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3 avril 2025
Société
CYBERCRIMINALITÉ PHARMACEUTIQUE, UN RÉSEAU DÉMANTELÉ À DAKAR
Ces trafiquants utilisaient les réseaux sociaux pour vendre des médicaments non homologués, notamment des produits liés aux avortements clandestins et à des interventions esthétiques illégales.
Une opération conjointe, menée par les pharmaciens inspecteurs de l’Agence de Régulation Pharmaceutique (ARP) et la Section Cybercriminalité de la Police Nationale du 2 au 28 mars 2025, a permis le démantèlement d’un réseau organisé de cyberpharmacriminels opérant dans les départements de Guédiawaye et Pikine, dans la région de Dakar.
Les investigations menées par l’unité « Pharma Cyber Crime » et la Section Cybercriminalité ont permis de mettre au jour les agissements d’un réseau criminel structuré et organisé, a indiqué l’ARP dans un communiqué.
Selon le communiqué, leur modus operandi reposait principalement sur l’utilisation des réseaux sociaux, notamment TikTok, WhatsApp et Facebook, pour promouvoir et distribuer une large gamme de produits pharmaceutiques non homologués.
L’enquête a révélé des pratiques illicites particulièrement préoccupantes, aux conséquences potentiellement graves pour la santé publique.
De 40 000 à 140 000 FCFA
Parmi ces pratiques, on retrouve « la facilitation d’avortements clandestins par la vente de produits pharmaceutiques injectables, la commercialisation en ligne de pilules d’hymen artificiel, l’utilisation détournée de l’acide hyaluronique à des fins esthétiques non réglementées (augmentation du volume des fesses et des seins, traitements anti-âge), et l’administration de produits frauduleux tels que les « Capsules Blood », présentées fallacieusement comme une solution pour simuler une perte de virginité ».
Les prix pratiqués pour ces produits et services illégaux variaient considérablement, allant de 40 000 à 140 000 FCFA.
À l’issue de cette opération coordonnée, deux individus ont été interpellés et déférés devant le procureur de la République pour répondre de leurs actes, ajoute le document.
Les infractions relevées à l’encontre des membres de ce réseau sont multiples.
Elles comprennent « la publicité mensongère portant sur des produits de santé, la vente en ligne non autorisée de médicaments et compléments alimentaires, l’exercice illégal de la pharmacie, l’importation et la détention de produits pharmaceutiques sans l’autorisation préalable de l’ARP, la commercialisation de produits non homologués, la détention et la distribution de médicaments falsifiés, et, de manière générale, la mise en danger de la santé publique par la promotion de produits de qualité inférieure ».
L’ARP et la Police réaffirment leur détermination à intensifier la lutte contre la cybercriminalité pharmaceutique.
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L'HÉRITAGE BRÛLANT DE FRANTZ FANON
Décédé prématurément à 36 ans, il a inspiré des mouvements de libération dans le monde entier, mais reste largement ignoré en France, pays qui peine encore à affronter son passé colonial
Frantz Fanon, psychiatre, philosophe et militant anticolonialiste, a marqué l'histoire intellectuelle du XXe siècle par ses analyses percutantes sur les effets psychologiques et sociaux du colonialisme. Né en 1925 à Fort-de-France en Martinique, alors colonie française, Fanon a construit une pensée révolutionnaire qui continue d'inspirer les mouvements antiracistes à travers le monde. Portrait d'un homme dont le parcours fulgurant mérite d'être mieux connu en France.
Le jeune Fanon grandit dans une famille noire relativement aisée, baigné dans les idéaux républicains français. Sa première rupture intervient pendant la Seconde Guerre mondiale lorsqu'il devient "dissident" contre le régime de Vichy qui contrôle alors la Martinique. À seulement 18 ans, il rejoint les Forces Françaises Libres, convaincu de se battre pour la liberté et l'égalité.
