SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
4 avril 2025
SENEPLUS TV
VIDEO
EL HADJ OMAR DIOP TIRE LA SONNETTE D’ALARME À PROPOS DE L'ABROGATION DE LA LOI D'AMNISTIE
Invité de l’émission Objection, sur la radio Sud Fm hier, dimanche 8 décembre 2024, El Hadj Omar Diop, a alerté sur les conséquences qui découleront d’une éventuelle abrogation de la loi d’amnistie par les nouvelles autorités.
Invité de l’émission Objection, sur la radio Sud Fm hier, dimanche 8 décembre 2024, El Hadj Omar Diop, a alerté sur les conséquences qui découleront d’une éventuelle abrogation de la loi d’amnistie par les nouvelles autorités. L’Enseignant-chercheur en Droit public à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar trouve en cette décision un projet extrêmement dangereux et grave à la fois pour l’Etat de droit et pour l’image du pays.
«Dans les sociétés p o l i t i q u e s , lorsqu’on vote une loi d’amnistie, c’est dans le but d’un pardon général, d’effacer un certain nombre d’actes qui, de nature, risquent de compromettre le fonctionnement d’une société en un instant T», a indiqué El Hadj Omar Diop, Enseignant-Chercheur en Droit public, à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.
Il rappelle : «si à la veille de l’élection présidentielle la loi d’amnistie a été votée dans les conditions que nous savons, cela a permis aux autorités qui dirigent aujourd’hui l’Etat de sortir de prison et d’aller participer à l’élection présidentielle».
«Mais maintenant, lorsqu’on va dans une logique de remise en cause d’une loi qui a été votée, moi je pense que c’est extrêmement dangereux et c’est grave à la fois pour l’Etat de droit et pour l’image du pays», a alerté, M. Diop.
Fervent défenseur des droits de l’homme, il fera remarquer que «dans toute société, il y a un moment donné où il faut savoir faire ce qu’on appelle balle à terre.» Par contre, il souligne « si vous voulez remettre (en cause) la loi d’amnistie, il faut la remettre à plat ; mais il faut donc revenir à la case de départ. S’il faut repartir à la case de départ, faut-il les mettre en prison ?», s’interroge-t-il.
Suffisant pour appeler à traiter la question froidement mais encore de manière lucide et intelligente. Parce que, soutient M. Diop, «ce qu’il faut éviter, c’est la culture de ce qu’on appelle une logique vindicative, une logique de vengeance, être guidé par les passions, les émotions.»
Or, ajoute-t-il, «dans la gestion d’un pouvoir, il y a des moments où il faut garder la froideur pour réfléchir de manière lucide, poser des actes eu égard au contexte dans lequel nous vivons.»
«Aujourd’hui, nous sommes dans une situation économique et social extrêmement difficile où les syndicats, les organisations syndicales, estudiantines… sont à l’affut. Et il me semble que les autorités gagneront beaucoup plus de temps à mettre leurs énergies dans des problèmes d’ordre sociales que d’insister davantage sur le retour en arrière», a préconisé le professeur El Hadj Omar Diop.
DR EL HADJ OMAR DIOP, SUR LA REVOCATION DE BARTHELEMY DIAS : «C'est le résultat de l'application des textes»
L’Enseignant-chercheur en Droit public à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, Dr El Hadj Omar Diop, s’est également prononcé sur la révocation de Barthélémy Dias, le maire de Dakar, de son poste de député, par le bureau de l’Assemblée nationale, sur demande du Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Répondant à une question de Baye Oumar Gueye, lors de l’émission Objection dont il était l’invité, hier dimanche, sur la radio Sud Fm, Dr El Hadj Omar Diop, a fait remarquer que «ce n'est pas une décision prise par les autorités pour le plaisir de le prendre, mais c'est le résultat de l'application des textes.»
Actée par le bureau de l’Assemblée nationale, sur requête du Garde des Sceaux, ministre de la Justice, la révocation du maire de Dakar, Barthélémy Dias, de son poste de député, rendue publique le vendredi 6 décembre 2024, continue de susciter des réactions. En effet, si d’aucuns voient dans en cette décision un acte politique, Dr El Hadj Omar Diop, lui pense le contraire. L’Enseignant-chercheur estime pour sa part que cet acte n’est le résultat d’une application des textes.
