Dans la délégation du Premier ministre Ousmane Sonko, on note la présence du directeur général de l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (Apix SA), Séga Bathily. Ce dernier a, lors de l’ouverture de la deuxième session du forum économique, commercial et d’investissement, exposé le potentiel du Sénégal, mais également les défis actuels qui entravent l’économie des deux États.
Le Sénégal, qui a récemment intégré le cercle des pays producteurs de pétrole, se trouve sur une bonne dynamique. Outre cette avancée, le pays de la « Téranga » dispose de 4 millions d’hectares de terres arables, soit près de 20% de sa superficie, employant 70% de sa population active. De plus, le secteur des hydrocarbures au Sénégal connaît une dynamique prometteuse, avec des productions pétrolières et gazières effectives depuis fin 2023. Ces statistiques, partagées hier à Banjul par le directeur général de l’Apix, Séga Bathily, montrent que le climat des affaires pourrait sensiblement connaître une nette amélioration dans l’espace sénégambien.
Cependant, le successeur d’Abdoulaye Baldé a révélé que les défis à relever demeurent encore nombreux. « Depuis la première édition de ce forum, tenue à Dakar en octobre 2023, des avancées significatives ont été réalisées, avec notamment la signature d’un protocole d’entente entre Dakar Dem Dikk (Sénégal) et la Gambia Transport Service Company, facilitant la circulation des personnes et des biens, ainsi que la mise en place d’un partenariat stratégique entre Apix SA et la Gambian Investment and Export Promotion Agency (GIEPA) visant à promouvoir et faciliter les investissements bilatéraux », a souligné M. Bathily.
Cependant, le DG de l’Apix SA a indiqué que malgré ces progrès, des « défis subsistent pour la valorisation durable de nos ressources naturelles, une intégration régionale accrue, et la structuration d’un secteur privé dynamique et innovant ». Reconnaissant que la Gambie et le Sénégal regorgent de ressources naturelles et humaines de qualité, le directeur général de l’Apix SA a révélé que, tout comme le pays de la « Téranga », la Gambie dispose d’un potentiel « tout aussi impressionnant, notamment dans les domaines de l’agriculture, du tourisme et des services ». À ce titre, M. Bathily a soutenu que la production d’arachides, représentant 30% du Produit Intérieur Brut (PIB) de la Gambie et employant 70% de la population, « pourrait conduire nos gouvernements à travailler sur une politique agricole commune sur ce sous-secteur afin d’en tirer davantage profit sur les marchés national et international ».
Tout comme le Premier ministre Ousmane Sonko, le DG de l’Apix SA a appelé à unir « nos forces pour développer des secteurs clés tels que l’agriculture, l’agro-industrie, les TIC et les énergies renouvelables ». Mais, pour y arriver, a-t-il fait savoir, il a suggéré de lever les obstacles existants, notamment la révision des taxes de transit et l’harmonisation des procédures douanières. Présents à Banjul, dans le cadre dudit forum, d’éminents membres du secteur privé sénégalais, dont Serigne Mboup, président de l’Union nationale des chambres de métiers du Sénégal, et Amadou Seck, DG d’Eurogen, ont salué à l’unanimité le discours souverainiste du Premier ministre Ousmane Sonko. Pour eux, l’intégration économique des États passe nécessairement par la création d’un marché commun.
AGENDA DU PM À BANJUL
Ce vendredi, dans la matinée, en plus des activités liées au forum, le Premier ministre Ousmane Sonko et le Vice-président de la République islamique de Gambie, Muhammed B.S. Jallow, vont présider la 5e session de la Commission consultative conjointe chargée du suivi de la coopération entre les deux pays, avant d’animer, peu avant 13 heures, une conférence de presse conjointe au Centre international de conférences Sir Dawda Kairaba Jawara.
LEOPOLD SEDAR SENGHOR, À JAMAIS LE PREMIER
Dans l’après-midi du 20 décembre 2001, à l’âge canonique de 96 ans, le poète-président sénégalais s’est éteint dans son domicile de Verson, en Normandie, où il s’était installé avec son épouse après avoir quitté volontairement le pouvoir en 1980
Il y a 23 ans, jour pour jour, disparaissait Léopold Sédar Senghor. Dans l’après-midi du 20 décembre 2001, à l’âge canonique de 96 ans, le poète-président sénégalais s’est éteint dans son domicile de Verson, en Normandie, où il s’était installé avec son épouse après avoir quitté volontairement le pouvoir en 1980. Retour sur l’œuvre et la vie d’une figure centrale de l’unité nationale sénégalaise.
Le XXe siècle n’avait que six ans lorsque Léopold Sédar Senghor est venu au monde. Né à Joal, dans une famille d’ethnie sérère et de confession chrétienne, Senghor s’est d’abord mobilisé pendant la guerre, enrôlé comme fantassin de 2e classe dans un régiment d’infanterie coloniale, avant d’être arrêté en 1940 par les Allemands et interné dans les camps réservés aux troupes coloniales. Il faillit être fusillé, avec 3 000 de ses codétenus, selon l’histoire. Sauvé de justesse, il est resté prisonnier pendant deux ans. Il emploiera son temps à rédiger des poèmes.
1961 : Premier président du Sénégal indépendant
La carrière politique du futur chef de l’État sénégalais commence en 1945, lorsque, la guerre terminée, il est invité par le général de Gaulle à participer aux travaux de la commission Monnerville, chargée d’étudier la représentation des colonies dans la future Assemblée constituante. Au cours de l’un de ses voyages au Sénégal pour faire des recherches sur la poésie sérère, pour laquelle il avait obtenu une bourse du CNRS, il est approché par le chef de file local des socialistes, Lamine Guèye, qui lui propose de se présenter à la députation. Senghor accepte et est élu député de la circonscription Sénégal-Mauritanie à l’Assemblée nationale française, où les colonies sont désormais représentées.
