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5 avril 2025
Société
Par Fadel DIA
TRUMP IS BACK !
Il a démontré des ambitions dignes d'un monarque : grâce collective pour les assaillants du Capitole, expulsions médiatisées d'immigrés sous escorte militaire, et projets de déportation massive à Gaza et Guantanamo
Vous aviez aimé le 1e Trump ? Vous adorerez le 2e…et peut-être le 3e, puisque le nouveau président des Etats-Unis n’exclut pas de renier le 24e Amendement de la Constitution américaine qui limite à deux, les mandats présidentiels, tout comme il tente de révoquer le 14e Amendement, qui reconnait le droit du sol à ceux qui naissent sur le territoire américain.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a un monde, un gouffre plus profond que la Rift Valley, entre le discours inaugural du 45ème et 47ème président des Etats-Unis et celui du 35ème.
Le 20 janvier 1961, le président J.F. Kennedy (44 ans) invitait ses concitoyens à se dépasser et prononçait ces mots qui sont restés gravés au cimetière national d’Arlington : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays…et ce qu’ensemble nous pouvons faire pour la liberté de l’Homme » ! Son discours avait duré moins de 14 minutes et celui prononcé le 21 janvier 2025 par Donald Trump (78 ans) n’est pas seulement deux fois plus long, c’est surtout une plate, fade et décousue énumération d’attaques contre ses prédécesseurs, de vantardises, de menaces et de fantasmes qui fait peu cas des droits humains et qui est indigne du chef de la première puissance mondiale. On croyait pourtant avoir déjà fait le tour des extravagances et des fanfaronnades de Donald Trump et on pensait que son second mandat nous réserverait moins de mauvaises surprises et même qu’il ferait profil bas, puisqu’il est poursuivi pour plusieurs délits et qu’il a même été condamné quelques jours avant son investiture dans une affaire de mœurs et n’a été dispensé de prison que de justesse.
D’ailleurs que pouvait-il faire d’autre de plus radical, que de fermer les frontières de son pays à ses voisins du Sud, aux pauvres et aux musulmans, de remettre en cause tous les acquis sociaux de ses concitoyens les plus démunis, d’encourager le port des armes ou d’accorder à Israël le droit de faire ce que bon lui semble au Moyen-Orient ? C’était sans compter sur son esprit fantasque puisque, dès le premier jour de sa prise de service, il a montré par ses prises de position et par ses gestes que nous n’étions pas au bout de nos surprises.
L’un des plus éminents historiens américains, Robert Paxton, qui est aussi l’un des meilleurs spécialistes du fascisme, avait trouvé « galvaudée et inadéquate » l’idée d’accuser Trump de fascisme. Il est revenu sur ses positions et en observant avec effarement les prises de position de celui-ci lors de son inauguration, son comportement et celui de ses militants et de ses proches, il pense désormais que le « Trumpisme » a bien des relents de fascisme.
Il lui a suffi de regarder la tribune : ce sont les chefs des grandes entreprises capitalistes qui sont aux loges d’honneur, scellant ainsi l’union entre le pouvoir et l’argent ! Trump est le premier président américain à inviter à son investiture des chefs d’Etat ou de gouvernements étrangers, mais il les a relégués au second rang, derrière une rangée d’oligarques. Pourtant si Elon Musk est l’homme le plus riche du monde, il n’exerce son pouvoir, toutes entreprises confondues (X, Tesla, SpaceX…) que sur moins de 150.000 personnes, qui ne sont que des employés, alors que Giorgia Meloni est la Première ministre, élue, de la 4e puissance européenne et d’un état de près de 60 millions d’habitants. Il est vrai qu’on peut aussitôt s’étonner qu’elle, tout comme le président argentin Milei, aient accepté de figurer à une place indigne de leur rang et irrespectueuse des règles du protocole diplomatique international. Cela découle d’un autre constat : Trump fascine tous ceux qui rêvent d’un pouvoir fort et il n’hésite pas à exercer un chantage sur ceux qui lui résistent. Paxton a aussi sans doute, écouté les premiers mots de Trump qui s’est présenté non comme un président élu par le peuple, mais comme un roi de droit divin, sauvé de la mort par Dieu pour rendre sa grandeur à l’Amérique. Son pays, ses concitoyens sont au-dessus des autres et au-dessus des lois et Il a le pouvoir de rebaptiser des mers et des montagnes, de s’accaparer d’entreprises ou de territoires étrangers, voire d’un pays indépendant et plus vaste que le sien, ou encore d’annuler d’un trait de plume des pratiques politiques instituées par ses prédécesseurs pour les remplacer par les siennes. Il célèbre la force et le culte de la masculinité et pour répondre aux vivats de ses militants, c’est une épée de cérémonie qu’il brandit. Il a fait du mensonge une arme politique et sa porte-parole peut, sans ciller, accuser Joe Biden d’avoir payé des capotes aux Gazaouis pour 50 millions de dollars !