Selon lui, «Barthélémy Dias, maire de Dakar, a été rattrapé par son passé. Il était poursuivi devant les juridictions. Il y a une action qui a freiné et, entre temps, il y a une décision définitive qui a été rendue. Les élections législatives ont été des élections qui l’ont promu, en tant que député. Donc, il fallait s’attendre à ce que monsieur Barthélémy Dias siège à l’Assemblée nationale.» Il «le Garde des Sceaux, conformément à la loi, a saisi le président de l’Assemblée nationale, qui s’est adressé au bureau qui a estimé nécessaire de le révoquer de son poste de député»
A la question de savoir pourquoi cette action n’a pas été enclenchée avant qu’il ne participe aux élections, il fera noter : «nous sommes dans la scène politique. On peut les interpréter (de manière) purement politicienne. Mais là, c’est le droit qui a été dit», répond M. Diop qui, admet tout de même que sur le plan de l’éthique, sur le plan de la morale, une telle polémique sur la décision pourrait avoir lieu.
En revanche, l’invité de Baye Oumar Gueye de rappeler : «à partir du moment où il y a une décision qui vous prive de vos droits et libertés ou bien que vous faites fassiez l'objet d'une condamnation infamante, les textes qui organisent le statut des députés vous excluent de l’Assemblée nationale.» «Ça signifie quoi ? Que ce n'est pas une décision prise par les autorités pour le plaisir de le prendre, d'après C’est ce que je pense. Mais, c'est le résultat de l'application des textes», a indiqué l’Enseignant-Chercheur.
Sur ce point précis, il met en garde, «On ne peut pas venir au pouvoir, mettre en avant «Jub Jubbal Jubanti», vouloir respecter et faire respecter les textes juridiques et après s’aménager des plages pour sauver le maire de Dakar à l'Assemblée nationale.» C’est pourquoi, dans pareilles situations, M. Diop. «Je pense qu'une réflexion devrait être menée sur cette question-là. C'est-à-dire, il ne faut pas que telle catégorie, que ça soit des hommes politiques ou autres, utilise des mandats politiques comme le refuge, pour se soustraire à l'obligation ou leur responsabilité sur le plan judiciaire et sur le plan pénale aussi.»
ASSEMBLEE NATIONALE – 15E LEGISLATURE : Dr El Hadj Omar Diop liste ses attentes
Invité de l’émission Objection d’hier, dimanche 8 décembre 2024, sur la radio Sud Fm, Dr El Hadj Omar Diop, a fait état de ses attentes pour la quinzième législature qui vient d’être installée le 2 décembre 2024. L’Enseignant-chercheur note, entre autres, la loi des finances, les préoccupations sociales, les réformes institutionnelles…
Dr El Hadj Omar Diop fait partie des Sénégalais attendent beaucoup la quinzième législature. L’invité hier, dimanche 8 décembre 2024, de Baye Oumar Gueye, dans l’émission Objection sur la radio Sud Fm, a d’abord insisté sur la nécessité pour la nouvelle Assemblée nationale de s’atteler au vote du projet de loi de finances 2025. Selon lui, «Il y a le temps qui presse, il n’y a aucun jour qu’il faut pas perdre. Donc, il faut aller très vite pour au moins qu’on adopte la loi des finances définitive et la loi des finances rectificative permettant au moins au président de la République et au gouvernement de voir dans quelle direction aller.»
En plus du vote de la loi des finances, il évoque les préoccupations sociales. «Aujourd’hui, la situation économique est extrêmement difficile. Le pays est surendetté. Les populations trinquent. Donc, il y a beaucoup de jeunes qui sont impatients ; c’est ce climat-là qui peut instaurer une pression permanente pour les gouvernants», a-t-il souligné.
