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5 avril 2025
Santé
UN VERITABLE SAC A NŒUD
Gratuite de la dialyse au Sénégal - La prise en charge des malades du rein est un véritable serpent de mer dans les politiques de santé communautaire au Sénégal.
Depuis quelques jours, la dialyse est citée dans les dossiers épinglés dans les rapports de l’Ofnac concernant la gestion des fonds Covid et cie. Une prise en charge gratuite au Sénégal, mais qui a amené à un moment, certains malades à acheter des compléments pour pouvoir accéder à leur séance.
La prise en charge des malades du rein est un véritable serpent de mer dans les politiques de santé communautaire au Sénégal. Tant elle est source de controverse et d’opposition entre les principaux acteurs, comme en témoigne cette affaire sulfureuse affaire de kits de dialyse dévoilée par un rapport de l’Ofnac. Pourtant, face aux allégations des associations de malades en situation de dialyse qui parlaient de surfacturation dans l'achat des kits de dialyse par l'Agence de la Couverture Maladie Universelle, les autorités du ministère de la santé et de l’action sociale avaient catégoriquement nié. Selon elles, l’Acmu achèterait même ces kits à un prix bien supérieur au marché. Pis encore, ces associations avaient dénoncé l’achat de certains médicaments très souvent en rupture et indispensables dans le processus de dialyse pour pouvoir le faire. A défaut, la séance était reportée. Le ministère de la Santé et de l’action sociale s’est encore braquée et a souligné que les intrants étaient disponibles et aucun frais n’a été déboursé par un malade dans les structures publiques de santé du pays. Avant d’arguer que dans le privé, l’Etat avait souscrit un partenariat qui permettait de prendre en charge des patients à moindre coût. Cependant, de la parole à l’acte, un grand fossé a été constaté. Les malversations n’en finissaient pas. Dans certaines structures de santé, des malades étaient obligés d’acheter certains médicaments pour faire leurs séances. Dans le privé, le prix varie entre 60 mille par séance à 120 mille. Cependant, il faut souligner que dans certaines structures privées, la prise en charge reste gratuite à cause d’un partenariat entre ces deux entités. Toutefois, il faut avoir une imputation budgétaire pour en bénéficier. Ces allégations ont couté cher au président de l’association des insuffisances rénales, feu Hamidou Diallo qui avait avancé : « le ministère de la Santé et de l’action sociale a refusé de nous donner l’autorisation de faire fonctionner notre centre de dialyse. Le matériel est là avec tout le dispositif ». Et d’ajouter : « c’est à cause de ces sorties que la tutelle ne veut pas de son projet ». L’homme qui a quitté ce bas monde avait aussi alerté sur des kits de dialyse du pays qu’on retrouvait dans la sous-région, particulièrement en Gambie et au Sénégal
Aujourd’hui, après la publication des rapports de l'Ofnac, l’enquête révèle des pratiques supposées frauduleuses et de corruption, d’abus de confiance et de violation d’une convention Etat-privé dans le cadre de la prise en charge de la maladie rénale chronique dans la gestion des dialyses au Sénégal. Elle a mis en lumière une surfacturation des kits de dialyse, des détournements de fonds publics et des conflits d'intérêts dans les centres de dialyse privés coordonnés par l’Administrateur de l’Institut clinique de performance (Icp) et l’assistante-secrétaire.
Prise en charge de la dialyse Les personnes souffrant de maladie du rein sont nombreuses au Sénégal. Plus de 800 mille personnes ont une défaillance et la majorité est soumise à la dialyse dans le pays. Seulement parmi ce nombre, plus de la moitié ne bénéficie pas de la gratuité de la dialyse dans le public, faute d’accueil. Une gratuité qui implique la possibilité de subir sans frais des séances d’hémodialyse ou de dialyse péritonéale dans l’attente d’une place en hémodialyse ; la possibilité de subir des séances d’hémodialyse à un tarif réduit dans les structures privées ayant signé une convention avec l’Agence de la CMU, en fonction des places disponibles. Selon la convention du ministère de la Santé et de l’action sociale, pour bénéficier de cette gratuité, le patient doit s’inscrire sur la liste d’attente d’un centre de dialyse d’une structure publique. Rappelons que sont gratuits pour les patients en dialyse au niveau d’une structure publique, la séance de dialyse ; le kit d’hémodialyse ou le kit de dialyse péritonéale.
