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5 avril 2025
Santé
LA DEPENDANCE DE L’AFRIQUE EST UNE SOURCE DE VULNERABILITE
L’ancien directeur exécutif du Programme commun des Nations unies sur le VIH/Sida (Onusida) Michel Sidibé a déploré mardi la vulnérabilité liée à la dépendance vis-à-vis de l’extérieur dont souffre l’Afrique dans le domaine de la production pharmaceutique
L’ancien directeur exécutif du Programme commun des Nations unies sur le VIH/Sida (Onusida), Michel Sidibé, a déploré mardi la vulnérabilité liée à la dépendance vis-à-vis de l’extérieur dont souffre l’Afrique dans le domaine de la production pharmaceutique, situation qui, selon lui, limite la capacité du continent à réagir aux urgences sanitaires.
‘’Nous ne produisons pas et il faut être réaliste, nous sommes réellement dépendants de l’extérieur. Cette situation nous rend vulnérables, elle fragilise nos chaînes d’approvisionnement, elle limite aussi notre capacité à réagir aux urgences sanitaires’’, s’est désolé M.Sidibé.
Il prenait part à l’atelier international sur l’engagement stratégique des pôles de santé et du développement des compétences appuyé par l’Agence africaine de développement (Auda-Nepad), qui se tient de mardi à mercredi à Dakar.
‘’Pour avoir un impact, le plan a ciblé 24 produits médicaux qui répondent aux défis sanitaires majeurs du continent’’, a expliqué M. Sidibé.
Selon le directeur exécutif d’Onusida, les produits ont ‘’été catégorisés en fonction des problèmes qui nous affectent quotidiennement (…)’’.
Michel Sidibé signale que ‘’pratiquement 25% des vaccins produits au niveau mondial sont consommés en Afrique’’.
De l’avis de l’ancien secrétaire exécutif de l’Onusida, le plan de fabrication pharmaceutique de l’Afrique est ‘’plus qu’une vision’’. Il s’agit d’une nécessité pour renforcer vraiment la fabrication pharmaceutique régionale.
‘’Il s’agit de garantir l’accès aux médicaments essentiels, réduire notre dépendance aux importations, c’est assurer la souveraineté sanitaire de l’Afrique’’, a-t-il conclu.
‘’Autour de ces 24 produits médicaux prioritaires, nous devons élaborer une feuille de route pour accroître la production locale et garantir un accès en temps opportun à toutes les populations qui peuvent venir du continent’’, a préconisé Guy Njambong.
Ce dernier est l’administrateur technique en charge de la maturation du système pharmaceutique au Sénégal.
PRODUCTION PHARMACEUTIQUE, LA DÉPENDANCE DE L'AFRIQUE EST UNE SOURCE DE VULNÉRABILITÉ
Michel Sidibé, ancien directeur exécutif de l’Onusida, a plaidé pour une production locale renforcée afin d’améliorer l’accès aux médicaments essentiels et de garantir la souveraineté sanitaire du continent.
Dakar, 17 déc (APS) – L’ancien directeur exécutif du Programme commun des Nations unies sur le VIH/Sida (Onusida), Michel Sidibé, a déploré mardi la vulnérabilité liée à la dépendance vis-à-vis de l’extérieur dont souffre l’Afrique dans le domaine de la production pharmaceutique, situation qui, selon lui, limite la capacité du continent à réagir aux urgences sanitaires.
‘’Nous ne produisons pas et il faut être réaliste, nous sommes réellement dépendants de l’extérieur. Cette situation nous rend vulnérables, elle fragilise nos chaînes d’approvisionnement, elle limite aussi notre capacité à réagir aux urgences sanitaires’’, s’est désolé M.Sidibé.
Il prenait part à l’atelier international sur l’engagement stratégique des pôles de santé et du développement des compétences appuyé par l’Agence africaine de développement (Auda-Nepad), qui se tient de mardi à mercredi à Dakar.
‘’Pour avoir un impact, le plan a ciblé 24 produits médicaux qui répondent aux défis sanitaires majeurs du continent’’, a expliqué M. Sidibé.
Selon le directeur exécutif d’Onusida, les produits ont ‘’été catégorisés en fonction des problèmes qui nous affectent quotidiennement (…)’’.
Michel Sidibé signale que ‘’pratiquement 25% des vaccins produits au niveau mondial sont consommés en Afrique’’.
De l’avis de l’ancien secrétaire exécutif de l’Onusida, le plan de fabrication pharmaceutique de l’Afrique est ‘’plus qu’une vision’’. Il s’agit d’une nécessité pour renforcer vraiment la fabrication pharmaceutique régionale.
