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18 février 2025
Santé
L'ÉDITORIAL DE RENÉ LAKE
DÉCOLONISER LA JUSTICE
EXCLUSIF SENEPLUS - Dans un État démocratique et de droit, la séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire est fondamentale pour assurer le bon fonctionnement et l'indépendance de chaque institution
Aller chercher le savoir jusqu’en…Chine ! Cette recommandation de bon sens est une invite à aller au-delà des frontières de la vieille métropole coloniale pour chercher les meilleures pratiques (best practices), surtout quand, dans un domaine particulier, celle de l’ex-colonisateur n’est pas le meilleur exemple pour la bonne gouvernance à laquelle les Sénégalaises et les Sénégalais aspirent. S’il y a bien un domaine où la France n’est pas une référence à l’échelle mondiale, c’est bien celui de la Justice dans son rapport avec l’Exécutif.
Dans un État démocratique et de droit, la séparation des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire est fondamentale pour assurer le bon fonctionnement et l'indépendance de chaque institution. Au lendemain de la remise au président Diomaye Faye du rapport général des Assises de la justice qui se sont tenues du 15 au 17 juin 2024, ce texte a l’ambition de mettre en lumière l'importance de cette séparation et pourquoi il est critiqué que le président de la République soit également le président du Conseil Supérieur de la Magistrature.
Prévention de l'abus de pouvoir. La séparation des pouvoirs empêche la concentration excessive de pouvoir entre les mains d'une seule personne ou d'un seul organe. Chaque branche agit comme un contrepoids aux autres, ce qui limite les abus potentiels et favorise la responsabilité.
Indépendance judiciaire. En particulier, l'indépendance du pouvoir judiciaire est essentielle pour garantir des décisions impartiales et justes. Les juges doivent être libres de toute influence politique ou pression externe afin de pouvoir appliquer la loi de manière équitable. En de bien nombreuses occasions, tout le contraire de ce que l’on a connu depuis plus de 60 ans au Sénégal et qui a culminé pendant les années Macky Sall avec une instrumentalisation politique outrancière de la justice.
Fonctionnement efficace du législatif. Le pouvoir législatif doit être libre de proposer, examiner et adopter des lois sans interférence de l'exécutif ou du judiciaire. Cela assure la représentation démocratique des intérêts de la population et la formulation de politiques publiques diverses et équilibrées.
Le président de la République et le Conseil Supérieur de la Magistrature -
Le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) est souvent chargé de la nomination, de la promotion et de la discipline des magistrats. Dans de nombreux pays démocratiques, il est critiqué que le président de la République soit également le président de cet organe pour plusieurs raisons notamment celle du conflit d’intérêt potentiel et de la menace pour la séparation des pouvoirs.
En occupant simultanément ces deux fonctions, le président peut influencer directement les décisions judiciaires et les nominations de magistrats, compromettant ainsi l'indépendance judiciaire. Cette perversion n’a été que trop la réalité de la justice sénégalaise depuis les années 60 avec une accélération sur les deux dernières décennies avec les régimes libéraux arrivés au pouvoir après une alternance politique.
Cette situation a fortement affaibli la séparation des pouvoirs au Sénégal en concentrant trop de pouvoir entre les mains de l'exécutif, ce qui a régulièrement mené à des décisions politiquement motivées plutôt qu'à des décisions basées sur le droit.
La crainte d’une République des juges -
Les acteurs sociaux favorables à la présence du chef de l’État dans le CSM invoquent régulièrement la crainte d’une "République des Juges". Cette idée d'une "République des juges" où le pouvoir judiciaire dominerait les autres branches gouvernementales, n'est pas pertinente dans un système démocratique où il existe de multiples recours et des contrepoids aux potentiels abus des juges. Cette idée relève plus du fantasme jacobin que d’un risque réel dans une démocratie bien structurée, où il existe plusieurs niveaux de recours judiciaires permettant de contester les décisions des juges. Ces recours assurent que les décisions judiciaires peuvent être réexaminées et corrigées si nécessaire.
Par ailleurs, le pouvoir législatif a le rôle crucial de créer des lois et de superviser l'exécutif. En dernier ressort, le législatif peut modifier des lois pour contrer toute interprétation judiciaire excessive ou inappropriée, assurant ainsi un équilibre des pouvoirs.
Enfin, l'indépendance judiciaire signifie que les juges sont libres de rendre des décisions impartiales, mais cela ne signifie pas qu'ils sont au-dessus des lois ou qu'ils ne sont pas responsables. Les juges doivent toujours interpréter et appliquer les lois dans le cadre des normes constitutionnelles établies par le législatif.
La crainte d’une République des juges est un chiffon rouge agité en France depuis longtemps pour justifier un système judiciaire bien plus attaché à l’Exécutif que dans les autres démocraties occidentales.
Historiquement, le président de la République française a été le président du Conseil Supérieur de la Magistrature. Cette pratique a été critiquée pour son impact potentiel sur l'indépendance judiciaire. Actuellement, la réforme de 2016 a réduit le rôle direct du président dans le CSM, mais des questions persistent sur l'indépendance réelle.
De son côté, le système américain illustre une stricte séparation des pouvoirs, où le président n'a qu’un rôle indirect dans la nomination des juges fédéraux. Dans ce processus le président est chargé uniquement de nommer et seul le Sénat américain détient le pouvoir de rejet ou de confirmation. Cela vise à maintenir une certaine distance entre l'exécutif et le judiciaire.
