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3 avril 2025
Santé
LA PRISE EN CHARGE DES CANCERS PEDIATRIQUES, UN «VERITABLE» PROBLEME DE SANTE
Manque de personnel qualifie avec seulement 4 onco-pediatres en activite, un seul centre de traitement avec seuls 10 lits pour plus de 200 malades reçus par an…La prise en charge des cancers pédiatriques est devenue un véritable problème de santé.
Plus de 200 nouveaux cas sont reçus chaque année au sein de l’hôpital Dalal Jamm qui abrite le seul centre de référence en matière de prise en charge des cancers pédiatriques, fait savoir le chef de service de ce département, Dr Mame Ndella Diouf. Etle Directeur de cabinet du ministère de la Santé et de l’Action sociale, Samba Cor, d’ajouter : «le Sénégal attend chaque année 1204 cas de cancers des enfants et aujourd'hui seuls 10 lits sont disponibles au niveau de nos hôpitaux». Ces révélations ont été faites, samedi dernier, lors de la célébration de la journée dédiée à cette maladie à l’hôpital Dalal Jamm.
La prise en charge des cancers pédiatriques est devenue un véritable problème de santé. Pour tout le pays, un seul centre accueille les malades pour des soins adaptés. Cependant, il faut souligner que la disponibilité de lits est très limitée, pour une demande qui touche 200 nouveaux cas, comme l’atteste l’onco-pédiatre au sein de l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye. Pour Dr Mame Ndella Diouf, le cancer de l'enfant existe et concerne au Sénégal plus de 200 nouveaux cas reçus dans cet hôpital, par année. Elle a aussi renseigné que sont attendus normalement entre 800 et 1200 cas par an. «Ily a beaucoup de malades qui n'arrivent pas (à l’hôpital) parce qu'ils n'ont pas été diagnostiqués ou encore parce qu'ils n'ont pas les moyens d'arriver à Dakar et que la prise en charge coûte quand-même cher», s’est-elle désolée.
Considéré comme seul centre de prise en charge, le service se trouve confronté à d'énormes difficultés concernant les ressources humaines. «Il faut savoir que l'unité d'oncologie pédiatrique existe depuis 2000; donc, nous avons quand-même 25 ans d'existence. Et malheureusement, au Sénégal, elle est la seule unité, il n'y a pas encore une véritable décentralisation qui fait qu'il y ait d'autres unités satellites. Les difficultés sont nombreuses sur le plan des ressources humaines parce qu'en activité, actuellement, il n'y a que 4 onco-pédiatres, il y a d'autres qui sont formés mais qui n'ont pas encore pris service pour pouvoir pratiquer l'activité. En plus de ces difficultés, nous n'avons pas encore un service assez grand pour accueillir tous ces enfants» a-t-elle renseigné.
LE PROBLEME DE LA DISPONIBILITE DES MEDICAMENTS, UNE AUTRE PREOCCUPATION
Et d’ajouter : «la capacité d’accueil est à 10 lits, avec une salle d'hospitalisation du jour qui contient 12 fauteuils de chimiothérapie. Mais le nombre de malades étant largement supérieur à ça, nous avons la possibilité d'hospitaliser dans les autres services ; ce qui constitue un frein quand-même à la prise en charge de ces enfants. On a également le plateau technique parce que nous n'avons pas tout ce qu'il faut pour poser des diagnostics précis. Il faut relever le plateau technique au niveau des laboratoires, au niveau des services de radiologie, au niveau des services d'anapathe, pour pouvoir poser des diagnostics précis afin de donner le traitement qu'il faut à ces enfants». En plus des problèmes de ressources humaines et d’accueil, il s’y ajoute celui de la disponibilité en médicament. «Il y a le problème des médicaments ; ce sont les anticancéreux, ils ne sont pas tous gratuits pour ces enfants, ils ne sont pas tous disponibles non plus. On sait que le cancer est très proche de la douleur, le cancer et la douleur font leur chemin ensemble. La disponibilité de la morphine également fait défaut, surtout la forme qui est adaptée aux enfants, c'est-à-dire la forme sirop», a déclaré la blouse blanche.
Bien que le cancer de l'enfant soit guéri dans les pays industrialisés autour de 95%, plusieurs paramètres plombent les acquis d’y arriver. Et au premier plan figure le retard de diagnostic. «Il faut qu'on éduque les populations, qu'on les informe pour qu'ils puissent envoyer les enfants très tôt (à l’hôpital) et qu'une fois sur place, ils trouvent du personnel de qualité qui soit formé et qui soit apte à dispenser des soins de qualité à ces enfants pour pouvoir avoir de bons taux de survie», a-t-elle préconisé.
