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3 avril 2025
Santé
BAMBEY PRESQUE SANS SIDA
La situation de l’épidémie à VIH/Sida dans le district sanitaire de Bambey ‘’n’est pas alarmante’’ avec un taux de prévalence ne dépassant pas 0,3%, a indiqué le médecin-chef dudit district sanitaire, Docteur Diéynaba Kane.
Bambey, 10 juil (APS) – La situation de l’épidémie à VIH/Sida dans le district sanitaire de Bambey ‘’n’est pas alarmante’’ avec un taux de prévalence ne dépassant pas 0,3%, a indiqué le médecin-chef dudit district sanitaire, Docteur Diéynaba Kane.
“La situation de l’épidémie à VIH n’est pas alarmante au niveau du district sanitaire de Bambey. Le niveau de prévalence est très faible au sein de la population et ne dépasse pas le taux de 0,3%”, a-t-elle précisé dans un entretien téléphonique avec le correspondant de l’APS à Diourbel.
Elle a cependant relevé que “le district sanitaire de Bambey a dépisté 10 nouveaux cas de VIH/Sida”, depuis le début de l’année 2024.
Dr Kane a précisé qu’au total 164 personnes infectées par le virus ont été suivies dans le district depuis 2007, date à partir de laquelle des cas de VIH ont commencé à être pris en charge à Bambey.
Elle a rappelé que ce district ‘’est une zone de transit’’, relevant qu’’’il y a des populations clés qui adoptent des comportements à risque et qui fréquentent le district sanitaire”.
Fort de cela, dit-elle, “le district sanitaire de Bambey est en train de mener des activités de prévention, de communication et de sensibilisation pour limiter la propagation du VIH/Sida.”
par Mohamed Lamine Ly
RÉFLEXIONS SUR LA GESTION DES RESSOURCES HUMAINES À LA SANTÉ
L'appel à candidatures du Pastef aurait eu toute sa pertinence au ministère de la Santé et de l'Action sociale, car la gestion démocratique du personnel n'y a jamais été une réalité. Le nouveau ministre ne fait perpétuer d'anciennes pratiques
Il est souvent reproché au système sanitaire sénégalais un déficit chronique et permanent en ressources, aussi bien humaines, matérielles que financières. Pour la présente contribution, nous nous appesantirons sur la gestion des ressources humaines, en prenant prétexte des récentes nominations controversées au niveau du ministère de la Santé et de l’Action sociale, qui ont suscité des protestations véhémentes du syndicat des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes (SAMES) et semé la zizanie dans la famille des professionnels de santé.
S’il y a un secteur, où l’appel à candidatures mentionné dans le projet de transformation systémique du Pastef aurait eu toute sa pertinence, c’est bien celui de la Santé et de l’Action sociale, car la gestion démocratique du personnel n’y a jamais été une réalité, tout au moins, pour ce qui est de celle des cadres supérieurs de santé (et du secteur social), désignés, sans concertation formelle, même si c’est par note de service, arrêté ou décret.
C’est donc dire que le nouveau ministre de la Santé n’a fait que perpétuer d’anciennes traditions de gestion discrétionnaire de cette question importante et sensible, avec la complicité de divers groupes de pression, dont l’Exécutif central et les syndicats.
Au Sénégal, l’atmosphère du secteur socio-sanitaire est polluée par des accusations itératives de « médicalisation » du secteur de la Santé, à savoir, l’accaparement par le corps des médecins de la quasi-totalité des postes de directions.
Qu’en est-il réellement ?
Une gestion archaïque des ressources humaines
Au niveau des districts et régions
Il est vrai que les districts, unités opérationnelles par excellence du système socio-sanitaire, chargées d’activités de santé publique et de mise en œuvre opérationnelle du PNDS, sont tous gérés par des médecins. Cela vient essentiellement du fait que la fonction de chef de district et celle (très orientée vers le curatif) de chef de centre de santé sont encore confondues. Les dissocier offrirait l’opportunité à d’autres cadres supérieurs de santé non médecins (docteurs en pharmacie, en chirurgie dentaire, en sciences infirmières ou obstétricales) d’occuper le poste de chef de district et même de région. En l’absence de règles du jeu claires, les organes de participation communautaire et dévolus au transfert de la compétence Santé aux collectivités territoriales (comité de développement sanitaire) restreignent considérablement la marge de manœuvre des gestionnaires de district ou conduisent à une collusion au détriment des usagers et travailleurs.
