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3 avril 2025
Société
PAR L’ÉDITORIALISTE DE SENEPLUS, BOUBACAR BORIS DIOP
CE VIEIL HOMME, NOTRE ENFANT…
Wade a desservi Karim, renforcé la cote de popularité de Macky tout en donnant de lui-même une image négative. En somme, trois coups de pierre contre sa réputation et contre la libération de son fils
Boubacar Boris Diop, Éditorialiste de SenePlus |
Publication 24/03/2015
Des analystes pourtant peu suspects de passion partisane continuent à regretter que la Crei n’ait été apparemment réactivée que pour juger Karim Wade. Même si on peut leur reprocher de tenir pour quantité négligeable ses co-inculpés ou d’oublier trop vite les nombreux dossiers déjà instruits, leur trouble mérite la plus grande attention. Il nous rappelle qu’au Senegal l’autorité publique n’a jamais vraiment su quelle attitude adopter à l’égard des auteurs de crimes économiques. C’est peu de dire que ces derniers, du fait de leur forte capacité de redistribution, sont plus souvent admirés que stigmatisés.
Il se raconte du reste, sous forme de blague populaire, qu’à des détenus ordinaires se plaignant des faveurs accordées à ces prisonniers de luxe, un régisseur aurait répliqué, excédé : «Ecoutez, ce n’est pas pareil, vous, vous êtes des voleurs alors qu’eux ont détourné !» Cette complaisance à l’égard de ceux qui dilapident nos maigres ressources s’explique-t-elle par le fait que le même personnel politique se partage le pouvoir depuis l’Indépendance ? L’hypothèse peut être avancée sans risque.
Le plus fascinant, c’est que Me Abdoulaye Wade, alias le «pape du Sopi», a été élu, après une exceptionnelle mobilisation populaire, pour briser ce cercle vicieux de la gabegie et de l’impunité. Quel Sénégalais peut s’en souvenir aujourd’hui sans un formidable éclat de rire ? Sous son règne, le système est devenu complètement fou ! Dès ses premières heures au Palais, il déclare à Idrissa Seck, qui l’enregistre en secret– drôle de gens, n’est-ce pas ?- : «Nos problèmes d’argent sont désormais derrière nous», avant d’ajouter cette phrase hallucinante : «Même les gangsters savent s’en tenir a un strict code d’honneur quand vient l’heure de se partager le butin.»
Il n’est dès lors pas étonnant qu’au cours de ses deux mandats à la tête du pays, on ait eu l’impression d’un gigantesque foutoir financier. Bien des cadres ayant travaillé avec Me Wade, en particulier ceux qui venaient de la Gauche, n’étaient pas des corrompus, loin s’en faut. Mais ceux qui l’étaient ne se sont pas du tout gênés. Les affaires en tous genres– terrains, trafic de devises voire de drogue– ont sans cesse défrayé la chronique et des milliers de gens qui tiraient le diable par la queue, ont amassé en peu de temps une colossale fortune.
Dans un petit pays à l’élite aussi «compacte», tout finit par se savoir, même, et peut-être surtout, ce que les medias choisissent, pour diverses raisons, de taire. Et– ne soyons donc pas si oublieux– Karim Meissa Wade, à la tête de moult ministères stratégiques, était au centre de tout. La justice lui demande depuis juillet 2014 de justifier l’accroissement phénoménal de sa fortune à l’époque où son père était chef de l’Etat. Il n’en a pas été capable et cela lui a valu une peine ferme de six ans et une amende de 138 milliards de francs Cfa.
On peut certes entendre les critiques des ONG des Droits de l’homme qui voient dans la Crei une juridiction d’exception violant les normes du droit international mais on a aussi eu le sentiment que pour ses avocats leur client, lâché par certains de ses prête-noms et complices, confondu sur des points importants, était devenu indéfendable. On les a donc davantage entendus en conférence de presse qu’à la barre du tribunal qu’ils ont du reste finalement boycotté. Il est d’ailleurs difficile de savoir à quoi ont bien pu servir les avocats étrangers supposés plaider en faveur de Karim Wade.
Malgré le gros cafouillage sur le compte de Singapour– un point, il faut le souligner, non pris en compte par le juge Henri-Grégoire Diop–, personne n’a été surpris par le verdict du 23 mars. Il n’y a pas lieu de se réjouir qu’une personne encore dans la force de l’âge soit obligée de rester quatre années en prison mais des dizaines de milliers d’autres Sénégalais purgent la même peine sans que cela n’émeuve personne.
L’avertissement vaut pour tous nos futurs chefs d’Etat. Ce qui arrive à Karim Wade doit leur faire comprendre qu’il est inadmissible et dangereux de détourner les suffrages populaires au profit de sa famille.
L’ex-président Wade, naguère tout-puissant, n’a rien pu faire pour sauver son fils. Il n’a même pas pu trouver un hôtel pour y organiser ce que le politologue Mbaye Thiam a appelé sur Sud FM «la dévolution paternelle du parti». Cela en dit long sur la brutalité de la chute de Wade. Il s’était pourtant montré si agressif à maintes reprises que le pays a eu de sérieuses craintes pour la sécurité des biens et des personnes le jour du verdict. A l’arrivée il y a eu plus de peur que de mal.