Mais il rompt finalement avec les socialistes et, notamment, avec leur leader local Lamine Guèye, pour fonder, avec son compère Mamadou Dia, leur propre parti, le Bloc démocratique sénégalais.
En 1958, lorsque le général de Gaulle revient au pouvoir, Senghor lui apporte son soutien en faisant voter les Sénégalais en faveur de la communauté franco-africaine que le nouvel homme fort de Paris voulait voir se réaliser. Mais sous la pression des événements, l’idée fédérale est rapidement abandonnée, et l’Afrique occidentale française se dirige, morcelée, vers la souveraineté et l’indépendance.
Léopold Sédar Senghor est ainsi élu président du Sénégal devenu indépendant en août 1960, après l’éclatement de la Fédération du Mali, formée en 1959 par le Sénégal et la République soudanaise.
La vitalité créative de Senghor est désormais entravée par ses responsabilités d’homme d’État. Le poète en souffrit forcément, mais cela ne l’empêchera pas de prendre goût à la chose politique, marquant de son empreinte l’évolution de son pays. Il mit en place des institutions étroitement inspirées de la Ve République française : un exécutif fort, mais surveillé par des garde-fous institutionnels, garants de l’État de droit.
Il est également à l’origine de l’organisation à Dakar, en 1966, du Festival mondial des arts nègres, qui fit triompher la pensée de la négritude et imposa Dakar comme la capitale africaine incontestée de la culture et des idées.
1980 : Premier chef d’État à quitter de lui-même le pouvoir
Il faut, toutefois, rappeler que les deux décennies de présidence de Senghor sont marquées à la fois par des progrès démocratiques et des turbulences sociales. Dès 1962, le nouveau président fait l’objet d’un « coup d’État » qui échoue mais ébranle néanmoins la confiance de Senghor dans son entourage. Il accuse son Premier ministre Mamadou Dia, compagnon de route depuis les années 1950, d’avoir comploté pour le renverser. Dia est arrêté et jeté en prison. Senghor prend les rênes du pouvoir et instaure un régime présidentiel fort qui n’hésite pas à recourir à des moyens musclés pour mettre fin à des grèves estudiantines ou pour combattre les manœuvres de ses opposants politiques. Il impose le parti unique.
Le président est toutefois élu cinq fois de suite au suffrage universel. Avec le temps, Senghor se révèle être un véritable démocrate, en réintroduisant le multipartisme d’une part et en organisant des élections régulièrement. Chose rare en Afrique à l’époque, il quitte volontairement le pouvoir en 1980, avant le terme de son cinquième mandat, transmettant le pouvoir à son successeur Abdou Diouf.
1983 : Premier écrivain noir à entrer à l’Académie française
La poésie était déjà l’horizon et la porte de salut de l’ancien professeur de Lettres classiques. Selon Jean-Pierre Langellier, la grande chance du jeune Sénégalais était d’avoir rencontré, dès ses premières années à Paris, l’Antillais Aimé Césaire et le Guyanais Léon-Gontran Damas. Ensemble, le trio s’était embarqué dans une aventure intellectuelle et poétique autour de la redécouverte et de la célébration de la négritude, qui donne sens à leurs vies. Senghor avait fait parallèlement des études solides : une licence de littérature, une agrégation de grammaire. Sur les bancs du lycée Louis-le-Grand, il s’était aussi lié d’amitié avec Georges Pompidou, futur chef de l’État français, un khâgneux comme lui, qui l’initia à la poésie et à la pensée françaises, de Claudel à Bergson. C’est ce métissage entre la négritude et la francité qui est la source de la poétique de Senghor.
Mais après le pouvoir, cette figure emblématique de la francophonie africaine s’est consacrée à l’écriture et à la réflexion sur la littérature, qu’il n’avait jamais réellement abandonnées même pendant sa présidence. En reconnaissance de sa contribution à la littérature française avec une dizaine de recueils de poésie à son actif et de nombreux essais aux thèmes divers (littérature, politique, Afrique, métissage), Senghor est élu à l’Académie française en 1983 au 16e fauteuil, où il succède au duc de Lévis-Mirepoix. Il est reçu solennellement sous la coupole, le 29 mars 1984. Il est le premier Africain à siéger parmi les « Immortels », le surnom par lequel les Académiciens français sont désignés. Jusqu’aux dernières années de sa vie, malgré sa santé chancelante, Senghor assiste assidûment aux séances hebdomadaires de l’Académie.
Héritages
l’histoire politique sous les présidences de Senghor et Diouf. La nomination rapide d’Ousmane Tanor Dieng comme secrétaire général en 1996, soutenue par Diouf, a conduit à des tensions internes, en partie responsables de la perte du pouvoir en 2000. Malgré des échecs électoraux successifs, Tanor a lutté pour maintenir son autorité, mais son leadership autoritaire a exacerbé les divisions au sein du Parti.
Après son décès en juillet 2019, Aminata Mbengue Ndiaye a pris la direction, mais le Parti reste en quête de renouveau. Avec la chute de son allié Macky Sall et la dissolution de Benno, la formation des « Verts » de Colobane est en déclin.
Cependant, son héritage culturel reste visible dans un monde du rendez-vous du donner et du recevoir qui lui est si cher. En effet, promouvoir les cultures et créations artistiques, où qu’elles se trouvent, exige de mettre en exergue les langues nationales, qui sont à la fois le produit et la sève nourricière des cultures florissantes que le génie africain a su créer, avait-il toujours soutenu. Senghor, l’homme multidimensionnel, est resté toute sa vie, jusqu’à ses 95 ans, au service du dialogue des cultures, qui se noue dans toutes les communautés nationales, dans les États, au niveau des continents.