‘’Il s’agit de garantir l’accès aux médicaments essentiels, réduire notre dépendance aux importations, c’est assurer la souveraineté sanitaire de l’Afrique’’, a-t-il conclu.
‘’Autour de ces 24 produits médicaux prioritaires, nous devons élaborer une feuille de route pour accroître la production locale et garantir un accès en temps opportun à toutes les populations qui peuvent venir du continent’’, a préconisé Guy Njambong.
Ce dernier est l’administrateur technique en charge de la maturation du système pharmaceutique au Sénégal.
VERS UNE GESTION RÉGIONALE DU LOGOTYPE 'ENRICHI' CONTRE LES CARENCES EN MICRONUTRIMENTS
Face aux enjeux de la malnutrition en Afrique de l’Ouest, un atelier régional réunit des experts pour discuter de la gestion d’un symbole clé, destiné à identifier les produits enrichis.
La malnutrition et les carences nutritionnelles restent des enjeux de taille en Afrique de l’Ouest, affectant des millions de personnes chaque année. Avec environ 282 millions de personnes souffrant de sous-alimentation, la fortification des aliments apparaît comme une solution essentielle pour pallier ces carences et améliorer la santé publique.
Dans ce contexte, un atelier régional, organisé par l'Association des Industriels de la Filière Oléagineuse de l'UEMOA et de la CEDEAO (AIFO UEMOA-CEDEAO) en partenariat avec Catholic Relief Services (CRS) et GIZ, s'est penché sur l'adoption du logotype « ENRICHI ». Ce label, destiné à identifier les produits alimentaires enrichis à travers la sous-région de la CEDEAO, « joue un rôle central » dans cette initiative, garantissant la qualité et la visibilité des produits fortifiés et permettant aux consommateurs de facilement identifier ceux bénéfiques pour leur santé.
Cette rencontre de Dakar qui s’est ouverte ce lundi 16 décembre 2024 et qui se poursuit jusqu’au 18 décembre fait partie du projet de Fortification Alimentaire à Grande Échelle (LSFF), lancé en septembre 2022, visant à augmenter la couverture des consommateurs de produits fortifiés à plus de 70% dans les pays de l'Afrique de l'Ouest. Ce projet est soutenu par la Fondation Bill & Melinda Gates et le Ministère Fédéral Allemand de la Coopération Économique et du Développement (BMZ) via la GIZ.
Une initiative régionale pour la santé publique
Amadou Sall Dial, directeur du Déploiement industriel du Sénégal et président de l'Alliance Sénégalaise pour la fortification des aliments en micronutriments, a souligné l'importance de créer un consensus régional autour de ce logotype. Lors de son intervention, le représentant du ministre de l’Industrie, du Commerce et des PME/PMI a insisté sur le fait que la question des carences en micronutriments est un problème de santé publique majeur, et que l'adoption d'un logo unique, reconnu à l'échelle de la CEDEAO, est une priorité pour assurer la reconnaissance des produits enrichis dans tous les pays membres.
"Un logotype enrichi, c'est bien plus qu'une simple identité visuelle, c'est un symbole de notre engagement collectif à travailler ensemble pour un avenir commun", a-t-il souligné, tout en se félicitant de quelques avancées. "On a pu s’accorder sur un certain nombre d’instruments ou d’outils, qui permettent une libre circulation de nos produits. Notamment, je peux parler par exemple du certificat d’origine, qui permet d’envoyer des marchandises du Sénégal vers le Nigeria, le Ghana, etc."
Le Sénégal, qui a « déjà pris des mesures concrètes depuis 2009 » pour lutter contre les carences nutritionnelles, notamment en s'attaquant à l'anémie qui touche plus de 51% des femmes en âge de procréer, reste un modèle pour la région, poursuit M. Sall Dial. Toutefois, dit-il, certains pays voisins ont encore du chemin à parcourir.
L'atelier de Dakar est donc l'occasion de discuter des stratégies à adopter pour convaincre ces pays de se joindre à l'initiative et d'adopter ce logo unique, qui serait une première étape vers la gestion régionale de la fortification alimentaire.
L'engagement des industriels
El Hadji Ndane Diagne, directeur général de la SONACOS et représentant du Bureau exécutif de l'Association des industriels de la filière oléagineuse de l'Afrique de l’Ouest, a apporté un éclairage supplémentaire sur l'importance du rôle des industriels dans cette initiative. Selon lui, l'adoption du logotype « ENRICHI » est une responsabilité partagée entre les producteurs, les autorités sanitaires et les associations industrielles. En plus d'améliorer la qualité des produits, cette démarche contribue à réduire les carences en micronutriments, notamment en vitamines et minéraux.
