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5 avril 2025
LE MINISTERE DE LA SANTE LANCE UN MANUEL DE PROCEDURES
Afin de faire face aux risques sanitaires, le ministère de la Santé et de l’action sociale (Msas) a élaboré un manuel de procédures pour la sécurité́sanitaire du Pèlerinage, dans une approche multisectorielle
Afin de faire face aux risques sanitaires, le ministère de la Santé et de l’action sociale (Msas) a élaboré un manuel de procédures pour la sécurité́sanitaire du Pèlerinage, dans une approche multisectorielle. La présentation de ce manuel a eu lieu hier, vendredi 20 décembre à Dakar.
Le Haji, cinquième pilier de l'Islam, est l'un des rassemblements humains de masse les plus importants à travers le monde. Des millions de personnes provenant de tous les pays se regroupent pour une période limitée n'excédant pas les 40 jours afin d'accomplir le rite du Hajj. Pour le directeur général de la santé, Dr Ousmane Cissé, en 2025, près de 12 860 pèlerins sénégalais vont s'y rendre.
« La couverture sanitaire de cette population nécessite une organisation toute particulière concernant notamment des aspects administratifs, religieux et sanitaires. Une préparation rigoureuse précède le départ des pèlerins, à travers la communication, les visites médicales d'aptitude et la vaccination. Une équipe de professionnels de soins assure la couverture sanitaire aux lieux saints de l'Islam et la surveillance de l'état de santé des pèlerins jusqu'à leur retour », a déclaré Dr Cissé. Pour mieux prendre en charge la santé des pèlerins, le ministère de la santé et de l’action sociale a élaboré un manuel de procédures pour la sécurité sanitaire du Pèlerinage. Pour Docteur Mamadou Moustapha Diop, directeur de la maladie au sein du ministère de la santé et de l’action sociale (Msas) : « ce manuel est tout simplement un référentiel, c'est un document qui permet aux professionnels de santé, mais qui permet également aux missionnaires qui vont accompagner nos pèlerins, de pouvoir avoir tous les éléments, toutes les informations en termes de tâches à faire dans toutes les étapes du pèlerinage ».
Et d’ajouter : « quand nous parlons d'étape du pèlerinage, c'est d'abord l'étape sénégalaise. Dakar occupe une place importante, mais également toutes les autres régions du Sénégal, les districts, à travers les médecins qui sont désignés pour faire les visites médicales. Tout ceci, c'est pour permettre à nos pèlerins de pouvoir procéder dans des conditions optimales le pèlerinage à La Mecque». Du côté du directeur général de la santé, ce présent manuel de procédure vise à normaliser le processus de cette couverture sanitaire dans une démarche multisectorielle et mettre ainsi à la disposition des professionnels de santé un référentiel, leur permettant de mettre en œuvre les différentes activités relatives à cette opération, à même de minimiser les risques sanitaires pouvant être associés au pèlerinage
« Ce manuel décrit de façon succincte les différentes étapes de la couverture sanitaire avant le départ, pendant le pèlerinage et après le retour des Lieux Saints de l'Islam » a-til souligné. Et d’exhorter au nom de du Ministre de la santé à se l'approprier et en faire une large diffusion et une large communication pour que nul n'en ignore.
Par Fadel DIA
MAYOTTE-EN-FRANCE !
Le cyclone Chido révèle aux Français l'existence d'un département méconnu dont même la population reste un mystère. 'À Mayotte, confie une députée, on sous-estime autant les vivants que les morts
Il y a près de cinquante ans la France opérait ce qui n’était rien moins qu’un holdup territorial, en détachant l’ile de Mayotte des autres composantes de ce qui constituait les Comores, pour en faire une dépendance ultra marine. Si cet évènement nous interpelle encore, c’est qu’il suit d’autres rapts qui ont eu des fortunes diverses.
L e premier nous concerne de près, puisque c’est la tentative de détacher la presqu’ile du Cap Vert du reste du Sénégal en faisant miroiter à la collectivité léboue un projet de protectorat indigène sous l’ombrelle française, alors que le motif principal de l’ancienne métropole était de conserver à son usage, la base militaire stratégique et le port de Dakar qui était alors le premier de la sous-région. Pour son malheur, elle avait affaire à un nationaliste intransigeant, Mamadou Dia, qui a paré au coup en transférant la capitale du Sénégal de Saint-Louis à Dakar, au risque de mécontenter les populations de la vieille ville. Le deuxième coup a mieux réussi et nous ne nous en sommes pas encore relevés puisqu’il est à l’origine de la balkanisation des anciennes fédérations d’AOF et d’AEF. Le succès fut mitigé puisque si le projet a empêché la création d’une grande fédération du Mali avec 4 ou 5 membres, il a permis à la Guinée d’accéder à l’indépendance dès 1958 et qu’au bout de quelques années, la communauté franco-africaine a volé aux éclats.
