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3 avril 2025
Santé
AFFAIRE DU BÉBÉ DÉCLARÉ MORT RETROUVÉ VIVANT, L’ASSISTANTE INFIRMIÈRE CONVOQUÉE À LA POLICE
L’ assistante infirmière qui avait faussement constaté la mort d’un nouveau-né a été convoquée, ce lundi, au commissariat central de Kaolack (centre) pour des besoins d’enquête, a appris l’APS.
Kaolack, 9 mai (APS) - L’ assistante infirmière qui avait faussement constaté la mort d’un nouveau-né a été convoquée, ce lundi, au commissariat central de Kaolack (centre) pour des besoins d’enquête, a appris l’APS.
Il lui est reproché d’avoir mis en danger la vie d’autrui, selon des sources judiciaires.
L’affaire remonte au 06 mai dernier à la pédiatrie de l’hôpital régional de Kaolack.
L’assistante infirmière avait déclaré mort un nourrisson en dressant un certificat de décès alors que ce dernier était encore en vie.
Le corps d’un bébé déclaré mort par un médecin de la pédiatrie de l’hôpital régional de Kaolack (centre) a été retrouvé vivant et mis dans un carton, quelques heures plus tard, à la morgue du même établissement de santé, a déclaré son père, Alassane Diallo.
’’Mon fils, qui a été déclaré mort par un médecin, à la pédiatrie de l’hôpital régional de Kaolack, a été retrouvé vivant dans un carton, à la morgue de l’hôpital’’, a annoncé M. Diallo à la presse locale, samedi soir.
’’Nous comptons bien faire la lumière sur cette affaire. C’est une négligence. Nous allons saisir la justice’’, a-t-il soutenu.
Le docteur Kalidou Ly, président de la commission médicale d’établissement de l’hôpital régional El Hadji-Ibrahima-Niass de Kaolack, a réagi à ce fait insolite
‘’Le bébé n’a jamais été mis dans les tiroirs’’ de la morgue, où sont déposés les corps des personnes décédées, a-t-il précisé.
’’Quand les agents de la morgue ont constaté que le bébé était vivant, ils l’ont ramené à la pédiatrie, et il a été remis en hospitalisation’’, a dit M. Ly.
’’Malheureusement, a-t-il déclaré, le bébé est décédé dans la même soirée’’. Un décès confirmé à la presse locale par le père de l’enfant.
Le procureur de la République a annoncé l’ouverture d’une enquête pour élucider cette affaire.
UNE HAUSSE DE 20, 56 % DES NOUVEAUX CAS DE PALUDISME AU SÉNÉGAL
Le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, a fait état dimanche d’une augmentation de 20, 56 % des cas de paludisme au Sénégal entre 2020 et 2021.
‘’Le nombre de cas de paludisme est passé au Sénégal de 445 313 en 2020 à 536 850 en 2021 soit une augmentation de 20,56 %, a-t-il indiqué lors d’une cérémonie officielle de lancement d’une campagne de distribution de masse de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA).
Sur la même période, le nombre décès liés à la maladie a augmenté de 6, 97 %, passant notamment de 373 en 2020 à 399 en 2021 au Sénégal, a-t-il fait savoir à cette manifestation organisée dans le village frontalier de Karang, hôte de cette cérémonie de lancement d’une campagne synchronisée de dotation de MILDA en Gambie et au Sénégal.
Il a, dans le même temps, insisté sur le fait que la situation épidémiologique laissait toutefois apparaître une baisse significative de la morbidité palustre chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes entre 2017 à 2021, avec respectivement 26,3% et 51,1%.
Organiser sur le thème : ‘’Innover pour réduire la charge du paludisme et sauver des vies’’, cette cérémonie a enregistré la présence du ministre gambien de la Santé et de l’Action sociale Ahmadou Lamin Samakeh.
Le Sénégal et la Gambie sont engagés à aller vers l’élimination du paludisme au plus tard à l’horizon 2030 dans le cadre d’un partenariat dynamique à travers cette campagne de distribution gratuite de masse de MILDA aux ménages.
Plusieurs personnalités des deux pays de même que des partenaires techniques et financiers ont pris part à cette cérémonie.