Sa pensée converge avec celles de Teilhard de Chardin et de Leo Frobenius, entre autres, mais puise beaucoup dans sa culture communautaire sérère, ainsi que dans la culture française qui l’a profondément marquée. Il est bien l’homme de toutes ces synthèses. C’est pourquoi, 23 ans après sa disparition, sa pensée reste plus actuelle que jamais, dans un monde en proie aux discriminations, aux conflits communautaires et au terrorisme.
Les paroles de sage de Senghor, à travers des textes majeurs dans ses ouvrages de la série Liberté, dans ses poésies sublimes comme Joal, Femme noire ou Masques, sont encore méditées par les nouvelles générations. À Joal, Gorée, Saint-Louis, voire la Martinique ou la Guadeloupe…, son nom reste inscrit en lettres d’or.
DAKAR, VILLE REBELLE
Alors que certains pensaient voir un calme relatif avec l’arrivée de figures comme Sonko et Diomaye, les récentes tensions liées à Barthélemy Dias rappellent que la capitale est un territoie où le pouvoir s’exprime et se conteste bruyamment
Dakar, ville capitale, bastion politique et centre économique du Sénégal, demeure un terreau fertile de contestation. Depuis l'époque coloniale jusqu’à nos jours, elle n’a cessé d’être le théâtre des luttes sociales et politiques. Alors que certains pensaient voir un calme relatif avec l’arrivée de figures comme Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, les récentes tensions liées à Barthélemy Dias rappellent que Dakar est une ville où le pouvoir s’exprime et se conteste bruyamment.
Ces derniers jours, les événements l'ont encore prouvé. Le maire sortant de Dakar, Barthélemy Dias, a vu ses activités une nouvelle fois entravées. Son point de presse prévu à la mairie de Dakar, hier mercredi, a été interdit par les forces de l’ordre, l’obligeant à chercher refuge dans un magasin voisin, avec le soutien de Bougane Guèye Dany. Ce scénario, où la police bloque un accès administratif, n’est pas nouveau. Vendredi déjà, un dispositif similaire avait empêché une autre rencontre.
Ces interdictions révèlent un climat tendu et soulignent le rôle central de Dakar comme arène de confrontations politiques et sociales. Dans un entretien accordé à ‘’Jeune Afrique’’, à la veille des élections locales de 2022, Ibrahima Kane, analyste d’Osiwa, rappelait : ‘’Dakar a toujours été une ville rebelle, depuis le temps du PS. C’est dans la capitale que se déroule l’essentiel de l’activité économique et sociale. Les problèmes y sont multipliés par dix et cela joue toujours contre le pouvoir en place.’’
Cette dynamique historique persiste : Dakar s’érige souvent contre les régimes dominants, symbolisant la contestation nationale.
Un bastion de l’opposition depuis Khalifa Sall
La rupture a eu lieu en 2009, avec l’élection de Khalifa Sall comme premier maire de l’opposition. Après des décennies d’hégémonie du Parti socialiste sous Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf – malgré des secousses majeures comme mai 1968 et février 1994 – le président Abdoulaye Wade perd cette forteresse stratégique. Les Dakarois, fatigués par une gestion marquée par l’inflation, les coupures d’électricité et la vie chère, infligent une défaite cuisante au régime du Sopi.
Cette victoire n’est pas anodine. Dakar a toujours été perçue comme un tremplin politique : être maire de la capitale, c’est souvent avoir une stature présidentielle. En 2009, Wade espérait faire de son fils, Karim Wade, un dauphin politique en remportant Dakar. Le résultat en fut tout autre.
En 2014, Macky Sall tente à son tour de reprendre la capitale en envoyant Aminata Touré, alors Première ministre, affronter Khalifa Sall. Malgré des changements dans le mode de scrutin et les moyens déployés, Mimi Touré subit une défaite humiliante. Quelques mois plus tard, elle est remerciée par Macky Sall, conséquence directe de ce revers.
Khalifa Sall consolide alors son ancrage, défiant le pouvoir central jusqu’à ce que des accusations de mauvaise gestion aboutissent à son emprisonnement. Cette manœuvre, perçue comme un moyen de l’écarter de la Présidentielle de 2019, renforce le ressentiment des Dakarois envers le régime. À son départ, les conseillers municipaux, dans un geste symbolique, choisissent Soham Wardini, proche de Khalifa Sall, pour lui succéder, rejetant ainsi le candidat proposé par le pouvoir.
La mainmise de l’opposition sur Dakar se consolide en 2022, lorsque Barthélemy Dias, candidat de la coalition Yewwi Askan Wi, humilie Abdoulaye Diouf Sarr, un des rares maires ‘’aperistes’’ victorieux aux Locales de 2014. Cette élection symbolise une sanction directe contre le régime de Macky Sall, mais aussi une reconnaissance de la longévité et du poids de l’opposition dans la capitale.
Pourtant, malgré cette victoire, Barthélemy Dias traverse aujourd’hui une zone de turbulence marquée par la perte de la mairie de Dakar et de son siège de député. Ce revers politique, doublé de tensions avec les forces de l’ordre, remet sur le devant de la scène la capacité de Dakar à se rebeller et à résister.
