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3 avril 2025
Société
PÊCHE ILLICITE À JOAL, LE MINISTÈRE DES PÊCHES CONDAMNE FERMEMENT L’AGRESSION D’UN AGENT DE L’ÉTAT
Le ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires a exprimé sa profonde indignation face aux violences survenues dans la nuit du 4 au 5 février 2025 à Joal, lors d’une opération de lutte contre la pêche illicite des juvéniles.
Le ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires a exprimé sa profonde indignation face aux violences survenues dans la nuit du 4 au 5 février 2025 à Joal, lors d’une opération de lutte contre la pêche illicite des juvéniles.
Au cours de cette intervention, Amadou Kane, un agent du ministère, a été violemment agressé alors qu’il exerçait ses fonctions dans le strict respect de la réglementation en vigueur. Dans un communiqué officiel, le ministère a réaffirmé sa solidarité totale envers l’agent et a dénoncé une attaque injustifiée contre un serviteur de l’État engagé dans la préservation des ressources halieutiques.
Face à cet acte grave, le Gouvernement a rappelé sa fermeté dans la lutte contre la pêche illicite, assurant que des mesures strictes seront prises contre les auteurs et complices de ces violences. Le ministère a également salué la réactivité des forces de défense et de sécurité, notamment la Gendarmerie nationale, qui a immédiatement lancé une traque du principal suspect et procède à l’identification des autres personnes impliquées.
Le ministère a rappelé que la protection des ressources halieutiques est une priorité nationale, soulignant que toute personne impliquée dans la capture, le transport, la détention, la transformation ou la commercialisation des juvéniles s’expose à des sanctions sévères conformément aux lois en vigueur.
Dans cette optique, les autorités comptent renforcer les dispositifs de contrôle et de répression pour mettre un terme aux pratiques destructrices qui mettent en péril l’équilibre de l’écosystème maritime et la pérennité des ressources halieutiques.
Le ministère invite tous les acteurs du secteur de la pêche à respecter scrupuleusement les règles établies, rappelant que seule une exploitation durable des ressources maritimes permettra de garantir la survie du secteur et la préservation des moyens de subsistance des communautés de pêcheurs.
PAR Babacar Korjo Ndiaye
BIRAME SOULEYE, UN MINISTRE EN MODE FREESTYLE
Notre ministre a un talent rare. Celui de toujours dire ce qu’il ne faut pas, au moment où il ne faut pas, avec une assurance qui force l’accablement. Bientôt, il ne lui restera bientôt plus que son miroir pour l’écouter sans grimacer
Il faut dire que notre ministre a un talent. Un talent rare. Celui de toujours dire ce qu’il ne faut pas, au moment où il ne faut pas, avec une assurance qui force le respect… ou plutôt l’accablement. Il parle, et c’est comme un bulldozer sans frein sur une route pleine de nids-de-poule : ça cahote, ça cogne, et ça finit toujours en sortie de route. Gaalu njoobeen du teer!
Dernière sortie en date ? Pour répondre à ceux qui affublent les militants de son parti du qualificatif de Salafistes (au sens le plus explosif du terme), il a eu l’illumination suivante : « Ma mère est la fille du vénéré Aladji Ahmad Ndieguene. Comment peut-elle enfanter un Salafiste ?... » Voilà donc la nouvelle génétique ministérielle : une bonne mère ne peut enfanter un mauvais fils. Au-delà de l’étrange biologie qu’il nous propose, le message est limpide : si vous êtes Salafiste, c’est que votre mère a raté son coup. Un bel hommage aux valeurs familiales, mais un petit scandale pour la communauté salafiste du Sénégal, qui appréciera sûrement d’être reléguée au rang d’erreur maternelle. Bon Xataraayu!
Mais ce n’est pas la première fois que notre ministre brille par sa finesse oratoire. Rappelez-vous quand, en pleine euphorie post-électorale, il a jugé bon de rappeler aux promoteurs de lutte que l’État ne sponsoriserait plus leurs combats. « Ces spectacles archaïques ne sont pas notre priorité », aurait-il presque soufflé en filigrane. Un avis respectable… sauf que personne ne lui avait rien demandé. On l’imagine, la bouche en cœur, expliquant aux lutteurs que désormais, ils devront se contenter de l’amour du public et de la sueur du mbapatt. C’est ainsi qu’il a réussi un exploit : unir toute une industrie contre lui, du promoteur de l’arène nationale au dernier batteur de tam-tam du village.
Et puis, il y a eu l’épisode Touba. Là encore, il voulait faire une démonstration. Prouver que son parti n’a jamais tenté de séduire les autorités religieuses de la ville sainte. Il aurait pu le dire calmement, avec intelligence, en finesse. Mais non, c’est mal le connaître. « Moi, avant l’élection, je n’avais jamais mis les pieds à Touba ! » a-t-il fanfaronné avec sa verve habituelle. Ah bon ? Donc en plus de ne pas séduire, vous n’avez même pas daigné faire acte de présence ? Voilà qui est habile. Si l’objectif était de convaincre que les nouveaux dirigeants n’ont aucun lien avec Touba, mission accomplie.