Par ailleurs, les équipes des districts sanitaires et des directions régionales de santé incluent des techniciens supérieurs de santé, des assistants sociaux et même des agents paramédicaux expérimentés (IDE, SFE), dont la plupart acquièrent de nouveaux diplômes (master, doctorat) dans les domaines les plus variés (gestion des programmes, administration des services de santé, épidémiologie…), sans compter l’expertise acquise sur le terrain.
Au niveau des hôpitaux
Par contre, la gestion de l’écrasante majorité des structures hospitalières échoit à des non-médecins, qui ne sont parfois même pas du secteur de la santé, mais qui ont acquis des diplômes d’administration des services de santé. Ces directeurs nommés par décret présidentiel constituent une sorte de « lobby administratif et financier » dans les structures sanitaires, dont certains membres issus du monde politico-syndical, pensent devoir s’acquitter d’un devoir de gratitude envers l’Exécutif.
Cet état de fait est en contradiction flagrante avec la prétendue autonomie hospitalière, qui a permis, jusque-là aux ministres politiciens de vampiriser les structures hospitalières à leur profit, à travers des instances délibérantes ravalées au rang de caisses de résonnance.
Les cadres supérieurs de santé sont réduits au rôle d’observateurs impuissants, confinés dans des commissions médicales honorifiques, ayant peu de prise sur la réalité hospitalière. Il en est de même pour les agents paramédicaux, dont les commissions techniques ont un statut encore moins valorisé.
Au niveau de l’administration centrale
La nomination aux postes de direction du niveau central obéit à un faisceau de critères dont aucun ne renvoie à une compétition saine et loyale ou en rapport avec le profil des postulants :
Critère politicien, pour récompenser les cadres de la mouvance présidentielle, qui n’hésitent d’ailleurs pas à transhumer, à l’occasion,
Critère académique, qui devrait poser le débat sur les plans de carrière des cadres de santé publique, par rapport aux universitaires, qui viennent occuper des postes au niveau du Ministère,
Critère lié à l’appartenance à un groupe de pression syndical, associatif voire religieux…
En lien avec la gestion verticale du système sanitaire, occasionnant une foultitude de programmes, on note une pléthore de cadres supérieurs de santé et d’action sociale, dont certains n’ont même pas de bureau, au du siège du Ministère en charge de la Santé.
En l’absence de coordination optimale, avec pour objectif principal, le déroulement de leurs plans d’action et l’absorption des financements reçus, les gestionnaires de programmes et leurs équipes se télescopent aux niveaux régional et de district, jusqu’aux postes et cases de santé.
Nouvelles réalités du système sanitaire
Les exigences liées à la multi-sectorialité, mais aussi à la philosophie des soins de santé primaires, adoptée à Alma-Ata en 1978 commandent de réformer la gouvernance sanitaire et de faire la place aux nouveaux corps intervenant dans la Santé prise au sens large. En effet, partout dans le monde, la Santé est, de plus en plus caractérisée par une multiplicité d’intervenants, ayant des statuts et des employeurs différents, dont les agents et relais communautaires.
Dans ce contexte caractérisé par une complexité croissante, il faut en arriver à une organisation des acteurs, qui les pousse à se réinventer, pour s’adapter à plusieurs innovations technologiques en cours (génomique, numérique, liée à l’intelligence artificielle…), se déroulant en marge du système sanitaire, qui peine à se les approprier entièrement.
Dans le même ordre d’idées, le secteur de la Santé a vu, en quelques décennies, un élargissement de son champ d’action aux sciences sociales, y compris à la participation communautaire et au travail social, à la digitalisation, à l’économie, au droit, à la communication et même aux mathématiques (statistiques)…
Toutes ces considérations doivent induire un changement de paradigme dans la gestion des ressources humaines, laquelle devra reposer sur un socle démocratique, qui devra, de plus en plus bannir l’approche discrétionnaire, ouvrant la porte à des considérations extra-sanitaires voire à la complaisance et au népotisme.
Pour une gestion des ressources humaines basée sur des critères
Pour corriger les impairs dans la gestion des ressources humaines, il faut en revenir aux bonnes vieilles recettes, à savoir la représentation des professionnels de la Santé dans les réunions de redéploiement, à tous les niveaux et à l’appel à candidatures pour les postes de direction.
Il faudra également, en amont du processus de sélection des candidats, définir des critères minimaux auxquels doit satisfaire tout postulant, parmi lesquels, outre le profil, l’expérience, le parcours professionnel, les diplômes requis pour le poste … Ces critères devront transcender la qualification professionnelle ou le corps d’origine, mais être fondé sur la hiérarchie et le niveau d’études, mais surtout sur les compétences requises pour satisfaire à la description de poste.
