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3 avril 2025
Santé
PLANIFICATION FAMILIALE, LE SÉNÉGAL MAUVAIS ÉLÈVE
Le Sénégal n’a pas atteint ses objectifs en matière de planification familiale pour l’année 2024, malgré une augmentation du taux de prévalence contraceptive, a indiqué la directrice de l’unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou, Marie Ba.
Le Sénégal n’a pas atteint ses objectifs en matière de planification familiale pour l’année 2024, malgré une augmentation du taux de prévalence contraceptive, a indiqué la directrice de l’unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou, Marie Ba.
‘’Le Sénégal n’a pas atteint ses objectifs fixés en 2024. Les tendances du taux de prévalence contraceptive ont augmenté d’environ 9% passant à 18% entre les Enquêtes de santé (EDS) de 2010-2011 et de 2023. Bien qu’aucune région n’ait connu de baisse du taux de prévalence, la plus forte croissance a été observée à Kaffrine et à Saint Louis’’, a déclaré Marie Ba.
La directrice de l’unité de coordination du Partenariat de Ouagadougou intervenait à l’ouverture de la 13 ère réunion annuelle du Partenariat de Ouagadougou qui se tient du 3 au 5 décembre à Dakar.
L’engagement des 9 Etats membres du Partenariat de Ouagadougou (Bénin, Burkina, Cote d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo), consiste à assurer l’accès aux services de planification familiale de qualité, une stratégie prioritaire pour l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD).
‘’Pour le cas du Sénégal, il y a eu une période de flottement entre l’ancien plan d’actions national budgétisé et le nouveau [prévu] pour la période de 2024 à 2028. C’est le manque de suivi de ces plans d’actions nationaux budgétisés qui sont très ciblés, qui se basent sur les données pour prendre des décisions sur quelles régions se focaliser », a expliqué Mme Ba.
Elle a souligné aussi que ‘’le Sénégal a connu une forte croissance de taux de prévalence contraceptive de plus de 8,7% de points, principalement grâce aux implants. La croissance des injectables +1% point a été récompensée par une baisse de l’utilisation de la pilule ».
‘’Le Sénégal fait partie du groupe des pays qui ont eu à faire des investissements soutenus dans les contraceptifs au moins deux fois depuis 2021 et la valeur des dépenses a augmenté ou est restée constante. Parmi ce groupe de pays, il y a le Bénin, la Cote d’Ivoire, le Niger et le Togo’’, a signalé la directrice de l’unité de coordination du partenariat de Ouagadougou.
La cheffe de la division planification familiale au niveau du ministère de la Santé et de l’Action sociale, docteur Ndèye Awa Diagne, a expliqué le faible taux d’utilisatrices en planification familiale par plusieurs facteurs.
‘’La rétention des données sanitaires depuis le deuxième semestre 2022 à nos jours, la non implication des hommes dans la planification familiale, le déficit de communication sur la planification familiale à tous les niveaux et l’insuffisance dans l’offre de services adaptés aux adolescentes et jeunes’’ sont autant de facteurs qui justifient que le Sénégal n’a pas atteint ses objectifs, a listé Mme Diagne.
LES TECHNICIENS SUPÉRIEURS DE SANTÉ EN GRÈVE DE 48 HEURES
Ils demandent leur intégration dans leurs nouveaux corps d’accueil, le portage et la revalorisation des indemnités et le prolongement de l’âge de la retraite à 65 ans.
Après l’Association des Internes et Anciens internes des Hôpitaux du Sénégal (AIAHS) et les Médecins en Spécialisation (DES), les Techniciens supérieurs de santé ont décidé d’observer un mouvement d’humeur.
Affiliés au Syndicat Autonome des Techniciens Supérieurs de Santé (SATSUS), les techniciens demandent leur intégration dans leurs nouveaux corps d’accueil, le portage et la revalorisation des indemnités et le prolongement de l’âge de la retraite à 65 ans.
Face à l’omerta du ministre de Santé et de l’Action sociale, ils ont décidé de dérouler 48 heures de grève le mercredi 4 et jeudi 5 décembre 2024 sur toute l’étendue du territoire.