Ce ministre est un homme de convictions, certes, mais surtout un homme de convictions mal formulées. Un artiste du faux pas verbal. Un virtuose du mauvais timing. On lui a demandé d’apprendre à parler sans heurter. Mais visiblement, chez lui, c’est un talent inné : heurter, c’est son mode d’expression naturel.
À ce rythme, il ne lui restera bientôt plus que son miroir pour l’écouter sans grimacer.
URGENCES TOUS AZIMUTS SIGNALEES, UN DESENCLAVEMENT VITAL ATTENDU !
Les populations du terroir de Balantacounda, dans l’extrême sud du pays, ont massivement répondu, hier, vendredi 07 février, à l’appel du comité de pilotage pour la construction du pont de Témento.
Les populations du terroir de Balantacounda, dans l’extrême sud du pays, ont massivement répondu, hier, vendredi 07 février, à l’appel du comité de pilotage pour la construction du pont de Témento. Cette assemblée générale qui a mobilisé toutes les couches de la population, a abouti à la production d’un mémorandum pour attirer l’attention des nouvelles autorités du pays sur l’urgence de la construction de cet ouvrage. C’est, selon eux, la meilleure réponse au désenclavement du département de Goudomp mais aussi pour la résilience économique et sociale des masses rurales soumises à un quotidien aride et affligeant.
En assemblée générale d’information et de sensibilisation hier, vendredi, au foyer socio-éducatif de Goudomp, les populations du Balantacounda ont manifesté le souhait de voir un pont s’ériger sur Témento pour désenclaver leur terroir contigu à la Guinée Bissau. Diélény Diatta, le vice-coordonnateur du comité de pilotage pour la construction du pont de Témento, a déclaré que « cette mobilisation est une étape décisive dans le processus de construction du pont de Témento. De prime abord, nous nous inclinons devant la mémoire de feu Moussa Diatta, ancien inspecteur et natif de ce terroir pour son engagement et sa brillante contribution à la rédaction de ce mémorandum pour le pont de Témento ».
Et Cheick Niass, un autre membre de ce comité de renchérir : « nous avons convoqué les populations du Balabntacounda dans leur large majorité, pour venir partager avec nous l’idéal de la construction de ce pont-là. C’est une très vieille doléance quand le colon s’était rendu compte que ce pont pouvait désenclaver cette partie pour rapprocher l’administration des administrés et c’est justement Témento qui avait été choisi ».
UNE VIEILLE DOLEANCE AUX NOUVELLES AUTORITES
Pour les membres du comité de pilotage, « nous n’avons fait que dépoussiérer ce dossier. Depuis l’ancien régime, des actes ont été posés mais pas d’avancées significatives. Avec le nouveau régime, nous avons attendu que toutes les structures politiques, sociales, administratives, sociales et culturelles se mettent en place pour que le Balantacounda se lève et leur rappeler cette vieille doléance si chère aux populations ». Debout et face à l’auditoire très attentif, Diélany Diatta interpelle les nouvelles autorités au nom de ce comité : « nous invitons les autorités de ce pays à insérer ce projet dans le plan Diomaye pour la Casamance (DPC). C’est une urgence et à tous points de vue aussi bien pour la Casamance que tout le pays Sénégal et même pour la sous-région de l’Afrique de l’ouest. Cela va renforcer la coopération dans le cadre de la CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) » dit-il.
DESENCLAVEMENT ET RESILIENCE, DES URGENCES PRESSANTES !
Sur le plan du développement, les populations du Balantacounda sont d’avis que le seul schéma pour proscrire la pauvreté, c’est de désenclaver cette zone de l’extrême sud du pays. « C’est la voie de salut pour réaliser la résilience et dans tous les domaines. Ici, nous disposons d’un riche potentiel et une fois cette passerelle construite, il sera valorisé et permettra de lutter efficacement contre la pauvreté. C’est aussi une solution durable à nos équations quotidiennes d’évacuation des malades et des femmes enceintes qui meurent souvent à bord des moyens de fortune », se désolent-ils. Et tous de nourrir l’espoir que « le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko et l’ensemble de son gouvernement ne perdront pas de temps pour réaliser ce pont. Notre priorité numéro un, deux et trois demeure la construction de ce pont et dans les meilleurs délais ».
LES CHANTIERS BOUEUX DE DIOMAYE-SONKO
La proposition de criminalisation de l'homosexualité et la demande de révision du Code de la famille constituent un véritable test de cohérence pour le Pastef, qui militait ardemment pour ces réformes lorsqu'il siégeait dans l'opposition
Une proposition de loi portant criminalisation de l'homosexualité au Sénégal a été déposée, hier, sur la table du président de l'Assemblée nationale. Pendant ce temps, une question écrite a été adressée au garde des Sceaux en vue d'une révision du code de la famille. La suite donnée à ces requêtes sera très attendue.
