La brèche de Saint-Louis, située sur la Langue de Barbarie au nord du Sénégal, continue de faire des ravages, près de 20 ans après sa création. Cette ouverture artificielle, pensée pour prévenir des inondations, est devenue un symbole des échecs successifs des gouvernements à gérer une crise qui ne cesse de s’aggraver. Entre un lourd bilan humain et des milliards dépensés en vain, les populations locales sont à bout.
Un bref retour historique
En octobre 2003, une brèche fut ouverte dans la Langue de Barbarie pour protéger Saint-Louis des crues du fleuve Sénégal, menaçant alors la ville. Ce passage devait initialement mesurer 4 mètres et permettre une meilleure évacuation des eaux.
Cependant, les calculs s’avérèrent erronés. En quelques années, la brèche s’élargit de manière incontrôlée pour atteindre aujourd’hui plusieurs kilomètres de large. Cette expansion a provoqué des destructions massives : des villages engloutis, des terres arables rendues impropres à la culture et une avancée de l’océan qui met en péril la vie des habitants.
Un bilan humain tragique
Au-delà des dégâts matériels, la brèche de Saint-Louis est devenue un véritable cimetière pour les pêcheurs de la région. La semaine dernière, pas moins de 14 pêcheurs ont perdu la vie en seulement une semaine, emportés par des vagues soudaines et violentes. Ces décès tragiques ne sont que les derniers d’une longue série, alimentant la colère et le désespoir des populations locales.
Les pêcheurs, qui dépendent de la mer pour survivre, sont particulièrement exposés aux dangers de cette brèche incontrôlable. Quant aux familles des victimes, elles dénoncent un abandon total de la part des autorités, qui n’ont pas su leur garantir la sécurité ni proposer des solutions viables.
Le dragage : une initiative coûteuse et inefficace
Sous la présidence de Macky Sall, le gouvernement avait annoncé des mesures ambitieuses pour résoudre le problème de la brèche. Parmi elles, une opération de dragage qui devait réduire l’élargissement de l’ouverture et limiter les risques d’inondation.
Cette initiative, financée à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA, s’est toutefois révélée inefficace. Les travaux n’ont pas permis de stabiliser la situation, et les milliards dépensés n’ont abouti qu’à des résultats quasi inexistants sur le terrain.
Les critiques fusent aujourd’hui à l’égard de cette opération. Les habitants et les experts dénoncent une mauvaise planification et une gestion approximative des fonds. Pour beaucoup, ces milliards auraient pu être mieux investis dans des solutions durables et adaptées aux réalités locales.
Un appel à des mesures concrètes
Alors que la brèche continue de s’élargir et que les pertes humaines s’accumulent, les populations de Saint-Louis n’attendent plus que des discours. Elles réclament des mesures concrètes, efficaces et durables pour mettre fin à cette catastrophe qui affecte chaque aspect de leur vie quotidienne.
En attendant, les habitants vivent dans une peur constante, et chaque sortie en mer devient un pari sur la vie. Le lourd tribut payé par les pêcheurs de Saint-Louis est un cri d’alarme, appelant à une mobilisation immédiate pour sauver une région en détresse.
LA CEDEAO PRESENTE SES INITIATIVES ANTI-TERRORISME A NEW YORK
Le 21 janvier 2025, le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu une session de haut niveau sur les « Initiatives de lutte contre le terrorisme menées par l’Afrique et axées sur le développement », sous la présidence de l’Algérie.
Le 21 janvier 2025, le Conseil de sécurité des Nations Unies a tenu une session de haut niveau sur les « Initiatives de lutte contre le terrorisme menées par l’Afrique et axées sur le développement », sous la présidence de l’Algérie.
L’objectif principal de la session du Conseil de sécurité dédiée aux initiatives de lutte contre le terrorisme était de promouvoir le soutien international aux efforts africains dans la lutte contre le terrorisme, en mettant l’accent sur l’intégration des actions de développement socio-économique dans les stratégies de réponse au terrorisme sur le continent.
Lors de cette session, l’ambassadrice Kinza Jawara-Njai, observatrice permanente de la Cédéao auprès des Nations Unies, a présenté un rapport sur les initiatives et les stratégies mises en place par l’Organisation régionale pour lutter contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest.
