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4 avril 2025
LES NOUVELLES MESURES POUR LES DEUX-ROUES SUSCITENT DÉBAT
Le ministère des Transports a lancé une série de mesures pour réguler l’usage des motos, incluant l’immatriculation obligatoire et le port du casque. Cependant, ces initiatives suscitent des résistances.
Moustapha Gueye, conseiller technique en sécurité routière au ministère des Transports terrestres et aériens, a récemment abordé les mesures de régulation des deux-roues lors de l’émission Champ contre Champ. Cette initiative, entamée par les nouvelles autorités, a suscité des réactions diverses, notamment à Ziguinchor, Kaolack et Dakar.
Moustapha Gueye a reconnu les frustrations générées par ces mesures, mais il souligne que des discussions sont prévues pour clarifier la situation. « C’est une mesure prise dans l’intérêt de la sécurité publique et routière », a-t-il déclaré. En effet, chaque année, environ 800 décès sont enregistrés au Sénégal à cause des accidents de la route selon lui.
Les nouvelles mesures comprennent l’immatriculation des deux-roues et le port obligatoire du casque. Pour atténuer les difficultés rencontrées par les conducteurs, le ministre des Transports a temporairement suspendu les contrôles sur les plaques d’immatriculation. Cette suspension permet aux propriétaires de régulariser leurs véhicules en obtenant gratuitement une carte grise et en effectuant les mutations nécessaires.
Monsieur Gueye a expliqué que durant les étapes de la régularisation : les propriétaires doivent fournir divers documents, tels que les déclarations de douane et le certificat de mise en consommation. Une fois ces documents vérifiés, l’État prend en charge les frais de traitement jusqu’à l’obtention de la carte grise. Les propriétaires devront ensuite payer pour faire inscrire le numéro d’immatriculation sur leur moto. « Maintenant, si vous obtenez votre carte grise, il y a un numéro qui est écrit dessus. Vous devez trouver quelqu’un qui va inscrire ce numéro sur votre moto mais là ce n’est pas l’état qui fait ce travail se sont des concessionnaires privés que vous payez. » dit-il
Selon Moustapha Gueye, le ministre des Transports a ouvert plusieurs centres d’immatriculation surtout à Dakar pour éviter la saturation des services existants. Il a assuré que le dialogue reste privilégié pour surmonter les incompréhensions et faciliter la régularisation. « On va privilégier le dialogue d’abord parce que dans toutes les contestations c’est d’abord une incompréhension. Certes il y a eu des contestations mais c’est n’est pas comme on le présente sur les réseaux sociaux parce qu’à Kaolack rien que la journée d’hier les statistiques font état de 150 mutations pour la journée d’aujourd’hui nous sommes à un taux de 450 mutations donc ceux qui ont des papiers complets sont en train de faire leurs mutations. Ceux qui n’ont pas de papiers ont besoin d’orientation pour savoir les démarches mais si la moto est légalement acquise. Donc il n’y a aucun problème sur la procédure peut-être c’est la communication avec eux qui fait défaut pour certains d’entre eux. Mais le travail continue et on va poursuivre les discussions aussi. »
Il a également précisé que les autorités ne comptent pas revenir sur ces mesures, car elles visent à réduire les accidents de la route, particulièrement ceux impliquant des deux-roues.
« Si les autorités reculent cela veut dire qu’on veut encore continuer de compter des morts sur nos routes. Parce que les deux tiers des accidentés au Sénégal ce sont les conducteurs des deux-roues et dans les capitales régionales les Jakarta causent beaucoup d’accidents. On ne peut pas avoir zéro cas d’accident mais on peut limiter ou amoindrir les risques d’accident. Et cela passe par un esprit tranquille avec des papiers complets. Et ce n’est pas une mesure de contrainte aussi donc je ne vois pas pourquoi l’état reculerait. Cette mesure c’est juste l’application de la loi. »
La période de gratuité des mutations s’étend jusqu’au 13 mars 2025. Après cette date, les contrôles habituels reprendront. Moustapha Gueye a évoqué la possibilité d’ouvrir des discussions sur le transport des motos-taxis à Dakar, tout en insistant sur la nécessité d’une approche légale et encadrée.