UN NOURRISSON RETROUVÉ VIVANT À LA MORGUE DE L'HÔPITAL DE KAOLACK
Après le cas Astou Sokhna à Louga, une rocambolesque affaire secoue l’hôpital régional El Hadj Ibrahima Niass de Kaolack
Après le cas Astou Sokhna à Louga, une rocambolesque affaire secoue l’hôpital régional El Hadj Ibrahima Niass de Kaolack. En effet, un nourrisson, répondant au nom de Souleymane Diallo, a été déclaré mort avant d’être retrouvé vivant par les agents de la morgue.
Ému et très en colère, son père, Al Hassan Diallo, a saisi les éléments du commissariat central de police de Kaolack.
Réagissant d’ailleurs à cette requête, le Procureur près le Tribunal de grande instance a rassuré qu’une enquête est en cours pour tenter d’élucider cette affaire.
Auparavant, l’hôpital, par le biais du Dr Kalidou Ly, président de la Commission médicale d’établissement (Cme), a admis « l’erreur » d’une aide-infirmière qui, selon lui, a délivré une attestation de décès sans demander l’avis de la sage-femme. Il rassure qu’une les responsabilités seront situées.
Le bébé, né le 1er mai dernier, a finalement rendu l’âme dans la not du vendredi à samedi avant d’être inhumé à Likem, son village natal.
PAR Damien Glez
AFFAIRE SOKHNA, LE PROCÈS DES SOIGNANTES OU D'UN SYSTÈME ?
Avec des peines de prison ferme requises contre des sages-femmes, le procureur du procès de l’ « affaire Astou Sokhna » semble vouloir faire un exemple. Pour mieux juger le système sanitaire sénégalais ?
Jeune Afrique |
Damien Glez |
Publication 07/05/2022
Il est des tragédies qui ouvrent les yeux de ceux qui se voilent la face. Des électrochocs de nature à faire réagir, par le prisme de la justice, des hommes de pouvoir qui ne comptent guère sur leur système de santé national lorsqu’ils ont des égratignures. L’indigence de certains déserts médicaux africains n’est guère une nouveauté. Pourtant, une fois l’émotion canalisée, un drame flagrant et médiatisé engendre parfois un débat salutaire. Et celui-ci ne porte pas seulement sur les moyens financiers et techniques, mais sur l’investissement humain…
Au Sénégal, il y a moins d’un mois, Astou Sokhna mourrait en couches dans un hôpital public de la ville de Louga, après avoir demandé en vain une césarienne. L’étonnante célérité de la tenue du procès indique déjà à quel point l’affaire revêt une portée symbolique. En témoignent aussi l’affluence du public dans un Palais de justice sous haute surveillance policière, le flux incessant des débats sur la Toile, les pétitions, les manifestations et autres avalanches de témoignages sur la mortalité des femmes enceintes ou en couches. Au diapason de cette onde de choc selon les uns, ou conscient du buzz, selon les autres, Macky Sall, le chef de l’État, avait promis que « toute la lumière » serait faite sur ce drame.
Alors que le procès a repris le 5 mai – coïncidence, pour la journée internationale de la sage-femme –, six maïeuticiennes de l’hôpital de Louga sont poursuivies dans ce dossier, inculpées pour « non-assistance à personne en danger ». Le procureur a requis une peine d’un an de prison, dont un mois ferme, pour quatre d’entre elles, et la relaxe pour les autres.
Entre 175 et 250 mille francs de hausse. C’est l’année des étrennes. Après les enseignants, les contrôleurs et inspecteurs du travail, les agents de l’agriculture, le gouvernement vient de sortir une grosse enveloppe pour satisfaire les agents de santé
Après les enseignants, le corps médical a bénéficié de fortes hausses de salaire. Selon les corps, certains vont obtenir des augmentations entre 175 mille et 250 mille F Cfa. C’est une manière de corriger les disparités dans le traitement des agents de l’Etat.
C’est l’année des étrennes… Après les enseignants, les contrôleurs et inspecteurs du travail, les agents de l’agriculture, entre autres, le gouvernement vient de sortir une grosse enveloppe pour satisfaire les agents de santé. Et ils vont bénéficier d’augmentations conséquentes : dès la fin de ce mois jusqu’en 2024, les salaires de ces travailleurs seront haussés de 175 mille à 250 mille F Cfa.