Selon le comtpe rendu de l’institution, la diplomate gambienne a détaillé l’adoption du Plan d’action de la Cédéao pour l’éradication du terrorisme, l’activation de la Force en attente de la Cédéao ainsi que l’introduction de moyens cinétiques dans les stratégies d’intervention. Elle a rappelé que ces mesures visent à renforcer la capacité de la Cedeao à répondre de manière plus efficace aux menaces terroristes dans la région.
Cette présentation intervient dans un contexte critique marqué par la multiplication des attaques terroristes contre des pays membres de la Cédéao. L’organisation communautaire fait face à des critiques croissantes de la part de certains pays du Sahel, exposés aux menaces jihadistes, qui ont quitté la Cedeao en invoquant, en partie, son inaction supposée face à la montée en puissance des groupes terroristes dans la région.
LE VOL DE BETAIL, UN OS DANS LA GORGE
Dans le département de Birkelane, région de Kaffrine, le vol de bétail continue de faire des ravages. Ce phénomène, qui entraîne des pertes économiques considérables et l'appauvrissement des ménages, constitue également un danger sanitaire majeur...
Dans le département de Birkelane, région de Kaffrine, le vol de bétail continue de faire des ravages. Ce phénomène, qui entraîne des pertes économiques considérables et l'appauvrissement des ménages, constitue également un danger sanitaire majeur, notamment avec la propagation de la fièvre Crimée-Congo. Les autorités appellent à la vigilance et à la dénonciation pour enrayer ce fléau.
Le département de Birkelane, situé dans la région de Kaffrine, est confronté à un fléau inquiétant : le vol de bétail. Ce phénomène, qui touche durement les éleveurs," représente des pertes économiques annuelles estimées à 2 milliards de FCFA au Sénégal" selon Samba Thioye, l'inspecteur départemental de l’élevage de Birkelane. Cependant, au-delà de l’impact financier et de l’appauvrissement des ménages, le vol de bétail comporte également de graves risques sanitaires.
En effet, la fièvre hémorragique Crimée-Congo, une maladie transmissible de l’animal à l’homme, figure parmi les dangers sanitaires évoqués. Cette pathologie, souvent liée à des manipulations imprudentes d’animaux volés, constitue une menace pour la santé publique dans la région.
Lors d'une campagne de sensibilisation menée par la FAO dans la zone, Samba Thioye, Inspecteur départemental de l’Élevage, a exprimé son inquiétude face à cette situation. Il a appelé les populations locales à renforcer leur vigilance et à dénoncer les cas de vol de bétail. « La lutte contre ce fléau doit être collective. La dénonciation est une arme essentielle pour protéger nos familles, nos élevages et notre santé », a-t-il affirmé.
La campagne de sensibilisation vise à impliquer les communautés dans la prévention du vol de bétail tout en mettant en lumière les conséquences sanitaires et économiques qu’il engendre. À Birkelane, les éleveurs espèrent que ces actions contribueront à endiguer le phénomène et à restaurer la sécurité dans le secteur.
FERVEUR RELIGIEUSE POUR LE MAGAL DE KAZU RAJAB
La ville sainte de Touba est en effervescence ce lundi. Des milliers de fidèles mourides affluent pour célébrer le Magal de Kazu Rajab, un événement religieux marquant la naissance de Serigne Fallou Mbacké (1888-1968) deuxième khalife général des mourides
La ville sainte de Touba est en effervescence, ce lundi. Des milliers de fidèles mourides affluent pour célébrer le Magal de Kazu Rajab, un événement religieux marquant la naissance de Serigne Fallou Mbacké (1888-1968), deuxième khalife général des mourides.
Les rues de la cité religieuse débordent de pèlerins venus de tout le Sénégal pour honorer cette journée spéciale. Le mausolée de Serigne Fallou, situé dans l’enceinte de la grande mosquée de Touba, est au cœur des célébrations. Dès l’aube, les fidèles s’y recueillent dans une ambiance empreinte de spiritualité.
Serigne Fallou Mbacké, devenu khalife le 13 juillet 1945 après le décès de son frère Cheikh Moustapha Mbacké, a joué un rôle essentiel dans l’achèvement de la grande mosquée de Touba.
Les travaux, entamés en 1932 sous l’initiative de son prédécesseur, ont été finalisés par Serigne Fallou, qui a inauguré ce chef-d’œuvre le 7 juin 1963. Il avait mobilisé les mourides à contribuer à cet ambitieux projet, aujourd’hui l’un des plus grands édifices religieux d’Afrique.