Mais il n’y a pas que des milliardaires autour de lui, y compris certains qui l’avaient vertement critiqué et qui se sont ralliés à lui, sous la menace ou par intérêt. Il y a aussi des foules de personnes de tous les âges et même de toutes les couleurs qui le traitent comme un Messie, arborent sa photographie sur leurs tee-shirts, applaudissent à ses gestes, à ses frasques et à ses excès de langage, et sont prêts à tuer pour le défendre, comme le montrent les menaces de mort lancées contre l’évêque de l’église St John qui avait osé lui demander de faire preuve de miséricorde et qu’il a sommée de s’excuser.
Dans la hiérarchie de ses souteneurs, il y a un homme qui est un peu son clone et qui ne se retient plus. Il a achevé la journée d’investiture au Capitol One Arena par un salut fasciste, avant de s’illustrer par des propos minimisant le passé nazi de l’Allemagne.
On pourrait multiplier l’énumération des attributs monarchistes que s’est attribués Donald Trump en rappelant qu’en l’espace de quelques jours, il a gracié 1600 personnes qui avaient pris d’assaut le Capitole, forcé le barrage des policiers (en faisant des morts) et saccagé des bureaux, qu’il a fait procéder à une rafle médiatisée d’immigrés et à leur expulsion, menottés aux mains et aux pieds, par des avions militaires, en menaçant de représailles leurs pays d’origine ou de départ et qu’il se propose de déporter la population de Gaza et de transférer des milliers d’immigrés à Guantanamo, prison tristement connue comme lieu de détention et de torture de terroristes capturés par l’armée américaine, etc.
Qui arrêtera Donald Trump ? Certainement pas les Européens, divisés et paralysés par ses menaces de représailles et de hausse des droits de douanes, alors qu’ils pourraient être les principales victimes du Trumpisme ! Ce ne sont pas nous non plus, citoyens et dirigeants d’Afrique, qui amèneront Trump à refréner ses pulsions. Parce que nous n’existons simplement pas à ses yeux et sans doute ignore-t-il même que l’Egypte se trouve sur le continent africain.
D’ailleurs il suffit de comparer les menaces d’expulsion qui pèsent sur les immigrés en provenance des pays d’Amérique Latine d’une part- (plus de 250.000 personnes, chacun, pour le Guatemala et le Mexique, soit 1/3 du nombre total de la première vague de « déportables » ! ) - et sur ceux qui viennent du continent africain - (où, curieusement, la Mauritanie occupe l’une des premières places avec près de 4000 personnes concernées, probablement celles qui avaient fui les massacres de Ould Taya ! ) - pour comprendre que nous ne sommes pas la cible principale du courroux du nouveau président américain qui est bien trop occupé à se demander s’il doit combattre la Chine ou conclure un deal avec elle pour nous prêter attention.
S’il reste un espoir, il réside dans la Justice américaine, à condition que ceux qui la tiennent en mains, et qui ont la même légitimité populaire que Trump, continuent à se battre pour la séparation des pouvoirs, ce qui est le fondement de la démocratie américaine. Elle est à l’œuvre puisqu’elle a déjà mis à mal une des mesures phares du programme républicain, la suppression du droit au sol, et peut-être qu’un jour les menaces de Trump ne seront plus que des vœux pieux !
