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3 avril 2025
PAR Abdoul Aziz Diop
MULTIPLE PHOTOS
SONKO S’INVITE À LA RÉCRÉ GÉOPOLITICIENNE DE MACRON
Il est temps que le cartésianisme diplomatique du Sénégal auquel le premier ministre doit être initié assure au pays un niveau de développement économique et social gagé avant tout sur l’idée non moins cartésienne de contrepartie
Le 6 janvier 2025 à Paris, à l'occasion de la Conférence des Ambassadrices et des Ambassadeurs, le président français Emmanuel Macron laisse entendre que « pour tous les gouvernants africains qui n'ont pas eu le courage vis-à-vis de leurs opinions publiques, aucun d'entre eux ne serait aujourd'hui avec un pays souverain si l'armée française ne s'était pas déployée dans cette région ». À cela, le premier ministre du Sénégal Ousmane Sonko répond en écrivant que « la France n’a ni la capacité ni la légitimité pour assurer à l’Afrique sa sécurité et sa souveraineté ». Plus loin dans son propre discours, Emmanuel contrarie Macron, apportant de l’eau au moulin de Sonko en précisant qu’« on est partis parce qu'il y a eu des coups d'État, parce qu'on était là à la demande d'États souverains qui avaient demandé à la France de venir. » Tout ça pour ça ?
L’exercice élyséen de géopolitique géopoliticienne auquel s’est précipitamment invité Ousmane Sonko distrait d’une extraordinaire avance sénégalaise qui fait que le pays de la Téranga se donne, depuis 2012 disons, chaque jour davantage, les moyens de sa souveraineté internationale et de la paix intérieure dont il a besoin pour sa contribution exceptionnelle aux grands débats africains et son développement économique et social.
De notre souveraineté internationale
En conformité avec l’esprit et la lettre de deux communiqués de l’Union Africaine sur la situation en Ukraine au début des affrontements avec la Russie, le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 2 mars 2022 réaffirme « l’attachement du Sénégal au respect de l’indépendance et de la souveraineté des États, ainsi qu’à l’application sans discrimination des règles du droit international humanitaire notamment en situation de conflit ». S’y ajoute « l’adhésion du Sénégal aux principes du Non-alignement et du règlement pacifique des différends ». « Macky s’aligne sur le non-alignement », titre le quotidien Les Échos daté du jeudi 3 mars 2022. Le journal mentionne alors l’abstention du Sénégal lors de la réunion d’urgence de l'Assemblée générale des Nations Unies examinant la résolution sur la situation en Ukraine.
Même si les données, provenant initialement de l'Economist Intelligence Unit, montrent que le niveau de capacité et de sophistication militaire du Sénégal, classé 1-5 (bas-haut), d’après une évaluation qualitative de la sophistication militaire et l'étendue de la recherche et du développement militaire, est supérieur à celui de tous les autres pays membres de la CEDEAO, le Sénégal demeure attaché à un ordre mondial post-clausewitzien (sans guerre). On comprend alors aisément pourquoi les Nations Unies se tournent vers le Sénégal dès lors qu’il s’agit de maintenir la paix retrouvée en Afrique au Sud du Sahara et partout ailleurs dans le monde.
De la paix internationale et intérieure
En matière de paix, deux indicateurs de la Global Peace Index - et pas les seuls - montrent que le Sénégal a plutôt la stature d’un grand pays. Les indicateurs en question sont le Niveau global de paix classé 1-5 (haut-bas) et le Niveau de financement des missions de maintien de la paix des Nations Unies classé 1-5 (bas-haut) reçu par le pays.
D’après la Global Peace Index - organisme indépendant - le niveau global de paix au Sénégal montre que notre pays se porte mieux que les deux plus grandes puissances économiques du monde que sont la Chine et les États-Unis d’Amérique (Voir graphiques 1 et 2 en illustration du texte)
Comme on l’entend souvent chez nous, « le Sénégal est un pays de paix ». Le Sénégal est même un pays de grande paix comparé à l’Allemagne (Graphique 3) et à la France (Graphique 4).
Il ressort des deux derniers graphiques (3 et 4) que même si l’Allemagne et la France surclassent le Sénégal en matière de Niveau global de paix, notre pays est au secours des deux plus grandes nations de l’Union européenne et de presque toutes les autres nations du monde entier dès lors qu’on s’intéresse au second indicateur de la Global Peace Index (Graphiques 5 et 6), c’est-à-dire le Niveau de financement des missions de maintien de la paix des Nations Unies classé 1-5 (bas-haut) reçu par le pays.
Nous sommes le monde dès lors qu’il s’agit de maintenir la paix. Quid de l’économie, de la monnaie et du développement ?
Il ne fait aucun doute qu’à la lumière de ce qui vient d’être dit, il n’y a pas de corrélation positive immédiate entre la paix et le développement au Sénégal. Nous devons néanmoins nous demander pourquoi notre leadership mondial incontesté en matière de paix intérieure et de maintien de la paix dans le monde ne nous vaut toujours pas la contrepartie que les Sénégalais sont en droit d’en attendre. Nos dirigeants depuis notre accession à la souveraineté internationale sont tous légitimés à exiger ladite contrepartie en échange de notre engagement sur tous les terrains de conflit dans le monde. Lorsqu’elle ne se manifeste pas sous forme de financements massifs venant des pays industrialisés qui regardent du côté du Sénégal pour le retour de la paix dans le monde, notre pays est fondé à obtenir, du fait de son leadership mondial en matière de paix, une voix prépondérante qui l’autorise définitivement à indiquer une direction suivie par tous nos partenaires techniques et financiers et les Nations Unies dans les domaines cruciaux que sont la souveraineté monétaire à travers l’Eco ou tout autre mécanisme alternatif, la croissance inclusive et le développement économique et social.
