir une communauté active, ancrée dans les valeurs du mouridisme
Babacar Mbow alias Chacun a vécu1. Avec les populations locales de Ndeem et de Mbake Kajoor, et celles venues d’ailleurs, il s’est investi physiquement et spirituellement dans les terroirs du Baol désertifié pour bâtir une communauté active, ancrée dans les valeurs du mouridisme et ouverte aux souffles du Monde. Serigne Babacar laisse en legs un précieux patrimoine matériel avec des réalisations agro-écologiques, des infrastructures de formation et de fabrication artisanale et une importante œuvre spirituelle parla production d’une puissante pensée soufie centrée sur l’Amour²
Engagé dans les mouvements de jeunes contestataires issus de Mai 68, Chacun adhère dès 1970 au Mouvement des Jeunes Marxistes-Léninistes (MJML) d’obédience maoïste. C’est dans son quartier populaire de la Médina à Dakar, où il est fortement enraciné, qu’il milite activement dans des cercles de lecture composés de jeunes étudiants et ouvriers. Il se distingue par sa capacité à se lier aux plus démunis, à les servir et à les entraîner avec pédagogie dans la mobilisation pour le changement révolutionnaire de leurs conditions de vie
Ce moment de grand bouillonnement révolutionnaire a ébranlé l’ordre néocolonial incarné par le régime de Senghor et autorisait le rêve du grand soir, accoucheur d’une nouvelle société de justice, de fraternité, de liberté et de prospérité. Malgré les désillusions enregistrées, Chacun a gardé en lui ce besoin de rêve à réaliser et d’idéal à défendre. Il a refusé la désespérance et a continué à se nourrir de ces utopies qui font le levain d’une belle vie, utile aux autres.
Dès la fin de ses études en France en 1984, Chacun rentre au pays en vue de rendre réalisables les rêves des années de braise en fondant une communauté de vie, de travail, et d’épanouissement spirituel entre des citoyens librement associés. Cette initiative citoyenne volontariste ne s’enlise pas dans des élaborations chimériques, elle trouve comme cadre de mise en œuvre le village de ses aïeux à Ndeem, en compagnie de sa « Chacune », sokhna Aicha, une grande dame, simple, fortement engagée et dotée d’une âme généreuse.
Ndeem est au centre de la région du Baol, une zone aride, une contrée hostile, enclavée, marquée par un cycle de sécheresse sévère et prolongée, une nappe particulièrement pauvre en ressources hydriques, un bétail éprouvé et des infrastructures quasi inexistantes, des populations contraintes à l’exode…
Ces gros défis n’effraient pas l’ancien maoïste ; au contraire, Babacar Mbow, ni Robinson, ni Robin des bois, y trouve une stimulation supplémentaire. Il lance une initiative de réaménagement du territoire de Ndeem, de reconstitution d’une communauté socioculturelle, un projet d’expérimentation d’activités économiques et de transformation du capital humain. Il tente une forme d’autosuffisance alimentaire locale par un système de production agricole, animale et horticole.
Une chaîne d’activités de base est reliée à un dispositif de valorisation locale des produits destinés à la consommation locale des membres de la communauté et à la commercialisation sur les marchés de proximité. Parallèlement, il impulse une politique de diversification des opérations génératrices de revenus avec un secteur artisanal diversifié qui prend en compte des filières comme le cuir, le textile, la couture, la menuiserie, la forge… etc. Ces activités constituent à la fois un moyen de formation et une opportunité d’occupation des jeunes (parfois issus de la ville en « exode urbain »3). La priorité accordée aux technologies endogènes et le souci d’innovations ont rendu possible des percées significatives dans des secteurs comme la production de combustible écologique (bio-terre) et la boulangerie.