De manière pratique, nous pensons, qu’on peut envisager que des cadres de santé non médecins (pharmaciens, chirurgiens-dentistes, docteurs en sciences infirmières ou obstétricales) puissent occuper le poste de directeur régional de la Santé. Pour les autres cadres, acteurs de la Santé comme les anthropologues, les sociologues, les géographes, les travailleurs sociaux ayant au moins le doctorat, ils pourraient, par contre, postuler, au même titre que les cadres de santé, pour être des coordonnateurs de la Santé, au niveau départemental, rattaché à la préfecture), pouvant abriter un service territorial de santé publique.
Dans le même ordre d’idées les directeurs d’hôpitaux devraient avoir des niveaux académiques élevés, leur accordant une pleine légitimité pour gérer tous les cadres de santé de la structure.
L’implication des nombreux acteurs de la Santé non médecins ne doit pas avoir pour corollaire l’éviction injuste des médecins des sphères de gestion administrative et de santé publique, pour les confiner au rôle de cliniciens exécutants, au service d’autres catégories socioprofessionnelles.
De même, des plans de carrière stimulants et des passerelles entre les différentes catégories d’acteurs de la santé permettront une flexibilité et une complémentarité pour mettre fin aux malentendus et préjugés.
Dr Mohamed Lamine Ly est Spécialiste en santé publique
LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ DÉMENT L'INDISPONIBILITÉ DE LA RADIOTHÉRAPIE
Les autorités sanitaires invitent les citoyens à plus de responsabilité et recommande de ‘’vérifier les informations à caractère sensible auprès des services compétents afin d’éviter la diffusion de fausses nouvelles.
La Direction générale de la santé (DGS) a démenti ce mardi l’information selon laquelle la radiothérapie n’est plus disponible au Sénégal à cause d’une panne des appareils de l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye et de l’hopital Cheikh Ahmadoul Khadim.
Les autorités sanitaires invitent les citoyens à plus de responsabilité et recommande de ‘’vérifier les informations à caractère sensible auprès des services compétents afin d’éviter la diffusion de fausses nouvelles, interdites par la loi”, lit-on dans un document transmis à l’APS.
La même source signale que le samedi, 06 juillet, le ministère de la santé et de l’action sociale (Msas) ”a constaté la diffusion d’une vidéo devenue virale, dans laquelle un individu a partagé des informations selon lesquelles, les appareils de radiothérapie de l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye et de l’hopital Cheikh Ahmadoul Khadim de Touba sont tombés en panne”.
Dans cette vidéo, poursuit le communiqué, ” il est dit que la radiothérapie n’était plus disponible au Sénégal’’.
”Cette information qui est fausse”, selon le ministère de la santé qui regrette qu’une telle information ait porté ‘’préjudice’’ au système de santé et a créé la panique chez les patients qui doivent bénéficier de ce traitement.
Il assure que ‘’les services de radiothérapie des hôpitaux de Dalal jamm et de Cheikh Ahmadoul Khadim sont fonctionnels et continuent à délivrer correctement les soins relatifs au traitement des cancers’’.
Le Msas rappelle qu’il dispose de canaux appropriés pour communiquer sur les problèmes que rencontre le secteur de la santé.
‘’La diffusion de fausses nouvelles, la désinformation porte atteinte à l’image, à la crédibilité et au fonctionnement des services de soins”, indique le ministère qui se réserve ”le droit de saisir la justice pour une application rigoureuse des peines prévues à cet effet”.
NOMINATION CONTROVERSÉE À LA DIVISION DE LUTTE CONTRE LE SIDA
Le Réseau National des Associations de Personnes vivant avec le VIH (RNP+), a exprimé sa vive inquiétude suite à la récente nomination d’un agent économiste à la tête de la Division de lutte contre le SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles.
Le Réseau National des Associations de Personnes vivant avec le VIH (RNP+), a exprimé sa vive inquiétude suite à la récente nomination d’un agent économiste à la tête de la Division de lutte contre le SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles. Cette décision surprenante du ministère de la Santé et de l’Action Sociale a suscité des réactions au sein de la communauté des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) au Sénégal.
Le RNP+, organisation dédiée à l’amélioration de la qualité de vie des PVVIH et des groupes vulnérables, a souligné que la prise en charge efficace du VIH/SIDA nécessite une maîtrise approfondie des soins et des avancées scientifiques. « La prise en charge et l’accompagnement des PVVIH nécessitent une compréhension parfaite de la cascade des soins VIH, » selon le communiqué signé par Mme Soukeyna Ndiaye présidente du conseil d’administration.