Cependant, son expérience dans l'armée française devient un véritable catalyseur de sa conscience politique. Confronté à la ségrégation au sein même des forces armées et témoin des inégalités flagrantes entre soldats français et "indigènes" en Algérie, Fanon commence à remettre en question le discours colonial. Dans une lettre poignante à ses parents, il écrit : "Je me suis trompé. Rien ici, rien qui justifie cette subite décision de me faire défenseur des intérêts du fermier quand lui-même s'en fout."
Après la guerre, Fanon étudie la médecine et se spécialise en psychiatrie. En 1953, il prend la direction d'un service à l'hôpital psychiatrique de Blida en Algérie. Face aux conditions désastreuses dans lesquelles sont maintenus les patients algériens, souvent attachés à des arbres ou enfermés dans des camisoles, Fanon entreprend une véritable révolution.
Il développe une approche thérapeutique novatrice, adaptée culturellement aux patients nord-africains, comprenant que les méthodes occidentales ne peuvent être appliquées sans tenir compte du contexte culturel. Il organise des ateliers, des fêtes traditionnelles, fait appel à des conteurs et à du personnel soignant algérien. Pour Fanon, la psychiatrie doit être politique car les troubles mentaux sont aussi le produit d'un système colonial oppressif.
En pleine guerre d'Algérie, Fanon devient témoin des tortures et exactions commises par l'armée française. Il soigne discrètement les combattants du FLN et même, paradoxalement, des tortionnaires français devenus fous à force d'infliger des souffrances. Cette expérience le conduit à s'engager pleinement dans la lutte pour l'indépendance algérienne.
En 1956, il démissionne de son poste à Blida, renonce à sa nationalité française et rejoint officiellement le FLN. Installé en Tunisie, il devient rédacteur en chef du journal El Moudjahid et diplomate itinérant pour la cause algérienne, parcourant l'Afrique pour sensibiliser à la lutte du peuple algérien et promouvoir une solidarité panafricaine.
La contribution intellectuelle de Fanon se cristallise dans deux ouvrages fondamentaux. Dans "Peau noire, masques blancs" (1952), il analyse les effets psychologiques du colonialisme sur les personnes noires, expliquant comment elles adoptent un "masque blanc" pour survivre dans une société dominée par les Blancs, au prix d'une aliénation profonde.
Son dernier livre, "Les Damnés de la terre" (1961), écrit en quelques mois alors qu'il se savait condamné par la leucémie, constitue son testament politique. Il y développe une théorie de la décolonisation qui va bien au-delà de l'indépendance politique. Pour Fanon, une véritable décolonisation implique une transformation radicale des structures économiques et sociales. Il y analyse la violence coloniale et la contre-violence qu'elle engendre, tout en mettant en garde contre le risque de voir les anciennes élites coloniales simplement remplacées par une bourgeoisie nationale corrompue.
Frantz Fanon s'éteint à seulement 36 ans, le 6 décembre 1961, quelques mois avant l'indépendance de l'Algérie. Son influence s'est rapidement étendue bien au-delà des frontières françaises, inspirant les Black Panthers aux États-Unis, les mouvements de libération en Afrique et en Amérique latine, et jusqu'aux militants palestiniens.
Pourtant, en France, Fanon reste relativement méconnu du grand public. Sa pensée, jugée trop révolutionnaire et contestataire, n'est pas enseignée dans les programmes scolaires, contrairement à d'autres figures antiracistes comme Martin Luther King ou Gandhi. Ce paradoxe témoigne de la difficulté persistante de la France à affronter son passé colonial.
L'IMAM DE KOLDA MET EN GARDE CONTRE LE FLÉAU DES ACCUSATIONS GRATUITES
Thierno Alassane Tall a insisté sur l'importance de la responsabilité dans la prise de décision, exhortant les fidèles à toujours mettre en avant leur créateur
L’imam de la grande mosquée de Kolda (Sud), Thierno Alassane Tall, a invité, lundi, les musulmans à promouvoir la paix et œuvrer pour la cohésion sociale et la concorde nationale, tout en s’en efforçant d’agir avec responsabilité.
”Nous venons de sortir du mois béni [de ramadan]. Nous devons promouvoir la paix, travailler pour la cohésion sociale entre communautés de toutes religions confondues, gage de la stabilité sociale et la cohésion’’, a-t-il exhorté, dans son serment à l’occasion de la prière de l’Aid-el-Fitr, la fête marquant la fin du mois du jeûne musulman.