UN CENTRE NATIONAL D'ONCOLOGIE, AVEC UNE UNITE D'ONCOPEDIATRIE, ET UN PLAN NATIONAL DE FORMATION D'ONCO-PEDIATRES ANNONCES
Au niveau du ministère de la Santé et de l’Action sociale, le Directeur de cabinet du ministre, Dr Samba Cor Sarr, venu présider la rencontre, a souligné que le cancer de l'enfant est une problématique de santé qui est très importante à travers le monde, mais qui n'avait pas fait l'objet d'une attention particulière il y a de cela quelques années au niveau de notre pays. «L'Etat du Sénégal, depuis 2000, en a fait une préoccupation avec la mise en place d'un système d'onco-pédiatrie et la création de filières permettant de créer des profils qui puissent prendre en charge ce type de cancer parce que ce sont des types de cancers qui, la plupart du temps, relèvent de la génétique ou de la génomique de façon globale. Et dès l'instant que c'est cette particularité, il est important de mettre en place un système de prise en charge», a-t-il fait comprendre. Et de relever : «c'est le temps maintenant de poursuivre les recherches pour voir s'il est possible d'agir sur la génomique pour éviter justement la venue de ces types de cancers chez l'enfant. Il y a un travail qui est en cours au niveau international qu'on appelle le développement de la médecine personnalisée».
Revenant sur les préoccupations relevées, Dr Samba Cor Sarr a fait comprendre, dans cette prise en charge, qu’il y a le partenariat coréen qui va permettre cette année, en décembre, au Sénégal, de disposer d'un Centre national d'oncologie avec une unité d'onco-pédiatrie. «Sur le plan également du développement de l'onco-pédiatrie, nous avons un Plan national de formation qui va nous permettre d'avoir plus d'onco-pédiatres. Pourle moment, nous n'en avons que 4 et nous comptons en avoir un nombre assez suffisant pour une bonne prise en charge de cette pathologie. L'État a aussi renforcé le budget de subvention pour la prise en charge des cas de cancer».
QUAND LES PARENTS CACHENT LEURS ENFANTS DANS LES MAISONS
La paralysie cérébrale est une affection neurologique qui nécessite une prise en charge multidisciplinaire et spécialisée. Beaucoup d’enfants victimes de paralysie cérébrale sont abandonnés à leur sort.
Beaucoup d’enfants victimes de paralysie cérébrale sont abandonnés à leur sort. Certains sont utilisés par leurs parents ou des proches pour faire la manche dans les rues du pays. Au niveau médical, peu de structures les prennent en charge par manque de spécialistes ou encore de centres de rééducation adaptés. Une situation qui hypothèque la vie de plus de 200 enfants recensés au sein d’une association des familles d’enfants victimes de paralysie cérébrale (AFEPC),
La paralysie cérébrale est une affection neurologique qui nécessite une prise en charge multidisciplinaire et spécialisée. Au Sénégal, les seuls centres de prise en charge sont logés dans la capitale. A Dakar, si le Centre national d’appareillage orthopédique (Cnao) accueille le plus des enfants victimes de cette affection, sa capacité d’accueil est loin de contenir la demande en soin qui s’offre en lui. Quant au centre Talibou Dabo, le déficit en matériel de soins fait que des patients le désertent pour aller vers les structures de santé même si la prise en charge dans ces zones n’est pas adaptée. Notons que la paralysie cérébrale affecte le plus souvent le mouvement et la posture, résultant de lésions non évolutives survenues sur le cerveau en développement du fœtus ou du nourrisson.
Selon les spécialistes de ces maladies, une fois que ces lésions sont installées, elles deviennent irréversibles et entraînent des limitations d’activités et peuvent être accompagnées de troubles sensoriels, perceptifs entre autres. Le traitement est à vie et les victimes ont besoin d’aide durant toute leur vie même si peu deviennent autonomes après un suivi régulier. « Bien que la paralysie cérébrale soit irréversible, une prise en charge adaptée peut améliorer la qualité de vie des personnes concernées. Cela inclut des interventions en kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, ainsi que l’utilisation d’appareillages spécifiques. Dans certains cas, des traitements médicamenteux ou chirurgicaux peuvent être envisagés pour gérer les symptômes et les complications associées » soulignent des spécialistes. Au Sénégal, à cause de la cherté de la prise en charge et de la non-disponibilité des centres de prise en charge dans certaines régions et de la discrimination de la société, beaucoup de parents cachent leurs enfants victimes de cette maladie dans les maisons. Ils sont quasiment enfermés dans les chambres loin des regards de la société. Quant aux plus âgés, ils sont souvent utilisés par leurs parents pour faire la manche dans les rues de Dakar. Au sein de l’association des familles d’enfants victimes de paralysie cérébrale (AFEPC), le président Rawan Samb avait déploré lors de la dernière journée mondiale de la Paralysie célébrale, l’absence de structures et d'établissements dédiés à la prise en charge de cette affection ainsi que le manque de spécialistes qui peuvent leur donner une éducation adéquate à l’état de santé des victimes. A l’en croire, le centre Talibou Dabo qui est le centre de référence dans le domaine n’accueille pas beaucoup d’enfants même s’il dispose d’un département pour l’infirmité motrice cérébrale (IMC). A cela, s’ajoute l’absence de spécialistes
En effet, la prise en charge de ces enfants doit se faire de façon pluridisciplinaire avec des ergothérapeutes, des psychomotriciens, des orthophonistes. Malheureusement, le Sénégal ne dispose que pour le moment de kinésithérapeutes. «Si nous prenons l’exemple du Centre national d'appareils orthopédiques, il y a un seul kiné qui s'occupe des centaine de malades. Et actuellement, sur la liste d'attente, on a plus de 200 enfants », déplore Mr Samb.
Rappelons que les causes de cette maladie sont variées et incluent les infections ou maladies pendant la grossesse, la grande prématurité, l’accouchement difficile, les maladies survenant dans les premiers mois de la vie de l’enfant.