M. Diagne a insisté sur le fait que, bien que l'adoption du logotype soit un progrès indéniable, le véritable défi réside dans sa vulgarisation et sa gestion à long terme. "Une fois le logotype validé, il sera crucial de mettre en place des stratégies de communication et de suivi pour garantir son utilisation cohérente et son impact sur la santé des populations. Cela inclut la création de plans de sensibilisation à l’échelle régionale", a-t-il précisé, pour encourager les industriels et les consommateurs à adopter le logotype « ENRICHI ».
C’EST LA PLANIFICATION MAL FAITE QUI CRÉE DES COMPLICATIONS
Au Sénégal, la contraception est principalement utilisée par les femmes et filles qui ne sont pas mariées, et les pilules ainsi que les injectables restent les méthodes les plus courantes. C’est ce qu’a indiqué Ramatoulaye Diouf Samb.
Au Sénégal, la contraception est principalement utilisée par les femmes et filles qui ne sont pas mariées, et les pilules ainsi que les injectables restent les méthodes les plus courantes. C’est ce qu’a indiqué Ramatoulaye Diouf Samb, sage-femme et chargée de l’Information et de la Communication de l’Association nationale des sages-femmes du Sénégal.
Pouvez-vous faire un point sur la pratique du planning familial au Sénégal, notamment les derniers chiffres ?
Les dernières enquêtes démographiques et de Santé (EDS) de 2023, réalisées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), montrent qu’au Sénégal, 27 % des femmes en âge de reproduction, âgées de 15 à 49 ans et en union, utilisent au moins une méthode contraceptive moderne. Parmi les femmes non mariées, ce taux atteint 42 %. La prévalence de la contraception est plus élevée chez les femmes non mariées et sexuellement actives. Il est à noter que ce taux varie selon les régions : dans les zones urbaines, il est de 34 %, contre 20,4 % dans les zones rurales.
Lire aussi: Effets indésirables du planning familial : Quand le soulagement temporaire cache une souffrance à vie
Quelles sont les méthodes de planification familiale existantes et celles qui sont les plus utilisées au Sénégal ?
Il existe plusieurs méthodes de planification familiale au Sénégal: Les pilules, à prendre quotidiennement ; les injectables, administrés tous les trois mois ; l’implant, valable pendant trois ans avec des suivis réguliers (1 mois après l’injection, puis 6 mois après, et ensuite un suivi annuel) ; le dispositif intra-utérin, qui peut être placé pour une période de 12 ans, généralement choisi par les grandes multipares ou les femmes hypertendues ; l’anneau vaginal à progestérone, qui a été expérimenté mais retiré des structures publiques de santé ; les préservatifs, tant féminins que masculins ; la méthode MAMA (Méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée), très prisée par les femmes, mais présentant un risque élevé, car seulement 2 % des femmes réussissent cette méthode ; la méthode des jours fixes ou le collier du cycle, qui se compose de perles pour signaler la période de fécondité (perles blanches) et la période non-féconde (perles marron), ainsi qu’une perle rouge pour marquer le premier jour des règles.
Les femmes peuvent également recourir à des méthodes d’observation, basées sur la prise quotidienne de la température corporelle pour déterminer la période d’ovulation. Enfin, il existe la ligature des trompes, souvent pratiquée sur les grandes multipares, ainsi que la contraception d’urgence, qui est de plus en plus utilisée par les jeunes filles.
Bien qu’il n’y ait pas encore d’étude spécifique montrant quelle méthode est la plus utilisée au Sénégal, on constate que les pilules, surtout celles combinées, sont très prisées par les femmes. Dans nos structures de santé, les pilules et les injectables sont les plus demandés.
L’implant est-il perçu comme une méthode à « risque » ?
L’implant est une méthode contraceptive à long terme. Injecté sous la peau, il libère des hormones, principalement des progestatifs. Il est accessible, disponible, et efficace. Bien que ce ne soit pas une méthode gratuite, elle reste abordable, coûtant moins de 500 F CFA, et la pose est gratuite. Des journées spéciales de planification familiale sont organisées pour proposer certaines méthodes gratuitement. Nous veillons à ne pas imposer de méthode, mais à informer les femmes, à les accompagner dans leur choix, en fonction de leur état de santé. Certaines femmes évoquent des effets secondaires tels que des douleurs abdominales pendant les menstruations, l’arrêt des règles, ou des variations de poids. Cependant, ces effets sont généralement gérables.
Que pouvez-vous dire concernant les effets indésirables du planning familial ?