Me Wade, conscient de son faible pouvoir de nuisance ces temps-ci, s’y était sûrement attendu et c’est sans doute pour cela qu’il a fait de son fils le candidat du PDS à la présidentielle de 2017. Le projet, c’est de lui faire porter les habits de lumière du prisonnier politique, si populaire que le régime n’aura d’autre choix que de ne pas le maintenir en détention. Est-ce bien sérieux ? En vérité, cela s’appelle raisonner la tête à l’envers.
Tout d’abord, Karim Wade, qui n’a jamais remporté le moindre scrutin, est un binational. On le voit mal renoncer à son passeport français pour briguer les suffrages des électeurs sénégalais. Et au fait, dans quelle langue leur demanderait-il de voter pour lui ? C’est un point central que tout le monde semble avoir oublié. Sauf, probablement, l’intéressé lui-même et son père. Me Wade, qui a affronté tous les présidents, de Senghor à Macky Sall, sait bien ce qu’élection veut dire dans notre pays. Il serait étonnant qu’il entretienne au fond de lui-même la moindre illusion quant aux chances de son fils pour l’élection de 2017.
Il sait bien, pour le dire familièrement, que les carottes sont cuites.
Wade aura en effet tout essayé mais les appels du pied à l’armée n’ont pas eu plus d’écho que sa menace insolite de prendre le maquis. Et pour faire monter la tension, il ne s’est interdit aucune grossièreté à propos de la famille Sall. Ce faisant, il a desservi Karim Wade, renforcé la cote de popularité de Macky Sall tout en donnant de lui-même une image encore plus négative qu’à l’ordinaire. En somme, trois coups de pierre contre sa réputation et contre une cause, la dernière d’un vieux combattant, qui lui tient tant à cœur : la libération de son fils.
Une fin de parcours aussi douloureuse– il est des moments où le vieil homme suscite en effet une vague compassion– rappelle, toutes proportions gardées, celle d’Alboury Ndiaye. La tradition rapporte qu’au soir de sa vie, affamé et au bord de l’épuisement, le Bourba Djoloff fut obligé de voler une écuelle de lait dans l’arrière-cour d’une maison de Dosso, dans l’actuel Niger. Surpris par la propriétaire, il n’eut d’autre choix que de nier avec véhémence. En vain : un enfant l’avait vu en secret, qui témoigna contre lui. Il aurait alors déclaré à son griot : « J’ai été tout-puissant au Djoloff et voilà à quoi je suis réduit. Tout est perdu et je sais que ma fin est proche.»
Alboury Ndiaye, immortalisé entre autres par le dramaturge Cheik Aliou Ndao, a été peut-être le moins ambigu, le moins controversé de nos héros nationaux mais un cruel destin avait pris avantage sur le guerrier errant, panafricaniste avant la lettre. Du célèbre politicien libéral aussi, on peut dire, mais hélas pour de moins glorieuses raisons, que tout est perdu aujourd’hui, même l’honneur.
Il ne lui reste plus qu’à solliciter la clémence de celui dont il a dit tout récemment que jamais il ne serait au-dessus de Karim Wade. Peut-être s’exprimait-il ainsi en surestimant ses capacités à infléchir le cours de la justice. En homme qui a toujours cru au seul rapport de force, il est bien conscient d’être à la merci du régime de Sall. La surenchère verbale va rester de mise pendant quelque temps pour sauver les apparences mais il est très probable qu’il va bientôt jouer, en coulisses, la seule carte qui lui reste raisonnablement : solliciter la grâce présidentielle. Et si Macky Sall venait à céder aux pressions, l’on n’entendra probablement plus parler ni de l’homme Karim Wade ni encore moins du candidat sans peur et sans reproche. On peut supposer qu’il sera aussi oublié des Sénégalais que l’est à l’heure actuelle sa sœur. Le président pourrait être tenté de se montrer magnanime après avoir su se montrer ferme.
Qu’adviendrait-il des Bibo Bourgi et autres Mamadou Pouye, condamnées en même temps que Karim ? La question n’est pas simple car une libération générale ferait désordre dans l’opinion.
Quoi qu’il arrive, gardons-nous de jeter trop vite la pierre à Me Abdoulaye Wade. Ce quasi centenaire au regard perdu, si tragiquement solitaire, c’est nous-mêmes qui l’avons librement enfanté dans l’allégresse générale il y a une quinzaine d’années. Au-delà du sort personnel de son fils, c’est de cela que nous devrons nous souvenir demain et après-demain.