TOUS POUR ARRETER L’HEMORRAGIE QUI DECIME LES FEMMES EN COUCHE
Les acteurs de la région de Sédhiou ont procédé hier, mardi 11 février 2025, au lancement de la Semaine de la Mère et de l’Enfant, sous l’autorité du gouverneur de région.
Les acteurs de la région de Sédhiou ont procédé hier, mardi 11 février 2025, au lancement de la Semaine de la Mère et de l’Enfant, sous l’autorité du gouverneur de région. Il est apparu que les hémorragies sont la cause principale de beaucoup de décès des femmes en couche dans la région de Sédhiou. Le Directeur de la Santé ainsi que le chef de l’exécutif régional ont uni leur voix pour crier fort à la mobilisation en faveur du don de sang avant même que le besoin ne soit exprimé.
C’est parti pour une semaine d’intenses activités de sensibilisation et de prise en charge de la santé de la mère et de l’enfant ; le ton en a été donné, hier mardi, à l’occasion du Comité régional de développement (CRD) consacré au lancement de la Semaine national de la Mère et de l’Enfant. Selon Dr Amadou Yéri Camara, le Directeur de la Santé de la région de Sédhiou, «c’est un programme national qui vise à rehausser l’impact de la prise en charge des activités de la santé de la mère et de l’enfant sur toute l’étendue du territoire national. Le thème est de renforcer l’engagement de la communauté au sujet de la santé de la mère et de l’enfant». Il ajoute que «l’implication des acteurs de la communauté notamment les ‘’Bajénu Gox’’ (assistantes sociales issues des communautés) et autres leaders communautaires peuvent nous valoir des bonds significatifs en termes d’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant».
Il ressort que les hémorragies sont la cause de la plupart des cas de décès. D’où cet appel strident du Directeur de la Santé à l’endroit des communautés de la région de Sédhiou : «nous allons mettre l’accent sur la sensibilisation des communautés car le niveau central nous libère les moyens de mise en œuvre mais très peu de gens sortent pour donner de leur sang. Et il faut que les gens comprennent que le sang qu’ils donnent peut leur être retourné une autre fois ou à leur proches», explique-t-il.
Et de préciser que «la banque de sang reste fonctionnelle pour tout le monde et sans exclusive. En rapport avec les différents acteurs clés, nous allons poursuivre la mobilisation pour disposer régulièrement de sang et éviter des décès suite aux hémorragies», rassure le Directeur de la Santé de Sédhiou, Dr Amadou Yéri Camara. Et le gouverneur de la région de Sédhiou d’en faire une recommandation forte, comme un sursaut patriotique à l’accompagnement des programmes de santé : «il s’agira principalement de dérouler des activités de communication de masse à travers les radios communautaires, des fora et des caravanes pour parler directement à la population. Ce sont aussi des moments de prise en charge des cibles au niveau des structures de santé et en stratégies avancées en milieu rural. J’exhorte davantage les communautés à collaborer avec les acteurs de la santé pour mieux impacter sur les résultats», relève le gouverneur Diadia Dia
Au cours des plénières, les participants ont fait montre d’un engagement manifeste à jouer leur partition pour faire de cette semaine et même bien après, des progrès visant à améliorer considérablement la santé de la mère et de l’enfant dans la région de Sédhiou.
LE SÉNÉGAL PERD SES SOIGNANTS
Avec seulement 0,69 médecin pour 10 000 habitants, bien loin des recommandations de l'OMS, le pays peine à retenir ses professionnels de santé face aux conditions de travail difficiles et aux salaires peu attractifs
Depuis plusieurs années, le Sénégal est confronté à un exode massif de ses professionnels de santé vers la France et d'autres pays européens. Ce phénomène, qui ne cesse de s’accentuer, pose un véritable problème de santé publique, menaçant l'équilibre déjà fragile du système médical national.
Il y a quelques jours, le licenciement du Dr Maïssa Ndao, médecin vacataire au centre de santé de Grand-Dakar, a exacerbé les tensions dans un secteur déjà en proie à des difficultés chroniques. Considérée comme arbitraire par ses collègues, cette décision a déclenché une vague de protestations et de menaces de grève, révélant au grand jour les maux qui rongent la profession médicale au Sénégal.
Le Dr Ndao a été licencié, après avoir osé demander une augmentation de salaire, selon certains de ses proches, alors que son supérieur hiérarchique a avancé qu’il avait critiqué la gestion financière du centre de santé lors d’une réunion de cogestion à laquelle il n’avait pas été officiellement convié. Le médecin-chef du centre, Dr Modou Ndiaye, justifie cette décision par une attitude jugée ‘’irrespectueuse’’ et une perturbation de la réunion. Cependant, pour les collègues du Dr Ndao, ce licenciement est symptomatique d’un système qui étouffe la liberté d’expression et méprise les professionnels de santé. ‘’Nous attendons la réponse du Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes (Sames). S’il ne réagit pas, nous allons arrêter toute prestation dans les structures publiques’’, a déclaré El Hadj Babacar Ndoye, porte-parole du Mouvement des jeunes médecins du Sénégal, lors d’un point de presse.