Il est vrai que, quel que soit le choix, des effets indésirables peuvent survenir, mais ceux-ci sont généralement gérables. Lorsque les femmes viennent consulter, nous leur expliquons qu’il y a des effets secondaires possibles, comme des maux de tête, des douleurs abdominales, ou des saignements. Ces symptômes sont temporaires et peuvent être soulagés. En revanche, certains effets négatifs sont souvent amplifiés par des rumeurs. Nous aidons les femmes à comprendre ces effets et à prendre une décision éclairée. En cas de doute, si le premier contact se passe bien, elles acceptent plus facilement les conseils. Nous avons des stratégies de communication pour accompagner les femmes tout au long de leur parcours de contraception.
Comment accompagnez-vous les femmes dans leur choix de méthode contraceptive ?
Nous utilisons un disque qui présente les critères médicaux pour l’adoption de méthodes contraceptives. Ce disque s’appuie sur les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et facilite notre travail en rendant l’orientation plus rapide et efficace.
Les hommes adhèrent-ils de plus en plus à la planification familiale ?
À Dakar, des progrès notables ont été réalisés, bien qu’il existe encore quelques résistances, notamment chez certains maris. En milieu rural, des obstacles subsistent. Cependant, on constate que la sensibilisation progresse.
Y a-t-il des risques sanitaires liés à la planification familiale pour les filles hors mariage ?
Non, il n’y a pas de risques spécifiques. Nous avons lancé une politique pour accompagner les adolescentes, les mettre à l’aise et éviter de les stigmatiser. L’objectif est de prévenir les grossesses non désirées et d’éviter la prise de la pilule du lendemain de manière anarchique. La planification mal effectuée peut créer des complications, notamment lorsqu’on prend la pilule du lendemain de façon incorrecte, ce qui pourrait affecter la fertilité future. Nous sensibilisons les jeunes filles et les femmes, en particulier dans les écoles, afin de prévenir ces comportements.
En ce qui concerne le coût, la plaquette de la pilule coûte 100 F CFA dans les structures de santé, mais peut atteindre 400 F CFA dans les pharmacies privées. Une bonne prise en charge et une meilleure information sur la contraception aideront à éviter des situations problématiques.
QUAND LE SOULAGEMENT TEMPORAIRE CACHE UNE SOUFFRANCE A VIE
Effets indésirables du planning familial - Elles sont toutes sous planning familial, avec chacune, la méthode qui semble être moins risquée tant pour sa santé que pour son cycle de reproduction
Elles sont toutes sous planning familial, avec chacune, la méthode qui semble être moins risquée tant pour sa santé que pour son cycle de reproduction. Toutefois, ces femmes interrogées redoutent les effets secondaires des méthodes contraceptives modernes à longue durée.
« Je fais le planning familial pour espacer les naissances. On me l’a proposée à la maternité, après mon accouchement. C’est la première fois. Mais, depuis lors, je ressens des douleurs lorsque je suis en période de règles, alors que je ne les vois plus. Elles se sont interrompues depuis que j’ai fait mon implant », se plaint Soukeyna, une jeune fille d’une vingtaine d’années et résidente à Thiaroye-Sur-Mer.
Donnée en mariage à l’âge de 18 ans, à son cousin, en pleine année scolaire, elle confie qu’elle n’avait aucune idée de la vie conjugale. La fille ne tarde pas à contracter sa première grossesse après un an de mariage. Elle se souvient que cette grossesse a failli lui coûter la vie au moment de l’accouchement. Et donc, c’est après avoir eu son bébé que les sages-femmes lui ont proposé le planning. Ce qu’elle a accepté avec méfiance. « Je le fais pendant juste deux ans, le temps d’allaiter mon fils. Mais, ce n’est pas quelque chose que je compte continuer », poursuit notre interlocutrice, un peu embarrassée.
Cependant, Soukeyna confie qu’elle a opté pour l’implant avec l’accord de son époux. Ce qui est le contraire pour Astou, une jeune dame mariée logeant dans le même quartier. Celle-ci s’est mise à la contraception de longue durée sous la contrainte de son mari, qui ne désire plus avoir d’autres enfants. « La contraception, ce n’est pas mon choix. Dans ma vie, j’ai toujours refusé le planning familial à cause des effets secondaires. Mais, là, je n’ai pas le choix », narre Astou, le regard baissé. Âgée de trente ans, la mère de famille allaite son cinquième bébé d’à peine un mois. Elle a opté pour les pilules.
Toutefois, Astou regrette le silence des sages-femmes sur les effets secondaires des méthodes contraceptives. Après la naissance de sa quatrième fille, elle prenait, au quotidien, la pilule de manière continue, pendant plus de deux ans. Ce qui lui a valu des complications.
