SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
3 avril 2025
Santé
TRISOMIE 21, LE HADICAP N'EMPECHE PAS DE VIVRE MAIS LES PREJUGES OUI
Le Centre Aminata Mbaye, une structure d’encadrement pour enfants déficients intellectuels, a organisé, ce jeudi, une journée sur le thème : ‘’Le handicap n’empêche pas de vivre, mais les préjugés oui’’ en prélude à la célébration de la Journée mondiale..
Le Centre Aminata Mbaye, une structure d’encadrement pour enfants déficients intellectuels, a organisé, ce jeudi, une journée sur le thème : ‘’Le handicap n’empêche pas de vivre, mais les préjugés oui’’ en prélude à la célébration de la Journée mondiale de la Trisomie 21 prévue, vendredi.
”Au-delà d’être handicapés, ils ont quand même le droit de vivre et ils ont droit à tout ce dont ont droit les autres personnes. C’est la raison pour laquelle nous avons dit que le handicap n’empêche pas de vivre, les préjugés, oui”, a déclaré Marie Madeleine Amy Dione, directrice générale du centre Aminata Mbaye.
”Aujourd’hui, si vous voyez le cadre dans lequel ils évoluent, cela prouve nettement qu’on ne les a pas mis de côté. On fait de notre maximum pour leur offrir un cadre adéquat, un cadre approprié pour qu’ils se sentent à l’aise et qu’ils soient épanouis’’, a t-elle ajouté.
Selon elle, ces enfants atteints de Trisomie 21 sont capables de faire beaucoup de choses dans les différentes activités ainsi que dans les ateliers.
”Ce jour est dédié à la Trisomie 21, une couche de la population qui est très souvent laissée pour compte. Et donc, le centre Aminata Mbaye accueillant des autistes, des trisomiques, des IMC, c’est-à-dire les infirmités motrices cérébrales, nous avons jugé opportun de célébrer cette journée pour leur rendre un vibrant hommage, pour leur dire que nous ne les oublions pas, qu’ils font partie de la société’’, a-t-elle expliqué.
Marie Madeleine Amy Dione a fait état de difficultés dans la prise en charge de ces enfants.
‘’Alors les difficultés sont multiples parce que comme vous le savez, prendre en charge cette couche de la population qui est très souvent laissée pour compte n’est pas une chose facile. C’est une répétition perpétuelle. Ce ne sont pas les enfants qui doivent s’adapter à nous, c’est à nous éducateurs de nous adapter à leur handicap pour leur donner ce dont ils ont besoin que ce soit dans la vie sociale comme dans la vie professionnelle’’, a dit la directrice du centre Aminata Mbaye.
NEUF LOTS DE MÉDICAMENTS RETIRÉS DU MARCHÉ
L’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP) du Sénégal a détecté un taux de non-conformité de 4,8 % parmi les médicaments les plus consommés en 2024.
L’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP) du Sénégal a détecté un taux de non-conformité de 4,8 % parmi les médicaments les plus consommés en 2024. En réponse, neuf lots ont été rappelés et des mesures de contrôle renforcées pour éviter la circulation de produits de qualité inférieure ou falsifiés.
L’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP) a annoncé le rappel de neuf lots de médicaments après avoir identifié un taux de non-conformité de 4,8 % sur 416 échantillons analysés dans le cadre de son plan de contrôle 2024. « Nous avons constaté que 95,2 % des échantillons étaient conformes aux normes, mais les 4,8 % restants posent un risque pour la santé publique. C’est pourquoi nous avons procédé au retrait immédiat des lots concernés et levé la suspension sur certains médicaments, comme l’amlodipine », a déclaré le professeur Mamadou Baldé, directeur du contrôle qualité à l’ARP.
Les médicaments testés comprennent des traitements largement utilisés tels que le paracétamol, l’amoxicilline, l’artésunate, la bupivacaïne, l’iohexol et plusieurs antibiotiques. Les antibiotiques ont d’ailleurs été les plus contrôlés (141 échantillons), suivis des antihypertenseurs (87), des antitussifs (59), des antidiabétiques (52), des solutés (34) et des antalgiques (28). Le docteur Cheikh Sadibou Camara, de la direction de la surveillance de l’ARP, a expliqué que les médicaments destinés aux maladies chroniques comme l’hypertension et le diabète faisaient l’objet d’une vigilance accrue en raison du risque élevé de falsification.