Après son décès, survenu le 6 août 1968, Serigne Fallou Mbacké a été remplacé par son frère cadet, Cheikh Abdoul Ahad Mbacké, à la tête du khalifat.
NDAME AU CŒUR D’UN PROCESSUS DE CONFECTION DE PIECE D’IDENTITE ET DE PASSEPORTS
Une opération spéciale de confection de pièces d’identité et de passeports est prévue du 29 au 31 janvier dans les locaux de la sous-préfecture de Ndame, à Touba, dans le département de Mbacké (centre)
Une opération spéciale de confection de pièces d’identité et de passeports est prévue du 29 au 31 janvier dans les locaux de la sous-préfecture de Ndame, à Touba, dans le département de Mbacké (centre) a-t-on appris du sous-préfet de ladite circonscription Abdoulaye Kharma.
»Pendant trois jours (du 29 au 31 janvier), les équipes de la direction de l’automatisation des fichiers (DAF) et la direction des passeports du ministère de l’Intérieur seront à la sous-préfecture de Ndame, pour permettre aux populations d’avoir la carte d’identité nationale et le passeport », a-t-il déclaré lors d’un point de presse.
Cette opération, a-t-il précisé, est organisée en prélude de la 9ème édition de la journée nationale d’investissement humain “Setal sunu reew” dont le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, est le maître d’œuvre
»Pour la carte nationale d’identité biométrique, tout citoyen âgé d’au moins cinq ans peut en formuler la demande. Et pour cela, il faut la présentation d’un extrait de naissance et d’un certificat de résidence », a expliqué le sous-préfet de Ndame.
« S’il y a perte, l’intéressé doit présenter un certificat de perte ou une copie de la pièce perdue plus un timbre de dix mille francs CFA. En cas d’erreur, l’intéressé peut se rapprocher de la commission qui sera à la sous-préfecture de Ndame avec l’original de la pièce d’identité qui comporte l’erreur, un extrait de naissance de moins d’un an et une copie littérale délivrée par l’officier d’état civil », a détaillé Abdoulaye Kharma.
Pour les passeports, il a indiqué que cette opération concerne »les personnes qui veulent déposer pour la première fois.
»Les personnes qui ont un jugement postérieur à 2020 ne pourront pas bénéficier de ces opérations pour déposer un passeport », a également souligné le sous-préfet, appelant ainsi »les populations à saisir cette opportunité pour disposer de ces documents administratifs ».
Par Vieux SAVANE
DE QUI SE MOQUE-T-ON ?
Drôle de pays que le nôtre où l’on fait mine de ne pas se rendre compte qu’il est gangrené par une gestion prédatrice et clientéliste des deniers publics. Tout ce tapage alentour semble bien dérisoire lorsqu’il est question de la reddition des comptes
Les rapports de la Cellule nationale de Traitement des Informations financières (Centif) transmis au Procureur de la République qui font étalage de crimes économiques présumés donnent froid dans le dos.
A bien des égards ils sont révélateurs du rapport au pouvoir qui travaille ce pays qui est le nôtre. Aussi, en lieu et place des indignations, des cris d’orfraie et des mouvements de soutien qui s’époumonent ici ou là, il conviendrait plutôt de s’interroger sérieusement sur une réalité indéniable qui le gangrène et plombe l’économie nationale.
Depuis ces dernières années en effet, le compteur de l’impunité et de la prédation s’affole en attendant que la justice fasse enfin son travail dans le respect de la séparation des pouvoirs. Dernier rempart susceptible de garantir la cohésion sociale, elle a l’obligation, à travers les personnes qui sont censées la dire au nom du peuple sénégalais, de rester fidèle à son serment. Et cela, conformément à l’idéal de la balance, symbole d’équilibre qu’elle incarne, parce que censée ne pencher ni d’un côté ni de l’autre. En dehors de toute connivence, refusant d’être aux ordres, il lui revient de dire le droit en ayant pour seule boussole, une conscience trempée dans l’éthique et la déontologie. C’est à ce prix qu’elle pourra contribuer à l’éveil d’une nouvelle confiance citoyenne autour de laquelle pourra s’édifier et se consolider le vivre-ensemble.