Une profession en souffrance
Cette affaire a remis en lumière les conditions de travail difficiles des médecins sénégalais. Entre salaires insuffisants, plateau technique défaillant et recrutements au compte-gouttes, la profession se sent délaissée. Avec seulement 0,69 médecin pour 10 000 habitants, le Sénégal est loin des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise un médecin pour 5 000 à 10 000 habitants. S’y ajoutent le manque d'infrastructures, des salaires peu attractifs et des conditions de travail déplorables. Ils constituent les premières causes d’un exode noté. De nombreux médecins, infirmiers et spécialistes déplorent le manque de matériel adéquat et les longues heures de travail, souvent sans compensation financière suffisante.
Ainsi, la France, qui est le principal pays d’accueil des médecins sénégalais, profite de cette situation. Elle offre de meilleures opportunités : salaires plus élevés, meilleures conditions de travail et une reconnaissance professionnelle accrue. Chaque année, de nombreux jeunes médecins s’envolent vers l'Hexagone, après avoir réussi les concours de validation de diplômes étrangers.
Selon des sources hospitalières, certains services de santé français fonctionnent grâce à la présence massive de médecins issus d’Afrique francophone, notamment du Sénégal.
La contribution percutante du Dr Boubacar Signaté
Ces centaines de médecins qui quittent le pays pour l’Europe ou les États-Unis sont attirées par de meilleures conditions de travail et des rémunérations plus attractives. Cette fuite des cerveaux, déjà préoccupante, risque de s’aggraver, comme l’a souligné le docteur Boubacar Signaté, médecin urgentiste à Paris et figure respectée du secteur, dans une contribution virale largement partagée sur les réseaux sociaux.
Dans la foulée, il précise qu’avant, c’était les Maghrébins qui étaient en nombre. Ils le sont toujours, 3 000 candidats pour certaines spécialités, 2 000 pour d’autres, pour parfois moins de 100 postes ouverts. ‘’C’est la première fois, cette année, que j’ai vu beaucoup de médecins sénégalais se présenter en nombre et surtout être lauréats de ce concours. Certains déjà en France, mais, fait inédit cette année, d’autres sont venus directement du Sénégal concourir et être lauréats. Donc, ils vont s’y mettre de plus en plus et réussir le concours’’, alerte ce médecin urgentiste.
Dans ce contexte alarmant, le Dr Signaté, qui vit à Paris, a dressé un tableau sans concession de la situation. ‘’Si vous pensez qu’il y a une saignée, attendez-vous à une hémorragie massive’’, a-t-il averti. Il décrit en détail les mécanismes qui poussent les médecins sénégalais à partir, notamment vers la France, où ils peuvent obtenir une autorisation de plein exercice après avoir réussi un concours exigeant.
‘’En France, les médecins sénégalais sont accompagnés dans leurs démarches administratives, logés et bénéficient d’un cadre de travail moderne et respectueux. Ici, au Sénégal, nous sommes traités comme des citoyens de seconde zone’’, déplore-t-il.
Le médecin sous-entend aussi que les revenus des médecins au Sénégal sont si bas qu’il serait presque choquant de les mentionner. En comparaison, dans des pays comme la France, les médecins bénéficient de salaires nettement plus élevés, ce qui rend la situation sénégalaise d’autant plus difficile à accepter. Il suggère que les médecins sénégalais sont sous-payés, ce qui les pousse à chercher des opportunités à l’étranger. ‘’Je ne parlerai pas des revenus, ce serait indécent, ni des conditions de travail, ni de la protection sociale du travailleur et de sa famille, ni du cadre de vie, ni de la reconnaissance et du respect donnés au médecin. Il n’y a qu’au Sénégal qu’on ne sait pas qu’un médecin a plus de valeur que toutes les pièces précieuses réunies’’, ironise-t-il.
En outre, il pointe du doigt le retard sur le plan de la formation inadaptée aux exigences modernes. ‘’Nos universités, leurs programmes pédagogiques et leurs visions dans le domaine des sciences de l’éducation sont obsolètes. Les enseignants qui y officient dans leur majorité sont dépassés et totalement fermés à toutes velléités de réforme de l’espace universitaire. Les plus jeunes d'entre étant les pires sur ce point. Nos autorités étatiques sont sourdes, aveugles et muettes, à commencer par nos deux ministères de tutelle : de la Santé et de l’Enseignement supérieur’’, s'indigne-t-il.
Le Dr Signaté souligne également que cette fuite des cerveaux ne se limite pas à la France. Le Canada, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse attirent également de nombreux professionnels de santé sénégalais. ‘’Ce que vous voyez aujourd’hui n’est qu’un petit saignement. Une hémorragie massive est en route’’, prévient-il. Les universités sénégalaises forment environ 1 000 médecins par an, mais l’État n’en recrute qu’une centaine pour les structures publiques. ‘’Nous ne pouvons pas absorber tout le flux de diplômés’’, explique le professeur Bara Ndiaye, doyen de la faculté de Médecine de l’Ucad.
Cette situation crée un cercle vicieux : les médecins, frustrés par le manque de perspectives, partent à l’étranger, laissant le système de santé sénégalais encore plus affaibli.
Une réforme urgente
Pour inverser la tendance, le Dr Signaté appelle à une refonte complète du système de santé et de l’enseignement médical. ‘’Il faut former une nouvelle génération de médecins qui restera au Sénégal. Celle-ci ne restera pas’’, a-t-il affirmé.