Malgré le scandale sur les kits de dialyse relevé par le rapport de l’Ofnac, le Sénégal poursuit ses efforts dans la décentralisation des centres de dialyse. Aujourd’hui, dans toutes les régions du Sénégal et dans plusieurs départements, des centres de dialyse y sont implantés facilitant la prise en charge aux patients. Même si cette offre est à améliorer à cause des nombreuses défaillances techniques et les ruptures d’intrants, le maillage demeure une réalité avec au moins un néphrologue par région en dehors de la capitale. Pour le ministère de la Santé et de l’action sociale, en 2022, il a procédé au recrutement de 30 prestataires pour la formation au Master en suppléance rénale à la Faculté de médecine de Dakar.
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LÈVRES ROSES, HÉPATITE B, DÉPIGMENTATION, L’ALERTE ROUGE DE DR BABACAR DIOP
Le médecin-Colonel Khalifa Ababacar Wade est désormais le médecin du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. La blouse blanche qui était le chef de service Réanimation médicale et d'hémodialyse de l'Hôpital Principal de Dakar, a été nommé par décret le 24 avril dernier.
«A compter du 24 avril 2024, le médecin-Colonel-Khalifa Ababacar Wade, précédemment Chef de service Réanimation médicale et d'hémodialyse de l'Hôpital Principal de Dakar, est nómmé Médecir du président de la République, en rempla cement du médecin Général de brigade, Mouhamadou Mbengue. Le ministre, Secrétaire général de la Présidence de la Ré-publique, le ministre des Forces Armées et le ministre des Finances et du budget sont chargés de l'exécution du présent décret qui sera publié au Journal officiel», lit-on dans le document officiel.
L’ANSFS POUR UN SIEGE A CHAQUE TABLE DE DECISION
La Journée internationale de la sage-femme a été célébrée hier, dimanche 5 mai.
La Journée internationale de la sage-femme a été célébrée hier, dimanche 5 mai. Au Sénégal, l’association nationale des sages-femmes a fait le plaidoyer pour plus d’investissements, de ressources, d’autonomie, de reconnaissance et d’un siège à chaque table de décision afin que ces membres puissent devenir la main-d’œuvre dont le monde en réchauffement a besoin. Pour y arriver, la présidente Bigué Ba Mbodji a souligné : « il est essentiel que nos contributions soient reconnues et que nos voix soient entendues dans l’élaboration de politiques et de pratiques qui aident les sages-femmes à fournir des soins de santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale et infantile accessibles et de qualité, qui soient également durables pour notre planète ».
Ensemble, les sages-femmes peuvent créer un avenir plus durable. Cependant, pour répondre à l’appel de la communauté internationale sur le thème de cette journée du 05 mai qui leur est dédiée : « les sages-femmes, une solution vitale pour le climat », l’Association nationale des sage-femmes du Sénégal (Ansfs) a fait savoir que pendant les crises climatiques, elles peuvent s’adapter pour garantir des soins sûrs, respectueux et de qualité aux femmes et aux personnes. Cependant, pour bien mener cette action, l’Ansfs a fait le plaidoyer au cours d’un point de presse pour plus d’investissements, de ressources, d’autonomie, de reconnaissance et d’un siège à chaque table de décision.
Pour la Présidente Bigué Ba Mbodji, il est extrêmement urgent d'allouer des ressources et de déployer des efforts pour faire face à la crise climatique. « Les sages femmes peuvent plus facilement atteindre les zones touchées par les catastrophes climatiques et fournir rapidement des services essentiels de santé reproductive et maternelle. Elles constituent un réseau précieux pour la distribution d’informations fondées sur des données probantes ce qui garantit l’accès aux soins aux femmes et aux nouveaux nés » a-t-elle fait savoir.