KHABY LAME, L’ART DU SILENCE QUI FAIT FORTUNE SUR LES RESEAUX SOCIAUX
Il n’a jamais prononcé un mot… et pourtant, il est devenu une icône des médias sociaux. Avec plus d’un milliard de likes (rien que sur TikTok), Khaby Lame compte aujourd’hui plus d’adeptes que Mark Zuckerberg
Il n’a jamais prononcé un mot… et pourtant, il est devenu une icône des médias sociaux. Avec plus d’un milliard de likes (rien que sur TikTok), Khaby Lame compte aujourd’hui plus d’adeptes que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook. Ce 31 janvier, à Dakar, il a été nommé ambassadeur de l’Unicef, à l’issue de quatre jours de visite au Sénégal, son pays natal.
Il existe des parcours de vie marqués par un destin pour le moins inattendu. Celui de Khaby Lame, de son vrai nom Khabane, en fait indéniablement partie. Ce jeune Sénégalais de 21 ans, qui vit à Chivasso, dans la banlieue turinoise, avec ses parents immigrés, préfère garder le silence dans ses vidéos, là où d’autres choisissent de s’exprimer bruyamment pour capter l’attention. Il mise sur des expressions faciales et une gestuelle très expressive, créant des vidéos courtes, drôles et toujours surréalistes.
Son succès est tel qu’il bat des records, allant jusqu’à surpasser le « boss » de Facebook, la maison mère d’Instagram. Avec 16,7 millions d’abonnés, Khaby Lame devance ainsi Mark Zuckerberg, qui en compte 7,5 millions. Ce dernier, à qui il a envoyé un message taquin, a réagi avec un émoji pouce levé en signe de « fair-play », soulignant l’humilité de la situation.
Tout a commencé début 2020, dans un contexte de confinement presque généralisé en Europe, avec l’arrivée du Covid-19. La crise sanitaire fait perdre à Khaby son emploi dans une société de matériel numérique. Confined et inoccupé, il se tourne vers TikTok. Sa démarche, aussi simple qu’efficace, consiste à tourner en dérision les défis réalisés par d’autres utilisateurs de la plateforme. Le public adhère immédiatement, et ses vidéos captent l’attention de millions de personnes. Alors qu’il était anonyme, ses pastiches attirent rapidement près de 62,3 millions de vues dans le monde.
20 millions de dollars de bénéfice en 2024
Sa vidéo la plus populaire à ce jour est une réponse à un tutoriel de découpe de bananes au couteau par un autre Tiktokeur. La solution de Khaby ? « Épluchez-la avec vos mains. » Cette vidéo a cumulé plus de 258 millions de vues. Un autre exemple : un utilisateur qui coince son t-shirt dans sa portière de voiture et décide de le découper. Khaby, lui, ouvre simplement la porte, pour une vidéo qui totalise plus de 235 millions de vues. Son créneau : pourquoi se compliquer la vie, alors qu’elle est parfois si simple ?
Son succès fulgurant l’a amené à prendre un agent qui gère désormais sa « carrière » à travers des partenariats et des demandes de collaboration. « Pour un post de sa part, qui peut atteindre les 3 millions d’interactions en une semaine, avec le nombre de personnes qui le suivent, les revenus varient de 70 000 à 180 000 euros (soit entre 45 et 117 millions CFA) », résume son agent au micro de TF1 dans un reportage. Selon le classement Forbes dévoilé en 2024, Khaby Lame, le tiktoteur sénégalais spécialisé dans les vidéos humoristiques, fait partie du top 10 des influenceurs les plus riches de 2024 avec un bénéfice de 20 millions de dollars cette année.
Pour l’avenir, Khaby confie vouloir s’engager dans le septième art. Inspiré par l’acteur Omar Sy, il rêve de marquer, à son tour, l’histoire du cinéma.
MIGRATION CIRCULAIRE : 1500 PERSONNES SERONT PRESELECTIONNEES
Le secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’Extérieur, Amadou Chérif Diouf, a fait le point sur le processus de la migration circulaire en Espagne
Le secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’Extérieur, Amadou Chérif Diouf, a fait le point sur le processus de la migration circulaire en Espagne. Il renseigne que 1500 personnes seront présélectionnées après la clôture des dépôts de candidatures.
Mais à la fin du processus, 370 dossiers seront retenus pour la saison 2025. Il s’agit, selon M. Diouf, de 100 saisonniers de la cohorte de 2024, plus 250 nouvelles recrues, en plus de 20 autres personnes à la demande de l’employeur.