Une nouvelle offensive contre les LGBTQ a été lancée. À l'initiative, l'activiste Abdou Karim Guèye de l'organisation de la société civile, Niitu Dëgg valeurs. En effet, il a adressé une proposition de loi à l'Assemblée nationale en vue de criminaliser l'homosexualité. La proposition, selon l'activiste, est depuis, hier, sur la table du président de l'institution parlementaire.
Dans l'intitulé du texte dont nous détenons copie, il est indiqué «Criminalisation des Actes, Pratiques et Promotions liés à l’Idéologie LGBTQ+ au Sénégal». En tout, le texte tient en 10 articles traitant de la définition des termes de “Lgbtq” et “promotion”, du durcissement de la sanction et des mesures préventives. Dans l’exposé des motifs, il est sommairement expliqué que « cette loi vise à protéger les valeurs culturelles, religieuses et sociales du Sénégal face à des idéologies étrangères qui menacent de les éroder.
Elle garantit un cadre juridique solide pour prévenir la promotion, la diffusion et la pratique de comportements contraires à notre identité nationale». A l’article 2 qui concerne la Reconnaissance des genres, le texte prévoit une reconnaissance exclusive par l'État du Sénégal de deux genres biologiques : homme et femme. En outre, le texte introduit par l'activiste à l’Assemblée nationale en son article 5 propose un durcissement des sanctions. «Pour les personnes physiques : une peine de prison de 5 à 10 ans et une amende de 5 000 000 à 10 000 000 FCFA. Pour les personnes morales (médias, entreprises, ONG, etc.) : suspension immédiate de leurs activités, confiscation de leurs biens, et une amende de 20 000 000 à 50 000 000 FCFA», a-t-on indiqué dans le texte.
Lors du dépôt du texte, le président de l’Assemblée nationale se trouvait au Maroc pour participer à la réunion des présidents des Parlements des États africains atlantiques. À son retour, il aura du pain sur la planche. Et son attitude face à cette proposition de loi sera très attendue. Car, il faut le dire, c'est la première saisine portant criminalisation de l'homosexualité depuis l'installation de la quinzième législature détenue à 130 sièges sur 165 par le parti au pouvoir. Dans le sillage de la transformation systémique, le régime en place va-t-elle acter la rupture en votant la criminalisation de l'homosexualité ? C'est une question qui, pour le moment, reste en suspens.
Toujours est-il que dans l'opposition, le Pastef actuellement au pouvoir était favorable à criminaliser l'homosexualité au Sénégal. Dans le cadre de la coalition Yewwi Askan Wi en vue des Législatives de 2022, le Pastef avec ses alliés d'alors notamment du Pur et de Taxaawu Sénégal avaient introduit une proposition de loi allant dans ce sens de concert avec l'association And Samm Jikko Yii. Toutefois, la proposition avait été rejetée par le bureau de l’Assemblée nationale contrôlé par Benno Bokk Yaakaar. Auparavant, en janvier 2022, la treizième législature avait rejeté, pour la première fois, une proposition de loi portant criminalisation introduite par des députés de l'opposition avec Mamadou Lamine Diallo de Tekki comme chef de file. Compte tenu de tout cela, il reste à savoir si cette nouvelle proposition de loi pour criminaliser l'homosexualité introduite par un membre de la société civile va atterrir en plénière de l’Assemblée nationale.
Révision du Code de la famille
Auparavant, une autre question éminemment de société a été relancée. Il s'agit de la révision du Code de la famille. Dans une question écrite adressée au ministre de la Justice, Ousmane Diagne, la députée Marième Mbacké s'est intéressée à l'autorité parentale. Dans sa question, la parlementaire membre de la majorité a indiqué que la législation sénégalaise, l’autorité parentale exclusivement réservée au père, pose de véritables problèmes aux mères divorcées avec des enfants. «La mère divorcée est souvent responsable de la garde des enfants.
A cet égard, elle devrait pouvoir signer les documents de voyage de ses enfants mineurs. Cependant, certains hommes utilisent cette autorité comme une arme de guerre contre leur exépouse au point de nuire à leurs propres enfants en leur refusant sans raison la signature de l’autorisation parentale. Ce qui entraîne des conséquences graves particulièrement pour les enfants vivant avec leur mère à l’étranger», a écrit Mariéme Mbacké qui affirme avoir été interpellée à ce sujet par les femmes de la diaspora sénégalaise.
C'est pourquoi, sans adopter une perspective féministe, se défend la parlementaire qui, toutefois, a invité le garde des Sceaux à reconsidérer cette mesure. Car, fait-elle noter, le père, en tant qu'autorité morale au sein de la famille, ne pose pas de problème, mais il est important que les deux parents puissent donner leur consentement aux voyages de leurs enfants. «Monsieur le ministre, pour remédier à cette situation, ne serait-il pas opportun de réviser le code de la famille ? Quelles seraient les mesures que vous comptez prendre pour trouver des solutions à ce problème ?», s'est-elle interrogée.