PLANIFICATION FAMILIALE, 433 000 NOUVELLES UTILISATRICES ENREGISTRÉES ENTRE 2023 ET 2024
La 13e Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO) qui a débuté ce 3 décembre à Dakar, met en lumière les avancées et défis en matière de planification familiale en Afrique de l’Ouest.
La 13e Réunion Annuelle du Partenariat de Ouagadougou (RAPO) a débuté ce mardi 3 décembre 2024 à Dakar, réunissant plus d'une centaine de participants, en présentiel et en format hybride. Cet événement vise à évaluer les progrès accomplis en matière de planification familiale, partager des expériences et renforcer la coopération régionale pour atteindre les objectifs ambitieux fixés à l'horizon 2030.
Le Partenariat de Ouagadougou, lancé en 2011, regroupe neuf pays francophones d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo) engagés à accroître l’accès aux services de planification familiale. En Afrique de l’ouest, 225 femmes meurent tous les jours en donnant la vie, selon la RAPO. Ces taux de morbidité et de mortalité entraînent dans la sous-région près de 5 milliards de dollars de perte de productivité, renseigne la même source.
Face aux défis de mortalité maternelle et infantile élevée, de prévalence contraceptive faible et de financement insuffisant, l’initiative de la RAPO agit comme un catalyseur pour sauver des vies et promouvoir un développement durable.
Des progrès salués et des défis persistants
Marie Ba, directrice de l’Unité de Coordination du Partenariat, a présenté les chiffres sur l’évolution du Taux de Prévalence Contraceptive Moderne (TPCM). Celui-ci a progressé de manière constante entre 2011 et 2024, avec une augmentation moyenne de 0,6 point par an, atteignant 19,5 % en 2024. Cette évolution reflète les efforts déployés pour élargir l’accès aux méthodes contraceptives modernes, bien que des disparités subsistent entre les pays membres.
Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire comptent le plus grand nombre d’utilisatrices, tandis que le Burkina Faso et le Togo affichent les taux les plus élevés. Cependant, certains pays comme le Niger stagnent, tandis que des avancées plus marquées ont été enregistrées au Burkina Faso, avec une progression d’un point par an.
En termes d’objectifs, la Guinée, le Mali et le Burkina Faso ont dépassé leurs cibles pour 2024, atteignant des taux supérieurs à 120 %. À l’inverse, des retards ont été observés au Bénin, en Mauritanie et au Sénégal, où des lacunes dans le suivi des plans d’action budgétisés ont été identifiées comme obstacles majeurs. La Côte d’Ivoire et le Togo se rapprochent de leurs objectifs avec plus de 90 % de réalisation, explique Marie Ba.
Un défi à l’horizon 2030
Avec l’ambition d’atteindre 13 millions d’utilisatrices de méthodes contraceptives modernes d’ici 2030, les projections actuelles indiquent que 10,2 millions pourraient être atteintes, laissant un écart de près de 3 millions d’utilisatrices. Entre 2023 et 2024, environ 433 000 nouvelles utilisatrices ont été ajoutées, une progression qui, bien qu’encourageante, demeure insuffisante pour atteindre la cible fixée.
En parallèle, d’autres avancées notables ont été enregistrées. Les besoins non satisfaits en contraception ont lentement diminué, passant de 24 % en 2011 à 18 % en 2024, tandis que la demande satisfaite avec des méthodes modernes dépasse désormais les 50 %.
Pour Marie Ba, il est essentiel de maintenir le cap en renforçant les mécanismes de suivi et en mutualisant les ressources. "Nous souhaitons que le financement domestique, qui reflète la souveraineté des pays dans le financement de la planification familiale, puisse augmenter. Il s'agit de financer les contraceptifs et les produits contraceptifs, C'est un point clé que les participants ont souligné lors de la réunion : investir dans la communication pour le changement de comportement afin que les femmes soient informées de la disponibilité des services de planification familiale et de leurs avantages", a plaidé la directrice de l’Unité de Coordination du Partenariat de Ouagadougou.
