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5 avril 2025
Santé
LES SAGES-FEMMES CONTESTENT LES FAITS DEVANT LE TRIBUNAL
Le procès des six sages-femmes a repris, ce jeudi, devant le tribunal des flagrants délits de Louga. Elles sont poursuivies pour « non-assistance à personne en danger ». La raison ? La femme Sokhna Astou est décédée en couches
Le procès des six sages-femmes a repris, ce jeudi, devant le tribunal des flagrants délits de Louga. Elles sont poursuivies pour « non-assistance à personne en danger ». La raison ? La femme Sokhna Astou est décédée en couches à l’hôpital régional Amadou Sakhir Mbaye de Louga dans le service de maternité avec son bébé, après de longues heures de souffrance. Selon Modou Mboup, sa femme a souffert dans l’indifférence totale de 10 heures jusqu’à sa mort vers les coups de 5 heures 30 minutes du matin.
« Quand je suis venu on m’a amené dans une salle d’attente. Ma femme était à l’intérieur et il n’y avait pas l’assistance qu’il fallait. (…) vers 22 heures, elle ressentait des douleurs avant d’enlever sa perfusion. Ensuite, elle m’a demandé d’appeler une sage-femme. Vers 4 heures du matin, la douleur persistait et une d’entre-elles a dit si elle continue, elle allait la faire sortir. A 5 heures, elle me disait qu’elle étouffait. Lorsque je suis sortie, sa mère m’a appelé vers 5 heures 30 minutes pour me dire qu’elle est décédée », a dit son mari.
Pourtant, rappelle-t-il, le gynécologue avait dit qu’elle présentait une grossesse à risque et qu’elle devait être assistée. « Comme c’est une grossesse à risque et qu’elle avait un dossier médical, je pense qu’on ne devait pas la faire patienter. Elle avait tellement mal qu’elle enlevait les perfusions », a dit le mari.
Le juge recadre les sages-femmes
A sa suite, les sages-femmes ont été entendues et c’est Amy Sène qui s’est présentée la première à la barre. Chef d’équipe le matin, elle a soutenu qu’elle est venue à 10h. « On m’a dit qu’elle devait accoucher mais lorsque je l’ai diagnostiqué je lui ai dit que le travail n’a pas encore commencé. Je lui ai fait une analyse avant de donner l’ordonnance à son mari qui est parti l’acheter », a-t-elle dit. Toutefois, elle reconnaît que le médecin leur avait instruit de continuer la perfusion et de la surveiller. « Il y avait d’autres malades et je l’ai déplacé là où on met les opérées récentes. Je lui ai fait une deuxième perfusion. Elle avait son carnet de santé et on savait qu’elle avait des complications lors de sa première grossesse. Elle se plaignait de douleurs ».
Sur une question du juge de savoir est-ce que les sages-femmes savaient qu’elle devait faire une césarienne, Amy a rétorqué : « on ne savait qu’elle était programmée pour le lendemain. Pourtant, selon le juge, le dossier dit qu’elle était programmée pour le lendemain pour un accouchement par césarienne ». Mais la sage-femme d’insister : « on a bien fait notre travail. On relevait régulièrement les constantes. Sa tension était normale. Quand je l’ai interrogé elle m’a rétorqué que son seul antécédent c’est la tension. J’avoue qu’on ne notait pas les constantes sur le dossier pour l’équipe qui devait prendre la relève ».
Penda DIACK : « pourquoi j’ai mis mort naturelle sur le certificat de décès »
« Si vous consultez une malade vous devez régulièrement noter ça sur son dossier. D’ailleurs si vous ne le notez comment vous allez prouver que vous êtes venue ? », s’interroge le juge. Avant de la demander : « pourquoi le gynéco avait recommandé une visite préanesthésique ? C’est pour faire une césarienne ».
