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4 avril 2025
INTRODUCTION OFFICIELLE DE L’ANGLAIS À L'ÉCOLE CE MARDI
Ce programme vise à renforcer les compétences linguistiques des élèves dès leur plus jeune âge et à s’aligner sur les exigences d’un monde de plus en plus globalisé.
Ce mardi 14 janvier 2025 marque une étape importante dans le système éducatif sénégalais avec l’introduction de l’enseignement de l’anglais dès le préscolaire et l’élémentaire.
Dans une publication sur X (anciennement Twitter), le ministère de l’Éducation nationale a souligné que cette initiative représente « le début d’une réforme majeure dans notre système éducatif ».
Ce programme vise à renforcer les compétences linguistiques des élèves dès leur plus jeune âge et à s’aligner sur les exigences d’un monde de plus en plus globalisé.
L’enseignement de l’anglais était jusque-là limité au collège et au lycée dans le système éducatif sénégalais.
la chronique de Ndèye Dieumb Tall
MULTIPLE PHOTOS
LA CORNICHE DES INÉGALITÉS
EXCLUSIF SENEPLUS - Qu’il soit végétal, animal ou humain, la course au capital et au développement laisse le vivant sur le bas-côté. À combien de talibés avons-nous répondu cette semaine ? LA RUE SÉNÉGALAISE, CETTE ACTRICE OUBLIÉE
Comment Médina[1] et Fann Résidence[2] coexistent dans 83 km2 [3]? Comment les fàq-men[4] et les ministres se croisent-ils aussi régulièrement à tous les carrefours de l’une des anciennes quatre communes[5]? Tant de questions auxquelles les sociologues, responsables publiques et chercheurs doivent se pencher. À cette question, je propose mon humble réponse : la rue.
La société sénégalaise est constituée de multiples acteurs et actrices. Parmi elles, une me saute particulièrement aux yeux : la rue sénégalaise. Pensez-y. Bopp u koñ bi[6], tali bi[7], bunt u kër gi[8]… Tant d’expressions faisant référence à la rue.
Cependant, cette rue est difficile à apprivoiser. La temporalité et la géographie jouent un rôle majeur dans l’approche que l’on a et que l’on devrait avoir de la rue et de nos interactions sociales en général. Médina, un premier jeudi de décembre à 7h du matin n’est pas les Almadies[9] un dimanche de fin de mois à 23h. Au milieu de tout cela, la corniche Ouest fait office de frontière. Surplombant l'océan Atlantique par son extrémité la plus à l'Est, la vue y est aussi faramineuse que les montants mobilisés par Karim Wade[10] pour sa construction. Exit la plage publique accessible à toutes et tous durant les longues journées ensoleillées. Désormais, pour en profiter, il faudra débourser au mieux 5.000 FCFA[11](fcfa note de bas de page), au pire 15.000 FCFA. Après tout cela, j’espère que vous n’êtes pas une femme musulmane et ne comptez-pas entacher les belles plages de sables fin du Terrou-bi[12].
Vous l’aurez compris, la rue joue un rôle de plus en plus accessoire dans la vie sociale et politique sénégalaise. Je crois qu’il y a là les symptômes d’un pays qui se perd. Ne vous y méprenez pas ! Je suis l'opposé d’une conservatrice. Par contre, vouloir l'émancipation et le progrès n'empêchent pas de se reposer sur un socle constant et stable.
Étudiante à New York, globe trotteuse devant l'éternel, les rues de Dakar possèdent un je-ne-sais-quoi que je n’ai retrouvé dans aucune ville ou bourg du monde. À vrai dire, je ne m'en étais pas rendu compte avant de quitter le cocon familial. Je me suis rendu compte de la chance que j’avais eu d’avoir pu grandir dans un tel joyau. Pour en revenir à notre histoire, j’avais décidé la semaine dernière, un matin à 10 heures, de me promener. De notre maison à Fann-Résidence à la librairie Les 4 vents de Ouakam. C’était l’occasion pour moi de jouer à la Mère Noël et de refaire mon stock de livres locaux. Sur le chemin, j’ai été frappée par les interpellations des gardiens des somptueuses villas d’ambassadeurs de mon quartier. Ils étaient étonnés qu’une inconnue disrupte leur petit quotidien. “Quel est ton nom de famille ?”, “Où habites-tu ?”, “Depuis combien de temps ? “Tu es étudiante ?”. Ah lala, s’il y a une chose qui ne m’avait pas manquée lors de mon exil volontaire c’est bien l'intrusivité de certains et certaines de mes compatriotes. C’est aussi le revers de notre légendaire chaleur[13].
Quelques foulées plus tard, je suis interpellée par un homme âgé, peut-être la soixantaine. Il tenait dans ses bras frêles un kilo de mburu[14] . Il demandait aux passants et passantes pressés d’être un énième rouage dans la machine capitaliste de quoi assaisonner son pain. Il est vrai que le pain blanc sec ne glisse pas très bien le matin lorsqu’on n’est pas sérère[15]. En discutant avec lui un peu, il m’est apparu que le vieil homme était déboussolé par mon intérêt.