A la maternité, c’est le silence sur les effets néfastes du planning
« À la maternité, aucune sage-femme ne m’a parlée des effets. Elles n’expliquent rien sur ce point. Elles vous disent juste comment prendre les comprimés. J’ai eu des douleurs au ventre qui m’ont conduite à l’hôpital, après ma première expérience. Et ce sont les conseils du médecin qui m’a consultée ce jour-là, qui m’ont sauvée. J’avais alors arrêté. J’ai repris les prises après la naissance de ma dernière fille », confie-t-elle.
La planification familiale, c’est également l’affaire de certains hommes comme Amath, qui estime qu’elle n’est que bénéfique pour la femme. « Elle permet aux femmes d’espacer les naissances et à être en bonne santé. En plus, la planification familiale aide la femme à se reposer, le temps qu’elle allaite correctement son enfant. Personnellement, je milite pour le planning familial. En plus, cela permet aux parents de mieux prendre soin de leurs enfants », soutient-il. Contrairement à certains hommes, cet homme, originaire du monde rural, refuse de croire aux prétendus effets néfastes de la contraception à longue durée. « Pour moi, ce sont des rumeurs. Le problème est lié au fait que certaines femmes ne respectent pas leurs rendez-vous », défend Amath.
CES OBSTACLES QUI FREINENT L’INCLUSION DES ENFANTS HANDICAPES
L'éducation spéciale ne regroupe que des enfants handicapés et le plus souvent des handicapés lourds. L'éducation inclusive, c'est tout, les enfants handicapés et non-handicapés fréquentent les mêmes écoles, les mêmes classes avec les mêmes enseignants
L’inclusion des enfants handicapés reste une préoccupation pour les autorités parce que beaucoup d’enfants souffrent dans les établissements scolaires du fait de la nonprise en compte de leurs besoins spécifiques. Seulement beaucoup d’obstacles se dressent devant l’inclusion des enfants handicapés dans les établissements.
«Il faut comprendre l'éducation inclusive que les gens confondent avec l'éducation spéciale. L'éducation spéciale est une forme d'éducation qui ne regroupe que des enfants handicapés. Et le plus souvent, ce sont des handicapés lourds. Mais l'éducation inclusive, c'est tout, ce sont des enfants handicapés qui fréquentent les mêmes écoles que les enfants non-handicapés, les mêmes classes avec les mêmes enseignants», explique Moussa Mbengue le chargé de programme à l’Ong Sigthsavers. A l’en croire, plusieurs défis attendent les autorités. «C’est la politique de l'éducation inclusive qui tarde à être validée. Néanmoins des expérimentations par-ci et par-là sont en train d'être développées. Donc, le premier défi, c'est un cadre politique et stratégique qui organise le secteur. C’est la validation de la politique de l'éducation inclusive», dit-il.
L'autre défi, selon lui, c'est la promotion des expériences qui sont en train d'être faites. «C’est vrai que la politique n'est pas encore finalisée, mais il y a des expériences développées par Sigthsavers et d'autres organisations. Mais on ne sent pas la visibilité. Le dernier défi, c'est quand même le financement de l'éducation inclusive qui est tellement lourd et on ne sent pas les collectivités territoriales», soutient-il. A l’en croire, le financement de l'éducation inclusive reste aussi un défi à relever. Revenant sur l’absence de la validation de la politique d’éducation inclusive, il précise que leur organisation accompagne le ministère de l'Education depuis 2017 pour l'élaboration du document. «Nous sommes à l'étape de validation institutionnelle. Le processus est accéléré depuis juillet 2024 dès l'arrivée du nouveau ministre de l’Éducation. On sent une nette volonté de valider la politique. Ce qui reste, c'est la validation institutionnelle. Et le document est entre les mains du ministre.
DIOMAYE APPELLE LES ACTEURS DE LA SANTÉ À LA CONCERTATION
1924 à 2024. L’Institut Pasteur de Dakar fête ses cent ans. Sa présence au Sénégal a été magnifiée par le Chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye qui a tenu à rehausser la célébration de sa présence.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a lancé un appel à une concertation et coopération actives entre les différents producteurs, les agences nationales de réglementation pharmaceutiques, le secteur privé, les chaines d’approvisionnement, les universités et les centres de recherche dans les différents pays africains pour faire émerger l’écosystème africain de l’industrie pharmaceutique qui permettra d’atteindre l’autonomie en vaccins, tests de diagnostic et médicaments en Afrique. Cet appel a été fait hier, vendredi 13 décembre lors de la célébration du centenaire de l’Institut Pasteur de Dakar qui a conduit à la visite du Vacinôpole de Diamniadio.