Pour sa part, Ndèye Fatou Seck également prévenue dans ce dossier a indiqué qu’elle n’était pas sur place quand leur chef d’équipe était venue la consulter. « J’avoue que j’ai aperçu Sokhna ce jour-là. On était en train d’accoucher une autre malade quand elle est venue. Je n’étais pas censée m’occuper d’elle même si nous sommes une équipe. On était en service de 9 heures jusqu’à 22 heures. Je ne me suis pas approchée d’elle parce que personne ne m’a appelé », s’est-elle défendue. Même tonalité chez Ngoné Ndiaye. « J’étais dans une autre salle au moment des faits. Amy m’a amené le dossier de Sokhna. Une malade programmée pour une visite pré anesthésique doit être opérée dans les heures qui suivent. A ma connaissance, elle n’était pas dans l’urgence. Parce que Mme Sène m’a dit que sa tension était normale. Ce n’est pas moi qui l’ai examiné », a-t-elle déclaré.
Ndèye Khady Lo, chef d’équipe le soir a reconnu que Amy l’a dit qu’elle devait être surveillée et qu’elle devait aussi faire une visite préanesthésique. « J’ai remarqué dans son dossier qu’elle avait un antécédent et qu’elle présentait une grossesse à risque. Je suis passée à trois reprises pour prendre de ses nouvelles. J’avais oublié d’écrire ce que j’ai relevé. On m’a dit qu’elle a enlevé la perfusion et je l’ai refait. Elle m’a dit qu’elle ne pouvait plus se tenir debout. C’est sa maman qui m’a appris le décès », a-t-elle aussi ajouté. Ndèye Faly Guèye, de son côté, indique qu’elle n’était pas présente quand la chef d’équipe la consultait. Par ailleurs, précise-t-elle : « Je suis en état de grossesse et je comprends sa situation ».
Ayant fait le certificat de décès alors qu’elle n’avait pas les prérogatives, la sage-femme, Penda Diack, a également était entendue par le juge. Elle a confié : « je n’étais pas dans la même salle qu’elle est venue et je ne l’ai pas assisté. S’agissant du certificat de décès, je l’ai rédigé pour la morgue. Je n’ai pas examiné la malade et j’ai mis mort naturelle parce que j’ai pris l’avis du médecin. Et Ndeye khady est venue me dire que le médecin a dit que c’est une mort naturelle. Je suis sage-femme et je n’ai pas cette prérogative. C’est un spécialiste qui devait le faire », a-t-elle fini par avouer. Elle sera recardée par le juge : « vous vous êtes précipitez comme si vous avez voulu masquer quelque chose. Pourquoi cette précipitation ? Si vous n’avez rien à cacher pourquoi vous avez agi ainsi ? Ce n’est pas votre compétence de faire des actes de décès. Vous êtes des sage-femmes et limitez-vous à votre travail. Vous n’avez pas à constater des décès ». L’audience suit son cours et ce sont les témoins qui sont à la barre.
L'AFRIQUE EN CARENCE DE SPÉCIALISTE EN CHIRURGIE
Dakar a abrité hier le Symposium international consacré au renforcement des systèmes de soins chirurgicaux, obstétricaux et anesthésiques en Afrique à l’horizon 2030. Cette rencontre se déroule en deux temps, avec une réunion d’experts les 4 et 5 mai
Dakar a abrité hier le Symposium international consacré au renforcement des systèmes de soins chirurgicaux, obstétricaux et anesthésiques en Afrique à l’horizon 2030. Cette rencontre se déroule en deux temps, avec une réunion d’experts les 4 et 5 mai, et un sommet des ministres de la santé le 6 mai.
Ce conclave a pour but d’avancer l’agenda de la santé dans la mesure où le continent compte moins d’un spécialiste pour 100 000 habitants. Le directeur exécutif du symposium international, en abordant le sujet, a indiqué que 2% des docteurs dans le monde sont africains alors que l’Afrique compte plus de 20 % de la population mondiale. « Nous sommes 1 milliard 200 millions d’habitants, 1 malade sur 4 dans le monde est africain. Donc, c’est une situation difficile et moins d’un spécialiste en chirurgie pour 100 000 habitants », a-t-il déclaré.