Même scène avec les talibés[16] et femmes assises juste à côté du kiosque du primeur[17]. Au cours de cette courte promenade, j’ai pu croiser des personnes âgées, des enfants, des hommes, des femmes, des personnes à mobilité réduite, des personnes handicapées mentalement, des gens sur le chemin du travail, des gardiens, des animaux… J’ai eu à observer aussi l'état de la rue : le pavé, le goudron, le trottoir inexistant, le sable, les publicités et affiches.
J’ai été frappée par la particularité géographique et urbaine d’un quartier comme Fann-Résidence ou Fann Hock[18], comparée à la Médina ou à Colobane[19] par exemple. Le sable et la poussière de Dakar mériteraient presque d’en être les acteurs principaux. Sans oublier les embouteillages. Comment oublier les embouteillages à Dakar ?! À Fann-Résidence, l’absence de trottoirs et de zones de stationnement ne se font pas ressentir car les villas qui bordent la mer sont en général équipées de parkings. A l’inverse, la cité Mbackiyou Faye[20] et cité Avion[21] sont constituées de chemins exigus et sinueux que seules les siru-man[22] peuvent naviguer habilement.
Ces inégalités dans l’urbanisme ne se limitent pas seulement aux places de stationnement et à l'état des routes. Les bâtiments et immeubles n’occupent pas la même fonction dépendamment du quartier. Alors que le pôle Fann-Residence, Mermoz, Point E fait écho au quartier latin et au 5e arrondissement de Paris, abritant tous les deux l’Ecole Normale Supérieure (ENS) et de belles maisons, des quartiers comme Ñaari-Tali, HLM 5[23] sont des méli-mélo de bâtisses à moitié construites, de charrettes, dibiteries et mosquées. Là ou a Fann-Residence les habitations sont jalousement gardées par des gardiens et des bergers allemands, aux HLM 5 les portails, s’ils existent, sont grand ouverts. On y entend les conversations, bêlements de moutons et cris de siru-man. D’un côté, les restaurants huppés ou la bouteille Kirène[24] de 500 ml coûte 1.500FCFA, de l’autre les inondations et eaux usées décorent et parfument les rues.
La négligence du mobilier urbain s'étend au-delà des objets inanimés. La maltraitance animale est sous nos yeux tous les jours. Il suffit d’observer les moutons dans nos maisons, censés être des réceptacles de toutes les malédictions dirigées vers la famille, les chevaux, les chiens et chats errants. Les êtres humains sont eux aussi traités comme des objets inanimés. Lorsqu’ils ne sont pas méprisés, ils sont ignorés. La semaine dernière, à bord d’un Yango, le conducteur fait tout son possible pour éviter le chien errant qui traverse en catastrophe la rue. A peine dix minutes plus tard, une personne qualifiée de folle slalome sans objectifs entre les véhicules. Le chauffeur ne lui prêta aucune attention. De la même façon, une personne à mobilité réduite assise dans une impasse à côté de son véhicule me raconte comment régulièrement il est écrasé par les passants et les voitures.
Si Fann-Résidence, la Médina, Mermoz et les Almadies sont présentés comme acteurs principaux de ce premier épisode, ils ne sont en réalité qu’un prétexte pour mettre en exergue le plus important : le vivant. Qu’il soit végétal, animal ou humain, la course au capital et au développement les laisse sur le bas-côté de la route rocailleuse. À combien de talibés avons-nous répondu cette semaine ? Lorsque l’on donne l’aumône à ces braves gens, sommes-nous plus intéressé•e• par les monts et merveilles promis par notre marabout ou par comment cette offrande va améliorer leur conditions matérielles d’existence ? Ces questions nous concernent toutes et tous et devraient nous empêcher de dormir.
Ndèye Dieumb Tall est étudiante en sociologie et sciences sociales.
[15] Ethnie du Sénégal stéréotypé pour leur amour du pain. Léopold Sedar Senghor, premier président de la République du Sénégal, académicien, membre de la Négritude est sérère.
[16] Enfants mendiant, confiés à des serignes (guides religieux traditionnels) par des familles généralement démunies.
[17] Communément appelés Diallo, du fait de la prédominance des primeurs d’origine fulani, notamment venant de la Guinée.
L’INTERSYNDICALE DU CROUS SINE SALOUM DÉNONCE UN PLAN DE LICENCIEMENT MASSIF
328 agents permanents du CROUS Sine Saloum risquent de perdre leur emploi selon un document qui sera examiné par le Conseil d’Administration ce 14 janvier. Ils appellent les autorités à intervenir.
L’intersyndicale du CROUS Sine Saloum tire la sonnette d’alarme concernant un projet de licenciement de 328 agents permanents, qui sera présenté au Conseil d’Administration ce mardi 14 janvier 2025. Elle appelle les autorités étatiques à agir pour préserver ces emplois.