«C’est avec un immense plaisir et un sentiment de fierté que je me tiens devant vous aujourd’hui pour célébrer un jalon important de l’histoire de notre Nation et du continent africain : le centenaire de l’Institut Pasteur de Dakar. Une institution qui, depuis sa fondation, incarne l’engagement du Sénégal dans la lutte contre les maladies infectieuses et la promotion de la santé publique »
1924 à 2024. L’Institut Pasteur de Dakar fête ses cent ans. Sa présence au Sénégal a été magnifiée par le Chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye qui a tenu à rehausser la célébration de sa présence. Selon le Président de la République du Sénégal, depuis sa création l’Institut Pasteur a toujours été porteur des couleurs de l’innovation scientifique et de l’excellence. « En cette année marquante, nous célébrons non seulement un héritage scientifique d’une grande richesse, mais aussi une vision audacieuse et ambitieuse pour l’avenir de la santé publique en Afrique » a souligné M. Faye. Et d’ajouter : « le centenaire de l’Institut Pasteur de Dakar est une opportunité de saluer le parcours exceptionnel de cette institution, mais également de jeter un regard résolu sur l’avenir, sur ce que nous construisons ensemble pour garantir la souveraineté sanitaire du Sénégal et de notre continent ».
La Covid-19 comme moteur d’accélération
Pour le chef de l’Etat, la pandémie de Covid-19 a mis en lumière les vulnérabilités structurelles de l'Afrique en matière de santé publique. Il fait ressortir : « si nous avons fait des progrès considérables ces dernières décennies, notre continent reste encore largement dépendant des importations pour ses besoins en médicaments, tests de diagnostic et, surtout, en vaccins. À l'heure actuelle, l'Afrique ne produit que 1% de ses vaccins, 5% de ses tests de diagnostic, et 30% de ses médicaments ». Ce constat a fait dire au président de la République, qu'aucune crise ne doit être laissée sans réponse, ce qui a poussé le gouvernement du Sénégal à initier un programme ambitieux de souveraineté sanitaire et pharmaceutique. Un programme qui viserait à permettre au Sénégal de couvrir, d’ici 2035, au moins 50% de ses besoins en vaccins et médicaments par une production locale. « Ce programme s’inscrit dans le cadre de l’ambition plus large de l’Union Africaine et de l’Africa CDC, qui visent à atteindre 60% de production de vaccins en Afrique d’ici 2040 » a-t-il renseigné.
Le vaccinopole de Diamniadio est au cœur de cette vision
Le Vaccinopole de Diamniadio représente un investissement stratégique pour l’avenir de la santé en Afrique et fait partie intégrante de la stratégie pour la construction d’un Sénégal souverain, juste et prospère, fondé sur la promotion de la science, de la technologie, de l’innovation et de l’excellence. Elle s’inscrit également selon le chef de l’Etat lui, dans le cadre de l’Agenda National de Transformation « Sénégal 2050 » devant contribuer à développer un capital humain de qualité et une équité sociale à travers la couverture sanitaire universelle par le biais de la souveraineté pharmaceutique et vaccinale. « Grâce à ses plateformes technologiques de pointe, ce vaccinopôle sera capable de produire jusqu'à 300 millions de doses de vaccins par an, pour couvrir les besoins en santé publique, et ce, non seulement pour le Sénégal mais également pour l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest » a -il fait comprendre. Et d’ajouter : « cette vision de souveraineté sanitaire, portée par l’Institut Pasteur de Dakar et ses partenaires, repose sur une collaboration régionale et internationale sans précédent»
Concertation pour l’atteinte de souveraineté pharmaceutique
Le chef de l’Etat a saisi l’occasion pour lancer un appel à une concertation et une coopération actives entre les différents producteurs, les agences nationales de réglementation pharmaceutique, le secteur privé, les chaines d’approvisionnement, les universités et les centres de recherche dans les différents pays africains pour faire émerger l’écosystème africain de l’industrie pharmaceutique. Ce qui permettra d’atteindre l’autonomie en vaccins, tests de diagnostic et médicaments en Afrique. Pour le Président Bassirou Diomaye Faye, dans cette démarche, l’acquisition récente du niveau de maturité 3 de l’agence de réglementation pharmaceutique (ARP) du Sénégal et la certification ISO 9001-2015 du Comité National d’Ethique pour la Recherche en Santé (CNERS) méritent non les félicitations de la nation et mais constituent un atout majeur pour le pays. « Dans cette même dynamique, je salue la création par l’Institut Pasteur de Dakar de VaxSen, l’entité de commercialisation des vaccins produits par le vaccinopôle » déclaré. Puis, Et d’inviter les acteurs à poursuivre cet élan de solidarité scientifique et de coopération internationale. « Ensemble, nous pouvons bâtir un avenir où les défis de santé ne seront plus un fardeau insurmontable, mais une opportunité de progrès et de bienêtre pour tous. Le chemin reste long, mais les progrès réalisés jusqu’ici nous encouragent à continuer d’aller de l’avant ».