Pierre M’Pélé constate que l’Afrique, dans le domaine de la santé, est un continent pas très outillé. « Malgré cela, le continent a quand-même réalisé des résultats importants dans le domaine de la chirurgie. En chirurgie, le taux de mortalité a chuté de 40% au cours des 20 dernières années. Cela veut dire que malgré les difficultés, nous sommes dans une bonne lancée, une bonne perspective d’améliorer la santé en Afrique », fait-il remarquer. Sous ce rapport, l’organisateur du symposium dit : « Nous travaillons ensemble aujourd’hui sur un domaine avec une composante qui a été un peu négligée en Afrique. Cette composante, c’est la chirurgie, de l’anesthésie obstétrique ».
« Chaque année, 40 millions en termes de besoins d’opérations chirurgicales ne sont pas réalisés en Afrique »
De l’avis de M’Pélé, la pandémie de la Covid-19 nous a montré, dans la majorité de nos pays, la faiblesse de nos systèmes de santé. Les inégalités persistent et ceux qui n’ont pas de moyens ont du mal à trouver des soins de santé adaptés. Les ressources financières manquent, les systèmes de formation en santé encore inadaptés. Nous sommes également dans une période de transition épidémiologique. Et nous passons petit à petit de maladies infectieuses à des maladies non transmissibles.
« Le premier, c’est comment répondre aux défis de l’amélioration des soins chirurgicaux obstétriques et anesthésiques en Afrique. Il y a aussi que chaque année 40 millions en termes de besoins d’opérations chirurgicales ne sont pas réalisés en Afrique. Et nous ne sommes pas encore au niveau recommandé pour l’année 2030, c’est-à-dire être à même de faire 5 000 opérations chirurgicales pour 100 000 habitants. Nous ne sommes même pas encore à 200 opérations chirurgicales pour 100 000 habitants », a-t-il fait savoir.
«ON NE PEUT PAS PARLER D’ÉMERGENCE, SI ON NE RÈGLE PAS LES PROBLÈMES DE SANTÉ»
Présidant la cérémonie d’ouverture du symposium, la directrice générale de la santé Dr Marie Khemess Ngom Ndiaye est revenue sur les soins chirurgicaux dans le continent africain
Pendant trois jours, près de 200 experts venus du continent vont passer en revue la problématique des soins chirurgicaux, obstétricaux et anesthésiques en Afrique. Le symposium s’est ouvert hier à Dakar et permettra de discuter de l’état actuel des soins chirurgicaux, notamment les gaps. Selon Dr Marie Khemess Ngom Ndiaye, on ne peut pas parler d’émergence dans le continent, si on ne règle pas les problèmes de santé.
Présidant la cérémonie d’ouverture du symposium, la directrice générale de la santé Dr Marie Khemess Ngom Ndiaye est revenue sur les soins chirurgicaux dans le continent africain. Selon elle, on ne peut pas parler d’émergence, si on ne règle pas les problèmes de santé. A l’en croire, la chirurgie est et reste une composante essentielle de la couverture sanitaire universelle et du renforcement des systèmes de santé. «Les affections nécessitant une prise en charge chirurgicale continuent d’accroître la charge mondiale de morbidité et ce phénomène augmente au fur et à mesure que l’on tienne compte de toutes les sous catégories de maladies. Il faut reconnaître que les traitements de ces affections demeurent hors de portée pour la majorité de la population mondiale en général et celle africaine en particulier», indique-t-elle. Avant d’ajouter que ceci mène à des pertes en vies humaines importantes et une réduction considérable du bien-être des millions d’individus, retardant ainsi le développement socio-économique de certains pays. «Sur ce, un accès universel à des interventions chirurgicales sûres, rapides et abordables, partout et pour tous, comme stipulé dans les soins de santé primaires, permet de sauver des vies et de prévenir des handicaps évitables».