Par ailleurs, sur le plan institutionnel, rappelle-t-il, «il y a un certain nombre de réformes qui ont été avancées. Il y en a une qui avait échouée, c’est-àdire le Haut-conseil des collectivités territoriales. Donc, on pense que ces réformes-là seront remises sur la table.»
Mais, au-delà de ces réformes, M. Diop rappelle un autre chantier sur lequel sont attendues les nouvelles autorités. C’est celle de la réforme des institutions avec la création d’une Cour Constitutionnelle recommandée lors des Assises de la Justice. «On fait l’option de maintenir le Conseil Constitutionnel. Il faut changer profondément les règles en permettant aux populations de pouvoir saisir directement le juge constitutionnel lorsque les droits fondamentaux sont violés», a-t-il déclaré L’autre aspect, selon l’invité d’Objection, c’est l’ouverture des compétences du Conseil Constitutionnel, pour lui permettre de trancher sur tout conflit qui ne relève d’aucune juridiction. «Parce que, dans un Etat de droit, on ne peut pas concevoir que des juridictions saisies se déclarent incompétentes. Le plaignant est désarmé face à un Etat. Donc, pour éviter ça, comme cela se fait en RDC ou dans d’autres pays, il faut permettre au juge constitutionnel de pouvoir intervenir dans de tels cas.»
Dr El Hadj Omar Diop a aussi évoqué la question de la rationalisation des institutions. Dans cette optique, explique-t-il, «Il y a la rationalisation de ce qu’on appellera les autorités administratives indépendantes. Parce qu’il y en a beaucoup dans plusieurs Directions. Il me semble, dans cette perspective-là, qu’il serait utile d’orienter la réflexion sur ce qu’on appelle le Haut-conseil de la démocratie, qui pourrait regrouper en quelque sorte, avec un pôle CNRA, un pôle CENA, un pôle ARTP, un pôle Gouvernance et marchés publics, pôle élections, pôle Médias, pour permettre au moins de regrouper ces différentes institutions et de mettre une figure emblématique qui peut être de la société civile, qui permettra d’incarner une instance de représentation de la démocratie. Cela pour permettre en permanence de rappeler en permanence aux autorités que sur tel ou tel point, il y a des principes qu’il faudra respecter, et dont il ne faut pas dévier.»
VIDEO
BARTH ÉVINCÉ DE L'HÉMICYCLE
Malgré les appels d'Alioune Tine dénonçant "un coup dur pour la démocratie sénégalaise" et ceux de Seydi Gassama plaidant pour "la voix forte et discordante" du maire de Dakar, ce dernier est déchu de son mandat de député
(SenePlus) - L'Assemblée nationale a officiellement prononcé ce vendredi 6 décembre 2024, la radiation de Barthélémy Dias de son mandat de député. Cette décision est intervenue lors de la séance plénière consacrée à l'installation des 14 commissions parlementaires.
Le président de l'Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a formellement annoncé la nouvelle devant l'hémicycle : "Sur demande du ministre de la Justice, garde des Sceaux et en application des dispositions de l'Article 61 de la Constitution, dernier alinéa et de l'Article 51 de notre Règlement intérieur, le bureau de l'Assemblée nationale, réuni le jeudi 5 décembre 2024, a procédé à la radiation de Barthélémy Dias."
Cette radiation trouve son origine dans l'affaire Ndiaga Diouf, un dossier judiciaire qui poursuit le maire de Dakar depuis plus d'une décennie. En effet, la Cour suprême du Sénégal, par son arrêt n°76 du 22 décembre 2023, avait définitivement confirmé la condamnation de Barthélémy Dias à deux ans d'emprisonnement, dont six mois ferme, pour "coups mortels" sur Ndiaga Diouf, ainsi qu'au paiement de 25 millions de francs CFA de dommages et intérêts.
Cette situation juridique complexe soulève d'importantes questions sur l'éligibilité de l'ancien député. Comme l'explique Mamadou Salif Sané, enseignant-chercheur en droit public cité par Le Soleil, Barthélémy Dias "ne fait plus partie du corps électoral, c'est-à-dire des personnes qui bénéficient juridiquement du droit de vote, même s'il n'est pas radié de la liste."