Kaolack, le 12 janvier 2025 - L’intersyndicale du CROUS Sine Saloum exprime sa vive inquiétude face à "un document qui sera présenté au Conseil d’Administration du CROUS-SS ce mardi 14 janvier 2025. Ce document propose un plan de licenciement massif portant sur 328 agents permanents, une décision qui menace la stabilité des emplois et des familles concernées" rapporte un communiqué.
L’intersyndicale juge "cette initiative inadmissible" et lance un appel pressant aux autorités étatiques, notamment au Président de la République, au Premier Ministre et au Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, pour qu’ils interviennent de toute urgence afin de stopper ce projet qui va à "l’encontre des principes de justice sociale et de solidarité".
Plus que jamais déterminée à défendre le maintien de l’emploi, l’intersyndicale "rappelle que ces agents jouent un rôle crucial dans le fonctionnement et le développement du CROUS Sine Saloum. Elle réaffirme son engagement à utiliser tous les moyens légaux et pacifiques pour s’opposer à cette décision qu’elle qualifie d’inacceptable.
L’intersyndicale appelle également à une mobilisation générale pour soutenir les agents menacés par ce plan et pour protéger leurs droits.
PAR OUMAR NDIAYE
STOPPER LA PROGRESSION LATÉRALE DU JIHADISME ENTRE LE LOCAL ET LE LITTORAL
"Depuis des années, avec une ampleur de plus en plus conséquente dans les pays continentaux, le jihadisme veut prendre de nouvelles couleurs dans les territoires d’implantation, d’action et de projection."
Le lourd tribut payé par le Bénin avec l’attaque ayant tué au moins 28 soldats mercredi dernier, dans le nord du pays, à la frontière avec le Niger et le Burkina Faso, n’est pas un évènement anodin. Il est digne de la façon latérale dont le terrorisme jihadiste progresse du local au littoral comme l’indiquent les prévisions et prédictions de tous les instituts de recherche travaillant sur le Sahel.
Depuis des années, avec une ampleur de plus en plus conséquente dans les pays continentaux, le jihadisme veut prendre de nouvelles couleurs dans les territoires d’implantation, d’action et de projection. C’est ainsi que les assauts répétitifs contre des pays comme le Burkina Faso, qui ne contrôle plus beaucoup de pans de son territoire, sont à mettre dans ce plan des groupes jihadistes de viser la mer, c’est-à-dire le Golfe de Guinée.
Le Bénin, ayant vu ses pays frontaliers subir les affres du jihadisme, a voulu se préparer pour ne pas connaitre les mêmes balafres sécuritaires et humanitaires. L’État a ainsi consenti énormément d’efforts et mis beaucoup de moyens pour réorganiser son appareil sécuritaire face à ces nouvelles menaces tout au long de ses frontières avec le Niger et le Burkina. Les effectifs des Forces armées béninoises ont ainsi augmenté de manière significative, passant de 7500 hommes en 2022 à 12300 en 2024.
Dans le même espace temporel, son budget de défense est passé de 60 milliards à 90 milliards de Fcfa. Il était même prévu de faire augmenter ce montant les années à venir. La réussite du Bénin, c’est surtout d’avoir su adapter son appareil sécuritaire à la nouvelle donne en lançant en 2021 l’Opération « Mirador », censée être un dispositif opérationnel qui répond au mieux à la menace jihadiste en donnant du sens à la sécurisation des zones frontalières. Mais cela n’a pas donné à ce pays, la chance de se prémunir des incursions jihadistes qui ont causé la mort de 121 militaires béninois entre 2021 et décembre 2024.
L’exemple du Bénin est éloquent d’une réalité : la réorganisation des Forces de défense et de sécurité en vue de faire face aux menaces asymétriques n’est pas la seule solution pour faire face au jihadisme. Comme pour les pays en proie à cette question, c’est la même voie qui a été empruntée par les groupes terroristes armés (Gta). Les revendications identitaires ont servi de berceau et de couveuses permettant à ces Gta d’avoir les populations marginalisées comme recrues. L’autre terreau fertile de la poussée jihadiste à laquelle le Bénin fait face, ce sont surtout les dissensions diplomatiques entre les pays frontaliers, le Niger et Burkina Faso, sur fond de brouilles entre la Cedeao et l’Aes.
Cela empêche ainsi toute coopération sécuritaire inter ou intra avec ces pays d’autant plus que la menace est désormais transnationale, et n’est plus localisée dans un même espace. Il faudra ainsi à l’interne ne plus minimiser les revendications communautaires qui, avec les changements climatiques, peuvent métastaser et devenir des problèmes sécuritaires avec des conséquences humanitaires énormes. Les mécanismes de coopération doivent être aussi ressuscités malgré que les tensions diplomatiques les ait mis en sommeil. C’est seulement dans ces conditions que le déplacement latéral que jihadisme fait du local au littoral pourra être stoppé.
UN PROTOCOLE D’ACCORD POUR BOOSTER LE CONTENU LOCAL DU PROJET GTA
En marge de la visite de travail d’Ousmane Sonko en Mauritanie, les ministres de l’Énergie des deux pays ont signé un protocole d’accord. Cet engagement vise à mettre l’accent sur l’emploi, la formation et le transfert de technologies.
