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4 avril 2025
DÉCÈS DE L'ANCIEN MINISTRE SOCIALISTE TIJANE SYLLA
Auteur d’un ouvrage marquant sur le leadership africain, il a consacré sa vie à la réforme des organisations, à la formation des leaders et à la valorisation de la culture africaine.
Chérif Cheikh Ahmed Tijane Sylla, ancien ministre du Tourisme et des Transports sous le régime d’Abdou Diouf, s’est éteint ce vendredi 10 janvier 2025 à Dakar.
Tijane Sylla, titulaire d'un MBA d'HEC-Montréal, était également diplômé en psychopathologie et en psychologie industrielle de l’Université René Descartes-Sorbonne. Il a débuté sa carrière comme conseiller en organisation au Bureau Organisation et Méthodes (BOM), avant de gravir les échelons pour occuper des postes stratégiques dans des entreprises publiques et différents portefeuilles ministériels. Il fut notamment ministre de la Réforme du secteur parapublic, du Tourisme et du Transport aérien, ainsi que secrétaire général de la présidence de la République du Sénégal.
Enseignant associé au CESAG et à l’IAM, Tijane Sylla a joué un rôle clé dans la formation des futures générations de leaders africains. Il était par ailleurs administrateur de Global Credit Rating West Africa (GCRWA) et président du Conseil d’administration de la Société Nouvelle des Salins du Sine Saloum (SNSS).
Une vision pour l’Afrique
Tijane Sylla était l’auteur de l’ouvrage "Culture africaine, organisation et leadership", une critique approfondie de l’analyse culturaliste de l’entreprise africaine. Ce livre explore la transformation des sociétés africaines face à l’ouverture culturelle et économique, et souligne le rôle actif des individus dans l’adaptation des techniques et des méthodes de gestion importées. L’ouvrage interroge également la possibilité de transformer une expérience personnelle de gestionnaire en savoirs scientifiques utiles à l’amélioration de la gestion en contexte africain.
Lors de sa dernière apparition publique en 2017, Tijane Sylla, fidèle à ses convictions socialistes, avait déploré la perte de confiance entre les acteurs politiques au sein du Parti Socialiste. « Ce que je regrette, comme beaucoup de Sénégalais, c’est le manque de confiance et la défiance qui se sont installés dans les rapports entre les acteurs politiques. Et comme dans les couples, la faute est toujours partagée », avait-il confié lors de l’émission "Grand Jury" de RFM.
Le décès de Tijane Sylla marque la disparition d’un intellectuel visionnaire et d’un homme d’action qui a consacré sa vie à la réforme des organisations, à la formation des leaders et à la promotion de la culture africaine. Son héritage restera gravé dans l’histoire du Sénégal et au-delà.
JEAN KONÉ TRACE SA FEUILLE DE ROUTE À LA TÊTE DE LA DGID
Le nouveau directeur général des Impôts et Domaines s’engage à renforcer l’efficacité fiscale au Sénégal. Il promet une administration adaptée et performante pour atteindre les objectifs de développement du pays.
Le nouveau directeur général des Impôts et Domaines (Dgid), Jean Koné, a décliné sa feuille de route. Il s'est fixé comme priorités de mobiliser toute l'administration fiscale pour mettre en œuvre «une fiscalité efficace et équitable» qui, dit-il, a toujours été à la base des activités de la Dgid.
«Nous allons tout faire pour relever ces défis à même de contribuer à l'atteinte des objectifs de développement», a-t-il confié à nos confrères de la Rfm.
En outre, il ambitionne de relever sensiblement les capacités de mobilisation de ressources internes au travers de la politique fiscale, maillon le plus important de la politique budgétaire du Sénégal.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la «politique de relèvement sensible des recettes de l'État à travers les leviers et mécanismes déjà prévus par le Code général des impôts » qu'il entend dérouler, il compte instruire « toute l'administration fiscale suffisamment outillée, motivée et préparée à s'adapter pour travailler à mobiliser de manière optimale les recettes fiscales auprès de tous ceux qui doivent à l'Etat, aussi bien les particuliers que les entreprises ».
COUPE DE LA CAF, LE JARAAF JOUERA SA SURVIE, DIMANCHE, CONTRE L’ASEC MIMOSAS
Au match aller, le club ivoirien avait dominé le vice-champion du Sénégal, 2-0.