Avant cette radiation, plusieurs voix s'étaient élevées pour défendre le mandat de Dias. Alioune Tine, figure respectée de la société civile, avait notamment déclaré : "Ce serait un coup dur pour la démocratie sénégalaise que de chercher à liquider politiquement Barthélémy Dias." Dans le même sens, Seydi Gassama, directeur d'Amnesty International Sénégal, avait souligné que "l'Assemblée nationale a besoin, pour la qualité des débats, de la voix forte et discordante de Barthélémy Dias."
Il est à noter que le désormais ex-député n'avait pas assisté à la cérémonie d'installation des députés le 2 décembre, étant présent à Saint-Louis pour soutenir ses gardes du corps impliqués dans une affaire de violences électorales.
Cette radiation constitue un nouveau chapitre dans la vie politique mouvementée de Barthélémy Dias, figure majeure de l'opposition et tête de liste de la coalition Samm Sa Kaddu, qui conserve néanmoins son poste stratégique de maire de Dakar.
VIDEO
LAMINE NIANG REAFFIRME SON AMBITION DE FAIRE RAYONNER LE SOLEIL
Lamine Niang, Directeur général de la SSPP Le Soleil, a pris part aux débats lors du salon Presse et Médias au Futur (3 et 4 décembre) à Paris. Il a réaffirmé son ambition de faire rayonner Le Soleil..
VIDEO
LE GRAND TRI DANS LES MÉDIAS
Sur les 380 médias inscrits sur la plateforme nationale, seuls 112 répondent actuellement aux normes en vigueur. Les médias non conformes devront rapidement se mettre aux normes sous peine de sanctions, incluant l'interdiction d'exercer
Le ministre de la Communication, Aliou Sall, a tenu ce matin un point de presse pour annoncer la publication de la liste provisoire des médias conformes aux dispositions du Code de la presse. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique du gouvernement visant à assainir le secteur des médias au Sénégal, à améliorer les conditions de travail des journalistes et des jeunes reporters, et à impulser une nouvelle dynamique dans le paysage médiatique du pays.
Avant de dévoiler la liste des médias conformes aux normes, le ministre a d’abord dressé un état des lieux du secteur, rappelant la volonté du gouvernement d’accompagner ce dernier. En 2023, 535 organes de presse ont exprimé leur intérêt pour accéder au Fonds d’Appui et de Développement de la Presse. Cependant, malgré cette forte demande, la situation demeure préoccupante. En effet, la loi sur la presse stipule que toutes les structures médiatiques doivent disposer d’une autorisation délivrée par le ministère de la Communication. À ce jour, aucune structure ne respecte cette exigence légale.
Cette absence d’autorisation a contribué à la déliquescence de l’environnement économique des médias. Les acteurs du secteur se trouvent dans une situation de précarité sociale et économique, alimentée par la prolifération de “mercenaires” de l’information qui ne respectent ni les standards professionnels, ni les règles éthiques.
Le ministre est également revenu sur la chronologie des concertations ayant abouti à la publication de la liste officielle des médias. Il a souligné qu’il s’agissait d’une démarche collégiale impliquant tous les acteurs du secteur.
Les efforts du ministère pour réguler et assainir le secteur
Dans ce contexte, Aliou Sall a réaffirmé la volonté du ministère de la Communication de réguler le secteur afin de le rendre plus transparent et professionnel. La publication de la liste provisoire des médias conformes s’inscrit dans une démarche de renforcement des normes, dans le but de garantir un environnement médiatique fiable et respectueux des normes en vigueur.