Cette 13e RAPO qui se tient sur 3 jours à Dakar (du 3 au 5 décembre 2024) marque une étape décisive pour consolider les acquis et redéfinir les stratégies nécessaires. Pour Perri Sutton de la Fondation Bill & Melinda Gates et Dr Fadima Kaba, directrice de la santé familiale et de la nutrition en Guinée, la collaboration régionale, soutenue par un financement accru et une volonté politique renforcée, reste la clé pour relever les défis et réaliser la vision d’une Afrique de l’ouest où chaque femme peut accéder à des services de planification familiale de qualité.
MATAM, DES CAS DE DENGUE ET DE PALUDISME DÉCOUVERTS DANS LES ZONES INONDÉES
Intervenant mardi à l’occasion d’une cérémonie de réception d’un lot de matériel médical destiné aux sinistrés, Dr Faye a signalé que d’autres maladies à transmission vectorielle ont été aussi découvertes dans la région.
Des cas dengue, de paludisme et d’autres maladies vectorielles ont été détectées dans les zones de la région de Matam (nord) inondées à la suite du débordement du fleuve Sénégal, a indiqué le directeur régional de la santé de Matam, Dr Moustapha Faye,
« Les inondations ont entraîné des difficultés liées notamment à l’accès aux structures de santé. Elles ont aussi créé une prolifération vectorielle, entraînant une hausse des malades du paludisme par rapport à l’année dernière et de la dengue », a-t-il expliqué.
Intervenant mardi à l’occasion d’une cérémonie de réception d’un lot de matériel médical destiné aux sinistrés, Dr Faye a signalé que d’autres maladies à transmission vectorielle ont été aussi découvertes dans la région de Matam.
Il informe que des mesures ont été prises dans ce cadre pour pallier les difficultés avec l’organisation des stratégies déplacées de l’offre de service.
« Il a été aussi constaté, dans le cadre de la surveillance épidémiologique, l’augmentation de la fréquentation par les populations des structures en rapport avec les motifs de consultations, comme les diarrhées chez les enfants et des infections respiratoires aiguës » a informé Moustapha Faye.
En réponse à cette situation, le médecin précise que l’Agence régionale de la santé de Matam s’est bien préparée à la riposte, avec la tenue de plusieurs activités de sensibilisation de la communauté par rapport aux risques sanitaires.
« C’est à cet effet que les structures sanitaires ont été renforcées en termes de médicaments et de moustiquaires imprégnées pour lutter contre ces maladies transmises par les vecteurs. Beaucoup de prestations de service en stratégies avancées ont été faites au niveau de ces zones », a détaillé Dr Faye.
Il a souligné que ces actions ont atténué les effets attendus sur les problèmes de santé en rapport avec les inondations.
LANCEMENT DE LA CAMPAGNE NATIONALE DE VACCINATION CONTRE LA ROUGEOLE ET LA RUBÉOLE
Cette campagne va cibler tous les enfants de neuf mois à 14 ans durant la période du 2 au 11 décembre 2024, avec un objectif d’atteinte d’une couverture vaccinale d’au moins 80 % au niveau national.
Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, a lancé, lundi à Yeumbeul, dans le département de Keur Massar (banlieue de Dakar), la campagne nationale de vaccination de masse contre la rougeole et la rubéole, qui cible les enfants de neuf mois à 14 ans, durant la période du 2 au 11 décembre 2024.
‘’Cette campagne va cibler tous les enfants de neuf mois à 14 ans durant la période du 2 au 11 décembre 2024, avec un objectif d’atteinte d’une couverture vaccinale d’au moins 80 % au niveau national. L’atteinte de cet objectif est réalisable’’, a-t-il indiqué.
S’exprimant lors du lancement de cette campagne nationale de vaccination, Ibrahima Sy a souligné que celle-ci ‘’trouve sa justification dans l’évaluation récente faite sur les données sanitaires des quatre dernières années’’.