Et d’ajouter : « en tant que sages-femmes, nous ne nous considérons peut-être pas toujours comme des championnes du climat, mais les preuves sont claires. La continuité des soins prodigués par ces dernières, améliore les résultats en matière de santé et contribue à la durabilité environnementale et à l’adaptabilité en réduisant l’empreinte carbone des services de santé et en les rendant plus résistants au changement climatique ».
Pour être encore plus performante, l’Ansfs a soutenu : « Il est essentiel que nos contributions soient reconnues et que nos voix soient entendues dans l’élaboration de politiques et de pratiques qui aident les sagesfemmes à fournir des soins de santé sexuelle, reproductive, maternelle, néonatale et infantile accessibles et de qualité, qui soient également durables pour notre planète ». Et d’attester : « mes consœurs fournissent des services de santé sûrs et durables, aident les communautés à s’adapter au changement climatique et sont les premiers à réagir aux catastrophes climatiques.
A travers la célébration ladite journée, nous rendons un hommage mérité à toutes les sages-femmes et plaidons pour des changements nécessaires afin d’assurer un avenir durable à la profession de sage-femme partout dans le monde et particulièrement au Sénégal ».
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LE SENEGAL INTÈGRE LE CLUB RESTREINT DES PRODUCTEURS AFRICAINS DE MÉDICAMENTS
En atteignant le plus haut niveau de maturité réglementaire décerné par l'OMS, le pays devient le premier en Afrique à pouvoir fabriquer ses propres produits pharmaceutiques
C'est une avancée historique pour le Sénégal et l'Afrique! Après des années d'efforts, le Sénégal vient d'obtenir la certification de l'OMS qui lui permettra de produire localement ses propres médicaments et vaccins.
Jusqu'à présent, plus de 90% des besoins pharmaceutiques du continent africain étaient importés, une dépendance qui fragilisait l'accès aux soins. Pire, des centaines de tonnes de médicaments falsifiés ou de mauvaise qualité circulaient dans les circuits d'approvisionnement légaux.
Mais le vent tourne. En atteignant le niveau 3 de maturité réglementaire, le Sénégal fait aujourd'hui figure de pionnier. Il disposera bientôt d'une industrie pharmaceutique locale capable de fournir des produits sûrs et efficaces, à moindre coût.
Une véritable révolution sanitaire et économique se profile. En visant la souveraineté pharmaceutique, le Sénégal s'affranchit des importations couteuses et aléatoires. Il sécurise l'accès aux traitements vitaux pour sa population. Et il se positionne en futur acteur majeur d'un marché africain desmédicaments estimé à plusieurs milliards de dollars.
NIGER, UNE ÉPIDÉMIE DE MÉNINGITE FAIT PLUS DE 120 MORTS
La capitale Niamey est particulièrement touchée par cette maladie. Cette augmentation est ‘’inquiétante’’ comparée à la même période de l’année précédente où 1389 cas avaient été enregistrés avec 72 décès, rapporte Onuinfo.
Une épidémie de méningite a causé la mort de 123 personnes au Niger depuis la mi-mars sur plus de 2.012 cas dénombrés dans le pays, révèle l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soulignant que les enfants sont les plus affectés.
La capitale Niamey est particulièrement touchée par cette maladie.
Cette augmentation est ‘’inquiétante’’ comparée à la même période de l’année précédente où 1389 cas avaient été enregistrés avec 72 décès, rapporte Onuinfo, le site d’information des Nations Unies, indiquant ‘’un taux de létalité de 6,1 %’’.
Le dernier décompte effectué le 17 avril dernier, par les autorités sanitaires, faisait état de 1.692 cas notifiés dont 99 décès, renseigne la même source.
L’OMS rappelle que le Niger fait partie des 26 pays d’Afrique ‘’hyper-endémiques pour la méningite’’.
Le pays est confronté à ‘’une augmentation rapide du nombre de cas avec une hausse de 50% par rapport à l’année précédente’’, déplore-t-elle.
Pour faire face à cette situation critique, l’OMS est à pied d’œuvre dans la riposte en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers pour la mobilisation de ressources en vue de l’organisation d’une campagne de vaccination pour contenir la maladie.