Il est temps que le cartésianisme diplomatique du Sénégal auquel Ousmane Sonko doit être initié assure au pays un niveau de développement économique et social gagé avant tout sur l’idée non moins cartésienne de contrepartie. C’est à cette réflexion que nous invitons le premier ministre pour sortir des jugements globaux dont l’électorat de sa faction est de moins en moins dupe pour cause de désenchantement postélectoral chaque jour grandissant. Pourtant le président Diomaye avait été clair avec son premier ministre le 31 décembre 2024 : « Je sais que chaque foyer sénégalais aspire à de meilleures conditions de vie, à une justice sociale accrue et à la certitude que l’État sert véritablement l’intérêt général. C’est pour répondre à cette légitime aspiration que le Premier ministre, Monsieur Ousmane Sonko, à qui je réitère ma confiance absolue, a présenté devant l’Assemblée nationale sa Déclaration de Politique Générale. »
Une chose est sûre : les données brutes mises en lumière dans cette tribune montrent qu’il ne suffit pas de s’inviter à la folle récréation parisienne de géopolitique géopoliticienne pour se conformer, encore qu’il est temps, à l’esprit et à la lettre de la dernière adresse à la Nation du président Faye. Ce dernier paraphera, le moment venu, les petits et moins petits accords entre diplomates sénégalais et français pour le compte des deux États souverains.
GAZA, MALICK NDIAYE PLAIDE EN FAVEUR D’UN RETOUR RAPIDE À LA PAIX
Le président de l’Assemblée nationale a reçu en audience l’Ambassadeur de Palestine ce mercredi. Tout en dénonçant les violences, il a réitéré l’engagement du Sénégal en faveur d’une solution durable et équitable.
Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Malick Ndiaye, a accordé, ce mercredi 8 janvier, une audience à Son Excellence Nasser Jaddalah, Ambassadeur de la Palestine au Sénégal. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts continus pour renforcer les relations bilatérales entre les deux pays et promouvoir la diplomatie parlementaire, pilier essentiel de la coopération internationale.
Lors de cet entretien, Malick Ndiaye a exprimé sa profonde préoccupation face à la détérioration de la situation humanitaire à Gaza. Qualifiant cette crise de « massacre », il a dénoncé les violences persistantes et plaidé pour un retour rapide à la paix. Il a également souligné l’urgence de trouver une solution durable et équitable pour mettre fin à cette tragédie humaine.
Le Sénégal, à travers son Assemblée nationale, a réitéré son soutien indéfectible au peuple palestinien. Le président Ndiaye a rappelé que le pays demeure fidèle à ses principes de solidarité internationale et s’aligne sur les efforts globaux en faveur de la paix et de la stabilité dans cette région troublée du Moyen-Orient.
De son côté, l’Ambassadeur Nasser Jaddalah a salué le rôle historique du Sénégal dans la défense de la cause palestinienne et remercié les autorités sénégalaises pour leur soutien constant. Il a également mis en lumière les défis actuels auxquels son pays est confronté et a appelé à une mobilisation accrue de la communauté internationale pour répondre à l’urgence humanitaire à Gaza.
Cette rencontre témoigne une fois de plus de l’engagement du Sénégal à maintenir un dialogue constructif et à œuvrer pour un monde plus juste et solidaire. Elle illustre également l’importance de la diplomatie parlementaire dans le renforcement des liens d’amitié et de coopération entre les nations.
POUR FAYE-SONKO, L'ANNÉE DE TOUS LES DÉFIS
Après une victoire éclatante aux législatives, le duo doit désormais transformer cela sur cinq dossiers brûlants. Des relations avec Paris aux contrats gaziers, en passant par le FMI, chaque décision sera scrutée au cours des prochains mois
(SenePlus) - Selon un article approfondi de Jeune Afrique, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, forts d'une majorité écrasante à l'Assemblée nationale obtenue en novembre 2024, font face à cinq dossiers brûlants qui marqueront l'année 2025.
La rupture avec la France s'accélère
Le premier dossier concerne la relation avec l'ancienne puissance coloniale. Comme le rapporte Jeune Afrique, le président Faye a clairement affiché sa volonté de rompre avec l'héritage colonial en annonçant le départ prochain des militaires français du Sénégal. "Quel pays peut avoir des militaires étrangers sur son sol et revendiquer son indépendance ?", a-t-il déclaré le 28 novembre dernier dans un entretien accordé aux médias français.
Cette position s'est récemment cristallisée autour d'un échange tendu avec Emmanuel Macron. Selon le journal, quand le président français a reproché aux pays africains de ne pas dire "merci", Ousmane Sonko a répliqué sèchement que "la décision prise par le Sénégal découle de sa seule volonté, en tant que pays libre, indépendant et souverain."
Le bras de fer avec le FMI
Le deuxième défi majeur concerne les relations avec le FMI. Le Sénégal n'a reçu aucun décaissement depuis l'élection de Bassirou Diomaye Faye. Un audit diligenté par Sonko a révélé que le déficit budgétaire moyen atteindrait en réalité 10,4% sur la période 2019-2023, bien au-delà des 5,5% annoncés précédemment. La dette publique s'élèverait quant à elle à 83,7% du PIB.