Selon lui, ‘’chaque personne, homme ou femme, ayant des responsabilités et/ou qui dirige des institutions, doit mettre en avant son créateur sur toute prise de décision”.
Le guide religieux a en outre exhorté les fidèles à éviter les calomnies et les accusations gratuites, notamment à travers les réseaux sociaux. ”Il faut suivre les recommandations divines, et chaque musulman doit éviter l’individualisme, les calomnies et accusations gratuites portées sur des gens. En somme, éviter de juger les autres, surtout à travers les réseaux sociaux. Nous devons promouvoir l’esprit de solidarité et de partage”, a souligné l’imam Thierno Alassane Tall.
Le gouverneur de la région de Kolda, Moustapha Ndiaye, a saisi l’occasion pour féliciter la Ouma islamique et saluer l’esprit de cohésion sociale ayant marqué tout le mois béni de ramadan.
”Nous venons de procéder à la prière qui marque la fin du jeûne à Kolda dans la cohésion sociale, et je félicite toute la Ouma islamique. Nous avons également entendu le message de l’imam à travers son sermon axé sur deux points essentiels, à savoir la promotion de la culture de la paix, la cohésion sociale, la concorde nationale, et surtout, le sens des responsabilités pour chacun d’entre nous”, a indiqué le gouverneur de la région de Kolda.
A Kolda, la grande majorité des fidèles ont célébré la fête de la korité ce lundi.
Pour l’essentiel, les sermons ont été axés sur la paix et la cohésion sociale au Sénégal et en particulier dans la région de Kolda, frontalière à trois pays de la sous-région : Gambie, Guinée Bissau et République de Guinée.
LES PRIÈRES DE MABOUBA DIAGNE POUR NOURRIR LE SÉNÉGAL
À l'occasion de l'Aïd-el-Fitr, le ministre de l'Agriculture a exprimé son souhait de voir le Sénégal réaliser ses ambitions en matière de sécurité alimentaire, qualifiant cet objectif de "noble ambition"
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage, Mabouba Diagne, a prié, lundi, pour un bon hivernage, cette année, et pour l’atteinte de la sécurité et de l’autosuffisance alimentaires.
‘’Nous profitons aussi de cette journée pour prier pour que ce prochain hivernage que nous entamons, qu’Allah le Tout-Puissant fasse que la souveraineté alimentaire et la sécurité alimentaire, qui sont notre ambition la plus noble, qu’on les réalise’’, a-t-il dit.
Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Elevage Mabouba Diagne s’exprimait après la prière de l’Aïd-el-Fitr ou Korité, à la mosquée Massalikul Jinaane, à Dakar. Cette prière marquant la fin du mois du jeûne musulman a été dirigée par l’imam Serigne Moustapha Mbacké, en présence de plusieurs autorités étatiques et de responsables de l’opposition.
Mabouba Diagne a invité les Sénégalais à s’unir derrière le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, dont ‘’l’unique ambition est de développer notre pays, le Sénégal’’.
‘’J’ai l’intime conviction que si nos cœurs s’unissent, si nos bras s’unissent, nous n’avons aucune raison de ne pas atteindre nos objectifs’’, a affirmé Mabouba Diagne.
L'APPEL À LA PIÉTÉ DE CHEIKH MOUHAMADOUL MAHI ALIOUNE CISSÉ
L’imam ratib de Médina Baye a souligné dans son sermon ce lundi, que la célébration de l'Aid-el-fitr constitue une bénédiction divine et un renforcement de la foi pour tous les musulmans
L’imam ratib de Médina Baye (Kaolack, centre), Cheikh Mouhamadoul Mahi Alioune Cissé, s’est appesanti, lundi, sur l’importance du mois du ramadan et de la Korité, qui, selon lui, représentent ‘’un moment de pardon, de solidarité, de partage et de tolérance’’.