Nouakchott, le 13 janvier 2025 - Dans le cadre de la visite de travail et d’amitié du Premier Ministre sénégalais, Ousmane SONKO, en Mauritanie, une réunion bilatérale s’est tenue ce matin entre les ministres de l’Énergie des deux pays. Cette rencontre stratégique a abouti à la signature d’un protocole d’accord visant à maximiser les retombées locales du projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA).
Le Premier Ministre du Sénégal, Ousmane SONKO, en visite officielle en Mauritanie, a marqué une étape importante dans la coopération énergétique entre les deux pays. Une réunion bilatérale, présidée par Mohamed Ould Khaled, Ministre mauritanien de l’Énergie et du Pétrole, et Birame Soulèye Diop, Ministre sénégalais du Pétrole, de l’Énergie et des Mines, s’est tenue au centre de formation du ministère mauritanien de l’Énergie et du Pétrole.
Dans son discours d’ouverture, le ministre Mohamed Ould Khaled a salué la délégation sénégalaise et souligné l’importance historique de cette rencontre, qui intervient après le lancement officiel de la production de gaz du projet GTA le 31 décembre 2024. Il a également insisté sur la nécessité de maximiser les retombées locales grâce à un contenu local renforcé.
De son côté, le ministre Birame Soulèye Diop a exprimé sa satisfaction quant à la qualité de la coopération entre les deux pays, rappelant que les équipes techniques travaillent en parfaite harmonie pour l’intérêt commun.
Un protocole d’accord axé sur le contenu local
Un moment clé de cette réunion a été la signature d’un protocole d’accord portant sur la mise en œuvre conjointe de mécanismes de contenu local dans le cadre du projet GTA. Ce document vise à :
Créer des opportunités d’emploi et développer une main-d’œuvre locale qualifiée dans l’industrie pétrolière et gazière ;
Renforcer les capacités nationales par la formation, le transfert de technologies et la recherche ;
Accroître la compétitivité des entreprises nationales sur les marchés locaux et internationaux ;
Mettre en place un mécanisme fiable de suivi des engagements en matière de contenu local.
Présence des délégations
Du côté mauritanien, la réunion a rassemblé des hauts responsables, dont le Secrétaire Général du ministère de l’Énergie, le Directeur Général des Hydrocarbures, et des membres de la Société Mauritanienne des Hydrocarbures (SMH). Du côté sénégalais, étaient présents le Directeur des Hydrocarbures, le Directeur Général de Petrosen Holding, et d’autres acteurs clés du secteur.
Cette rencontre illustre la volonté des deux pays de consolider leurs liens historiques et de travailler ensemble pour tirer le meilleur parti de leurs ressources naturelles communes, tout en stimulant le développement économique local.
LES POPULATIONS DE POUT ET KEUR MOUSSA DÉNONCENT LA POLLUTION DE L’USINE DE PLOMB
Accusée de causer de graves problèmes de santé et des pertes agricoles, cette usine suscite des revendications pour sa délocalisation, malgré les garanties de conformité avancées par ses responsables.
Thiès, 13 jan (APS) – Des populations des villages rattachés aux communes de Pout et Keur Moussa, dans le département de Thiès, dénoncent la reprise des activités de l’usine de recyclage de plomb installée à Ndiakhate, a constaté l’APS.
Elles se sont réunies dimanche à Palal, un village de la zone, « pour déplorer et dénoncer » la reprise des activités de cette usine, source de pollution.
La reprise de cette usine de recyclage de plomb semble jeter à l’eau toutes les avancées que le collectif a enregistrées depuis le début son combat pour la délocalisation de cette unité industrielle, entre 2020 et 2022.
Dans le cadre de ses démarches, ledit collectif a rencontré, en octobre dernier, le ministre de l’Environnement, avec qui il a « discuté de long en large » des problèmes générés par cette usine, a rappelé son coordonnateur, Mamadou Lèye, lors d’un point de presse.
»Il y a deux semaines, l’usine de recyclage a repris ses activités », a-t-il affirmé, ajoutant que « la population continue à subir des dommages inimaginables », depuis que cette usine s’est installée à Ndiakhate, non loin de Pout.
« Nous avons vu des maladies qui n’existaient pas dans la zone », a noté le coordonnateur, évoquant « des cas d’avortement, de sinusite, d’asthme ».
S’y ajoute que les agriculteurs de la zone ont constaté une « baisse drastique des rendements », alors que ceux d’entre eux qui travaillaient en face de l’usine, ont été « obligés de lâcher leurs champs pour aller s’installer ailleurs ».
»Nous traversons d’énormes difficultés à cause de cette usine de plomb », a déploré M. Lèye.
Il a rappelé qu’en 2023, le ministre alors chargé de l’Environnement, Alioune Ndoye, avait adressé une mise en demeure à l’usine de recyclage de batteries en plomb, après que ses services techniques avaient effectué une visite de terrain et confirmé la pollution dont se plaignaient jusque-là les riverains de l’usine, dans les communes de Pout et Keur Moussa.