Une capitale stratégique et contestataire
Dakar reste unique au Sénégal. Selon l’ANSD, la capitale concentre l’essentiel du tissu économique et industriel du pays. Avec plus de 7 500 habitants au kilomètre carré, les problématiques d’infrastructures, de transport et de vie quotidienne pèsent lourdement sur les habitants, nourrissant frustrations et colère.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la particularité de cette ville cosmopolite : un poumon économique et un bastion politique où les oppositions s’organisent pour contester les régimes dominants. De Khalifa Sall à Barthélemy Dias, Dakar n’a cessé d’incarner cette résilience face aux pouvoirs successifs.
Lors de la crise préélectorale de 2024, Dakar s'est une fois de plus imposée comme le principal épicentre des manifestations, enregistrant le plus grand nombre de victimes dans un climat politique tendu. La capitale a donné le ton à la contestation nationale, réaffirmant son statut de bastion historique de la résistance sociale et politique.
La place de la Nation : un sanctuaire de la contestation
Depuis 2011, la place de la Nation (ex-Obélisque) s'est érigée en lieu symbolique des rassemblements populaires. C'est sur cette esplanade que se sont écrites certaines des pages les plus marquantes des luttes sociales et politiques du pays, notamment avec les mouvements emblématiques comme Y en a marre, le M23 et une large frange de l'opposition. La place est devenue l'épicentre des manifestations contre les abus du pouvoir, les injustices sociales et les atteintes aux libertés.
L'influence de Dakar ne s'arrête pas aux frontières nationales. Ses figures et ses combats résonnent à travers tout le pays et même au-delà, inspirant d'autres mouvements sociaux dans la sous-région.
Le mouvement Y en a marre, né à Dakar en janvier 2011, a joué un rôle prépondérant dans la mobilisation citoyenne contre les dérives politiques. Il a non seulement structuré la contestation interne, mais a également inspiré d'autres mouvements similaires en Afrique, comme le Balai citoyen au Burkina Faso. Ce dernier a été un acteur clé dans les événements ayant conduit à la chute de Blaise Compaoré en 2014.
Ainsi, Dakar s'affirme comme un véritable laboratoire de résistance populaire où les idées citoyennes et les luttes pour la démocratie prennent racine avant de se propager. Son épanouissement intellectuel et son effervescence sociale font partie de son charme unique.
Dans le passé, Dakar a joué un rôle central dans la formation de l'élite africaine, grâce notamment à ses institutions d'enseignement de renommée mondiale, comme l'université Cheikh Anta Diop ou William Ponty. La capitale a été un terreau fertile pour les intellectuels et les leaders politiques du continent, contribuant à la construction d'une Afrique consciente et engagée.
Par ailleurs, le rôle de contre-pouvoir de la presse dakaroise est un autre signe majeur de la contestation. Véritable pilier démocratique, la presse a activement participé à l'éveil des consciences et à la diffusion des idées contestataires. Les médias, par leurs reportages, éditoriaux et enquêtes, ont permis de mettre en lumière les dérives du pouvoir, tout en servant de relais aux préoccupations de la population. Cette posture critique a non seulement renforcé la transparence, mais a aussi contribué à amplifier les luttes sociales et politiques à Dakar.
Un rappel historique : la bataille de Dakar
L'histoire de Dakar est également marquée par des épisodes d'une importance internationale. La bataille de Dakar, ou l’opération Menace a eu lieu du 23 au 25 septembre 1940 pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette attaque navale, menée par la Royal Navy britannique et accompagnée du général de Gaulle et des Français libres, avait pour but de rallier l'Afrique-Occidentale française (ÀOF) à la France libre.
Toutefois, les forces armées fidèles au gouvernement de Vichy, dirigées par Pierre Boisson, ont réussi à repousser l'offensive au large de Dakar et sur la presqu'île du Cap-Vert. Cet épisode reste un symbole de la résilience militaire et stratégique de Dakar.
Dakar demeure un symbole de lutte, de résistance et de résilience. Que ce soit par son rôle historique, sa capacité à mobiliser la société civile ou son influence sur le reste de l'Afrique, la capitale joue un rôle majeur dans l'évolution politique et sociale du pays. Chaque crise, chaque manifestation et chaque contestation qui y naissent écrivent une nouvelle page de son histoire, confirmant son statut de cœur battant du Sénégal et de la sous-région.
Aujourd’hui encore, les événements récents rappellent que Dakar est une ville rebelle où la société civile et les acteurs politiques s’expriment sans détour. Barthélemy Dias, malgré les obstacles, incarne cette tradition de lutte.
Si Dakar reste le baromètre politique du Sénégal, elle montre aussi que les soubresauts de la capitale sont souvent annonciateurs de changements profonds à l’échelle nationale.
Dans les rues de Dakar, l’histoire se réécrit sans cesse, mais toujours avec le même message : la capitale ne se soumet jamais.