«Au Sénégal vous ne pouvez pas sortir une disposition légale qui permet le transport des motos taxis mais néanmoins il y a le circulaire de 2012 qui permet le transport des motos taxis dans les agglomérations régionales hors de Dakar mais dans la hiérarchie des normes un circulaire ne peut pas remplacer une loi. Donc c’est juste des autorisations parce que le transport des motos à Dakar dans le cadre légal n’existe pas encore mais on peut ouvrir des discussions je ne dis pas qu’on va le faire ou pas. Mais on doit en discuter avec tous les acteurs pour voir la faisabilité ou non ou bien les autres alternatives mais avec tous les acteurs. Les autorités ont une volonté de discuter de tous ces sujets sur le prolongement des états généraux des transports donc ils n’ont pas à s’inquiéter. » rassure-t-il
MORTALITÉ MATERNELLE, LE SÉNÉGAL VISE UNE RÉDUCTION SIGNIFICATIVE D’ICI 2028
Dans son nouveau plan stratégique, le pays ambitionne de réduire la mortalité maternelle à 94 décès pour 100 000 naissances vivantes contre 153 en 2023.
Le Sénégal vise un objectif de 94 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2028 dans le cadre d’un nouveau plan stratégique, a-t-on appris, vendredi, du chef de la cellule de promotion et partenariat à la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (Dsme), Massamba Sall.
‘’Dans le nouveau plan stratégique de la DSME, l’objectif est de réduire la mortalité maternelle de 153 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2023 à 94 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes d’ici 2028’’, a déclaré Massamba Sall.
Il intervenait lors d’un atelier axé sur l’utilisation du digital pour la promotion de la santé sexuelle et reproductive et la création de contenus en ligne organisé par l’Association des journalistes en santé population et développement (Ajspd).
Massamba Sall a ajouté que ce plan vise aussi à ‘’réduire la mortalité infanto juvénile de 40 décès pour 1000 naissances vivantes en 2023 à 29,3 décès pour 1000 naissances vivantes en 2028’’.
Il a relevé aussi que »ce plan veut également réduire la mortalité néonatale de 23 décès pour 1000 naissances vivantes en 2023 à 15,1 décès pour 1000 naissances vivantes’’.
Concernant la mortalité infantile, ‘’le plan ambitionne de passer de 31 décès pour 1000 naissances en 2023 à 20,4 décès pour 1000 naissances vivantes d’ici 2028’’, a indiqué Massamba Sall.
Au-delà des objectifs liés aux données des indicateurs, le nouveau plan stratégique de la DSME souhaite une intégration des intrants nutritionnels dans le circuit de distribution de la SEN-PNA.
»Il est attendu du plan l’aménagement d’espaces Ado/jeunes dans toutes les structures sanitaires, le respect des normes en ressources humaines, les équipements de même que l’amélioration de la gouvernance et de la redevabilité ’’, a expliqué M. Sall.
Il a rappelé que le Sénégal est à ‘’153 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes’’.
Le Cap-Vert et le Sénégal ont les meilleurs indicateurs en Afrique subsaharienne, a-t-il relevé, soulignant toutefois que »des défis existent ».
‘’Ces défis tournent autour du renforcement de la sensibilisation et du plaidoyer pour la promotion de comportements favorables à la santé. L’autre défi c’est la révision de la loi sur la Santé de la reproduction (SR) et la signature de décrets d’application », a-t-il signalé.
A cela s’ajoutent la fonctionnalité des structures Soins obstétricaux du nouveau-né (SONU) existantes 24/24 et 7 jours /7 de même que la mise en place de coins nouveau-né en respectant les normes dans toutes les maternités.
FESPACO 2025, 235 FILMS EN COMPÉTITION DANS TOUTES LES CATÉGORIES
La 29ᵉ édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou mettra à l’honneur 18 films sénégalais pour compétir dans différentes catégories, du 22 février au 1ᵉʳ mars prochain.