Tous ces gens iront en Espagne pour une durée de trois mois, renouvelables.
par l'éditorialiste de seneplus, pierre sané
LE GRAND DÉCLIN OCCIDENTAL
EXCLUSIF SENEPLUS - Le dollar s’incline, la force militaire se révèle impuissante, l’influence morale a disparu. C’est la fin de cette civilisation, la plus barbare de l’histoire de l’humanité. Soyons audacieux : pensons le monde post-Occident
Le déclin d’un empire est toujours une farce qui se termine en tragédie. Donald Trump est l’annonciateur de la tragédie qui s’en vient en accélérant la chute de l’empire.
Il se dit que le début de la période de l’extinction des dinosaures a provoqué un changement radical dans le comportement de ces créatures. Leurs rugissements étaient devenus assourdissants et leurs agissements extrêmement agressifs.
C’est exactement le cas aujourd’hui quand on observe ce qui se passe dans cet Occident et particulièrement aux États-Unis. Ca à commencé il y à longtemps par des mensonges sur les peuples conquis et soumis (la farce), suivis par des guerres interminables qui affaiblissent l’empire à l’international. Et ne soyons pas naïfs, Trump mènera des guerres quoiqu’on en dise, car il faut bien faire tourner le complexe militaro-industriel, première cotation à la bourse de Wall Street. Ajoutons les inégalités qui les rongent à l’interne et qu’ils refusent de corriger. Et je ne mentionne même pas des classes politiques pitoyables au pouvoir qui ne sont sûrement pas à la hauteur des défis. Ce sont plutôt des dirigeants Tik Tok alliés à des oligarques insatiables. On sait ce que ça a donné dans les 1920-1930.
Depuis la révolution néolibérale et néoconservatrice de Ronald Reagan, les politiques publiques américaines et européennes ont pris des voies surprenantes qui auront comme effets évidents de :
- diviser la société, d’encourager la division le long de lignes raciales et idéologiques, et d’amplifier les conflits qui créent la méfiance et affaiblissent l'unité nationale ;
- d’affaiblir l'éducation, d’abaisser progressivement les normes et d’éloigner l'attention de la pensée critique ; de créer une population plus facilement influencée et moins informée ;
- de nuire à la santé publique ; de promouvoir l'utilisation généralisée d'aliments malsains, de produits chimiques et pharmaceutiques conduisant à des maladies chroniques et à une dépendance programmée.
- de briser les liens communautaires, de saper les structures familiales et communautaires, en favorisant l'isolement et l'individualisme plutôt que le soutien collectif ;
- de contrôler le récit, en limitant la liberté d'expression et la censure des points de vue alternatifs, de créer une culture où les gens ont peur de parler ouvertement ;
Tout cela concourt au déclin que les initiatives de Trump vont accélérer. L’objectif étant d’enrichir les riches. Encore et encore. Les empires s’écroulent de l’intérieur.
La production intellectuelle sur le déclin de l’Occident et du capitalisme est aujourd’hui florissante, mais très peu voire aucun Africain ne s’y est aventuré. C’est regrettable. Je me souviens de la production intellectuelle sur la fin du communisme et de l’Union Soviétique qui a nourri les stratégies géostratégiques de “containment”du communisme par les Occidentaux. Ou de l’apport des intellectuels dans les révolutions dans le Sud global.
J’interpelle donc nos historiens, politologues, etc. pour qu’ils nous éclairent sur les implications de ce déclin de l’Occident afin qu’on puisse anticiper et agir.
Les dinosaures ont disparu et l’Occident disparaîtra. Le dollar s’incline, la force militaire se révèle impuissante, l’influence morale a disparu, la technologie se propage et la Chine s’impose déjà comme la première puissance économique mondiale en synergie avec les BRICS. Aujourd’hui le poids économique du G7, c’est 26% du PIB mondial ; le BRICS c’est 35%. Cherchez l’erreur. Peu à peu, l’Occident disparaît de nos imaginaires.