LA SITUATION CHIRURGICALE DU CONTINENT EN CHIFFRES
«L'Afrique dans le domaine de la santé est un continent pas très outillé. Le continent compte un milliard 200 millions d'habitants et à peu près 20% de la population mondiale, mais un malade sur quatre dans le monde est africain», dit d’emblée Pierre M’Pélé, directeur exécutif du symposium international. Il ajoute par ailleurs que seulement 2% des médecins sont en Afrique et moins d’un spécialiste en chirurgie pour 100 habitants, et une clinique sur trois qui donne des soins chirurgicaux d’urgence. «C’est une situation extrêmement difficile mais malgré cela, au cours des 20 dernières années, le continent a quand-même réalisé des résultats importants dans le domaine de la chirurgie. En chirurgie, le taux de mortalité a chuté de 40% au cours des 20 dernières années», dit-il. Par ailleurs, il explique que l’actuelle pandémie de la Covid-19 a montré la faiblesse de nos systèmes de santé dans la majorité de nos pays. «Ceux qui n’ont pas de moyens ont du mal à trouver des soins de santé adaptés. Les ressources financières manquent. Les systèmes de formation en santé encore inadaptés. Nous sommes également dans une période de transition épidémiologique. Et nous passons petit à petit des maladies infectieuses à des maladies non transmissibles», souligne-t-il.
«CHAQUE ANNÉE, 40 MILLIONS EN TERMES DE BESOINS D’OPÉRATIONS CHIRURGICALES NE SONT PAS RÉALISÉS EN AFRIQUE»
Pierre M’Pelé estime que beaucoup de structures sanitaires ne sont pas bien équipées et les infrastructures sont dans des situations très difficiles. «Il y a aussi que chaque année, 40 millions en termes de besoins d’opérations chirurgicales ne sont pas réalisés en Afrique. Et nous ne sommes pas encore au niveau recommandé pour l’année 2030, c’est-à-dire être à même de faire 5 mille opérations chirurgicales pour 100 mille habitants. Nous ne sommes même pas encore à 200 opérations chirurgicales pour 100 mille habitants».
ALERTE SUR LES CAS D'HEPATITE CHEZ LES ENFANTS
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) continue de recevoir des dizaines de signalements de cas d’hépatites chez des enfants dont l’origine reste à déterminer, avec au total près de 230 cas probables dans le monde entier, a-t-elle indiqué mardi 3 mai
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) continue de recevoir des dizaines de signalements de cas d’hépatites chez des enfants dont l’origine reste à déterminer, avec au total près de 230 cas probables dans le monde entier, a-t-elle indiqué mardi 3 mai
«Ainsi, au 1er mai, au moins 228 cas probables ont été signalés à l’OMS dans 20 pays, et plus de 50 autres cas sont en cours d’investigation», a détaillé un porte-parole de l’OMS, Tarik Jasarevic, lors d’un point de presse régulier des agences de l’ONU à Genève. «Ces cas ont été signalés par quatre de nos six régions OMS», a-t-il ajouté.
Piste potentielle d’adénovirus
L’origine de ces inflammations sévères du foie reste inconnue. La majorité des cas ont été signalés en Europe, d’abord au Royaume-Uni. Le 5 avril, l’OMS a été informée de dix cas d’hépatite aiguë sévère d’étiologie inconnue chez des enfants de moins de 10 ans au centre de l’Écosse. Le 8 avril, 74 cas avaient été identifiés au Royaume-Uni. Cette hépatite touche principalement les enfants de moins de 10 ans, et se manifeste par des symptômes comme jaunisse, diarrhées, vomissements et douleurs abdominales.
Certains cas ont nécessité une transplantation du foie. Au moins un enfant est décédé. Les habituels virus à l’origine de l’hépatite virale aiguë (de A à E) n’ont été détectés dans aucun des cas, selon le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC) et l’OMS. Une analyse de ces mystérieux cas d’hépatites aux États-Unis a conduit les autorités sanitaires américaines à privilégier la semaine dernière la piste d’un adénovirus sans toutefois l’établir comme cause définitive.»