Parmi les 380 médias inscrits sur la plateforme de déclaration des médias du Sénégal, 112 ont été jugés conformes au Code de la presse. Cette liste comprend :
• 10 chaînes de télévision
• 14 journaux imprimés
• 17 stations de radio
• 11 radios communautaires
• 6 Web TV
• 54 sites d’information en ligne
Les médias non conformes auront la possibilité de se rapprocher des services du ministère pour se mettre en conformité, sous peine de sanctions sévères. Des mesures sont en effet prévues pour interdire leur fonctionnement, notamment l’interdiction d’impression pour la presse écrite, l’arrêt de diffusion pour les médias audiovisuels par la Commission Nationale de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), ainsi que l’impossibilité d’accéder à la communication commerciale de l’État. Il est également recommandé aux entreprises privées de ne pas diffuser de publicités dans ces médias, sous peine de sanctions, y compris des poursuites en vertu de la loi sur le blanchiment d’argent.
Réformes en vue pour transformer le secteur des médias
Le ministre Aliou Sall a également mis en avant plusieurs réformes destinées à insuffler une nouvelle dynamique dans le secteur des médias. Parmi les initiatives annoncées figure la réforme du Code de la presse, visant à moderniser les lois et les pratiques en matière de liberté de la presse et de régulation. La révision du Code de la publicité fait également partie des priorités, afin de mieux encadrer la distribution des publicités et garantir une meilleure transparence dans le financement des médias.
Une autre mesure phare est la création d’un fonds de développement pour la production audiovisuelle, destiné à soutenir la production de contenu de qualité au Sénégal. Le ministère prévoit également de réorganiser les conventions entre l’État et les médias, afin de diriger le financement public vers la production de contenus médiatiques de qualité et de renforcer l’indépendance éditoriale des organes de presse.
Les réformes envisagées devraient aussi permettre la mise en place de leviers de financement additionnels, afin de diversifier les sources de financement et d’offrir un soutien tangible aux médias sénégalais. Cela inclut la révision des mécanismes d’accès au fonds d’appui à la presse, qui sera désormais destiné en priorité aux médias respectant les critères de conformité, en mettant l’accent sur la qualité de la production et la viabilité économique des structures médiatiques.
Le ministre a insisté sur le fait que l’État assume pleinement ses responsabilités pour garantir un environnement médiatique plus structuré, tout en encourageant les acteurs du secteur à se conformer aux normes afin de bénéficier des opportunités offertes par ces réformes.
VIDEO
L'EXÉCUTIF AJUSTE SES POSITIONS
L'ancien député Abass Fall est nommé ministre du Travail, tandis que Yankhoba Diémé hérite du portefeuille des Transports. Cette nouvelle configuration préserve la stabilité d'un gouvernement toujours sous la conduite du Premier ministre Ousmane Sonko
Le président de la République a procédé à un réaménagement du gouvernement consistant à nommer l’ancien député Abass Fall ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions, en remplacement de Yankhoba Diémé, lequel va s’occuper désormais des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens.
M. Diémé remplace Malick Ndiaye, qui été élu président de l’Assemblée nationale, lundi.
Voici la liste des membres du nouveau gouvernement :
monsieur Ousmane Sonko, Premier ministre ;
monsieur Ahmadou Al Aminou Lo, ministre, secrétaire général du gouvernement ;
madame Yassine Fall, ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères ;
Général Birame Diop, ministre des Forces armées ;
monsieur Ousmane Diagne, ministre de la Justice, Garde des Sceaux ;
Général Jean Baptiste Tine, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique ;
monsieur Birame Souleye Diop, ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines ;
monsieur Abdourahmane Sarr, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération ;
monsieur Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget ;
monsieur Yankhoba Diémé, ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens ;
monsieur Daouda Ngom, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique ;
monsieur Amadou Moustapha Njekk Sarré, ministre de la Formation professionnelle (Porte-parole du Gouvernement) ;
monsieur Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l‘Hydraulique et de l’Assainissement ;
monsieur Alioune Sall, ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique ;
monsieur Elhadj Abdourahmane Diouf, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ;
monsieur Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce ;
madame Fatou Diouf, ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires ;
madame Maïmouna Dièye, ministre de la Famille et des Solidarités ;
monsieur Abass Fall, ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions ;
monsieur Balla Moussa Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires ;
monsieur Moustapha Mamba Guirassy, ministre de l’Éducation nationale ;
monsieur Ibrahima Sy, ministre de la Santé et de l’Action sociale ;
monsieur Olivier Boucal, ministre de la Fonction publique et de la Réforme du Service public ;
madame Khady Diène Gaye, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture ;
monsieur Mabouba Diagne, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage ;
monsieur Alioune Dione, ministre de la Microfinance, de l’Économie sociale et solidaire ;
monsieur Mountaga Diao, ministre du Tourisme et de l’Artisanat ;
monsieur Amadou Chérif Diouf, secrétaire d’État aux Sénégalais de l’extérieur ;
monsieur Ibrahima Thiam, secrétaire d’État au Développement des PME/PMI ;
monsieur Momath Talla Ndao, secrétaire d’État à l’Urbanisme et au Logement ;
monsieur Alpha Ba, secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan ;
monsieur Bacary Sarr, secrétaire d’État à la Culture, aux Industries créatives et au Patrimoine historique.