Après tout, on parle d’un ensemble qui ne représente que 7% de la population mondiale, mais qui continue à avoir l’arrogance de prétendre diriger le monde. Par la violence militaire. Mais on voit qu’Israel, le bras armé de l’Occident au Moyen Orient a perdu sa « guerre » à Gaza malgré l’horrible génocide commis contre les Palestiniens, s’inscrivant dans la longue tradition des horreurs infligées aux peuples du Sud global. En Ukraine, l’Otan s’apprête à subir la défaite la plus humiliante de son histoire et à ravaler son arrogance.
On pourrait croire qu’ils tireraient les leçons de ces déconvenues. Mais non! La seule solution pour le Sud global, c’est de leur infliger des défaites dont ils ne se relèveront plus jamais. C’est le prix à payer pour la paix mondiale.
Oui. C’est la fin de cette civilisation qui a été la plus barbare de l’histoire de l’humanité, comme on le voit à Gaza aujourd’hui. Brutalité, genocides, extermination, sauvagerie sont les marques de fabrique de ce que nous Africains entre autres avons connu. Maintenant ils sont en plus tétanisés par les conséquences de ce qu’ils ont infligé à notre environnement naturel tout en exigeant que tout le monde en paye le prix.
Il nous appartient désormais de réfléchir et de dialoguer avec le Brésil, l’Inde, la Russie, l’Iran, la Chine, l’Indonésie et l’Afrique unie à comment bâtir un monde meilleur. Laissons l’Occident s’enfermer dans sa forteresse et crouler dans ses contradictions internes avec sa population déclinante. Quant à nous, notre dynamisme démographique nous portera sur le toit du monde avec 41% de la population mondiale en 2100. Quoi qu’on dise, c’est un atout, sauf pour ceux qui ont peur de l’Afrique. C’est leur problème.
Nous avons mieux à faire : inventer le futur et laisser les dynosaures disparaître puisque que nous n’y pouvons rien.
Oui, le Sénégal est un petit pays mais rien ne nous empêche de penser le monde et d’imaginer une Afrique prospère, juste et puissante. Au Sénégal, nous avons le privilège d’avoir enfin depuis 60 ans un leadership patriotique intelligent et déterminé. Soyons audacieux : pensons le monde post-Occident. C’est après tout l’héritage de Cheikh Anta Diop.
par Mamadou Ndoye
ABDOULAYE DIEYE, UN BÂTISSEUR DE PONTS POUR LA DÉMOCRATIE
EXCLUSIF SENEPLUS – Il laisse derrière lui un héritage inestimable dans la lutte pour la démocratie. Son engagement intellectuel et son sens du consensus ont marqué les Assises Nationales, la CNRI et Sursaut Citoyen
J’ai appris avec une profonde tristesse, la nuit dernière, le décès du Professeur Abdoulaye Dièye. Étant hors de Dakar, je n’ai malheureusement pas pu lui rendre hommage en assistant à la levée du corps à l’hôpital Principal. À sa mémoire, je tiens à témoigner en reconnaissance de son inestimable contribution à la cause de la société civile et en particulier à celle de Sursaut Citoyen (SC). Je n’insisterai pas sur ses remarquables compétences professionnelles, ni sur le rôle éminent qu’il a joué dans le déroulement et les résultats des Assises Nationales (AN) et de la Commission Nationale de Réforme des Institution (CNRI). D’autres, mieux qualifiés que moi, ses collègues de l’Ucad et les leaders des AN, en ont témoigné éloquemment.
Ce que je veux souligner ici, c’est le pont qu’il a non seulement construit, mais incarné pour permettre une transition interactive et fertilisante entre les conclusions des AN et de la CNRI d’une part et le Pacte de Bonne Gouvernance Démocratique de SC d’autre part. La question n’était pas simple : fallait-il écarter les conclusions des AN parce qu’elles appartenaient à un passé révolu ou étaient insuffisamment adaptées aux réalités locales ? La réponse que le Professeur Dièye a aidé à élaborer : s’asseoir sur la légitimité établie et l’approche d’élaboration collégiale de la substance des conclusions des AN et de la CNRI pour ouvrir les portes du consensus national requis par le contexte d’incertitude née de la crise et de la violence, celui centré sur l’essentiel : le vivre ensemble libres, dans la paix, la justice et la solidarité.