Le rapt de Mayotte n’a évidemment aucun fondement historique, l’ile n’était pas seulement une partie intégrante d’un seul archipel, mais c’est autour d’elle que s’était créée une colonie française dont elle abritait la capitale et en l’en soustrayant, c’est comme si on coupait la tête des Comores. S’il y a une Grande Comore c’est parce qu’il y en avait de petites, dont Mayotte, qui constituaient un archipel peuplé par les mêmes populations venues des côtes d’Afrique orientale ou de Madagascar qui avaient les mêmes cultures et partageaient la même foi. La France est régulièrement condamnée aux Nations Unies pour y avoir cautionné un référendum sécessionniste et comme l’histoire se répète quelquefois, c’est elle aujourd’hui, et l’Union Européenne en général, qui vouent la Russie aux gémonies pour avoir usé du même procédé en Crimée et dans l’est de l’Ukraine.
Les Mahorais qui avaient cédé aux sirènes françaises rêvaient de voir leur territoire transformé en ile des Maldives du Canal de Mozambique, grâce à ses 1100km2 de lagons, ses 195 km de barrière récifale, ses 170 plages de sable, ses 200 km de sentiers, sans compter son incomparable richesse d’espèces végétales. Cinquante ans plus tard Mayotte a le visage d’une Haïti du nord de l’Océan Indien, y compris en insécurité. Le taux de pauvreté est de 86%, le niveau de vie y est sept fois plus faible que la moyenne française et son seul titre de gloire est de posséder « le plus grand bidonville d’Europe ! » Sa superficie n’est pourtant que la moitié de celle de la commune d’Arles, en France, mais il y a encore, faute de routes praticables, des villages inaccessibles aux secouristes et dont les habitants n’ont encore reçu aucune aide alimentaire, cinq jours après une catastrophe qui est la plus grave que l’ile ait connue depuis un siècle.
Le cyclone Chido a au moins le mérite d’avoir fait découvrir aux Français un petit territoire érigé en département français il y a treize ans mais dont personne ne connait le chiffre exact de la population : 320.000 ? 520.000 ? Personne ne sait car à Mayotte, dit une de ses députées, « on a toujours sous-estimé aussi bien les vivants que les morts ! ». Gaza peut faire chaque jour le bilan des personnes tuées par les bombardements israéliens tandis qu’à Mayotte, cinq jours après le passage de Chido, on en est encore à de vagues estimations, jamais réactualisées, du nombre des victimes : une trentaine selon les chiffres officiels, alors que selon certains habitants des centaines de corps restent ensevelis sous les décombres et dégagent une odeur de putréfaction.
La vérité c’est que près de cinquante ans après son annexion, un malentendu demeure sur les relations de l’ile avec la France, le statut de ses habitants, la nature et la dimension de ses besoins. Pour le Premier Ministre, François Bayrou, Mayotte se trouve « hors du territoire national ». Pour le président Macron, qui lors d’un précédent voyage avait ironisé lourdement sur les kwasa- kwasa, les bateaux de pêche locaux qui « ne ramènent pas du poisson mais du Comorien ! », les Mahorais ne sont que des gens qui ont la chance de vivre en France. C’est le sens de ses paroles tenues par un homme qui aime les bains de foules mais qui contrairement au Roi d’Espagne ne sait pas tenir ses nerfs et qui était en plein délire face à des Mahorais qui criaient leur détresse : « Vous êtes contents d’être en France… Si ce n’était pas la France, vous seriez 10.000 fois plus dans la merde ! » Un président de la République devrait-il s’exprimer ainsi face à tant de détresse. Puisque la Corse et Mayotte ont été acquises par la France par le même procédé, Macron oserait-il tenir un tel discours devant des manifestants Corses ?
Pourtant les Mahorais ne réclament ni autoroutes ni piscines, ce qu’ils demandent c’est de l’eau, un repas, un abri pour se protéger. Quand le président de la République croit pouvoir tout régler en 4 heures de visite, quand il se vante d’avoir débarqué avec 4 tonnes d’aliments et de médicaments, quand la ministre de la Santé promet de pré positionner 10.000 doses de vaccins contre le choléra, quand le Premier Ministre annonce qu’il va tout reconstruire en deux ans, on peut se poser la question de savoir si en France on a une idée de l’ampleur des besoins des Mahorais qui sont plus de 300.000 sur un territoire de moins de 400 km2, pour lesquels trouver de l’eau à boire est depuis des années, un combat de tous les jours, dont les habitations sont détruites à 80% et dont le pays n’est pas à reconstruire mais à construire ! « Je ne peux plus regarder mon ile » a crié un Mahorais impuissant face au désastre. Espérons que les autorités françaises regarderont enfin Mayotte les yeux dans les yeux !