Le comité d’organisation de la 29ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) a dévoilé, vendredi, une liste de 235 films provenant de 48 pays d’Afrique dont dix-huit du Sénégal, sélectionnée pour compétir dans toutes les catégories du 22 février au 1er mars prochain, a appris l’APS.
Le Sénégal sera représenté par dix-huit films, dont le long métrage fiction ‘’Demba’’ de Mamadou Dia en course pour l’Etalon d’or de Yennenga.
Sur une liste de 1351 films visionnés, le comité de sélection a retenu 235, venant de 48 pays, a déclaré le président du comité général d’organisation, Bétamou Fidèle Aymar Tamini, lors d’une conférence de presse à Ouagadougou.
‘’C’est l’une des rares fois qu’autant de films soient sélectionnés sur tout le continent africain. Nous sommes très fiers de cette sélection, c’est une belle cuvée avec beaucoup de premières mondiales . Ce sont des films qui reflètent la dynamique de la production africaine, l’esprit de créativité de nos réalisateurs. Cela montre l’importance du Fespaco dans cette panoplie de festivals’’, a analysé le délégué général du Fespaco, Alex Moussa Sawadogo.
Selon les documents transmis à l’APS, ‘’Demba’’ du cinéaste Mamadou Dia est le seul film sénégalais en lice pour l’Etalon d’or du Yennenga dans la catégorie long métrage fiction où on retrouve 17 films de seize nationalités en compétition officielle.
‘’Le Sénégal qui est toujours présent avec un film. (…) +Demba+ très beau film qui traite de la vie après la retraite, un film qui donne à réfléchir sur notre rapport à la société’’, a dit le délégué général.
Cette sélection ‘’honore’’ son réalisateur Mamadou Dia, pour qui ‘’c’est une victoire d’aller au Fespaco et +Demba+ est un film fait collectivement’’.
‘’Le Fespaco reconnait tout un travail d’équipe dont celui qui a été fait majoritairement avec des connaissances et des finances locales. Cela nous rend d’autant plus heureux que c’est notre festival, le festival panafricain dont on rêvait d’aller. Toute l’équipe du film est contente’’, a réagi Mamadou Dia par liaison téléphonique.
M. Dia a ajouté que ’’Demba est un film très personnel » qu’il va partager à »ce festival de grande classe ». »Il est donc important que les habitants de Matam connaissent cela, c’est tout un plaisir’’, a t-il dit.
Le pays invité d’honneur, le Tchad est représenté dans cette catégorie par le film ‘’Diya de Achille Ronaimou tandis que le pays organisateur, le Burkina Faso, est le seul représenté par deux films à savoir ‘’Katanga, la danse des scorpions’’ de Dani Kouyaté et ‘’Les Invertueuses’’ de Chloé Aïcha Boro.
Les pays habitués, comme le Maroc, le Mali, la Tunisie, l’Algérie et la République démocratique du Congo y sont représentés chacun par un film, non sans oublier de signaler le retour du Nigéria.
Selon le délégué général, de rares pays figurent dans cette sélection.
Il s’agit, dit-il ‘’ de la Guinée Bissau et du Cap-Vert’’, qui »inscrit tout doucement son nom sur la carte des cinémas d’Afrique’’.
D’autres sélections seront dévoilées dans quelques jours au Tchad pays invité d’honneur, annonce Alex Moussa Sawadogo.