Dakar, 10 jan (APS) – Le Jaraaf de Dakar et l’ASEC Mimosas d’Abidjan vont se rencontrer dimanche au stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio (près de Dakar), pour la cinquième journée de la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF), chacune des équipes étant dans l’obligation de gagner ce match pour la qualification aux quarts de finale.
Le club dakarois et son adversaire ont le même nombre de points, 5.
C’est une rencontre décisive pour l’équipe de La Médina – un quartier de Dakar -, qui a battu Orapa United FC du Botswana, dans les dernières secondes d’un match de la quatrième journée.
Le Jaraaf jouera cette rencontre sans ses supporters en raison d’une sanction de la CAF.
Au match aller, l’ASEC Mimosas avait dominé le vice-champion du Sénégal, 2-0.
Le match de dimanche s’annonce très électrique en raison de l’enjeu, la qualification aux quarts de finale de la Coupe de la CAF.
Le club dakarois peut compter sur le réveil d’Almamy Mattheuw Fall, l’un de ses attaquants et auteur du but du match de la quatrième journée.
L’entraîneur Malick Daf et ses joueurs joueront contre l’USM d’Alger la dernière journée des poules de la Coupe de la Confédération africaine de football.
Ce club algérien, qui tient la première place de la poule, va rencontrer ce week-end l’Orapa United FC.
LE CNRA OBLIGÉ DE FAIRE SA MUE OU DE PÉRIR
Moussa Sarr, sociologue et dirigeant de "Lachine Lab - l'auberge numérique" pointe du doigt une institution prisonnière d'une vision linéaire du monde, alors que l'écosystème médiatique connaît une croissance exponentielle
“Etude critique du Cnra : Une régulation linéaire dans un monde exponentiel.” tel est l’intitulé de la contribution de Moussa Sarr, sociologue et président directeur général de “Lachine Lab - l'auberge numérique”. a travers sa tribune, il met en évidence les limites du Cnra et suggère une refonte nécessaire à l’ère de la transformation numérique.
Le Conseil national de régulation de l'audiovisuel (CNRA) du Sénégal vit difficilement la révolution digitale. Et il en subit souvent les contrecoups quand il essaye d’assurer pleinement ses missions.
Dans une contribution parvenue hier à “L’AS”, le sociologue, Moussa Sarr, rappelle que le CNRA, dans sa forme actuelle, représente un instrument d’ancrage dans une économie linéaire et un frein à l’avènement d’un écosystème audiovisuel résolument tourné vers l’avenir. C’est pourquoi, dit-il, il est urgent de réarticuler sa mission, sa composition et ses outils pour permettre au Sénégal de se projeter dans un futur où régulation et innovation coexistent harmonieusement.
Pour le chercheur et Président Directeur Général de “Lachine Lab - l'Auberge Numérique”, le CNRA du Sénégal est une institution dont la structure et les missions, bien que pertinentes lors de sa création, s’inscrivent aujourd’hui dans une logique linéaire, inadaptée aux exigences de l’économie exponentielle.
En effet, souligne-t-il, du point de vue de sa composition institutionnelle, cet organe de l'État sénégalais est figé. Non sans ajouter qu’elle ne reflète pas les stratégies de rupture annoncées par le régime actuel. “Le CNRA se compose de neuf membres représentant divers segments de la société civile : universitaires, artistes, associations féminines, jeunesse, et droits de l’homme”, a-t-il fait constater avant d’indiquer que si cette représentation pluraliste peut sembler être un atout, elle reflète une vision statique et linéaire du paysage audiovisuel.
Toujours, selon Dr Moussa Sarr, la durée fixe des mandats, l’absence de renouvellement, et la sélection centralisée par le président de la République dénotent un modèle organisationnel rigide, contraire à la flexibilité nécessaire pour anticiper les mutations rapides de l’économie numérique. En comparaison, souligne-t-il, les organisations de l’économie exponentielle favorisent des structures évolutives, horizontales et collaboratives, permettant une adaptation continue et rapide aux nouvelles tendances. Nonobstant son profil obsolète, le sociologue indique que ses missions sont ancrées dans le passé et ne répondent plus aux appels de l'économie exponentielle. En effet, il estime que le mandat du CNRA se concentre sur le respect des règles de pluralisme, d’éthique et de déontologie, ainsi que sur l’application des lois en vigueur. “Ces objectifs, bien qu’essentiels, traduisent une approche réactive plutôt qu’anticipatoire”, a-t-il relevé. Or, précise-t-il, les institutions doivent non seulement réguler mais aussi stimuler l’innovation en préparant des cadres adaptés aux technologies exponentielles telles que l’intelligence artificielle, la blockchain et la réalité virtuelle. Le CNRA, à l’opposé, perpétue une économie de croissance linéaire en se limitant à une fonction de contrôle, déplore-t-il.