La députée pourrait ne pas dévoiler la réponse du garde des Sceaux à son interpellation. En tout cas, en campagne électorale pour les Législatives du 17 novembre dernier, des candidats du Pastef avaient pris des engagements en vue de la révision du Code de la famille. La députée Maïmouna Bousso avait interpellé, à cet effet, le Premier ministre lors de son passage devant l’Assemblée nationale, le 27 décembre dernier, pour tenir sa déclaration de politique générale.
Au Sénégal, les modifications du Code de la famille se sont souvent heurtées à une forte opposition des religieux faisant craindre une confrontation entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. D'ailleurs, le code actuel qui date de 1972 avait soulevé une grande controverse entre l'État et les religieux. D'ailleurs en 1996, une modification du code de la famille pour limiter la polygamie à deux épouses avait échoué. Et depuis, aucune initiative n'a été prise afin de mettre à jour le Code de la Famille.
COUP DE MASSUE SUR LE PROCESSUS DE PAIX EN CASAMANCE
Les projets d'accompagnement des ex-combattants du MFDC et de réinsertion des populations déplacées se retrouvent brutalement interrompus, laissant des milliers de personnes dans l'incertitude, avec la suspension de l'aide américaine
C’est l’inquiétude à bord du processus de paix en Casamance, avec la suspension/retrait de l’intervention américaine. Les acteurs surpris ne cachent pas leurs tourments et leur désarroi quant aux conséquences désastreuses que pourrait engendrer ce retrait. Ex-combattants, populations déplacées, brutalement sevrés de l’intervention américaine en Casamance par la volonté du gouvernement américain, s’inquiètent et sont préoccupés par la capacité de l’Etat du Sénégal de prendre le relai de cet accompagnement dont ils étaient les bénéficiaires?
Dépendant, en partie, de l’appui américain, avec divers programmes et intervention, le processus de paix en Casamance accuse un coup dur avec la suspension/retrait annoncée de l’aide américaine au Sénégal. Surprise, désolation et désarroi animent, en ce moment, de nombreux acteurs du processus de paix en Casamance qui sont inquiets après la décision de suspendre cette intervention américaine.
Des ONG qui interviennent dans ce processus quittent les lieux et risquent de laisser derrière elles une situation difficile. L’accompagnement des ex-combattants du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) reconvertis risque d’être compromis. L’Initiative pour la Réunification des Ailes Politiques du MFDC (IRAPA), partie prenante de la signature des « Accords de Paix sur le dépôt des armes » des combattants de la faction du MFDC de Diakaye est ébranlée par cette nouvelle donne. Son coordonnateur, Lamine Coly, ne cache pas son inquiétude et ses craintes. Il se dit bouleversé. « En tant que coordonnateur de IRAPA, signataire des accords entre Diakaye et l’Etat du Sénégal, je vois que si l’USAID qui était là pour accompagner Diakaye, s’il n’est plus là, c’est le chaos total. Si les populations qui ont retrouvé leurs localités se retrouvent sans aide, sans accompagnement, c’est la panique. Comment ces populations vont se débrouiller. Est-ce que ces populations ne vont pas retourner pour aller mendier», s’interroge l’acteur de paix.
Les programmes d’infrastructures scolaires et enrôlement à l’état civil des déplacés et ex-combattants du MFDC et leurs familles affectés
M. Coly s’inquiète pour lui-même : « Moi, en tant qu’acteur de paix, je suis étranglé ébranlé parce que j’ai consulté pas mal de populations. Je les ai encouragés sur le retour dans leurs localités. Donc, si ces populations aujourd’hui n’ont pas satisfaction ça risque d’avoir beaucoup de problèmes », déplore-t-il. Des difficultés dans l’accompagnement des populations qui risquent d’aller crescendo les prochains mois, surtout dans la zone de Djignaky où la suspension de «Alliwili 2 Extension», un programme de l’USAID qui intervenait dans le domaine de l’état civil et la consolidation de la paix, pourrait engendrer des conséquences désastreuses sur l’accompagnement des populations de différentes localités de la zone. Pour Alphousseyni Diémé, le maire de la commune de Djignaky, les impacts de ce retrait sont multiples et de plusieurs ordres. «Dans le cadre de l’accompagnement et du processus de paix en Casamance, le projet Usaid Alliwili 2 intervenait dans la commune de Djignaky pour consolider cette paix que l’on veut définitive. L’enrôlement à l’état civil des ex-combattants, de leur famille et, peutêtre même, des communautés mais également la relance des activités économiques qui ont été bloquées pendant tout ce temps qu’a duré le conflit se retrouvent au point mort. Aujourd’hui, c’est un véritable coup dur. Je prends le cas de l’enrôlement à l’état civil, malgré que l’Etat semble revenir par des audiences foraines pour relever le défi, mais il y avait un stock qui était de l’ordre de 50.000 à 60.000 extraits de naissance en suspens. La suspension brutale de toutes ces actions par le gouvernement américain au Sénégal affecte cet accompagnement aussi sur le plan éducatif où le système bénéficiait d’infrastructures scolaires », se désole M. Diéme qui estime que cet arrêt de l’intervention américaine sera durement ressenti dans le processus de paix en Casamance.