Face à cette situation, le gouvernement sénégalais tente d'apporter des réponses, mais celles-ci restent insuffisantes. La revalorisation des salaires, l'amélioration des infrastructures et la création de meilleures conditions de travail pourraient contribuer à retenir ces talents. Certains experts suggèrent également la mise en place d’accords bilatéraux avec les pays d’accueil afin de favoriser le retour de ces médecins après quelques années d’expérience à l’étranger.
En attendant, les menaces de grève se multiplient et le licenciement du Dr Ndao pourrait bien être l’étincelle qui déclenchera une crise majeure dans le secteur de la santé. Car son licenciement n’est pas une affaire isolée. C’est le symptôme d’un système de santé à bout de souffle, où les médecins se sentent méprisés et sous-estimés. Alors que la fuite des cerveaux s’accélère, le Sénégal doit agir rapidement pour éviter une catastrophe sanitaire.
En effet, le secteur de la santé est un pilier essentiel du développement d'un pays et l'exode de ses acteurs principaux met en péril la capacité de la nation à assurer des soins de qualité à sa population. La volonté politique et des investissements stratégiques seront nécessaires pour enrayer cette tendance et redonner espoir aux soignants qui aspirent à exercer dans leur propre pays.
LES SECRETS CONTRE LES MALADIES CHRONIQUES
Les légumineuses jouent un rôle clé dans la prévention des maladies chroniques, a-t-on appris du docteur Djiby Samb, diététicien, nutritionniste et spécialiste en éducation et promotion de la santé, invitant à les consommer régulièrement.
Les légumineuses jouent un rôle clé dans la prévention des maladies chroniques, a-t-on appris du docteur Djiby Samb, diététicien, nutritionniste et spécialiste en éducation et promotion de la santé, invitant à les consommer régulièrement.
‘’Les légumineuses sont des piliers de l’alimentation et jouent un rôle clé dans la prévention des maladies chroniques. Leur consommation régulière contribue à une meilleure santé cardiovasculaire, une régulation du diabète et une alimentation équilibrée’’, a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’APS dans le cadre de la Journée mondiale des légumineuses célébrée, le 10 février de chaque année.
Le thème de cette édition est : ‘’Les légumineuses apportent un grain de diversité dans les systèmes agroalimentaires’’.
Il a indiqué que les légumineuses : lentilles, petit pois, niébé, arachides, entre autres, sont riches en fibres, protéines végétales, vitamines et minéraux et que leur consommation régulière est associée à divers bénéfices pour la santé.
‘’Pour les personnes atteintes de maladies chroniques comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, l’obésité, le cancer, les maladies rénales, etc., un apport suffisant et de qualité en protéines peut améliorer la gestion des symptômes et ralentir la progression de la maladie’’, a recommandé le diététicien.
Il a expliqué que les protéines jouent un rôle essentiel dans le maintien de la santé musculaire, immunitaire et métabolique, et assurent également une fonction de prévention de la sarcopénie, c’est-à-dire une perte musculaire, et de régulation du métabolisme et de la glycémie (Diabète de type 2, Syndrome métabolique).
‘’Les protéines ralentissent l’absorption du glucose, évitant ainsi les pics de glycémie. Elles augmentent la sensibilité à l’insuline, contribuant à un meilleur contrôle du diabète. On en trouve dans les légumineuses comme le poisson, la viande maigre, les œufs et les produits laitiers faibles en gras’’, a-t-il relevé.
Prévention et gestion des maladies cardiovasculaires
Pour le spécialiste en éducation et promotion de la santé les protéines animales maigres (poisson, volaille) sont préférables à la viande rouge riche en graisse saturée.
‘’Elles permettent la gestion du poids et de l’obésité en favorisant la satiété, réduisant ainsi les fringales et l’apport calorique total, en renforçant le système immunitaire par la production d’anticorps et la réparation cellulaire’’, a-t-il dit.
De plus, elles aident à préserver la fonction rénale contre l’insuffisance chronique, d’où l’intérêt, selon lui, d’accorder la priorité aux protéines végétales et animales maigres.
Interpellé sur la consommation de certaines légumineuses incriminées dans certaines maladies, Djiby Samb précise que ‘’l’arachide est un aliment de base consommée au Sénégal, mais elle est souvent contaminée par des aflatoxines, des toxines produites par des champignons du genre Aspergillus. Ces substances sont hautement toxiques et peuvent provoquer des problèmes de santé’’.
Face à cette situation, il recommande des stratégies de prévention, qui passent par de bonnes pratiques agricoles, comme la sélection des semences résistantes, l’utilisation des variétés tolérantes aux champignons et la récolte au bon moment, en évitant que les gousses ne restent trop longtemps dans le champ après maturité.
Pour la conservation des graines d’arachide, le diététicien suggère d’utiliser des sacs hermétiques et des greniers bien ventilés, mais surtout de procéder à l’élimination des graines moisies, abîmées ou décolorées avant la consommation ou la vente.
Il n’a pas manqué d’appeler à la sensibilisation des producteurs et consommateurs sur les dangers des aflatoxines, les incitant à la recherche de méthodes naturelles de lutte contre les champignons.