Pour terminer par une note optimiste, saluons le formidable élan de solidarité envers les sinistrés qui se propage en France, porté par des Français qui ne sont pas seulement d’origine mahoraise, par des communes ou des institutions. C’est une chose que nous ne savons pas faire et dans des cas similaires nous nous contentons souvent, dans le meilleur des cas, de dire « ndeysaan » et de nous en tenir là. Il y a quelques semaines la Gambie, la Falémé, le Sénégal ont débordé de leurs lits comme jamais ils ne l’ont fait depuis 1958, détruisant des centaines d’habitations, inondant des champs et jetant dans le désarroi des dizaines de milliers de personnes et pourtant, à quelques rares exceptions près, nous n’avons rien fait qui soit à la hauteur de cette catastrophe. Pas même une journée de deuil national !
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LES UNES DE LA PRESSE DE CE WEEK-END
Sud Quotidien, Walf Quotidien, Record, Le Soleil, Le Verdict New, Vox Populi, l'EnQuête, L'Observateur, Le Quotidien, Le Témoin, L'As Quotidien, Libération, Yoor-Yoor Bi
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UN PREMIER CONTINGENT DE SOLDATS FRANÇAIS A QUITTÉ N'DJAMENA
120 éléments ont quitté le Tchad vendredi midi, trois semaines après l'annonce surprise de la suspension de l'accord militaire entre Paris et N’Djamena, a annoncé le ministère tchadien des Armées.
Un premier contingent de 120 soldats français a quitté le Tchad vendredi midi, trois semaines après l'annonce surprise de la suspension de l'accord militaire entre Paris et N’Djamena, a annoncé le ministère tchadien des Armées.
"Ce midi, 120 soldats français ont décollé de l'aéroport militaire de N'Djamena à bord d'un Airbus A330 Phoenix MRTT, à destination de la France", selon un communiqué publié sur la page Facebook du ministère tchadien des Armées.
Interrogée par l'AFP à Paris, l'armée française, qui compte près de 1.000 personnels dans le pays, n'a pas commenté cette annonce. Ce premier mouvement de soldats, dix jours après le départ des avions de chasse français, fait suite à la décision de ce pays du Sahel de mettre fin à soixante ans de coopération militaire en rompant les accords qui le liaient à la France depuis la fin de la colonisation.
Maillon clé de la présence militaire française en Afrique, ce pays désertique a constitué le dernier point d'ancrage de Paris au Sahel après les retraits forcés de ses troupes au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Vendredi matin, le départ des troupes s'est déroulé en présence des autorités militaires tchadiennes, dont la présence "témoigne de l'intensité de la coopération entre les deux pays dans le domaine de la sécurité", précise le communiqué.
La France a déjà été contrainte d'évacuer ses troupes du Mali, du Burkina Faso et du Niger entre 2022 et 2023 après l'arrivée au pouvoir de juntes militaires qui se sont rapprochées de Moscou. Le Sénégal a fait part de son souhait de voir la France fermer ses bases militaires. La décision de N'Djamena de dénoncer l'accord de défense avec son vieil allié a pris Paris de court, alors que l'influence d'autres puissances - notamment russe - croît au Sahel.
Des troupes et des avions de combat français ont été stationnés au Tchad quasiment sans discontinuer depuis l'indépendance en 1960, servant à la formation et l'entraînement des militaires tchadiens. Les avions constituaient un appui aérien qui s'est avéré primordial à plusieurs reprises pour stopper des rebelles cherchant à s'emparer du pouvoir.
L'armée française compte près de 1.000 personnels sur trois emprises au Tchad - dont une majorité sur le camp Kossei. La France avait prévu de réduire ces effectifs dans le cadre d'une reconfiguration de sa présence militaire sur le continent africain. "Des tonnes d'équipements militaires, soigneusement conditionnés et entreposés à l'aéroport militaire de N'Djamena, seront transportés par un Antonov 124 prévu pour les jours à venir" précise le ministère des Armées tchadien dans une publication sur Facebook vendredi après-midi.