Liste des films sénégalais sélectionnés
Long métrage fiction
‘’Demba’’ de Mamadou Dia
Fespaco shorts (courts métrages)
‘’2002, bataille contre l’oubli’’ de Abdoul Aziz Basse
‘’Beutset’’ de Alicia Mendy
‘’Langue maternelle’’ de Mariama Ndiaye
‘’Lees waxul’’ de Yoro Mbaye
‘’Nous les griots’’ de Demba Konaté
Fespaco Séries télévisions
‘’Debbo’’ de Abdoulahad Wone
‘’Hair lover’’ de Babacar Niang
Fespaco Sukabé (pour les enfants)
‘’Kreme’’ de Magaye Gaye
‘’Les yeux de Mabil’’ de Khadiatou Sow
‘’Timpi tampa (empreinte)’’ de Adama Bineta Sow
Films d’animation
‘’Les aventures de Kady et Djudju (l’empire du Ghana)’’ de Fatoumata Bathily
‘’Milimo’’ de kémane Bâ
Section Panorama
‘’Banel et Adama’’ de Ramata-Toulaye Sy
‘’Ndar -Saga Waalo’’ de Ousmane William Mbaye
‘’Yambo Ouologuem, la blessure’’ de Kalidou Sy
Fespaco VR
»Dakar faan Club » (série)
»Ndokette » Atelier N’dokette (Sénégal-Guinée)
VIDEO
L'ARMÉE FANTÔME DE MACRON EN AFRIQUE
Derrière ses départs médiatisés du continent africain se cache une réalité plus complexe : dans des aéroports désaffectés, des écoles de cybersécurité et des missions de conseil, l'armée française réinvente sa présence
Du déploiement spectaculaire aux opérations furtives, l'armée française opère une mutation sans précédent sur le continent africain. Exit les bases militaires imposantes et les défilés de Mirage dans le ciel sahélien. Une nouvelle stratégie, plus discrète mais tout aussi stratégique, prend forme dans l'ombre.
Cette métamorphose s'illustre parfaitement au Bénin. Là où jadis les uniformes français s'affichaient ouvertement, des agents opèrent désormais sous couvert d'instructeurs. L'aéroport supposément désaffecté de Tourou s'est transformé en hub secret de surveillance, où drones et avions de reconnaissance scrutent silencieusement les frontières avec le Niger et le Mali.
En Côte d'Ivoire, la transformation est encore plus subtile. Le retrait très médiatisé du 43e BIMA masque une réinvention complète du dispositif militaire. Une école de cybersécurité a pris racine, pendant qu'un réseau discret de renseignement se déploie dans l'ombre des anciennes installations.
Le changement s'étend jusqu'aux méthodes d'influence. Les bataillons d'infanterie cèdent la place aux experts en guerre numérique. Les réseaux sociaux deviennent le nouveau champ de bataille, où des cellules spécialisées mènent des opérations d'influence sophistiquées.
Cette transformation forcée, née des expulsions successives du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et du Sénégal, dessine les contours d'une nouvelle ère. L'armée française, autrefois symbole de puissance visible, se réinvente en force invisible. Une révolution silencieuse qui marque la fin d'une époque et le début d'une autre, plus discrètement mais non moins présente.
LE SÉNÉGAL, DEUXIÈME PLUS GRAND IMPORTATEUR DE LAIT EN AFRIQUE DE L’OUEST
En 2021, 75 % de ses besoins en lait ont été couverts par des poudres lactées enrichies en matières grasses végétales, représentant une facture de plus de 145 milliards de FCFA.
Les importations de l’Afrique de l’Ouest en produits laitiers s’élèvent à 2,14 milliards d’euros (plus de 1 401 milliards de FCFA) en 2020, soit environ 3 % des importations mondiales de produits laitiers selon la revue « Economie rurale » publiée en décembre 2023. Ce document, produit par le chercheur Djiby Dia de l’Institut sénégalais de recherches agricoles et d’autres experts français, est intitulé : « L’essor du commerce de poudres lactées ré-engraissées avec de l’huile de palme : Le cas des exportations européennes en Afrique de l’Ouest ».
D’après cette enquête, l’Union européenne est de loin le premier fournisseur en produits laitiers de l’Afrique de l’Ouest avec 69 % de ses importations en 2020 contre 60 % en 2010. « Les quatre principaux pays clients de l’Ue en Afrique de l’Ouest sont le Nigeria (32 % du total des exportations de produits laitiers en 2020), le Sénégal (20 %), la Côte d’Ivoire (10 %) et le Mali (7 %) », souligne la revue.
S’agissant des poudres lactées liées aux Matières grasses végétales (Mgv), le Sénégal vire en tête concernant la valeur financière des exportations de l’Ue. En 2021, Bruxelles a gagné 223 millions d’euros, soit plus de 145 milliards de FCFA au Sénégal. Il s’agit de 75 % des besoins en lait du pays. Le Nigéria occupe la deuxième place avec plus de 142 milliards de FCFA, soit 46 % de ses besoins laitiers alors que la Côte d’Ivoire complète le podium avec 47,6 milliards de FCFA, soit 49 % des produits laitiers. En somme, l’Ue a obtenu un montant de 781 millions d’euros, soit près de 510 milliards de FCFA en Afrique de l’Ouest rien qu’en exportant des poudres lactées Mvg au cours de l’année 2021.