Et cette dernière, convient-il de le rappeler, se noue autour de l’exemplarité. Les dirigeants actuels doivent par conséquent montrer qu’ils incarnent au premier chef, la rupture systémique à laquelle ils appellent. Aussi, importe-t-il qu’ils nous montrent de la simplicité, de l’humilité et de l’ardeur au travail en prônant une vigilance à toute épreuve, refusant de succomber à cet ego hypertrophié qui aveugle et fait sombrer dans l’hubris d’un pouvoir fait d’arrogance et d’irresponsabilité.
Au premier chef sont-ils donc appelés à s’éloigner de cette culture de l’apparat voire du m’as-tu vu avec ces énormes bolides en provenance des usines de l’Occident décrié et/ou d’Asie, et qui coûtent aux deniers publics. L’Asie aurait dû au contraire, servir plutôt de modèle, pour avoir montré sa capacité à compter sur ses propres forces. Voilà un continent qui a misé sur l’ingéniosité et le sens de l’engagement et du don de soi des citoyens guidés par la volonté patriotique de transformer positivement un espace, naguère humilié par la domination étrangère, en pays qui emprunte avec panache le chemin de la souveraineté économique.
Déprivatiser les trottoirs du palais
A rebours de tout cela, la gouvernance impériale semble prendre ses quartiers sous nos cieux. Les tenants du pouvoir sont encore dans un m’as-tu vu, fait de sirènes, de gyrophares et de cortèges tapageurs. Avec en prime, pour le chef de l’État, des déplacements sur des parcours jalonnés par un impressionnant dispositif des forces de l’ordre. Sans compter cette régression démocratique qu’on peine à comprendre et que même les régimes précédents n’avaient osé imposer et qui consiste en la privatisation des trottoirs qui bordent le Palais présidentiel, c’est-à dire la maison des Sénégalais. Ils sont interdits à la circulation piétonne; mesures inadmissibles en dehors des périodes de crise, puisqu’il s’agit d’un espace public. Aussi, est-il souhaitable que le gouverneur du Palais puisse corriger ce qui ressemble à un abus de pouvoir d’un autre temps. Et pour tout clore, tout dernièrement le chef de l’État a présidé un séminaire relatif à l’administration pour appeler à plus d’efficacité, oubliant de relever que la première mesure à prendre car commandant tout le reste, et que les autorités doivent incarner au premier chef, est de rompre avec l’heure sénégalaise. Cet alibi paresseux qui pétrifie la ponctualité et ouvre un grand boulevard au laxisme, jusqu’à pas d’heure.
Il urge alors que les mots épousent les choses dans le sens d’une rupture qui refuse de se complaire dans l’incantation, oubliant que la puissance performative est de l’ordre du champ mystico-religieux, contrairement à celui de la réalité concrète qui nécessite que l’on se confronte à elle. En dehors des mots, des belles promesses et des décisions sans lendemains qui chantent. Une manière de s’inspirer ainsi de Thomas Sankara, une des références du pouvoir actuel, qui lui avait l’honnêteté de se conformer à l’idéal auquel il appelait. Avec simplicité et humilité, il circulait dans une petite voiture, incitait avec vigueur à une consommation endogène, à l’image du port « Faso danfani ».
La gouvernance n’est pas un gâteau à partager
L’actuel pouvoir avait par ailleurs promis de se démarquer du népotisme et de toute forme de tribalisme en ayant recours à des appels à candidature pour là aussi, finir par se noyer dans le poto-poto partisan, oubliant que la gouvernance n’est pas un gâteau à partager, ni une récompense pour services rendus mais question de compétence et de sens aigu du service public. Ce qu’on attend de nos dirigeants c’est de transpirer, de voir leurs cheveux blanchir sous le harnais, leurs mines préoccupées, à cœur de sortir le Sénégal de l’ornière. On attend d’eux qu’ils révolutionnent notre rapport au pouvoir. Que l’on n’ait plus à se réjouir de la nomination d’une tierce personne à un poste de responsabilité signifiant par-là, qu’elle va avoir accès aux ressources. Les urgences devraient pourtant être ailleurs au regard des problèmes de santé, de l’emploi, de la promotion positive des femmes dans les sphères de décision, des enfants talibés qui se voient voler leur avenir, etc. Alors que l’école est obligatoire ne les voilà-ils pas jetés dans la rue à la merci de toutes sortes de prédateurs sexuels et autres usuriers ? Autre signe inquiétant, on voit se poursuivre en dépit de toutes les campagnes de prévention et des mesures de répression, des vagues de départ de jeunes par pirogues, au risque de leur vie, en dépit des rêves et du « Projet », à la recherche d’une bouée d’espérance. Sans compter que le front syndical est entrain de se réchauffer, du fait de l’impatience qui commence à gagner certains secteurs sociaux.