"Les véhicules militaires provenant des bases françaises de Faya Largeau, Abéché et N'Djamena seront également rapatriés en France via le port de Douala, avec une échéance attendue d'ici janvier", "le trajet maritime prendra environ trois semaines" selon un responsable de l'armée française cité dans cette même publication par le ministère.
par l'éditorialiste de seneplus, Benoit Ngom
DIOMAYE, DIOUF ET LE SOFT POWER DU SÉNÉGAL
EXCLUSIF SENEPLUS - Les similitudes entre les deux présidents éclairent d'un jour nouveau la diplomatie sénégalaise. Leur rencontre de juin dernier signe la fin d'une tradition où chaque nouveau régime prétendait réinventer le pays
La visite que le président Diomaye Faye a rendu à Paris, au mois de juin dernier, à l'ancien président Abdou Diouf mérite d'être saluée comme une marque de respect, de considération, mais aussi comme l’expression de la reconnaissance d'une sorte de "droit d'ainesse " ancrée dans nos traditions, et enfin et surtout une affirmation solennelle du principe républicain de la continuité de l'Etat.
Ce faisant, le président Faye a voulu rompre avec cette désastreuse "tradition" qui voulait que chaque nouveau régime se soit senti presque dans l'obligation d'agir comme si l'histoire du pays commençait avec lui.
Cette pratique dommageable et contre-productive a fait de beaucoup de nos compatriotes des citoyens dépourvus de tout souvenir. Or, une société composée de citoyens qui ont oublié leurs traditions et qu’une mauvaise pratique politique empêche de pouvoir se référer à leur mémoire historique immédiate n'a aucune chance de fonder des valeurs de civilisation sur les quelles ancrer son destin. En vérité, croire que l'arrivée d'une nouvelle personne a la magistrature suprême du Sénégal peut à elle seule, quelle que soit sa valeur, expliquer le prestige international de notre pays, c’est refuser de voir la vérité en face. C’est aussi empêcher à la jeune génération de comprendre que les grandes civilisations que nous admirons aujourd'hui ont été construites pierre après pierre.
Le prestige et l'influence du Sénégal, la réalité de son Soft Power, nous le devons à la clairvoyance de nos dirigeants qui ont su inspirer à des diplomates chevronnés des actions fondées sur nos valeurs fondamentales de civilisation. Le prestige du Sénégal au niveau mondial, nous le devons aussi à la sagesse de sa Nation, à la lucidité de sa classe politique, à la conscience élevée de ses citoyens qui, en l'espace d'une génération, ont pu montrer leur maturité en réalisant trois alternances de régimes, avec panache, dans un continent où l’instabilité politique est la règle. Le prestige du Sénégal, nous le devons enfin à la perception qu’a son peuple de l'enseignement et de la pratique des différents guides historiques et actuels des communautés religieuses du pays.
Pour toutes ces raisons, nous devons accepter, avec lucidité, que chacune des différentes personnalités qui ont présidé aux destinées du Sénégal, en fonction des réalités économiques et politiques du moment, a essayé de maintenir le pays sur les rails de la stabilité sans laquelle aucun espoir de développement n'est possible. Ainsi de Senghor à Abdou Diouf en passant par Abdoulaye Wade et Macky Sall, la volonté de garder le Sénégal debout et fier parmi les nations a été le massif d'ancrage de leurs politiques respectives. C’est pourquoi, au nom d'un sursaut intellectuel et patriotique, essayons de reconnaître à chacun d'entre eux sa contribution au développement culturel, politique et humain de notre nation.
L'amnésie sélective, le snobisme de la contestation tous azimuts, sont un danger pour tout peuple qui aspire à jouer dans la cour des grands. A ce sujet, l'ouvrage collectif que des juristes sénégalais et étrangers ont rédigé, en hommage à Abdou Diouf, que vient de publier les "éditions Librairie juridique africaine *" nous a inspiré quelques remarques et réflexions sur les similarités entre les présidents Diomaye Faye et Abdou Diouf en termes de parcours, visions, postures et convictions, qui témoignent de leur engagement pour un leadership politique et diplomatique du Sénégal au niveau africain et international.
A cet égard, il convient de noter que les deux présidents ont appartenu à la haute administration, et que si le président Faye, à l’âge de 44 ans, est incontestablement le plus jeune président élu du Sénégal, le président Diouf, au moment où il succède à Senghor, qui volontairement avait écourté son mandat électif, avait 45 ans. L'acte le plus significatif du président Faye dès son élection a été de se démettre de toute responsabilité dans son parti Pastef qui venait de le porter avec brio à la tête du Sénégal. Rappelons, que malgré le contexte tumultueux de l'époque, Abdou Diouf avait jugé en 1996 que si le Sénégal voulait être un Etat démocratique moderne et jouer dans la cour des grands, le président de la République ne devait plus être un chef de parti. En ce sens, c’est tout heureux que le président Faye, après une longue parenthèse, ait repris à son compte cette marque de fabrique des grandes démocraties.