La question des hydrocarbures
Le troisième enjeu porte sur la renégociation des contrats pétroliers et gaziers. Le magazine panafricain souligne que le statu quo actuel bloque l'exploitation du gisement Grand Tortue Ahmeyim (GTA), objet de discussions tendues entre le Sénégal, la Mauritanie et BP. Un échec sur ce dossier pourrait, selon Jeune Afrique, compromettre le développement d'autres projets et limiter les revenus attendus des hydrocarbures.
La succession à la mairie de Dakar
Le quatrième dossier sensible concerne l'avenir de la mairie de Dakar. Jeune Afrique détaille comment Barthélémy Dias, maire depuis 2022, s'est vu déchu de ses mandats de député et de maire en décembre 2024, suite à une condamnation judiciaire. Son recours ayant été rejeté le 31 décembre, l'incertitude plane sur la gouvernance future de la capitale.
Une opposition fragilisée
Enfin, le magazine souligne la faiblesse actuelle de l'opposition qui, avec seulement 30 députés sur 165, peine à faire contrepoids face à l'hégémonie du Pastef. Selon Jeune Afrique, c'est davantage du côté de la société civile que pourrait émerger un véritable contre-pouvoir, bien que des inquiétudes existent déjà quant à la capacité des voix dissidentes à s'exprimer librement sous la nouvelle administration.
CRIMINALISATION DU VIOL ET DE LA PÉDOPHILIE AU SÉNÉGAL, UN BILAN MITIGÉ QUATRE ANS APRÈS
Les associations féminines saluent un progrès majeur dans la lutte contre les violences sexuelles. Cependant, elles déplorent l’insuffisance de son effet dissuasif, face à des statistiques toujours alarmantes.
Dakar, 8 jan (APS) – Quatre ans après la promulgation, en 2020, de la loi sur la criminalisation du viol et de la pédophilie au Sénégal, des activistes de la société civile, notamment les associations féminines, saluent ce grand pas en avant dans la lutte contre les violences sexuelles, tout en déplorant le fait que l’objectif de la dissuasion ne soit pas encore atteint au regard des statistiques.
Les violences sexuelles constituent des formes graves d’atteinte à l’intégrité des personnes dont les principales victimes sont les femmes et les enfants. Dans l’optique d’un renforcement de la protection de ces catégories vulnérables, l’État du Sénégal a très tôt mis en place une législation pénale, mise à jour en fonction des mutations de la société.
C’est le cas de la loi n° 99-05 du 29 janvier 1999 modifiant certaines dispositions du Code pénal de 1965. Cette loi a, entre autres innovations, défini et durci son régime juridique, notamment lorsque ces infractions (viol et pédophilie) sont accompagnées de certaines circonstances aggravantes.
Toutefois cette loi ne faisait pas du viol un crime, sauf lorsqu’il est suivi de la mort de la victime. Elle a également élargi la répression des actes de pédophilie qui n’étaient appréhendés que sous leur forme vague d’attentat à la pudeur.
Deux décennies plus tard, et au regard de la multiplication et de l’intensification des faits d’agressions sexuelles, ainsi que des conséquences dévastatrices de ces infractions, des associations féminines, notamment l’Association des juristes sénégalaises (AJS) et tant d’autres ont plaidé ont obtenu le durcissement des pénalités liées à ces faits incriminés.
Initialement votée le 30 décembre 2019 par l’Assemblée nationale, à l’issue d’un vote à l’unanimité et par acclamation, et promulguée le 10 janvier 2020, la loi criminalisant le viol et la pédophilie était annoncée comme un instrument de dissuasion des éventuels auteurs d’agressions sexuelles.
Bien qu’elles apprécient son effectivité, les femmes juristes du Sénégal, pensent qu’eu égard aux statistiques portant sur les agressions sexuelles liées au genre, l’’’objectif de dissuasion n’est pas encore atteint’’.
Quatre ans après le durcissement des sanctions liées au viol et à la pédophilie, ces activistes, ayant milité pour son vote et sa promulgation, gardent tout de même ’’espoir face au combat sur la protection des victimes à travers son application’’.
Elles soulignent avoir rencontré des poches de réticence de la part de certains magistrats et autres praticiens du droit, qui estimaient que le fait de criminaliser le viol et la pédophilie, ‘’alourdissait la procédure’’.
Selon la présidente de l’Association des Juristes Sénégalaises (AJS), Me Aminata Fall Niang, l’objectif de l’adoption de cette loi serait toutefois atteint sur le plan des textes.
’’Il y en a qui maintiennent cette position-là, que la criminalisation va non seulement allonger la durée du procès et celle du traitement des dossiers, mais aussi et surtout contribuer à une déperdition des preuves, puisqu’il est difficile de conserver des preuves en cas de viol et de pédophilie tout le long d’une instruction’’, fait-elle savoir.
Selon elle, le ministère de la Justice qui a participé à leur symposium qui a porté sur ces infractions liées au genre a donné des chiffres prouvant que parmi les populations carcérales aujourd’hui, le nombre de personnes incarcérées pour viol et pédophilie reste ’’absolument minime’’ par rapport à la ’’masse de délinquants’’ de toute autre nature.
»Donc quatre ans après, nous estimons que la criminalisation est là ; elle est effective. Il faut appliquer la loi, c’est tout, et se donner les moyens de l’appliquer’’, a précisé Mme Niang, ajoutant que les sanctions prévues pour ce genre de crime vont de 10, 15, 20 ans ou la perpétuité, selon les circonstances aggravantes.
Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) relatives à la population carcérale de criminels sexuels, il est recensé sur l’ensemble du pays 759 détenus de cette catégorie en 2017, 655 en 2018, 759 en 2019, 515 en 2020, 747 en 2021, 603 en 2022 et 440 en 2023.
Plaidoyer pour la gratuité du certificat médical en cas de viol
»Nous devons lutter pour que le certificat médical en cas de violence sexuelle soit gratuit, que la victime se présente directement à l’hôpital ou via la police’’, plaide Me Fall Niang, invitant les gens à s’imaginer ‘’à la place de la victime, qui parfois traîne pendant des heures avec la ‘’souillure’’.
‘’Humainement, c’est extrêmement difficile à supporter, surtout s’il s’agit d’abus sur des fillettes. Comment voulez-vous demander à une victime de viol de ne pas se laver, de conserver un état et de faire des allers-retours entre la police ou la gendarmerie et l’hôpital, avec cette souillure. Ce n’est pas possible’’, martèle-t-elle, instant sur l’’’importance d’alléger la procédure’’.
’’Pas plus tard qu’il y a quelques semaines à Pikine, on a eu un cas de viol d’un enfant de quatre ans. Et c’est à cette dernière qu’on veut demander de ne pas se laver. Mettez-vous à sa place…’’, observe la juriste.
Les statistiques de l’AJS montrent qu’en 2023, par exemple, 166 cas de violences sexuelles ont été répertoriés dans les six zones où elle intervient.
La boutique de droit de Pikine a enregistré à elle seule 38 cas, 31 pour la commune de Médina, 23 pour la région de Kaolack, 22 Kébémer (Louga), 19 Kolda, 14 Ziguinchor, 10 Thiès et 1 pour Sédhiou.
D’après les données sur les violences sexuelles de janvier à juin 2024 de l’ensemble des boutiques de droit de l’AJS, 83 cas ont été répertoriés durant cette période, dont 27 pour la commune de Médina, 22 pour Pikine, 10 Kolda, 8 Kaolack, 6 pour Kébémer et Thiès et 2 pour les régions de Ziguinchor et de Sédhiou.
’’Donc, c’est affreux, ces histoires de viol-là. Et les chiffres sont effarants. De janvier à juin 2024, dans nos boutiques de droit, nous avons recensé plus de 600 cas d’agressions, de violences basées sur le genre’’, révèle Me Fall.
Actions de communication et de sensibilisation
‘’L’idée était non seulement l’aspect évaluation de l’effectivité en termes d’application de la loi par les tribunaux, mais aussi sa vulgarisation auprès des populations et tous les acteurs qui interviennent dans la chaîne de prise en charge de ce type de violence’’, explique la chargée du projet ‘’Contribuer à l’éradication des violences sexuelles’’ de l’AJS, Me Aminata Samb.
Elle indique que la vulgarisation de cette loi, criminalisant le viol et la pédophilie, a pour objectif de sensibiliser la communauté, afin qu’elle ‘’porte elle-même ce combat’’.
’’Sur le terrain, on est en train de faire des activités de formation, de sensibilisation et aussi de communication. On a eu à former des journalistes par exemple, pour un traitement adéquat des violences sexuelles, etc.’’, précise Me Samb.
Cette démarche a permis aux acteurs de sillonner plusieurs universités du Sénégal, notamment celles de Bambey, de Saint-Louis, de Dakar, de Kaolack ou encore la police et la gendarmerie pour former sur la prise en charge des victimes.
»Les femmes et les jeunes filles font aussi partie de nos formations. Ce sont nos partenaires. Il y a une formation qui est prévue pour les victimes de violences sexuelles, pour leur autonomisation, pour qu’elles puissent être insérées professionnellement’’, affirme-t-elle.
Me Samb soutient au-delà de ce projet que l’AJS forme également des para-juristes notamment des volontaires hommes et femmes, qui deviennent des relais sur le terrain.
»On a plus de 1 000 para-juristes, répartis sur tout le territoire national, que nous formons régulièrement et qui nous appuient beaucoup sur cette question’’, renseigne la cheffe du projet.
Pour l’application de la loi dans toute sa »rigueur’’
Avocate de son état, Me Marame Dia Sylla, prône l’application de la loi, dans toute sa »rigueur ».
»La loi est faite pour être appliquée à partir du moment où elle est entrée en vigueur. Les juges sont dans l’obligation de l’appliquer’’, dit-elle, insistant sur l’application effective de cette loi dans toute sa ‘’rigueur ».
Une fois la sentence prononcée, le juge contraint le condamné à payer 2, 3 ou 5 millions de FCFA d’amende, note Me Dia.
Elle indique que depuis la promulgation de la loi, elle a reçu et suivi plus d’une dizaine de cas de viol. Ce qui, selon elle, représente ‘’une augmentation’’.
‘’Ce sont généralement des filles dont l’âge varie entre 13 et 16 ans. Souvent, c’est sur le chemin de l’école, soit au daara, c’est-à-dire à l’école coranique, ou au sein d’une maison, dans le quartier qu’elles sont violées ou sont victimes de violences sexuelles. Il y a eu pas mal de cas’’, ajoute-t-elle, précisant que les jeunes garçons ne sont pas non plus épargnés dans cette situation.
Elle s’est toutefois plainte du »non aboutissement » de certains cas, à cause des ‘’arrangements’’ entre familles.