L'Allemagne pour sa part maintient également une séparation rigoureuse des pouvoirs avec des organes distincts pour l'exécutif, le législatif et le judiciaire, évitant ainsi toute concentration excessive de pouvoir et préservant l'indépendance du pouvoir judiciaire.
Le modèle progressiste sud-africain -
L'Afrique du Sud offre un cas fascinant de respect de la séparation des pouvoirs, essentielle pour la stabilité démocratique et la protection des droits constitutionnels depuis la fin de l'apartheid. Suit une exploration de la manière dont la séparation des pouvoirs est respectée dans le système judiciaire sud-africain.
La Constitution sud-africaine, adoptée en 1996 après la fin de l'apartheid, établit clairement les pouvoirs et les fonctions de chaque institution de l’État : l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Elle garantit également les droits fondamentaux des citoyens et définit les principes de gouvernance démocratique.
La Constitution insiste sur l'indépendance du pouvoir judiciaire, affirmant que les tribunaux sont soumis uniquement à la Constitution et à la loi, et ne doivent pas être influencés par des intérêts politiques ou autres pressions externes. Les juges sont nommés de manière indépendante, et leurs décisions ne peuvent être annulées que par des procédures juridiques appropriées, garantissant ainsi leur autonomie dans l'interprétation et l'application de la loi.
La Cour constitutionnelle est la plus haute autorité judiciaire en matière constitutionnelle en Afrique du Sud. Elle est chargée de vérifier la constitutionnalité des lois et des actions du gouvernement, de protéger les droits fondamentaux des citoyens, et de maintenir l'équilibre entre les pouvoirs. La Cour constitutionnelle a le pouvoir de rendre des décisions contraignantes pour toutes les autres cours, garantissant ainsi l'uniformité et la primauté du droit constitutionnel.
En plus de la Cour constitutionnelle, l'Afrique du Sud dispose d'un système judiciaire complet avec des tribunaux inférieurs qui traitent des affaires civiles, pénales et administratives à différents niveaux. Chaque niveau de tribunal joue un rôle spécifique dans l'administration de la justice selon les lois applicables.
La Cour constitutionnelle a souvent été appelée à vérifier la constitutionnalité des lois adoptées par le Parlement sud-africain. Cela démontre son rôle crucial dans le maintien de la séparation des pouvoirs en s'assurant que les lois respectent les normes constitutionnelles et les droits fondamentaux.
Les juges en Afrique du Sud sont nommés sur la base de leur compétence professionnelle et ne sont pas soumis à des influences politiques directes. Cela garantit que leurs décisions sont prises en fonction du droit et non de considérations partisanes ou externes.
La séparation des pouvoirs renforce la protection des droits fondamentaux des citoyens en permettant au pouvoir judiciaire d'agir comme un contrepoids aux actions potentiellement inconstitutionnelles ou injustes du gouvernement ou du législateur.
En respectant la séparation des pouvoirs, l'Afrique du Sud renforce la confiance du public dans le système judiciaire, crucial pour la stabilité politique, économique et sociale du pays.
Se référer aux bonnes pratiques –
La Fondation Ford a joué un rôle significatif et historique dans le processus d'élaboration de la Constitution sud-africaine de 1996. Franklin Thomas, président de cette institution philanthropique américaine de 1979 à 1996, a été un acteur clé dans ce processus. Avant les négociations constitutionnelles officielles qui ont conduit à la Constitution de 1996, l’institution philanthropique américaine a soutenu financièrement des recherches approfondies et des débats critiques sur les principes et les modèles constitutionnels. Cela a permis de jeter les bases d'une réflexion constructive et informée parmi les diverses parties prenantes en Afrique du Sud.
Des rencontres et des dialogues ont été facilités entre les leaders politiques, les juristes, les universitaires, ainsi que les représentants de la société civile et des communautés marginalisées. Ces forums ont joué un rôle crucial en encourageant la participation démocratique et en favorisant la compréhension mutuelle nécessaire à la construction d'un consensus constitutionnel.
Par ailleurs, plusieurs organisations de la société civile en Afrique du Sud ont joué un rôle actif dans les négociations constitutionnelles. Cela comprenait des groupes de défense des droits humains, des organisations communautaires et des instituts de recherche juridique.
En encourageant des initiatives visant à promouvoir la justice sociale, l'équité raciale et les droits fondamentaux, ces efforts ont contribué à ancrer ces valeurs dans le processus constitutionnel sud-africain. Cela a été essentiel pour contrer les héritages de l'apartheid et pour établir un cadre constitutionnel solide basé sur les principes de l'État de droit et de la démocratie.
Le rôle de ces initiatives dans l'élaboration de la Constitution sud-africaine a laissé un héritage durable de liberté et de justice en Afrique du Sud. La Constitution de 1996 est largement reconnue comme l'une des plus progressistes au monde, protégeant une vaste gamme de droits et établissant des mécanismes forts pour la protection de la démocratie et de l'État de droit.
L'expérience sud-africaine a souvent été citée comme un modèle pour d'autres pays en transition ou confrontés à des défis de consolidation démocratique ou de rupture systémique. Elle démontre l'importance du partenariat entre les acteurs nationaux dans la promotion de la bonne gouvernance et des droits humains.