Enlevés le 3 mai dernier à Kaïlou (Ziguinchor) par une faction du mouvement indépendantiste MFDC et emmenés au plus profond de la forêt casamançaise, les démineurs otages font part, pour la première fois, de leurs conditions de détention et exposent leur vœu ardent de rejoindre «le plus tôt possible» leurs familles respectives. Dans la forêt, ils pratiquent la chasse et la pêche. Le journaliste et Reporter d'Image Christian Thiam de SenePlus.Com s'est entretenu avec les otages et plusieurs chefs militaires du MFDC dont César Atoute Badiate. Dans les toutes premières minutes de la vidéo, César Atoute Badiate s'exprime en diola mais les réactions des otages sont toutes en français.
Le voyage est long pour accéder au cantonnement militaire. Après plusieurs heures de conduite, il faut encore plusieurs kilomètres à pied pour accéder à la zone d’influence de César Atoute Badiate au fin fond de la forêt de Casamance. Un fief qui se «trouve bel et bien en territoire sénégalais», comme nous le précise le reporter de SenePlus.Com Christian Thiam qui a effectué ce voyage avec Jean Michel Mathiam un employé de la société sud-africaine Mechem pour qui travaillaient les otages.
Au plus profond de cette forêt, ils sont faits otages depuis le 3 mai 2013, loin de leurs familles, de leurs proches et de leur environnement social habituel. Cet enlèvement porte la signature d'une des factions séparatistes du Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (MFDC) dirigé par César Atoute Badiate.
Depuis que la vie de ces démineurs a basculé, personne ne les avait vu, ni entendu s'exprimer publiquement.
Assis sur des bancs en plein milieu de la forêt, les otages de César Atoute Badiate semblent en bonne forme physique. Pour la première fois, ils ont eu l’occasion de faire part de leurs conditions de vie et leur vœu ardent de retrouver leurs familles respectives.
Tout s’est passé sous l’œil vigilant du chef d’Etat-major du maquis César Atoute Badiate. C’est lui en premier qui prend la parole et s’exprime dans sa langue maternelle, le joola. Fixant droit la caméra, par moments, il expliqué les circonstances de sa rencontre avec Christian Thiam ainsi que l’objet de la visite de ce dernier dans le maquis.
A la suite, du général maquisard, c’est Charles Coly un des otages qui prend la parole. Serein, il confesse que depuis leur enlèvement, ses compagnons et lui n’ont été victimes d’aucune forme de maltraitance, ni de terreur de la part de leurs ravisseurs. En d’autres termes, ils ont été bien traités. Charles parle même de liberté de circuler dans les environs immédiats alors même qu’ils sont retenus comme otages.
«On est libre ici, on se déplace comme on veut»
«Depuis que nous avons été arrêtés, nous n’avons eu aucun problème. On a un peu marché, et cela c’est normal », a-t-il dit. Poursuivant son propos, Charles explique également que même la nourriture n’a jamais été un problème pour eux. «Nous allons à la pêche et à la chasse. On se déplace comme on veut », a-t-il souligné en tentant de se débarrasser des insectes de la brousse qui bourdonnent dans ses oreilles. Personne dans le maquis n’a jamais pointé une arme sur un otage pour lui ordonner d’exécuter une action, assure Charles.
En revanche, ce qui reste pénible et insupportable pour eux, c’est la séparation d’avec leurs familles respectives. «Le seul problème que nous avons, dit-il, c’est qu’on n’a pas nos familles». Doucouré, qui semble le plus jeune des otages qui ont fait face à la caméra, ne semble pas apprécier le propos très apaisants tenu par son collègue Charles.
Et il a tenu à marquer son désaccord, en prenant la parole : «On tient ici des discours pour dire que tout va bien… Mais on sera mieux chez nous», rétorque Doucouré, très ému avec une voix grinçante et empreinte d’émotion. «C’est bien beau de dire oui on n’a pas de problème. Mais nous, nous voulons rentrer chez nous le plus rapidement possible», a poursuivi l’otage.
«C’est très dur de vivre ici »
Gilbert Tendeng corroborant les propos de Charles, se dit persuadé qu’ils n’auront pas de problème. Seulement, reconnait-il «c’est dur de vive ici». Gilbert Tendeng se préoccupe du sort qui leur sera réservé après leur libération du point de vue professionnel. En effet, il craint qu’après leur libération, leurs familles respectives les déconseillent de continuer à travailler comme démineurs pour la société sud-africaine Mechem, parce que cette activité sera perçue comme une activité bien trop risquée.
Pour rappel, ils étaient douze démineurs travaillant pour la société sud-africaine Mechem, à être enlevés par la faction séparatiste du MFDC de César Atoute Badiate. Ils exécutaient tranquillement leur tâche ce 3 mai au soir dans le village de Kaïlou, (département de Ziguinchor), quand les rebelles ont fait irruption et les ont kidnappés.
Le général Badiate qui a commandité ce rapt estime que le gouvernement du Sénégal n’a pas respecter son engagement à arrêter le déminage dans les zones que le chef rebelle considère comme zone contrôlée par le mouvement rebelle.
Le 28 mai 3 femmes faisant partie des 12 démineurs ont été libérées pour des raisons humanitaires après une médiation des autorités de Bissau, de la Croix Rouge, le groupe de réflexion pour la recherche de la paix en Casamance, entre autres acteurs.