»Si cela advient au sein de la famille, ils essayent de régler cela à l’amiable, d’étouffer l’affaire’’, poursuit Me Dia, déplorant le fait que les plaintes sont parfois retirées en cours de procédure, à cause desdits ‘’arrangements’’.
Développement d’une culture de la dénonciation
Pour la présidente du Conseil sénégalais des femmes (COSEF), Seynabou Mbaye Gueye, l’application de la loi favorise petit à petit le développement d’une culture de dénonciation au sein des populations.
Elle exprime sa satisfaction de voir de plus en plus des victimes prendre leur courage à deux mains pour dénoncer les viols même au sein de leur famille.
»Le fait qu’il y ait des associations de femmes qui accompagnent les victimes, pour leur commettre des avocats, leur assurer un suivi psychologique, pour moi, c’est un sentiment de satisfaction’’, fait-elle valoir.
Malgré ce sentiment de satisfaction, la présidente du COSEF souligne toutefois qu’il reste beaucoup à réaliser, en raison de la nouveauté de la loi, qui ‘’date de 4 ans seulement’’.
»Donc, 4 ans, c’est très peu. Il y a encore beaucoup d’efforts à fournir, notamment dans le domaine de la prise en charge de victimes, pour éviter qu’elles soient stigmatisées’’, ajoute-t-elle.
PAR AMADOU ALY MBAYE
CE QU’IL PRENDRA AU SÉNÉGAL DE RECONSTITUER SA BASE INDUSTRIELLE
"Le premier code des investissements date de 1962, et visait directement la promotion de l’activité manufacturière. Un ministère dédié a été mis en place, à côté d’un impressionnant dispositif institutionnel (la SONEPI) visant la promotion industrielle."
L’industrialisation de l’économie est une priorité nationale, dans les pays développés comme dans les pays en développement. Comparée aux autres secteurs d’activité, notamment l’agriculture et les services, l’industrie est généralement perçue comme étant le seul secteur capable de générer des emplois de masse, y compris pour les travailleurs non qualifiés, de soutenir une croissance du PIB, et les exportations à haute valeur ajoutée. De plus, elle a une capacité unique d’absorber et de diffuser la technologie et de placer le système de production nationale sur un espace de produits plus complexes. Par exemple, grâce à l’industrie, la Chine a pu réaliser en moins de 10 ans un doublement de son PIB par habitant, sans compter les centaines de millions d’emplois créés par son économie.
Un legs industriel qui s’est effrité au fil du temps
Au Sénégal, le premier code des investissements date de 1962, et visait directement la promotion de l’activité manufacturière. Un ministère dédié (Ministère du Développement Industriel et de l’Artisanat) a été mis en place, à côté d’un impressionnant dispositif institutionnel (la SONEPI, les zones franches industrielles, etc.) visant la promotion industrielle. Bien avant l’indépendance, le Sénégal qui abritait la capitale de l’empire colonial français regroupait également l’essentiel de l’infrastructure de base de l’Afrique occidentale française, incluant le port, l’aéroport et une bonne partie du réseau routier et ferroviaire. Il monopolisait également la majeure partie de l’industrie de transformation des matières premières, dont l’exploitation constituait l’épine dorsale de l’économie de traite.
A l’indépendance, deux phénomènes se sont conjugués pour enclencher le déclin de la base industrielle nationale, qui se révélera irréversible avec le temps :
a) Les pays nouvellement indépendants de la France se sont vite attelés à développer leur propre activité manufacturière, et ont, de ce fait, érigé des barrières commerciales pour protéger leur propre industrie.
b) Le Sénégal a mis en place un système inefficace de promotion des industries dites naissantes, à travers un système de protection, sans aucune contrepartie de la part des bénéficiaires, largement subventionné par le consommateur.
A mon avis, cette deuxième raison a été plus déterminante dans la disparition de l’activité manufacturière sénégalaise, puisqu’autrement rien n’empêchait le tissu industriel sénégalais de se redéployer vers le marché mondial, plus grand et offrant des débouchés quasi-illimités pour la plupart de ses produits d’exportation de l’époque. Avant la dévaluation, la plupart des sous-secteurs du secteur manufacturier sénégalais avaient connu une baisse substantielle de leur valeur ajoutée et de leurs exportations. Entre 1984 et 1993, le textile a enregistré une croissance annuelle négative de plus de 5%, contre une croissance de -13.5 % pour l’huilerie et de -15.8% pour la confection. L’après-dévaluation a permis d’enregistrer un boom du secteur manufacturier, mais qui est largement tiré par des produits caractérisés soit par leur faible niveau de complexité (comme la pêche), soit par l’existence de marchés captifs (comme l’industrie chimique), mais il ne s’est jamais vraiment remis de sa léthargie.
L’équation de la dé-industrialisation précoce
Le secteur industriel (l’activité manufacturière) a toujours été l’ascenseur qui permet aux pays pauvres de s’inscrire dans une dynamique de croissance du revenu par tête, de génération d’emplois de qualité et, par ricochet, de réduction de la pauvreté. Les pays d’Europe de l’ouest, l’Amérique du Nord, jusqu’aux pays émergents d’Asie du Sud-Est, ont tous emprunté la même voie de l’industrialisation, boostant à la fois le PIB par tête et les emplois. Mais il semble que depuis l’émergence de la Chine, l’ascenseur ne semble plus fonctionner pour les pays pauvres. L’histoire économique contemporaine nous enseigne qu’au fur et à mesure qu’un pays se développe, la part du secteur manufacturier dans le PIB et dans l’emploi total augmente, finit par atteindre un pic et commence à décroitre. Ce qui est paradoxalement observé de nos jours c’est que ce pic d’industrialisation est atteint par les pays en développement, pour des niveaux de revenu plus faibles. De plus, les pics eux-mêmes correspondent à des niveaux de valeur ajoutée rapportés au PIB et d’emplois manufacturés rapportés à l’emploi total, plus faibles.