Nécessité d'une transformation systémique au Sénégal –
Avec l'arrivée au pouvoir du mouvement Pastef, il est crucial pour l’administration Faye-Sonko de ne pas tomber dans le piège des petites réformes qui maintiennent intact le système ancien mais d'envisager une réforme judiciaire qui s'inspire des meilleures pratiques internationales, telles que celles observées en Afrique du Sud.
Décoloniser et émanciper la justice au Sénégal implique de repenser et de réformer le système judiciaire de manière à renforcer l'indépendance, la transparence et l'efficacité. S'inspirer des meilleures pratiques internationales tout en adaptant ces modèles au contexte spécifique du Sénégal est essentiel pour promouvoir une gouvernance démocratique solide et durable, répondant aux aspirations des citoyens pour une justice juste et équitable. L’instrumentation politique de la Justice doit devenir une affaire du passé au Sénégal.
Réformer la Justice pour assurer la Rupture au Sénégal ne peut se concevoir que dans un cadre plus général de refondation des institutions. L’éditorial SenePlus publié sous le titre “Pour une théorie du changement“ développe cet aspect de manière explicite. L’ambition pastéfienne de sortir le Sénégal du système néocolonial est partagée par l’écrasante majorité des Sénégalais et des jeunesses africaines. Cette ambition doit cependant être exprimée dans la présentation d’un cadre général clair, discuté et élaboré avec les citoyens. Le processus doit être réfléchi, inclusif et sérieux. Cela aussi, c’est la Rupture exigée par les Sénégalaises et les Sénégalais le 24 mars 2024.
AVC, UN NEUROLOGUE ALERTE SUR LES CAS D’HOSPITALISATIONS DE SUJETS DE PLUS EN PLUS JEUNES
"La moitié des malades que nous hospitalisons en neurologie à Fann pour AVC n’ont pas 50 ans", a révélé le Pr Diop.
Dakar, 14 juil (APS) – Le chef de service de neurologie de l’hôpital de Fann a alerté, samedi, sur l’ampleur des Accidents cardiovasculaires (AVC) chez les sujets jeunes dont l’âge est en dessous de 50 ans.
‘’L’âge de ceux qui font les AVC est de plus en plus jeune. La moitié des malades que nous hospitalisons en neurologie à Fann pour AVC n’ont pas 50 ans’’, a déclaré le neurologue par ailleurs Directeur général de la recherche et de l’innovation au ministère de l’Enseignement supérieur.
Il prenait part au 5e congrès de l’association sénégalaise de neurologie qui se tient du 11 au 15 juillet à Dakar sur le thème ”Troubles du mouvement et maladies neurologiques’’.
Selon le spécialiste, les thèmes abordés durant cette rencontre vont permettre de rassembler des chercheurs, des neurologues à travers le monde avec une bonne masse critique qui vient de l’Afrique pour recueillir les données les plus récentes en termes de connaissance et de prise en charge.
”Ces thèmes sont extrêmement difficiles”, a-t-il reconnu.
”Chaque jour, la maladie que l’on reçoit, c’est l’AVC, il y’en a beaucoup. Au moins, la moitié des lits de nos services est occupée par les AVC”, a expliqué le professeur Diop.
Interpellé sur les causes de l’augmentation des cas d’AVC, le chef de service de neurologie de l’hôpital de Fann a indexé l’alimentation et la sédentarité, entre autres.
”La 2e maladie” neurologique, c’est l’épilepsie, a t-il relevé, soulignant que ”près de 75% des enfants qui souffrent d’épilepsie, quand on les reçoit très tôt et qu’ils soient sous traitement, au bout de 5 voire 15 ans de traitement, ils peuvent guérir de leur épilepsie’’.
Pr Diop a également cité d’autres maladies notamment les migraines et les maux de tête.
”L’une des raisons est due au manque de sommeil, la pollution de la ville qui fait que lorsque l’oxygénation n’est pas bonne, cela donne des maux de tête. A côté des maux de tête qui n’ont rien de physique, il y en a qui sont liés au stress du mal être et aux difficultés de la vie. Les gens, au moindre petit problème, le cachent dans leur corps et dans la tête, ce qui va générer des insomnies et entrainer des maux de tête”, a t-il expliqué.
”Il y a tout un ensemble de maladies où les gens ont des problèmes de marche soit parce qu’ils ont des problèmes de nerfs à cause des effets du diabète qui détruit les nerfs sans aucun signe. Et quand ils viennent chez nous, les nerfs sont très souffrants; soit ils ont des problèmes lombaires parce qu’ils ne font pas suffisamment de sport ou ils ont eu des traumatismes en soulevant des charges très lourdes”, a énuméré le spécialiste.
Le Sénégal dispose de deux services de neurologie, celui de l’hôpital Fann créé depuis 1957, et un autre à l’hôpital de Pikine, mis sur pied 10 ans après le premier.
AMADOU GALLO DIOP CHARGE LES CHERCHEURS
Déficit des données factuelles dans l’élaboration des décisions politiques publiques. Une barrière qu’il impute la responsabilité aux chercheurs et scientifiques.
Le directeur de la recherche et de l’innovation au ministère de l’enseignement supérieur a présidé hier, jeudi 11 juillet 2024 au nom du ministre Abdourahmane Diouf, l’atelier sous-régional (Afrique de l’Ouest) du réseau francophone international en conseil scientifique (RFICS. Pr Amadou Gallo Diop, a profité de cette occasion pour souligner le déficit des données factuelles dans la formulation des décisions politiques publiques. Une barrière qu’il impute la responsabilité aux chercheurs et scientifiques.