Ce dernier montant concerne évidemment les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Il s’agit de l’octroi d’indemnités de logement, de risque santé, de représentation médicale, d’itinérant,… Autant de mesures qui vont donner le sourire à au moins 8 mille agents, qui étaient en rogne ces derniers temps. Si les négociations ont traîné dans la nuit du jeudi au vendredi, les différentes parties aux négociations sont ressorties sans cacher leurs satisfactions. «Les travailleurs de la santé sont très importants aux yeux de la société. L’Etat reconnaît bien cela. Je remercie les syndicats qui ont bien compris les efforts énormes que nous sommes en train de réaliser, explique Abdoulaye Daouda Diallo. Le Président Macky Sall a tenu à ce que tous les acteurs fassent le nécessaire afin de régler définitivement les problèmes.» Il ajoute pour définir l’échéancier : «Au cours de cette année 2022, beaucoup d’efforts seront faits, ainsi qu’en 2023, pour finir ses engagements en 2024.»
En écho, Mballo Dia Thiam, coordonnateur de And gueusseum, qui était prêt à signer le protocole d’accords dès ce jeudi, enchaîne : «Pour la question des indemnités, honnêtement il y a une augmentation, elle est passée de 15 000 à 30 000 F Cfa. Et nous avons aujourd’hui une indemnité qui a pu évoluer, il s’agit de l’indemnité d’itinérant, qui concerne les chefs de poste dans des stratégies avancées pour faire la prévention. Nous espérons que d’ici peu de temps, les autres problèmes seront examinés…»
Malgré le contexte très tendu avec le procès des sages-femmes de l’Hôpital régional de Louga, qui risquent 1 mois ferme, le ministère de la Santé et de l’action sociale avait déjà signé un protocole d’accords avec l’Alliance des syndicats autonomes de la santé (Asas) And gueusseum. Il se résumait en 17 points, notamment la signature de deux décrets et deux arrêtés organisant le secteur de la santé. Il s’agit de la régularisation de la situation administrative des techniciens supérieurs de santé et des règles d’organisation et de fonctionnement de la Fonction publique locale, la tenue des formations complémentaires des assistants infirmiers pour leur reclassement sur le plan hiérarchique, le versement des aides sociales dans les corps des assistants sociaux est aussi acté. Il en est de même de la révision de la rémunération des agents sans indemnités à la suite de leur reclassement en hiérarchie A1.
Par ailleurs, l’Alliance des syndicats de santé And gueusseum a également obtenu de la tutelle, l’enrôlement de tous les infirmiers et sages-femmes dans la loi de finance rectificative du budget 2022. La convention légifère aussi les processus de reclassement et le reversement des infirmiers brevetés, préventionnistes, assistants dentaires.
Pour le gouvernement, il s’agit d’un «effort budgétaire» supplémentaire après les dernières revalorisations. Lors du dernier Conseil des ministres, le chef de l’Etat réitérait son attachement à l’amélioration du pouvoir d’achat des agents publics, avec l’entrée en vigueur, à partir du 1er mai 2022, des revalorisations salariales exceptionnelles dans la Fonction publique, ce qui constitue un effort budgétaire spécial de 120 milliards F Cfa. C’est une manière de corriger les disparités salariales dans la Fonction publique. Les enseignants devraient ressentir, dès la fin de ce mois, la matérialisation effective des accords récemment signés avec le gouvernement.
GOUVERNEMENT ET SYNDICATS DE LA SANTE SUR UN TERRAIN D'ENTENTE
Le gouvernement et les syndicats des travailleurs de la santé sont parvenus à "un accord de principe sur le régime indemnitaire", objet de leurs revendications, annonce le ministère des Finances et du Budget.
Dakar, 6 mai (APS) - Le gouvernement et les syndicats des travailleurs de la santé sont parvenus à "un accord de principe sur le régime indemnitaire", objet de leurs revendications, annonce le ministère des Finances et du Budget.
Les deux parties sont arrivées à un accord à l’issue de "longues négociations qui ont eu lieu dans la soirée de ce jeudi dans les locaux du ministère des Finances et du Budget", indique un communiqué.
Il ajoute que le protocole relatif à cet accord devrait être signé mardi prochain après la consultation des bases des syndicats concernés.
Le secteur de santé était paralysé depuis des semaines par une grève lancée par le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES), l’Alliance des syndicats autonomes de la santé "And Gueusseum" et la Fédération des syndicats de la santé (F2S).
Ces organisations estiment que les travailleurs de la Santé sont lésés par le système indemnitaire actuellement en vigueur dans la fonction publique.