Le directeur général de l’ARP, le docteur Alioune Ibnou Abatalib Diouf, a tenu à rassurer le public tout en soulignant l’enjeu de la lutte contre les médicaments de qualité inférieure : « Si 95 % des médicaments testés sont conformes, les 5 % restants sont préoccupants car ils peuvent être falsifiés ou mal dosés. Nous devons identifier leur provenance et empêcher leur entrée sur le marché. »
Il a également évoqué les différentes voies d’introduction des médicaments non conformes au Sénégal, notamment l’aéroport, le port, les frontières terrestres et le transport informel via les « gros-porteurs » (GP). L’ARP travaille en étroite collaboration avec sa direction de l’inspection pour renforcer le contrôle et protéger la population contre ces produits dangereux.
LE SÉNÉGAL S'IMPOSE COMME HUB RÉGIONAL EN MATIERE PHARMACEUTIQUE
L'accord entre l'ARP et la SOSEAP, signé lundi, élimine enfin les obstacles bureaucratiques qui entravaient l'obtention des Autorisations de Mise sur le Marché dans l'espace UEMOA
L’Agence de réglementation pharmaceutique (Arp) et la société sénégalaise des agences de promotion médico-pharmaceutique (Soseap) ont signé une convention pour l’enregistrement automatique des produits pharmaceutiques dans les autres pays de l’union économique et monétaire ouest africain (UEMOA).
Les pharmaciens sénégalais ont du mal à disposer des autorisations de mise sur le marché (Amm) dans l’espace Uemoa. C’est dans ce sens que l’agence de réglementation pharmaceutique (Arp) et la société sénégalaise des agences de promotion médico-pharmaceutique (Soseap) ont signé une convention hier.
Selon le président de la Soseap, Mohamadou Bara Mbaye, les échanges ont porté sur la convention signée avec le Niger qui permet aux laboratoires et aux agences sénégalaises de pouvoir bénéficier d'un avantage comparatif au Niger, c'est-a-̀dire qu'ils pourront avoir directement des autorisations de mise sur le marché (AMM) au Niger. «Cela permettra à l'agence de pouvoir recouvrir plus de fonds dans son budget mais aussi aux agences de pouvoir créer de nouveaux emplois, parce qu'avec le nouveauNM3, certainement tous les laboratoires vont venir au Sénégal à cause de l'avantage comparatif suite aux conventions qui seront signées avec les autres pays», dit-il.
Pour sa part, le Secrétaire général de l’association de la société sénégalaise des agences de promotion, Souleymane Mbengue estime que l'association est responsable de l'approvisionnement de 80% des médicaments au Sénégal. «Nous en sommes les acteurs principaux. Donc, s'il y a quelque chose qui se passe au niveau de la filière pharmaceutique, nous avons notre mot à dire, parce que nous sommes les principaux concernés. Les médicaments que nous prenons sont en principe gérés par l'association, non seulement dans le prive,́mais également dans le public», soutient-il.
Plus de 1 000 dossiers d’autorisation sur le marché étaient dans les tiroirs de l’ARP
Selon lui, quand on parle d'importation de médicaments, on parle d'abord d'autorisation de mise sur le marché qu'on appelle les AMM. «Il y avait un stock de plus de 1 000 dossiers qui dormaient dans les tiroirs. Nous avons remarqué qu'avec le nouveau Directeur général, le stock a été totalement vidé. Donc, toutes les demandes d'autorisation qui traînaient depuis 2016 ont été signées. Maintenant, les demandes répondent aux critères de l’espace communautaire, Uemoa. Le Sénégal a atteint le niveau de maturité 3, ce qui est une performance, vu d'où̀ nous venons», soutient-il. Ce qui veut dire que si les produits sont enregistrés au Sénégal, selon lui, automatiquement ils peuvent être enregistrés dans les autres pays de l'espace communautaire. «C'est un avantage comparatif non seulement pour nous, mais surtout pour l'association. Nous embauchons des Sénégalais et donc, nous avons besoin d'expansion. Cette expansion, grâce à ces conventions, peut aller vers le Niger et d'autres pays très prochainement», dit-il.