De plus, l’Afrique de l’Ouest représente 36 % des exportations européennes de poudres de lait Mvg en 2021. « Le Sénégal et le Nigeria occupent la première place des pays importateurs avec chacun 28 % du total des poudres Mgv européennes importées en Afrique de l’Ouest en 2021 », mentionnent les chercheurs. Contactée, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) précise qu’en 2022, le disponible en lait était de 573,8 millions de litres dont 50 % provenant de la production locale et 50 % des importations. Cependant, l’Ansd note que les importations de lait et de produits laitiers sont passées de 178,3 millions en 2021 à 285,9 millions de litres en 2022, soit une augmentation de 60 % en valeur relative et de 107,6 millions de litres en valeur absolue. « Cette situation s’explique par une hausse du lait en poudre de 66 %. La consommation per capita est de 37,05 litres/hbt », indique l’Ansd qui signale que 95 % du lait en poudre provient de l’Ue.
PAR CHERIF DIOP
PASTEF, LE DILEMME DES MILITANTS BIGOTS
Dans un contexte où le Sénégal expérimente une nouvelle alternance politique, le Pastef se retrouve face à un dilemme inédit : composer avec une frange de militants aux positions radicales, devenus un contre-pouvoir informel
Dans un contexte où le Sénégal expérimente une nouvelle alternance politique, le Pastef se retrouve face à un dilemme inédit : composer avec une frange de militants aux positions radicales, devenus un contre-pouvoir informel. Entre loyauté envers ces cerbères du Projet et protection des institutions républicaines, Ousmane Sonko et son gouvernement naviguent en eaux troubles. Dans cet article incisif, cherif Diop explore les enjeux de cette contestation interne, l'impact des réseaux sociaux entre autres.
Au Sénégal, la troisième alternance fait face à un contre-pouvoir d’un nouveau genre.
Si la détention du pouvoir procède de l’élection, son exercice se lie à d’autres mécanismes de gestion.
À ce propos, le lancement prochain de la plateforme Ligeeyal sa reew, « qui permettra à chaque Sénégalais de déposer sa candidature aux postes publics en compétition » est à rebours de la levée de boucliers contre la nomination de citoyens non membres de Pastef ou qui auraient critiqué le Projet. Chaque Sénégalais, quelle que soit son origine ou ses opinions a sa place au sein de la République, sauf celles et ceux qui affichent des penchants, ethnicistes, séparatistes. Les autorités ont la responsabilité de contourner les marches du communautarisme qui mènent tout droit vers un gouffre bien sombre. Les sympathisants bigots de Pastef disent exprimer leur désaccord au nom de la démocratie. Cependant, cette contestation « démocratique » interne peut paraître cocasse à bien des égards, mais révèle une nouvelle donne pas si inintéressante, si elle est utilisée à bon escient.
Un contre-pouvoir d'un nouveau genre
Ousmane Sonko n’est pas Périclès le père de la démocratie radicale, et on est encore très loin de la démocratie athénienne mais, Pastef a promis une révolution copernicienne de la gestion des affaires de la cité « Li nieup book, nieup jotsi ». Sous ce prisme, la « rébellion » née de la nomination de Aoua Bokar Ly, la deuxième du genre après l’épisode Samba Ndiaye, est de bon augure, si de tels agissements peuvent servir l’intérêt général et non le desiderata « pastéfien ». Au Sénégal, le bon vouloir de l’autorité a très souvent prévalu. Or, « Il faut que le pouvoir arrête le pouvoir », formule célèbre de l’une des figures clés des lumières. À la lumière de cette vive polémique, les militants bigots ont montré qu’ils peuvent jouer le rôle d’un puissant contrepouvoir certes informel, mais tout aussi redoutable, au point de faire réagir nuitamment leur président de parti. Le maharaja de pastef s’est érigé en bouclier du chef de l’État contre les patriotards à l’insulte abondante à l’endroit du président de la République.