Mais auparavant le chef de l’Etat, Macky Sall avait commis, ce que plusieurs observateurs de la vie politique sénégalais avaient considéré comme "une maladresse" en affirmant dans une série d’entretien accordé à l’AFP que les « otages seront libérés », et que ce n’était «pas un problème». Ainsi, le président Sall en minimisant cet enlèvement a peut-être donné l'occasion aux ravisseurs de faire monter les enchères, ajoutent des analystes interrogés par SenePlus.Com.
Depuis 1982 la Casamance, sud Sénégal, fait face à une rébellion indépendantiste qui entrave le développement économique de cette région dû à l’insécurité : braquages, enlèvements, et autres assassinats.
TRADUCTION DES PROPOS DE CÉSAR ATOUTE BADIATE, AU DÉBUT DE LA VIDÉO
"Charles, bonjour à toi et à tes amis. Comme vous le savez, d’habitude nous effectuons des voyages. Et Dieu a fait qu’au cours de notre dernier voyage, avant hier, nous avons eu l’occasion de rencontrer ce monsieur qui voulait voir dans quelles conditions vous vivez.
Il faut dire que cela fait un moment qu'il souhaitait vous rencontrer mais nous avions estimé que n’aviez pas un assez bon moral pour que nous puissions donner une suite favorable à cette demande. Nous avions donc préféré reporter cette rencontre.
Mais comme maintenant vous êtes un peu plus habitués aux conditions de vie ici, j'ai pensé que cette fois-ci, il n'y avait aucun obstacle à ce que vous le rencontriez aujourd'hui. "
L'ILLÉGALITÉ ENTRETENUE EN DÉFAVEUR DES FEMMES DE MÉNAGE
Manque de prise en charge médicale, harcèlement moral, salaires impayés… Elles subissent de nombreuses injustices dans l’exercice de leur métier. À travers leurs témoignages, elles racontent un quotidien fait de souffrance et d’exploitation.
Manque de prise en charge médicale, maltraitance physique et harcèlement moral ou encore salaire non payé, la liste est loin d’être exhaustive parlant de leurs conditions de travail. Elles subissent les foudres de leurs patrons au prix de la subsistance.
Sokhna Diarra Ngom discute gaiement avec ses collègues sous un arbre à Liberté 6. La vingtaine révolue, la jeune femme à la noirceur d’ébène est au chômage depuis quelques mois. Cet endroit de convergence des femmes de ménage et bonnes est son point de chute. Elle a décidé de démissionner de son travail après avoir, d’après elle, vécu l’enfer. « J’étais dans des conditions très difficiles à Nord Foire. Ma patronne ne me donnait pas à manger et me faisait travailler jusqu’à des heures tardives », narre la Fatickoise. La jeune femme a vite décidé de décamper après un mois à vivre dans ces difficultés. « J’ai finalement décidé de partir avec mes 50.000 FCfa. Je ne pouvais plus continuer à travailler dans ces circonstances », dit-elle dépitée.
Diarra Coly a aussi, à quelques détails près, vécu le même calvaire que Sokhna Diarra. Assise un peu plus loin, c’est avec beaucoup de frustration que la quinquagénaire conte ses déboires chez son ancien employeur. « Je proposais mes services en tant que femme de ménage à Rufisque dans un R+3. C’était vraiment dur pour moi, car je devais gérer mon transport et ma nourriture », se souvient-elle. La résidente de Grand Yoff a travaillé un an en faisant le ménage toute seule avec une liste de galères. « Je n’avais ni prise en charge médicale ni de quiétude. C’était très éprouvant », dit-elle avec un brin d’amertume. Diarra a eu des promesses d’augmentation salariale qui n’arriveront jamais. « Je gagnais 40.000 FCfa par mois. Ils m’ont promis une augmentation, mais je n’ai jamais rien perçu. J’ai préféré partir pour le bien de ma santé ». La quinquagénaire espère un mieux-être loin des tracasseries.
Mariama Thiam est en retrait loin de ses camarades. Emmitouflée dans une robe en wax, un voile sur la tête, elle traine un lourd fardeau. Accusée de vol à tort, elle porte encore les stigmates de cette injustice. C’est avec la voix teintée par l’émotion qu’elle raconte sa mésaventure avec ses patrons. « Je travaillais aux Maristes entre 2018 et 2019. Tout se passait bien jusqu’au jour où ma patronne m’a accusée du vol de ses 50.000 FCa », raconte-t-elle.
Accusée de vol et contrainte de payer
Mariama a clamé en vain son innocence. « J’ai alors été contrainte aux travaux forcés. Je n’avais plus droit à mon salaire. Ils m’ont privée de ma liberté et me maltraitaient physiquement. Ils ont même confisqué mon portable », se souvient-elle, la voix enrouée. La résidente de Fass Mbao a vécu quinze jours dans la tristesse : « Je ne faisais que pleurer. C’était vraiment traumatisant ». La trentenaire a finalement pu prouver son innocence. « La lingère est venue rendre l’argent quelques jours plus tard. Mes patrons se sont confondus en excuses, mais je n’arrive toujours pas à pardonner cet affront », affirme-t-elle.