‘’Le mois de ramadan, tout comme la korité, est un moment de pardon, de solidarité, d’entraide, de partage, de tolérance et de renforcement de la piété’’, a notamment rappelé le guide religieux.
Il prononçait son sermon à l’occasion de la prière de l’Aid-el-fitr, communément appelée Korité au Sénégal, qu’il a dirigée à la mosquée de Médina Baye.
Plusieurs personnalités politiques, administratives, religieuses, coutumières, militaires et paramilitaires ont accompli cette prière dans cette mosquée pour marquer la fin du ramadan
Celle-ci a aussi vu la participation du préfet du département de Kaolack, Latyr Ndiaye, ainsi que de Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, khalife général de la Faydatou Tidjania.
Dans un sermon prononcé en arabe puis en wolof, l’imam ratib a insisté sur l’importance de la fête de l’Aid-el-fitr qui marque la fin du mois béni de ramadan, ‘’le meilleur des mois de l’année’’, selon lui.
Il a aussi axé son sermon sur le prochain pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam.
Cheikh Mouhamadoul Mahi Alioune Cissé a rappelé aussi l’obligation pour le musulman qui en a les moyens de donner de la Zakat- al-Fitre, l’aumône donnée à la fin du ramadan.
Le khalife général de la Faydatou Tidjania, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, affirme que la célébration de l’Aid-el-fitr est une bénédiction divine qui profite à tous les croyants, mais aussi un privilège qui renforce également la foi des musulmans.
Le patriarche de Médina Baye a prié pour la paix et la cohésion sociale au Sénégal, ainsi que pour le développement individuel et collectif.
De même, il a prié pour qu’Allah accorde une bonne santé aux populations afin qu’elles puissent s’acquitter convenablement des recommandations divines et des enseignements du Prophète Mohamed (PSL).
‘’La fin du mois béni de ramadan ne doit pas mettre un terme aux bonnes pratiques telles qu’enseignées par le Tout-Puissant à travers le Coran. Nous [musulmans] devons constamment demander pardon à Dieu et nous efforcer de suivre le droit chemin comme nous l’a enseigné le prophète Mohamed (PSL)’’, a insisté le khalife général de Médina Baye.
Invitant les fidèles au repentir, il a prié pour la réussite des autorités sénégalaises, particulièrement du gouvernement à qui, il demande d’apporter assistance aux populations et d’assurer leur sécurité.
‘’Que Dieu vous [autorités gouvernementales] vous donne les moyens de réussir vos missions à la tête du pays. Si vous vous engagez dans cette voie, sachez que Dieu sera avec vous pour vous y accompagner’’, a lancé Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass.
DIOMAYE PRÔNE L'UNION ET LE DÉPASSEMENT
S'exprimant après la prière de l'Aïd-el-Fitr à la grande mosquée de Dakar, le chef de l'État a réitéré son engagement à servir le peuple avec rigueur et humilité, tout en appelant à bâtir une nation de paix et d'équité
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a invité, lundi, les Sénégalais à ‘’cultiver l’esprit de solidarité, d’écoute et de dépassement’’, estimant que ‘’le Sénégal a besoin de toutes ses forces pour avancer dans l’harmonie’’.
‘’En ce jour sacré, j’invite chaque citoyen à cultiver l’esprit de solidarité, d’écoute et de dépassement. Le Sénégal a besoin de toutes ses forces pour avancer dans l’harmonie’’, a-t-il dit.
Le président de la République s’exprimait après la prière de l’Aïd-el-Fitre, la fête marquant la fin du jeûne chez les musulmans, communément appelée Korité au Sénégal.
Le chef de l’Etat, qui a accompli cette prière à la grande mosquée de Dakar, a appelé à continuer ‘’à bâtir une nation de paix, de fraternité et d’équité’’.
Il a réitéré son engagement ‘’à rester à l’écoute’’ du peuple sénégalais et à ‘’le servir avec loyauté, avec rigueur, mais aussi avec humilité pour répondre aux attentes légitimes des Sénégalais’’.
‘’L’avenir que nous construisons ensemble doit être à la hauteur des sacrifices et des espérances de nos concitoyens’’, a-t-il souligné.