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LES UNES DE LA PRESSE DE CE VENDREDI 20 DECEMBRE 2024
Sud Quotidien, Le Témoin Quotidien, Le Verdict New, Le Soleil, Walf Quotidien, Le Quotidien, Yoor-Yoor Bi, Vox Populi, Libération, EnQuête, L’As, L'Observateur
Sud Quotidien, Le Témoin Quotidien, Le Verdict New, Le Soleil, Walf Quotidien, Le Quotidien, Yoor-Yoor Bi, Vox Populi, Libération, EnQuête, L’As, L'Observateur
TOUCHANT PEU OU RIEN DE SES DIVIDENDES L’ETAT AUDITE 14 SOCIETES MINIERES
Le Premier ministre Ousmane Sonko avait dénoncé vigoureusement la gestion nébuleuse des sociétés minières. L’Etat détenant dans la plupart des parts dans le capital de ces entreprises n’a jamais reçu de dividendes. L’Etat veut désormais y voir du clair. Il a délégué son bras armé, la Société des mines du Sénégal (SOMISEN) un audit financier en direction de 14 grandes sociétés minières. « Il ressort de la documentation recueillie auprès des structures compétentes que cette part de l’Etat dans les opérations minières, déjà faible, n’est pas valorisée. En effet, en raison de certaines pratiques conventionnelles et financières, l’Etat n’a jamais reçu de dividendes dans la plupart des sociétés minières concernées ou perçoit des montants insignifiants par rapport au niveau de richesses générées par les exploitations minières » indique la SOMISEN à travers un communiqué de presse. Cette dernière a ainsi lancé une vaste opération d’audits financier de 14 sociétés minières. Cet audit financier vise à faire le point sur des entreprises minières dont l’Etat détient au moins 10% du capital. Il s’agira de faire le point sur la gestion de la participation de l’Etat dans les opérations minières, de voir la mise en œuvre des décisions et orientations de l’Etat en ce qui concerne la stratégie des sociétés minières. Les auditeurs devront aussi faire l’examen de la situation économique et financière de ces sociétés minières. Dans le lot, on retrouve des entreprises comme Sabadola Gold Opérations, SoredMines, Afrigold, Grande Côte Opérations, Société minière de la vallée du fleuve Sénégal, Industries chimiques du Sénégal, Ciments de l’Afrique, Dangoté Industrie Sénégal, Sénégal Mines et la MIFERSO. A la fin de cette grande opération, un premier rapport d’évaluation de la valeur de la participation de l’Etat dans les opérations minières sera adressé aux autorités.
MAIRIE DE DAKAR BARTHELEMY DIAS DENONCE UN ACTE «DE FORCING»
Barthélémy Dias a vivement réagi à sa destitution de la mairie de Dakar, qu’il considère comme un acte de «forcing», lors de son entretien accordé à Sen TV et 7TV, dans la soirée du jeudi 19 décembre. Selon lui, la décision de le révoquer à la tête de la mairie n’a pas été conforme aux principes juridiques et à la procédure légale. Selon PressAfrik, Dias a pointé du doigt le fait que le Conseil constitutionnel s’était déclaré incompétent concernant son recours, ce qui, pour lui, est un manquement grave. Il rappelle que lorsqu’un recours est déposé, il doit être suspensif, ce qui signifie qu’il devrait suspendre toute décision en attendant le jugement. Or, selon lui, on lui avait fait comprendre à l’avance que son recours ne passerait pas, ce qui témoigne d’une procédure biaisée. L’ex-maire de Dakar a aussi mis en lumière l’absence de règlement intérieur à la mairie de Dakar, soulignant que les mairies sont régies par le Code des collectivités locales et placées sous le contrôle de l’article 135. Il insiste sur le fait que la décision qui a conduit à sa destitution n’est pas fondée sur un crime, mais sur un délit. En vertu de la législation en vigueur, il estime qu’il ne pouvait être démis de ses fonctions que dans le cadre d’une condamnation criminelle, et non pour un simple délit. Enfin, Barthélémy Dias a rappelé que, selon la Constitution sénégalaise, seul le président de la République, par un décret, a le pouvoir de le destituer de son poste de maire de Dakar. Il considère donc que la procédure qui a abouti à sa révocation est irrégulière et qu’elle repose sur des fondements juridiques contestables.
BARTHELEMY DIAS DETERMINE A POURSUIVRE SES TRAVAUX
Barthélémy Dias a exprimé sa détermination à poursuivre ses actions malgré les obstacles politiques et judiciaires. Il a affirmé qu’il continuerait ses visites de chantiers à travers Dakar, soulignant que les travaux déjà lancés se poursuivront sans interruption. Il a notamment annoncé qu’il se rendrait à la Mosquée Massalikul Jinan pour inspecter les chantiers en cours, précisant qu’il ne craignait pas d’y être confronté. Selon lui, ceux qui chercheraient à l’empêcher de poursuivre ses actions n’oseraient pas le trouver dans un lieu aussi emblématique que cette mosquée. Le fils de Jean Paul Dias a également ajouté qu’il était prêt à affronter ses opposants directement, en affirmant qu’il irait jusqu’à leur domicile pour leur montrer sa force. «Je vais amener le travail jusque chez lui», a-t-il déclaré, insistant sur le fait qu’il continuerait à mener à bien les projets d’infrastructures, même devant la maison de ses détracteurs, qu’il accuse de ne passavoir travailler. Par ces propos, Dias met en avant sa volonté de ne pas céder face aux pressions et de défendre son action en tant que maire.
AFFAIRE MAIRIE DE DAKAR LA SOCIETE CIVILE EXPRIME SON INQUIETUDE
Le Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Élections (COSCE) élargi à d’autres organisations a exprimé hier son inquiétude face à la situation de la mairie de la ville de Dakar. C’est dans ce cadre que le COSCE a reçu une délégation de conseillers municipaux de la ville de Dakar qui ont dénoncé leur interdiction d’accès aux locaux de la mairie par les forces de défense et de sécurité, suite à la révocation de Monsieur Barthélémy Dias, maire de la ville de Dakar. De par son attachement aux valeurs fondamentales de justice, d’équité et de respect des droits des citoyens, le COSCE rappelle qu’une telle mesure, si elle est avérée, doit être fondée sur des dispositions juridiques respectant les droits constitutionnels des citoyens. En effet, la décision du préfet de Dakar portant démission de Monsieur Barthélémy Dias de son mandat de conseiller municipal de la ville de Dakar n’est assortie d’aucune mesure visant à interdire aux conseillers municipaux l’accès à la mairie. Le COSCE appelle les autorités compétentes à veiller à la protection de l’intérêt public et au respect des droits fondamentaux. Dans ce contexte sensible, il encourage l’État à adopter une démarche prudente et respectueuse de l’État de droit afin d’éviter tout climat de méfiance ou de suspicion qui pourrait fragiliser la cohésion sociale. Le COSCE sollicite des autorités, la prise de mesures visant à renforcer la démocratie, en privilégiant la légalité et l’équité, valeurs qu il défend depuis sa création. Il exhorte l’ensemble des acteurs à adopter un comportement responsable, nécessaire au maintien de la paix sociale et de la stabilité politique.