Les causes profondes de ce déclin de la part du secteur manufacturier dans le PIB et dans l’emploi des pays en développement sont à rechercher dans les importantes mutations que le secteur industriel a connues à l’échelle internationale. Désormais, il existe des chaines globales de valeur qui contrôlent les systèmes de production et de commercialisation internationales des biens et services. Pour la plupart des produits manufacturés, le cycle de production est devenu fragmenté avec la participation de beaucoup de pays à la réalisation du produit final. L’exemple le plus frappant est celui de lphone, où différents compartiments du produit sont réalisés dans différents pays et le logiciel aux USA. Les écosystèmes de production et de distribution mettent en jeu des acteurs localisés dans différents pays, par de simples relations de sous-traitance. Chacun des acteurs participants doit obéir à des exigences de qualité et de coûts, auxquelles beaucoup de pays africains ne peuvent pas répondre.
La nécessaire maitrise des coûts de production
Si le Sénégal, à l’instar des autres pays africains, n’a jamais pu intégrer les chaines globales de valeur, c’est qu’ils ont toujours connu des difficultés à se conformer aux normes de qualité, mais surtout celles liées à la maîtrise des coûts de production. Le Sénégal est le troisième pays au monde avec la législation du travail la plus défavorable à l’entreprise. Sur un échantillon de 189 pays, il se classe à la 187e position, derrière la France. Le coût du travail (salaire rapporté à la productivité) est parmi les plus élevés au monde. Les services d’infrastructure (eau, électricité, route, etc.) sont également onéreux et de qualité qui laisse souvent à désirer. En outre la qualité de la bureaucratie reste très améliorable, en particulier, la qualité des services aux entreprises privées. Les institutions restent fragiles, avec une forte probabilité de revirement des règles du jeu, notamment celles gouvernant les affaires. Ces facteurs conjugués font qu’il est plus profitable et beaucoup moins risqué pour tout investisseur de se diriger vers les pays avec un environnement des affaires plus amical vis-à-vis des entreprises. Ce qui fait qu’en dehors du secteur informel, il n’y a que les activités relativement abritées de la concurrence mondiale qui réussissent à survivre dans cet écosystème particulièrement hostile pour l’entreprise privée.
Vouloir corriger toutes les distorsions de prix affectant les facteurs de production au Sénégal relèverait d’une gageure, tant les investissements et les réformes impliqués sont énormes, sans compter les conflits sociaux pouvant découler de toute velléité de réformer le statuquo. Les parcs industriels pourraient constituer des espaces idéaux pour, à une échelle réduite, mettre en place le système d’incitation adéquat pour un écosystème plus dynamique de l’entreprenariat privé. Cela suppose qu’au préalable les modes opératoires des parcs soient repensés pour les rendre plus opérationnels.
AFFAIRE PRODAC, LE DOSSIER S'EMBALLE
Le juge chargé du dossier a désigné un cabinet d’expertise comptable pour analyser la conformité des contrats liant les entreprises impliquées, alors que les anciens responsables Mamina Daffé et Ibrahima Cissé sont sous mandat de dépôt.
iGFM - (Dakar) Le dossier de l'affaire Prodac s'est emballé. Le juge d'instruction a décerné des mandats de dépôt et désigné un expert comptable pour tirer au clair certains contrats...
Mamina Daffé, ancien coordonnateur national du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), et Ibrahima Cissé, gérant d'une entreprise, ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt depuis novembre dernier pour respectivement complicité d'escroquerie portant sur des deniers publics, blanchiment de capitaux et escroquerie portant sur des deniers publics, faux et usage de faux en écritures privées de commerce ou de banque, ainsi que blanchiment de capitaux, pour un préjudice évalué à plus de 682 millions de francs Cfa.
L'Observateur annonce un développement dans l'affaire. «Lundi dernier, 6 janvier, le magistrat instructeur du Parquet financier, chargé du dossier, a rendu une ordonnance désignant le cabinet d'audit et d'expertise [Adr] d'Abdoulaye Dramé», explique le titre du Groupe futurs médias.
La même source avance que l'expert-comptable désigné dispose «d'un délai de 60 jours» pour «déterminer si les activités des entreprises Tida et Itaa sont compatibles avec l'objet du contrat conclu en vue d'assurer le transit des équipements du Port de Dakar aux sites finaux ; les diligences faites tant par elles que par l'entreprise Itaa pour l'acheminement desdits équipements».
Il devra également «produire toutes les factures validées et ayant donné lieu à un paiement, procéder à une étude comparative de la tarification fixée sur ces factures à la tarification visuelle sur le marché, compris comme l'institution sociale abstraite où se rencontrent l'offre et la demande de biens ou de services», complète le journal.
LES CONTOURS ENCORE FLOUS DU RETRAIT MILITAIRE FRANÇAIS DU SÉNÉGAL
Deux bases sont déjà vidées, mais le transfert effectif se fait attendre, Dakar ayant demandé un délai supplémentaire. Pendant ce temps, les discussions politiques avec les nouvelles autorités sénégalaises tardent à se concrétiser
(SenePlus) - D'après les informations rapportées par RFI, le retrait des forces militaires françaises du Sénégal, annoncé fin décembre pour 2025, s'annonce comme un processus graduel dont les modalités précises restent encore à définir.