La volonté de consacrer l'Etat de droit, afin que la justice sauvegarde les droits et libertés du citoyen a été immédiatement affirmé par le nouveau gouvernement de Faye et Sonko en organisant comme sa première manifestation d’envergure, les "Assises de la Justice "et en proclamant la redevabilité et la lutte contre l'impunité comme les deux faces de la médaille du nouveau régime. Sur ce point, si le président Diouf n’a pas réussi à atteindre ses objectifs avec la CREI, il a tenu à ce que le Sénégal fut le premier pays à ratifié le statut de Rome qui fonda la Cour Pénale Internationale.
Les deux hommes se rejoignent aussi dans leur ferme volonté d'être mus par de seules considérations patriotiques, dès lors qu'il s'agit de porter au niveau de l'arène internationales les fils du Sénégal les plus méritants qui sollicitent leur soutien. C'est comme cela que j'ai compris toute la solennité avec laquelle Mme Yacine Fall, ministre de l’intégration africaine et des Affaires Étrangères a entouré le soutien de l'ancien ministre, Amadou Hott, candidat à la présidence de la BAD, en invitant à joindre l’équipe de campagne des personnalités qui ont fait leurs preuves dans les anciens régimes.
Cette démarche peut être l'expression d'une volonté de redynamiser une diplomatie sénégalaise au long cours, dont le rappel de ses hauts faits nous paraît utile dans cette période, où notre continent cherche les moyens de parler d'une voix forte pour être entendu là où le sort du monde se décide, au Conseil de Sécurité de l'ONU. En ce sens, il convient de rappeler à la jeune génération les prouesses de la diplomatie sénégalaise dans le temps.
En 1974, Amadou Mactar Mbow fut le premier africain élu à la tête de l'Unesco. Que l'ouverture de Cour Internationale de Justice aux Juristes Africains se fera avec l'élection du magistrat sénégalais Isaac Forster en 1964. Ce qui ne sera qu'une étape dans les manifestations des capacités des diplomates du Sénégal qui réussiront à faire élire une deuxième fois un Sénégalais en la personne du juge Kéba Mbaye en 1981 à cette même Cour. Ce qui pour un pays de la taille du Sénégal était incontestablement une prouesse.
Le Sénégal, pays en majorité musulmane, qui a donné de grands érudits à la Ummah Islamique devait être selon ses dirigeants, plus visible dans la gouvernance internationale du monde Islamique et assurer plus de présence dans ses activités culturelles et politiques. Grace à de l’entregent de sa diplomatie, le Sénégal réussira à élire en 1975 son ancien ministre des Affaires Étrangères Karim Gaye en qualité Secrétaire Général de l'OCI avant d'organiser quelques années plus tard, en 1991, le Sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique au Sénégal.
Cette détermination à placer les Sénégalais dans la galaxie des Administrateurs de la société internationale va être réaffirmée par l'élection en 1993 de Jacques Diouf en qualité de Directeur Général de la FAO.
Enfin, le nouveau président Faye a fait remarquer, dès son accession au pouvoir sa détermination à mobiliser sa diplomatie au service de la consolidation de l'intégration africaine comme le montre son engagement à sauvegarder l’intégrité de la CEDEAO, organisation dont l'un des acquis les plus importants, le Protocole sur la libre circulation des biens et des personnes, a été signé en 1979 à Dakar. Cet engagement digne du rôle que le Sénégal a toujours voulu jouer en faveur de l'unité et du développement de l'Afrique mérite d'être soutenu.
La volonté panafricaine de soutenir les grandes causes de notre continent en réarmant intellectuellement et moralement nos compatriotes grâce à l’incarnation d'une autodétermination, et d'une souveraineté fondées sur la réappropriation de notre histoire, explique certainement, les initiatives du président Faye et son gouvernement par rapport au massacre de Thiaroye ou de l’inauguration à Thiès de la statue de Lat dior Damel du Cayor.
C'est au nom du triomphe de la cause des Noirs, que le Sénégal fut le premier pays en 1976 à soutenir les revendications du gouvernement provisoire de Papouasie Nouvelle Guinée. Ce qui fit dire au Prix Nobel Wole Soyinka, que ce soutien faisait de Senghor un président qui "méritait une place d’honneur".
C’est cette même fibre patriotique qui amena le Sénégal à se dresser contre le régime de l'Apartheid qui permit à une minorité de blancs soutenus par certains pays occidentaux de perpétuer une féroce domination sur la majorité noire.