Il a signalé que ‘’cette évaluation a montré que les risques de rougeole sont devenus très importants dans notre pays avec une probable épidémie de grande envergure dans les deux prochaines années’’. ‘’La même évaluation révèle que la maladie s’est déplacée vers les âges extrêmes, c’est-à-dire les moins d’un an et ceux âgés de plus de dix ans’’.
Il a rendu un hommage appuyé aux acteurs de la santé et des organisations communautaires de base, ainsi qu’à l’administration territoriale locale et aux élus territoriaux pour leurs contributions visant à favoriser davantage de résultats dans le secteur de la santé.
M. Sy a réitéré son appel au gouvernement afin qu’il renforcer sa politique de prévention qui ‘’reste l’intervention la plus efficace pour éviter la maladie et préserver la santé’’.
Il a rappelé que ‘’l’ambition du Gouvernement du Sénégal est d’offrir aux enfants sénégalais, la chance de naître, de vivre et de se développer à l’abris des maladies évitables par la vaccination’’.
Des acteurs de la santé, des représentants des partenaires techniques et financiers, des élus territoriaux, de la société civile, des organisations communautaires de base, des membres de mouvements associatifs, des guides religieux et coutumiers et des délégués de quartiers ont pris part à cette activité.
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SAMBA GUEYE, L'ENFANT MIRACLE DU SÉNÉGAL
Il sourit à la vie malgré les 77 interventions chirurgicales qu'il a subies. Le jeune homme de 15 ans incarne la résilience face à un accident domestique qui aurait pu lui coûter la vie. Son histoire fait désormais l'objet d'un livre
Dans interview accordée à l'émission "Soir D'info" de la TFM le jeudi 28 novembre 2024, Samba Gueye, âgé aujourd'hui de 15 ans, a partagé son parcours remarquable de résilience et de courage face à l'adversité.
À l'âge de trois ans, alors qu'il vivait à Joal, Samba a accidentellement ingéré de la soude caustique, localement connue sous le nom de "Ré" en wolof. "C'est ainsi que je suis tombé malade, que mon œsophage s'est brûlé et j'avais des problèmes d'alimentation", a-t-il confié au présentateur Cherif Diop.
Face à cette situation critique, sa mère Mariem a fait preuve d'une détermination extraordinaire. "Ma mère me mettait dans un bassin où elle mettait de l'eau et du sel", se souvient Samba, évoquant les premiers soins prodigués pour maintenir son corps en vie. Après deux mois sous perfusion à Joal, il a été transféré dans plusieurs hôpitaux de Dakar, où une sonde gastrique lui a été posée, qui s'est malheureusement bouchée quelques semaines plus tard.
Le tournant de son histoire survient grâce à sa rencontre avec Cya Cloté, qu'il décrit comme "une grande femme, une femme d'honneur qui aime l'Afrique mais aussi l'Europe". Cette dernière a permis son transfert en Allemagne, où il a subi 77 opérations chirurgicales en dix ans. "À l'hôpital, c'était comme une troisième famille", témoigne-t-il.
Son séjour en Allemagne a été marqué par des moments intenses, notamment sa dernière opération particulièrement risquée. "On m'avait dit que c'était une opération très très difficile et très compliquée, et que ça pouvait même aller à la mort", explique-t-il. Son histoire a tellement ému qu'elle a fait la une de la presse allemande et lui a valu une rencontre avec le président allemand de l'époque.
Aujourd'hui, Samba porte un message d'espoir pour les autres enfants confrontés à des épreuves similaires : "Après chaque opération, je souriais [...] chaque enfant, chaque personne a le droit de rêver. L'empêchement d'une maladie ne veut pas dire que tu n'as pas le droit de rêver."
Son histoire fait désormais l'objet d'un livre publié aux éditions Feu de Brousse, dans la collection "Histoire de vie", une initiative visant à préserver la mémoire des parcours exceptionnels au Sénégal.
PRODUCTION DE VACCINS, L'ARNM POUR RENFORCER L'AUTONOMIE SANITAIRE DES PAYS EN DÉVELOPPEMENT
Le programme de transfert de technologie de l'ARNm lancé en 2021 vise à installer 11 sites certifiés de bonnes pratiques de fabrication d’ici 2030 et à renforcer la recherche et le développement pour répondre aux besoins sanitaires des pays du Sud.