Mais dans la vision de Babacar, Serigne bi, le développement du capital humain est central. Il propose des services sanitaires de base et met en place un système éducatif par la construction d’établissements scolaires, en partenariat avec les institutions publiques. Il institue un centre de formation professionnelle multisectorielle des métiers composés de plusieurs ateliers dont : le tissage traditionnel, le tannage des peaux, la confection, la menuiserie, le design avec du métal de récupération, la teinture, la vannerie, la poterie…etc
L’organisation établie permet de prolonger les activités saisonnières par la stimulation d’une pluriactivité génératrice d’emplois et source de diversification des revenus et par la valorisation des ressources locales disponibles, une internalisation de la valeur ajoutée locale. Elle a aussi rendu possible l’accès à l’école et la promotion de loisirs pour l’épanouissement des enfants du village.
Ces capacités productives variées et intégrées, focalisées sur une agriculture écologique, assurent une relative autonomie alimentaire aux populations de Ndeem et génèrent des produits d’habillement et de décoration. Des opérations créatrices de richesses favorisent la préservation de l’écosystème parla régénération forestière, parla valorisation des composts et par la promotion des énergies renouvelables, notamment solaire.
Ni collectivisme ni communautarisme, l’Association des Villageois de Ndeem (AVND) organisée de manière harmonieuse bénéficie du leadership du fondateur qui a montré une capacité d’ouverture au monde et de partenariat avec l’administration publique centrale et décentralisée et aussi avec les ONGs nationales et internationales. Ainsi, Chacun a réussi à étendre le réseau AVND de commercialisation des produits labélisés « Maam Samba » à Dakar (Les Mamelles, Institut français, Galerie d’exposition et d’hébergement keur Maam Samba à Ngor4) et vers l’Europe notamment dans les circuits du « commerce équitable »
A la base de cette réussite matérielle, Serigne Babacar reconnait un souffle spirituel lié à l’amour, à la religion de l’amour: « la religion que je professe (Islam) est celle de l’amour. Partout où ses montures se tournent, l’amour est ma religion et ma foi.» C’est dans cette aspiration à l’Amour divin, dit-il, qu’il rencontre le mouridisme et l’appréhende de l’intérieur, en soufi. A ses yeux, « cheikh Ahmadou Bamba, dit Khadimou Rassoul est le modèle même de cet amour qui révèle les mystères divins et dévoile les vérités qui s’y rattachent. » Avec son « fou » (Mam cheikh Ibra Fall) sorti de néant, Khadimou Rassoul partage une haute vision de réalisation spirituelle dont l’envoyé de Dieu Mouhamad (psl) est la source. Mam Ibra Fall, le guide direct de Serigne Babacar, a fait de la mystique du travail, élevée au rang d’action pieuse, un devoir sacré auquel chaque être humain doit se conformer.
Le « success story » de Ndeem, obtenu grâce à cette sacralité du travail, a précisément convaincu le khalife des Bayfall, Serigne Dioumb FALL, de confier à Serigne Babacar un imposant projet de réhabilitation et de viabilisation du site historique de Mbake Kajoor5. Cette nouvelle entreprise ne consiste pas seulement à édifier des infrastructures mais surtout à promouvoir un nouveau développement intégré qui capitalise toute l’expérience de Ndeem. Ainsi, des actions impliquant les jeunes, en particulier les femmes, sont conduites dans les domaines de l’agroécologie, de l’aquaculture, de l’apiculture, de la régénération de plantes et arbres traditionnels et de la bioénergie, sans compter la formation professionnelle et la mise en place d’un système de financement décentralisé.
CONCLUSION
Serigne Bi, comme l’appellent affectueusement les membres de la communauté, a donc concrétisé avant terme ce que le système des Nations Unies appellera dix ans plus tard « Eco-village », défini comme « un espace rural mettant en œuvre : (i) un modèle économique alternatif, (ii) une place privilégiée à l’écologie et (iii) une vie communautaire active avec comme objectifs l’autosuffisance alimentaire, basée sur une économie sociale et solidaire (ESS).