Les légumineuses préviennent certaines carences
Le spécialiste en diététique et nutrition rappelle que ‘’les légumineuses jouent un rôle important dans l’amélioration de la qualité nutritionnelle globale des régimes alimentaires ».
‘’Elles peuvent contribuer à atténuer certaines carences en micronutriments, même si elles ne sont pas des sources universelles pour tous ces micronutriments, comme la vitamine A ou l’iode’’, a fait savoir Djiby Samb.
‘’Les légumineuses, lentilles, haricots, niébé, etc, sont une source intéressante de fer non héminique. Ce type de fer, bien que moins bien absorbé que le fer héminique d’origine animale, peut contribuer à réduire la prévalence de l’anémie ferriprive si l’alimentation est par ailleurs bien équilibrée et riche en vitamine C, favorisant ainsi l’absorption du fer’’, a expliqué le spécialiste.
‘’Elles contiennent également des quantités appréciables de folate, essentiel pour la formation des globules rouges et le bon fonctionnement du système nerveux. Un apport adéquat en folate est particulièrement important pour les femmes en âge de procréer’’, a-t-il ajouté.
Le spécialiste note aussi que ‘’les légumineuses apportent du zinc, qui contribue au renforcement du système immunitaire, ainsi que du magnésium, impliqué dans de nombreuses réactions enzymatiques du corps’’.
‘’Elles fournissent aussi des vitamines B comme la thiamine, la riboflavine et la niacine, qui participent à la production d’énergie et au maintien du système nerveux’’, a-t-il souligné.
‘’Intégrer les légumineuses dans un régime diversifié permet de bénéficier de leurs apports en fer, folate, zinc et autres vitamines du groupe B, tout en complétant le régime avec des aliments riches en vitamine A et en iode’’, a insisté le docteur Samb. Cette complémentarité est essentielle pour lutter efficacement contre les carences en micronutriments’’, a-t-il fait valoir.
En réponse aux impacts des effets du changement climatique sur les légumineuses, le spécialiste en éducation et promotion de la santé propose une approche intégrée.
‘’L’adaptation aux effets du changement climatique sur la production de légumineuses passe par une approche intégrée. Il s’agira de combiner des innovations technologiques et agronomiques : variétés résistantes, techniques de conservation, gestion de l’eau, avec un soutien institutionnel fort, une formation continue des agriculteurs’’, a-t-il indiqué.
De l’avis de Djiby Samb, ces stratégies permettront non seulement d’assurer une production durable de légumineuses, essentielle pour la sécurité alimentaire, mais aussi de renforcer la résilience globale des systèmes agricoles face aux défis futurs de l’environnement.
DANGER CHEZ LES TOUT-PETITS
Des cas de diarrhée et de vomissement sévissent de manière inquiétante au Sénégal en particulier chez les enfants. Une situation qui suscite inquiétudes.
Des cas de diarrhée et de vomissement sévissent de manière inquiétante au Sénégal en particulier chez les enfants. Une situation qui suscite inquiétudes. Pédiatre au service d’accueil d’urgences d’Albert Royer, Dr Fatoumata Fofana confirme l’occurrence des pathologies qui affectent un nombre impressionnant de mômes à l’hôpital d’enfants Albert Royer les 10 souffrent de diarrhée et de vomissement.
Les praticiens alertent sur les cas de diarrhée et de vomissements notés chez les enfants. Selon Dr Fatoumata Fofana, actuellement, «on a une recrudescence des cas de diarrhées et de vomissements chez les tout-petits».
A l’en croire, il s’agit d’une gastro-entérite d'origine virale. «On peut avoir des causes bactériennes, parasitaires, comme mycosiques», précise-t-elle. Avant d’ajouter que ces enfants nous arrivent dans un état de déshydratation qui constitue la principale complication des diarrhées et vomissements. «Maintenant, cette déshydratation, parfois, elle est tellement sévère qu'elle peut entraîner un état de choc qui constitue une véritable urgence. Donc, on a la nécessité de reconnaître les signes d’alerte». D’après le toubib, sur 30 consultations, les 10 peuvent constituer des cas de diarrhées et de vomissements. «On peut avoir une fièvre qui est persistante malgré la prise de médicaments. On peut noter également la présence de la glaire ou de sang dans les selles, ou bien des vomissements que l'enfant vomit tout ce qu'il prend, des vomissements incoercibles, ou bien une diarrhée qui est vraiment abondante, qui accepte plus de 6 selles par jour», ajoute-t-elle.
DES MESURES D’HYGIENE POUR PREVENIR LES CAS DE DIARRHEE ET DE VOMISSEMENT
Dr Fatoumata Fofana indique qu’ avec les promiscuités dans les crèches, il y a lieu de sonner l’alerte parce que les virus peuvent circuler longtemps dans l'environnement. «Pour les mesures d'hygiène, ne pas se passer les jouets, se laver les mains, bien laver les aliments et les fruits et légumes, dans le cadre des causes bactérielles», préconise Dr Fofana. Quid de la prise en charge ? «Tout dépend du degré de déshydratation. Donc, quand c'est léger, on peut donner du Sro (solution de réhydratation orale), après les selles, les vomissements, en petite quantité, légère et modérée, on peut tenter la voie orale. Dans les cas sévères, on y va directement avec la voie intraveineuse. Maintenant, en cas d'échec de la voie orale, c'est la voie intraveineuse qui s'impose. En dehors de cette réhydratation, comme je l'avais tantôt dit, c'est la réalimentation précoce, et aussi les médicaments anti-diarrhéique».