Banals, les adénovirus sont généralement plutôt connus pour provoquer des symptômes respiratoires, des conjonctivites ou encore des troubles digestifs. La transmission survient par voie oro-fécale ou respiratoire, avec des pics épidémiques souvent en hiver et au printemps, et plus souvent en communautés (crèches, écoles, etc). La majorité des humains sont infectés avant leurs 5 ans. Leur rôle dans le développement des hépatites mystérieuses reste cependant peu clair.
LE CANNABIS SE VEND DÉSORMAIS EN PHARMACIE EN AFRIQUE DU SUD
L’Afrique du Sud a ouvert, la semaine dernière, sa toute première officine de vente de marijuana. L’initiative vise à mieux encadrer le recours à cette herbe dont l’industrie, prometteuse à bien des égards, opère encore à la marge malgré la dépénalisation
La structure dénommée THC Africa est placée sous l’autorité du pharmacien Kyle Brocklebank, dans la province de Gauteng au nord du pays.
Le principe consiste, comme dans toutes les officines, à fournir au public la fameuse herbe sur présentation d’une ordonnance. Car le cannabis a beau être une drogue, ses vertus thérapeutiques dans le traitement de la douleur entre autres sont désormais largement reconnues malgré l’existence de quelques voix dissidentes.
Long combat
C'est en septembre 2018 que la Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud a dépénalisé l'usage de la marijuana à des fins de consommation privée. Ce fut l’aboutissement d’un long combat aux relents parfois politiques, entamé par Myrte Clarke et Julian Stobbs, couple militant pour la levée du cadre restrictif autour du chanvre.
Cette décision avait contribué à stimuler le savoir-faire des acteurs du dagga – nom donné localement au cannabis – notamment à travers une foire à Pretoria, une première en Afrique.
Mais malgré cet enthousiasme renforcé par la libéralisation de la culture et de la commercialisation de la plante à titre thérapeutique, le vide législatif persistant laissait peu de place au rayonnement d’une filière au potentiel estimé pourtant à plus de 6,3 milliards de dollars en Afrique à l’horizon 2023, à en croire l’organisation Prohibition Partners.
Embrasser les opportunités
Il subsiste en effet un flou sur la question en Afrique du Sud. Fort d’une production d’environ 2,500 tonnes par an selon l’ONU citée par Prohibition Partners, le pays a vu fleurir ces dernières années toute une industrie dédiée au cannabis autour de clubs privés, de boutiques et même de dispensaires médicaux. Mais faute de cadre légal, les acteurs restent sujets aux humeurs de la police. Par ailleurs, obtenir une licence d’exploitation, même pour un usage thérapeutique, de la part du régulateur national de la santé reste une entreprise coûteuse et fastidieuse.
Plusieurs analystes estiment que le pays gagnerait à mieux organiser la filière afin de profiter des opportunités de ce nouvel or vert, notamment en produit d’exportation. Et cela d’autant que la Bourse de Johannesburg accueille plusieurs grandes firmes pharmaceutiques du secteur. Autre facteur stimulant pour cette industrie : la proximité avec le Lesotho voisin, pionnier de la dépénalisation de la culture de l’herbe en Afrique.
THC Africa réfléchit d’ores et déjà à étendre ses pharmacies dans d’autres pays africains tels que le Zimbabwe, le Kenya ou encore le Nigeria.
AFRIQUE, EPICENTRE DE LA ROUGEOLE
Selon l’OMS, les cas de rougeole ont augmenté de 400% sur les 3 premiers mois de l’année par rapport a la même période l’année dernière. Cette forte hausse est due au retard de la vaccination des enfants du fait de la pandémie de Covid 19.
Selon l’OMS, les cas de rougeole ont augmenté de 400% sur les 3 premiers mois de l’année par rapport a la même période l’année dernière. Cette forte hausse est due au retard de la vaccination des enfants du fait de la pandémie de Covid 19.