L a complexité et la multi dimensionnalité des processus de décisions, notamment étatiques, rendent la prise en compte des preuves scientifiques et données probantes fondamentales. Toutefois, selon Amadou Gallo Diop, directeur de la recherche et de l’innovation, «il se trouve que l’élaboration des décisions politiques publiques souffre d’un énorme déficit en données factuelles venant de la recherche passant par les processus scientifiques vérifiés et solides. »
Une barrière linguistique entrave aussi la prise de décision éclairée par les preuves scientifiques au sein des gouvernements. Sur ce point précis, il impute la responsabilité aux chercheurs et scientifiques : « Ce sont les universitaires, les scientifiques, les chercheurs qui ne savent pas, qui ils sont, qui ne savent pas ce qu’ils représentent, qui sont dans l’autosatisfaction d’avoir produit de puissants travaux scientifiques et des articles sortis dans les plus grands journaux du monde. Visitez chacun de nos bureaux, nous les enseignants du supérieur, vous allez trouver des centaines de thèses, de mémoires, de copies d’articles dans toutes les langues dont personne n’a connaissance et qui n’a aucun impact dans la vie des populations ou dans la prise des décisions », a soutenu le directeur de la recherche et de l’innovation.
Et le PrAmadou Gallo Diop d’indiquer pour le regretter : « Nous sommes considérés comme des gens compliqués, avec un langage incompréhensive, qui se parlent entre eux, qui considèrent le reste de la population comme de simples ignorants qui n’ont un seul intérêt, c’est d’écouter et d’appliquer ce qu’on leur dit. »
C’est à ce titre exhorte-il, «il faudrait que, l’atelier serve de manière puissante à l’autocritique de la communauté scientifique et sa déconnexion des populations et son interconnexion absolument désastreuse avec les pouvoirs politiques quelle que soit la pensée politique et ça dure depuis très longtemps. Ça ne doit pas continuer. »
GESTION DE LA SANTE ET DE L’ACTION SOCIALE, DES LENTEURS DANS LES DECISIONS
La mayonnaise tarde à prendre dans le secteur de la santé. Après trois mois de prise de fonction, le ministre de la Santé et de l’action sociale, Dr Ibrahima Sy se cherche.
Depuis quelques jours, des établissements de santé semblent retrouver le souffle avec le remboursement de la dette de l’Etat dans le programme de la couverture universelle sanitaire. A cet effet, une enveloppe de 10 milliards avait été décaissée par le ministère de la Famille pour solder une grande partie de cette dette. Cependant, au sein des programmes, les nominations ont suscité des controverses. L’attente de la population sur la promesse du nouveau régime de mettre les postes en compétition semble être rangée dans les tiroirs.
La mayonnaise tarde à prendre dans le secteur de la santé. Après trois mois de prise de fonction, le ministre de la Santé et de l’action sociale, Dr Ibrahima Sy se cherche. Ce dernier a pris du temps pour mettre en place son équipe devant l’accompagner durant toute sa gestion. Cependant, dans cette démarche, certaines de ses nominations ont suscité moult tensions. Les syndicats se sont levés pour dire non à la nomination du nouveau chef de la division Sida. Aujourd’hui, ils sont très nombreux à décrier le management du ministre de la Santé et de l’action sociale. Si ce dernier semble privilégier l’approche inclusive en étant proche des populations, certains acteurs pensent que ce rôle ne fait que l’enfoncer. « Le ministre est un manager. Il a des représentants dans chaque département qui doivent l’accompagner dans la mise en œuvre de la politique de santé de l’Etat. Il doit refuser d’être toujours au-devant de la scène pour certains sujets » a déclaré Amadou Sylla, expert en sciences sociales. M. Sylla fait allusion à la sortie du ministre de la Santé lors du retour des pèlerins sur la terre sénégalaise, en rapport à la flambée des cas de Covid. « C’est une situation qui devait être gérée par le Directeur de la prévention ou encore la cellule de communication et non par lui. Tout le monde sait que la Covid est endémique au Sénégal et à chaque retour de la Mecque, il y a une augmentation des cas de grippe. Normal qu’une hausse des cas de Covid soit notée », a-t-il fait savoir. Un autre problème décrié demeure la gouvernance. Selon le syndicaliste Cheikh Seck, le ministère de la Santé ne manque pas de moyens mais plutôt un problème de management qui se pose ainsi que l’utilisation efficiente des ressources. « Depuis que le ministre est là, les négociations sont au ralenti. Les travailleurs des collectivités locales sont toujours en grève. Il y avait des engagements du ministère pris sur le suivi des accords mais rien n’est fait » a-t-il fait savoir.
Au-delà de la rupture vendue à la population sénégalaise par le nouveau régime, la mise en compétition des postes a été rangée aux oubliettes en faveur des nominations. Malgré ces quelques points gris, les établissements hospitaliers ont cependant retrouvé le souffle avec le remboursement d’une grande partie de la dette dans le cadre de couverture universelle sanitaire pour une valeur de 10 milliards de nos francs.