La rupture systémique promue doit donc impérativement s’éloigner de la fétichisation des slogans pour avoir l’obsession de dérouler un chemin autre, en n’ayant pas en ligne de mire un second mandat car cela implique des calculs politiciens avec tout ce que cela suppose comme renoncement à des principes. Qu’importe du reste ce qui adviendra, car s’impose un sens du sacrifice, puisqu‘il faudra balayer toutes les mauvaises habitudes acquises durant ces dernières années, lesquelles se sont sédimentées autour du clientélisme et de la prédation.
Assurément, le souverainisme ce n’est pas passer son temps dans une conflictualité de dénonciation, mais s’inscrire dans une démarche de compter sur ses propres forces, comme axe central articulé autour de l’ouverture aux autres. Il s’agit en effet d’inverser la donne de l’échange inégal en se focalisant sur ce qui permet d’être maître de son destin. En somme consommer ce que l’on produit et produire ce que l’on consomme, car liberté ne peut être sous tutelle
L’impératif de justice
Drôle de pays que le nôtre où l’on fait mine de ne pas se rendre compte qu’il est gangrené par une gestion prédatrice et clientéliste des deniers publics ! Pour s’en convaincre, il suffit tout simplement de se souvenir de ce président de la République issu de la première alternance démocratique proférant ces paroles effarantes dès l’acceptation de sa défaite par l’opposition. « Nos problèmes d’argent sont maintenant terminés » avait-il clamé. Avec une brutalité teintée d’un cinglant cynisme, il posait ainsi un désastreux rapport au pouvoir ressemblant à un nid de la poule aux œufs d’or qui ne demande qu’à être pillé.
En réalité il ne faisait que mettre en exergue une vision qui s’est infusée dans le corps social et qui se traduit par le fait que, dès lors qu’une personne est nommée à un poste de responsabilité, ce qui intéresse d’emblée, ce ne sont pas les défis à relever mais la cagnotte qu’elle va devoir gérer. On se souvient aussi d’un autre président issu de la deuxième alternance qui se targuait d’avoir mis sous le coude des dossiers diligentés par l’inspection générale d’Etat (Ige), dans l’optique de neutraliser des adversaires politiques potentiels. Il menaçait aussi de se défaire de tout directeur de société nommé par ses soins en cas de défaite électorale, incitant ainsi à puiser allègrement dans les ressources publiques. Pourvu que ça rapporte gros sur le plan électoral !
A l’évidence, il est attendu ici que la justice s’empare des dossiers qui lui sont soumis par la Centif et puisse les instruire équitablement. A charge et à décharge, loin des calculs et des pressions politiques. Tout ce tapage alentour semble bien dérisoire lorsqu’il est question de la reddition des comptes. A se demander de qui se moque-t-on ?
VIDEO
JUSTICE POUR LES SALTIGUÉS
«Ce que les saltigués prédisent, dans 70 % des cas, se réalise. C’est du concret. C’est une science réelle, peut-être basée sur une autre logique, une autre vérité, une autre rationalité, mais c’est bel et bien une science », déclare le Dr Éric Gbodossou.
AfricaGlobe Tv |
Fred Atayodi |
Publication 27/01/2025
Fils adoptif de la communauté sérère et chef de la civilisation Tado, qui s’étend du Ghana au Nigeria en passant par le Togo et le Bénin, le Dr Éric Gbodossou milite pour que justice soit rendue aux cérémonies khoy pratiquées par les saltigués. « Je fais les khoy des saltigués. Ce que les saltigués prédisent, dans 70 % des cas, se réalise. C’est du concret. C’est une science réelle, peut-être basée sur une autre logique, une autre vérité, une autre rationalité, mais c’est bel et bien une science », soutient-il fermement.
Ces propos ont été tenus dans une interview qu’il nous a accordée en marge d’une conférence sur l’éveil spirituel, organisée à la Galerie nationale pour accompagner l’exposition de la jeune artiste Mariane Senghor, visible jusqu’au 7 février.