RAPPORT OFNAC 2023, RÉVÉLATIONS SUR LA SURFACTURATION DES KITS DE DIALYSE
Parmi les grands scandales, il y a celui de l’achat de kits de dialyse qui donne le tournis. Une dénonciation du porte-parole du Mouvement des insuffisants rénaux depuis 2019, sur des détournements et de la surfacturation des kits de dialyse.
Il ne restait que ce rapport de 2023 pour l’Ofnac. Parmi les grands scandales, il y a celui de l’achat de kits de dialyse qui donne le tournis. Une dénonciation du porte-parole du Mouvement des insuffisants rénaux depuis 2019, sur des détournements et de la surfacturation des kits de dialyse.
Hamidou Diallo est décédé au cours de l’enquête que menait le Département investigations (Dpi) de l’organe de lutte contre la fraude et la corruption. Mais c’est une affaire dont les écarts sur les prix des kits sont si énormes d’un fournisseur à un autre que les enquêteurs ont dû fouiner partout et auditionné du beau monde : la Directrice de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (PNA) de l’époque, le Directeur général de l’Agence de la Couverture Maladie universelle (ACMU) de l’époque, l’administrateur délégué de l’Institut Clinique de Perfectionnement (ICP), le Directeur administratif et financier (DAF) de la Clinique de la Madeleine, l’ancien chef du Service Néphrologie de l’hôpital Aristide le Dantec (1992 à 2019), un technicien supérieur en anesthésie à la retraite devenu Directeur général de la clinique ABC Hémodialyse et de la société Diminter, le chef du Service Néphrologie de l’hôpital Aristide le Dantec depuis 2019….Complicité entre privé et agents publics »
En guise d’exemple, il signale que la Clinique des Madeleines facture la séance à 250 000 FCFA, ABC à 90 000, ICP à 65 000 et le Centre d’Hémodialyse de Dakar (CDD) à 65 000 FCFA. Il ajoute que, malgré la gratuité dans le public, il arrive que l’héparine, une des composantes du kit, soit vendue à 7 500 FCFA au patient par certains agents indélicats des centres, sous prétexte que le kit est incomplet. »
L'HEPATITE ELEVEE DANS LE BASSIN ARACHIDIER
La prévalence de l’hépatite B est à plus de 10% dans le bassin arachidier (Centre), a indiqué le Secrétaire général du Cadre de concertation, de coordination et d’actions de plaidoyer de la Société civile pour la santé au Sénégal (3 Cap-Santé), Karim Diop
La prévalence de l’hépatite B est à plus de 10% dans le bassin arachidier (Centre), a indiqué le Secrétaire général du Cadre de concertation, de coordination et d’actions de plaidoyer de la Société civile pour la santé au Sénégal (3 Cap-Santé), Karim Diop. «En ce mois d’avril, nous étions dans le bassin arachidier, où la prévalence de l’hépatite B est à plus de 10%», a-t-il déclaré.
Le docteur Diop animait, samedi à Dakar, un panel organisé dans le cadre de la Journée mondiale de la santé, célébrée le 7 avril dernier.
«Notre santé, nos droits» était le thème de cette édition.
«Les dépistages menés ont montré que l’hépatite B affecte beaucoup de jeunes, leur causant la cirrhose, une inflammation chronique du foie qui détruit les cellules hépatiques», a-t-il expliqué.
«Malheureusement, si vous allez à Kaolack, vous verrez qu’au niveau des hospitalisations en interne, il y a beaucoup de jeunes qui présentent des cirrhoses, c’est-à-dire des cancers du foie», déplore Dr Diop.
Il a plaidé pour la «mise en œuvre d’un programme ardu de dépistage, de prévention et de vaccination des enfants à la naissance contre l’hépatite B».
Karim Diop a annoncé qu’une note conceptuelle sera transmise aux autorités avec des recommandations, pour apporter des solutions à ce problème de santé.
«L’Etat ne pourra pas tout faire, mais peut renforcer la dynamique qui est déjà développée», a-t-il souligné.