Les fortes recommandations de Moussa Sarr
Selon le chercheur, l’actuel gouvernement doit revisiter cet organe et proposer au Président un remodelage digne des politiques de rupture qu'ils veulent instaurer au Sénégal.
Dr Moussa Sarr note ainsi que le CNRA met l’accent sur la réglementation des contenus audiovisuels existants sans encourager les initiatives disruptives. Alors que les entreprises de l’économie exponentielle, telles que Netflix ou YouTube, redéfinissent les modèles économiques en exploitant les dynamiques de réseaux, l’analyse de données massives et l’automatisation. “Ces organisations intègrent l’anticipation dans leur ADN, adoptant des visions stratégiques capables de transcender les frontières sectorielles”, a-t-il fait savoir.
De ce fait, il pousse l’actuel régime à mener des réformes tout en articulant ses propositions sur la régulation comme levier de transformation. Et pour que le CNRA devienne un vecteur d’accélération vers une économie numérique dynamique, il pense qu’il doit adopter une approche proactive. Cela passe d’abord, dit-il, par la révision de sa composition en intégrant des experts en technologie, en économie numérique et en prospective, afin de mieux capter les signaux faibles de transformation
Ensuite, il appelle les autorités à adopter un cadre réglementaire souple afin de créer des "bacs à sable" réglementaires pour expérimenter de nouvelles approches audiovisuelles.
En plus, il préconise la mise en place d’un observatoire technologique pour surveiller et anticiper les innovations perturbatrices afin de guider les politiques publiques
Aussi, il exhorte le gouvernement à établir des partenariats stratégiques pour collaborer avec des écosystèmes globaux afin de bénéficier des meilleures pratiques en matière de régulation
Enfin, Moussa Sarr propose à l'administration Bassirou Diomaye Faye de s'orienter vers une réforme anticipatoire. A l’en croire, cette réforme du CNRA doit être assumée par les pouvoirs publics sénégalais pour aligner la régulation audiovisuelle sur les exigences de l’économie exponentielle.“Cette transformation permettra au Sénégal de devenir un acteur majeur de la région dans la production et la diffusion de contenus innovants”, a-t-il conclu.
LA MÉTHODE SONKO-DIOMAYE INQUIÈTE
Les agents de l'administration fiscale, sous couvert d'anonymat, dénoncent les failles méthodologiques du budget 2025 et la persistance des mauvaises pratiques qu'ils espéraient voir disparaître
L'élaboration de la loi de finances 2025 à partir des évolutions favorables de celle de 2024 alors qu'ils ont produit un déficit abyssal fait grincer des dents dans les régies financières. Ce procédé rompt, aux yeux de certains agents de l'administration, avec les bonnes pratiques qui devraient objectivement exposer entre autres la méthode d’estimation des recettes potentielles pour 2025 et la méthode de calcul des recettes effectivement perçues en 2024. En conséquence, selon eux, le budget 2025 donne l’image d’une comédie dramatique et pathétique.
Faut-il préférer l’immobilisme en 2025 ? C'est l’interrogation que se posent des agents de l'administration et des régies financières. Dans un long texte, ces agents de l'Etat, tenus par le devoir de réserve, ont fait état de leur désenchantement quant à la rupture tant chantée par le tandem au pouvoir.