Plus de 300 familles de déplacés de retour inquiétés pour la construction de leurs habitats
Et comme si cela ne suffisait pas, ce sont plus de trois cent (300) familles de déplacés qui s’inquiètent également. Elles qui bénéficiaient chaque année de l’accompagnement d’une ONG Américaine. Revenues sur leurs terres, ces populations s’interrogent sur la construction de leurs habitats. Et lorsqu’Ousmane Sanding, le maire de Boutoupa Camaracounda, zone d’intervention de l’ONG américaine Shelt For Life depuis 2017, apprécie, c’est pour étaler toutes ses inquiétudes. «Les populations déplacées sont en train de construire en banco leurs habitats. Et, avec l’hivernage qui approche, ce sont des maisons qui risquent de s’effondrer, si elles ne sont pas couvertes. Et cela risque d’être un désarroi pour les populations. C’est pourquoi nous avons sonné l’alerte pour que ces populations soient prises en charge dans le ‘’Plan Diomaye pour la Casamance’’», lâche le maire de Boutoupa. Le "Plan Diomaye pour la Casamance" (PDC), lancé par le gouvernement sénégalais, vise à revitaliser la région de la Casamance en soutenant le retour des déplacés et en améliorant les infrastructures locales. Le PDC prévoit une enveloppe budgétaire globale de 53,6 milliards de francs CFA. Ces fonds sont destinés à financer des infrastructures essentielles telles que des forages pour l'accès à l'eau potable, des écoles, des routes et le retour des services de l'État dans les zones précédemment abandonnées en raison de l'insécurité. L'objectif est de faciliter le retour de près de 6 000 personnes dans leurs villages d'origine, dont 33 sont encore désertés à ce jour.
Dans le contexte casamançais, « le Plan Diomaye pour la Casamance » apparaît comme une réponse nationale ambitieuse pour combler le vide laissé par le gel de l'aide américaine. En investissant dans des infrastructures de base et en rétablissant les services publics, le plan pourrait viser à continuer à travailler pour environnement propice au retour des déplacés et à leur réintégration durable. Cependant, des défis subsistent, notamment en ce qui concerne la régularisation de l'état civil des ex-combattants, un aspect crucial s’il en est.
Aujourd’hui, ce retrait de l’intervention américaine plonge la plupart des acteurs du processus de paix dans le désarroi total. L’inquiétude est grandissante et risque de fragiliser le processus de paix qui avait pourtant pris son envol pour une paix définitive. Aujourd’hui, ces acteurs de la paix lancent un cri de cœur pour le retour de l’intervention américaine qui a contribué grandement à l’accompagnement des populations déplacées mais aussi et surtout les ex-combattants du MDFC qui devraient, en attendant, compter sur l’Etat du Sénégal et ses différents programmes et projets, pour accompagner leur réinsertion.
Par Fadel DIA
L’ONU A-T-ELLE ENCORE SA PLACE À NEW YORK ?
L'arrêt brutal de l’aide américaine sera douloureuse car beaucoup trop de personnes ont commis l’erreur d’en dépendre mais, et c’est le bon côté de cette décision, cela peut mettre fin à plusieurs mythes qui l’entourent
Dans une allocution solennelle prononcée à la télévision nationale à l’occasion de la commémoration de la mort de son père, le roi Mohamed VI a annoncé que le Maroc allait racheter à l’Espagne, l’ensemble des iles Canaries, qui sont, après tout, des terres africaines, pour en faire un Dubaï de l’Atlantique, autrement plus attractif et plus enchanteur que celui du Golfe Persique, et aux portes de l’Europe. Quant aux populations locales, elles seront tout simplement transférées dans le pays dont elles parlent la langue, l’Espagne.
On apprend par ailleurs que le président Poutine a révoqué tous les actes qui avaient abouti à la dissolution de l’URSS en 1991 et qu’en conséquence les pays baltes ou l’Ukraine sont réintégrés dans la Russie et que le pouvoir y sera désormais exercé par des gouverneurs nommés par Moscou. En conséquence Vlodmyr Zelenski est purement et simplement révoqué de ses fonctions.