Sous la direction précédente d’un médecin infectiologue de renommée internationale, la Division de lutte contre le SIDA avait fait des avancées significatives. La décentralisation des soins et une prise en charge effective des personnes infectées ont été des réalisations majeures. Le Sénégal s’était engagé sur la voie de l’atteinte des objectifs des 3*95 d’ici 2030, une initiative clé dans la lutte contre le VIH/SIDA.
Le RNP+ craint que cette nomination ne compromette les acquis précieux obtenus dans la lutte contre le VIH/SIDA au Sénégal. « Nous exhortons le Ministre de la Santé, Ibrahima Sy, à garantir le maintien des acquis dans la prise en charge du VIH/SIDA et à protéger les personnes touchées par cette maladie, » a ajouté le communiqué.
Le Réseau National des PVVIH a appelé le ministre de la Santé à faire preuve de responsabilité et à ne poser aucun acte qui pourrait nuire à la protection et à la prise en charge des PVVIH. « Nous rappelons au ministre son devoir de protéger cette couche vulnérable que nous représentons, » a insisté le communiqué du RNP+.
BAMBEY DEPOURVU DE BLOC OPERATOIRE
Les références au sein du service de la maternité et de la gynécologie dépassent les compétences de l’hôpital où des médecins restent impuissants face à l’urgence
Le district de Bambey qui polarise plus d’une trentaine de postes de santé connait un nombre très important de référence des femmes enceintes en situation d’urgence vers Diourbel. Une démarche qui rend difficile la prise en charge de la santé de la reproduction et contribue à l’augmentation des cas de décès maternels dans cette localité.
Le district sanitaire de Bambey est en nette évolution sur la prise en charge de la santé de la reproduction. Si, dans le cadre de la sensibilisation, l’adhésion aux différents programmes est acceptée par les populations malgré quelques réticences, les professionnels de la santé dans cette localité peinent dans l’offre de soins. Dans le domaine de la santé de la reproduction, rien que pour le district de Bambey, 100 à 150 accouchements peuvent être enregistré dans cette structure.
Cependant, les références au sein du service de la maternité et de la gynécologie dépassent les compétences de l’hôpital où des médecins restent impuissants face à l’urgence. Une situation qui est due à l’absence de bloc opératoire pour les soins obstétricaux et néonataux d’urgence. Selon le médecin-chef de service adjoint, Dr Marième Maty Dioum, toutes les références se font à Diourbel pour la prise en charge des urgences. «Nous n’avons pas de bloc opératoire pouvant prendre en charge des cas d’urgence en maternité dans le cadre de la prise en charge de la mère et de l’enfant. La seule alternative est de les référer». Pour Djibril Thiarré, superviseur de soin de santé primaire, «nous avons des difficultés par rapport à la prise en charge des urgences surtout celles chirurgicales. Nous effectuons énormément d'évacuations au niveau de l'hôpital régional de Diourbel par jour. Le nombre est incalculable. Parfois on peut même en faire 10 dans la journée. Ceci a causé certains devoirs parce qu'on est passé dans ses 3 dernières années avec au moins 6 décès maternels. Après la répartition, il y a eu une tendance baissière, vu les efforts qui ont été faits dans ce sens. Ceci n'est pas sans cause car Bambey à une population de 422128 habitants en 2024 et il mérite un hôpital de niveau 1. A défaut, au moins un bloc opératoire pour pouvoir prendre en charge les urgences chirurgicales au niveau du département de Bambey». Et d’ajouter : «nous avons une position centrale qui fait que même ceux qui sont aux alentours de Bambey viennent ici pour se soigner. Bambey est un carrefour qui mérite beaucoup d'attention. Pour le bloc le site est déjà identifié dans le centre de santé. On a tout planifié mais jusqu'à présent depuis deux ans rien n'a été fait».
A en croire le médecin-chef de district adjoint de Bambey, les décès maternels notés dans le district de Bambey étaient évitable, si la prise en charge était faite à temps. «Le cas de cette année, la maman a suivi toutes ces consultations. Elle était bien portante mais il y a eu une complication au moment de l’accouchement et il fallait référer. Elle est décédée en chemin. Si les conditions étaient réunies avec un bloc de soins obstétricaux d’urgence, on aurait pu la sauver», a-t-elle déclaré. Et de faire le plaidoyer pour l’implantation d’un bloc opératoire qui pourra prendre en charge les cas évoqués.