Dans le texte intitulé “La mobilisation des ressources budgétaires 2025 face au désenchantement dans les régies financières ou le budget 2025, au-delà des chiffres, la désillusion”, ils remarquent d'emblée que le temps brumeux de cette fin d’année traduit parfaitement le moral dans les chaussettes des ménages et des investisseurs toujours frileux, et goorgoorlu à fond de cale. Sous ce rapport, ils ont salué la déclaration de politique générale du Premier ministre qui, à les en croire, a mis en lumière les grandes lignes du PROJET mettant fin ainsi à une longue “période politique” pour se consacrer exclusivement à la République
Toutefois, ils digèrent mal l'absence de débat parlementaire sur les belles perspectives de 2024 qui ont produit un déficit abyssal. Ce débat aurait permis aux nouveaux élus surtout ceux de la majorité de s'interroger sur les origines de ces contreperformances. La question se pose à la lecture de l’exposé des motifs de la loi de finances de 2025 votée par procédure spéciale ce 28 décembre 2024, ont ils insisté.
“Ceux qui ont préparé le budget 2024, les mêmes pour celui de 2025, ignoraient-ils le caractère fantaisiste des prévisions ? Ne maîtrisaient-ils pas la réalité économique du pays ou bien ont-ils juste exécuté une commande politique en se “départissant” de leur objectivité pour lisser les chiffres du budget d’une année électorale ? Aussi, expliquer aux sénégalais comment les emprunts de tous ordres négociés en bons termes ont pu voir leurs charges d’intérêts augmentées de façon significative ? Quelles sont les causes réelles des contreperformances des services du MFB ? Quelles sont les réformes prévues en 2024 et qui n’ont pas été mises en œuvre ? Qui en sont les acteurs et qui sont les responsables identifiés (services et personnes) de leur réalisation ? s’interrogent ces agents de l'Administration.
Poursuivant, ils ajoutent :“Pour que les prévisions de 2025 soient prises au sérieux, il aurait fallu, comme le recommandent les bonnes pratiques, exposer objectivement la méthode d’estimation des recettes potentielles pour 2025 ; la méthode de calcul des recettes effectivement perçues en 2024 et les méthodes de présentation des écarts constatés. Il ne fait pas de doute que l’année 2025 débutera dans la continuité de 2024, c’est-à-dire la morosité économique”. Selon ces agents de l'Administration, le défaut de justification convaincante de ces manquements donne au budget de 2025 les faisceaux d’un manque de transparence. “L’absence de débat lors du vote du budget 2025 en est la preuve. Ces manquements ont fait bondir les charges financières de la dette en 2025”, ont-ils fait remarquer
“Un budget 2025 à l'image d'une comédie dramatique et pathétique”
Au vu de la gravité des faits, en France, pour moins que ça, l’ancien ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté Industrielle et numérique Bruno Le Maire et son premier ministre Gabriel Attal ont été attraits devant la Commission d’enquête parlementaire sur les finances publiques pour s’expliquer relativement aux profonds gaps constatés entre les prévisions de recettes et les réalisations effectives qui ont eu pour conséquences de creuser le déficit public historique avec un endettement jamais atteint, font-ils noter.
“Par contre, au Sénégal, on a fait comme si rien ne s’est passé malgré toutes les diatribes contre le régime de Macky Sall concernant la gestion des finances publiques ces douze dernières années, table rase et silence des nouveaux élus du peuple”, s’indignent ces Agents de l'Administration et des régies financières non sans réjouir: “ Devant l’Assemblée Nationale, le Premier Ministre Ousmane Sonko reconnaît que “la fiscalité est le maillon le plus important de la politique budgétaire. Cependant, le Sénégal peine à mobiliser de manière optimale les recettes fiscales, principal instrument de financement souverain.”
Cependant, ils regrettent des solutions d’amélioration qui ne proposent qu’à taxer davantage sans s’intéresser aux structures opérationnelles chargées de mobiliser les ressources budgétaires. “Et c’est un aspect béant de l’insuffisance de cette fiscalisation à outrance. Ce qui donne au budget 2025 l’image d’une comédie dramatique et pathétique”, ont-ils relevé. Malheureusement, toutes ces prévisions fantaisistes ont été corrigées, par la loi de finances votée, le 24 décembre 2024, sur le plan comptable “avec des éloges dithyrambiques aux auteurs de toute cette gangrène de la dette avec les intérêts onéreux pour les contribuables et les générations futures des travailleurs-consommateurs”. Pire, ajouteront-ils, les arguments servis dans le projet de budget 2025 n’expliquent pas exclusivement le déficit budgétaire abyssal et les contreperformances des services du MFB dans la mobilisation des recettes entraînant par ricochet l'augmentation du niveau préoccupant de la dette publique du Sénégal et des charges du personnel de l’Administration en forte hausse, alors que les services rendus aux populations sont les plus exécrables.