PALUDISME, DIOURBEL, UNE DES RÉGIONS LES PLUS TOUCHÉES PAR LA MORBIDITÉ
Le coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme, Dr Doudou Sène, a souligné l'importance des moustiquaires et des vélos pour renforcer les efforts sur le terrain.
Diourbel, 13 déc (APS) – La région de Diourbel (centre) fait partie des zones les plus touchées par la morbidité due au paludisme au Sénégal, a révélé vendredi, le coordonnateur du programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), docteur Doudou Sène.
« Diourbel fait partie des régions qui pèsent lourd dans la balance de morbidité due au paludisme au Sénégal notamment dans les districts sanitaires de Diourbel et Touba », a-t-il notamment déclaré à des journalistes.
Il intervenait lors d’une cérémonie de remise de don offert par le groupe Canal+ Sénégal, composé de 500 moustiquaires MILDA et 34 vélos, au district sanitaire de Diourbel.
« Depuis 2021, nous avons lancé le concept +Zéro paludisme: les entreprises s’engagent+. Et depuis lors Canal+ est à nos côtés en apportant sa contribution dans la lutte contre le paludisme qui est une urgence de santé publique, » a-t-il expliqué.
Selon Dr Sène, le choix porté sur Diourbel pour abriter la cérémonie de distribution n’est pas fortuit au regard de la recrudescence des cas de paludisme dans la zone.
« Ces vélos et moustiquaires constituent un apport considérable dans le cadre de la lutte contre le paludisme », a-t-il indiqué, espérant que ce matériel va permettre de réduire considérablement le paludisme dans la région de Diourbel.
Pour le coordonnateur du programme national de lutte contre le paludisme, les vélos remis au district sanitaire vont faciliter la mobilité des Dispensateurs de soins à domicile (DSDOM). Il estime que c’est « un dispositif stratégique dans la lutte contre le paludisme pour atteindre les communautés les plus éloignées ».
Pour sa part, la chargée de la communication du Canal+ Sénégal, Maimouna Tounkara Ndiaye a indiqué que depuis 2021 son groupe travaille avec l’appui du PNLP pour l’élimination du paludisme dans les zones les plus impactées.
Elle a fait part à cet effet de la distribution depuis 2021 de 4500 moustiquaires entre Dakar, Kaolack, Fatick et Diourbel.
LA CONSECRATION POUR LE SENEGAL
Le Sénégal est devenu le premier pays d’Afrique de l’Ouest et le 7e pays en Afrique à atteindre le niveau de maturité 3 (NM3) de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), a annoncé, jeudi, l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP).
Le Sénégal est devenu le premier pays d’Afrique de l’Ouest et le 7e pays en Afrique à atteindre le niveau de maturité 3 (NM3) de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), a annoncé, jeudi, l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP).
« Le Sénégal est le premier pays à atteindre le niveau de maturité 3 en Afrique de l’Ouest et 7e au niveau de l’Afrique », a déclaré Ndèye Maguette Diaw, chef du service de la logistique et du contrôle technico-réglementaire à l’ARP.
Elle prenait part à une séance d’information et de partage organisée pour annoncer officiellement la nouvelle.
Mme Diaw a signalé que l’OMS a adressé une lettre de félicitations au directeur de l’ARP pour lui notifier que le Sénégal a atteint le niveau de maturité 3.
Le Sénégal a atteint ce niveau après une pré-visite, une auto-évaluation, une évaluation formelle et un suivi-évaluation adossé au plan de développement institutionnel pour le maintien du niveau de maturation.
Selon Mme Diaw, « les enjeux du NM3 comprennent la sécurité sanitaire et la protection des patients, qui assurent une protection de la santé des populations sénégalaises avec un système de riposte résilient ».
Elle cite également le renforcement des médicaments pour garantir des produits disponibles de qualité, sûrs et efficaces.
Ce niveau de maturité présente aussi des enjeux économiques dans la mesure où il y aura une augmentation de la production locale grâce à un environnement réglementaire favorable, ainsi que la réduction de la dépendance vis-à-vis des importations de médicaments.
« Ce niveau de maturité du Sénégal assurera un renforcement institutionnel et le leadership régional mais également l’intégration africaine », a-t-elle assuré. Il témoigne que le Sénégal a un système réglementaire « stable ».