Al Hassane datt prend la défense du DG de l'ARP
Le secrétaire général du syndicat des délégués médicaux, Al Hassane Datt, est revenu sur la polémique qui enfle sur la nomination du directeur de l’Arp, Dr Alioune Abatalib Diouf. Selon lui, ces attaques sont non seulement injustes mais elles portent également atteinte àl'ensemble des parties prenantes particulièrement à l'industrie médico pharmaceutique. «Le tarissement des sources d'approvisionnement en médicaments du marché illicite a fait l'objet de conventions entre l'ARP, la gendarmerie nationale et la police nationale. C'estla raison pour laquelle une entreprise de destruction s'est déclarée contre l'ARP et son dirigeant. Il a su insuffler une dynamique positive et inclusive des parties prenantes», déclare M. Datt. «Nous ne pouvons tolérer que des personnes mal intentionnées, soutient-il, tentent de nuire à notre autorité de réglementation en discréditant son dirigeant». Il appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de discernement et à ne pas céder à la manipulation et aux calomnies.
GUY MARIUS SAGNA CONTESTE LA NOMINATION DU DIRECTEUR DE L’ARP
Le député a adressé une question écrite au ministère de la Santé pour dénoncer la nomination de Dr Diouf. Il met en avant des sanctions disciplinaires passées contre ce dernier pour trafic présumé de médicaments.
Le député Guy Marius Sagna a saisi le ministère de la Santé par une question écrite pour dénoncer la nomination de Dr Alioune Ibnou Abitalib Diouf à la tête de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP). Selon lui, ce dernier a fait l’objet d’une sanction disciplinaire pour trafic présumé de médicaments.
Dans son courrier, le parlementaire rappelle que Dr Diouf avait été épinglé par l’Ordre des pharmaciens du Sénégal pour des pratiques jugées irrégulières dans la gestion de quatre pharmacies situées à Touba et Mbacké, dont la pharmacie El Hadj Mouhamadou Lamine Bara Fallilou Mbacké, qui lui appartient.
L’inspection menée à l’époque aurait révélé plusieurs manquements, notamment l’absence de renouvellement de son inscription annuelle à l’Ordre des pharmaciens et des irrégularités dans la traçabilité de commandes de médicaments comme le Cardiurine, l’Irex sirop et le Verzol comprimés. Ces anomalies avaient conduit à sa comparution devant le Conseil de discipline, qui l’avait sanctionné.
Guy Marius Sagna estime que le président de la République n’avait pas toutes les informations au moment de sa nomination et demande l’annulation du décret. Il pointe également des décisions de gestion problématiques prises par Dr Diouf depuis son entrée en fonction à la tête de l’ARP.
UNE ZONE QUI SORT DU ROUGE DANS TAMBACOUNDA
Le centre de santé de Maka Colibantang s’est distingué dans la lutte contre le paludisme malgré que la région médicale de Tambacounda reste dans la zone rouge dans cette lutte vectorielle.
Le centre de santé de Maka Colibantang s’est distingué dans la lutte contre le paludisme malgré que la région médicale de Tambacounda reste dans la zone rouge dans cette lutte vectorielle. En visite dans ce lieu, hier, jeudi 13 mars, les acteurs ont dévoilé les stratégies déroulées qui reposent sur une démarche inclusive avec la population locale.
La lutte anti vectorielle est axée dans la proximité des acteurs de la santé avec la communauté, dans la commune de Maka Colibantang située dans la région médicale de Tambacounda. Concernant la lutte contre le paludisme, cette zone a fait d’énormes progrès, en sortant de la zone rouge, contrairement au niveau régional qui affiche des indicateurs négatifs.