Mais, pour deux raisons au moins, relève-t-on dans la note, la réalité rattrapera très vite le pouvoir en place. Il s'agit de la persistance de la morosité économique durant tout le premier trimestre de 2025 avec un impact élevé sur la productivité des entreprises, l’emploi salarié en stagnation, la consommation des ménages au plus bas avec une inflation toujours en hausse et la confiance des investisseurs. La conséquence immédiate, dira-t-il, est un repli des recettes fiscales. L'autre raison invoquée, c'est l’impact négatif des défaillances dans le management global des services qui ont fini de démoraliser et démobiliser les agents. Ces grands défauts, pointent-ils, sont les conséquences d’une gestion toxique et catastrophique des ressources humaines, et la persistance des mauvaises pratiques administratives.
"Le rêve de voir la politisation a outrance de postes techniques et administratifs s’estomper s’est revele etre un vrai mirage"
Mais, au-delà des chiffres, la gestion des services chargés de la mobilisation des recettes et de l’exécution des dépenses budgétaires souffre, selon eux, de réelles insuffisances managériales. “La gestion des services souffre du management malveillant avec la gangrène du népotisme à travers une gestion affective et relationnelle du personnel jusqu’au foyer familial, du copinage, de l’ostracisme, de la « placardisation» des «talents refusant de se salir les mains » avec le positionnement des proches aux postes stratégiques et la promotion des nouveaux convertis à la "confrérie Pastef", anciens détracteurs acerbes, vindicatifs et dénonciateurs devenus laudateurs, flatteurs et thuriféraires. Ces pratiques inhibant la motivation des agents sont masquées par la mise en œuvre de stratégies de maintien avec l’appui des responsables influents de "Pastef” qui sont les nouveaux «faiseurs de roi ou protecteurs», dénoncent les agents.
En définitive, les agents notent que le rêve de voir la politisation à outrance des postes techniques et administratifs s’estomper s’est révélé être un vrai mirage. Pire, l’année 2025 s’annonce, d'après eux, sous le signe du maintien des hommes et des mauvaises pratiques administratives avec un ministre décrit comme distant et méprisant, maculé par l’ancien système et ayant du mal à se réinventer et à donner une nouvelle impulsion, à réformer en profondeur ses services et les procédures administratives désuètes. À les en croire, une telle absence de perspectives donne le tocsin aux nombreuses promesses, face à l’ampleur inédite du déficit budgétaire et des nombreuses attentes des citoyens. “Les nouvelles autorités ne peuvent pas se permettre de rester placides. La stratégie de non-décisions aura nécessairement un coût social et économique préjudiciable. Après le discours de vœux du Président Diomaye ce 31 décembre 2024, l’espoir d’un changement réel n’est pas encore perdu, seulement il faut prier qu’il ne soit définitivement englouti par les interminables commissions annoncées”, ont-ils conclu.
LA RATIONNALISATION DES PARTIS N'EST PAS AUSSI SIMPLE
Jean Charles Biagui remet en question l'efficacité d'une application stricte de la loi de 1981 sur les partis politiques. Pour lui, la solution passe plutôt par une approche mixte alliant réglementation et concertation
Selon l’Enseignant chercheur en Sciences politiques, Jean Charles Biagui, le débat sur la rationalisation des politiques annoncée par le nouveau régime n'est pas aussi simple à trancher. Interpellé sur la question hier, jeudi 9 janvier, le Maître de Conférences assimilé pointe du doigt la difficulté à modifier par une réglementation certains facteurs à l’origine de l’explosion du nombre de partis politiques au Sénégal.
La rationalisation des politiques voulue par le nouveau régime est-elle finalement plus facile à dire qu’à mettre en œuvre ? Si on en croit l’Enseignant chercheur en Sciences politiques, Jean Charles Biagui, ce débat n'est pas aussi simple à trancher. Interpellé sur la question hier, jeudi 9 janvier, le Maître de Conférences assimilé pointe du doigt la difficulté à modifier par une réglementation certains facteurs à l’origine de l’explosion du nombre de partis politiques au Sénégal. Citant entre autres, la pauvreté du débat politique, la culture politique, le système électoral, l’Enseignant chercheur en Sciences politiques va même plus loin en prenant le contre-pied de ceux qui appellent à l’application stricte de la Loi n° 81-17 du 6 mai 1981 sur les partis politiques pour endiguer ce phénomène de pléthore de partis politiques. En effet, selon lui, une application stricte de cette loi ne va pas nécessairement rationaliser les partis politiques.