Ainsi quand Mandela visita le Sénégal avant son arrestation par le régime sud-africain, Senghor décida de reconnaître son mouvement, l'ANC en octroyant à son bureau de représentation au Sénégal un statut Diplomatique. Abdou Diouf suivra cette voie de la continuité de l'Etat et de la pérennisation des valeurs de solidarité active et de Téranga en offrant, pour la première fois aux membres de l'ANC et aux libéraux blancs, l’opportunité d'engager le dialogue, à Dakar en 1987. Cette rencontre valut au Sénégal beaucoup de prestige international et d'amitié de la part de Nelson Mandela.
L'orientation que le président Faye et son premier ministre Ousmane Sonko ont commencé à imprimer aux relations internationales du Sénégal mérite d'être consolidée par la mobilisation des patriotes expérimentés et de bonne volonté, car elle peut à n'en point douter, renforcer le Soft Power du pays en permettant un redéploiement très significatif d’une diplomatie sénégalaise fondée sur la continuité de l'Etat et sur le patriotisme au service de le l’intégration africaine.
Le tandem Diomaye-Sonko, l'étoile la plus brillante de la constellation des nouvelles forces souverainistes africaines, dont la réussite du "Projet" pourrait être le premier jalon vers la renaissance de l'Afrique, doit essayer de fonder son action sur les acquis glorieux légués par les anciens, sur la compétence et la bonne volonté d'une jeunesse patriotique.
Benoit S Ngom est président de l’Académie Diplomatique Africaine.
Hommage à Abdou Diouf, éditions librairie juridique africaine, décembre 2024.
LES ENGAGEMENTS DU MINISTRE DE L'INTÉRIEUR POUR 2025
Le projet de budget du ministère de l’Intérieur pour 2025 a été adopté par les députés, en travaux de commission, ce vendredi
Le projet de budget du ministère de l’Intérieur pour 2025 a été adopté par les députés, en travaux de commission, ce vendredi. Au cours de la séance, le Général Jean-Baptiste Tine a formulé un certain nombre d’engagements.
En 2025, le ministère de l’Intérieur devrait être crédité de 204,4 milliards de francs Cfa. Son projet de budget a été adopté par les députés ce vendredi, en travaux de commission. Les crédits ont augmenté de 7,4 milliards de francs Cfa par rapport au budget de l’année 2024.
La Sécurité publique capte plus de la moitié du budget du Ministère avec 128 milliards. Soit une hausse de 13 milliards. «Cette augmentation permettra d’investir dans la formation des agents, la lutte contre la cybercriminalité, la gestion des frontières et la modernisation des infrastructures. L’initiative "Quartiers sûrs" sera soutenue», promet le ministère. Le poste de la Sécurité civile vient en deuxième position avec une enveloppe de 43 milliards et demi.
Durant les débats, le ministre a déclraté que la Police est consciente de l’état de ses relations avec les populations. Mais, le Général Jean-Baptiste Tine promet que la nouvelle doctrine de police de proximité, adoptée en début de semaine, apportera un vrai changement dans les relations Police, Gendarmerie et populations.
«Des efforts supplémentaires seront fournis contre l’insécurité. Des moyens technologiques modernes seront déployés, tandis que la formation des agents de police et la sensibilisation des populations seront intensifiées. La lutte contre la corruption sera "un combat national"», promet-il. Ses propos sont rapportés par le ministère de l’intérieur sur ses plateformes numériques.
SÉNÉGAL-GAMBIE, UN NOUVEAU CHAPITRE DE LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE
Selon Ousmane Sonko, pour faire émerger les deux États, il est crucial d’investir dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, le transport terrestre, maritime et fluvial, ainsi que dans le tourisme, les hydrocarbures...
Les 19 et 20 décembre 2024, le Premier Ministre Ousmane Sonko a effectué une visite de travail et d’amitié en Gambie, où il a été accueilli par le Vice-Président gambien, Muhammed B.S. Jallow. Ensemble, ils ont co-présidé la 2e édition du Forum économique, commercial et d’investissement sénégalo-gambien à Banjul. Cet événement souligne les liens historiques et fraternels entre les deux pays et témoigne de leur volonté commune d’accroître les échanges économiques et commerciaux.
Lors de son intervention, Ousmane Sonko a plaidé pour le renforcement de la coopération dans des secteurs clés tels que les infrastructures de transport, l’agriculture, la pêche, les hydrocarbures, le tourisme et l’économie numérique. Il a également souligné l’importance de l’intégration africaine dans les partenariats du Sénégal. Le Premier Ministre a annoncé qu’il co-présidera la 5e Session de la Commission consultative conjointe chargée du suivi de la coopération entre les deux pays, affirmant que rien ne devrait entraver l’avenir de cette collaboration. En évoquant le transport intra-États, il a proposé d’en faire un véritable outil d’intégration économique, notant qu’entre 2000 et 2023, le trafic commercial a généré 117 milliards de FCFA, avec un objectif ambitieux d’atteindre 500 milliards de FCFA dans les années à venir.