En visite à Maka Colibantang dans le cadre du projet « Santé et lumière » de l’association des journalistes en santé population et Développement (Ajspd) en partenariat avec Bill et Melinda Gates, les stratégies développées ont été partagées dans ce district qui polarise 13 postes de santé, un centre de santé, 14 cases de santé, dont 13 qui sont fonctionnelles, 95 sites Pecadom dont 30 sites communautaires. Selon Malamine Thiam, superviseur des soins de santé primaire du district même si c’est très difficile d’analyser et donner la situation actuelle de cette zone pour cause de rétentions d’information sanitaire des agents de la santé, il est certain que les progrès sont réels dans cette localité qui concentre une population totale en 2025 de 106 372. « On peut faire un bref recul par rapport à l'année 2018 jusqu'à 2021 pour essayer de voir les stratégies qui ont beaucoup contribué à la baisse de l'incidence palustre dans notre district. En 2018, nous étions à une incidence qui était de 279 pour mille. Et en 2019, nous en étions arrivés à 184 pour mille. Et pour, 2021, 2022, 64 pour mille. Cela veut dire tout simplement que des efforts vraiment colossaux ont été faits pour arriver à ces résultats ». Revenant sur les efforts consentis par le district, M. Thiam a souligné la Pecadom, qui est la prise en charge des cas à domicile gérée par des acteurs communautaires qui sont formés en ce sens et qui pratiquent dans le village où ils sont désignés. Il s’y ajoute les Pecadaaras et les Pecaécoles. « Ces stratégies consistent tout simplement à faire le relais chaque semaine dans chaque ménage, des daraas et écoles pour aller dépister les enfants qui sont fébriles. Et une fois l'enfant dépisté, à lui le dispensateur, de voir maintenant si ce dernier à le paludisme. Si c’est le cas, il le traite directement. Si le cas est négatif, l’enfant est référé directement au niveau du poste de santé pour une meilleure prise en charge. Cependant, si l’enfant désisté positif présente aussi un signe de gravité, le cas est référé directement à la structure rattachée » a-t-il fait savoir.
Et d’ajouter : « il y a également ce qu'on appelle, la Chimio Prévention du Paludisme Saisonnier (Cpes), que l'on fait chaque année pratiquement et qui cible les enfants âgés de 3 mois à 120 mois. C'est une stratégie qui a fait ses preuves, parce qu'on l'a démarré au mois de juillet jusqu'au mois de septembre. Et durant cette période, on a vu vraiment une baisse drastique des cas de paludisme. Cette activité a été couplée l'année dernière avec le dépistage actif du paludisme pour les mamans qui disent que leur enfant est malade ainsi que la pulvérisation intra domicile. Il s’y ajoute dans les stratégies avancées la digitalisation des données, pour nous permettre un peu de nous décaler de la version papier ». Dans la prise en charge des femmes enceinte, le traitement Préventif Intermittent Communautaire (Tpi) a été initié par le personnel soignant et déroulé par des agents communautaires, qui sont formés. Le tout cumulé, avec la distribution des moustiquaire (milda)
CONTRAINTES ET DIFFICULTES DANS LA PRISE EN CHARGE
Si le district de Maka Colibantang a enregistré de bons résultats, non sans beaucoup difficultés. Selon Malamine Thiam, avec les solutions qui ont été préconisées, il y a un cas de revue, avant le démarrage de chaque campagne. « On avait demandé à chaque infirmier-chef de poste (Icp), de constituer un comité de gestion pour ces cas de revue. Et une fois qu'ils ont signalé, c'est ce comité, composé généralement de l'ICP, du chef de village de la zone qui vont aller discuter avec le parent qui a refusé d'administrer les médicaments à son enfant Et cela a toujours porté ses fruits. Mais, il arrive que certains cas soient vraiment durs et ces cas de résistance ont existé » a-t-il évoqué. Et d’ajouter : « 90% des cas ont été solutionnés. En plus, la zone bénéficie de l’influence positive religieuse » Par rapport au financement, il a lancé un cri de cœur au Programme national de lutte contre le paludisme pour un appui après le retrait de l’Usaid. « Je pense que le premier partenaire, c'est le PNLP qui doit faire des efforts avec le retrait des partenaires sinon, les acquis seront perdus ».