Le président de la République a aussi exhorté les chefs religieux à continuer ‘’à prier pour le Sénégal, pour sa stabilité, pour son unité et pour que les choix que nous posons collectivement nous rapprochent toujours plus d’un avenir de dignité’’.
‘’Vos prières sont un rempart pour toute la Nation, un souffle de paix pour notre vivre ensemble’’, a-t-il soutenu.
Le président Faye a salué toutes les autorités religieuses et coutumières du pays, insistant sur leur rôle important dans la société sénégalaise.
‘’Je les remercie pour le rôle essentiel dans la préservation de la paix sociale, de la cohésion nationale et l’enracinement des valeurs spirituelles dans notre société’’, a insisté le chef de l’Etat.
La prière s’est déroulée sous la direction de l’imam de la grande mosquée de Dakar, El Hadji Moussa Samb, en présence du Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, et du ministre des Forces Armées, général Birame Diop, entre autres personnalités.
L’imam a insisté ‘l’importance de la foi, de la discipline, du pardon et du partage.
Pour le président Faye, ‘ces vertus sont aussi piliers d’une République juste et solidaire” , a-t-il dit.
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CINQ ANS D'AVEUGLEMENT VOLONTAIRE
Alors que le pays découvre une dette de 7 milliards de dollars cachée par l'ancien régime, l'économiste Demba Moussa Dembélé pointe la responsabilité d'un FMI qui n'aurait rien vu... ou aurait choisi de ne rien voir
L'affaire de la dette cachée sénégalaise de 7 milliards de dollars secoue actuellement le pays, mais au-delà de la responsabilité de l'ancien président Macky Sall, c'est le rôle du Fonds Monétaire International qui est sévèrement remis en question par des experts financiers africains.
Demba Moussa Dembélé, économiste reconnu et directeur du Forum africain des alternatives, ne mâche pas ses mots concernant la responsabilité de l'institution internationale. "Comment se fait-il que pendant 5 ans une telle fraude ait échappé à la vigilance du FMI et de la Banque mondiale qui ont des représentants résidents au Sénégal depuis de nombreuses années?", s'interroge-t-il.
Pour l'économiste, membre du conseil du Forum social africain à Dakar, le constat est accablant : avec tous les moyens dont dispose le FMI, travaillant étroitement avec tous les ministères clés et ayant accès à l'ensemble des données économiques du pays, il est impensable que l'institution n'ait rien détecté pendant cinq années consécutives.
"Si pendant 5 ans ces institutions avec tous les moyens dont elles disposent n'ont pas été capables de détecter des fraudes [...], ça veut dire que quand même il y a un problème avec la façon dont ils gouvernent l'économie mondiale", affirme-t-il.
Dembélé évoque une possible complicité délibérée, motivée par des considérations géopolitiques : "Le régime de Macky Sall était un des chouchou de l'Occident et comme nous sommes dans une région où le souverainisme avec ce qui se passe dans les pays du Sahel inquiète l'Occident [...], le Sénégal comme la Côte d'Ivoire d'ailleurs réputé stable et démocratique, il fallait les épargner."
Le chef de la mission du FMI a d'ailleurs récemment commencé à reconnaître une forme de "responsabilité partagée" dans cette affaire, selon Dembélé, qui y voit un aveu partiel de complicité.
La situation place désormais le nouveau gouvernement sénégalais dans une position délicate. Le FMI exige que le déficit budgétaire, actuellement proche de 12%, soit ramené à 3-4% d'ici 2027, ce qui impliquerait des mesures d'austérité drastiques : réduction des subventions énergétiques, gel des recrutements dans la fonction publique, et restructuration des agences gouvernementales.
"Ce sera la croix et la bannière", prévient l'économiste, qui s'inquiète de voir le peuple sénégalais, non responsable de ces dérives, en payer le prix. Selon lui, les nouvelles autorités, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, tentent de préserver la population en concentrant les efforts sur la réduction des dépenses étatiques.