Se réjouissant d’une telle nouvelle, le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, estime qu’il s’agit d’une « bonne et mémorable nouvelle ». « Le Sénégal a réalisé une performance remarquable », a-t-il souligné.
« Il s’agit d’une évaluation rigoureuse sans complaisance sur les neuf fonctions réglementaires de l’APR », a-t-il ajouté.
« Nous sommes fiers de cet exploit, mais nous avons des défis à relever, notamment le maintien du niveau de maturité 3 et de l’atteinte du niveau de maturité 4. J’invite les acteurs à travailler main dans la main afin d’aider les agences de réglementation à renforcer la solidité et la crédibilité », a poursuivi le ministre.
Il pense qu’une telle démarche permettra d’aller vers la souveraineté pharmaceutique.
Le ministre de la Santé a invité les agents de l’ARP à se familiariser avec cet outil d’évaluation afin de maintenir les efforts pour arriver à un niveau de maturité 4.
Le Sénégal rejoint les pays ayant atteint le niveau de maturité 3, à l’image d’autres pays africains comme l’Egypte, le Ghana, le Nigéria, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, le Rwanda et le Zimbabwe.
LE MAL PROFOND DES YEUX
Lunettes, budget et ressources humaines qualifiées, La prise en charge de la santé oculaire reste un problème dans les pays sous-développés comme le Sénégal, alors que sa négligence aboutit à un handicap visuel
La prise en charge de la santé oculaire reste un problème dans les pays sous-développés comme le Sénégal, alors que sa négligence aboutit à un handicap visuel. Plusieurs difficultés freinent la bonne prise en charge à savoir des fabricants tous azimuts de lunettes, la faiblesse du budget alloué à la santé oculaire et des ressources humaines qualifiées.
Le programme de la santé oculaire est le parent pauvre du ministère de la Santé. C’est l’avis d’Aliou Diagne program manager de la santé oculaire et des Mtn à Ong Sigthsavers. Il présentait à l’occasion d’un atelier à l’intention des journalistes sur le handicap. Selon lui, Sigthsavers appuie le ministère de la Santé à travers son nouveau projet qui a démarré depuis 2023 et qui devrait normalement s'achever en 2027. «L'un des points essentiels, c'est d'avoir quand même une ligne budgétaire au niveau du programme santé oculaire, ce qui permettrait de pouvoir faire face à beaucoup de besoins des populations en santé oculaire», affirme-t-il. Cette ligne budgétaire, à l'instar des autres programmes, est assez essentielle, insiste-til, ne serait-ce que pour les besoins de pérennisation «parce que les projets sont appelés à s'arrêter un jour. On espère que ce projet sera très bénéfique pour le programme santé oculaire».
Hormis la faiblesse du budget alloué à la santé oculaire, il y a aussi la problématique du déficit de spécialistes. «Il y a un déficit en ressources humaines et la répartition est assez inégale. Donc la plupart des spécialistes sont regroupés sur l'axe Dakar, Thiès et Louga, et les autres régions sont un peu laissées en rade», déplore-t-il. Selon lui, le besoin se fait sentir en termes de personnels qualifiés, surtout des spécialistes, mais aussi en termes ophtalmo pédiatrie pour les opérations de chirurgie de la cataracte chez l'enfant, «qui n’existe que dans quelques hôpitaux à Dakar».
PROLIFERATION DES FABRICANTS DE LUNETTES
Interrogé sur la prolifération des fabricants de lunettes, M. Diagne estime que dans le cadre de l'offre de services des lunettes, il y a ce qu'on appelle les unités optiques. «Ce sont ces unités optiques qui sont normalement habilitées à fabriquer des lunettes. Donc ces unités ne sont pas assez nombreuses au Sénégal. Bien vrai que des efforts sont faits mais ces personnes qui travaillent dans ces unités optiques ne sont pas formées. Elles sont formées en Gambie, sur une durée de deux ans, et beaucoup ont été formées avec l'appui de Sigthsavers et le gouvernement du Sénégal», renseigne M. Diagne. Le constat, dit-il, lorsque vous allez sur le marché, il y a beaucoup d'autres personnes qui offrent des services de lunettes, et on sait que ces services, en termes d'optométrie, sont dévolus à des spécialistes qui, sur la base d'une ordonnance, doivent délivrer des lunettes. «Maintenant, nous continuons à accompagner le ministère de la Santé pour qu'il puisse vraiment y avoir une politique claire et maîtriser l'offre de services de lunettes, parce qu'on voit que beaucoup de privés s'y mettent et que ça peut être un problème dans le cadre surtout de la qualité, surtout de l'offre de services de lunettes», dit-il.