Le khoy est une cérémonie traditionnelle de consultation spirituelle et mystique propre à la communauté sérère du Sénégal, au cours de laquelle des prédictions sont faites par des saltigues, prêtres ou conseillers spirituels. À l’issue de ces cérémonies, les dignitaires de la communauté font des annonces sur l’avenir. Toutefois, ces prédictions ne sont souvent pas prises au sérieux, et les saltigués sont parfois moqués ou raillés gentiment par certains. Malgré cela, le Dr Gbodossou affirme que 70 % de ces prédictions se réalisent.
Au cours de sa conférence, ce médecin la fois moderne et traditionnel a cité plusieurs de prédictions marquantes : le conflit sénégalo-mauritanien, l’invasion des criquets pèlerins, la pandémie de Covid-19 et même le tragique naufrage du bateau Le Joola. À chaque prédiction sur l’avenir, les signes sont interprétés et des conseils offerts ou des solutions proposées face aux problèmes rencontrés par la communauté.
Mais, dans la plupart des cas, les autorités n’y prêtent pas attention. Depuis des années, l’indifférence des régimes successifs face à ces alertes est restée la même.
Cependant, une exception notable est à souligner : le président Abdou Diouf avait, à l’époque, eu l’obligeance au moins de demander à ses collaborateurs d’étudier sérieusement les propositions du Dr Gbodossou pour traiter certaines maladies. Malheureusement, ce geste n’a pas été suivi d’actions concrètes.
S’agissant du cas particulier et récent de la pandémie de Covid-19, le Dr Gbodossou rapporte que le ministre de la Santé et de l’Action sociale d’’alors , Abdoulaye Diouf Sarr, aurait déclaré aux guérisseurs traditionnels : « Surtout, ne me parlez pas de médecine traditionnelle. » La conséquence a vu comment le Sénégal avait été frappé comme d’autres nations.
Cela soulève une question essentielle : n’est-il pas temps d’essayer ces médecines traditionnelles et ces savoirs endogènes ? Qu’a-t-on à perdre à les expérimenter en Afrique ? Après tout, toutes les sciences modernes mises en avant sont elles aussi expérimentales. Pourquoi ne pas expérimenter la mère des sciences, puisque les savants grecs et autres se sont eux-mêmes nourris des connaissances issues de l’Égypte ancienne ?
La science occidentale a indéniablement amélioré les conditions de vie ces derniers siècles, notamment dans le domaine médical. Cependant, elle a aussi ses limites. Pour certaines d’entre elles, l’Afrique dispose de solutions, qui ne reposent certes pas sur le cartésianisme occidental. C’est, en tout cas, la thèse du Dr Gbodossou pour convaincre les Africains surtout les dirigeants de la valeurs de nos médecines et sciences ancestrales.
Si les savoirs endogènes issus des civilisations négro-africaines peuvent compléter la science moderne, cela ne peut qu’être bénéfique. Nous ne devrions jamais avoir de complexes à recourir à ces solutions africaines. Tel est le plaidoyer du Dr Éric Gbodossou.
Médecin formé à la médecine moderne et profondément enraciné dans les traditions africaines, son combat vise à restaurer la dignité de ces savoirs endogènes africains, trop souvent négligés, voire méprisés, au profit de tout ce qui vient d’ailleurs.
Le Dr Gbodossou refuse catégoriquement de vendre ces connaissances aux Occidentaux, malgré pour des milliards de dollars que lui font miroiter les Américains lui ont décernés des brevets pour ses découvertes, car il souhaite que l’Afrique garde le contrôle sur ses richesses et obtienne enfin le respect qu’elle mérite.
Larguée sur le plan de la géopolitique et de la géostratégie, distancée de loin dans les intelligences artificielles, l’Afrique a la possibilité de prendre le leadership dans le domaine de la santé. C’est le grand rêve de l’incompris Éric Gbodossou.
Malheureusement, le niveau d’aliénation engendré par des siècles de colonisation et d’esclavage fait que l’Africain a du mal à s’affranchir de ses chaînes, à prendre sa place dans le concert des nations et à reconquérir son brevet de respectabilité qu’il avait avant la rencontre avec l’Occident.