Cette affaire révèle les failles profondes de la gouvernance financière internationale appliquée à l'Afrique. Demba Moussa Dembélé souligne que ces institutions internationales "existent surtout à cause de l'Afrique" et que "si l'Afrique n'avait pas de programme avec la Banque mondiale et le FMI, la moitié de leur staff serait licencié".
Alors que l'opinion publique sénégalaise réclame des comptes aux responsables de cette situation, y compris à l'ancien président Macky Sall qui vit désormais au Maroc, le débat s'élargit aux responsabilités des institutions internationales censées surveiller et garantir la stabilité financière mondiale.
Cette crise de confiance envers le FMI n'est pas sans rappeler celle qui a suivi la crise financière mondiale de 2008, où l'institution avait également été prise au dépourvu malgré ses prétentions à anticiper les risques systémiques.
AMADOU BA DRESSE LE BILAN DE L’AN UN DE DIOMAYE FAYE
S'exprimant à l'occasion de l'Aïd-el-Fitr à Thiès, le parlementaire a évoqué les "actions énergiques" engagées par le gouvernement malgré l'héritage d'une "dette cachée" considérable, tout en lançant un appel à la mobilisation collective
La première année d’exercice du pouvoir bien que “difficile” a été “profitable” parce qu’ayant permis de jeter les bases d’un véritable programme de développement, a estimé, dimanche, le président du groupe parlementaire du Pastef (majorité au pouvoir), Amadou Bâ.
“Cette année est profitable à plusieurs niveaux. A partir d’une situation budgétaire réelle connue, on peut jeter maintenant les bases d’un véritable programme de développement”, a dit l’honorable député Amadou Ba.
Le parlementaire s’adressait à la presse, après avoir effectué, au Terrain Tound de la Cité Ousmane Ngom de Thiès, la prière de l’Aïd-el-Fitr marquant la fin du ramadan pour une partie des musulmans sénégalais.
“Nous avons pris le pays dans une situation très difficile, vu le contexte politique et électoral qui a précédé l’accession au pouvoir du président Diomaye Faye”, a dit Amadou Bâ.
Cette difficulté est liée, selon lui, au “déficit abyssal” trouvé sur place, avec une “dette cachée de près de 5.000 milliards (de FCFA)”, donnant “très peu de marge budgétaire” au nouveau gouvernement.
“Néanmoins, des actions énergiques ont été engagées dès le départ, (pour) maîtriser les dépenses, empêcher la corruption”, a-t-il relevé.
Ces mesures ont permis au gouvernement de faire preuve de “résilience, malgré les difficultés”, a-t-il dit.
Il a pu ainsi “soutenir les populations en maintenant les subventions, au moment où les partenaires techniques et financiers demandaient leur suppression”, et baisser les prix, poursuit le député.
Selon le parlementaire, tout le gouvernement s’attelle à poser les jalons d’un programme de développement.
“Il reste, a-t-il dit, l’appui et la participation du peuple sénégalais”, le développement étant “une affaire de chacun”.
Soulignant la responsabilité individuelle de chaque Sénégalais dans l’atteinte de cet objectif, il a ajouté que c’est la “convergence de toutes les énergies” qui permettra d’y arriver.
Il a insisté sur le “message d’espérance et d’espoir”, qu’il souhaite livrer aux Sénégalais et selon lequel, “la première année a été difficile, mais chaque année, les difficultés vont s’amoindrir jusqu’à la fin du mandat” de Bassirou Diomaye Faye.
Amadou Bâ a profité de l’occasion pour formuler des prières pour “le peuple frère palestinien qui subit actuellement les foudres d’un État criminel, avec des meurtres d’enfants et de femmes”.
“Nous prions qu’Allah, seul détenteur de la puissance, leur vienne en aide”, a-t-il dit. Il a aussi adressé ses félicitations aux musulmans sénégalais après un mois dévotion.
TRUMP AMBITIONNE L'IMPENSABLE, BRIGUER UN TROISIÈME MANDAT
À 78 ans, le président américain affirme que "beaucoup de gens veulent" qu'il poursuive au-delà de 2029, malgré l'impossibilité constitutionnelle d'une telle ambition sans une improbable révision du 22ᵉ amendement
(SenePlus) - Selon des informations rapportées par le journal Le Monde avec l'AFP, le président américain Donald Trump a clairement exprimé son intention d'envisager un troisième mandat présidentiel, et ce malgré l'interdiction formelle inscrite dans la Constitution américaine.