Enfin, le président Xi Jinping a pris la décision de constituer une Grande Chine et de mettre fin à l’indépendance des états à populations majoritairement chinoises, Taiwan, mais aussi Singapour et la Malaisie. Le cas du Viet Nam et des autres pays de la sous- région sera examiné ultérieurement, après examen du taux de sinité de leurs populations respectives… Fake news stupides ? Absurdités ? Oui, mais d’autres du même acabit polluent les médias depuis plusieurs jours sans qu’on doute de leur authenticité, assurément parce que leur signataire est coutumier des faits. Nous sommes entrés dans l’ère de l’absurdité, celle de la force brutale et du « maa tey », celle du déni des grands principes tant chantés par les pays occidentaux qui s’en sont proclamés les inventeurs et les gestionnaires exclusifs. Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, respect de la dignité de la personne humaine, égalité des hommes et des peuples etc., tous ces grands principes sont aujourd’hui bafoués dans de nombreux pays d’Europe et d’Amérique du Nord, à l’intérieur de leurs frontières et à l’extérieur.
Le « bafoueur » en chef s’appelle Donald Trump et s’il nous inquiète plus que les autres, c’est parce qu’il est capable de tout et aussi parce qu’il peut faire tout ce qu’il a promis de faire, y compris le pire ! Ce n’est pas son principal allié, le seul qui compte à ses yeux et dont on se demande si ce n’est pas surtout son manipulateur, qui l’en dissuaderait. C’est en tout cas une forfaiture que le chef du gouvernement de l’Etat d’Israël adoube ce qui n’est rien d’autre que la réédition des crimes qui constituent l’essentiel du cahier de charge de victimaire de son pays. Netanyahou fait peu cas des paroles d’un de ses éminents compatriotes qui disait que l’une des leçons que les Israéliens d’aujourd’hui devraient tirer des malheurs subis par leurs ancêtres, c’est de faire en sorte que ça ne recommence pour personne!
Mais Donald Trump ne s’en prend pas qu’aux Palestiniens. Il porte aussi l’estocade à tous ceux qui bénéficiaient peu ou prou de l’aide américaine, et dans certains cas, il s’agit d’un acte criminel puisque cela peut mettre en danger la vie de millions de personnes qui en dépendaient, pour leur santé ou leur survie. La suspension, ou plus radicalement l’arrêt, de l’aide américaine au développement sera douloureuse parce qu’elle a été brutale et que, malheureusement, beaucoup trop de personnes ont commis l’erreur d’en dépendre mais, et c’est le bon côté de cette décision, cela peut mettre fin à plusieurs mythes qui l’entourent.
Le premier de ces mythes, c’est de croire que c’est une aide désintéressée et purement humanitaire et le premier à réfuter cette assertion est le mieux placé pour le faire : c’est celui qui tient les ciseaux, c’est le chef du « département de l’efficacité gouvernementale », Elon Musk, qui trouve même qu’elle est « criminelle ». Il est en tout cas de notoriété publique, qu’elle cible des objectifs bien précis, vise à servir d’abord les intérêts stratégiques du bailleur et qu’elle a quelquefois des relents de service de renseignements, voire d’espionnage méthodique. Elle n’est pas non plus, et c’est le deuxième mythe, aussi généreuse qu’on le croit et si elle est importante en chiffres absolus, elle est insignifiante au regard de la richesse américaine. Les Etats-Unis ne viennent qu’au 25ème rang mondial si l’on rapporte leur aide à leur PIB : 0,24%, quand la Norvège est à 1,09% !
Il s’agit enfin d’une aide discrétionnaire puisque, pour les derniers chiffres connus, les 4 pays africains qui figurent dans le top 10 de ses principaux bénéficiaires (Ethiopie, Soudan du Sud, Nigéria, RDC, soit au total près de 470 millions d’habitants) ont reçu, ensemble, bien moins de la moitié de ce qu’a reçu la seule Ukraine, qui compte dix fois moins d’habitants …C’est en tout cas la preuve que ce n’est pas « l’aide » qu’ils apportent aux pays pauvres qui peut empêcher les Etats-Unis d’être « great again ».
Une Amérique arc-boutée sur ses dollars et qui ne rêve que de plages et de terrains de golf, une Amérique opposée à la promotion des droits de l’Homme, à la fourniture d’une aide humanitaire conséquente aux plus démunis, au développement durable et à la garantie du droit international, peut - elle être un abri sûr pour l’Organisation des Nations-Unies ? New York n’avait pas été choisie pour abriter son siège pour des raisons purement logistiques et stratégiques, mais aussi parce qu’au sortir de la deuxième Guerre mondiale, les Etats-Unis représentaient la puissance qui avait vaincu les régimes dictatoriaux et qui prêchait la liberté et l’émancipation des peuples.
Mais aujourd’hui ils ont pratiquement quitté le navire ONU, ils se sont retirés de ses organismes les plus symboliques, dont aucun pourtant ne met en péril le bien-être des Américains, et il n’est même pas exclu qu’ils arrêtent toute contribution à son fonctionnement ! Ils ont à nouveau claqué les portes de l’OMS et de l’UNESCO, bêtes noires de Donald Trump, chargées de veiller sur nos corps et nos esprits, et celles du Conseil des Droits de l’Homme, dont la mission est la promotion et la protection des droits humains les plus fondamentaux.