Depuis son lancement en 2021, le programme de transfert de technologie de l'ARNm, porté par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Medicines Patent Pool (MPP), redéfinit la fabrication de vaccins dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (PRFI). Partant d’une absence totale de capacités de production en 2020, ce projet ambitieux prévoit d’installer 11 sites de fabrication certifiés bonnes pratiques de fabrication (BPF) dans 10 pays d’ici 2030. Ces installations permettront non seulement de renforcer l’accès équitable aux vaccins mais également de répondre à d’éventuelles pandémies.
En partenariat avec Afrigen, Biovac, et des institutions réparties dans des pays comme le Sénégal, l’Inde, l’Argentine et la Tunisie, le programme aspire à produire 60 millions de doses par an, avec un potentiel de deux milliards en cas de crise sanitaire mondiale. Ce réseau mondial se concentre aussi sur la recherche et le développement (R&D) pour adresser des maladies spécifiques aux besoins des PRFI, avec une première preuve de concept établie lors de la pandémie de COVID-19.
L’initiative est soutenue par des acteurs internationaux tels que l’Afrique du Sud, l’Union européenne et la Fondation ELMA. Un accord récent entre l’OMS, Afrigen et l’Université de Pennsylvanie marque une étape décisive pour promouvoir la R&D sur l'ARNm dans ces régions. Cette collaboration vise à transformer les pays à revenu faible et intermédiaire en leaders de la biotechnologie, leur permettant de répondre efficacement aux crises sanitaires sans dépendre des importations.
Un financement et des objectifs ambitieux
Pour concrétiser cette vision, un investissement de 200 millions de dollars reste nécessaire. Ces fonds garantiront la mise à niveau des infrastructures vers les normes GMP et soutiendront le développement d'au moins 12 produits à base d’ARNm en cours de recherche. Le programme bénéficie déjà d’un effet de levier impressionnant, avec 17 dollars US investis localement pour chaque dollar injecté dans la région AFRO.
Selon Charles Gore, directeur exécutif du Medicines Patent Pool (MPP), « ce programme incarne un effort mondial sans précédent pour garantir l'équité en matière de santé. » Avec des progrès rapides, notamment l’achèvement des transferts technologiques chez 25 % des fabricants dès fin 2024, le programme montre que les pays à revenu faible et intermédiaire peuvent devenir des acteurs clés dans la recherche, le développement et la fabrication de solutions médicales avancées.
Le professeur Petro Terblanche, PDG d’Afrigen, a salué cette réussite en soulignant : « Ce programme prouve que la collaboration mondiale peut transformer les résultats de santé pour les pays du Sud. »
En s’appuyant sur des innovations techniques et une collaboration mondiale exemplaire, ce programme de transfert de technologie de l’ARNm établit les bases d’un système de santé global plus équitable, prêt à relever les défis sanitaires de demain.
LES 3 ACTEURS CLES FONT BLOC
L’agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp), la Sen-pharmacie nationale d'approvisionnement (SEN-PNA) et la Delivery Unit se sont réunis pour mettre en place des stratégies qui peuvent accélérer la souveraineté pharmaceutique
L’agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp) en partenariat avec la Sen-pharmacie nationale d'approvisionnement (SENPNA) et la Delivery unit du ministère de la Santé, a organisé un atelier pour renforcer les synergies entre ces trois structures essentielles dans la mise en œuvre du projet de relance de l’industrie pharmaceutique nationale, inscrit dans l’agenda national de transformation Sénégal 2050.
La souveraineté pharmaceutique préoccupe les autorités. C’est dans ce sens que les acteurs clés du secteur à savoir l’agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp), la Sen-pharmacie nationale d'approvisionnement (SEN-PNA) et la Delivery unit se sont réunis pendant deux jours pour mettre en place des stratégies qui peuvent accélérer la souveraineté pharmaceutique. L’ARP, acteur principal de la régulation pharmaceutique, veille au respect des lois et règlements tout en assurant le contrôle du secteur pharmaceutique. Elle pilote également les politiques relatives aux médicaments, aux pharmacies et à d’autres produits de santé.
