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5 avril 2025
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LES MENSONGES DE THIAROYE
Une enquête du Monde révèle un dispositif impressionnant déployé ce matin-là : un millier de soldats, des blindés, des mitrailleuses face à des hommes qui réclamaient leur solde. Bilan ? 300 à 400 victimes, bien loin des 35 morts officiellement reconnus
Le Monde livre une reconstitution minutieuse du massacre de Thiaroye, survenu le 1er décembre 1944 près de Dakar, où l'armée française ouvrit le feu sur ses propres tirailleurs. Une enquête approfondie qui révèle les nombreuses contradictions dans les archives militaires et met en lumière l'ampleur réelle de ce drame longtemps minimisé.
Selon la reconstitution du Monde, basée sur les archives militaires, l'opération débute avant l'aube. Un dispositif impressionnant est déployé : un millier de soldats, dont 120 Français, trois automitrailleuses, un char et deux blindés encerclent le camp où dorment les tirailleurs. À 7h15, entre 800 et 1000 hommes sont rassemblés sur l'esplanade centrale.
La version officielle de l'époque, rapportée dans les documents militaires, évoque une rébellion violente nécessitant l'usage de la force. Mais les historiens consultés par Le Monde, notamment Armelle Mabon, pointent de nombreuses incohérences dans les rapports officiels. "Aucun officier ne disait la même chose. Ça a été commandé par des écrits sur ordre", révèle l'enquête.
L'un des points les plus controversés reste le bilan humain. Si les autorités militaires n'ont reconnu que 35 morts, les recherches historiques suggèrent un nombre bien plus élevé. Armelle Mabon, citée par Le Monde, estime qu'il y aurait eu "entre 300 et 400" victimes, se basant notamment sur la manipulation des chiffres d'embarquement au port de Morlaix.
"508 cartouches ont été tirées", note un rapport du colonel Carbillet cité par le quotidien. Pour les historiens, ce volume de tirs "sur une foule compacte" suggère "un carnage de grande ampleur". Le drame pose également la question de la préméditation, certains documents évoquant une "mission de réduire les mutins".
Le Monde souligne que de nombreuses zones d'ombre persistent, notamment en raison d'archives manquantes ou inaccessibles. "Je suis convaincue que ces archives existent, mais qu'elles sont des archives que j'appelle interdites ou secrètes", affirme une historienne citée dans l'enquête. Une certitude demeure cependant : ce 1er décembre 1944, l'armée française a délibérément ouvert le feu sur ses propres soldats.
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LIMITES DE LA LIBERTE D’EXPRESSION ET JUDICIARISATION DU DEBAT PUBLIC
Invité de la Matinale.sn de seneweb, le Conseiller en communication de Sonko, Dr Cheilh Tidiane Sow fait des révélations
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LE PARADOXE DES MIGRATIONS SÉNÉGALAISES
Mouhamed monte dans sa pirogue vers l'Europe, pendant que Menka quitte Paris pour le Sénégal. L'un fuit la pauvreté, l'autre cherche ses racines. Leurs trajectoires opposées illustrent la complexité des flux migratoires entre l'Afrique et l'Europe
(SenePlus) - L'océan Atlantique est devenu le théâtre d'un double mouvement migratoire aux contrastes saisissants. Comme le rapporte Mehdi Ba dans Jeune Afrique, deux documentaires récents de la BBC illustrent ce phénomène : d'un côté, des milliers de Sénégalais risquant leur vie pour rejoindre l'Europe, de l'autre, des "repats" français d'origine africaine cherchant à renouer avec leurs racines.
Les chiffres sont vertigineux : "40 000 migrants en 2023 et 70 000 en 2024" ont tenté la traversée vers les îles Canaries, générant un trafic estimé à "150 millions d'euros" pour les passeurs. Le documentaire "Eaux troubles" suit l'un d'eux, Mouhamed Oualy, un trentenaire du Sénégal oriental dont les derniers mots avant le départ résonnent comme un testament : "S'il vous plaît, priez pour moi. Le moment est venu."