Cependant, renchérit Pr Boubacar Camara. Pédiatre, enseignant-chercheur à travers une contribution, il souligne qu’il s'agit essentiellement d'une épidémie virale qui était dominée par le rotavirus, mais étant donné que la plupart des enfants ont reçu le vaccin contre ce virus, il faut évaluer avec les cliniciens et les laborantins la présence d'autres virus. «Dans tous les cas, ces épidémies dans les études antérieures faites à Albert Royer montraient 2 pics de fréquence pendant la saison fraiche (décembre à mars) comme c'est le cas actuellement et pendant les périodes de grandes chaleurs ou saison des pluies (Août septembre)», explique-t-il.
FUITE DES CERVEAUX, LE CRI D’ALERTE DU PROFESSEUR AMADOU GALLO DIOP
Lors de la première édition du concept « Taataan ci Maam », l’ancien chef du service de neurologie de l’hôpital de Fann a dénoncé les conditions précaires des médecins au Sénégal, poussant de plus en plus de jeunes diplômés à l’émigration.
Ce jeudi, il y avait la 1ère édition du concept « Taataan ci Maam ». Il s’agit d’un projet qui vise à renforcer les « relations intergénérationnelles en valorisant les expériences et les connaissances des aînés ». A cette occasion, le Professeur Amadou Gallo Diop a évoqué la fuite des cerveaux dans le domaine médical. Selon cet ancien chef de service de neurologie de l’hôpital de Fann, les autorités doivent prendre ce problème à bras le corps.
« Les médecins partent. C’est extrêmement grave. Il faut qu’on s’arrête là-dessus, qu’on mène une réflexion. Sinon, après avoir perdu des ingénieurs, des économistes, des différentes professions, nous sommes en train maintenant de perdre des gens des professions de la santé », clame-t-il.
« Les structures de santé, dans la grande majorité, ne sont pas dans les normes internationales. Les conditions de rémunération et de leur progression dans la vie socio-économique ne sont pas bonnes du tout », a déploré Amadou Gallo Diop.
Toujours selon le Pr Diop, il y a 25 ou 30 ans, « Il était exceptionnel et rarissime au Sénégal de voir un docteur en médecine qui cherche à émigrer pour exercer sa profession ». Et de poursuivre dans la même dynamique. « Les médecins étaient systématiquement recrutés avec un niveau de revenu qui était en adéquation avec la cherté de la vie (…). Ces dernières années, nous voyons des docteurs en médecine qui soutiennent une thèse après huit années d’études dans des conditions difficiles, mais qui sont très formateurs, qui cherchent dans le mois ou dans l’année à aller sur l’émigration », a relevé le neurologue.
Cependant, il y a des facteurs qui peuvent expliquer ce phénomène d’après lui. La précarité dans le domaine médical, qui est un secteur névralgique dans toute société, devrait être traitée. « Quand vous vous rendez compte que quelqu’un peut faire huit ans d’études en médecine et docteur d’université en médecine, pharmacie et autres et se retrouver avec des salaires d’environ 200 000 francs par mois, c’est un scandale. Cette situation fait que nous voyons de plus en plus de jeunes docteurs en médecine, pharmacie et chirurgie dentaire formés à Dakar qui, maintenant, prennent la voie de l’émigration vers l’Europe, le Canada, les Etats-Unis, les pays arabes ».
LE SENEGAL DE TOUS LES CANCERS
Au total, 11. 841 nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués en 2022 avec 8.134 décès associés, a t-on appris, mardi, du Secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Action sociale, Serigne Mbaye.
Au total, 11. 841 nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués en 2022 avec 8.134 décès associés, a t-on appris, mardi, du Secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Action sociale, Serigne Mbaye.
« Selon les estimations de GLOBOCAN, au Sénégal, 11. 841 nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués en 2022, avec 8. 134 décès associés », a déclaré M. Mbaye.
Il s’exprimait lors de la célébration de la Journée mondiale contre le cancer dont le thème est : « Unis par l’unique ».
« Les cancers les plus fréquents sont le cancer du col de l’utérus (17,4%), du sein (15,5%) et du foie (9,7%). Le cancer de la prostate est également significatif chez les hommes, représentant 7,7% des nouveaux cas’’, a t-il expliqué.
Pour faire face à cette maladie, il a indiqué que le Sénégal a élaboré son plan stratégique 2025-2029.
‘’Ce plan vise à renforcer la prévention, le dépistage précoce, le traitement et les soins palliatifs liés au cancer », a-t-il précisé, ajoutant qu’il s’aligne aussi sur la Stratégie nationale de Développement (SND 2025-2029), visant à »promouvoir un développement endogène et durable, porté par des territoires responsabilisées, viables et compétitives, pour jeter les bases de la souveraineté économique’’.
« Ce plan, a-t-il encore relevé, prévoit, par ailleurs, le renforcement des capacités des professionnels de santé, l’amélioration des infrastructures médicales et la sensibilisation de la population aux facteurs de risque du cancer ».