C’est un système intégré, productif et culturel, de valorisation des ressources locales qu’il établit de manière autonome avec des mécanismes propres de co-construction et de cogestion. Cette approche communautaire de gestion durable et de développement adaptée à la communauté a servi de cadre motivant de mobilisation sociale.
Babacar Mbow dit Chacun n’a pas été seulement le jardinier de nos rêves de jeunesse de vouloir transformer le monde. A l’échelle de Ndeem, il a réussi à instaurer une communauté respectueuse de l’environnement avec l’humain au cœur de son projet de développement ; une communauté scellée par « le mourdisme » un liant spirituel entre les membres et un levain de leur mobilisation autour du travail et du partage équitable des fruits de l’œuvre collective. Une expérience à capitaliser dans ce qu’elle a de réplicable, à la veille de profonds changements politiques dans notre pays et dans la région ouest-africaine !
Notre ami Chacun, après près de 40 ans d’engagement social et de cheminement spirituel, laisse derrière lui un important patrimoine à la fois matériel et immatériel. Ses succès ont été obtenus grâce à une solide armature spirituelle, référée au Mouridisme, sur la base du culte du travail et d’une gouvernance partagée pour le bienêtre social des populations locales.
Pape Touty Makhtar SOW
par Souleymane Bah
FRANC CFA : ENJEUX DE SOUVERAINETÉ ET VOIES VERS L'AUTONOMIE MONÉTAIRE
Pour les pays de la zone CFA, le chemin vers une plus grande autonomie monétaire est semé d'embûches, mais il est essentiel pour assurer un développement économique et social durable
Le franc CFA, initialement acronyme de « Franc des Colonies Françaises d'Afrique », puis devenu « Franc de la Communauté Financière Africaine » pour les pays de l'UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine » et « Franc de la Coopération Financière en Afrique Centrale » pour les pays de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale), représente un cas unique de monnaie partagée par plusieurs états dits souverains. Créé initialement en 1945, dans le contexte d'après-guerre et de reconstruction des économies européennes, le franc CFA illustre les complexités de liens monétaires étroites hérités de la colonisation française et leurs impacts sur le développement économique et social des pays membres.
Dans son article paru en 2011, Jérôme Blanc' met en lumière le rôle central de la monnaie dans les périodes de bouleversements politiques et économiques, ainsi que les conséquences de la subordination du monétaire au politique. Cette dynamique se retrouve dans l'histoire du franc CFA, bien que dans un contexte différent, illustrant comment la monnaie peut à la fois refléter et façonner les relations de pouvoir économique et politique.
A l'instar de la situation française durant la seconde guerre mondiale, où la monnaie était un instrument au service des stratégies de l'occupant allemand et du gouvernement de Vichy, le franc CFA a été critiqué pour son rôle dans la perpétuation de la dépendance économique vis-à-vis de la France.
L'introduction du franc CFA visait à faciliter l'intégration économique et monétaire des colonies africaine dans l'économie métropolitaine française, garantissant ainsi un accès privilégié aux ressources naturelles. Cette initiative s'inscrivait dans une logique de reconstruction économique de la France, où les colonies jouaient un rôle crucial en fournissant les matières premières nécessaires. 'Jérôme Blanc, 2011. Pouvoirs et monnaie durant la seconde guerre mondiale en France : la monnaie subordonnée au politique. Hal Open Science.
La zone franc CFA est caractérisée par une politique monétaire unique supervisée par la banque de France, jusqu'à des reformes récentes visant à alléger cette tutelle. Cette centralisation a eu des conséquences sur le développement économique et social des pays membres.
La garantie de la convertibilité du franc CFA par le trésor français a certes attiré des investissements, mais elle a également encouragé les fuites de capitaux vers des marchés et pays jugés plus sûrs, limitant ainsi les fonds disponibles pour des projets de développement local.