Ousmane Sy Ndiaye, directeur exécutif de l’Unacois Diappo, a également souligné les défis à relever, notamment la libre circulation des personnes et des biens dans le corridor. Il a noté que la circulation au sein de la région de l’Afrique de l’Ouest représente un véritable casse-tête. Il a appelé à une facilitation des échanges par les administrations des deux pays et à une amélioration des services de sécurité pour garantir un environnement serein pour les échanges.
Il a également évoqué le potentiel de consommation en Gambie, soulignant que le Sénégal pourrait soutenir l’approvisionnement du marché gambien en denrées stratégiques, notamment alimentaires et en intrants pour le bâtiment. Il a mis en avant l’opportunité de développer davantage la coopération dans les industries culturelles et créatives, ainsi que dans les services bancaires et d’assurance.
Le Premier Ministre a rappelé que pour faire émerger les deux États, il est crucial d’investir dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les infrastructures, le transport terrestre, maritime et fluvial, ainsi que dans le tourisme, les hydrocarbures, l’industrie et la pêche. Il a déclaré : « Avec la Gambie, nous voulons un partenariat win-win ».
Le flux moyen journalier de taxis entre Ziguinchor et la Gambie témoigne de l’importance des échanges entre les populations des deux pays. Malgré les défis tels que la corruption et les formalités administratives, la frontière sud sénégalo-gambienne enregistre des flux significatifs de véhicules et de marchandises. En 2015, les recettes douanières à Ziguinchor ont atteint environ 313 millions de FCFA, bien que ces chiffres ne tiennent pas compte des flux informels et de la contrebande.
La coopération militaire et politique entre le Sénégal et la Gambie, renforcée par l’implication du Sénégal dans la transition politique gambienne, a également eu des retombées positives sur les relations économiques et sociales. Cette coopération est essentielle pour faire face aux défis communs, notamment ceux liés à la sécurité et à l’intégration économique.
Ousmane Ndiaye a également souligné la nécessité d’harmoniser les régimes fiscaux et juridiques des deux pays. Le Sénégal, avec son système déclaratif hérité de la France, et la Gambie, avec son approche anglo-saxonne, doivent travailler ensemble pour faciliter les transactions commerciales. Il a plaidé pour une harmonisation des modalités de gestion des différends, notamment dans le domaine de la médiation et de l’arbitrage. La chambre de commerce de Dakar, qui abrite un centre d’arbitrage et de médiation, pourrait jouer un rôle clé dans ce processus.
La collaboration entre le Sénégal et la Gambie est cruciale pour relever les défis économiques, sociaux et environnementaux. En unissant leurs forces, les deux pays peuvent non seulement renforcer leurs relations bilatérales, mais aussi contribuer à l’intégration régionale et au développement durable. Ousmane Sonko a bien résumé cette vision en affirmant que tous, nous devons accepter de travailler ensemble pour relever ces défis majeurs.
UNE BANDE DESSINÉE POUR LEVER LE VOILE SUR L'ÉPOPÉE DE MABA DIAKHOU BA
Thierno Diagne Ba, descendant de l’Almamy retrace l’histoire de ce leader musulman du XIXe siècle. Cette œuvre vise à transmettre son héritage aux générations présentes et futures, ouvrant la voie à une série et à un éventuel film d’animation.
La bande dessinée intitulée ‘’la glorieuse épopée de Tafsir Maba Diakhou Ba, Almamy du Rip et du Saloum’’ se veut ‘’un travail mémoriel et pédagogique’’ dont l’objectif est de raconter cette fabuleuse histoire aux générations actuelles et futures, a dit à l’APS son auteur, Thierno Diagne Ba, descendant de cette figure musulmane sénégalaise du XIXe siècle.
‘’La parution de cette BD est un devoir de mémoire. L’objectif est de raconter cette fabuleuse histoire aux enfants sénégalais’’, a-t-il expliqué lors d’un entretien téléphonique avec l’APS.
L’œuvre parue aux éditions Cinérip ouvre le premier chapitre d’une longue histoire qui sera consacrée à « l’origine, l’exil et le retour de l’Almamy du Rip », a-t-il poursuivi, évoquant son ambition d’en faire un film d’animation.