À l'inverse, "Le Retour au pays" dépeint le parcours de Français d'origine africaine choisissant de s'installer au Sénégal. Menka Gomis, 39 ans, né à Paris, incarne cette tendance : "Moi, j'ai beau être Français, je viens aussi d'ailleurs", confie-t-il à la BBC. Après une carrière d'ingénieur en France, il voit dans l'Afrique "un continent d'avenir" où il y aurait "tout à construire."
Le contraste entre ces deux réalités est frappant. Pendant que certains risquent leur vie sur des embarcations de fortune, d'autres, comme Marie D'Almeida, accompagnent les "repats" dans leur installation au Sénégal. "Les gens ne se retrouvent plus dans le modèle social de la France", explique-t-elle, ajoutant que "plus de 90 de ses clients ont d'ores et déjà franchi le cap."
Mais ces retours aux sources ne sont pas sans désillusions. Salamata Konté, ancienne cadre bancaire, témoigne : "J'étais rejetée en France, et ici aussi je suis rejetée ?!", s'indignant d'être surnommée "Sala la Française" à Dakar.
Le bilan humain de la traversée maritime est, lui, dramatique. Selon l'ONG Caminando Fronteras, citée par Jeune Afrique, "plus de 18 000 migrants auraient perdu la vie lors de la traversée depuis 2018, dont 2 000 femmes et enfants." Dans le cimetière d'El Hierro, aux Canaries, des tombes anonymes accueillent les corps non identifiés des naufragés, derniers témoins d'un drame qui continue de se jouer sur les eaux de l'Atlantique.
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DSK : LES DESSOUS D'UNE RECONVERSION LUCRATIVE
Comment rebondir après un scandale planétaire? Dominique Strauss-Kahn semble avoir trouvé la réponse dans les paradis fiscaux et les régimes autoritaires. L'ancien ministre socialiste facture désormais ses conseils à prix d'or, loin de son passé politique
Le magazine "Cash Investigation" lève le voile sur la nouvelle vie de Dominique Strauss-Kahn, l'ancien patron du FMI dont la carrière politique s'est brutalement arrêtée en 2011 suite à l'affaire du Sofitel de New York.
L'enquête, basée sur des documents confidentiels issus des Pandora Papers, révèle que l'ancien ministre des Finances français a rapidement rebondi dans le monde des affaires. Dès 2012, il crée la société Parnasse et se lance dans les conférences internationales, facturant ses interventions jusqu'à 100 000 euros.
La société de DSK s'installe stratégiquement à Casablanca Finance City, une zone franche marocaine. Ce choix lui permet d'économiser environ 6 millions d'euros d'impôts sur les sociétés en cinq ans. À l'expiration de ces avantages fiscaux, ses activités sont transférées vers une juridiction encore plus opaque.
L'émission détaille également sa collaboration avec l'homme d'affaires Thierry Leyne. Ensemble, ils créent LSK et tentent de lever 2 milliards de dollars pour un fonds d'investissement international. Cette aventure se termine tragiquement avec le suicide de Leyne et des accusations d'escroquerie, notamment envers un couple de retraités marseillais ayant perdu plus d'un million d'euros.
L'ancien patron du FMI devient par ailleurs conseiller de gouvernements controversés, notamment celui du président congolais Denis Sassou-Nguesso. Une position qui soulève des questions, DSK ayant précédemment facilité l'effacement d'une dette de 1,5 milliard d'euros du Congo lorsqu'il dirigeait le FMI.
Sollicité par l'équipe de "Cash Investigation", Dominique Strauss-Kahn a décliné toute demande d'interview concernant ses activités post-FMI.