ROMAN MADIAMBAL DIAGNE ATTEND SON « DINER A LA MAISON BLANCHE »
En mettant de côté son manteau d’homme politique, notre confrère Madiambal Diagne est réapparu dans les librairies. Cette fois-ci, sous la casquette d’un journaliste chevronné doublé d’un écrivain en herbe. C’était hier, jeudi 19 décembre 2024, lors de la cérémonie de présentation de premier roman intitulé : « Le Diner à la Maison Blanche attendra ». Un événement qui a fait déplacer tout le Sénégal des hommes de culture et de média. De nombreuses personnalités politiques et universitaires ont répondu également à l’invitation de Madiambal Diagne dans un hôtel de la place. A l’entame de la cérémonie, l’ancienne garde des Sceaux Me Aissata Tall Sall a fait la présentation de l’ouvrage. Un roman d’actualité qui évoque la question de l’émigration clandestine vers les Etats Unis d’Amérique (Usa) par la route du Nicaragua. Mme Aissata Tall Sall a aussi dressé le profil de l’auteur en l’occurrence Madiambal Diagne. Un homme de valeurs et de convictions qui ne cesse jamais de se battre pour un Sénégal meilleur « D’ailleurs, je me demande comment Madiambal a eu le temps d’écrire ce bel ouvrage. Alors qu’il est toujours sur plusieurs fronts… » a fait savoir en substance l’ancienne ministre socialiste à l’endroit de Madiambal Diagne devenu à la fois un journaliste, un politicien et un écrivain engagé ! Tous ceux qui ont eu le privilège de lire les bonnes feuilles du livre sont unanimes : Une œuvre captivante qui mêle intrigues politiques, inspirations littéraires et réflexions personnelles. « Le Témoin » quotidien vous souhaite bonne lecture en attendant le…Diner à la Maison Blanche
MME FATOU BLONDIN DIOP L’INTERNET FACE A L’HUMANITE
Le numérique doit être un service universel avec un impact positif pour le changement de l’humanité, a plaidé, lundi, la coordonnatrice du Fonds pour le développement du service universel des télécommunications au Sénégal (Fdsut), Ndèye Fatou Blondin Diop « Aujourd’hui, tout le monde se soucie l’introduction de l’Internet dans la vie de tous les jours un changement positif pour l’humanité. Cela interroge la collecte de données, la confidentialité, l’éthique des données », a-t-elle déclaré. Cette question concerne aussi « la réduction des écarts et des inégalités de genre », le développement durable, mais aussi les écarts entre le monde rural et celui urbain, le Nord et le Sud, a-t-elle ajouté dans un entretien avec l’envoyée spéciale de l’APS à la 19ᵉ réunion annuelle du Forum sur la gouvernance de l’Internet (IGF, en anglais). « Construire notre avenir numérique multipartite » est le thème de cette rencontre, qui se tient à Riyad, la capitale saoudienne. Selon Ndèye Fatou Blondin Diop, le numérique doit être « un service universel avec un impact positif pour le changement de l’humanité ». Mais « que ce soit l’inclusion numérique ou la connectivité, on change de paradigmes dans le monde et l’on rapporte des nouveaux qui ne sont pas sans risques », a-t-elle. D’où la nécessité de s’interroger « sur les besoins des populations, notamment une meilleure santé, une gouvernance locale digitalisée, un accès à l’administration », entre autres problématiques. Tout cela « nécessite l’inclusion, la formation, la confidentialité », afin que les gens mesurent qu’Internet est un « outil formidable, mais qu’il faut utiliser avec précaution » pour qu’il ait un effet positif, a fait observer la coordonnatrice du Fonds pour le développement du service universel des télécommunications au Sénégal.
FATICK UN ELEVE DU LYCEE DE PASSY MORTELLEMENT FAUCHE PAR UN CAMION
Un élève de seconde du lycée de Passy (ouest) a été mortellement fauché jeudi par un camion d’immatriculation étrangère, a appris l’APS auprès des autorités locales. L’accident s’est produit dans la matinée sur la route nationale, à la sortie de la ville de Passy, une commune du département de Foundiougne, dans la région de Fatick. Le défunt élève circulait à vélo au moment de l’accident, selon le proviseur du lycée. « Les témoins indiquent que le chauffeur du camion roulait à vive allure », a-t-il ajouté. La victime est originaire de Bandoulou Toucouleur, dans la commune de Passy.