Awa Sarr allie boulot et études. Cette étudiante en première année en assistanat de direction dans une école de formation de la place gagne sa vie pour assurer ses dépenses et souvent à ses risques et périls. L’étudiante, âgée de 26 ans, a bossé à Sacré-Cœur 3. Tout se passe pour le mieux jusqu’au jour où elle tombe malade. « J’étais très mal en point. Je devais continuer malgré tout à charbonner sans prise en charge médicale et avec une patronne qui ne se préoccupait pas de mon état », confie-t-elle. La jeune femme décide alors de réunir ses derniers efforts et ses bagages. « J’ai démissionné au bout de quinze jours. Je voulais récupérer mes 50.000 FCfa, mais, même pour obtenir mon salaire, ce fut la croix et la bannière ». Awa Sarr a dû batailler pour récupérer son dû et assurer elle-même sa prise en charge médicale.
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LA MARQUE SONKO À LA PRIMATURE
Alors que le Sénégal s'apprête à célébrer son 65ᵉ anniversaire d'indépendance, cette première année du chef de Pastef à la Primature marquera l'histoire comme celle d'une rupture assumée et d'une gouvernance axée sur la souveraineté et l'avenir
Un an après sa nomination comme Premier ministre du Sénégal par le Président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a imposé sa marque à la tête du gouvernement. Tour d'horizon d'une année marquée par des réformes audacieuses et un style de gouvernance inédit.
"La souveraineté a un prix," martèle régulièrement le Premier ministre. Cette signature idéologique s'est concrétisée à travers plusieurs initiatives fortes, à commencer par la mise en place d'une commission de relecture des contrats conclus dans les secteurs stratégiques. "Nous avions pris l'engagement ferme de revenir sur ces différents accords pour les rééquilibrer dans le sens de l'intérêt national," affirme Sonko, balayant au passage les critiques qui l'accusaient de vouloir "tout raser".
Des foules en liesse l'accueillent à chaque déplacement. De Dakar à Saint-Louis, de Louga à Matam, Ousmane Sonko cultive un lien direct avec la jeunesse. "Nous n'avons pas dit que nous réglerons tous les problèmes en un jour, mais je puis vous assurer que chaque seconde sera exclusivement consacrée à trouver des solutions pour vous," promet-il aux jeunes, ajoutant avec conviction : "Nous n'accepterons plus que nos ressources naturelles soient pillées pour nous laisser la pauvreté et le chômage."
L'ambitieux programme des "autoroutes de l'eau" illustre la vision transformatrice du gouvernement. Ce projet phare prévoit "le grand transfert du lac de Guiers vers le triangle Dakar-Thiès-Mbour incluant une branche vers Touba" et devrait "régler définitivement les préoccupations hydrauliques des populations."
Dans le domaine numérique, le Premier ministre a fait adopter une loi sur les start-ups pour "positionner le Sénégal comme un hub en Afrique de l'Ouest", exhortant les jeunes talents: "Nous sommes cette génération qui refuse de confier à d'autres nations la construction de son avenir numérique."
Le gouvernement Sonko a également marqué l'histoire en commémorant dignement le 80ᵉ anniversaire du massacre de Thiaroye 44. "Une graine est semée pour le passé d'une société, pour son présent mais surtout pour son futur," a déclaré le Premier ministre lors de cette journée mémorielle du 1ᵉr décembre 2024.
La révélation de l'état catastrophique des finances a constitué un autre temps fort. "Plus de 2.500 milliards ont été dépensés ces dernières années sous le sceau du secret défense," a dénoncé Sonko lors d'un face-à-face inédit avec la presse. Des irrégularités confirmées par le rapport de la Cour des Comptes publié en février 2025.
Sur la scène internationale, le Premier ministre a privilégié l'Afrique pour ses premières visites officielles, marquant ainsi sa vision panafricaniste. Au Mali, il a fermement dénoncé l'embargo imposé précédemment : "Sous notre régime, ces genres de pratiques ne pourront jamais prospérer et personne ne passera par le Sénégal pour déstabiliser un pays frère."
Après un an de gouvernance à un rythme soutenu, le Premier ministre reste déterminé malgré les défis : "Nous devons tous faire notre introspection et gérer les choses avec beaucoup plus de rigueur. Sous ces conditions, je peux vous assurer que tous ensemble, nous allons relever ce pays, parce que nous ne pouvons pas échouer."
CINQ MORTS DANS UNE COLLISION ENTRE UN BUS ET UNE VOITURE
Un accident s’est produit ce jeudi sur l’axe Linguère-Matam, à l’entrée du village de Nakara, faisant des morts et deux blessés graves.
iGFM (Dakar) Cinq personnes sont décédées dans un accident de la circulation survenu, jeudi , à la hauteur du village de Nakara, à 69 km de Ranérou, dans la région de Matam (nord), la brigade des sapeurs pompiers de Linguére.