Pour sa part, la maitresse sage-femme du district de Bambey, Françoise Awa Gueye Kama, dira : «nous avons une population très jeune dans le district de Bambey. Les familles donnent en mariage leurs enfants très jeunes. On est souvent confronté à des grossesses à risque et dans ces cas, la référence est l’idéal. Nous sollicitons vraiment de nos autorités de la santé, l’implantation d’un bloc opératoire qui va non seulement soulager la population de Bambey en termes de coût mais aussi le personnel de Diourbel de cette charge de travail. Dans les autres postes de santé très reculés de la ville, les sage femmes préfèrent référer à Thiès qui est plus proche d’eux que Diourbel».
Rappelons que ces informations ont été obtenu dans le cadre d’une caravane presse organisée par l’Association des journalistes en santé population et développement, en collaboration avec la Direction de la santé de la mère et de l’enfant dans la région médicale de Diourbel qui polarise le district de Bambey, du 3 au 5 juillet dernier.
INAUGURATION D’UN NOUVEAU LABORATOIRE DE L’INSTITUT PASTEUR À TOUBA
Pour Dr. Amadou Sall, directeur de l’IPD, « la vocation de ce laboratoire, au-delà de fournir des services aux patients, est aussi de mener des activités de surveillance épidémiologique ».
L’Institut Pasteur de Dakar s’implante pour la première fois hors de la capitale sénégalaise. En effet, l’Institut a ouvert un tout nouveau laboratoire de biologie médicale à Touba.
La ville de Touba accueille ainsi son premier laboratoire de biologie médicale, logé au sein de l’Institut Pasteur. Inauguré hier à Touba Madiyana, ce laboratoire marque une étape significative pour l’Institut.
Cette nouvelle implantation a été saluée par divers intervenants, dont le gouverneur de la région, qui a souligné les gains de temps et les avantages médicaux en termes de prévention et de surveillance épidémiologique. Représentant le ministre de la Santé empêché, Ibrahima Fall a rappelé les objectifs sanitaires du gouvernement pour Touba, la capitale du mouridisme, qui pourrait devenir un hub sanitaire.
Selon Ibrahima Fall, le choix de Touba pour cette infrastructure est justifié par plusieurs raisons, notamment son poids démographique et sa position géographique, étant un carrefour pour les autres régions du pays. « L’ouverture de l’Institut Pasteur à Touba, avec ce laboratoire, est cruciale. Elle renforcera la surveillance épidémiologique des maladies transmissibles comme la rougeole et les méningites, tout en réduisant les délais des résultats d’analyse », a-t-il déclaré.
Le gouverneur a également souligné que cette initiative répond aux critères d’équité sociale et territoriale. La visite du laboratoire polyvalent a révélé qu’il réalise des analyses dans diverses spécialités de la biologie clinique, telles que la biochimie générale, l’immunologie et l’hormonologie, l’hématologie, etc.
Pour Dr. Amadou Sall, directeur de l’Institut Pasteur de Dakar, « la vocation de ce laboratoire, au-delà de fournir des services aux patients, est aussi de mener des activités de surveillance épidémiologique ». Touba, deuxième ville du Sénégal en termes de population, mérite une telle infrastructure. Il a rappelé que ce laboratoire collabore étroitement avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale, comme en témoigne la gestion de la pandémie de Covid-19.
« C’est dans ce cadre que nous avons créé, en plus du laboratoire d’analyse médicale, un laboratoire dédié à la santé publique. En matière de santé, la rapidité et la qualité sont essentielles, ce qui justifie notre implantation ici », a expliqué le directeur de l’Institut Pasteur.
LE SAMES DÉNONCE UN NÉPOTISME À OUTRANCE AU MINISTÈRE DE LA SANTÉ
Les nominations "fantaisistes" et la prise en compte insuffisante des revendications des travailleurs de santé sont dénoncées par le syndicat qui exige une correction diligente de la part du ministre
Comme à l’accoutumée, le syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) est monté au créneau pour dénoncer les nominations de «camaraderie» du ministre de la Santé. Dans un communiqué, il déplore le fait que le ministre procède à des nominations basées sur la camaraderie.