La présence militaire française à Dakar se compose actuellement de quatre installations distinctes, abritant environ 200 militaires, selon le radio internationale française. Une situation qui devrait connaître des évolutions significatives dans les mois à venir, bien que le calendrier définitif ne soit pas encore arrêté, comme le soulignent plusieurs sources gouvernementales citées par RFI.
Deux des emprises françaises situées à proximité du port de Dakar sont déjà vacantes depuis plusieurs mois et prêtes à être transférées aux autorités sénégalaises. Fait notable rapporté par le site d'information : "Dakar aurait demandé un délai supplémentaire avant d'en récupérer les clefs."
Les deux autres installations militaires françaises encore actives présentent des caractéristiques distinctes. La base de Rufisque, en périphérie de la capitale, comprend des logements équipés d'antennes de communication sécurisée. La base de Ouakam, située en zone urbaine, constitue quant à elle un centre névralgique où "un peu plus de 200 militaires français assurent des formations avec l'armée sénégalaise et des officiers de la région", précise RFI.
Une proposition française visant à transformer la base de Ouakam en installation franco-sénégalaise à l'été 2024 avait été avancée, permettant le maintien d'un contingent français réduit. Cependant, comme le souligne une source militaire française, "aucune discussion politique avec les nouvelles autorités n'a encore eu lieu sur le sujet."
Cette situation intervient dans un contexte de désaccord diplomatique, le Sénégal ayant vivement contesté les récentes déclarations du président Emmanuel Macron selon lesquelles ces retraits résulteraient de négociations avec les pays africains concernés.
MACRON NE VISAIT NI LE SÉNÉGAL NI LE TCHAD
Selon les confidences recueillies par Le Monde auprès de diplomates français, la sortie présidentielle sur l'ingratitude africaine visait principalement le Mali, où 58 soldats français ont perdu la vie en moins de dix ans
(SenePlus) - Les déclarations du président français Emmanuel Macron sur l'intervention militaire de la France en Afrique ont provoqué une onde de choc diplomatique. Selon les informations du journal Le Monde, les diplomates français tentent de déminer la situation tout en révélant une profonde amertume, particulièrement vis-à-vis du Mali.
Une source diplomatique citée par Le Monde s'est empressée de préciser que "le Tchad et le Sénégal n'étaient absolument pas visés par ces propos". Elle explique que pour ces deux pays, les départs des forces françaises "étaient déjà actés", même si "le timing de ces annonces nous a surpris".
La même source diplomatique révèle que les propos présidentiels visaient en réalité spécifiquement l'Alliance des États du Sahel (AES) et "en particulier le Mali". Le ressentiment est palpable dans ses confidences au Monde : "On l'a tous mauvaise avec le Mali quand on voit le dispositif, l'investissement humain et financier que cela a représenté pendant des années à la demande des autorités maliennes, et alors que l'on pensait bien faire."
La diplomatie française semble particulièrement marquée par le bilan humain de ces interventions. Le Monde rapporte que les propos de Macron s'inscrivaient dans un contexte plus large où il évoquait "les pertes humaines françaises au Sahel", qui s'élèvent à 58 morts en moins d'une décennie.
Les confidences recueillies par le journal français laissent transparaître une certaine désillusion dans les rangs diplomatiques français. La source citée conclut avec une forme d'amertume : "Alors oui, le président a exprimé quelque chose de déceptif pour nous mais aussi pour les populations concernées, c'est tellement décevant." Elle en tire une leçon sans appel : "Il faut une approche transactionnelle comme [avec] les autres [partenaires non africains] et arrêter d'être les dindons de la farce."
CES FAVORIS POUR SUCCÉDER À DIDIER DESCHAMPS
Le sélectionneur de l'équipe de France va passer la main à la tête des Bleus en 2026. Mais la course à sa succession est d’ores et déjà lancée.
iGFM (Dakar) Didier Deschamps va passer la main à la tête des Bleus en 2026. Mais la course à sa succession est d’ores et déjà lancée.
En juillet 2012, Didier Deschamps est devenu le nouveau sélectionneur de l’équipe de France. L’ancien coach de l’AS Monaco et de l’OM avait signé un contrat de deux ans à l’époque. Mais son travail à la tête des Tricolores a vite été salué et il a été prolongé à de nombreuses reprises, détenant ainsi un record de longévité à son poste en France. Après des années de bons et loyaux services, DD a décidé de dire stop comme il l’a expliqué ce mercredi à LCI et TF1. «Je suis là depuis 2012. Je suis prévu jusqu’en 2026, la prochaine Coupe du monde, mais ça s’arrêtera là parce qu’il le faut à un moment. Dans ma tête, c’est bien clair.»
Zidane, le favori ?
Puis, il a expliqué son choix : «j’ai fait mon temps avec la même envie, la même passion pour maintenir l’équipe de France au plus haut niveau. On n’a jamais envie que ça s’arrête quand c’est une belle chose. Après, il faut savoir dire stop. Il y a une vie après. Je ne sais pas ce qu’elle sera mais elle sera très bien aussi.» Il y aura aussi une vie après Deschamps pour les Bleus. La Fédération Française de Football va avoir un an et demi pour préparer la succession de DD. Interrogé par L’Equipe sur le sujet, Philippe Diallo a été clair. Il ne pense pas encore à cela pour le moment.