ACCÈS AUX SOINS, LE DR FARBA LAMINE SALL PRÉCONISE UNE APPROCHE MULTISECTORIELLE DE REDEVABILITÉ
Dr Sall appelle la société civile à exiger qu’il y ait collaboration entre le ministère de la Santé avec d’autres. Ce qui permettra, selon lui, de prendre en charge "les extrémités négatives".
Conseiller en financement de la santé, Dr Farba Lamine Sall prône une multisectorialité de redevabilité pour faire face aux défis de l’accès aux soins au Sénégal. Dr Sall s’exprimait en marge de la journée de plaidoyer, organisée samedi dernier, par le Cadre de concertation , de coordination et d’actions de plaidoyer de la société civile pour la santé au Sénégal (3CAP-Santé) dont le thème retenu est «Notre santé, nos droits».
Il est question pour le 3CAP-Santé, de défendre les droits de chacun et chacune, partout dans le monde, à accéder à des services de santé, puisque selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). «Au moins 4,5 milliards de personnes, soit plus de la moitié de la population mondiale, ne sont pas entièrement couvertes par les services de santé essentiels en 2021». Ainsi, face à ces défis liés à l’accès aux soins, le Dr Farba Lamine Sall, pour lui, «il faut que les ministres soient obligés de faire la multisectoralité». Le conseiller en financement dans la santé, qui en veut pour preuve le cahier de changes du ministère de la Santé qui oblige une collaboration entre autres avec le ministre de l’Environnement et le ministre des Sports, appelle la société civile à exiger qu’il y ait collaboration entre le ministère de la Santé avec d’autres. Ce qui permettra, selon lui, de prendre en charge «les extrémités négatives».
En revanche, pour ce qui est des «extrémités positives», Dr Sall estime qu’ «il faut aussi aller chercher au niveau du ministère des Sports, au ministère de la Famille, au ministère des Forces Armées». Et l’ancien Directeur de cabinet au ministère de la Santé et de l’Action sociale d’assurer : «si vous voulez avoir des prestations de services de santé disponibles sur l’étendue du territoire auxquelles les populations peuvent accéder, il faut que vous ayez les infirmiers anesthésistes jusqu’à Fongolémi», à en croire l’enseignant au CESAG.
TROIS QUARTS DU SEL CONSOMME AU SENEGAL NE SONT PAS ASSEZ IODES
Seulement 25% du sel produit et consommé au Sénégal ont une teneur adéquate en iode- Insuffisamment iodé, la plupart du sel contient des particules dangereuses pour la santé- La carence en iode peut provoquer des troubles de croissance...
« Au Sénégal 75% des sels de cuisine ne sont pas adéquatement iodés » tel est la conclusion d’une étude sur l’évaluation de la qualité du sel de cuisine consommé au Sénégal.
Réalisée dans le cadre de l’Initiative des organismes subventionnaires de la recherche scientifique (IOSRS), l’étude avait pour objectif principal d’évaluer par iodométrie la teneur du sel consommé au Sénégal en iode et son niveau de contamination en éléments traces métalliques (ETM) et autres minéraux inorganiques.
En effet, exploité sans être traité, le sel peut comporter des contaminants naturels en quantités variables selon l’origine et la méthode de production. Or, le sel de cuisine ne doit pas contenir de contaminants en quantité et sous des formes pouvant nuire à la santé du consommateur.
“Une carence en iode peut être préjudiciable pour la santé de l’individu. Elle peut contribuer à l’apparition de certains troubles, d’anomalies de croissance ou de développement, à l’instar du goitre et d’autres maladies thyroïdiennes”, Mame Awa Dieng, diététicienne.
D’après les normes de l’OMS et celles du Codex Alimentarius, les limites maximales suivantes ne doivent par exemple pas être dépassées : 2 mg / kg pour le cuivre, 2 mg / kg pour le plomb, 0.1 mg / kg pour le mercure, etc.
« Cette étude montre que 25% des 125 échantillons de sel collectés sont adéquatement iodés, c’est-à-dire qu’elles ont des teneurs comprises entre 30-50 ppm (particules par million). On note la présence d’ETM avec des teneurs en cuivre et plomb supérieures à celle édictées par la règlementation », indique Tidiane Diop, l’auteur de l’étude.