»À notre grande surprise, quelques mois après, on a vu que l’usine avait réussi à obtenir une dérogation de trois mois, [prétendument] pour épuiser ses stocks », a regretté Mamadou Lèye.
« Tout le monde, dans la zone, veut que cette usine soit délocalisée une bonne fois pour toutes pour qu’on puisse s’épanouir et faire nos activités convenablement », soutient-il.
En mai 2023, des travailleurs de l’usine, accompagnés d’un consultant, avaient fait visiter l’unité à des journalistes, pour battre en brèche les griefs portés contre l’activité de l’usine.
Serigne Abdou Lahad Yade, consultant dans un cabinet indépendant dont la société s’était attaché les services, avait soutenu que les particules de plomb prélevées dans l’air ambiant et sur le sol, à l’extérieur de l’usine, sont « très largement en-deçà de la limite admise ».
Les prélèvements effectués dans l’environnement immédiat des installations, dans le village de Ndiakhate et dans les champs, ont été selon lui soumis au laboratoire de l’Institut de technologie nucléaire appliquée (ITNA) de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.
Ces prélèvements ont porté sur des points géolocalisés, avec possibilité de réaliser une contre-expertise par un autre cabinet, a-t-il souligné, comme gage de transparence.
Au moment où le four fonctionne, il n’y a presque pas de fumée au niveau de la cheminée, avait-il fait constater, relevant que ce résultat a été atteint grâce à l’installation de filtres électrostatiques qui retiennent « à peu près 99% » des particules de plomb.
Selon l’étude, l’air ambiant contient, par contre, une forte teneur en poussière d’argile en suspension, avait-il admis, précisant que cela peut se comprendre en raison de la proximité d’une cimenterie.
« Dire que l’usine (de recyclage de plomb) pollue l’environnement est inexact », avait-il conclu, citant l’étude en question.
À l’intérieur, toutefois, l’air ambiant atteint parfois des « niveaux anormaux », a noté l’environnementaliste, relevant que le rapport recommande que le personnel soit doté de moyens de protection adaptés à l’activité, comme des masques à gaz, des lunettes et autres équipements de protection individuelle.
L’unité continuera à faire l’objet d’un suivi, pour vérifier le respect des recommandations, avait annoncé le consultant dont le cabinet est agréé, selon lui, par l’État.
POUR PARIS, UN DIVORCE AFRICAIN AMER
"Il y a un an, au Gabon, au Sénégal, en Côte d'Ivoire ou au Tchad, le message consistait plutôt à nous demander de ne pas partir". Jean-Marie Bockel révèle comment la France a été prise à contre-pied par ses partenaires historiques
(SenePlus) - Dans un entretien accordé à Jeune Afrique ce lundi 12 janvier 2025, Jean-Marie Bockel, envoyé personnel d'Emmanuel Macron pour l'Afrique et ancien secrétaire d'État à la défense, livre une analyse approfondie des mutations radicales qui secouent les relations militaires entre la France et ses partenaires historiques africains. Son témoignage révèle les complexités d'une transition qui échappe au contrôle de Paris.
Une mission avortée par les événements
Nommé par Emmanuel Macron pour repenser la présence militaire française en Afrique, Jean-Marie Bockel a mené pendant neuf mois un travail de fond auprès de quatre pays clés : la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Sénégal et le Tchad. Mais à peine trois jours après la remise de son rapport à l'Élysée, le 25 novembre, un premier coup de théâtre survient : le Tchad dénonce unilatéralement ses accords de défense avec la France, rapidement suivi par le Sénégal.
Cette rupture brutale contraste fortement avec le climat des discussions préalables. "Il y a un an, au Gabon, au Sénégal, en Côte d'Ivoire ou au Tchad, le message consistait plutôt à nous demander de ne pas partir. Aucun de ces pays ne nous a dit souhaiter le départ des soldats français et la fermeture, du jour au lendemain, de nos bases", souligne Jean-Marie Bockel dans les colonnes de JA.
Le cas tchadien, symbole d'une rupture inattendue
Le Tchad illustre particulièrement ce paradoxe. L'envoyé spécial détaille des négociations qui semblaient constructives : "Quand je suis allé au Tchad en mars dernier, les discussions se sont bien déroulées. Les autorités tchadiennes étaient d'accord avec l'idée d'une baisse importante de la présence militaire au profit d'un partenariat, dont nous avons commencé à définir les contours lors de réunions de travail."
Plus révélateur encore, ces discussions avaient progressé jusqu'à des aspects très concrets : "Nous sommes allés loin dans les détails, jusqu'aux attentes de nos partenaires en matière d'équipements militaires", précise-t-il. Début octobre, les discussions portaient encore sur une présence minimale sur les trois bases françaises, au moins à titre transitoire.