Le Syndicat automne des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal est très remonté contre le ministre de la Santé à cause des nominations, dit-il, de camaraderie qu’il est en train d’opérer au sein du ministère. Le bureau exécutif national (Ben) du Sames rejette avec une extrême fermeté les récents actes de nominations effectués par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, au détriment du corps des médecins pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Ainsi le bureau exécutif national rappelle au ministre en charge de la Santé que le fait de mettre un agent économiste à la tête d’une division technique de lutte contre le SIDA constitue une insulte grave à la communauté scientifique «malgré toutes les avancées obtenues dans ce domaine, sous la conduite d’un médecin infectiologue de renommée mondiale, ayant cumulé des décennies de recherche et d’enseignement dans le domaine, et aux états de service irréprochables».
Cependant, le BEN exige du ministre de la Santé Ibrahima Sy une réparation immédiate de ces impairs, «seul gage d’une poursuite correcte de collaboration entre lui et les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes». L’urgence dans le secteur de la Santé, selon le Sames, c’est de procéder à une prise en main sérieuse des revendications des travailleurs, «une correction diligente et sans faiblesse aucune des dérives notées dans la gestion des services de santé, mais non des nominations népotiques, à la limite fantaisistes», indique-t-il dans un communiqué.
Le syndicat invite le ministre de la Santé d’inscrire ses actes dans le sillage du «Jub Jubël Jubënti» et non dans des nominations avec des penchants de camaraderie. «Nous demandons aux camarades de se tenir prêts pour défendre la corporation et user de tous les moyens légitimes pour une satisfaction intégrale des préoccupations des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes», prévient le Sames.
« LA QUALITÉ DES EAUX DES LACS NE PRÉSENTENT AUCUN DANGER POUR LE SÉNÉGAL »
A l'occasion d'un atelier de bilan, Cheikh Tidiane Dièye s'est voulu rassurant sur la qualité des eaux des lacs, soumises à un strict suivi selon lui
Le ministre de l'hydraulique et de l'Assainissement a présidé hier l'atelier de restitution et de capitalisation de la participation du Sénégal au 10e Forum international de l'eau. Cheikh Tidiane Dièye en a profité pour rassurer les Sénégalais sur la qualité des eaux des lacs au Sénégal.
La qualité des eaux des lacs ne présente aucun danger pour le Sénégal. Cette assurance est du ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye. Il s'exprimait ainsi lors de l'atelier de restitution et de capitalisation de la participation du Sénégal au 10e Forum international. Il souligne qu'il y a un suivi permanent sur le lac. « La qualité de l'eau est suivie au quotidien. Des structures du ministère sont sur place et pas seulement sur le lac mais sur toutle tracé du fleuve. C'est pourquoi tout ce qui se passe bien en amont sur la Falémé et autres nous tient à cœur, et est une source majeure et constante de nos préoccupations. C'est pour rassurer les Sénégalais que la qualité de lac ne présente aucun danger pour le Sénégal et nous le garantissons puisque l'eau que nous buvons àDakar vient du lac de Guiers», affirme Cheikh Tidiane Dièye. Il promet d'ailleurs d'effectuer une visite dans les prochains jours pour voir les installations et les dispositifs de sécurité. «On veillera à ce que les efforts permettant de garantir la qualité de l'eau soient maintenus. Évidemment, nous veillerons aussi pour voir les pratiques autour, que ça soit des industriels et autres, des normes sont établies et cela, le gouvernement est en train de le suivre pour anticiper et faire en sorte qu'on reste dans les standards appropriés pour pouvoir continuer à utiliser cette eau pour la consommation domestique et pour l'agriculture», ajoute le ministre.
Le satisfecit du ministre
Revenant par ailleurs sur la participation du Sénégal au 10e forum international de l'eau, le ministre indique que la participation du Sénégal a été remarquable sur tous les plans. «De la cérémonie d'ouverture aux rencontres bilatérales en passant par le Pavillon Sénégal, notre pays a réaffirmé son leadership et son ambition pour la promotion de l'accès universel à l'eau et à l'assainissement», indique le ministre. Il précise aussi que le Sénégal, en tant que nation engagée dans la préservation des ressources en eau, a pris part activement aux débats et aux échanges qui ont eu lieu à Bali. «Nous avons partagé nos expériences, nos défis et nos réussites dans la gestion de l'eau et l'accès aux services d'eau et d'assainissement, tout en apprenant des meilleures pratiques et des innovations développées par d'autres nations. Dans cette même perspective, le Sénégal a partagé les résultats de la mise en œuvre du «Blue Deal pour la sécurité de l'eau et de l'assainissement pour la paix et le développement», a dit Cheikh Tidiane Dièye.