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L'UNIVERSEL EST PLURIEL OU N'EST PAS
Contre la montée des discours xénophobes, la voix de Souleymane Bachir Diagne s'élève avec force. Dans "L'échappée", la nouvelle émission d'Edwy Plenel, le penseur sénégalais défend un universalisme qui se nourrit de la diversité du monde
Dans sa nouvelle émission "L'échappée", Edwy Plenel reçoit à la Cité de l'Immigration à Paris le philosophe Souleymane Bachir Diagne, figure majeure de la pensée contemporaine. Face à la montée des discours anti-immigration des deux côtés de l'Atlantique, ce professeur à l'université Columbia de New York livre une réflexion puissante sur l'universalisme.
Enfant de Saint-Louis du Sénégal, ville historiquement métissée où se sont mêlées populations, cultures et religions, Bachir Diagne incarne dans son parcours même cette universalité qu'il théorise. De l'École Normale Supérieure à Paris aux prestigieuses universités américaines, en passant par l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, il développe une pensée ancrée dans la pluralité.
Au cœur de sa réflexion se trouve le concept d'"universel latéral", inspiré de Merleau-Ponty. Cette vision propose un universalisme construit horizontalement, où chaque culture contribue à égalité, en rupture avec l'exceptionnalisme européen. Edwy Plenel rappelle à cet effet que 66% des troupes de la France Libre en 1943 étaient constituées de soldats coloniaux, soulignant que "c'est le monde qui nous a sauvés".
Soufi musulman, Bachir Diagne refuse tout enfermement identitaire. Il prône "une vraie fidélité dans un mouvement continu pour sortir de la répétition". S'appuyant sur le concept sud-africain d'Ubuntu, popularisé par Desmond Tutu et Nelson Mandela, il défend une politique d'humanité capable de dépasser les logiques de division.
Face aux crises actuelles, de Gaza aux politiques migratoires restrictives, le philosophe appelle à une "civilisation de l'universel" où "tous seraient présents". Une vision exigeante mais nécessaire, selon lui, pour construire un monde où l'humanité fait communauté dans sa diversité même.
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ENTRE LE COUP DE CŒUR ET LE COÛT DE L’ŒUVRE
La décision d’achat d’une œuvre d’art part du coup de cœur pour la création. Mais sous nos cieux, parfois on peut noter un grand écart entre le coup de cœur et le prix qu’on est prêt à débourser pour acquérir une oeuvre, nous relève l’artiste O’lio.
Dans cette entrevue réalisée dans le cadre de la 15 édition de l’art africain contemporain de Dakar, le peintre Omar Lionel Sow, dit O’Lio se dévoile à cœur ouvert à AfricaGlobe Tv. Artiste autodidacte, O’lio a trois décennies d’expérience derrière lui et a parcouru le monde avec son art.
Si enfant, il a toujours eu l’art dans les veines, et gribouillait partout, cet artiste d’intuition, en fréquentant les grands noms de la peinture, des devanciers expérimentés, a pu affiner son propre pinceau et trouver sa technique grâce notamment au couteau dont il dit s’en servir le plus souvent pour ses créations. Dans ses créations, O’lio di ne pas faire d’esquisses au préalable. Quand vient l’inspiration, il prend son couteau et fonce. Oui son couteau puisque pour lui, le pinceau ne sert qu’à faire des finitions et à signer l’œuvre.
Trouvé dans son atelier au village des arts, sis a Yoff, O’lio a accepté de nous parler de son parcours, ses débuts, de l’œuvre d’art et des artistes, mais aussi du rapport qu’entretiennent les Africains avec l’art.
Sur la question du soutien au secteur de la culture, l’artiste regrette la mauvaise compréhension que bien d’hommes et femmes politiques au Sénégal, ont parfois de ce que c’est que la culture. O’lio rappelle tout simplement que l’art ne se résume pas à la musique et la danse.
La musique n’est pas l’art, la musique est un art. En d’autres termes ce n’est qu’une expression parmi tant d’autres. Mais Ou sont les autres expressions artistiques ?
S’agissant de l’œuvre d’art, si devant une toile tout le monde peut avoir un coup de cœur, très souvent en Afrique, le coût de l’œuvre est très en deçà du coup de cœur.