Une méthode qui questionne
La brutalité de la rupture soulève des questions sur la méthode. "Les responsables africains ont des susceptibilités légitimes. Chacun considère, à raison, qu'il a le droit d'être correctement traité. Mais c'est aussi vrai du côté français. Et quand, dans un contexte où la discussion semble bien se dérouler, vous apprenez une demande de fin de partenariat par voie d'un communiqué de presse, la méthode est discutable", déplore Jean-Marie Bockel.
Cette situation est d'autant plus surprenante que l'annonce tchadienne est intervenue quelques heures seulement après le départ du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en visite à N'Djamena.
Vers un nouveau modèle de partenariat
Face à ces bouleversements, la France semble s'orienter vers une nouvelle approche. Jean-Marie Bockel note avec intérêt que "le président Macron a eu raison de préciser que la relation avec un certain nombre de pays anglophones se renforçait." Il souligne un avantage majeur de cette évolution : "D'une certaine manière, c'est plus simple, cela permet d'expérimenter une relation sans le soupçon d'un agenda secret ou d'une attitude néocoloniale."
Le rapport Bockel, bien que largement rendu caduc par les événements, proposait déjà une réduction significative de la présence militaire française, privilégiant la formation via "22 écoles déjà présentes dans plusieurs pays africains, ainsi que l'Académie d'Abidjan, spécialisée dans la lutte contre le terrorisme."
Un tournant historique
Cette séquence marque un tournant décisif dans l'histoire des relations franco-africaines. Après avoir quitté le Mali, le Burkina Faso et le Niger, la France voit son dispositif militaire traditionnel en Afrique francophone se réduire drastiquement. Cependant, Jean-Marie Bockel refuse de parler de déclin : "Il n'y a pas de déclin militaire de la France. Il y a en revanche un retrait, et c'est normal. Il était temps que cela soit assumé pleinement."
L'ANNONCE D'OUSMANE SONKO A NOUAKCHOTT
Un comité sera créé par la Mauritanie et le Sénégal pour travailler à l’achèvement de la construction du pont de Rosso, situé à la frontière des deux pays en vue de sa livraison d’ici à juillet 2026, a annoncé le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko
Un comité sera créé par la Mauritanie et le Sénégal pour travailler à l’achèvement de la construction du pont de Rosso, situé à la frontière des deux pays, en vue de sa livraison d’ici à juillet 2026, a annoncé le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, lundi, à Nouakchott.
Le comité sera chargé de ‘’lever les dernières équivoques’’ liées à la réalisation de cette infrastructure, a dit M. Sonko lors d’une réunion avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Diay.
Selon lui, les travaux du pont ont atteint un taux d’exécution de 30 %.
D’une longueur de 1,5 kilomètre, le pont de Rosso enjambera le fleuve Sénégal pour relier le sud de la Mauritanie au nord du Sénégal. Son coût global est de 88 millions d’euros, soit 57,7 milliards de francs CFA.
Les travaux de construction de cet ouvrage ont été lancés en 2021 par les présidents mauritanien et sénégalais.
‘’Une intensification des relations bilatérales’’
S’exprimant en présence de plusieurs ministres sénégalais et mauritaniens, Ousmane Sonko a salué le ‘’partenariat stratégique’’ noué par les deux pays autour du gisement de gaz naturel Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé sur la frontière du Sénégal avec la Mauritanie. ‘’GTA, qui symbolise notre partenariat stratégique autour du gaz et du pétrole, est un exemple de réussite de partenariat Sud-Sud porté de surcroît par deux pays voisins’’, a dit Ousmane Sonko.
Une réunion interministérielle de coordination du projet d’exploitation de ce gisement s’est tenue les 19 et 20 décembre 2024 à Nouakchott, a rappelé M. Sonko.
Plusieurs rencontres bilatérales se sont déroulées en 2024 entre les deux pays, à Dakar et à Nouakchott, ainsi que plusieurs visites officielles, dont le premier voyage à l’étranger du président Bassirou Diomaye Faye, réservé à la Mauritanie.
Tout cela doit pousser la Mauritanie et le Sénégal à parler désormais d’une ‘’seule voie’’, selon Ousmane Sonko.
‘’Je vous disais tantôt (…) que nos deux pays doivent désormais ne parler que d’une seule voix’’, a-t-il affirmé en présence de Mohamed Ould Diay et de plusieurs ministres sénégalais et mauritaniens.
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‘’Je vous renouvelle (…) mon entière disponibilité à œuvrer avec vous au renforcement des liens d’amitié fraternels unissant nos deux peuples et à la consolidation du partenariat stratégique qui existe entre nos deux pays’’, a poursuivi Ousmane Sonko, saluant ‘’une intensification des relations bilatérales sénégalo-mauritaniennes sous l’impulsion des présidents Bassirou Diomaye Diakhar Faye et Mohamed Cheikh Ould El Ghazouani’’.
La Mauritanie et le Sénégal ont, ‘’au fil des années, établi de solides rapports de confiance basés sur le respect mutuel, ce qui leur a permis de relever les nombreux défis qui se sont dressés devant eux’’, a souligné M. Sonko.