La zone franc CFA favorise historiquement et prioritairement les échanges avec la France et les pays de l'Union européenne, contribuant à une certaine dépendance et par conséquent freinant la diversification économique et l'intégration à l'échelle africaine.
La comparaison entre le franc CFA et la situation monétaire de la France durant la seconde guerre mondiale révèle l'importance cruciale de la souveraineté monétaire pour l'indépendance économique et le développement. Dans les deux cas, la subordination de la politique monétaire à des intérêts extérieurs a entravé la capacité des gouvernements à agir dans l'intérêt propre de leur développement économique et social.
Dans les années 1960, au début des indépendances des pays de l'Afrique de l'Ouest, la comparaison entre le Sénégal et la Corée du Sud aurait semblé pencher en faveur du premier en termes de potentiel économique. A l'époque, le Sénégal, avec ses ressources naturelles abondantes et son accès au vaste marché africain, était perçu comme un candidat prometteur pour la croissance économique et le développement. La Corée du Sud, quant à elle, était un pays ravagé par la guerre, avec peu de ressources naturelles et un avenir économique incertain.
Cependant, au cours des décennies suivantes, la trajectoire de ces deux pays a pris des directions radicalement différentes. La Corée du Sud, grâce à une politique de souveraineté monétaire affirmée, associée à une stratégie économique centrée sur l'industrialisation, l'éducation et l'innovation technologique, s'est transformée en une des économies les plus dynamiques et innovantes du monde. Cette transformation, souvent appelée le "Miracle sur le fleuve Han", a vu la Corée du Sud, l'un des plus pauvres du monde, se transformer en une puissance économique incontournable et devenir un leader mondial dans des secteurs tels que l'électronique, l'automobile et la technologie de l'information.
La pleine souveraineté monétaire a joué un rôle crucial dans ce processus. En contrôlant sa propre monnaie, la Banque de Corée a pu mener des politiques monétaires adaptées aux besoins de l'économie nationale, favorisant les investissements dans les industries clés et soutenant l'exportation par une gestion stratégique du taux de change. De plus, le gouvernement sud-coréen a utilisé sa capacité de financement souverain pour investir massivement dans l'éducation et la recherche et développement, établissant les fondations d'une économie basée sur la connaissance et l'innovation.
Cependant, le Sénégal, restreint par les contraintes du franc CFA et une certaine dépendance économique envers la France et d'autres partenaires occidentaux, a eu du mal à réaliser une croissance économique autonome à un rythme comparable. Bien que le franc CFA ait offert une certaine stabilité monétaire, il a aussi limité la flexibilité des politiques économiques du Sénégal, entravant sa capacité à répondre efficacement aux défis économiques internes et externes.
Cette divergence des trajectoires économiques met en évidence l'importance de la souveraineté monétaire comme facteur clé du développement économique. Récemment, des réformes ont été initiés pour redéfinir le rôle de la France dans la gouvernance du franc CFA, illustrant une volonté de réajuster les liens post-coloniaux vers une ère de partenariat plus équilibré et gagnant-gagnant
La question de la sortie du Franc CFA a été un sujet de débat intense parmi les économistes, les politiques, et les chercheurs, particulièrement en Afrique et en France.
Plusieurs auteurs et universitaires parmi eux, Nicolas Agbohou, Samir Amin, Demba Moussa Dembélé, Mamadou Koulibaly, Sanu Mbaye, Kako Nubukpo, Fanny Pigeaud, Joseph Tchundjang Pouemi, Mahamadou Lamine Sagna, Ndongo Samba Sylla et bien d'autres, ont apporté des contributions significatives à cette discussion, analysant les implications économiques, politiques et sociales d'une éventuelle sortie de cette zone monétaire.
Une solution de sortie du franc CFA, en espérant qu'elle sera dotée d'un nom qui résonne africain, implique plusieurs étapes stratégiques visant l'autonomie monétaire et économique tout en minimisant les risques de déstabilisation externes comme ce fût le cas de la Guinée juste après les indépendances. Une approche rigoureuse et bien planifié est crucial pour bien réussir cette transition.