VIDEO
L'AFRIQUE PEUT MARQUER LA DIPLOMATIE PAR SA GASTRONOMIE
La cuisine est l’un des éléments que l’Afrique peut apporter à la mondialisation en termes de soft power (influence) aux autres peuples. À Dakar, Table Pana organise depuis quelques années des rencontres avec des chefs africains de la diaspora…
La cuisine est l’un des éléments que l’Afrique peut apporter à la mondialisation en termes de soft power (influence) aux autres peuples. À Dakar, Table Pana organise depuis quelques années des rencontres avec des chefs africains de la diaspora pour leur permettre de partager leurs expériences et de créer des plats originaux, à l’image des artistes visuels ou autres, dans leur processus de création.
« L’idée, c’est de se positionner comme une galerie, un lieu d’expression pour les chefs de la diaspora africaine », explique la fondatrice, Nadia Copogo. Elle ajoute : « Mon travail consiste à identifier les chefs de la diaspora africaine, à les faire venir ici à Dakar et à leur donner carte blanche, avec un seul objectif : sublimer la production locale pour en proposer une interprétation plus créative, contemporaine, voire expérimentale de notre gastronomie africaine. »
Table Pana, c’est de la street food à la haute gastronomie, réalisée à partir de produits africains locaux. C’est un lieu de création et d’affirmation de la cuisine africaine.
« La nourriture est un outil très puissant, un outil de soft power si l’on parle de politique, un outil de diplomatie », affirme la fondatrice. Invitée à la 5e édition des symposiums de Condition Report organisés par la Raw Material Company et intitulés « Le sens du lieu : déplacement, replacement, non-placement », pour réfléchir sur les modalités d’habiter la ville, le monde, l’univers, le cosmos, sous la direction de l’universitaire Felwine Sarr, l’initiatrice du projet, Nadia Copogo, détaille dans cet entretien accordé à AfricaGlobe TV de quoi il s’agit.
Actuellement itinérante, Table Pana s’occupe de projets institutionnels, de dîners privés pour de grandes entreprises, mais ambitionne à terme de devenir le premier tiers-lieu de la gastronomie africaine. Ce lieu inclurait un restaurant, un think tank, un centre de formation et une épicerie fine.
VIDEO
AU COMMENCEMENT ÉTAIT LE VODOU…
Spiritualité ancestrale et universelle, sans prophète et antérieure aux religions abrahamiques, la simple évocation du mot vodou peut susciter crainte et méfiance, certains le confondant avec de la sorcellerie. Une erreur, selon le Dr Éric Gbodossou
AfricaGlobe Tv |
Fred Atayodi |
Publication 26/01/2025
Spiritualité ancestrale et universelle, sans prophète et antérieure aux religions abrahamiques, la simple évocation du mot vodou peut susciter crainte et méfiance, certains le confondant à tort avec de la sorcellerie. Une erreur, selon le Dr Éric Gbodossou.
Grand dignitaire du vodou et fin connaisseur de cette spiritualité, il soutient fermement que « le vodou, c’est la vie, la matrice de la vie, la spiritualité universelle » et qu’il « n’a rien de négatif ».
Au contraire, le vodou aurait beaucoup à offrir à la science moderne, qu’il considère comme limitée, notamment dans le domaine de la santé. Le Dr Éric Gbodossou a récemment été interviewé à la Galerie nationale, en marge d'une conférence sur l'éveil spirituel qu’il animait pour accompagner l’exposition de la jeune artiste visuelle Mariane Diakher Senghor qui expose jusqu’au 7 février autour de la même thématique.
Médecin depuis de nombreuses années, ayant notamment exercé à l’hôpital Fann, le Dr Gbodossou conjugue médecine moderne et médecine traditionnelle. Dans son centre à dans les annees 80 Malango, dédié à la pratique de la médecine traditionnelle, des patients dont ceux atteints de troubles mentaux arrivent parfois sur des brancards et se remettent apres traitement et depuis ces decennies, il affirme n’avoir enregistré aucun décès.
Roi de la civilisation Tado, qui s’étend du Ghana au Togo, en passant par le Bénin et le Nigeria, le Dr Gbodossou est un initié profondément imprégné de la spiritualité africaine, qu’il s’efforce de vulgariser. Fondateur de l’ONG Prometra (Promotion des médecines traditionnelles et des traditions ancestrales), il milite pour que la transmission de ces savoirs endogènes soit priorisée sur le continent africain, notamment au Sénégal, son pays d’adoption depuis plusieurs décennies.