Le Nigéria a entamé une politique de retour volontaire pour ses ressortissants réfugiés dans le nord-est du Niger. les organismes humanitaires craignent un retour prématuré qui conduirait à davantage de victimes et de déplacés.
Enfin la folie des NFT (Non fungible Token) touche l’héritage sud africain. Un collectionneur a acheté fin mars aux enchères les droits NFT du mandat d’arrêt de Nelson Mandela de 1961 pour plus de 113000 euros.
LE SÉNÉGAL ANÉMIÉ
Le sang n’est presque plus disponible au niveau des établissements de santé, une grosse information d’alerte véhiculée dans les hôpitaux au Sénégal.
Le sang n’est presque plus disponible au niveau des établissements de santé, une grosse information d’alerte véhiculée dans les hôpitaux au Sénégal.
Plusieurs médias ont fait l’alerte ce matin suite à l’annonce d’une rupture de sang au niveau du centre de transfusion qui doit en effet ravitailler en sang tous les hôpitaux du pas. Selon nos sources, les hôpitaux sont en dessous du seuil de sécurité depuis plusieurs jours. Les frigos sont quasi vides. Les malades attendent d’être perfusés. Il y a une pénurie de sang, alerte le journal. Il n’y a plus de stock de sang disponible à Thiès et et à Diourbel. Dans la capitale du Baol, pas une goutte de sang depuis 15 jours.
A Kolda, il n’y a que 12 poches de sang disponibles, seules 10 à Tamba. Dakar en est à 72 heures de réserves. Dans la capitale, les malades cherchent eux-mêmes du sang. Des donneurs ont été même payés mais ils n’ont pas répondu à l’appel. A Louga, les poches de sang sont très loin de satisfaire la demande. A Saint-Louis, on craint pour l’après-ramadan.
LOUGA, DES SAGES-FEMMES REJETTENT LA RÉQUISITION PRÉFECTORALE
En grève depuis plusieurs jours, des membres du personnel de santé de Louga, visés par une réquisition administrative, ont refusé, jeudi, de rejoindre leurs services.
En grève depuis plusieurs jours, des membres du personnel de santé de Louga, visés par une réquisition administrative, ont refusé, jeudi, de rejoindre leurs services.
Les travailleurs de santé de l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga ont suspendu depuis plusieurs jours les services de maternité, dans les établissements publics de santé de la région de Louga. Ils veulent ainsi manifester leur soutien à quatre de leurs collègues, des sages-femmes placées depuis le 19 avril sous mandat de dépôt pour non-assistance à personne en danger, après le décès en couches d’Astou Sokhna, une patiente.
Seuls les services chargés des urgences continuent à fonctionner. Ce mouvement d’humeur a perturbé le système de santé de Louga et porté préjudice aux usagers obligés de se référer aux hôpitaux de Saint-Louis pour bénéficier de soins médicaux. Face à cette situation, la préfecture de Louga a sorti, mardi, un arrêté de réquisition adressé aux sages-femmes des districts sanitaires de Louga et de Koki, les obligeant à rejoindre leur poste de travail du 26 avril au 2 mai.
La plupart d’entre elles ont fait fi du document administratif, refusant de rejoindre leur service.
Selon le secrétaire général adjoint chargé de la communication du SUTSAS Louga, Ousseynou Kama, "en période de grève, les agents n’ont pas l’obligation de répondre à une réquisition, surtout lorsque le service minimum est assuré’’.
"C’est juste une façon de nous distraire et de casser l’ élan unitaire de notre syndicat. Nous refusons cela", a-t-il dit.
L’avocat de la partie civile est en colère contre le procureur de Louga qui a décidé d’inculper seulement les sages-femmes pour non-assistance à Astou Sokhna décédée dans des conditions effroyables. Pour lui, les responsabilités de l’Etat et de la gynécologue sont engagées dans cette affaire.