Au-delà du sens ainsi donné au consensus national, son expertise et sa pertinence ont fortement contribué à l’identification des piliers de ce vivre ensemble : État de droit et ses principales caractéristiques (séparation et équilibre des pouvoirs, indépendance de la justice, primauté du droit, respect des libertés individuelles et collectives, égalité des citoyens devant la loi…), gouvernance responsable (transparente, équitable, redevable, participative, efficace et efficiente) ; administration non partisane, compétente et dévouée au service du public ; démocratie participative (centrée sur le citoyen et la promotion d’une citoyenneté consciente et active aussi bien dans l’exercice de ses droits et libertés que dans l’accomplissement de ses devoirs et obligations). Ce rappel thématique me semble d’autant plus opportun qu’il évoque des moments exceptionnels. Les membres de SC ont vécu ces instants avec le Professeur Abdoulaye Dièye.
Que ce soit dans les combats démocratiques contre l’arbitraire et la répression tous azimuts du régime Macky Sall, où le Professeur Dièye a pris toute sa place pour jouer pleinement son rôle d’intellectuel engagé et de militant démocrate à travers la lumière apportée aux débats publics sur ce qu’est le droit en la circonstance et grâce à ses fortes prises de position publiques, individuellement ou au sein de collectifs. Que ce soit dans les fameuses « conversations citoyennes », tenues en présentiel au Radisson Blu, ouvertes à distance à des centaines de participants à travers le monde et dont la plupart ont été animées ou modérées par le Professeur Dièye. À toutes ces occasions, les membres de Sursaut ont pu pleinement apprécier, au-delà de la large expertise juridique du spécialiste de droit, la profondeur du penseur et la pondération de l’homme.
Oui, sa modestie impressionnait autant que sa science. Un modèle à offrir à la jeunesse ! C’est sans nul doute une immense perte pour SC, la société civile et le monde universitaire. Alors, le meilleur hommage que nous pouvons lui rendre est de persévérer dans la lutte pour le triomphe des idéaux, des valeurs et des principes profondément humains qui ont guidé les combats qu’il a menés à travers les AN, le projet de la CNRI et le PBGD de SC.
Au nom de SC, j’adresse nos sincères condoléances à la famille du Professeur Dièye ainsi qu’à ses collègues et amis. Que la terre lui soit légère et que son âme trouve le repos dans un paradis à la hauteur de ce qu’il a été pendant son court voyage terrestre : un homme de bien.
Mamadou Ndoye est Coordinateur de Sursaut Citoyen, Groupe de réflexion et d’action pour la sauvegarde de la démocratie et l’État de droit.
LE PRÉSIDENT FAYE REND HOMMAGE À SON ANCIEN PROFESSEUR ABDOULAYE DIÈYE
Le professeur Dièye, reconnu pour son expertise en droit constitutionnel, était également un fervent défenseur d’institutions justes et solides, un engagement qui a inspiré de nombreux étudiants à poursuivre des carrières dans le domaine du droit.
Le Président Bassirou Diomaye Faye a exprimé sa profonde tristesse suite au décès du professeur Abdoulaye Dièye, une figure emblématique du paysage académique sénégalais.
Ancien étudiant du Professeur à l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD), le Président a tenu à rendre hommage à un homme qui a su marquer de son empreinte des générations d’étudiants.
« J’ai appris avec une grande tristesse le décès du Professeur Abdoulaye Dièye », a déclaré le président Faye, soulignant l’impact indélébile que le professeur a eu sur ses élèves et sur la communauté universitaire dans son ensemble.
Le professeur Dièye, reconnu pour son expertise en droit constitutionnel, était également un fervent défenseur d’institutions justes et solides, un engagement qui a inspiré de nombreux étudiants à poursuivre des carrières dans le domaine du droit et de la gouvernance.
Le Président a également adressé ses sincères condoléances à la famille du défunt, à ses proches et à tous ceux qui ont eu le privilège de le connaître.
« Le Sénégal perd une référence incontournable », a-t-il ajouté, soulignant l’importance de l’héritage intellectuel et moral laissé par le Professeur Dièye.
Dans un élan de spiritualité, le Président Faye a prié pour que « ALLAH SWT, dans Son infinie miséricorde, l’accueille en son Paradis et lui accorde le repos Eternel ».
La disparition du Professeur Abdoulaye Dièye laisse un vide immense dans le milieu académique sénégalais.