Dans une interview téléphonique accordée à la chaîne NBC et rendue publique ce dimanche 30 mars, Donald Trump a affirmé avec assurance qu'il ne plaisantait pas lorsqu'il évoque cette possibilité. « Je ne blague pas », a-t-il déclaré sans équivoque, ajoutant : « Il existe des méthodes pour faire ça. » Le président américain a également assuré que « beaucoup de gens veulent [qu'il le] fasse », tout en précisant qu'il était actuellement « bien trop tôt pour y penser ».
Interrogé sur les moyens qui permettraient de contourner cette interdiction constitutionnelle, Donald Trump a évoqué un scénario particulier. Lorsque NBC lui a demandé si le vice-président J.D. Vance pourrait se présenter à l'élection présidentielle pour ensuite lui céder sa place, le président a répondu que c'était « une » méthode possible, en précisant qu'il « en existait d'autres ».
Cette déclaration s'inscrit dans une continuité de propos similaires tenus par le président américain. Le Monde rappelle qu'en janvier dernier, Trump avait déjà indiqué qu'il ne « savait pas » s'il lui était interdit de se présenter à nouveau à la présidentielle. Selon le New York Times, il aurait également confié à des élus républicains : « J'imagine que je ne me présenterai pas à nouveau à moins que vous ne disiez : "Il est si bon que nous devons trouver un moyen." »
Le principal obstacle à cette ambition présidentielle se trouve dans le 22ᵉ amendement de la Constitution américaine, ratifié en 1951, qui stipule clairement que « personne ne peut être élu plus de deux fois au poste de président ». Donald Trump, âgé de 78 ans, a déjà exercé un premier mandat entre 2017 et 2021, et vient d'entamer son second.
Face à cette limitation, des tentatives législatives ont été amorcées. Le Monde rapporte qu'un élu républicain du Tennessee a déposé en janvier une proposition de révision constitutionnelle visant à modifier le texte pour passer de « deux fois » à « trois fois ». Cependant, cette initiative semble vouée à l'échec.
Modifier la Constitution américaine représente un défi considérable. Le processus exige « de réunir une majorité des deux tiers au Congrès, que les républicains sont loin d'avoir, avant une ratification par au moins 38 États américains, elle aussi très improbable », explique Le Monde.
Ce n'est pas la première fois que le président américain fait des déclarations controversées concernant son avenir politique. Lors d'un rassemblement de chrétiens conservateurs, il avait notamment suggéré qu'ils n'auraient « plus besoin de voter » s'il remportait l'élection, des propos qui avaient suscité de vives réactions. Paradoxalement, Donald Trump a également laissé entendre que la campagne qui l'a reconduit à la Maison Blanche serait sa dernière.
LES CHEMINS SINUEUX DU TEXTE CORANIQUE
Alors que les musulmans célèbrent l'Aïd el-Fitr, l'islamologue François Déroche retrace l'histoire mouvementée de la compilation du Coran, entre crainte de perdre la parole divine et luttes d'influence entre les différentes sensibilités de l'islam
(SenePlus) - Alors que les musulmans du monde entier célèbrent l'Aïd el-Fitr ce 30 mars, marquant la fin du mois de Ramadan, l'histoire de la composition du livre sacré de l'islam reste méconnue du grand public. François Déroche, éminent islamologue, révèle dans Le Monde les complexités historiques de la mise par écrit du Coran.
De la révélation orale aux premiers manuscrits, la formation du texte coranique s'est étendue sur plusieurs siècles, loin de l'idée d'une transmission linéaire et uniforme souvent présentée.
Comme le souligne François Déroche, la tradition musulmane considère le Coran comme « la Parole de Dieu, telle que révélée à Mahomet à partir de l'an 610 par l'intermédiaire de l'ange Gabriel ». Le terme même de "Coran" signifie "récitation", rappelant la nature originellement orale de ce texte sacré.