Il a indiqué à ce propos qu’« une collaboration avec des partenaires internationaux, tels que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), est envisagée dans le but de soutenir le développement des services de radiothérapie et de médecine nucléaire. »
Le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde avec environ 10 millions de morts par an, selon la Fondation pour la recherche sur le cancer (ARC) de France.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ 20 millions de cas de nouveaux cancers et 9,7 millions de morts ont été enregistrés à travers le monde.
Par ailleurs, ajoute l’OMS, plus de 53 millions de personnes restent en vie dans les cinq ans suivant le diagnostic de cancer. Ce qui témoigne de la performance de la prise en charge des différents types de cancer auxquels les malades sont confrontés.
A ce titre, le secrétaire général du ministère sénégalais de la Santé et de l’Action sociale souligne l’importance de l’unité et de la collaboration dans la lutte commune contre cette maladie.
Le professeur Mamadou Moustapha Dieng, directeur de l’institut du cancer et vice-président de la Société sénégalaise de cancer (Sosecan), a invité le ministère de la Santé, à aider les structures sanitaires à mieux faire face à cette maladie.
« Le gap est en train d’être résorbé au niveau de la formation. C’est au niveau des structures hospitalières qu’il faut agir », a-t-il suggéré, rappelant que » le volet le plus important, c’est la prévention ».
Le cancérologue a invité toutes les associations à avoir des conseillers pour mieux unir leurs actions dans la lutte contre le cancer. Selon lui, « toutes les actions doivent se faire de manière concertée pour aboutir à un plan ».
« Actuellement, a-t-il souligné, nous sommes à peu près à onze mille nouveaux cas de cancers chaque année mais nous allons passer à 15 mille nouveaux cas chaque année avec une hausse de la mortalité de 110 %, s’il n’y a pas une amélioration des plateaux techniques ».
Rose Guèye Ndao, vice-présidente de la Ligue sénégalaise de lutte contre le cancer (Lisca) a relevé à son tour que dans le cadre de la lutte contre cette maladie, « il ne s’agit pas de se concentrer uniquement sur le traitement de la maladie, mais d’adopter aussi les perspectives et les expériences des individus, des soignants, des familles et des communautés (…) ».
LANCEMENT D’UNE IA POUR LA SURVEILLANCE DES ZOONOSES
Le projet valorise l’idée que les solutions technologiques aux problèmes de santé ne peuvent fonctionner que lorsqu’elles sont inclusives, et impliquent les utilisateurs des connaissances et les parties prenantes locales.
Au Sénégal, l’intelligence artificielle va être mise au service de la santé. Le Laboratoire de Sociologie, d’Anthropologie et de Psychologie (LASAP) de I’Université Cheikh Anta Di0p de Dakar, en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’Action Sociale, le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage, le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, va officiellement lancer une IA.
Cette dernière va permettre « la surveillance à base communautaire des maladies zoonotiques au Sénégal », annonce le communiqué de A14DECLIC SN. La plateforme sera accessible sur la plateforme ia fitłps://www.p/oteformeãsoneżieolłfi.sn/. Pour rappel, les maladies zoonotiques sont les maladies infectieuses qui passent de l’animal à l’Homme.
Le projet est soutenu par le Centre de Recherches pour le développement International (CRDI) Canada, et le Foreign, Commonwealth and development Office (FCDO) du Royaume-Uni.
« Le projet valorise l’idée que les solutions technologiques aux problèmes de santé ne peuvent fonctionner que lorsqu’elles sont inclusives, et impliquent, par une démarche de cocréation, les utilisateurs des connaissances et les parties prenantes locales, à chaque étape de leur conception, développement et évaluation, en tant que co-chercheurs et non de simples bénéficiaires », ajoute le communiqué.
LE SAMES EN GREVE LES 18 ET 19 FEVRIER
D’après le Bureau Exécutif National (BEN) du SAMES, « un premier plan d'action est établi, et démarre par une grève générale de 48 heures avec respect strict des urgences sur tout le territoire national les 18 et 19 février 2025. »
Le Syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes (SAMES) a annoncé dans un communiqué qu’il va observer une grève générale les 18 et 19 février prochains. Cette décision découle selon le SAMES de l’inertie constatée du gouvernement depuis le dépôt en décembre 2023 de sa plateforme revendicative.
D’après le Bureau Exécutif National (BEN) du SAMES, « un premier plan d'action est établi, et démarre par une grève générale de 48 heures avec respect strict des urgences sur tout le territoire national les 18 et 19 février 2025. »
Cette décision d’aller en grève selon cette organisation syndicale dont le Bureau exécutif national s’est réuni, samedi, au siège de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) « Keur Madia » , s’explique par « l’inertie du gouvernement depuis le dépôt en décembre 2023 de leur plateforme revendicative », qui s’articule essentiellement autour du recrutement dans la fonction publique des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes en chômage, communautaires, contractuels des hôpitaux et des collectivités territoriales et de la gestion démocratique des ressources humaines.
Il s’y ajoute aussi la revalorisation de la pension de retraite des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes et la correction définitive des inégalités et injustices relatives aux régimes indemnitaires que subit le corps médical, lit-on dans le communiqué.
Dans ces revendications figurent aussi la construction d’hôpitaux de niveau II dans tous les départements pour rapprocher les soins aux populations et l’accélération de la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle.
Le SAMES appelle également au règlement définitif de « la lancinante question » du statut des médecins en spécialisation et des internes des hôpitaux.