L’ÉTAT DÉPLOIE UN DISPOSITIF D’AIDE EN SOUTIEN AUX VICTIMES DES ÉVÉNEMENTS 2021-2024
Parmi les mesures phares : une indemnisation de 10 millions FCFA pour chaque famille de victime décédée, la prise en charge médicale et psychologique des blessés, ainsi qu’une allocation de 500 000 FCFA pour les ex-détenus.
Face aux conséquences des événements survenus entre 2021 et 2024, l’État met en place un dispositif de soutien financier et social en faveur des victimes et de leurs familles. Trois mesures phares ont été annoncées.
10 millions FCFA pour les familles des victimes décédées
Chaque famille ayant perdu un proche recevra une indemnisation de 10 millions de francs CFA. D’autres aides accompagneront ce soutien :
Les orphelins mineurs obtiendront le statut de Pupilles de la Nation.
Les familles seront intégrées dans les programmes sociaux de l’État (Bourses de Sécurité Familiale, Couverture Sanitaire Universelle, Carte d’Égalité des Chances, etc.).
Un accès facilité aux financements publics sera mis en place pour favoriser l’entrepreneuriat des femmes et des jeunes.
Soins et accompagnement psycho-social pris en charge
Les personnes blessées ou tombées malades à cause des événements bénéficieront d’une prise en charge médicale et psychologique sur la base d’un dossier médical. Ce dispositif pourra également inclure leurs proches.
500 000 FCFA pour chaque ex-détenu recensé
Les anciens détenus concernés recevront une allocation forfaitaire de 500 000 francs CFA. Le versement sera effectué sur la base d’une base de données officielle établie par l’ANSD en collaboration avec le ministère de la Justice, les forces de l’ordre et les représentants des victimes.
Ces mesures, annoncées par Maïmouna Dièye, ministre de la Famille et des Solidarités, visent à alléger le fardeau des personnes affectées et à leur offrir des perspectives de réinsertion.
INCENDIE AU PORT DE DAKAR, LES SECOURS MAÎTRISENT LES FLAMMES
Après deux heures de lutte, les secours ont réussi à circonscrire le feu. L’origine du sinistre reste inconnue, et une enquête est en cours pour en déterminer les causes.
Un incendie s’est déclaré ce vendredi 31 janvier 2025 aux alentours de 15 heures au poste 14 du Môle 1 du Port de Dakar. Ce feu de classe A a mobilisé d’importants moyens d’intervention, notamment les équipes du Centre Opérationnel Polyvalent (COP), la Compagnie des Sapeurs-Pompiers, ainsi que les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), appuyées par d’autres équipes du port.
Après deux heures de lutte, les secours sont parvenus à maîtriser les flammes, limitant ainsi les dégâts. Pour l’heure, l’origine de l’incendie demeure inconnue, mais des investigations sont en cours afin de déterminer les causes et d’établir d’éventuelles responsabilités.
Le Port Autonome de Dakar assure rester en état d’alerte permanent grâce à un dispositif opérationnel renforcé et une collaboration étroite avec les autorités compétentes. Il réaffirme son engagement à garantir la sécurité des infrastructures et la fluidité des opérations portuaires.
LE FRANÇAIS TOTALENERGIES QUITTE LE MALI, BENIN PETRO S'INSTALLE AU BENIN
TotalEnergies quitte le Mali. Le géant français des hydrocarbures a vendu ses activités au début du mois à Coly Energy Mali, une entité pilotée par la société béninoise Bénin Petro. Une reprise de la totalité des stations-services saluée par les autorités
TotalEnergies quitte le Mali. Le géant français des hydrocarbures a vendu ses activités au début du mois à Coly Energy Mali, une entité pilotée par la société béninoise Bénin Petro. Une reprise de la totalité des stations-services saluée par les autorités maliennes.
Bénin Petro et sa société soeur basé en Suisse, Neutron, conserveront les plus de 1 100 employés de TotalEnergies dans le pays. ils reprennent les 80 stations-services de la compagnie pétrolière, ainsi que la fourniture de carburant aux miniers et à l'aviation.
L’affaire a mis du temps à se boucler, presque une année. Mais c'est une aubaine pour Bénin Petro déjà présente au Sénégal, en Côte d'Ivoire et au Nigeria...