BAMBEY PRESQUE SANS SIDA
La situation de l’épidémie à VIH/Sida dans le district sanitaire de Bambey ‘’n’est pas alarmante’’ avec un taux de prévalence ne dépassant pas 0,3%, a indiqué le médecin-chef dudit district sanitaire, Docteur Diéynaba Kane.
Bambey, 10 juil (APS) – La situation de l’épidémie à VIH/Sida dans le district sanitaire de Bambey ‘’n’est pas alarmante’’ avec un taux de prévalence ne dépassant pas 0,3%, a indiqué le médecin-chef dudit district sanitaire, Docteur Diéynaba Kane.
“La situation de l’épidémie à VIH n’est pas alarmante au niveau du district sanitaire de Bambey. Le niveau de prévalence est très faible au sein de la population et ne dépasse pas le taux de 0,3%”, a-t-elle précisé dans un entretien téléphonique avec le correspondant de l’APS à Diourbel.
Elle a cependant relevé que “le district sanitaire de Bambey a dépisté 10 nouveaux cas de VIH/Sida”, depuis le début de l’année 2024.
Dr Kane a précisé qu’au total 164 personnes infectées par le virus ont été suivies dans le district depuis 2007, date à partir de laquelle des cas de VIH ont commencé à être pris en charge à Bambey.
Elle a rappelé que ce district ‘’est une zone de transit’’, relevant qu’’’il y a des populations clés qui adoptent des comportements à risque et qui fréquentent le district sanitaire”.
Fort de cela, dit-elle, “le district sanitaire de Bambey est en train de mener des activités de prévention, de communication et de sensibilisation pour limiter la propagation du VIH/Sida.”
par Mohamed Lamine Ly
RÉFLEXIONS SUR LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES À LA SANTÉ
L'appel à candidatures du Pastef aurait eu toute sa pertinence au ministère de la Santé et de l'Action sociale, car la gestion démocratique du personnel n'y a jamais été une réalité. Le nouveau ministre ne fait perpétuer d'anciennes pratiques
Il est souvent reproché au système sanitaire sénégalais un déficit chronique et permanent en ressources, aussi bien humaines, matérielles que financières. Pour la présente contribution, nous nous appesantirons sur la gestion des ressources humaines, en prenant prétexte des récentes nominations controversées au niveau du ministère de la Santé et de l’Action sociale, qui ont suscité des protestations véhémentes du syndicat des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes (SAMES) et semé la zizanie dans la famille des professionnels de santé.
S’il y a un secteur, où l’appel à candidatures mentionné dans le projet de transformation systémique du Pastef aurait eu toute sa pertinence, c’est bien celui de la Santé et de l’Action sociale, car la gestion démocratique du personnel n’y a jamais été une réalité, tout au moins, pour ce qui est de celle des cadres supérieurs de santé (et du secteur social), désignés, sans concertation formelle, même si c’est par note de service, arrêté ou décret.
C’est donc dire que le nouveau ministre de la Santé n’a fait que perpétuer d’anciennes traditions de gestion discrétionnaire de cette question importante et sensible, avec la complicité de divers groupes de pression, dont l’Exécutif central et les syndicats.
Au Sénégal, l’atmosphère du secteur socio-sanitaire est polluée par des accusations itératives de « médicalisation » du secteur de la Santé, à savoir, l’accaparement par le corps des médecins de la quasi-totalité des postes de directions.
Qu’en est-il réellement ?
Une gestion archaïque des ressources humaines
Au niveau des districts et régions
Il est vrai que les districts, unités opérationnelles par excellence du système socio-sanitaire, chargées d’activités de santé publique et de mise en œuvre opérationnelle du PNDS, sont tous gérés par des médecins. Cela vient essentiellement du fait que la fonction de chef de district et celle (très orientée vers le curatif) de chef de centre de santé sont encore confondues. Les dissocier offrirait l’opportunité à d’autres cadres supérieurs de santé non médecins (docteurs en pharmacie, en chirurgie dentaire, en sciences infirmières ou obstétricales) d’occuper le poste de chef de district et même de région. En l’absence de règles du jeu claires, les organes de participation communautaire et dévolus au transfert de la compétence Santé aux collectivités territoriales (comité de développement sanitaire) restreignent considérablement la marge de manœuvre des gestionnaires de district ou conduisent à une collusion au détriment des usagers et travailleurs.
Par ailleurs, les équipes des districts sanitaires et des directions régionales de santé incluent des techniciens supérieurs de santé, des assistants sociaux et même des agents paramédicaux expérimentés (IDE, SFE), dont la plupart acquièrent de nouveaux diplômes (master, doctorat) dans les domaines les plus variés (gestion des programmes, administration des services de santé, épidémiologie…), sans compter l’expertise acquise sur le terrain.
Au niveau des hôpitaux
Par contre, la gestion de l’écrasante majorité des structures hospitalières échoit à des non-médecins, qui ne sont parfois même pas du secteur de la santé, mais qui ont acquis des diplômes d’administration des services de santé. Ces directeurs nommés par décret présidentiel constituent une sorte de « lobby administratif et financier » dans les structures sanitaires, dont certains membres issus du monde politico-syndical, pensent devoir s’acquitter d’un devoir de gratitude envers l’Exécutif.
Cet état de fait est en contradiction flagrante avec la prétendue autonomie hospitalière, qui a permis, jusque-là aux ministres politiciens de vampiriser les structures hospitalières à leur profit, à travers des instances délibérantes ravalées au rang de caisses de résonnance.