La constitution sénégalaise a fait de son gardien « un monarque élu » qui s’arroge presque tous les pouvoirs.
Le changement « systémique » tant chanté ferait un pas de géant, si les cerbères du PROJET se muent en défenseurs du temple républicain. Contrôlant l’action de l’ État, de la même manière qu’ils ont réussi, un temps, à imposer un récit dominant au sein de l’opinion, par le canal révolutionnaire des réseaux sociaux. Et si cette même volonté guidait leur jugement objectif de l’action publique ? Ce tournant historique permettrait une surveillance constante du mode de gestion de nos autorités. De telle manière que, tout poste convoité ne soit plus un privilège encore moins une sinécure. À cette condition, l’avènement de Bassirou Diomaye Faye se révélera une véritable respiration démocratique. En attendant l’effectivité de la transformation socio-économique du Sénégal, une autre paire de manches.
DÉCÈS DE L'ANCIEN MINISTRE SOCIALISTE TIJANE SYLLA
Auteur d’un ouvrage marquant sur le leadership africain, il a consacré sa vie à la réforme des organisations, à la formation des leaders et à la valorisation de la culture africaine.
Chérif Cheikh Ahmed Tijane Sylla, ancien ministre du Tourisme et des Transports sous le régime d’Abdou Diouf, s’est éteint ce vendredi 10 janvier 2025 à Dakar.
Tijane Sylla, titulaire d'un MBA d'HEC-Montréal, était également diplômé en psychopathologie et en psychologie industrielle de l’Université René Descartes-Sorbonne. Il a débuté sa carrière comme conseiller en organisation au Bureau Organisation et Méthodes (BOM), avant de gravir les échelons pour occuper des postes stratégiques dans des entreprises publiques et différents portefeuilles ministériels. Il fut notamment ministre de la Réforme du secteur parapublic, du Tourisme et du Transport aérien, ainsi que secrétaire général de la présidence de la République du Sénégal.
Enseignant associé au CESAG et à l’IAM, Tijane Sylla a joué un rôle clé dans la formation des futures générations de leaders africains. Il était par ailleurs administrateur de Global Credit Rating West Africa (GCRWA) et président du Conseil d’administration de la Société Nouvelle des Salins du Sine Saloum (SNSS).
Une vision pour l’Afrique
Tijane Sylla était l’auteur de l’ouvrage "Culture africaine, organisation et leadership", une critique approfondie de l’analyse culturaliste de l’entreprise africaine. Ce livre explore la transformation des sociétés africaines face à l’ouverture culturelle et économique, et souligne le rôle actif des individus dans l’adaptation des techniques et des méthodes de gestion importées. L’ouvrage interroge également la possibilité de transformer une expérience personnelle de gestionnaire en savoirs scientifiques utiles à l’amélioration de la gestion en contexte africain.
Lors de sa dernière apparition publique en 2017, Tijane Sylla, fidèle à ses convictions socialistes, avait déploré la perte de confiance entre les acteurs politiques au sein du Parti Socialiste. « Ce que je regrette, comme beaucoup de Sénégalais, c’est le manque de confiance et la défiance qui se sont installés dans les rapports entre les acteurs politiques. Et comme dans les couples, la faute est toujours partagée », avait-il confié lors de l’émission "Grand Jury" de RFM.
Le décès de Tijane Sylla marque la disparition d’un intellectuel visionnaire et d’un homme d’action qui a consacré sa vie à la réforme des organisations, à la formation des leaders et à la promotion de la culture africaine. Son héritage restera gravé dans l’histoire du Sénégal et au-delà.
JEAN KONÉ TRACE SA FEUILLE DE ROUTE À LA TÊTE DE LA DGID
Le nouveau directeur général des Impôts et Domaines s’engage à renforcer l’efficacité fiscale au Sénégal. Il promet une administration adaptée et performante pour atteindre les objectifs de développement du pays.