Un grave accident de la circulation s’est produit ce jeudi 03 avril 2025 sur l’axe Linguère-Matam, précisément à l’entrée de Nakara, dans le département de Ranérou. Le bilan provisoire fait état de cinq morts sur le coup et de deux blessés graves.
Selon les premiers témoignages, le drame résulterait d’une collision entre un bus de la société Sénégal Dem Dikk et une voiture particulière de type Peugeot 406, communément appelée "War Gaindé".
Alertés, les éléments des sapeurs-pompiers de Linguère, dirigés par le lieutenant Adrien Malick Faye, ont évacué les victimes vers le Centre hospitalier Magatte Lô de Linguère. Les corps sans vie ont été déposés à la morgue tandis que les blessés reçoivent des soins intensifs.
La gendarmerie de Ranérou s’est également rendue sur les lieux pour effectuer les constats d’usage et déterminer les circonstances exactes du drame.
EMPLOI AU SÉNÉGAL, LE TAUX D’ACTIVITÉ EN BAISSE
Un rapport de l'ANSD révèle une baisse du taux d’emploi à 39,6%, tandis que le chômage diminue à 20,0%. Parallèlement, la participation au marché du travail recule de 4,8 points par rapport à 2023.
L’Agence nationale de la Statistique et de la démographie (Ansd) vient de rendre public son enquête nationale sur l’emploi au Sénégal. Une enquête portant sur le dernier trimestre de l’année 2024, soit le troisième trimestre de gestion des nouvelles autorités du pays.
Le rapport de l’enquête nationale sur l’emploi au Sénégal (Trimestre 4- 2024), renseigne, pour ce qui est du taux d’emploi, qu’il est ressorti à 39,6%. Il a baissé de 4,2% par rapport au quatrième trimestre de 2023 où il était estimé à 43,8%.
Le taux de chômage, quant à lui, est estimé à 20,0% durant la période concernée. Ce qui correspond à une baisse de 2,3% par rapport au taux de 22,3% enregistré à la même période de l’année 2023.
Aussi, au quatrième trimestre de l’année 2024, 57,0% des personnes en âge de travailler ont participé au marché du travail. Là aussi, il s’agit d’une baisse de 4,8% par rapport à la même période en 2023, renseigne l’Ansd.
MÊME LES MANCHOTS TAXÉS PAR DONALD TRUMP
Ironie absurde de la guerre commerciale trumpienne : des îles désertes de l'océan Austral, jamais visitées depuis une décennie, figurent sur la liste des territoires taxés
Des îles inhabitées de l'océan Austral, uniquement peuplées de manchots, se retrouvent dans le collimateur des nouvelles taxes douanières américaines. Un cas qui illustre l'ampleur de l'offensive commerciale lancée par Donald Trump.
Selon The Guardian, les îles Heard et McDonald, territoires "extérieurs" australiens situés à environ 1.700 km de l'Antarctique, figurent sur la liste des territoires visés par une taxe de 10% annoncée mercredi 2 avril par la Maison Blanche.
L'ironie est totale : ces îles volcaniques sont l'un des "endroits les plus reculés sur notre planète", accessibles uniquement après "un voyage de deux semaines en bateau depuis Perth", et aucun humain n'y a mis les pieds "depuis presque 10 ans", comme le souligne le quotidien britannique.
Plus étonnant encore, d'après "les chiffres de la Banque mondiale portant sur l'année 2022", les États-Unis auraient importé de ces îles désertes "pour 1,4 million de dollars de marchandises", principalement des "machines et appareils électriques".
L'île Norfolk, autre territoire extérieur australien situé "à environ 1.600 km au nord-est de Sydney", subit quant à elle une taxe encore plus lourde de 29%, soit "19 points de plus que le reste de l'Australie".
Face à cette situation, le Premier ministre australien a réagi en déclarant que "cela souligne simplement le fait que personne n'est à l'abri" de la nouvelle guerre commerciale lancée par l'administration Trump.
Cette offensive douanière frappe large, avec des taux atteignant "20% pour les produits originaires de l'Union européenne, 24% pour ceux provenant du Japon, 46% pour les marchandises 'made in Vietnam'", précise le média.
ADA FASS DÉFIE LAC DE GUIERS 2
Cette opposition entre la fougue d'Ada Fass et la technique éprouvée du "puncheur du Walo" promet un spectacle captivant pour les amateurs de lutte, d'autant plus que ce dernier cherche à se relancer après des démêlés judiciaires
Le lutteur de l’écurie Fass Benno, Ada Fass, va affronter vendredi la tête de file de l’écurie Walo, Lac de Guiers 2, un des lutteurs sénégalais les plus difficiles à manœuvrer, avec l’ambition de se hisser dans le cercle fermé des ténors de l’arène sénégalaise.
La lutte reprend du service avec le choc Ada Fass-Lac de Guiers 2, après une suspension d’un mois faisant suite à la décision du ministère de l’Intérieur de ne plus assurer la couverture sécuritaire des combats de lutte, après des actes de violence en marge du combat ayant opposé Ama Baldé à Franc, le 16 février dernier.
Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique a annoncé il y a quelques jours avoir décidé de lever la suspension de la couverture sécuritaire des combats de lutte à compter du 1er avril, ouvrant la voie à la programmation de combats.
Ada Fass, qui se proclame partout ”maître de Dakar” (Borom Dakar), va donc affronter vendredi Lac de Guiers 2, pour l’un des combats les plus importants de sa carrière.
Très populaire dans les communes de la Médina, Fass, Colobane, HLM, Niary Tally, entre autres, Ada Fass se distingue par son explosivité, faisant preuve d’un courage inébranlable chaque fois qu’il est amené à affronter un adversaire.
Malgré tout, Borom Dakar aura fort à faire face à un lutteur expérimenté désireux de se relancer après ses démêlés judiciaires qui ont fait des dégâts sur l’image de lutteur sérieux qu’il renvoyait au supporteurs et aux observateurs.
Surnommé le ”puncheur du Walo”, Lac de Guiers 2 est un lutteur technique, mais adepte des stratégies défensives qui nuisent très souvent à la qualité de ses prestations, en comparaison de celles très prisées de lutteurs-attaquants comme Balla Gaye 2 par exemple.
Présent dans l’arène depuis une quinzaine d’années, Lac de Guiers 2 est crédité de 15 victoires, deux nuls et deux défaites, en plus d’un combat sans verdict.
Ada Fass, pour sa part, compte 12 victoires et trois défaites au total.
LA RÉINTERPRÉTATION DE L'AMNISTIE SOUS LE FEU DE L'APR
Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal saisira "dans les plus brefs délais" le Conseil constitutionnel pour contester la légalité de la loi d'interprétation de l'amnistie adoptée mercredi par l'Assemblée nationale
L’Alliance pour la République (APR), la formation de l’ancien président Macky Sall, annonce un recours devant le Conseil constitutionnel contre la loi d’interprétation de la loi d’amnistie, adoptée mercredi par l’Assemblée nationale.
Dans un communiqué, l’APR annonce que le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal de l’opposition va saisir “dans les plus brefs délais le Conseil constitutionnel, afin qu’il déclare cette loi contraire à la Constitution, au regard de son caractère partial, sélectif et contraire au principe d’égalité des citoyens devant la loi”.
L’Assemblée nationale a adopté mercredi la loi portant interprétation de la loi d’amnistie de mars 2024, porté par le député Amadou Ba du parti Pastef au pouvoir, à une majorité de 126 députés, 19 parlementaires ayant voté cette loi sur un total de 165 députés.
Après avoir “plusieurs fois promis l’abrogation de la loi d’amnistie”, le parti Pastef au pouvoir “vient de voter une loi scélérate dite d’interprétation qui, en réalité, vise à absoudre les commanditaires et les auteurs de délits et de crimes et indexer les Forces de défense et de sécurité”, selon le communiqué du secrétariat exécutif national (SEN) de l’APR.
Selon le député Amadou Ba, la proposition de loi d’interprétation qu’il a portée, vise à “clarifier le champ d’application de la loi d’amnistie”.
Il soutient qu’avec cette loi d’interprétation, “tous les auteurs d’actes d’assassinat, d’actes de tortures et de meurtres, quel que soit le bord politique auquel ils appartiennent, ne seront jamais couverts par l’amnistie”.
Mais l’APR considère que “cette dangereuse loi dite d’interprétation rouvre les plaies d’une période de troubles, promeut un retour en arrière funeste et consacre une rupture d’égalité entre les citoyens sénégalais”.
La loi d’amnistie, votée le 13 mars 2024, porte sur des faits susceptibles de qualification criminelle ou correctionnelle ou correctionnelle commis en rapport avec les manifestations politiques enregistrées au Sénégal de mars 2021 à mars 2024.
Par Ibou FALL
MOSS DEM, IL SERA UNE FOIS…
La ritournelle qui circule sur les réseaux sociaux résume la situation tragicomique du président Diomaye, candidat par défaut devenu chef d'État par procuration, à qui le "Projet" semble déjà préparer la sortie
Magistrature suprême : le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, peut-il raisonnablement penser à se présenter comme candidat de Pastef en 2029 ? «Moss dèm» est déjà l’une des ritournelles de nos réseaux sociaux qui montent en puissance…
Il sera notre premier chef d’Etat de l’histoire à ne faire qu’un mandat. La rupture, c’est aussi cela ?
Au regard du scénario des législatives qui voit le parti des «Patriotes» enterrer la Coalition «Diomaye Président» en plus d’effacer tout ce qui renvoie au Président élu depuis quelques mois, aucune chance… Résultat des courses : l’Assemblée nationale, sur cent-cinquante députés, en compte cent-trente triés sur le volet et prêts à mourir pour Ousmane Sonko, le Premier ministre ci-devant président de Pastef, mais qui ne se lèveraient même pas à l’aube rien que pour plaire au chef de l’Etat.