Le décès tragique de Sokhna Astou à l’Hôpital régional de Louga continue à charrier toutes les interprétations. En dépit de l’inculpation de 6 sages-femmes pour non-assistance à personne en danger, l’avocat de la partie civile regrette «un mauvais règlement», qui aurait découlé «d’une pression». «Il y avait une pression maraboutique dans la ville. C’est cette pression qui a obligé le procureur à faire un règlement biaisé de l’affaire», assure Me Ousseynou Gaye. C’est ce qui a, dit-il, poussé le ministère public à «inculper les ¬¬sages-femmes pour non-assistance à personne en danger». Il explique : «Quand la ¬non-assistance à personne en danger aboutit à la mort, la moindre des choses c’est de faire le lien entre cette non-assistance à personne en danger et la mort, et inculper pour homicide.»
Ce qui n’a pas été fait par le Parquet de Louga laissant ainsi la «place à des soupçons», qui l’ont poussé à retenir contre les sages-femmes, le délit présumé de «non-assistance à ¬personne en danger» et non «d‘homicide volontaire». «Si le procureur l’avait fait, il n’aurait jamais déféré les sages-femmes devant le Tribunal des flagrants délits. Il veut apaiser la situation à Louga où il n’y a plus de soins dans les hôpitaux», regrette Me Gaye. Il promet une farouche opération au ministère public. «Le procureur a fait un mauvais règlement et on ne va pas lui faciliter la tâche», annonce le conseil de la famille de Mme Astou Sokhna.
La responsabilité de la gynécologue paraît «d’une évidence flagrante»
Par ailleurs, Me Gaye a du mal à suivre la démarche du procureur dans la gestion du dossier. Il trouve «à la limite injuste» que la gynécologue, «qui est d’astreinte», ne soit pas inquiétée dans cette affaire. Il dit : «Je ne peux pas comprendre que la gynécologue qui est d’astreinte, c’est-à-dire qui devrait rester à l’hôpital, se barre. Et puis elle vient, constate le décès, et se barre à nouveau. Et puis elle dicte le certificat de genre de mort en disant à la sage-femme de mettre mort naturelle. Ce que cette dernière a reconnu. Elle met le cachet et c’est sur la base d’un certificat de décès sans signature qu’on a enterré cette bonne dame.»
Selon l’avocat, «on les a obligés à le retirer pour éviter l’autopsie». Mais, la bataille n’est pas terminée. «Il n’est pas exclu qu’on fasse une autopsie, qu’on fasse l’exhumation parce qu’on veut comprendre de quoi cette dame est décédée», prévient-il. Pour l’avocat, la responsabilité de la gynécologue paraît «d’une évidence flagrante qui fait qu’on ne peut pas la laisser» en dehors de la procédure.
C’est pour cette raison que la partie civile a décidé de porter plainte contre elle pour installer l’Etat dans la cause. «C’est normal d’installer l’Etat parce que cette bonne dame ne travaille pas dans la rue ni dans une structure privée. Si elle travaille dans une clinique, la clinique répondra. Mais elle travaille dans un établissement hospitalier. C’est la structure hospitalière, qui sera installée dans la procédure pour répondre des conséquences financières de leurs actes», se justifie-t-il avant de déplorer le fait que le procureur n’ait pas aussi installé l’Etat dans la cause. «Ce qui n’est pas normal parce qu’il s’est précipité à engager une procédure bancale», dit-il. En promettant de déposer la plainte avant le 5 mai retenu pour l’ouverture du procès des 6 sages-femmes dont les 4 patientent encore en prison.
LES AUTORITÉS SANITAIRES S'ATTAQUENT FINALEMENT À L'IHU DE DIDIER RAOULT
Alors que le chercheur français est depuis longtemps discrédité par ses pairs, les autorités sanitaires ont finalement livré mercredi une charge sans précédent contre les pratiques qu'il a supervisées durant des années
L'IHU de Marseille a été le cadre "de graves manquements et non-conformités à la réglementation des recherches impliquant à la personne humaine", a résumé dans un communiqué l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui publie les conclusions d'une enquête menée fin 2021.