Le nouveau directeur général des Impôts et Domaines (Dgid), Jean Koné, a décliné sa feuille de route. Il s'est fixé comme priorités de mobiliser toute l'administration fiscale pour mettre en œuvre «une fiscalité efficace et équitable» qui, dit-il, a toujours été à la base des activités de la Dgid.
«Nous allons tout faire pour relever ces défis à même de contribuer à l'atteinte des objectifs de développement», a-t-il confié à nos confrères de la Rfm.
En outre, il ambitionne de relever sensiblement les capacités de mobilisation de ressources internes au travers de la politique fiscale, maillon le plus important de la politique budgétaire du Sénégal.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la «politique de relèvement sensible des recettes de l'État à travers les leviers et mécanismes déjà prévus par le Code général des impôts » qu'il entend dérouler, il compte instruire « toute l'administration fiscale suffisamment outillée, motivée et préparée à s'adapter pour travailler à mobiliser de manière optimale les recettes fiscales auprès de tous ceux qui doivent à l'Etat, aussi bien les particuliers que les entreprises ».
COUPE DE LA CAF, LE JARAAF JOUERA SA SURVIE, DIMANCHE, CONTRE L’ASEC MIMOSAS
Au match aller, le club ivoirien avait dominé le vice-champion du Sénégal, 2-0.
Dakar, 10 jan (APS) – Le Jaraaf de Dakar et l’ASEC Mimosas d’Abidjan vont se rencontrer dimanche au stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio (près de Dakar), pour la cinquième journée de la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF), chacune des équipes étant dans l’obligation de gagner ce match pour la qualification aux quarts de finale.
Le club dakarois et son adversaire ont le même nombre de points, 5.
C’est une rencontre décisive pour l’équipe de La Médina – un quartier de Dakar -, qui a battu Orapa United FC du Botswana, dans les dernières secondes d’un match de la quatrième journée.
Le Jaraaf jouera cette rencontre sans ses supporters en raison d’une sanction de la CAF.
Au match aller, l’ASEC Mimosas avait dominé le vice-champion du Sénégal, 2-0.
Le match de dimanche s’annonce très électrique en raison de l’enjeu, la qualification aux quarts de finale de la Coupe de la CAF.
Le club dakarois peut compter sur le réveil d’Almamy Mattheuw Fall, l’un de ses attaquants et auteur du but du match de la quatrième journée.
L’entraîneur Malick Daf et ses joueurs joueront contre l’USM d’Alger la dernière journée des poules de la Coupe de la Confédération africaine de football.
Ce club algérien, qui tient la première place de la poule, va rencontrer ce week-end l’Orapa United FC.
LE CNRA OBLIGÉ DE FAIRE SA MUE OU DE PÉRIR
Moussa Sarr, sociologue et dirigeant de "Lachine Lab - l'auberge numérique" pointe du doigt une institution prisonnière d'une vision linéaire du monde, alors que l'écosystème médiatique connaît une croissance exponentielle
“Etude critique du Cnra : Une régulation linéaire dans un monde exponentiel.” tel est l’intitulé de la contribution de Moussa Sarr, sociologue et président directeur général de “Lachine Lab - l'auberge numérique”. a travers sa tribune, il met en évidence les limites du Cnra et suggère une refonte nécessaire à l’ère de la transformation numérique.
Le Conseil national de régulation de l'audiovisuel (CNRA) du Sénégal vit difficilement la révolution digitale. Et il en subit souvent les contrecoups quand il essaye d’assurer pleinement ses missions.
Dans une contribution parvenue hier à “L’AS”, le sociologue, Moussa Sarr, rappelle que le CNRA, dans sa forme actuelle, représente un instrument d’ancrage dans une économie linéaire et un frein à l’avènement d’un écosystème audiovisuel résolument tourné vers l’avenir. C’est pourquoi, dit-il, il est urgent de réarticuler sa mission, sa composition et ses outils pour permettre au Sénégal de se projeter dans un futur où régulation et innovation coexistent harmonieusement.
Pour le chercheur et Président Directeur Général de “Lachine Lab - l'Auberge Numérique”, le CNRA du Sénégal est une institution dont la structure et les missions, bien que pertinentes lors de sa création, s’inscrivent aujourd’hui dans une logique linéaire, inadaptée aux exigences de l’économie exponentielle.