Notre organisation - Benin Petro
TotalEnergies quitte donc le Mali après plus de vingt-cinq ans de présence. Sans donner aucune explication. Même si certains observateurs nous le confirment, les relations avec la junte étaient tendues : harcèlement fiscal et grèves à répétition des employés auraient convaincu la multinationale française de quitter le pays. Les stations-services changeront de nom dans le courant de l'année 2025.
KOUNGHEUL VEUT REDUIRE LES INEGALITES SPATIALES ET ECONOMIQUES
Le Conseil départemental de Koungheul, dans la région de Kaffrine (centre), ambitionne, à travers le projet d’élaboration d’un schéma d’aménagement de développement territorial (SDADT), lancé récemment, de réduire les inégalités spatiales et économiques
Le Conseil départemental de Koungheul, dans la région de Kaffrine (centre), ambitionne, à travers le projet d’élaboration d’un schéma d’aménagement de développement territorial (SDADT), lancé récemment, de réduire les inégalités spatiales et économiques, a annoncé sa présidente, Socé Diop Dionne.
»Véritable outil de prospective à l’échelle du département, l’objectif visé à travers sa mise en œuvre est d’aider à réduire les inégalités spatiales et économiques, prenant en compte les défis et enjeux liés aux changements climatiques, à l’urbanisation, à l’énergie, à l’emploi des jeunes, à l’économie numérique, à la mondialisation entre autres », a-t-elle expliqué Mme Dionne.
L’élaboration de ce schéma, qui s’inscrit en droite ligne de l’Agenda national de transformation ‘’Vision Sénégal 2050’’, dont le troisième axe stratégique porte sur l’aménagement et le développement durable des territoires, est appuyé par l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT).
Socé Diop Dionne s’exprimait au terme d’un atelier de lancement et de mise en place de la Commission départementale d’aménagement et de développement territorial (CDADT), sous la présidence du préfet du département de Koungheul, Souleymane Ndiaye.
Elle a affirmé que ce projet permettra à sa collectivité territoriale de s’inscrire dans la dynamique de la nouvelle vision du président Bassirou Diomaye Faye, qui a chargé son Premier ministre de la mettre en œuvre pour assurer le développement du pays à partir de ses ressources et de ses potentialités.
Plus spécifiquement, »le Conseil départemental de Koungheul pourra prendre toute sa place dans l’agenda national de transformation pour un Sénégal souverain, juste et prospère à l’horizon 2050 », a-t-elle dit.
Elle estime que »le SDADT de Koungheul sera un outil au service des acteurs territoriaux pour une bonne cohérence de l’action territoriale dont la mise en œuvre effective nécessite l’implication des différentes catégories d’acteurs des collectivités territoriales ».
‘’L’ambition des nouvelles autorités à travers cet axe stratégique est d’accompagner l’atteinte de la souveraineté économique par une option contrôlée et bien structurée d’aménagement durable des territoires’’, a indiqué Tidiane Sidibé, directeur général de l’ANAT.
D’après M. Sidibé, l’axe 3 de l’Agenda national de Transformation vise, entre autres, le développement des infrastructures et la gestion durable de l’environnement et des écosystèmes naturels, avec un développement territorial plus équilibré autour de huit (8) grands pôles territoires.
Le SDADT fixe les options d’aménagement et de développement et contribue à la mise en cohérence des projets de l’Etat, des collectivités territoriales et du secteur privé. Il organise de manière cohérente, prospective et durable, le développement du département de Koungheul’’, a-t-il souligné.
L’ANAT, décidant d’accompagner le département de Koungheul dans l’élaboration de son SDADT, au même titre que les départements de Fatick, Mbour, Guinguinéo et Goudiry, est consciente de l’importance du département dans la hiérarchie fonctionnelle des établissements humains au Sénégal mais aussi de ses énormes ressources et potentialités territoriales, a dit son directeur général.
‘’Avec la mise en place prochaine des pôles territoriaux de développement, le département de Koungheul aura une partition importante à jouer dans le pôle centre en termes de carrefour logistique’’, a soutenu Tidiane Sidibé, ajoutant que l’élaboration du SDADT devrait permettre au département de se projeter vers le développement, en tenant compte des nouveaux enjeux territoriaux.