Poursuivant son analyse, le spécialiste des Sciences politiques suggère plutôt au Président Diomaye et son régime, en plus de la réglementation, d’allier aussi la carte de la concertation. « Au Sénégal, on évoque souvent le nombre important de partis politiques. Malgré une existence juridique officielle, la plupart de ces partis ne participe pas au débat public, ils ne vont pas à la rencontre des populations dans le cadre d'élections. Dès lors, il s'agirait de les « rationaliser » en faisant probablement le tri ou en mettant un cadre institutionnel qui limiterait leur nombre ou leurs modalités d'action », a-t-il indiqué avant d’insister. « Le débat n'est pas aussi simple de mon point de vue. Les tenants actuels du pouvoir peuvent y contribuer en privilégiant un débat politique sain loin de la politique politicienne, en participant au renouvellement d'une élite administrative et politique qui ferme la porte à tous ces nombreux opportunistes qui créent des partis politiques dans le seul but d'avoir un strapontin et de se servir »
Pour justifier son approche, Jean Charles Biagui souligne que depuis 1981, plusieurs dispositions de la loi sur les partis politiques n'ont jamais été appliquées avant de s’interroger. « En démocratie, est-il de la responsabilité de l'État de le faire ? En tout état de cause, il faudra éviter d'arbitrer à la place du peuple souverain. Il faudra surtout éviter de remettre en cause la liberté d'association ».
LE PROJET OPERATIONNEL AU PREMIER SEMESTRE 2025
Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, est déterminé à mettre en place rapidement les contours de la souveraineté économique qu’il a promise aux Sénégalais
La souveraineté économique, proclamée par les nouvelles autorités, repose sur l’exploitation des ressources minières, pétrolières et gazières. Dans le cadre de son opérationnalisation, le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a exigé du Premier Ministre la finalisation du processus de validation du projet de loi relatif à la souveraineté économique, ainsi que la mise en œuvre effective des Pôles territoires, identifiés comme des épicentres de la réussite de la politique économique et sociale du Sénégal.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, est déterminé à mettre en place rapidement les contours de la souveraineté économique qu’il a promise aux Sénégalais. Lors du Conseil des ministres tenu avant-hier, mercredi 8 janvier 2025, il a enjoint au Premier ministre, Ousmane Sonko, de mener à bien ce processus de validation, accompagné des textes réglementaires, instruments et mécanismes nécessaires à son application, dans le contexte de l’exploitation des ressources naturelles du pays. Le chef de l’État a également insisté sur le renforcement de la transparence dans les industries extractives, tout en garantissant une gouvernance inclusive des ressources naturelles, orientée exclusivement vers le service du peuple sénégalais. À cet égard, il a souligné l’urgence d’activer les dispositifs institutionnels et financiers liés au Fonds de stabilisation et au Fonds intergénérationnel, conformément à la loi n° 2022- 09 du 19 avril 2022, qui encadre la répartition et la gestion des recettes issues de l’exploitation des hydrocarbures.
Dans la même dynamique, le président de la République a demandé au Premier Ministre de préparer, en concertation avec le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, le Ministre des Finances et du Budget, ainsi que le Secrétariat du COS-PETROGAZ, la tenue de la prochaine session dudit Comité dans sa nouvelle composition, d’ici la fin du mois d’avril 2025.
Politique d’emploi et autonomisation des territoires
La souveraineté économique projetée va toutefois au-delà de ces dispositions. Dans un souci de cohérence et d’efficacité, le chef de l’État a insisté sur l’urgence de rendre opérationnels les Pôles territoires. Ces pôles, éléments centraux de la politique économique et sociale du Sénégal, devront être dotés de projets emblématiques au sein de chaque entité territoriale, en parfaite cohérence avec l’Agenda national de Transformation.