Cependant, il constate avec regret que ces savoirs ne trouvent pas d’oreille attentive. Selon lui, un Sénégal trop « francisé » reste fermé aux médecines traditionnelles et aux savoirs endogènes en général. Cela, malgré des brevets déposés aux États-Unis, où ses traitements ont été expérimentés et certifiés. Certains de ces remèdes ne se contenteraient pas de traiter le sida : ils le guériraient.
D’ailleurs, les Américains tenteraient de convaincre le Dr Gbodossou de leur vendre ces savoirs à coups de milliards de dollars. Mais il résiste. Pour lui, il est essentiel que rien ne soit plus comme avant. Les connaissances négro-africaines doivent rester en Afrique. Les peuples africains doivent protéger cette civilisation, se repositionner et acquérir leur brevet de respectabilité aux yeux du monde, notamment vis-à-vis de l’Occident, qui a trop souvent spolié l’Afrique de ses richesses pour ensuite les lui revendre sous une autre forme.
Il déplore que cette aliénation ait poussé les Africains à se détourner de leurs propres valeurs et à mépriser leur civilisation négro-africaine.
Les belles feuilles de notre littérature par Amadou Elimane Kane
FATOU NDIAYE SOW, UNE POÉSIE POUR LA MÉMOIRE
EXCLUSIF SENEPLUS - Sa poésie minimaliste capture l'essence même de l'histoire africaine, des souffrances de l'esclavage à l'espoir de la renaissance. Dans "Gorée", chaque mot est pesé, chaque image est ciselée pour porter la mémoire d'un continent
Notre patrimoine littéraire est un espace dense de créativité et de beauté. La littérature est un art qui trouve sa place dans une époque, un contexte historique, un espace culturel, tout en révélant des vérités cachées de la réalité. La littérature est une alchimie entre esthétique et idées. C’est par la littérature que nous construisons notre récit qui s’inscrit dans la mémoire. Ainsi, la littérature africaine existe par sa singularité, son histoire et sa narration particulière. Les belles feuilles de notre littérature ont pour vocation de nous donner rendez-vous avec les créateurs du verbe et de leurs œuvres qui entrent en fusion avec nos talents et nos intelligences.
Fatou Ndiaye Sow nous entraîne dans son univers poétique de simple manière. Les images sont épurées, touchant l’essence du verbe « dans les hauteurs célestes », aboutissant à la pureté de la parole.
Cette poésie minimaliste évoque la minutie du graveur de pierres, elle laisse des traces sur les rochers lisses par la « mer immense, mer sans limite ».
Le style est intensément poétique, retenu et déployant des figures scintillantes comme « les vagues nacrées ». Cette poésie, qui inspire la beauté de l’aube et l’infini de l’horizon, porte en elle une unité émotionnelle qui bâtit un ton personnel.
Puis l’imaginaire de la poétesse se métamorphose, le « je » devient un autre. On remonte le courant de l’histoire, « un soir sans lune », pour suivre le récit insoutenable de la déportation, de l’esclavage et de l’exploitation qui perdure.
Gorée, texte poétique à la beauté saisissante, est la somme de la douleur du génocide, du sang qui jonche la poussière « de routes inconnues », de l’espoir qui renaît à relever la tête, à dire la vérité, sa conviction, à ne pas laisser se briser les liens de l’histoire, à retrouver le corps meurtri de l’Afrique qui a laissé son souffle dans les Caraïbes et aux Etats-Unis d’Amérique.
La renaissance africaine est contenue dans cette élévation de la mémoire, dans les chants amers et féconds du monde noir qui résonnent sur toute la terre. L’âme africaine est dans toutes les musiques du monde, elle se livre pour répandre l’histoire des royaumes déchirés, la longue traversée mortelle, la fougue du désir retrouvé, la dignité à se connaître et la grandeur à renaître.
Née en 1937 à Tivaouane (Sénégal), Fatou Ndiaye Sow a été professeure à l’école primaire. Elle a publié de la littérature pour la jeunesse, « Takam-takam », éditions N.E.A., 1981 et a composé des nouvelles encore inédites. Elle est membre fondatrice du comité international des femmes écrivaines. Elle est décédée subitement le 23 octobre 2004, alors qu’elle participait à un congrès de femmes écrivaines africaines à New York.