RAMADAN ET INSUFFISANCE RÉNALE, PRÉCAUTIONS POUR UN JEÛNE SÉCURISÉ
Le Dr Amadou Samba Sow, chef du service de néphrologie à l’établissement public de santé de Ndamatou, rappelle que tout dépend du stade de la maladie et des pathologies associées et recommande une consultation médicale préalable.
Pour garantir un jeûne sécurisé pendant le mois de Ramadan, les personnes atteintes d’insuffisance rénale doivent faire preuve d’une discipline particulière. C’est ce qu’a souligné le Dr Amadou Samba Sow, chef du service de néphrologie à l’établissement public de santé de Ndamatou, lors d’un entretien avec le quotidien national Le Soleil.
« Ramadan et néphrologie, c’est tout à fait compatible », a affirmé dès le départ le Dr Amadou Samba Sow, chef du service de néphrologie de l’établissement public de santé de Ndamatou. Toutefois, M. Sow a énoncé certaines conditions.
Tout d’abord, il précise que, pour les patients atteints de maladies rénales chroniques, la situation varie en fonction des stades de la maladie. Il évoque notamment les personnes diabétiques, expliquant que leur capacité à observer le Ramadan dépend des autres pathologies qui peuvent être présentes. Par conséquent, il recommande à ses patients de consulter leurs médecins traitants afin d’évaluer, en fonction de leur profil, s’ils peuvent observer le Ramadan ou non.
« En effet, explique-t-il, une personne atteinte de diabète qui reçoit des injections d’insuline et souffre en plus d’une insuffisance rénale ne peut pas jeûner. En revanche, une personne ayant de l’hypertension ou un diabète traité par médicaments, dont l’insuffisance rénale n’est pas trop avancée, peut jeûner en suivant certaines pratiques spécifiques. » Il leur conseille donc de bien respecter les horaires des repas et de veiller à s’hydrater suffisamment.
VIDEO
LE JEÛNE FAVORISE-T-IL UNE BONNE SANTÉ ?
Abdoulaye Samb, Professeur retraité au Laboratoire de Physiologie de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie revient dans ce premier épisode sur la préservation de la santé en cette période de jeûne.
Abdoulaye Samb, Professeur retraité au Laboratoire de Physiologie de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontologie revient dans ce premier épisode sur la préservation de la santé en cette période de jeûne.
PLAIDOYER DU PROFESSEUR YOUNOUSSA KEITA POUR UN CENTRE DE DIALYSE PÉDIATRIQUE
Le professeur Younoussa Keita, pédiatre et néphrologue pédiatrique à la faculté de médecine de l’UCAD, était l’invité de l’émission Salam Sénégal. Lors de son intervention, il a abordé les maladies rénales qui touchent les enfants
Le professeur Younoussa Keita, pédiatre et néphrologue pédiatrique à la faculté de médecine de l’UCAD, était l’invité de l’émission Salam Sénégal. Lors de son intervention, il a abordé les maladies rénales qui touchent les enfants et a plaidé pour la mise en place d’un centre de dialyse spécialisé pour les plus jeunes, ainsi que pour le renforcement des effectifs médicaux dans ce domaine.
Selon le professeur Keita, plusieurs facteurs sont responsables des maladies rénales chez les enfants. Parmi eux, il cite : L’automédication et l’utilisation de médicaments de la rue. Les infections aiguës : des maladies telles que les angines mal soignées et les amygdalites peuvent entraîner des complications rénales. Les maladies de la peau : en saison des pluies, les enfants exposés à des conditions sanitaires dégradées peuvent contracter des infections dermatologiques qui affectent les reins. Les infections urinaires : particulièrement fréquentes chez les jeunes filles scolarisées en raison de toilettes insalubres. L’hydratation insuffisante, qui constitue un facteur de risque important. Certaines maladies chroniques comme la tuberculose, la bilharziose, le diabète et certains cancers. La drépanocytose, qui peut provoquer des complications rénales. La prématurité et le faible poids à la naissance, qui prédisposent certains enfants à des problèmes rénaux.
Le professeur Keita recommande aux parents d’être vigilants face à certains symptômes qui peuvent indiquer une atteinte rénale chez l’enfant. Parmi eux : Une prise de poids anormale, un gonflement du visage au réveil, une augmentation anormale de la fréquence urinaire, notamment la nuit, des infections urinaires répétitives, la présence de sang dans les urines.