Gestionnaire des industries culturelles et animateur culturel, Thierno Diagne Ba signale que son travail de bande dessinée découle de nombreuses années de recherches à travers les sources orales, mais aussi des travaux de l’universitaire et historien Iba Der Thiam, auteur de l’ouvrage ‘’Maba Jaaxu Ba, Almamy du Rip’’, paru aux Nouvelles éditions africains, en 1977.
Il s’est aussi basé sur les travaux d’Abdou Boury Ba, qui a produit l’‘’Essai sur l’histoire du Rip’’ en 1976, dans les bulletins de l’Institut fondamental d’Afrique noire de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar.
M. Ba a également cité le mémoire de maîtrise de Kélétigui S. Keita, soutenu en 1970 à l’Université de Dakar, sous le titre ‘’Maba Diakhou Ba dans le Rip et le Saloum (1861-1867)’’.
« L’Almamy Maba Diakhou fut le modèle du plus simple émir des croyants ou commandeur des croyants’’, a écrit le préfacier, Almamy Abdoul Demba Tall.
NATURAL JUSTICE DÉVOILE L'ABÉCÉDAIRE DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE EN BANDES DESSINÉES
En sensibilisant le public à travers des films éducatifs, l'organisation entend rendre les enjeux liés au sujet accessibles à tous. Cette initiative vise également à mobiliser les communautés locales et la jeunesse sénégalaise.
L’ONG Natural Justice, en partenariat avec l’Agence Nationale pour les Énergies Renouvelables (ANER), a organisé jeudi 19 décembre à Dakar une projection de film suivie d’un panel pour présenter l’abécédaire de la transition énergétique au Sénégal. Cet événement a pour objectif de sensibiliser le grand public aux notions clés de la transition énergétique et aux défis climatiques, tout en mettant en lumière les efforts du Sénégal dans ce domaine.
Dans son allocution, Sokhna Dié Ka, directrice du Hub Dakar de Natural Justice, a mis en exergue l'importance de cet enjeu pour le pays. « Cette projection nous offre l'opportunité d'échanger et de partager nos visions sur des thématiques cruciales, notamment les problématiques liées au changement climatique et à l’accès à l’énergie. » Elle a également souligné les avancées du Sénégal à travers des projets tels que la stratégie « Gas to Power » et le développement des énergies renouvelables. Selon elle, ces initiatives sont indispensables pour réduire la dépendance énergétique tout en promouvant une transition bas carbone : « La maîtrise de ces enjeux demeure pour nous un grand défi, actuel mais aussi futur, pour les générations à venir. »
L’approche inclusive adoptée par Natural Justice repose, selon elle, sur une sensibilisation des communautés locales, afin qu’elles puissent pleinement participer à cette transition. Pour cela, l’organisation a développé un outil innovant : des bandes dessinées éducatives pour rendre les concepts accessibles à tous, en particulier aux jeunes.
Pour sa part, Suleyman Tosun, représentant de l’ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal, a témoigné de l’engagement de son pays en faveur de la transition énergétique au Sénégal. Évoquant ses propres expériences dans des zones dépourvues d’énergie, il a rappelé l’importance vitale de l’accès à une énergie fiable et renouvelable. « L'énergie, lorsqu'on l'a, semble tellement naturelle qu'il est presque impossible d'imaginer la vie sans elle. Pourtant, pour des millions de personnes dans le monde, c'est une réalité quotidienne. »
Il a salué les efforts du Sénégal, qui intègre déjà 30 % d’énergies renouvelables dans son mix énergétique. Suleyman Tosun a également insisté sur la nécessité de continuer sur cette voie : « Investir dans le solaire, l’hybride et la bioénergie, c’est comme passer de la charrette à l’auto : on va plus loin, plus vite, et sans polluer les routes. »
Un appel à la jeunesse pour un avenir durable
Kader Diop, représentant de l’ANER, a délivré un message d’espoir et de mobilisation. Soulignant les ressources naturelles inépuisables du pays, il a encouragé les jeunes à s’engager dans le développement des énergies renouvelables : « Le soleil se lève tous les jours. Vous n’avez pas besoin d’appuyer sur un bouton pour qu’il apparaisse. C’est une grâce que nous devons exploiter au mieux pour assurer notre souveraineté énergétique. »
Il a également rappelé les efforts déjà accomplis par le Sénégal et fixé un cap ambitieux pour l’avenir : « Aujourd’hui, nous avons atteint 30 % d’énergies renouvelables dans notre mix énergétique. J’espère que demain, vous, la jeunesse, porterez ce chiffre à 80, voire 100 % », s’est-t-il adressé aux enfants qui ont assisté à la projection des bandes dessinées.