Ils sont sortis de l’Accord de Paris sur le climat signé sous l’égide de l’ONU et dont l’une des ambitions était de fournir aux pays pauvres les moyens d’atténuer les effets du changement climatique dont les pays développés sont les principaux responsables. Ils ont réduit de façon significative leur contribution au fonctionnement de l’URNWA qui a sous son mandat 6 millions de réfugiés palestiniens, 700 écoles et 500.000 élèves. Ils ont pris des sanctions contre la Cour Pénale Internationale, dont ils ne sont pas membres, au seul motif qu’elle s’est interrogée sur la responsabilité du Premier ministre israélien dans le génocide qui est en cours à Gaza, etc.
Les Etats-Unis de Donald Trump ont donc renié tous les principes qui sont à la base de la création de l’ONU, au point qu’on peut se poser la question de savoir si celle-ci peut décemment maintenir son siège dans la métropole d’un pays qui lui est hostile et qui travaille à la discréditer ! C’est une question que malheureusement personne n’osera poser : si dans leurs salons feutrés les chefs d’Etats et rois du monde entier murmurent que Trump est fou ou vulgaire, aucun n’osera l’admonester, car il leur fait peur, pas seulement parce qu’il est fort, mais aussi parce qu’il peut tout dire et tout faire. Nous sommes revenus au temps de Gengis Khan !
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CHEIKH ANTA DIOP ETAIT EN AVANCE SUR SON EPOQUE…
Historien et égyptologue sénégalais, le Pr Aboubacry Moussa LAM, également militant pour les langues nationales, revient largement sur la dimension scientifique du célèbre chercheur sénégalais, dont il fut l’assistant à l’Université de Dakar.
Oumar B. NDONGO et Pape Abdoulaye SY (Montage) |
Publication 08/02/2025
Le Sénégal et la communauté scientifique du monde entier commémorent, ce vendredi 6 février, l’anniversaire du décès de Cheikh Anta Diop. Historien et égyptologue sénégalais, le Pr Aboubacry Moussa LAM, également militant pour les langues nationales, revient largement sur la dimension scientifique du célèbre chercheur sénégalais, dont il fut l’assistant à l’Université de Dakar.
« Cheikh Anta Diop était en avance sur son époque… », a notamment déclaré l’auteur du livre Le Triomphe de Maât dans cet entretien.
LE MINISTÈRE DES PÊCHES CONDAMNE FERMEMENT L’AGRESSION D’UN AGENT DE L’ÉTAT
Le ministère a exprimé son indignation après l’agression d’Amadou Kane, un agent en mission de lutte contre la pêche illicite à Joal dans la nuit du 4 au 5 février. Une enquête a été ouverte.
Le ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires a exprimé sa profonde indignation face aux violences survenues dans la nuit du 4 au 5 février 2025 à Joal, lors d’une opération de lutte contre la pêche illicite des juvéniles.
Au cours de cette intervention, Amadou Kane, un agent du ministère, a été violemment agressé alors qu’il exerçait ses fonctions dans le strict respect de la réglementation en vigueur. Dans un communiqué officiel, le ministère a réaffirmé sa solidarité totale envers l’agent et a dénoncé une attaque injustifiée contre un serviteur de l’État engagé dans la préservation des ressources halieutiques.
Face à cet acte grave, le Gouvernement a rappelé sa fermeté dans la lutte contre la pêche illicite, assurant que des mesures strictes seront prises contre les auteurs et complices de ces violences. Le ministère a également salué la réactivité des forces de défense et de sécurité, notamment la Gendarmerie nationale, qui a immédiatement lancé une traque du principal suspect et procède à l’identification des autres personnes impliquées.
Le ministère a rappelé que la protection des ressources halieutiques est une priorité nationale, soulignant que toute personne impliquée dans la capture, le transport, la détention, la transformation ou la commercialisation des juvéniles s’expose à des sanctions sévères conformément aux lois en vigueur.
Dans cette optique, les autorités comptent renforcer les dispositifs de contrôle et de répression pour mettre un terme aux pratiques destructrices qui mettent en péril l’équilibre de l’écosystème maritime et la pérennité des ressources halieutiques.
Le ministère invite tous les acteurs du secteur de la pêche à respecter scrupuleusement les règles établies, rappelant que seule une exploitation durable des ressources maritimes permettra de garantir la survie du secteur et la préservation des moyens de subsistance des communautés de pêcheurs.
BAISSE DE LA PRÉVALENCE DES MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES AU SÉNÉGAL
Le taux de femmes âgées de 15 à 49 ans ayant subi des mutilations génitales est passé de 25 % en 2019 à 20,1 % en 2023, selon Ndiaga Diouf, secrétaire général du ministère de la Famille et des Solidarités.
Le taux de femmes âgées de 15 à 49 ans ayant subi des mutilations génitales a baissé au Sénégal de 2019 à 2023, passant de 25% à 20%, a t-on appris du Secrétaire général du ministère de la Famille et des Solidarités, Ndiaga Diouf, se basant sur les données d’une étude sur cette question.