Dans cette optique, l’employabilité et l’emploi des jeunes doivent constituer des priorités majeures. Le Président a appelé à accélérer la mise en place des centres de formation professionnelle, tout en optimisant les dispositifs de promotion de l’entrepreneuriat ainsi que des initiatives en faveur de l’emploi des jeunes et des femmes.
En outre, il a exhorté le gouvernement à intensifier le développement de l’économie sociale et solidaire, tout en traduisant sa volonté de promouvoir l’autonomisation des femmes sénégalaises, y compris celles issues de la diaspora. À cet effet, il a insisté sur l’adoption rapide du projet de loi d’orientation sur l’autonomisation économique des femmes.
Suivi-évaluation et vision sénégal 2050
Pour garantir une mise en œuvre efficace des orientations stratégiques, le Président de la République a insisté sur l’instauration d’un cadre innovant de suivi-évaluation. Ce dispositif devra assurer le suivi de la Vision Sénégal 2050, avec des déclinaisons sectorielles et temporelles, afin d’établir une gouvernance axée sur des réalisations concrètes et des résultats mesurables. A terme, il s’agira dans un temps court de mettre de manière dynamique le Projet dans les rampes du décollage.
A DUBAÏ, AL SEYNI NDIAYE PUISSANCE 180
Et de deux pour les Lions du Beach Soccer qui ont enchainé une seconde victoire (4-2) hier, jeudi 9 janvier 2025 contre les Émirats Arabes Unis.
Et de deux pour les Lions du Beach Soccer qui ont enchainé une seconde victoire (4-2) hier, jeudi 9 janvier 2025 contre les Émirats Arabes Unis. La bande à Ngalla Sylla assure donc le 2/2 dans cette double confrontation amicale, avec la cle 180 capes pour le capitaine Al Seyni Ndiaye.
En phase de préparation de la prochaine Coupe du monde, les Lions ont bouclé hier, jeudi 9 janvier 2025 la double confrontation amicale qui les opposait aux Émirats Arabes Unis avec un second succès (4-2). Deux matchs qui ont permis à Ngalla Sylla et ses hommes de peaufiner davantage leurs stratégies pour les grandes joutes de Seychelles (1er au 11 mai 2025).
Pour rappel, le Sénégal avait déjà triomphé des EAU, mercredi lors de la première manche sur le même score. Lors de cette rencontre, le capitaine et portier des Lions a célébré sa 180eme cape sous les couleurs de l’Equipe Nationale octuple vainqueur de la coupe d’Afrique des nations.
LE SÉNÉGAL SOUS L'ASSAUT DES CYBERATTAQUES
Des pirates informatiques s'attaquent aux piliers économiques du pays, paralysant services bancaires et réseaux de télécommunications. Les experts alertent sur une menace qui pourrait s'amplifier avec l'essor du secteur pétrolier et gazier
(SenePlus) - D'après un article de Jeune Afrique, le Sénégal fait face à une recrudescence inquiétante de cyberattaques visant ses institutions majeures, révélant des failles préoccupantes dans sa sécurité numérique.
La Banque de l'habitat du Sénégal (BHS) en a fait les frais pendant les fêtes de fin d'année. Selon JA, l'établissement, dont l'État détient 17,74% du capital, a dû suspendre ses services en ligne du 24 au 31 décembre 2024. Un document interne consulté par le magazine évoque des "tentatives malveillantes" ayant forcé la banque à interrompre ses services digitaux "par mesure de sécurité et pour garantir la sécurité des données des clients".
L'opérateur Sonatel (Orange) n'a pas été épargné. D'après le journal sénégalais Libération cité par Jeune Afrique, deux individus auraient été arrêtés pour intrusion dans le réseau de l'entreprise. Le préjudice est conséquent : "96 millions 954 mille 646 francs CFA" entre mai 2023 et mai 2024. Une source anonyme au sein de Sonatel précise toutefois qu'il s'agirait plutôt d'un "détournement d'appels" que d'une cyberattaque classique.
Les experts interrogés par Jeune Afrique s'inquiètent de cette multiplication des incidents. Gérard J. F. Dacosta, ingénieur en sécurité informatique chez IT4Life, anticipe une aggravation de la situation : "Avec le pétrole et le gaz qui commencent à être exploités, il faut s'attendre à ce que ce phénomène prenne de l'ampleur et qu'il soit encore plus sophistiqué avec le recours à l'intelligence artificielle."