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DAK'ART, UNE BIENNALE TOUJOURS CAPTIVANTE
Dakar vibre au rythme du Dak'art. En 3 décennies cet évènement garde son intérêt intact et les artistes d'Afrique et de sa diaspora ne cessent d'émerveiller le monde avec des thèmes qui questionnent toujours notre quotidien comme le relève le Pr B. DIOP
La 15e édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’art 2024) bat son plein. Les visiteurs continent d’affluer vers l’ancien palais de justice, une des principales attraction de cette grand-messe de l’art africain contemporain de Dakar. C’est sur ce site que nous avons trouvé un sachant, universitaire de son état, directeur de l’institut supérieur des arts et des cultures.
Venu avec un contingent d’étudiants, M. Diop jette un regard sur cette présente édition de la Biennale et espère que ses étudiants profiteront au maximum surtout ceux qui découvrent cet événement.
Ancien secrétaire général de la Biennale de Dakar, le Professeur Babacar Mbaye Diop se félicite des thématiques qui sont abordées par les artistes dans une créativité toujours au top. Les détails dans cette entrevue.
Dakar vibre au rythme du Dak'art. En 3 decennie cet avemenet garde son intéret intact et les artistes d'Afrique et de sa diaspora ne cessent d'émerveiller le monde avec des thèmes qui questionnent toujours notre quotidien comme le relève le Pr Babacar Mbaye Diop, ancien secretaire général de la Biennale.
par Thierno M. Sow
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SÉNÉGAL - UNION EUROPÉENNE, LA PÊCHE DE LA DISCORDE
400 mille tonnes de poissons contre une aumône de 1,7 million d'euros. Pendant ce temps, la ménagère sénégalaise doit débourser 15€ pour un simple kilo de Thiof. Des licences et Accords de Pillages Économiques (APE)
Les accords de pêche ont pris fin dimanche 17 novembre, jour d'une victoire éclatante de Pastef et d’Ousmane Sonko aux législatives. Selon l'ambassadeur de l'UE à Dakar Jean Marc Pisani, l'Europe nous gratifie d'une pitance, qui ne vaut pas un maravédis, de 1,7 million d'euros pour extraire 400 mille tonnes de poissons par an aux larges de nos côtes. Celà revient à 4€ (-3000 FCFA) la tonne, sans distinction de l'emprise qualitative sur les ressources halieutiques.
Or, pour un seul repas, la ménagère doit débourser 15€ le kilo d'un poisson tel que le Mérou (Thiof). Il est temps de nommer ces pratiques de braconnage frelaté de juridisme pour ce quelles sont, c'est-à-dire, des licences et Accords de Pillages Économiques (APE).
Rappelez-vous de cet extrait [2] d'anthologie du film "Guelwar" (1992), réalisé par le génie Ousmane Sembène, dans lequel le pétulant acteur Thierno Ndiaye "Doss" y dresse un portrait au vitriol de la mendicité d'État et de l'incurie des politiciens d'alors.
Pour votre gouverne, non seulement la pêche peut rapporter au Sénégal plus que le pétrole (-1,8 milliard de dollars USD), mais rien que la contribution de la diaspora y représente +11% du PIB, soit deux milliards de dollars USD par an. Plus globalement, la diaspora rapporte le triple de l'Aide Publique au Développement (APD) - 223.7 milliards en 2023, avec une projection de 777 milliards de dollars en 2024, soit une augmentation annuelle de +5% par rapport à 2023 (669 milliards - Banque Mondiale).
Par conséquent, il faut, réviser tous les accords mais surtout, opérer une catharsis (i) et exécuter des mesures conservatoires avec effet immédiat (ii), ainsi que des pénalités rétroactives (iii) sur l'ensemble du préjudice irréversible ! S'ils ne sont pas contents, ils n'ont qu'à aller voir ailleurs. Comme le disent nos parents Lébou : "Kamassi Méré; Maa Ngagn".