Certaines de leurs revendications portent également sur "la précarité des emplois" dans leur secteur et "l’utilisation abusive" de contrats à durée déterminée.
AFFAIRE ASTOU SOKHNA, LE JUGEMENT MIS EN DÉLIBÉRÉ AU 11 MAI
Le tribunal de grande instance de Louga (nord), saisi pour non-assistance à personne en danger après le décès en couches d’Astou Sokhna à l’hôpital Amadou-Sakhir-Mbaye, a mis sa décision en délibéré au mercredi 11 mai
Louga, 6 mai (APS) - Le tribunal de grande instance de Louga (nord), saisi pour non-assistance à personne en danger après le décès en couches d’Astou Sokhna à l’hôpital Amadou-Sakhir-Mbaye, a mis sa décision en délibéré au mercredi 11 mai, a constaté l’APS, vendredi matin.
Une peine d’un an de prison dont un mois ferme a été demandée contre quatre des prévenues. Le procureur a souhaité, en revanche, la relaxe des deux sages-femmes remises en liberté dès le début de l’enquête, lesquelles ont comparu libres devant la juridiction.
Le tribunal a rejeté la demande de liberté provisoire introduite par les avocats des quatre sages-femmes placées en détention préventive. Le procès ouvert le 27 avril avait ensuite été renvoyé à ce jeudi en raison d’une requête introduite par la partie civile, qui arguait n’avoir pas eu accès au dossier.
Cette affaire judiciaire est partie du décès en couches d’Astou Sokhna, le 1er avril, à la maternité de l’hôpital Amadou-Sakhir-Mbaye de Louga. Sa famille estime qu’une négligence du personnel de l’établissement public de santé est à l’origine de sa mort.
Grève général.
Arrivée à l’hôpital, Astou Sokhna avait attendu en vain, pendant plusieurs heures, pour subir une césarienne. Son époux a déposé une plainte auprès du procureur de la République de Louga pour non-assistance à personne en danger.
L’enquête judiciaire sur sa mort a débouché sur l’inculpation de six sages-femmes et la détention préventive de quatre d’entre elles, depuis le 19 avril.
Les circonstances du décès de cette femme d’une trentaine d’années ont suscité une vive indignation au Sénégal.
Le ministère de la Santé a envoyé une mission d’enquête administrative à Louga, qui a débouché sur des mesures conservatoires prises à l’encontre de certains employés de l’hôpital Amadou-Sakhir-Mbaye. Le 13 avril, le directeur de cet établissement de santé, Amadou Guèye Diouf, a été limogé et remplacé par Abdallah Guèye, un administrateur hospitalier.
A Louga, plusieurs syndicats de travailleurs de la santé ont tenu un sit-in pour dénoncer les mesures conservatoires prises à l’encontre de certains employés de l’hôpital. Dans plusieurs régions du pays, les professionnels de la santé ont décrété une grève générale de vingt-quatre heures en guise de protestation contre l’inculpation des sages-femmes.
L’HÉCATOMBE DE LA COVID
Un bilan largement revu à la hausse. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) révélait que le nombre total de morts causés par la pandémie de Covid s’élevait à 5,4 millions. Dès lors, l’organisation précisait que ces chiffres « sous-estimaient » la réa
Un bilan largement revu à la hausse. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) révélait que le nombre total de morts causés par la pandémie de Covid s’élevait à 5,4 millions. Dès lors, l’organisation précisait que ces chiffres « sous-estimaient » la réalité.
Ce jeudi, l’organisation des Nations unies pour la santé a publié un communiqué relatif au nombre de décès liés à cette pandémie. « De nouvelles estimations de l’Organisation mondiale de la santé montrent que le bilan total associé directement ou indirectement avec la pandémie de Covid-19 entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2021 est d’environ 14,9 millions de morts (une fourchette de 13,3 à 16,6 millions) », révèle le communiqué.
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus déclare : « Ces données, qui donnent à réfléchir, soulignent non seulement l’impact de la pandémie, mais aussi la nécessité pour tous les pays d’investir dans des systèmes de santé plus résilients qui peuvent soutenir les services de santé, essentiels pendant les crises, y compris des systèmes d’information sanitaire plus solides ».