La situation est suffisamment préoccupante pour que le Premier ministre Ousmane Sonko s'en soit saisi personnellement. Lors de sa déclaration de politique générale du 6 janvier, il a reconnu une "insécurité numérique extraordinaire" dans le pays, révélant même que "pas plus tard qu'avant-hier, le ministre des Finances m'informait que notre système était encore attaqué".
Le diagnostic du chef du gouvernement, rapporté par Jeune Afrique, est sans appel : "Nous n'avons pas le contrôle sur la plupart des logiciels que nous utilisons. Aujourd'hui, si certains pays avancés dans ce domaine voulaient s'en prendre au Sénégal, il nous serait difficile de répondre." Face à ces vulnérabilités, Sonko assure que son gouvernement dispose d'un programme ambitieux pour renforcer la cybersécurité nationale.
Omar Wilane, responsable réseau chez Star Oil, pointe quant à lui "le manque de capacité de réaction rapide et efficace face aux incidents de sécurité", soulignant à la fois les dysfonctionnements dans les dispositifs de protection et la sophistication croissante des techniques employées par les cybercriminels.
L’ÉCONOMIE SÉNÉGALAISE LAISSE EN RADE LES DIPLÔMÉS
Le Professeur Joe Cabral, directeur du Laboratoire de Recherches sur les Institutions et la Croissance (LINC), a publié, hier, jeudi 9 janvier 2025, un ouvrage intitulé : Quand l’économie du Sénégal laisse en rade les diplômés
L’économiste sénégalais en poste à la Faculté des Sciences Économiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (FASEG-UCAD) et directeur du Laboratoire de Recherches sur les Institutions et la Croissance (LINC), le Professeur Joe Cabral, a publié, hier, jeudi 9 janvier 2025, un ouvrage intitulé : Quand l’économie du Sénégal laisse en rade les diplômés.
Fruit d’un travail de recherche s’étendant sur une dizaine d’années dans le domaine de l’emploi au Sénégal, cet ouvrage explore en profondeur comment la trajectoire de croissance économique du pays marginalise les individus qualifiés sur le marché de l’emploi. De manière plus explicite, le livre met en lumière une catégorie souvent ignorée dans les analyses classiques : celle des jeunes diplômés vulnérables. Comme l’a souligné dans sa préface M. Pierre Mendy, directeur du Centre de Recherche et de Formation pour le Développement Économique et Social (CREFDES) et chercheur au Laboratoire de Mathématiques de la Décision et d’Analyse Numérique (LMDAN), « le Professeur Cabral s’est intéressé à ce paradoxe d’une trajectoire de croissance économique qui exclut ceux que l’on pourrait naturellement considérer comme les mieux armés pour y participer : les diplômés »
Ainsi, cet ouvrage examine avec une rigueur scientifique les conséquences d’une économie sénégalaise dont la croissance repose en grande partie sur un marché du travail dominé par des emplois peu ou non qualifiés. UN HOMMAGE AU PROFESSEUR GAYE DAFFÉ L’ouvrage : Quand l’économie du Sénégal disqualifie les qualifiés ne relève pas du hasard. Sa publication coïncide avec le quatrième anniversaire de la disparition du Professeur Gaye Daffé, mentor et source d’inspiration du Professeur Cabral. Ce dernier raconte que l’idée d’écrire cet ouvrage lui a été soufflée par le défunt Professeur Daffé, après la lecture d’une étude réalisée par Cabral sur le diagnostic de l’emploi au Sénégal
Le Professeur Daffé ne s’est pas limité à inciter son collègue à écrire ce livre ; il a également contribué à en structurer les premières lignes au cours de séances de travail conviviales, souvent organisées autour de déjeuners. Cependant, ce n’est qu’après la disparition de Gaye Daffé, le 9 janvier 2021, que le Professeur Cabral a ressenti pleinement la responsabilité morale d’achever et de publier cet ouvrage en hommage à son mentor.
Aujourd’hui, l’œuvre est enfin publiée. Et, comme le confie le Professeur Cabral avec émotion, Sédiounkol – un surnom affectueux en mandingue désignant les natifs de Sédhiou, attribué au Professeur Daffé – peut être fier, depuis l’au-delà, de son « jeune frère » et de cette contribution importante au débat sur l’emploi et la croissance au Sénégal.