À la mort du Prophète en 632, « les sources arabes s'accordent pour affirmer qu'il n'existe pas [...] de texte continu de la Révélation sous forme d'un livre », précise l'islamologue. Cette absence s'explique logiquement : « il semblait ainsi impossible de clore un message en continuelle mutation, du fait de la venue de nouvelles révélations qui prenaient éventuellement place au milieu d'autres, plus anciennes. »
Néanmoins, certains passages auraient été consignés par écrit du vivant même de Mahomet. Selon Le Monde, « la tradition musulmane est même unanime pour faire remonter les débuts de la transmission écrite à l'époque même de la prédication de Mahomet », certains fidèles prenant l'initiative de noter des révélations, tandis que le Prophète en dictait à des « scribes de la Révélation ».
C'est après la mort du Prophète que l'urgence d'une mise par écrit se fait sentir. Selon le récit traditionnel rapporté par François Déroche, la bataille d'Aqraba (début 633) aurait joué un rôle déterminant : « plusieurs des musulmans qui connaissent par cœur le Coran y périssent, ce qui fait alors craindre à Omar [...], l'un des compagnons de Mahomet et futur calife, que le texte ne vienne à disparaître. »
Omar convainc donc le calife Abou Bakr de faire transcrire l'ensemble des révélations. Cette mission est confiée à Zayd ibn Thabit, « l'un des scribes de Mahomet, [qui] connaît le Coran par cœur et sait écrire non seulement l'arabe, mais aussi le syriaque ». Pour accomplir cette tâche, Zayd s'appuie sur des supports variés où des passages ont été notés (« tessons, pierres plates, omoplates de chameau, pétioles de palme »), ainsi que sur la mémoire des contemporains du Prophète.
Mais cette première compilation n'empêche pas l'apparition de divergences dans la récitation du texte. Sous le règne du calife Othman (644-656), ces différences deviennent préoccupantes. Hudhayfa, commandant militaire, alerte le calife vers 650, lui demandant d'agir pour éviter que « les membres [de la communauté] ne soient, sur le Livre, dans un désaccord similaire à celui des juifs et des chrétiens ».
Othman confie alors à Zayd et à une commission la mission d'établir une recension officielle du texte coranique. Des copies sont ensuite envoyées dans les grandes villes de l'empire « pour servir de base à la transmission écrite ultérieure ». Le calife ordonne également la destruction de tous les autres documents écrits, une décision qui aura des conséquences durables sur notre connaissance des premières versions du texte.
François Déroche souligne toutefois que ce récit traditionnel répond davantage à « des préoccupations religieuses » qu'à une démarche historique objective. Plusieurs contradictions apparaissent à l'examen des sources : « le but fixé par Omar ne coïncide pas avec le résultat de l'opération », « des textes de la tradition elle-même permettent de douter du fait qu'un nombre important de musulmans connaissant le Coran par cœur aient trouvé la mort à Aqraba ».
Par ailleurs, d'autres traditions musulmanes contestent ce scénario. D'après Le Monde, « plusieurs sources anciennes indiquent ainsi que la recension établie par Ibn Masud comportait quelques sourates en moins que la vulgate othmanienne, alors que celle d'Ubayy en comptait deux supplémentaires. »
Plus significatif encore, « du côté des musulmans chiites, des traités mettent même en cause l'intégrité du texte tel que nous le connaissons aujourd'hui et assurent que des parties ont été supprimées ou modifiées » jusqu'au Xe siècle.
L'analyse des plus anciens manuscrits vient confirmer cette diversité textuelle. L'islamologue rappelle que l'écriture arabe de l'époque « ne permet pas de prendre des notes sans ambiguïté ». Surtout, la découverte d'un palimpseste de la seconde moitié du VIIe siècle dans la grande mosquée de Sanaa au Yémen dans les années 1970 prouve que « la destruction des recueils concurrents n'a pas été complète ». Ce fragment archéologique crucial « confirme l'existence, d'une part, d'un texte coranique différent et, de l'autre, de variations dans l'ordre des sourates. »