Que peut-il bien se passer dans la tête d’un président de la République, élu comme le candidat par défaut de son parti, qui avoue une marge de manœuvre réduite par l’état des finances publiques, et semble en une année perdre pratiquement toutes ses prérogatives au profit de son encombrant Premier ministre ?
Dès son installation, Bassirou Diomaye Faye prend même la précaution de préciser au micro de confrères chanceux d’en entendre une aussi grosse, qu’il «encourage le Premier ministre à lorgner le fauteuil présidentiel». Avec une Assemblée nationale sur laquelle il ne peut absolument pas compter si le Premier ministre se rebiffe, que lui reste-t-il d’autre, hormis l’Etat ?
Et là, ça commence à chanceler…
Peut-il compter sur une administration qui falsifie les chiffres officiels, des fonctionnaires priés de chercher du travail ailleurs, ou des Forces de défense et de sécurité qu’une loi interprétative de la loi d’amnistie, ouf, s’apprête à conduire au bûcher, accompagnée de son silence ? Que peut-il attendre d’une Magistrature qu’il entend réformer parce que soupçonnée de compromissions avec l’ancien régime, au point d’avoir, via sa Cour des comptes, validé de drôles de calculs, fermé les yeux sur des dettes abyssales, fait jeter en prison d’innocents militants de la juste cause, comprenez le «Projet» ?
Dans la foulée de son élection triomphale le 24 mars 2024, affublé des prérogatives que la République décerne à son président, le taiseux Bassirou Diomaye démissionne de ses fonctions à Pastef pour se contenter du modeste statut de militant. Un acte assez peu habituel dans un pays qui voit, depuis les indépendances, le chef de l’Etat s’agripper avec la dernière énergie au poste de patron de son parti, sa machine électorale ; la règle, jusque-là, consiste à se maintenir à la tête des cohortes capables d’aller à l’assaut des urnes.
On a des arrière-pensées ou l’on n’en a pas ?
Certes, c’est une coalition dénommée «Diomaye Président» qui le porte au pouvoir dont le gros de la troupe est à chercher dans les rangs des «patriotes» autoproclamés. En pleine campagne, c’est à peine si son mentor, Ousmane Sonko, lui laisse le micro face à la foule des inconditionnels du «Projet».
Scène impérissable : le candidat Diomaye debout devant une marée humaine et n’a rien d’autre à lui proposer qu’un cri d’extase teinté d’étonnement : «Mahaza !»…
A-t-il vraiment besoin de déployer des trésors d’ingéniosité, multiplier les promesses électorales ? Son principal rival, Amadou Ba, a du plomb dans l’aile, fusillé dans le dos par son propre camp. Ceux-là mêmes qui votent une loi d’amnistie scélérate, et font reporter les élections aux calendes grecques. Macky Sall ne s’en arrêtera pas là : les informations qui fuitent depuis un an font état de rencontres nocturnes, d’accords secrets, d’appuis logistiques et financiers, de consignes de votes clandestines.
La totale en matière de traîtrise…
D’ailleurs, lors de leur première sortie médiatique à la sortie de prison, le ton de Ousmane Sonko change vis-à-vis du «mackyavélique» chef d’Etat qui complote jusqu’à les jeter en prison sans jugement. Le duo fraîchement élargi indique la nouvelle tête de Turc : c’est Amadou Ba, le chef de gouvernement d’alors, qui serait à l’origine de leurs déboires. Macky Sall devient comme par enchantement leur ange gardien qui les sort de prison et auquel ils font même l’accolade au moment de la passation du témoin.
Lors de sa prestation de serment, devant le monde entier et ses deux épouses, le nouvel impétrant se contente de remercier sa famille et le Peuple sénégalais. Le nouveau président sénégalais cultive la modestie, et même la sobriété, avouant préférer les chants de coq et les coups de pilon matinaux de son natal Ndiaganiao à l’enfer bruyant de Dakar, quand bien même depuis le Palais de l’avenue Senghor, il serait au bord de la mer, face à la rustique Gorée et l’infini azuréen.
Le Sénégal, géant diplomatique malgré son économie à la ramasse et sa démographie insignifiante, dans la longue tradition senghorienne qui imposera son respect aux quatre coins de la planète, aurait pu, pour le président de la République, aller lui chercher des soutiens dans le monde entier. Seulement voilà : Yassine Fall est-elle vraiment sortable ?
Et puis, avec la France qui dégage depuis moins d’un an, dont la justice passe sous silence l’assassinat d’un grand argentier sénégalais, le Fmi qui ne doit pas apprécier qu’un pays sous-développé déclare le couillonner depuis plusieurs années, ça va lui être difficile de glaner des soutiens étrangers. Certes, au cours d’un de ses nombreux périples à travers le monde, il pose avec Karim Wade au Qatar. Oui, mais après ? Apparemment, Bassirou Diomaye Faye n’aura pas grand-monde avec lui à l’orée de 2029.
Vous me direz que deux épouses, c’est déjà beaucoup pour un seul homme ?