DES AVANCEES ENREGISTREES DANS L’OFFRE DE SERVICES SANITAIRES A MBACKE
Le district sanitaire de Mbacké (centre) a enregistré “beaucoup d’avancées” en termes d’offre de services sanitaires, au point de se retrouver devant ceux de Bambey et Touba (centre) dans ce domaine
Mbacké, 4 juillet (APS) – Le district sanitaire de Mbacké (centre) a enregistré “beaucoup d’avancées” en termes d’offre de services sanitaires, au point de se retrouver devant ceux de Bambey et Touba (centre) dans ce domaine, a-t-on appris, jeudi, de la sage-femme Awa Ndiaye.
“Nous avons beaucoup d’avancées dans le district sanitaire de Mbacké. Lorsque nous présentons les données, nous sommes premiers devant les deux autres districts que compte la région, à savoir Bambey et Touba”, a déclaré Awa Ndiaye à l’occasion de la “caravane de presse” organisée à Diourbel par la direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME) et l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD).
“Les sages-femmes et les infirmières sont ‘capacités’ en santé de la reproduction. Concernant les indicateurs, le district sanitaire de Mbacké n’est pas en rade”, s’est-elle réjouie, ajoutant : “Par rapport au nombre de femmes ayant effectué quatre consultations prénatales entre janvier et mars 2024, nous en sommes à 42 %.”
Elle affirme que 49,92 % des femmes enceintes du district de Mbacké ont “reçu les Sp3, c’est-à-dire les médicaments contre le paludisme”. “En ce qui concerne ceux qui dorment sous une moustiquaire imprégnée, nous sommes à 56,2%.”
“Concernant les femmes qui ont été dépistées du VIH et de la syphilis, le taux est de 52,06 %”, a précisé la sage-femme du district sanitaire de Mbacké.
Elle signale que 46,2 % des femmes enceintes ont bénéficié de l’assistance d’un personnel qualifié lors de leur accouchement, que 53,5 % des enfants du district ont reçu un paquet de soins à la naissance.
“Ces résultats ont été obtenus grâce à la sensibilisation”
Mme Ndiaye note toutefois que “le nombre d’accouchées ayant effectué les trois consultations postnatales est au ralenti, à 15 %”. Cette situation nécessite que des stratégies soient mises en œuvre “pour booster les indicateurs” sur ce plan, a-t-elle dit.
Dans le domaine de la planification familiale, le district sanitaire de Mbacké “enregistre un taux de 12 %”. Et pour la nutrition (diarrhée, vomissements, supplémentation en vitamine A), “nous sommes à 95 %” d’enfants traités aux solutions de réhydratation orales (Sr/Zinc), a fait savoir la sage-femme.
“Nous avons des défis à relever mais nous sommes en train de faire des efforts. Auparavant, il y avait un problème d’accessibilité des autorités religieuses [et de] rupture des médicaments”, a-t-elle relevé.
“Ces résultats ont été obtenus grâce à la sensibilisation”, s’est réjouie la sage-femme du district sanitaire de Mbacké en précisant que “les accouchements à domicile sont rares, même avec la rétention des données”.
MBACKÉ DONNE LA LEÇON À TOUBA EN SANTÉ MATERNELLE
La ville sainte nécessite de revoir son message de sensibilisation pour promouvoir les dépistages et les méthodes contraceptives adaptées à ses réalités socioreligieuses
Le district sanitaire de Mbacké connait des indicateurs satisfaisants dans la lutte contre la mortalité maternelle et infantile, contrairement à Touba qui empile des difficultés pour s’imposer dans la mise en place de stratégies comme pour la planification familiale. Selon les acteurs rencontrés sur place hier, jeudi 4 juillet 2024, dans le cadre d’une caravane presse, plusieurs facteurs entrent en jeux dont l’aspect religieux et coutumier mais aussi le fort taux d’analphabètes dans cette ville Sainte de Touba.
La caravane sur la santé de la mère, du nouveau-né, de l’enfant, des adolescents et jeunes (Srmnia), organisée par le Réseau des journalistes en santé, population et développement, en partenariat avec la Direction de la Santé de la mère et de l’enfant (Dsme), était hier, jeudi 4 juillet, dans les localités de Mbacké et Touba. Dans ces deux localités du département de Mbacké, la lutte contre la mortalité maternelle et infantile connait des disparités. Si le district de Mbacké a pu s’imposer dans cette lutte, ce n’est pas facile pour Touba où la plupart de ces indicateurs restent bas.