L’OMS a déclaré que la plupart des décès excédentaires (84%) étaient concentrés en Asie du Sud-Est, en Europe et dans les Amériques. Quelque 10 pays représentaient à eux seuls 68% du total de la surmortalité. Les pays à revenu élevé représentaient 15% des décès excédentaires contre 28% pour les pays à revenu intermédiaire supérieur et 53% aux pays à revenu intermédiaire inférieur. Quant aux pays à faible revenu, ils représentaient 4%. Le nombre de morts dans le monde était plus élevé chez les hommes que chez les femmes – 57% d’hommes, 43% de femmes – et plus élevé chez les personnes âgées.
ET SI MAME THIERNO DIENG AVAIT RAISON
Covid 19 : Pour avoir recadré en 2021 le Pr Didier Raoult sur la nécessité de bien prescrire et mis en doute l’hydroxychloroquine que tout le monde portait aux nues
Dés le début de la première vague ravageuse de la Covid-19, en fin 2019, le professeur français Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire de Marseille (Ihu), avait préconisé à l’humanité désespérée un traitement présenté comme très « efficace » à base d’hydroxychloroquine. Une préconisation médicale qui avait soulevé des débats scientifiques au point de pousser le médecin-général Mame Thierno Dieng, directeur de l’Hôpital Principal de Dakar, à faire une contribution exclusive dans les colonnes du « Témoin » intitulée : « La nécessité de bien prescrire ». Pour l’éminent professeur sénégalais Mame Thierno Dieng, en effet, il fallait recadrer le professeur français Didier Raoult dans le sens de l’amener à ne prescrire un médicamentent qu’après des études et tests approfondis. Deux ans après, l’histoire lui a donné raison puisque le Pr Raoult fait l’objet d’une plainte pour avoir…mal prescrit.
La première vague ravageuse de la Covid 19 avait tourné en tragédie planétaire. Dans presque tous les pays du monde, les malades mourraient par milliers. Pour stopper cette spirale de la mort qui menaçait de décimer l’humanité, une course aux remèdes avait été engagée entre les plus grands laboratoires pharmaceutiques du monde, surtout ceux désignés sous l’appellation de « Big Pharma ».
C’est dans ce contexte désespéré que le Professeur Didier Raoult s’était présenté à la manière d’un envoyé de « Dieu » pour sauver l’humanité à travers un traitement présenté comme « très efficace » et élaboré à base d’hydroxychloroquine associée à l’azythromicine. Et malgré le manque de preuves de son efficacité, l’hydroxychloroquine du Pr Raoult était administrée et continue toujours d’ailleurs d’être administrée à des malades du Covid-19 dans de nombreux pays dont le Sénégal. Face à cette prescription médicale aux allures de bouée de sauvetage tendue à l’humanité, le Médecin-général Mame Thierno Dieng, qui ne nourrissait aucun complexe vis-à-vis de l’éminent Professeur français Didier Raoult nous avait fait parvenir une contribution exclusive publiée dans l’édition du « Témoin » du 04 août 2021.
Dans cette tribune aux allures d’excellent cours magistral intitulé « La nécessité de bien prescrire », le Professeur-dermatologue Mame Thierno Dieng avait tenu à recadrer le Pr Didier Raoult en lui rappelant la rigueur de l’expertise sénégalaise en matière de médecine. « Je rappelle que la covid19 est une maladie virale donc pas du tout justiciable d’une antibiothérapie qui, par définition, s’adresse aux maladies bactériennes. Ainsi donc, les antibiotiques que l’on prescrit aux malades de la covid19 sont, non pas pour le virus, mais pour les surinfections bactériennes bien classiques dans toutes les infections virales des voies respiratoires. Comme on sait que ces surinfections sont le fait des staphylocoques et/ou des germes intracellulaires, on prescrit volontiers des macrolides ou apparentés pour ces cas. Le choix de l’azithromycine est motivé par son efficacité, sa très bonne concentration intracellulaire et sa courte durée (3 jours) de prise qui en améliore la compliance. L’azithromycine ne peut pas être le traitement du virus mais de la surinfection bactérienne.