De son côté, la SEN-PNA, établissement public à caractère industriel et commercial, est chargée d’acquérir, stocker et distribuer des médicaments essentiels et génériques aux structures publiques et parapubliques ainsi qu’aux organisations de la société civile et ONG impliquées dans l’offre de soins. Quant à Delivery Unit, elle se concentre sur la relance de l’industrie pharmaceutique locale en simplifiant et en soutenant les réformes nécessaires pour dynamiser ce secteur stratégique.
La souveraineté pharmaceutique, une ambition nationale
La souveraineté pharmaceutique, une priorité fixée par le président de la République dans le cadre de Sénégal 2050, vise à réduire considérablement la dépendance du pays aux importations de médicaments et de produits de santé. En travaillant ensemble, l’ARP, la SEN-PNA et la Delivery Unit contribuent directement à la réalisation de cet objectif stratégique, garantissant à terme un meilleur accès des populations à des produits de santé sûrs, efficaces et de qualité.
DIGITALISATION, MUTUALISATION DES PROJETS ET MOBILISATION DES RESSOURCES
Au cours de l’atelier, plusieurs thématiques ont été abordées, notamment la digitalisation des processus, la mutualisation des projets de construction de sièges et la mobilisation de ressources pour limiter les ruptures d’approvisionnement. Les participants ont également débattu sur la nécessité de mettre en place une plateforme de veille et d’orientation stratégique pour une meilleure coordination des actions. Les Directeurs généraux des trois entités ont réaffirmé leur engagement à institutionnaliser ce type de rencontre. Ce cadre d’échange régulier permettra de renforcer la collaboration et d’accélérer la mise en œuvre des réformes nécessaires pour atteindre les objectifs de l’Agenda national de transformation.
UNE DYNAMIQUE COLLECTIVE POUR LE BIEN-ETRE DES POPULATIONS
Relevant du même ministère, ces trois structures partagent une vision commune : bâtir un système de santé plus résilient et performant. Cet atelier marque ainsi une étape importante dans la concrétisation de la souveraineté pharmaceutique, en plaçant l’accès des populations à des médicaments de qualité au cœur des priorités.
AU SENEGAL, LA TRANSPLANTATION RENALE …SE PLANTE
L'absence de subventions publiques freine le développement de cette pratique vitale. L'hôpital militaire de Ouakam, seul établissement accrédité pour ces opérations, a réussi cinq greffes mais ne peut continuer sans soutien financier
La maladie du rein touche au moins 5% de la population, soit 700.000 Sénégalais
Le Sénégal est entré dans l’histoire avec la réalisation de ses toutes premières expériences de transplantation rénale entre novembre 2023 et juillet 2024. Malgré cette avancée extraordinaire dans la pratique médicale, l’activité peine à prendre son envol chirurgical par manque de moyens. D’où le plaidoyer pour une subvention de l’Etat afin de permettre à tous les malades d’avoir accès à la greffe de rein et à moindre coût. La preuve par les chiffres de la maladie du rein qui font peur. Ils touchent 5% de la population, soit 700.000 personnes.