Dans cette cité religieuse, fief du Mouridisme, Thioro Faye Mbacké, responsable Santé de la reproduction du district sanitaire de Touba, a fait savoir qu’il y a un retard dans les Consultations prénatales (Cpn) qui doivent passer de quatre à huit séances, durant la période de grossesse. «Nous continuons à enregistrer des retards dans la prise en charge des grossesses. Des femmes arrivent dans nos structures tardivement mais la fréquentation dans les structures de santé est rassurante à Touba», a fait savoir Mme Mbacké. Et d’ajouter : «dans le district de Touba, nous avons une bonne couverture sanitaire. Dans chaque quartier où village, il y a une structure de santé. Au total, il y a 42 structures de santé à Touba dont 29 postes de santé, 6 centres de santé et 3 hôpitaux. Mais, vu le poids démographique de Touba, c’est toujours insuffisant».
Si à Touba les acteurs de la santé, accompagnés des relais communautaires, ont pu relever le taux d’audience dans les structures de santé, ils peinent à le faire dans la planification familiale (Pf) où le taux reste très bas. «Nous avions beaucoup de difficultés liées aux problèmes de compréhension, des rumeurs sur l’utilisation des méthodes de planifications familiale. Nous avons pu relever le gap avec les acteurs communautaires, les relais et les Bajenu Gox. Mais, il y a toujours du chemin à faire. Nous sommes dans une cité religieuse, il faut revoir le discours, les termes et essayer de le contextualiser afin d’amener les familles à y adhérer», a-t-elle avancé.
Pour Mme Mbacké, hormis l’aspect religieux, Touba a un taux élevé d’analphabètes. La majorité de la population fréquente l’école coranique. «Les choses commencent à bouger. Les familles scolarisent leurs enfants et des couples jeunes s’intéressent à ces pratiques de la Pf, qui les permettent non seulement d’avoir une bonne santé mais aussi celle de leurs enfants. Aujourd’hui, j’appelle au renforcement de la sensibilisation avec les acteurs communautaires, les journalistes au niveau local pour qu’on puisse bénéficier des supports de Pf adaptés à nos réalités pour réussir cette stratégie».
Au district sanitaire de Mbacké, Awa Ndiaye, sage-femme responsable de la Santé de la reproduction, fait part de plusieurs avancées. Selon elle, le district de Mbacké est champion dans les acquis au niveau régional. Des avancées qui ont été possibles grâce à l’appui de la Dsme et de la formation continue des sages-femmes et les infirmières dans les questions de la Santé de la reproduction.
Parmi les indicateurs, le district sanitaire de Mbacké, par rapport aux nombres de femmes ayant effectué 4 consultations prénatales entre janvier et mars 2024, se positionne à 42%. Pour le nombre de femmes enceintes qui ont reçu leurs trois doses de comprimés pour la lutte contre le paludisme, il est à 49,92%. Pour celles qui dorment sous moustiquaires imprégnées, à 56,2%. Pour les femmes qui ont été dépistées du VIH et de la syphilis, le taux est de 52,06%.
En ce qui concerne les accouchements assistés par un personnel qualifié, Mbacké est actuellement à 46,2%. S’agissant du nombre d’enfants ayant bénéficié d’un paquet de soins à la naissance, le district est à 53,5%. Pour le nombre d’accouchées ayant été effectuées, les 3 consultations post natales, est en ralenti car nous sommes à 15%. Pour la planification familiale nous sommes à 12%. «Nous avons des défis mais nous sommes en train de faire des efforts. Auparavant, il y avait l’inaccessibilité des autorités religieuses, la rupture des médicaments ; mais ce n’est plus le cas», a avancé Awa Ndiaye.
Les accouchements à domicile, un phénomène rare
De plus en plus les accouchements à domicile se font rares dans les régions. Dans les districts sanitaires de Mbacké et Touba, il y a peu ou presque pas de cas enregistrés par mois. Selon les acteurs de la santé, les accouchements à domicile sont rares, même avec la rétention des données. Pour Touba, ils représentent 0,5% par rapport à toute la population. «Les accouchements à domicile ne sont pas très importants à Touba. Mais notre souhait, c’est d’avoir 100% d’accouchements dans les hôpitaux. Il y a des structures privées qui parviennent à accueillir des accouchements, mais on ne parvient pas à les recenser. C’est pourquoi, nous faisons de la sensibilisation à ces structures privées qui ne sont pas vraiment dans les normes de se conformer. Pour celles qui sont en normes, elles sont enrôlées au niveau des districts où elles travaillent avec les districts,» a renseigné Mme Mbacké.