Selon le professeur Keita, le Sénégal compte environ 20 nouveaux cas par mois d’enfants atteints de maladies rénales. « La moitié des enfants référés souffrent d’insuffisance rénale due à un diagnostic tardif. Heureusement, la plupart des enfants ayant des reins affaiblis peuvent récupérer, mais certains n’ont d’autre choix que la dialyse. »
Cependant, le manque de personnel qualifié est un véritable obstacle à une prise en charge efficace. « Nous ne sommes que deux néphropédiatres au Sénégal. C’est une spécialité récente et, même si le ministère de la Santé et les universités font des efforts, il faut augmenter le nombre de spécialistes pour mieux faire face à la progression de ces maladies », plaide-t-il.
L’autre défi majeur demeure l’insuffisance d’équipements spécifiques. « Nous ne disposons que d’une seule machine à l’hôpital Abass Ndao pour dialyser les enfants. Cette machine est constamment sollicitée, et nous devons parfois orienter les patients vers des centres de dialyse pour adultes, qui ne sont pas adaptés à leurs besoins. »
Le professeur Keita insiste sur la nécessité d’un centre de dialyse dédié aux enfants : « Ils n’ont pas la patience des adultes pour supporter des séances de plusieurs heures. Un centre adapté leur offrirait un environnement approprié, avec des espaces aménagés et des jouets pour les aider à mieux supporter ces traitements prolongés. »
200 NOUVEAUX CAS DE PATHOLOGIE RÉNALE CHEZ LES ENFANTS ENREGISTRÉS CHAQUE ANNÉE À ABASS NDAO
Le service pédiatrie de l’hôpital Abass Ndao reçoit, chaque année, 200 enfants atteints de maladies rénales, a t-on appris du Pr Younoussa Keïta, néphrologue pédiatre, spécialisé dans la prise en charge de cette pathologie chez l’enfant.
Le service pédiatrie de l’hôpital Abass Ndao reçoit, chaque année, 200 enfants atteints de maladies rénales, a t-on appris du Pr Younoussa Keïta, néphrologue pédiatre, spécialisé dans la prise en charge de cette pathologie chez l’enfant.
Le diagnostic pédiatrique des enfants montre que de 2017 à aujourd’hui, chaque année, 200 nouveaux cas sont enregistrés, des chiffres qui ne concernent pas les autres structures sanitaires du pays, selon Pr Keita.
”Ces 200 nouveaux cas sont ceux (des) enfants (qui) peuvent être référés à l’hôpital Abass Ndao de Dakar puisque les autres régions n’ont pas de centre de dialyse pour les enfants, sauf l’hôpital Abass Ndao’’, a déclaré l’enseignant chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Il prenait part aux journées de sensibilisation de deux jours sur la prise en charge des maladies rénales chez les enfants placé sous le thème ‘’Les reins de nos enfants vont-ils bien ?’’. La journée mondiale du rein est célébrée le 10 mars.
‘’Les enfants doivent avoir un bon traitement qui se fait sur une longue période. Dès le début des analyses de ces enfants, on doit consulter les parents pour savoir s’ils ont des maladies rénales pour la prise en charge”, a -t -il expliqué.
Pr Keita a confié que les services de l’hôpital Abass Ndao rencontrent beaucoup de difficultés pour prendre en charge ces enfants. Il a déploré le dépistage tardif de la maladie car beaucoup de parents pensent que la maladie rénale n’atteint pas l’enfant.
Or, a relevé le pédiatre, les expériences ont montré, depuis le début des consultations de néphrologie pédiatrique, que 1600 enfants sont venus de toutes les régions du Sénégal, d’où la nécessité d’un dépistage précoce.
‘’Nous avons également des problèmes de prise en charge de cette maladie chez l’enfant, malgré beaucoup d’efforts pour prendre en charge les maladies rénales chez l’enfant, mais les efforts ont été plus orientés chez les adultes’’, a-t-il constaté.