VIDEO
THIAROYE : LA FIN D'UNE AMNÉSIE D'ÉTAT
Mamadou Diouf révèle l'ampleur d'une tragédie longtemps minimisée tant par Paris que par Dakar. L'historien appelle à "retourner l'événement à l'Afrique" en effaçant "la territorialisation coloniale" de cette mémoire
Le massacre de Thiaroye, longtemps relégué dans les limbes de l'histoire officielle sénégalaise, connaît un tournant décisif sous le nouveau régime. Lors du lancement des commémorations des 80 ans de la tragédie dimanche 1er décembre 2024, l'historien Mamadou Diouf, président du comité préparatoire, a relevé "le silence coupable et complice" des gouvernements précédents sur ce drame colonial.
Cette rupture, impulsée par le nouveau président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousman Sonko, marque une volonté inédite de réappropriation de l'histoire nationale. Le choix du Professeur Diouf pour coordonner les cérémonies illustre cette détermination à porter un regard scientifique sur les événements du 1er décembre 1944.
À cette date, rappelle l'historien, entre 300 et 400 tirailleurs furent tués par l'armée française à Thiaroye. Ces anciens prisonniers de guerre, libérés des camps allemands, réclamaient simplement leurs droits : soldes impayées, indemnités et primes de démobilisation. La réponse coloniale fut brutale : 1200 soldats français encerclèrent le camp au petit matin, appuyés par des blindés.
Pendant que les régimes successifs du Sénégal indépendant se taisaient, la France tentait d'étouffer l'affaire. Les archives ont été manipulées, le bilan officiel minimisé à 35 morts, puis 70. Il a fallu attendre 2024 pour que François Hollande reconnaisse ce "massacre à la mitrailleuse", selon ses termes, suivi récemment par Emmanuel Macron dans une lettre au président sénégalais.
Le gouvernement actuel entend désormais faire de Thiaroye un symbole de la conscience panafricaine. Un vaste programme mémoriel a été lancé, mobilisant les institutions culturelles, les médias nationaux et les collectivités locales. Cette initiative, souligne le Professeur Diouf, vise à "retourner l'événement à l'Afrique" en effaçant "la territorialisation coloniale".
Cette commémoration marque ainsi un double mouvement : reconnaissance tardive par l'ancienne puissance coloniale et réappropriation assumée par le nouveau pouvoir sénégalais, rompant avec des décennies de silence institutionnel. Un tournant historique qui pourrait ouvrir la voie à d'autres relectures nécessaires de l'histoire nationale.
VIDEO
BAYE MBALLO, LE PEINTRE QUI SUBLIME LE JAZZ
Le Prof Magueye Kasse décrit le peintre octogénaire Baye Mballo Kébé à qui la BICIS rend hommage à travers une expo à l’agence prestige de la Banque à Dakar dans le cadre de la 15e édition de l’art africain contemporain.
La Banque internationale pour l’industrie et le commerce du Sénégal (BICIS) a rendu hommage au peintre Baye Mballo Kébé dans une exposition qui entre dans le cadre des OFF de la 15e édition de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’Art) qui met en avant les œuvres de cet artiste connu comme un des précurseurs de la peinture au Sénégal. Pour Magueye Kasse, Baye Mballo sublime le jazz et le blues.