Après la première greffe réalisée sur un couple donneur-receveur, l’hôpital militaire de Ouakam (Hmo) a réussi à faire quatre (04) autres transplantations rénales entre novembre 2023 et juillet 2024 par une équipe sénégalaise composée des membres du consortium de l’hôpital de Ouakam et Le Dantec. Faisant ainsi de la greffe de rein une réalité au Sénégal depuis un an sur quatre (04) patients. Des opérations réalisées et réussies avec succès sous la conduite du médecin-colonel, Dr Youhanidou Wade Dia supervisant une équipe dirigée par le Pr Babacar Diao, urologue, à côté du professeur Alain Khassim Ndoye. Un an après, l’activité n’a pas pu connaitre son envol chirurgical. «Depuis les premières greffes, malheureusement l’activité n’a pas connu l’essor voulu ou escompté pour la bonne et simple raison que pour le moment la transplantation rénale n’est pas prise en charge par l’Etat. Il n’y a pas encore une subvention dédiée pour la transplantation rénale. Toutes les transplantations ont été prises en charge par la direction de l’hôpital militaire de Ouakam (Hmo). Ce qui n’est pas viable. Ce n’est pas possible parce que c’est une activité coûteuse», a dit le Pr Elhadj Fary Kâ, président du Conseil national du don et de la transplantation (Cndt). Qui plaide pour une subvention durable et soutenue de l’activité vitale. «Je pense que les autorités sont d’accord qu’il faut absolument subventionner, et prendre en charge cette transplantation rénale. D’autant plus qu’elle fait éviter la dialyse. En plus elle coûte moins chère que la dialyse. C’est 50% moins cher la première année. Elle redonne une meilleure qualité de vie aux patients et une meilleure espérance de vie. En plus elle permet d’améliorer la qualité de nos soins, les soins dans nos structures sanitaires. Parce que les hôpitaux sont obligés de se mettre à niveau», a-t-il indiqué. Pour toutes ces raisons, il exhorte les autorités, et «fortement», à prévoir un budget pour cette activité au moins pour l’année 2025. «Je pense que c’était déjà convenu. Nous allons actualiser le coût et nous espérons que cela va venir. Je suis convaincu que cela va venir», at-il laissé entendre. Il rappelle aussi qu’il y a 15 ans, la dialyse n’était pas gratuite. Qu’elle l’est devenue progressivement, et que donc la transplantation rénale peut connaitre la même chose.
La gratuité de la dialyse initiée depuis 2012
La gratuité de la dialyse a été initiée depuis 2012. En 2021, déjà plus de 700 patients y avaient bénéficié contre 1500 toujours sur la liste d’attente. Pour ce qui est de la situation des bénéficiaires, le Pr Kâ explique que, pour le moment, ils ont des rendez-vous de trois à quatre mois. Seulement, dit-il, «leurs médicaments sont pris en charge par la direction de l’hôpital militaire de Ouakam. Ils ne les achètent pas ! « a-t-il précisé. Cette gratuité constitue une lourde charge pour la structure sanitaire qui compte de brillants médecins aux expertises avérées qui méritent d’être soutenus et renforcés dans tous les domaines. Pour lui, et pour que la transplantation rénale soit une activité équitablement et socialement accessible à tous, il faudra «forcément une subvention de l’Etat pour que ceux qui ne peuvent pas payer, et Dieu sait qu’ils sont nombreux, puissent en bénéficier», dit-il connaissant le coût et les exigences de suivi des malades. C’est aussi le souhait des Sénégalais qui demandent que le coût soit plus accessible à plus de nombreux malades pour l’espoir de ceux atteints de cette maladie du rein. Ce, vu les contraintes que pose l’hémodialyse qui oblige les patients à se déplacer à l’hôpital pour leurs séances hebdomadaires, sans compter le coût pour un acte qui ne fait que 10% de la fonction rénale, selon les urologues.
Hmo, une compétence chirurgicale certifiée !
Des statistiques montrent que la maladie touche environ 5% de la population sénégalaise, soit plus de 700.000 patients, et constitue une charge financière pour les familles des patients.
L’anesthésiste, Dr Mamadou Mansour Diouf avait dès les premiers jours de l’exploit, demandé d’analyser la situation «sans fioriture et sans émotion», en essayant d’identifier les éventuels écueils qui pourraient freiner cet élan et compromettre le succès de cette belle aventure qui «commence si bien».