Pour le Sénégal et comme pour les autres pays de la zone franc CFA, la réflexion sur la souveraineté monétaire et l'exploration de modèles économiques alternatifs, comme ceux proposés par la MMT (Modern Money Theory) ou Théorie Monétaire Moderne (TMM) basée sur les travaux de Randy Wray, Warren Mosler, Stephanie Kelton, et bien et d'autres, en concert avec une politique de gestion rigoureuse de l'inflation, offrent une voie prometteuse pour réaliser leur plein potentiel économique.
La MMT offre un cadre révolutionnaire qui pourrait redéfinir la manière dont les pays de la zone CFA perçoivent leur souveraineté monétaire et leur capacité à financer le développement économique et social. La MMT souligne que les gouvernements souverains, qui émettent leur propre monnaie, ont en fait une capacité financière illimitée pour financer des dépenses publiques et investir massivement dans l'infrastructure, l'éducation, la santé, et la technologie, stimulant ainsi la croissance et améliorant le bien-être social, à condition qu'ils opèrent dans leur propre devise. Contrairement à la croyance traditionnelle que les gouvernements doivent collecter des impôts ou emprunter pour dépenser, la MMT soutient que les gouvernements dépensent d'abord et collectent des impôts ensuite. L'émission de monnaie est le principal outil par lequel un gouvernement finance ses dépenses. Cette idée est particulièrement pertinente pour les pays souhaitant se défaire du franc CFA, car elle suggère qu'après avoir établi une monnaie souveraine, un pays comme le Sénégal pourrait embrasser des politiques ambitieuses de plein emploi sans la contrainte de financer ces politiques par l'emprunt extérieur ou la crainte d'un déficit budgétaire insoutenable. Un point critique de la MMT est sa prise en compte de l'inflation. Elle reconnaît l'inflation comme une contrainte réelle mais gérable, principalement à travers une politique fiscale efficace.
Pour optimiser la transition vers une monnaie pleinement souveraine et l'application de la MMT dans le contexte de sortie du franc CFA, il est vivement recommandé d'employer des modèles de simulation avancés, tels que ceux basés sur la dynamique des systèmes. Ces modèles offrent une méthode rigoureuse pour anticiper les impacts économiques, sociaux et financiers de telles politiques monétaires et fiscales avant leur mise en œuvre. En effectuant des tests de résistance (stress tests) approfondis, les décideurs peuvent identifier les risques potentiels, les vulnérabilités et les opportunités associés à l'introduction d'une nouvelle monnaie, garantissant ainsi une transition plus fluide et sécurisée.
Le débat sur le franc CFA aujourd'hui rappelle la période de reconstruction post-seconde guerre mondiale en France, où la souveraineté monétaire était cruciale pour la reconstruction nationale. Pour les pays de la zone CFA, une réforme du système monétaire, tenant compte des réalités économiques et les aspirations au développement du continent, est également cruciale. Toutefois, de tels changements nécessitent une coordination régionale et une volonté politique forte pour surmonter les inerties et les intérêts établis, à la fois au niveau national et international.
L'histoire de la monnaie, que ce soit en France sous l'occupation ou dans les pays utilisant le franc CFA, démontre que la monnaie est bien plus qu'un simple moyen d'échange, d'unité de compte ou de réserve de valeur ; elle est un reflet des dynamiques de pouvoir, de souveraineté, et d'autonomie. La manière dont une société gère et contrôle sa monnaie peut avoir des implications profondes et durables sur son développement économique et social. Pour les pays de la zone CFA, comme pour la France d'après-guerre, le chemin vers une plus grande autonomie monétaire est semé d'embûches, mais il est essentiel pour assurer un développement économique et social durable. L'implémentation réussie de la MMT dans le contexte d'une sortie du franc CFA impliquerait le renforcement des capacités institutionnelles.