ENERGIE L’AEME REALISE PLUS DE 16 MILLIARDS D’ECONOMIE
L’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (AEME) réalise un bon travail. Elle n’est pas à ranger dans la catégorie des agences inutiles et budgétivores. En effet, l’on a appris hier ors d’une rencontre entre l’AEM et la Fédération sénégalaise des associations de consommateurs (FESAC) que les programmes développés par l’AEME ont permis de réaliser des gains de 16,858 milliards de francs CFA et d’éviter près de 55 000 tonnes de CO2 entre 2015 et 2023. « Les quatre programmes [la mise à niveau de l’énergie des bâtiments, l’éclairage général, la communication, la formation, le contrôle qualité] développés entre 2015 et 2023, ont permis de réaliser des gains de 77,850 gigawatts, 16,858 milliards de FCFA et d’éviter près de 55 000 tonnes de CO2 », a soutenu le chef de la subdivision-évaluation de l’AEME, Abdou Karim Sarr. M. Sarr intervenait au cours d’un atelier de renforcement des capacités initié par la Fédération sénégalaise des associations de consommateurs (FESAC), sur le thème « L’autonomisation des consommateurs grâce à des transitions énergétiques propres ». « Les consommateurs gagneraient de plus en plus à avoir la bonne information qui leur permet de faire des économies », a dit le président du conseil d’administration de la Fédération sénégalaise des associations de consommateurs, Maguette Fall. Il faut, selon lui, « encore amplifier ce mouvement, en allant dans le sens de faire des économies, de produire d’abord de manière saine, d’éviter que notre environnement soit vraiment pollué par un certain nombre d’outils, de pratiques […] ». Pour M. Fall, « il n’y a aucune raison que la priorité soit donnée aux énergies fossiles ». Il a aussi préconisé l’utilisation des langues locales pour atteindre la majorité des consommateurs sénégalais. Le président du conseil d’administration de la Fédération sénégalaise des associations de consommateurs a également souhaité l’élaboration et la mise en œuvre de plans d’information, d’éducation et de communication, pour un changement de comportement au niveau des consommateurs.
TAHIROU SARR INTERPELLE LE MINISTRE DE LA JUSTICE AVEC 9 QUESTIONS ÉCRITES
Ces interrogations portent sur des sujets comme la nationalité, l’état civil et la réforme du système judiciaire, tout en proposant des mesures concrètes pour renforcer l’efficacité et l’équité de la justice sénégalaise.
Le député non-inscrit Tahirou Sarr a adressé une série de neuf questions au ministre de la Justice, Ousmane Diagne, lors d’une récente séance parlementaire.
Ces interrogations portent sur des sujets sensibles tels que la nationalité, l’état civil et la justice.
Le parlementaire s’est notamment inquiété de l’application de la loi sur l’interdiction du droit du sol, demandant un audit général de l’état civil et une meilleure lutte contre le trafic d’identité.
Il a également suggéré des réformes pour faciliter les procédures de divorce et créer une structure dédiée à la réparation des injustices passées.
Parmi les autres propositions de Tahirou Sarr figurent la création de prisons agricoles pour favoriser la réinsertion des détenus, le renforcement de l’assistance juridique aux Sénégalais à l’étranger et l’intégration des coordonnateurs des Maisons de Justice dans la fonction publique.
MAIRIE DE DAKAR, UNE TRANSITION DANS L’ATTENTE DES SUITES JUDICIAIRES
Après la condamnation définitive de Barthélemy Dias, déclaré démissionnaire par le préfet, Ngoné Mbengue, première adjointe, promet de poursuivre les projets prioritaires pour répondre aux attentes des Dakarois.
Une nouvelle page s’écrit à la mairie de Dakar. Barthélemy Dias, jusqu’alors maire de la capitale sénégalaise, a été déclaré démissionnaire par le préfet après une condamnation définitive dans l’affaire NDiaga Diouf. En attendant le verdict des juridictions, suite à son recours, c’est Ngoné Mbengue, première adjointe, qui assure l’intérim.
Ngoné Mbengue s’est exprimée sur sa prise de fonction temporaire lors d’une interview à la Radio Futurs Médias (RFM). Elle a affirmé sa volonté de poursuivre les projets déjà amorcés par son prédécesseur. « Aujourd’hui, en tant qu’adjointe au maire assurant l’intérim, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour continuer le travail. Et suivre l’agenda que le maire avait laissé, en me focalisant sur tout ce qui est prioritaire pour les Dakarois. » Elle a tenu à rassurer les citoyens sur la continuité des services municipaux et l’exécution des projets prioritaires pour améliorer les conditions de vie dans la capitale.
La révocation de Barthélemy Dias fait suite à une condamnation définitive dans une affaire judiciaire remontant à plusieurs années. Selon la législation en vigueur, une telle condamnation entraîne automatiquement la perte des fonctions électives. Cependant, l’ex-maire a décidé de contester cette décision devant les juridictions, espérant un éventuel retour à son poste.
En attendant l’issue de ce feuilleton judiciaire, Ngoné Mbengue devra naviguer dans un contexte marqué par des attentes élevées des Dakarois, notamment en matière d’infrastructures, de gestion des déchets et de mobilité urbaine. Cette transition provisoire représente également une période délicate sur le plan politique, les soutiens de Barthélemy Dias et ses adversaires observant de près les évolutions à la mairie de Dakar.
L’incertitude plane désormais sur l’avenir de la mairie de Dakar. Si le Conseil constitutionnel rejette le recours de Barthélemy Dias, une élection municipale partielle pourrait être organisée pour désigner un nouveau maire. Dans le cas contraire, Barthélemy Dias pourrait retrouver son poste, ajoutant un nouveau chapitre à cette affaire.
JEAN-CLAUDE BARNY HONORE FANON, UNE FIGURE DE LA DÉCOLONISATION
À travers ce film, le réalisateur guadeloupéen retrace le parcours du penseur martiniquais Frantz Fanon, figure majeure de la lutte anticoloniale, en mettant en lumière son combat pour l’humanité et son rôle de psychiatre durant la guerre d’Algérie.
Le réalisateur guadeloupéen Jean-Claude Barny a présenté, dans le cadre du festival « Dakar Court », tenu du 9 au 14 décembre dans la capitale sénégalaise, son troisième long métrage fiction dans lequel il dresse le portrait du penseur humaniste et anticolonial martiniquais Frantz Fanon (1925-1961).