Les cadres supérieurs de santé sont réduits au rôle d’observateurs impuissants, confinés dans des commissions médicales honorifiques, ayant peu de prise sur la réalité hospitalière. Il en est de même pour les agents paramédicaux, dont les commissions techniques ont un statut encore moins valorisé.
Au niveau de l’administration centrale
La nomination aux postes de direction du niveau central obéit à un faisceau de critères dont aucun ne renvoie à une compétition saine et loyale ou en rapport avec le profil des postulants :
Critère politicien, pour récompenser les cadres de la mouvance présidentielle, qui n’hésitent d’ailleurs pas à transhumer, à l’occasion,
Critère académique, qui devrait poser le débat sur les plans de carrière des cadres de santé publique, par rapport aux universitaires, qui viennent occuper des postes au niveau du Ministère,
Critère lié à l’appartenance à un groupe de pression syndical, associatif voire religieux…
En lien avec la gestion verticale du système sanitaire, occasionnant une foultitude de programmes, on note une pléthore de cadres supérieurs de santé et d’action sociale, dont certains n’ont même pas de bureau, au du siège du Ministère en charge de la Santé.
En l’absence de coordination optimale, avec pour objectif principal, le déroulement de leurs plans d’action et l’absorption des financements reçus, les gestionnaires de programmes et leurs équipes se télescopent aux niveaux régional et de district, jusqu’aux postes et cases de santé.
Nouvelles réalités du système sanitaire
Les exigences liées à la multi-sectorialité, mais aussi à la philosophie des soins de santé primaires, adoptée à Alma-Ata en 1978 commandent de réformer la gouvernance sanitaire et de faire la place aux nouveaux corps intervenant dans la Santé prise au sens large. En effet, partout dans le monde, la Santé est, de plus en plus caractérisée par une multiplicité d’intervenants, ayant des statuts et des employeurs différents, dont les agents et relais communautaires.
Dans ce contexte caractérisé par une complexité croissante, il faut en arriver à une organisation des acteurs, qui les pousse à se réinventer, pour s’adapter à plusieurs innovations technologiques en cours (génomique, numérique, liée à l’intelligence artificielle…), se déroulant en marge du système sanitaire, qui peine à se les approprier entièrement.
Dans le même ordre d’idées, le secteur de la Santé a vu, en quelques décennies, un élargissement de son champ d’action aux sciences sociales, y compris à la participation communautaire et au travail social, à la digitalisation, à l’économie, au droit, à la communication et même aux mathématiques (statistiques)…
Toutes ces considérations doivent induire un changement de paradigme dans la gestion des ressources humaines, laquelle devra reposer sur un socle démocratique, qui devra, de plus en plus bannir l’approche discrétionnaire, ouvrant la porte à des considérations extra-sanitaires voire à la complaisance et au népotisme.
Pour une gestion des ressources humaines basée sur des critères
Pour corriger les impairs dans la gestion des ressources humaines, il faut en revenir aux bonnes vieilles recettes, à savoir la représentation des professionnels de la Santé dans les réunions de redéploiement, à tous les niveaux et à l’appel à candidatures pour les postes de direction.
Il faudra également, en amont du processus de sélection des candidats, définir des critères minimaux auxquels doit satisfaire tout postulant, parmi lesquels, outre le profil, l’expérience, le parcours professionnel, les diplômes requis pour le poste … Ces critères devront transcender la qualification professionnelle ou le corps d’origine, mais être fondé sur la hiérarchie et le niveau d’études, mais surtout sur les compétences requises pour satisfaire à la description de poste.
De manière pratique, nous pensons, qu’on peut envisager que des cadres de santé non médecins (pharmaciens, chirurgiens-dentistes, docteurs en sciences infirmières ou obstétricales) puissent occuper le poste de directeur régional de la Santé. Pour les autres cadres, acteurs de la Santé comme les anthropologues, les sociologues, les géographes, les travailleurs sociaux ayant au moins le doctorat, ils pourraient, par contre, postuler, au même titre que les cadres de santé, pour être des coordonnateurs de la Santé, au niveau départemental, rattaché à la préfecture), pouvant abriter un service territorial de santé publique.
Dans le même ordre d’idées les directeurs d’hôpitaux devraient avoir des niveaux académiques élevés, leur accordant une pleine légitimité pour gérer tous les cadres de santé de la structure.
L’implication des nombreux acteurs de la Santé non médecins ne doit pas avoir pour corollaire l’éviction injuste des médecins des sphères de gestion administrative et de santé publique, pour les confiner au rôle de cliniciens exécutants, au service d’autres catégories socioprofessionnelles.
De même, des plans de carrière stimulants et des passerelles entre les différentes catégories d’acteurs de la santé permettront une flexibilité et une complémentarité pour mettre fin aux malentendus et préjugés.
Dr Mohamed Lamine Ly est Spécialiste en santé publique
LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ DÉMENT L'INDISPONIBILITÉ DE LA RADIOTHÉRAPIE
Les autorités sanitaires invitent les citoyens à plus de responsabilité et recommande de ‘’vérifier les informations à caractère sensible auprès des services compétents afin d’éviter la diffusion de fausses nouvelles.
La Direction générale de la santé (DGS) a démenti ce mardi l’information selon laquelle la radiothérapie n’est plus disponible au Sénégal à cause d’une panne des appareils de l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye et de l’hopital Cheikh Ahmadoul Khadim.