« Les analyses montrent la présence de sulfate de calcium, de sulfate de magnésium, de chlorure de magnésium, de chlorure de potassium, de fluorure de sodium, de fluorure de potassium dans le sel », ajoute le chercheur qui est par ailleurs enseignant-chercheur à la faculté des Sciences et techniques de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Tidiane Diop conclut que « cette étude montre que « 75% du sel ne sont pas adéquatement iodés. De plus, il y a du sel contaminé en ETM et en minéraux inorganiques comme les sulfates, carbonates, etc. Ces résultats inquiétants soulignent la nécessité d’un renforcement de la stratégie d’iodation et du raffinement du sel au Sénégal ».
Chaque année, le Sénégal produit plus de 450 000 tonnes de sel ; ce qui fait du pays le leader de la production de sel en Afrique de l’ouest. Une grande partie de cette production proviendrait de plus de 15 000 petits producteurs artisanaux installés pour la plupart dans les régions de Fatick, Kaolack, Saint-Louis, dans le Gandiol et à Dakar au lac rose.
Equilibre hydrique
Pour Barnabé GNING, directeur général de la Santé publique, la question du sel au Sénégal est une problématique à plusieurs composantes que l’Etat travaille à prendre en charge en mettant en place des approches spécifiques.
« Il y a quelques années, dit-il, l’iodation du sel était un défi. Les populations n’y étaient pas très favorables. C’était méconnu et on ne disposait pas d’infrastructures adéquates. La diversité des sources d’approvisionnement rendait également la généralisation de l’opération presque impossible ».
Oligo-élément considéré comme essentiel pour l’organisme, l’iode joue un important rôle dans la santé et le développement d’un individu. Quant à lui, le sel, un des ingrédients les plus utilisés en cuisine, contribue au bien-être. C’est du moins ce qu’explique Mame Awa Dieng diététicienne et nutritionniste exerçant en clientèle privée à Dakar.
« Le sel contient un micronutriment appelé sodium. C’est ce micronutriment qui permet à l’organisme de maintenir un équilibre hydrique entre l’intérieur et l’extérieur des cellules. C’est cela qui favorise la transmission entre les cellules nerveuses et la concentration musculaire. L’organisme a besoin d’environ 5 g de sel par jour, », dit-elle dans un entretien avec SciDev.Net.
« Une carence en iode peut être préjudiciable pour la santé de l’individu. Elle peut contribuer à l’apparition de certains troubles, d’anomalies de croissance ou de développement, à l’instar du goitre et d’autres maladies thyroïdiennes », ajoute Mame Awa Dieng.
Carence
Pour Barnabé GNING, les résultats de cette étude ainsi que ceux de toute recherche menée à terme sont une source de données qui aident à la décision et qui favorisent le renforcement des campagnes de sensibilisation.
« Cette étude du professeur Diop nous rappelle notre rôle d’être ouverts à la recherche et est une opportunité pour communiquer avec les populations sur les risques liés à la consommation du sel en trop grande quantité ou pas adéquatement iodé », dit-il.
« Elle nous rappelle aussi l’importance de renforcer la coopération multisectorielle avec le ministère du commerce, de l’industrie, de l’enseignement supérieur et autre pour une prise en charge efficace de la problématique du sel », conclut le directeur général de la santé publique.
Soukèye Da Tine, directrice du Financement de la recherche scientifique et du développement technologique au ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation du Sénégal propose quelques pistes pour faciliter une telle adoption par les décideurs des résultats de la recherche scientifique.
« Pour améliorer la collaboration entre les politiques et les chercheurs, dit-elle, il faut entre autres penser à la création d’un conseil national de la recherche et de l’innovation qui servirait de cadre permanent de concertation réunissant toutes les parties prenantes de la recherche. »
Elle insiste sur la mise en place de supports de diffusion des résultats de la recherche pour les rendre « simples et faciles à exploiter », ainsi que le vote d’une loi d’orientation de la recherche et de l’innovation pour construire un système national de recherche et d’innovation « cohérent et efficace ».