‘’Sincérité’’
‘’Votre présence aujourd’hui parmi nous, tout en attestant de la profondeur des liens historiques qui unissent nos deux pays frères, traduit avec force la solide volonté de nos dirigeants respectifs […] à toujours œuvrer au renforcement de nos relations bilatérales, à diversifier et à élargir les cadres de coopération entre nos deux pays’’, a affirmé Mohamed Ould Diay.
Il estime que ‘’rien n’illustre mieux la sincérité de cette volonté commune que l’honneur fait à la Mauritanie d’avoir été choisie par […] le président Bassirou Diomaye Faye comme destination de son premier voyage à l’extérieur, après sa brillante élection’’.
Les deux pays ont en commun ‘’un islam sunnite et tolérant, porté par des chefs et d’éminents érudits’’, selon le chef du gouvernement mauritanien.
La Mauritanie et le Sénégal ont contribué à la réalisation ‘’de grands projets’’, dont l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), a-t-il rappelé.
L’OMVS est considérée dans le monde comme un modèle de gestion des bassins hydrographiques, a-t-il dit en se réjouissant du projet commun d’exploitation du gisement gaz naturel de GTA et de la construction du pont de Rosso à la frontière des deux pays.
‘’Une complémentarité qui enrichit et fortifie’’
Le Sénégal et la Mauritanie sont dans ‘’une complémentarité qui enrichit et fortifie nos deux nations’’, a poursuivi Mohamed Ould Diay, exhortant Dakar et Nouakchott à ‘’renforcer [leurs] relations bilatérales et à explorer le moyen le plus à même de les […] diversifier’’.
Ousmane Sonko est arrivé dimanche soir à Nouakchott pour une visite officielle de deux jours consacrée essentiellement à l’énergie, aux transports, à la sécurité et à la migration.
Pour cette visite également dite d’amitié et de travail, il est accompagné de plusieurs ministres, dont Yassine Fall, chargée de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, et Jean Baptiste Tine, celui de l’Intérieur et de la Sécurité publique.
Birame Souleye Diop, le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Yankhoba Diémé, chargé des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens, et Fatou Diouf, la ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, y prennent part.
La délégation conduite par Ousmane Sonko comprend aussi les directeurs généraux de l’Agence nationale chargée de la promotion des investissements et des grands travaux, Bakary Séga Bathily, et de la Société des pétroles du Sénégal, Alioune Guèye.
RELANCE DES ACTIVITES DE L’USINE DE RECYCLAGE DU PLOMB DE NDIAKHATE
Des populations des villages rattachés aux communes de Pout et Keur Moussa, dans le département de Thiès, dénoncent la reprise des activités de l’usine de recyclage de plomb installée à Ndiakhate
Des populations des villages rattachés aux communes de Pout et Keur Moussa, dans le département de Thiès, dénoncent la reprise des activités de l’usine de recyclage de plomb installée à Ndiakhate, a constaté l’APS.
Elles se sont réunies dimanche à Palal, un village de la zone, « pour déplorer et dénoncer » la reprise des activités de cette usine, source de pollution.
La reprise de cette usine de recyclage de plomb semble jeter à l’eau toutes les avancées que le collectif a enregistrées depuis le début son combat pour la délocalisation de cette unité industrielle, entre 2020 et 2022.
Dans le cadre de ses démarches, ledit collectif a rencontré, en octobre dernier, le ministre de l’Environnement, avec qui il a « discuté de long en large » des problèmes générés par cette usine, a rappelé son coordonnateur, Mamadou Lèye, lors d’un point de presse.
»Il y a deux semaines, l’usine de recyclage a repris ses activités », a-t-il affirmé, ajoutant que « la population continue à subir des dommages inimaginables », depuis que cette usine s’est installée à Ndiakhate, non loin de Pout.
« Nous avons vu des maladies qui n’existaient pas dans la zone », a noté le coordonnateur, évoquant « des cas d’avortement, de sinusite, d’asthme ».
S’y ajoute que les agriculteurs de la zone ont constaté une « baisse drastique des rendements », alors que ceux d’entre eux qui travaillaient en face de l’usine, ont été « obligés de lâcher leurs champs pour aller s’installer ailleurs ».
»Nous traversons d’énormes difficultés à cause de cette usine de plomb », a déploré M. Lèye.
Il a rappelé qu’en 2023, le ministre alors chargé de l’Environnement, Alioune Ndoye, avait adressé une mise en demeure à l’usine de recyclage de batteries en plomb, après que ses services techniques avaient effectué une visite de terrain et confirmé la pollution dont se plaignaient jusque-là les riverains de l’usine, dans les communes de Pout et Keur Moussa.
»À notre grande surprise, quelques mois après, on a vu que l’usine avait réussi à obtenir une dérogation de trois mois, [prétendument] pour épuiser ses stocks », a regretté Mamadou Lèye.
« Tout le monde, dans la zone, veut que cette usine soit délocalisée une bonne fois pour toutes pour qu’on puisse s’épanouir et faire nos activités convenablement », soutient-il.
En mai 2023, des travailleurs de l’usine, accompagnés d’un consultant, avaient fait visiter l’unité à des journalistes, pour battre en brèche les griefs portés contre l’activité de l’usine.