Les autorités sanitaires invitent les citoyens à plus de responsabilité et recommande de ‘’vérifier les informations à caractère sensible auprès des services compétents afin d’éviter la diffusion de fausses nouvelles, interdites par la loi”, lit-on dans un document transmis à l’APS.
La même source signale que le samedi, 06 juillet, le ministère de la santé et de l’action sociale (Msas) ”a constaté la diffusion d’une vidéo devenue virale, dans laquelle un individu a partagé des informations selon lesquelles, les appareils de radiothérapie de l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye et de l’hopital Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba sont tombés en panne”.
Dans cette vidéo, poursuit le communiqué, ” il est dit que la radiothérapie n’était plus disponible au Sénégal’’.
”Cette information qui est fausse”, selon le ministère de la santé qui regrette qu’une telle information ait porté ‘’préjudice’’ au système de santé et a créé la panique chez les patients qui doivent bénéficier de ce traitement.
Il assure que ‘’les services de radiothérapie des hôpitaux de Dalal jamm et de Cheikh Ahmadoul Khadim sont fonctionnels et continuent à délivrer correctement les soins relatifs au traitement des cancers’’.
Le Msas rappelle qu’il dispose de canaux appropriés pour communiquer sur les problèmes que rencontre le secteur de la santé.
‘’La diffusion de fausses nouvelles, la désinformation porte atteinte à l’image, à la crédibilité et au fonctionnement des services de soins”, indique le ministère qui se réserve ”le droit de saisir la justice pour une application rigoureuse des peines prévues à cet effet”.
NOMINATION CONTROVERSÉE À LA DIVISION DE LUTTE CONTRE LE SIDA
Le Réseau National des Associations de Personnes vivant avec le VIH (RNP+), a exprimé sa vive inquiétude suite à la récente nomination d’un agent économiste à la tête de la Division de lutte contre le SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles.
Le Réseau National des Associations de Personnes vivant avec le VIH (RNP+), a exprimé sa vive inquiétude suite à la récente nomination d’un agent économiste à la tête de la Division de lutte contre le SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles. Cette décision surprenante du ministère de la Santé et de l’Action Sociale a suscité des réactions au sein de la communauté des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) au Sénégal.
Le RNP+, organisation dédiée à l’amélioration de la qualité de vie des PVVIH et des groupes vulnérables, a souligné que la prise en charge efficace du VIH/SIDA nécessite une maîtrise approfondie des soins et des avancées scientifiques. « La prise en charge et l’accompagnement des PVVIH nécessitent une compréhension parfaite de la cascade des soins VIH, » selon le communiqué signé par Mme Soukeyna Ndiaye présidente du conseil d’administration.
Sous la direction précédente d’un médecin infectiologue de renommée internationale, la Division de lutte contre le SIDA avait fait des avancées significatives. La décentralisation des soins et une prise en charge effective des personnes infectées ont été des réalisations majeures. Le Sénégal s’était engagé sur la voie de l’atteinte des objectifs des 3*95 d’ici 2030, une initiative clé dans la lutte contre le VIH/SIDA.
Le RNP+ craint que cette nomination ne compromette les acquis précieux obtenus dans la lutte contre le VIH/SIDA au Sénégal. « Nous exhortons le Ministre de la Santé, Ibrahima Sy, à garantir le maintien des acquis dans la prise en charge du VIH/SIDA et à protéger les personnes touchées par cette maladie, » a ajouté le communiqué.
Le Réseau National des PVVIH a appelé le ministre de la Santé à faire preuve de responsabilité et à ne poser aucun acte qui pourrait nuire à la protection et à la prise en charge des PVVIH. « Nous rappelons au ministre son devoir de protéger cette couche vulnérable que nous représentons, » a insisté le communiqué du RNP+.
BAMBEY DEPOURVU DE BLOC OPERATOIRE
Les références au sein du service de la maternité et de la gynécologie dépassent les compétences de l’hôpital où des médecins restent impuissants face à l’urgence
Le district de Bambey qui polarise plus d’une trentaine de postes de santé connait un nombre très important de référence des femmes enceintes en situation d’urgence vers Diourbel. Une démarche qui rend difficile la prise en charge de la santé de la reproduction et contribue à l’augmentation des cas de décès maternels dans cette localité.
Le district sanitaire de Bambey est en nette évolution sur la prise en charge de la santé de la reproduction. Si, dans le cadre de la sensibilisation, l’adhésion aux différents programmes est acceptée par les populations malgré quelques réticences, les professionnels de la santé dans cette localité peinent dans l’offre de soins. Dans le domaine de la santé de la reproduction, rien que pour le district de Bambey, 100 à 150 accouchements peuvent être enregistré dans cette structure.