Grand artiste, mais peu connu du grand public, Baye Mbaye Kébé n’en demeure pas moins un artiste de grand talent ayant obtenu beaucoup de distinctions pour la finesse et la justesse de son pinceau depuis des décennies.
Passionné de musique et plus précisément du jazz, dans cette expo hommage sélectionnée pour la Biennale, l’artiste sublime le jazz et le blues dans ses majestueux tableaux à l’agence prestige de l’institution bancaire.
Lors de la cérémonie de vernissage, les différents speakers ont témoigné de l’humilité, de l’humanité de l’homme ainsi que de la qualité de ses œuvres.
Le Prof Magueye Kassé, critique d’arts connu et reconnu, connaît très bien l’artiste dont on parle. Pour le Prof Kassé, regarder ces tableaux donne l’impression de suivre un concert de jazz presque en direct.
Le vernissage s’est tenu en présence des amis, des proches de la famille et de quelques personnalités. En marge de cette cérémonie d’hommages, le Prof Magueye Kassé décortique l’œuvre de l’artiste.
VIDEO
THIAROYE 44, LES EXCUSES HISTORIQUES DE LA FRANCE
80 ans après cette tragédie, Paris reconnaît sa responsabilité dans ce drame. Par la voix de son ministre Jean-Noël Barrot, porteur d'un message de Macron, elle admet qu'aucune justification n'est possible pour ces tirs contre ses propres soldats
Dans une déclaration solennelle prononcée à Thiaroye ce dimanche 1er décembre 2024, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a officiellement reconnu le massacre perpétré le 1er décembre 1944 contre des tirailleurs sénégalais. Porteur d'un message du président Emmanuel Macron, le patron de la diplomatie française a déclaré que "rien ne peut justifier que des soldats de France aient ainsi retourné leur canon contre leurs frères d'armes".
Ces événements tragiques se sont déroulés dans un contexte d'après-guerre, alors que des milliers de soldats africains avaient combattu héroïquement pour la libération de la France. Vénus de diverses colonies françaises, notamment du Sénégal, des Comores, du Congo, et de la Côte d'Ivoire, ces tirailleurs s'étaient illustrés sur tous les fronts de la bataille de France, de Sedan à Amiens.
Pourtant, à la Libération, ces héros furent victimes d'une profonde injustice. Démobilisés avant leurs camarades européens et privés de leur solde, ils protestèrent d'abord à Morlaix, refusant d'embarquer sur le Circassia qui devait les ramener chez eux. Leur seconde protestation, au camp de Thiaroye, se termina dans un bain de sang lorsque l'armée française révéla le feu sur ses propres soldats.
Dans le cadre d'un travail de mémoire et de vérité, la France a pris plusieurs mesures concrètes, notamment la transmission des archives en 2014 et le soutien à une mission d'étude dirigée par le Professeur Mamadou Diouf.
Cette reconnaissance s'inscrit dans une volonté de renouveau des relations franco-sénégalaises, marquée par un partenariat renforcé établi en juin dernier entre les deux pays. Le ministre a conclu en appelant à "cultiver l'amitié entre le Sénégal et la France sur les fondements d'une mémoire qui rassemble plutôt qu'une mémoire qui divise".
VIDEO
LA MÉMOIRE DES TIRAILLEURS INSTITUTIONNALISÉE
Un mémorial et un centre de documentation verront le jour à Thiaroye, tandis que des rues porteront le nom de cet événement tragique. L'histoire des tirailleurs intégrera les programmes scolaires, assurant sa transmission aux générations futures
Le président Bassirou Diomaye Faye a dévoilé ce samedi 1er décembre à Dakar plusieurs mesures de préservation de la mémoire des tirailleurs sénégalais, à l'occasion du 80e anniversaire du massacre de Thiaroye.
En présence de plusieurs chefs d'État africains, le président Faye a annoncé cinq mesures majeures pour réhabiliter cette page sombre de l'histoire commune à 17 pays africains. "J'initierai plusieurs mesures de réappropriation de cette histoire commune avec 16 pays africains frères", a déclaré le chef de l'État sénégalais.