Aucune leçon de maladie infectieuse n’enseigne la prescription d’un antibiotique pour une maladie virale non compliquée d’une surinfection bactérienne dont on a fait la preuve par des moyens appropriés. C’est aussi délirant et très dangereux de prescrire l’antiparasite et photo-protecteur qu’est l’hydroxychloroquine dans une maladie virale. Ce d’autant que sa longue utilisation dans beaucoup de maladies dermatologiques en fait découvrir les graves et mortelles torsades de pointe que tous les cardiologues connaissent bien. Il est établi que beaucoup de vieux malades de la covid19 sont morts non pas de leur infection mais d’une torsade de pointe imputable à la prise d’hydroxychloroquine » avait soutenu l’actuel directeur de l’Hôpital Principal de Dakar pour mieux camper le débat scientifique engagé avec son confrère marseillais.
Un comportement antiscientifique dénoncé !
Toujours dans cette contribution publiée en août dernier dans « Le Témoin », le médecin-général Mame Thierno Dieng soutenait aussi que certains scientifiques, qui étaient les farouches défenseurs de cette molécule — l’hydroxychloroquine — dans la covid19 ont, indubitablement, eu un comportement antiscientifique. « Les innombrables canaux de communication et l’influence de la presse dans le contexte actuel ne doivent pas nous faire oublier les règles qui doivent sous-tendre les bonnes prescriptions médicales qui sont celles qui se basent, non pas sur les opinions des « experts » mais sur des faits prouvés par une bonne méthodologie. C’est le principe de « évidence based medecine » des Anglosaxons que les francophones traduisent, très infidèlement, par la médecine basée sur le niveau de preuves. Il s’agit du respect d’une démarche scientifique rigoureuse. Ce ne sont ni la discipline, ni l’instrumentation qui font la bonne science mais c’est la démarche qui se base sur les faits qui donne à la science toute sa noblesse et sa puissance.
Poincaré précise qu’on « fait de la science avec les faits comme on construit une maison avec des pierres, mais une accumulation des faits n’est pas plus une science qu’un tas de pierres n’est une maison. C’est la façon d’agencer les pierres qui fait la maison et celle des faits, la science » » avait-il ajouté tout en indiquant que la bonne pratique clinique devait être une démarche scientifique rigoureuse que nous nous devions de respecter pour la sécurité exclusive de nos semblables victimes d’une quelconque maladie. « La cacophonie entendue dans la covid19 nous appelle à cette indispensable introspection qui doit guider nos décisions sur nos malades. Albert Camus : « mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde et ne pas les nommer, c’est nier l’humanité.» On a rarement bien nommé les choses dans la covid19 et on a beaucoup ajouté aux malheurs du monde actuel. Amitiés à tous ! » » s’était exclamé en conclusion le médecin-général Mame Thierno Dieng, ancien ministre de l’Environnement.
Circonstances atténuantes pour Pr Raoult ?
Toujours est-il que le traitement du Pr Raoult ou le prophète de l’hydroxychloroquine contre la Covid-19 avait fait naître d’immenses espoirs. Icône médiatique et scientifique du printemps pandémique d’alors, le professeur Didier Raoult doit aujourd’hui rendre des comptes à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) et la Commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale française. Car on lui reproche d’avoir commis des errements et des manquements graves ainsi que des études « erronées » sur la prescription de l’hydroxychloroquine sans aucune comparaison scientifique.
Face à cette nouvelle donne, l’histoire a donné raison au Pr Mame Thierno Dieng sur la nécessité de bien prescrire. Mais l’hydroxychloroquine n’était-elle pas le moindre mal au moment où personne ne parvenait à trouver un remède contre la Covid-19 pour secourir l’humanité en passe d’être décimée par la pandémie ?
Face à cette cette question, le Professeur Mame Thierno Dieng persiste et signe sur la nécessité de bien prescrire. « Il est vrai qu’à l’époque de la première et deuxième vagues de la covid 19, la propagation rapide et meurtrière du virus avait semé la panique et la désolation dans tous les pays du monde. Mais on ne doit pas, sous aucun prétexte, prescrire un médicament dont on n’a ni la preuve de l’efficacité, ni celle de son innocuité. C’est pour cela que la prescription d’hydroxychloroquine dans la covid19 contrevient aux règles d’éthique et de bonne prescription qui valent à cet institut (IHU) la poursuite judiciaire en cours » se désole Pr Mame Thierno Dieng en sa qualité de professeur d’universités. Compte tenu du contexte tragique d’alors, le Professeur Didier Raoult ne doit-il pas bénéficier de circonstances atténuantes dans sa volonté d’assister et de secourir l’homme face un redoutable prédateur invisible et imprévisible qu’était le virus du covid19 ?