Il est bon de rappeler que seul l’Hôpital militaire de Ouakam (Hmo) est encore la seule et unique structure apte à réaliser la greffe rénale au Sénégal. D’où sa compétence médicale et chirurgicale certifiée. Les autres hôpitaux qui le désirent doivent suivre la longue procédure aux multiples critères. Comme l’a toujours expliqué le Pr Alain Khassim Ndoye parlant de la législation qui entoure le don et la greffe de rein. «Le Sénégal a des textes qui réglementent la transplantation rénale pour éviter le trafic d’organes et pour protéger les malades. Des textes qui rendent obligatoire une accréditation pour les hôpitaux qui désirent transplanter. Des hôpitaux qui font actes de candidature qui sont aussi inspectés au plan des infrastructures et du matériel avant l’accréditation», avait-il expliqué. C’est donc une procédure au préalable avant d’autoriser un hôpital à être auto transplanteur. Tout hôpital qui le désire doit donc soumettre un dossier de candidature au ministère de la Santé qui va le transmettre au Cndt qui, à son tour, va envoyer des évaluateurs pour un rapport appréciant si la structure est éligible ou pas avant d’octroyer un agrément. L’hôpital de Ouakam est passé par là! Il s’est donné les moyens, et surtout, le courage, la détermination et la volonté dans une infrastructure fonctionnelle, des médecins compétents et des équipements suffisants pour pouvoir réaliser la transplantation rénale au Sénégal. Au Sénégal où l’opération se fait à partir d’un donneur apparenté, un membre de la famille muni d’un papier du tribunal de Dakar autorisant le don de rein. Un papier qui sera attribué après vérification du caractère volontaire et gratuit du don de rein.
LE SDT-3S ANNONCE UNE GRÈVE GÉNÉRALE DE 72 HEURES
Cette décision fait suite à l’absence d’avancées concrètes sur des points clés des revendications syndicales, notamment : Le respect des accords signés en mai 2022 et décembre 2023. La généralisation de l’indemnité de logement pour tous les travailleurs.
Le Syndicat des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SDT-3S) a décidé de hausser le ton face à l’inaction des autorités concernant les revendications des travailleurs du secteur. Lors de la réunion de son Conseil National Syndical (CNS), tenue le dimanche 24 novembre 2024, une grève générale de 72 heures a été validée pour les 4, 5 et 6 décembre 2024.
Cette décision fait suite à l’absence d’avancées concrètes sur des points clés des revendications syndicales, notamment : Le respect des accords signés en mai 2022 et décembre 2023. La généralisation de l’indemnité de logement pour tous les travailleurs du secteur. La finalisation des processus de reclassement pour les infirmiers, sage-femmes et techniciens supérieurs de santé. Le recrutement annuel de 3 000 agents sur cinq ans pour combler le déficit en ressources humaines dans le secteur. Une gestion plus transparente et équitable des postes de responsabilité au sein du ministère de la Santé.
En complément de la grève, le SDT-3S prévoit des actions fortes : Rétention d’informations et boycott des supervisions. Mobilisation à travers des assemblées générales dans toutes les régions du pays. Possibilité de durcir les actions, avec un boycott des programmes et activités à venir. Le syndicat souligne que ces mesures visent à interpeller le gouvernement sur ses engagements et à accélérer la mise en œuvre des réformes nécessaires pour améliorer les conditions de travail et les performances du secteur.
Le SDT-3S tient l’État du Sénégal pour responsable des éventuelles répercussions de cette situation, notamment sur la qualité des soins et l’atteinte des objectifs de couverture sanitaire universelle. Le syndicat a également plaidé pour une approche holistique du système de santé basée sur l’éthique, l’équité et les nouveaux paradigmes tels que le concept One Health. Il exige, entre autres : Une révision du décret 77-887 sur le statut des fonctionnaires de la santé. Une gestion transparente des commissions d’équivalence des diplômes et des processus de reclassement. Le respect des engagements relatifs à l’attribution de terrains d’habitation à Daagakholpa.
Le SDT-3S a réaffirmé son engagement à promouvoir la centrale syndicale CNTS-FC, appelant à l’unité et à la solidarité pour obtenir gain de cause. Avec cette grève générale de 72 heures, le syndicat entend maintenir la pression et poser les bases d’un dialogue sérieux avec les autorités pour améliorer les conditions de travail des professionnels de santé et renforcer l’efficacité du système sanitaire national.