Au cœur de ces initiatives figure l'érection d'un mémorial à Thiaroye, conçu comme "un lieu de recueillement et de mémoire ouvert à toutes les nations dont ils étaient originaires ainsi qu'au public". Cette première mesure sera complétée par la création d'un centre de documentation et de recherche dédié aux tirailleurs, destiné à "conserver la mémoire" en recueillant "archives, témoignages et récits".
Le président a également annoncé que des rues et des places porteraient désormais les noms des soldats et de cet événement tragique, "pour inscrire leur sacrifice dans notre quotidien et notre histoire collective". L'histoire de Thiaroye sera par ailleurs intégrée aux programmes scolaires, permettant ainsi aux "générations futures de grandir avec une compréhension approfondie de cet épisode de notre passé".
Enfin, point d'orgue de ces mesures, le 1er décembre a été officiellement décrété "journée du tirailleur", en mémoire du massacre de Thiaroye.
"Cette commémoration ne doit pas être qu'un moment de recueillement", a souligné le président Faye, "qu'elle soit un serment renouvelé, un serment de justice, un serment de mémoire, un serment de vérité pour que plus jamais Thiaroye et les événements similaires ne se répètent sous aucune forme nulle part ailleurs dans le monde".
Ces annonces interviennent dans un contexte marqué par une avancée significative : la reconnaissance officielle par le président français Emmanuel Macron, dans une lettre envoyée à son homologue sénégalais, que "les événements de Thiaroye en 1944 ont abouti à un massacre".
VIDEO
L'AFRIQUE CHANGE, ET EN FACE, LA FRANCE NE CHANGE PAS
Antoine Glaser et Francis Kpatindé dressent le portrait d'une ex-puissance coloniale qui n'a pas su anticiper les mutations sur le continent. Les récentes demandes de retrait des troupes françaises du Sénégal et du Tchad illustrent ce divorce croissant
Un entretien majeur avec deux spécialistes reconnus de l'Afrique vient éclairer le déclin accéléré de l'influence française sur le continent. Antoine Glaser, journaliste chevronné et auteur du "Piège africain de Macron" (Fayard), ancien fondateur de La Lettre du Continent, et Francis Kpatindé, ancien rédacteur en chef de Jeune Afrique et du Monde Afrique, aujourd'hui maître de conférence à Sciences Po, dressent un constat sans appel de la situation.
Les récentes demandes simultanées du Sénégal et du Tchad exigeant le départ des troupes françaises marquent un tournant historique dans les relations franco-africaines. Antoine Glaser pointe du doigt une France qui "s'est un peu endormie en Afrique", révélant une incapacité à comprendre les mutations profondes du continent.
"La France n'a pas vu l'Afrique se mondialiser", analyse Glaser, soulignant un aveuglement historique qui remonte aux indépendances. Selon lui, Paris est restée prisonnière d'une vision dépassée, celle de la "Françafrique", un système intégré qui a perduré bien au-delà de sa pertinence historique. Cette posture reflète une conviction erronée : celle d'une présence française éternellement désirée sur le continent.
Francis Kpatindé met en lumière un décalage croissant entre une Afrique en pleine mutation et une France figée dans ses certitudes. "L'Afrique change, elle a beaucoup changé depuis deux décennies. Et en face, la France ne change pas", observe-t-il. Il souligne particulièrement le fossé générationnel avec une jeunesse africaine qui n'a "aucune référence par rapport à la France, à l'ancienne puissance coloniale."
Un des aspects les plus alarmants soulevés par Kpatindé concerne l'érosion de l'expertise française sur l'Afrique. "Il n'y a plus d'experts : il n'y a plus de gens qui connaissent vraiment l'Afrique. Et surtout, il n'y a plus de gens qui ressentent l'Afrique", déplore-t-il. Cette perte de compréhension profonde conduit à une politique de réaction plutôt que d'anticipation, laissant la France systématiquement "un train de retard dans les événements en Afrique."