‘’Au Sénégal, l’enquête démographique et de santé continue de 2023 a montré une baisse de la prévalence des mutilations génitales, qui est passée de 25% en 2019 à 20,1 % à 2023 chez les femmes âgées de 15-49 ans’’, a-t-il dit.
Le secrétaire général du ministère de la Famille et des Solidarités s’exprimait ainsi, jeudi, lors de la commémoration de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines/excision (MGF/E), célébrée le 6 février de chaque année.
L’évènement s’est tenu à la Mairie de Grand-Yoff, à Dakar, en collaboration avec UNICEF, UNFPA, ENABEL et ACTIONAID, en présence d’officiels et de notables religieux et coutumiers.
Le thème de cette édition a porté sur: ‘’Accélérer le rythme : renforcer les alliances et créer des mouvements pour mettre fin aux mutilations génitales féminines’’.
La même tendance baissière est également observée s’agissant de la prévalence des MGF/E chez les filles de moins de 15 ans, qui est passée de 16,1% à 12,9%, selon le secrétaire général du ministère de la Famille et des Solidarités.
Toutefois, ‘’dans les grandes villes, qui concentrent des populations venues de divers horizons et tentées par la reproduction, les mutilations continuent à être pratiquées souvent avec l’aide d’exciseuses mobilisées pour la circonstance’’, a-t-il souligné, citant les régions de Sédhiou, Kédougou, Matam et Kolda comme étant des ‘’épicentres des MGF/E’’.
Pour lutter contre cette pratique, le ministère de la Famille et des Solidarités a élaboré une stratégie nationale pour son abandon à l’horizon 2030, avec comme cri de ralliement : ‘’un Sénégal sans MGF, où toutes les femmes et les filles jouissent de leur droit à l’intégrité physique’’, a fait savoir Ndiaga Diouf.
Selon lui, cette ambition cadre avec l’axe 2 de l’Agenda Sénégal 2050, dénommé ‘’Capital humain de qualité et Equité sociale’’, qui met un accent particulier sur le renforcement des droits et la protection des femmes et des filles.
Au Sénégal, l’excision est prohibée et sanctionnée par la loi 99-05 du 29 janvier 1999.
Deux cent trente millions de femmes ont subi des mutilations génitales dans le monde, avec deux millions de cas de mutilations tous les ans, depuis l’institution de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines/excision (MGF/E) par les Nations unies en 2012.
NICOLAS SARKOZY SOUS BRACELET ÉLECTRONIQUE
Cette mesure inédite pour un ancien président fait suite à sa condamnation définitive pour corruption dans l'affaire des écoutes. Cette surveillance encadre strictement ses horaires de sortie, alors qu'il comparaît dans le dossier du financement libyen
(SenePlus) - L'ex-président de la République Nicolas Sarkozy française est entré vendredi 7 février dans une nouvelle phase judiciaire sans précédent. Comme le rapporte Le Monde, il s'est vu poser un bracelet électronique à son domicile en début d'après-midi, une mesure inédite pour un ancien président.
Cette installation fait suite au rejet, le 18 décembre 2024, de son pourvoi en cassation dans l'affaire dite "des écoutes" ou "Bismuth", rendant définitive sa condamnation à un an de prison ferme aménagé sous bracelet électronique pour corruption et trafic d'influence.
Des restrictions strictes encadrent désormais les déplacements de l'ancien locataire de l'Élysée. Selon Le Monde, il ne peut quitter son domicile qu'entre 8 heures et 20 heures, avec une extension jusqu'à 21h30 les lundis, mercredis et jeudis, jours où il comparaît dans le cadre du procès sur le financement libyen présumé de sa campagne de 2007.
L'affaire qui a conduit à cette situation remonte à 2014. Comme le détaille Le Monde, Nicolas Sarkozy avait été reconnu coupable le 17 mai 2023 d'avoir établi un "pacte de corruption" avec Gilbert Azibert, un haut magistrat de la Cour de cassation. Ce dernier devait transmettre des informations et tenter d'influencer un recours dans l'affaire Bettencourt, en échange d'un "coup de pouce" pour l'obtention d'un poste honorifique à Monaco.
Me Jacqueline Laffont, l'avocate de l'ancien président, a déclaré à l'AFP que son client "continue à contester le bien-fondé de la condamnation" et compte saisir "avant la fin du mois" la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Cette démarche n'empêchera toutefois pas l'exécution de la peine.
Une porte de sortie existe néanmoins pour l'ancien président. Le Monde précise qu'il peut demander sans délai à bénéficier d'une libération conditionnelle, comme le permet la loi pour les personnes âgées de plus de 70 ans, âge qu'il a atteint le 28 janvier dernier.
Cette affaire a également eu des répercussions pour ses co-accusés. Son avocat historique, Thierry Herzog, et Gilbert Azibert ont reçu des peines similaires, avec pour Me Herzog une interdiction d'exercer pendant trois ans, des sanctions devenues également définitives avec le rejet des pourvois.