Didier Raoult, qui dirige encore l'IHU pour quelques mois, a acquis une importante célébrité médiatique depuis deux ans en tenant des positions, aujourd'hui discréditées, sur le Covid-19, notamment l'efficacité supposée de traitements comme l'hydroxychloroquine.
C'est la première fois que les autorités sanitaires s'attaquent aussi explicitement au Pr Raoult. Il est déjà poussé vers la sortie par son autorité de tutelle, les hôpitaux de Marseille, et blâmé par l'Ordre des médecins.
Le réquisitoire de l'ANSM, qui confirme largement des révélations de L'Express et Mediapart, ne concerne pas le Covid et remonte bien avant. L'autorité accuse l'IHU de s'être affranchi pendant des années de multiples règles pour mener des recherches sur des patients.
"Les règles éthiques n'ont pas été systématiquement respectées, ne permettant pas d'assurer la protection des personnes à un niveau suffisant", indique l'ANSM dans son communiqué qui accompagne un rapport plus détaillé.
La justice saisie
A de multiples reprises, des essais ont ainsi été engagés sans obtenir l'avis obligatoire d'un comité indépendant ni, parfois, le consentement de tous les patients examinés.
C'est par exemple le cas de prélèvements rectaux réalisés au début des années 2010 sur des enfants atteints de gastro-entérite. Pour des dizaines d'entre eux, le consentement des parents est absent.
En conséquence, l'ANSM annonce deux types d'actions.
L'une, menée par ses propres soins, consiste à demander l'interruption des essais entamés irrégulièrement et imposer "des actions correctives et préventives" pour remettre en bon ordre les recherches à l'IHU.
Ces mesures ne seront cependant pas immédiates, puisque l'ANSM doit passer par une procédure contradictoire avec l'IHU ainsi que l'AP-HM, dont la responsabilité est aussi mise en cause.
Parallèlement, l'ANSM annonce saisir la justice, ce qu'elle avait déjà fait à l'automne lors de la publication de l'enquête de Mediapart.
Comme à l'époque, elle accuse l'IHU d'avoir mené des essais irréguliers, mais elle y ajoute désormais une autre charge: lui avoir communiqué un faux document pour justifier le lancement d'une des recherches incriminées.
En revanche, les autorités sanitaires attendent d'en savoir plus sur le volet le plus spectaculaire des accusations portées contre l'IHU: depuis des années, ses équipes expérimentent des traitements censés lutter contre la tuberculose malgré leur absence d'efficacité.
L'enquête continue
Alors que les autres manquements sont essentiellement déontologiques, ces pratiques ont eu des conséquences dramatiques. Chez nombre de patients tuberculeux, des effets secondaires graves ont été enregistrés, allant dans un cas jusqu'à imposer une opération chirurgicale.
Mais l'ANSM estime qu'elles ne constituaient pas en tant que telles un essai clinique et ne se considère pas en mesure d'intervenir directement sur le sujet car il dépasse son domaine de compétences en tant qu'autorité réglementaire.
Or, la ligne de défense de M. Raoult se concentre sur ce volet. Le chercheur dément toute recherche sur la tuberculose dans son institut et, lors d'une conférence de presse la semaine dernière, a promis d'attaquer en justice Mediapart pour avoir évoqué des "essais sauvages".
"Il ne s'est pas fait d'essais thérapeutiques illégaux", a-t-il assuré.
Pour autant, même à supposer l'absence de recherches à proprement parler, le rapport de l'ANSM est loin de dédouaner l'IHU, attaquant un choix de traitements qui "n'apparaît pas justifié". L'autorité compte donc poursuivre son enquête et n'exclut pas, à terme, de saisir aussi la justice à ce propos.
"Nous, on n'est pas la justice, on a pris des décisions sanitaires là où on a pu les prendre", a expliqué une source au sein de l'ANSM. Et de rappeler qu'une autre enquête est menée par l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), cette fois sur la façon dont est géré l'IHU.