Serigne Abdou Lahad Yade, consultant dans un cabinet indépendant dont la société s’était attaché les services, avait soutenu que les particules de plomb prélevées dans l’air ambiant et sur le sol, à l’extérieur de l’usine, sont « très largement en-deçà de la limite admise ».
Les prélèvements effectués dans l’environnement immédiat des installations, dans le village de Ndiakhate et dans les champs, ont été selon lui soumis au laboratoire de l’Institut de technologie nucléaire appliquée (ITNA) de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.
Ces prélèvements ont porté sur des points géolocalisés, avec possibilité de réaliser une contre-expertise par un autre cabinet, a-t-il souligné, comme gage de transparence.
Au moment où le four fonctionne, il n’y a presque pas de fumée au niveau de la cheminée, avait-il fait constater, relevant que ce résultat a été atteint grâce à l’installation de filtres électrostatiques qui retiennent « à peu près 99% » des particules de plomb.
Selon l’étude, l’air ambiant contient, par contre, une forte teneur en poussière d’argile en suspension, avait-il admis, précisant que cela peut se comprendre en raison de la proximité d’une cimenterie.
« Dire que l’usine (de recyclage de plomb) pollue l’environnement est inexact », avait-il conclu, citant l’étude en question.
À l’intérieur, toutefois, l’air ambiant atteint parfois des « niveaux anormaux », a noté l’environnementaliste, relevant que le rapport recommande que le personnel soit doté de moyens de protection adaptés à l’activité, comme des masques à gaz, des lunettes et autres équipements de protection individuelle.
L’unité continuera à faire l’objet d’un suivi, pour vérifier le respect des recommandations, avait annoncé le consultant dont le cabinet est agréé, selon lui, par l’État.
PRES DE 50% DES MORTALITES MATERNELLES DUES AUX HEMORRAGIES
D'après Ahmadou Bouya Ndao, responsable de la cellule planification, suivi-évaluation et recherche à la direction de la santé de la mère et de l’enfant Cinquante pour cent des décès maternels enregistrés dans la région de Diourbel sont dus aux hémorragies
Cinquante pour cent des décès maternels enregistrés dans la région de Diourbel (centre) sont dus à des hémorragies, a-t-on appris lundi du responsable de la cellule planification, suivi-évaluation et recherche à la direction de la santé de la mère et de l’enfant, Ahmadou Bouya Ndao.
« Dans la région de Diourbel, l’hémorragie est la principale cause des décès maternels. Dans cette région centre du pays, 50% des mortalités maternelles sont dues aux hémorragies », a-t-il notamment déclaré à des journalistes.
Il s’exprimait à l’occasion d’une réunion de partage du plan stratégique de la santé reproductive, maternelle, néonatale de l’adolescent et de la nutrition 2024-2028, dont le budget prévisionnel est évalué à plus de 354 milliards francs CFA.
La rencontre a été présidée par l’adjoint au gouverneur de Diourbel chargé du développement, Djibril Diop, en présence des autorités administratives locales des départements de Bambey, Mbacké et Diourbel.
Le directeur régional de la santé et des élus locaux y ont également pris part.
Le responsable de la cellule planification, suivi-évaluation et recherche à la direction de la santé de la mère et de l’enfant a signalé qu’au niveau national, la mortalité maternelle tourne aujourd’hui autour de 153 décès pour 100 mille naissances vivantes. Concernant la région de Diourbel, précise Ahmadou Bouya Ndao, « nous sommes à 179 décès selon les chiffres des enquêtes démographiques et de santé (EDS) de 2023 ».
Aussi précise-t-il la mise en place de dispositifs pour prévenir et prendre en charge les cas d’hémorragie.
Il a aussi souligné la nécessité de disposer de soins obstétricaux et néonatals d’urgence de qualité, insistant sur la question de la disponibilité de sang et de composants sanguins pour une meilleure prise en charge des cas d’hémorragie chez les femmes enceintes.
S’agissant de la mortalité néonatale, elle « tourne autour de 23 décès au niveau national et 34% pour la région de Diourbel », l’objectif étant de ramener ce taux à « 15% au niveau national et à 18,7% à Diourbel d’ici 2028 ».
« Pour ce qui est de la mortalité infanto-juvénile qui concerne les enfants de zéro à cinq ans, nous sommes à 40% au national et 52% dans la région de Diourbel », a indiqué docteur Ahmadou Bouya Ndao. L’objectif du plan stratégique de la santé reproductive, maternelle, néonatale de l’adolescent et de la nutrition 2024-2028 est de réduire ce taux à 29% au niveau national et 35% pour la région de Diourbel d’ici 2028.
Selon M. Ndao, 75% des décès enregistrés dans cette catégorie surviennent dans la première semaine de vie, 40% le premier jour de vie.
Fort de ce constat, il a plaidé pour le renfoncement des infrastructures, des équipements, des ressources humaines et de la formation du personnel pour réduire la mortalité maternelle et néonatale.