En effet, souligne-t-il, du point de vue de sa composition institutionnelle, cet organe de l'État sénégalais est figé. Non sans ajouter qu’elle ne reflète pas les stratégies de rupture annoncées par le régime actuel. “Le CNRA se compose de neuf membres représentant divers segments de la société civile : universitaires, artistes, associations féminines, jeunesse, et droits de l’homme”, a-t-il fait constater avant d’indiquer que si cette représentation pluraliste peut sembler être un atout, elle reflète une vision statique et linéaire du paysage audiovisuel.
Toujours, selon Dr Moussa Sarr, la durée fixe des mandats, l’absence de renouvellement, et la sélection centralisée par le président de la République dénotent un modèle organisationnel rigide, contraire à la flexibilité nécessaire pour anticiper les mutations rapides de l’économie numérique. En comparaison, souligne-t-il, les organisations de l’économie exponentielle favorisent des structures évolutives, horizontales et collaboratives, permettant une adaptation continue et rapide aux nouvelles tendances. Nonobstant son profil obsolète, le sociologue indique que ses missions sont ancrées dans le passé et ne répondent plus aux appels de l'économie exponentielle. En effet, il estime que le mandat du CNRA se concentre sur le respect des règles de pluralisme, d’éthique et de déontologie, ainsi que sur l’application des lois en vigueur. “Ces objectifs, bien qu’essentiels, traduisent une approche réactive plutôt qu’anticipatoire”, a-t-il relevé. Or, précise-t-il, les institutions doivent non seulement réguler mais aussi stimuler l’innovation en préparant des cadres adaptés aux technologies exponentielles telles que l’intelligence artificielle, la blockchain et la réalité virtuelle. Le CNRA, à l’opposé, perpétue une économie de croissance linéaire en se limitant à une fonction de contrôle, déplore-t-il.
Les fortes recommandations de Moussa Sarr
Selon le chercheur, l’actuel gouvernement doit revisiter cet organe et proposer au Président un remodelage digne des politiques de rupture qu'ils veulent instaurer au Sénégal.
Dr Moussa Sarr note ainsi que le CNRA met l’accent sur la réglementation des contenus audiovisuels existants sans encourager les initiatives disruptives. Alors que les entreprises de l’économie exponentielle, telles que Netflix ou YouTube, redéfinissent les modèles économiques en exploitant les dynamiques de réseaux, l’analyse de données massives et l’automatisation. “Ces organisations intègrent l’anticipation dans leur ADN, adoptant des visions stratégiques capables de transcender les frontières sectorielles”, a-t-il fait savoir.
De ce fait, il pousse l’actuel régime à mener des réformes tout en articulant ses propositions sur la régulation comme levier de transformation. Et pour que le CNRA devienne un vecteur d’accélération vers une économie numérique dynamique, il pense qu’il doit adopter une approche proactive. Cela passe d’abord, dit-il, par la révision de sa composition en intégrant des experts en technologie, en économie numérique et en prospective, afin de mieux capter les signaux faibles de transformation
Ensuite, il appelle les autorités à adopter un cadre réglementaire souple afin de créer des "bacs à sable" réglementaires pour expérimenter de nouvelles approches audiovisuelles.
En plus, il préconise la mise en place d’un observatoire technologique pour surveiller et anticiper les innovations perturbatrices afin de guider les politiques publiques
Aussi, il exhorte le gouvernement à établir des partenariats stratégiques pour collaborer avec des écosystèmes globaux afin de bénéficier des meilleures pratiques en matière de régulation
Enfin, Moussa Sarr propose à l'administration Bassirou Diomaye Faye de s'orienter vers une réforme anticipatoire. A l’en croire, cette réforme du CNRA doit être assumée par les pouvoirs publics sénégalais pour aligner la régulation audiovisuelle sur les exigences de l’économie exponentielle.“Cette transformation permettra au Sénégal de devenir un acteur majeur de la région dans la production et la diffusion de contenus innovants”, a-t-il conclu.