«Je verrai. Je veux que Didier travaille dans la sérénité. Nous avons des échéances importantes», a-t-il avoué. Malgré tout, un nom est déjà sur toutes les lèvres concernant le poste de sélectionneur. Il l’est même depuis des années. Celui de Zinedine Zidane (52 ans). Depuis son départ du Real Madrid en 2021, le technicien français est régulièrement lié aux Bleus. Il ne s’en est pas caché, ce poste l’intéresse. « Avec les Bleus, ce n’est pas fini. J’en ai envie, bien sûr. Je le serai, je l’espère, un jour. Quand ? Ça ne dépend pas de moi. Mais j’ai envie de boucler la boucle avec l’équipe de France. J’ai connu cette équipe de France en tant que joueur. Et c’est la plus belle des choses qui me soient arrivées !»
Henry en outsider
Avec le prochain départ de DD, l’option Zizou est plus que jamais envisageable. Libre, l’ancien milieu rêve de diriger la France. Seul un retour au Real Madrid pourrait éventuellement le détourner de son chemin. Mais rien n’est encore fait. Philippe Diallo a confié à son sujet : «il est l’un des monuments du football français et du football mondial. C’est lui qui a contribué à cette première étoile sur notre maillot. J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football. J’ai vu qu’il avait eu des résultats de très grande qualité avec le Real Madrid. Il a déjà remporté le plus beau des trophées, la Ligue des champions, à plusieurs reprises. Donc, il a démontré là aussi l’étendue de son talent.»
Hormis Zidane, le nom de Thierry Henry (47 ans) est avancé par plusieurs médias, dont L’Equipe. L’ancien attaquant a fait ses preuves avec les Espoirs et l’équipe de France U23, qu’il a mené en finale des Jeux Olympiques de Paris 2024. Une sélection avec laquelle il a décroché une belle médaille d’argent. Mais son départ surprise peut jouer contre lui puisque la FFF comptait sur lui. Malgré tout, Henry, qui est libre, reste un candidat à la succession de Deschamps. Ensuite, il n’y a pas forcément grand monde qui se détache parmi les techniciens français. Et on n’imagine pas la Fédération Française de Football miser sur un entraîneur étranger, comme a pu le faire récemment l’Angleterre avec Thomas Tuchel. A priori, on se dirige donc vers un duel entre Zidane et Henry.
PRÉSENCE MILITAIRE FRANÇAISE EN AFRIQUE, VERS LA FIN D’UNE INFLUENCE CONTESTÉE
En 2010, l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade avait exprimé son souhait de voir l’armée française quitter le Sénégal. Une position partagée par d’autres leaders africains, notamment Idriss Déby du Tchad, qui critiquaient également cette dépendance
Lors de son passage à la matinale Salam Sénégal de Radio Sénégal, Dr Adama Sadio, analyste politique, a abordé la présence des bases militaires françaises en Afrique. Cette discussion s’est inscrite dans le contexte des récentes déclarations du président français, Emmanuel Macron fustigeant ce qu’il a qualifié d’ingratitude de certains dirigeants africains. Selon lui, ces dirigeants doivent leur maintien au pouvoir à l’intervention militaire française, ce qui a suscité une vive réaction, notamment celle du Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko.
Une présence militaire controversée
Dr Sadio a souligné que, dans des pays comme le Mali, le Niger ou encore le Tchad, le départ des troupes françaises a souvent été ardu et empreint de tensions. Ces situations témoignent, selon lui, d’une remise en question généralisée de l’utilité et de la légitimité des bases militaires françaises sur le continent.
« Si on observe la trajectoire politique de ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir au Sénégal , ils avaient déjà dénoncé la présence de ces bases, affirmant qu’elle n’est pas un gage de souveraineté », a rappelé Dr Sadio. Cependant, ce débat n’est pas récent.
Une remise en question amorcée dès 2010
En 2010, l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade avait exprimé son souhait de voir l’armée française quitter le Sénégal. Une position partagée par d’autres leaders africains, notamment Idriss Déby du Tchad, qui critiquaient également cette dépendance militaire.
Dr Sadio a mis en lumière un changement de paradigme : « Ce basculement découle d’un manque de prise de conscience des pays occidentaux, qui continuent à percevoir l’Afrique à travers le prisme des années 1960. Cette condescendance persistante ignore les transformations profondes opérées sur le continent. »
La fin de la diplomatie de soumission
L’analyste a également rappelé qu’il fut un temps où les leaders africains en quête de légitimité internationale se rendaient en France pour recevoir un aval tacite. Cette époque, marquée par une diplomatie centrée sur les besoins économiques de l’Hexagone, semble révolue.
Aujourd’hui, la critique s’étend au rôle de la francophonie, au Franc CFA, et à la présence militaire française, considérés comme des outils de domination culturelle et économique.
Une souveraineté à reconstruire
Pour Dr Sadio, la montée des contestations populaires et politiques contre la France marque un tournant important. Ces luttes traduisent une aspiration croissante des peuples africains à une souveraineté véritable, débarrassée de toute influence étrangère.
Il conclut en soulignant que ce débat, bien que difficile, est essentiel pour redéfinir les relations entre l’Afrique et la France : « Il appartient désormais aux dirigeants africains de bâtir une souveraineté qui reflète les aspirations de leurs peuples et de sortir du cadre hérité de la colonisation. »