‘’Les enfants ont été oubliés, peut-être faute également de connaissances de la prévalence élevée de cette maladie parmi la population pédiatrique’’, a-t-il insisté.
Pour corriger cette anomalie, Pr Younoussa Keita recommande de mettre en place un centre de dialyse pilote pour les enfants. Ce qui permettra, de l’avis de l’enseignant chercheur, de ‘’former également un personnel qui pourra prendre en charge les enfants qui sont atteints de maladies rénales’’.
Le spécialiste a rappelé que les données du service d’Abass Ndao sont loin de refléter la réalité.
‘’Nous sommes dans un hôpital de référence, un hôpital de niveau 3. Imaginez tous les enfants qui sont consultés dans les établissements publics de santé et qui n’arrivent pas à être référés jusqu’à Dakar, encore que dans les régions, il n’y a pas de spécialistes pour la néphrologie pédiatrique’’, a t-il dit.
Les journées de sensibilisation sur les maladies rénales chez les enfants se poursuivent jusqu’à mercredi à l’hôpital Abass Ndao.
UNE PRATIQUE EN SOUFFRANCE
De plus en plus de Sénégalais souffrent de défaillance rénale qui les conduits à faire des séances de dialyse pour se maintenir en vie.
De plus en plus de Sénégalais souffrent de défaillance rénale qui les conduits à faire des séances de dialyse pour se maintenir en vie. La transplantation, considérée comme une solution pour ces personnes souffrant d’insuffisance rénale, semble être hypothéquée par les procédures de donation d’organe et le coût élevé de l’opération. Une situation qui rend difficile la prise en charge de ces pathologies.
Le Sénégal a fait des efforts dans la prise en charge des personnes souffrant d’insuffisance rénale chronique, laquelle se traduit par une diminution du fonctionnement des reins qui ne filtrent plus correctement le sang de l'organisme. Aujourd’hui, toutes les régions sont dotées de centres de dialyse et les malades sont suivis par des spécialistes de cette maladie. Seulement, dans cette prise en charge, la demande, avec plus de 1500 patients, reste supérieure à l’offre, avec 800 malades pensionnaires, puisque toutes les personnes en situation de dialyse ne peuvent pas bénéficier des faveurs des structures hospitalières du public qui offrent la gratuité de la dialyse depuis 2012.
Il s’y ajoute les pannes récurrentes des machines souvent enregistrées, qui rendent impossible la pratique de l’acte, ainsi que le manque de personnel soignant qualifié. Ce qui oblige des fois les pensionnaires de ses structures à recourir au privé pour éviter que leur situation n’empire. Au Sénégal, les statistiques du ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) renseignent que l’insuffisance rénale touche environ 5% de la population et constitue le plus lourd fardeau financier. Dans le privé, une séance de dialyse coûte 60 mille francs CFA, allant jusqu’à 120 mille francs CFA dans certaines cliniques de la place. Une somme souvent insoutenable pour les familles des patients qui doivent procéder à plusieurs séances de dialyse hebdomadaires.
Dans le cadre de la prise en charge de cette pathologie, souvent causée par le diabète ou encore l’hypertension artérielle, la loi sur la transplantation rénale a été adoptée en 2015 par le Sénégal, pour répondre à la forte demande et qui permet de restaurer la dignité du malade. Aujourd’hui, même si le pays a effectué des greffes réussies, avec trois interventions, le processus d’éligibilité reste lent, à cause des contraintes de procédures, malgré la présence d’un plateau technique aux normes et d’un personnel de pointe
Rappelons que dans le cadre du don de rein, le Sénégal a opté pour un donneur vivant et ces derniers doivent nécessairement être apparentés aux bénéficiaires. Ils doivent aussi faire valider leur consentement par le président d’un Tribunal qui est assisté de médecins. Soulignons aussi que dans le cadre de la prévention des insuffisances rénales, il est recommandé aux malades souffrant de diabète ou encore d’hypertension d’augmenter l'activité physique et de limiter la sédentarité ; d’adopter une alimentation équilibrée en modérant la consommation de sel, d'alcool ; diminuer sa surcharge pondérale mais aussi éviter la consommation de tabac, entre autres pratiques.