Imperturbable, Pr Mame Thierno Dieng soutient que notre question semble être trop sentimentale alors qu’il est question, ici, de Science ou de débat scientifique. « Ecoutez ! L’hydroxychloroquine n’a jamais servi à rien dans la Covid19 pour plusieurs raisons dont les quatre principales sont : Son efficacité n’a jamais été adéquatement prouvée, on connaît les risques sur le cœur et les effets, on l’a prescrit à des malades qui n’en avaient pas de besoin parce devant guérir par leur immunité etc. Plus de 98 % des malades à immunité norme guérissent sans traitement et par leur immunité. Ce n’est parce qu’on n’a pas un traitement d’efficacité prouvée qu’on doit prescrire un médicament d’efficacité douteuse et de danger certain » se désole Dr Mame Thierno Dieng joint par « Le Témoin » à propos des poursuites engagées contre le Pr Didier Raoult. « Il est bon aussi de préciser que les contraventions et autres sanctions aux règles d’éthiques et de bonnes pratiques des essais cliniques ne se limitent pas seulement à la Covid 19 », rappelle le Médecin-général Mame Thierno Dieng, un pur produit de l’école militaire de Santé qui fait la fierté de l’expertise sénégalaise.
AFFAIRE ASTOU SOKHNA, UNE PEINE D’UN AN DONT UN MOIS FERME REQUISE CONTRE LES MISES EN CAUSE
Le ministère public a requis, jeudi, une peine d’un an dont un mois d’emprisonnement ferme à l’encontre de quatre sages-femmes jugées à Louga (nord) pour non-assistance à personne en danger après le décès en couches
Louga, 5 mai (APS) – Le ministère public a requis, jeudi, une peine d’un an dont un mois d’emprisonnement ferme à l’encontre de quatre sages-femmes jugées à Louga (nord) pour non-assistance à personne en danger après le décès en couches, le 1er avril dernier, d’Astou Sokhna au centre hospitalier régional Amadou Sakhir Mbaye.
Le procureur de la République a par contre demandé la relaxe au profit des deux autres sages-femmes mises en cause dans cette affaire. Elles ont comparu libres contrairement à leurs quatre collègues placées sous mandat de dépôt depuis le 19 avril.
L’audience a été suspendue pour une dizaine de minutes par le juge du tribunal des flagrants délits de Louga après le réquisitoire du ministère public
Le procès des six sages-femmes inculpées pour non-assistance à personne en danger après la mort d’Astou Sokhna à l’hôpital Amadou-Sakhir-Mbaye a repris jeudi. Il avait fait l’objet d’un report après son ouverture le 27 avril.
Le procès avait été renvoyé à ce jeudi à la suite d’une requête introduite par la partie civile, qui disait qu’elle n’avait pas eu accès au dossier.
Avant de renvoyer le procès le tribunal avait rejeté la demande de liberté provisoire introduite par les avocats de la défense.
Cette affaire judiciaire est partie du décès en couches d’Astou Sokhna, le 1er avril, à la maternité de l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga.
Sa famille estime qu’une négligence du personnel de l’établissement est à l’origine de sa mort. Arrivée à l’hôpital, Astou Sokhna avait attendu en vain, pendant plusieurs heures, pour subir une césarienne.
Son époux a déposé une plainte auprès du procureur de la République de Louga pour non-assistance à personne en danger.
L’enquête policière sur la mort de son épouse a débouché sur l’inculpation de six sages-femmes et la détention préventive de quatre d’entre elles.
Les circonstances du décès de cette femme d’une trentaine d’années ont suscité une vive indignation au Sénégal.
Le ministère de la Santé a déployé une mission d’enquête administrative, qui a débouché sur des mesures conservatoires prises à l’encontre de certains employés de l’hôpital Amadou-Sakhir-Mbaye.
Le 13 avril, le directeur de cet établissement public de santé, Amadou Guèye Diouf, a été limogé et remplacé par Abdallah Guèye, un administrateur hospitalier.
Plusieurs syndicats de travailleurs de la santé ont tenu un sit-in pour dénoncer les mesures conservatoires prises à l’encontre de certains employés de l’hôpital.
Dans plusieurs régions du pays, les travailleurs ont décrété une grève générale de vingt-quatre heures en guise de protestation contre l’inculpation des sages-femmes.