Cependant, les références au sein du service de la maternité et de la gynécologie dépassent les compétences de l’hôpital où des médecins restent impuissants face à l’urgence. Une situation qui est due à l’absence de bloc opératoire pour les soins obstétricaux et néonataux d’urgence. Selon le médecin-chef de service adjoint, Dr Marième Maty Dioum, toutes les références se font à Diourbel pour la prise en charge des urgences. «Nous n’avons pas de bloc opératoire pouvant prendre en charge des cas d’urgence en maternité dans le cadre de la prise en charge de la mère et de l’enfant. La seule alternative est de les référer». Pour Djibril Thiarré, superviseur de soin de santé primaire, «nous avons des difficultés par rapport à la prise en charge des urgences surtout celles chirurgicales. Nous effectuons énormément d'évacuations au niveau de l'hôpital régional de Diourbel par jour. Le nombre est incalculable. Parfois on peut même en faire 10 dans la journée. Ceci a causé certains devoirs parce qu'on est passé dans ses 3 dernières années avec au moins 6 décès maternels. Après la répartition, il y a eu une tendance baissière, vu les efforts qui ont été faits dans ce sens. Ceci n'est pas sans cause car Bambey à une population de 422128 habitants en 2024 et il mérite un hôpital de niveau 1. A défaut, au moins un bloc opératoire pour pouvoir prendre en charge les urgences chirurgicales au niveau du département de Bambey». Et d’ajouter : «nous avons une position centrale qui fait que même ceux qui sont aux alentours de Bambey viennent ici pour se soigner. Bambey est un carrefour qui mérite beaucoup d'attention. Pour le bloc le site est déjà identifié dans le centre de santé. On a tout planifié mais jusqu'à présent depuis deux ans rien n'a été fait».
A en croire le médecin-chef de district adjoint de Bambey, les décès maternels notés dans le district de Bambey étaient évitable, si la prise en charge était faite à temps. «Le cas de cette année, la maman a suivi toutes ces consultations. Elle était bien portante mais il y a eu une complication au moment de l’accouchement et il fallait référer. Elle est décédée en chemin. Si les conditions étaient réunies avec un bloc de soins obstétricaux d’urgence, on aurait pu la sauver», a-t-elle déclaré. Et de faire le plaidoyer pour l’implantation d’un bloc opératoire qui pourra prendre en charge les cas évoqués.
Pour sa part, la maitresse sage-femme du district de Bambey, Françoise Awa Gueye Kama, dira : «nous avons une population très jeune dans le district de Bambey. Les familles donnent en mariage leurs enfants très jeunes. On est souvent confronté à des grossesses à risque et dans ces cas, la référence est l’idéal. Nous sollicitons vraiment de nos autorités de la santé, l’implantation d’un bloc opératoire qui va non seulement soulager la population de Bambey en termes de coût mais aussi le personnel de Diourbel de cette charge de travail. Dans les autres postes de santé très reculés de la ville, les sage femmes préfèrent référer à Thiès qui est plus proche d’eux que Diourbel».
Rappelons que ces informations ont été obtenu dans le cadre d’une caravane presse organisée par l’Association des journalistes en santé population et développement, en collaboration avec la Direction de la santé de la mère et de l’enfant dans la région médicale de Diourbel qui polarise le district de Bambey, du 3 au 5 juillet dernier.
INAUGURATION D’UN NOUVEAU LABORATOIRE DE L’INSTITUT PASTEUR À TOUBA
Pour Dr. Amadou Sall, directeur de l’IPD, « la vocation de ce laboratoire, au-delà de fournir des services aux patients, est aussi de mener des activités de surveillance épidémiologique ».
L’Institut Pasteur de Dakar s’implante pour la première fois hors de la capitale sénégalaise. En effet, l’Institut a ouvert un tout nouveau laboratoire de biologie médicale à Touba.
La ville de Touba accueille ainsi son premier laboratoire de biologie médicale, logé au sein de l’Institut Pasteur. Inauguré hier à Touba Madiyana, ce laboratoire marque une étape significative pour l’Institut.
Cette nouvelle implantation a été saluée par divers intervenants, dont le gouverneur de la région, qui a souligné les gains de temps et les avantages médicaux en termes de prévention et de surveillance épidémiologique. Représentant le ministre de la Santé empêché, Ibrahima Fall a rappelé les objectifs sanitaires du gouvernement pour Touba, la capitale du mouridisme, qui pourrait devenir un hub sanitaire.
Selon Ibrahima Fall, le choix de Touba pour cette infrastructure est justifié par plusieurs raisons, notamment son poids démographique et sa position géographique, étant un carrefour pour les autres régions du pays. « L’ouverture de l’Institut Pasteur à Touba, avec ce laboratoire, est cruciale. Elle renforcera la surveillance épidémiologique des maladies transmissibles comme la rougeole et les méningites, tout en réduisant les délais des résultats d’analyse », a-t-il déclaré.
Le gouverneur a également souligné que cette initiative répond aux critères d’équité sociale et territoriale. La visite du laboratoire polyvalent a révélé qu’il réalise des analyses dans diverses spécialités de la biologie clinique, telles que la biochimie générale, l’immunologie et l’hormonologie, l’hématologie, etc.
Pour Dr. Amadou Sall, directeur de l’Institut Pasteur de Dakar, « la vocation de ce laboratoire, au-delà de fournir des services aux patients, est aussi de mener des activités de surveillance épidémiologique ». Touba, deuxième ville du Sénégal en termes de population, mérite une telle infrastructure. Il a rappelé que ce laboratoire collabore étroitement avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale, comme en témoigne la gestion de la pandémie de Covid-19.
« C’est dans ce cadre que nous avons créé, en plus du laboratoire d’analyse médicale, un laboratoire dédié à la santé publique. En matière de santé, la rapidité et la qualité sont essentielles, ce qui justifie notre implantation ici », a expliqué le directeur de l’Institut Pasteur.