Intitulé simplement « Fanon », ce biopic se veut un hommage au psychiatre et essayiste français dont « Les Damnés de la Terre » (Maspero, 1961) est l’un des livres les plus célèbres.
Les scènes relatées dans ce film se situent entre 1953 à 1956, période coïncidant avec le séjour de l’écrivain martiniquais en Algérie, au plus fort de la colonisation française avec son lot de violence humaine.
Le film de Jean-Claude Barny s’inscrivait aussi dans un contexte où la résistance à la colonisation commençait à se structurer autour du Front de libération nationale (FLN), catalyseur de l’indépendance présentée comme une expérience douloureuse en Algérie intervenue en 1962.
Le réalisateur a surtout mis en exergue l’apport de Frantz Fanon dans cette lutte. Il laisse aussi voir que le métier de médecin psychiatre de ce dernier a suscité peu d’intérêt, en comparaison de son militantisme anticolonial dont les échos se retrouvent dans ses écrits dont les plus mémorables sont Peau noire, masques blancs (Seuil,1952), l‘An V de la révolution algérienne (Maspero, 1959), un texte militant plusieurs fois réédité depuis et considéré comme un » classique de la décolonisation « .
« +Fanon+ est fait presque pour l’état actuel du monde […] Et je pense que c’est quelqu’un dont les écrits sont parfois nécessaires, sur un parcours d’un homme. C’est quelqu’un qui m’a guidé en tant qu’être humain, en tant qu’universaliste, en tant que cinéaste », a expliqué Jean-Claude Barny pour justifier son choix de porter à l’écran cette période de la vie de cette figure emblématique du monde noir.
« C’est aussi, je vais dire naïvement, mais avec beaucoup de sincérité, un amour sur l’être humain », ajoute-t-il à propos de son film, fruit, à ses yeux, d’un « travail de très longue haleine », né d’une « introspection personnelle ».
Il note : « Quand on est cinéaste ou artiste, je pense qu’on a besoin de prendre quelque chose, de savoir ce qui nous guide. Je pense qu’on ne peut pas systématiquement créer quelque chose sans avoir une sorte de leitmotiv. Fanon a été le mien en tant que réalisateur ».
« En fin de mon parcours de cinéaste, poursuit Jean-Claude Barny, je pense que je me devais de lui rendre hommage, de le remercier, de tout ce qu’il m’a apporté en tant qu’être humain ».
Barny prend le parti d’axer son film sur Fanon le psychiatre, une spécialité médicale dont il est titulaire d’un doctorat. Le biopic qui démarre avec l’arrivé de Fanon à l’hôpital psychiatrique de Blida en Algérie où il vient d’être nommé chef de service a pris fin avec son départ pour la Tunisie.
Le film « à 90% sourcé et historique »
Le film plonge au cœur de la guerre d’Algérie où Fanon livre un combat contre la colonisation au nom de l’humanité, met en exergue ses méthodes qui permettent aux malades enfermés de retrouver goût à la vie, contrastant avec celles des autres médecins dans un contexte colonial où la libre pensée est réprimée.
Fanon fait face à la violence physique dont sont victimes les Algériens dans leur pays, mais aussi à la violence verbale et raciste à laquelle il se trouve lui-même confronté et qui l’amène à affronter constamment le danger avec sa famille.
Le tournage du film s’est déroulé en Tunisie, même si le récit parle de l’Algérie, conséquence du « refus » des autorités algériennes d’accueillir la production, selon le réalisateur de « Nég Maron » (2004).
« Dans le travail que je fais, j’essaie vraiment d’aller au bout de tout ce que je fais. Dans la précision, dans la légitimité, dans l’authenticité. Parce que c’est vrai que ce sont des films qui peuvent être portés dans une totale vérité », a déclaré le réalisateur.
« J’ai fait tout un travail de recherche sourcé. Et quand on a apporté le projet aux instances culturelles d’Algérie, je comprends totalement qu’ils aient refusé. Parce que c’est aussi, pour eux, quelque chose aussi qui est encore vif », a-t-il dit.
Il a toutefois signalé que « tous les repérages » pour la réalisation du film ont été faits en Algérie il y a six ans.
« Je pense que c’est l’histoire de Abane Ramdane [compagnon de combat de Fanon, un personnage clé du film dénommé l’architecte de la révolution], sa démocratie qui a peut-être fait tiquer un peu les instances [algériennes] », poursuit-il, avant de remercier l’Algérie, la Tunisie et aussi le Maroc, qui, dit-il, lui ont permis de disposer des sources lui ayant permis d’aller au bout de son projet.
« Le film est sourcé et historique à 90% à peu près », a tenu à souligner Jean-Claude Barny, selon qui « tout ce qui est dit dans le film, c’est vérifiable, c’est le plan, les dates, les personnages. C’est un bon travail très minutieux au niveau de l’histoire ».
Le reste, correspondant à 10% du film, relève de la façon dont la mise en scène a été effectuée, a-t-il dit.
Ce biopic dont la sortie est attendue en avril en France sera projeté dans toutes les capitales africaines, promet son distributeur.
LE SECTEUR MINIER AU SCANNER
La Société des Mines du Sénégal lance un audit financier de toutes les sociétés opérant dans le pays. L'initiative intervient après le constat alarmant d'une sous-valorisation chronique des participations de l'État dans ces entreprises
(SenePlus) - La Société des Mines du Sénégal (SOMISEN) vient d'annoncer le lancement d'un audit financier approfondi de l'ensemble des sociétés minières opérant dans le pays, selon un communiqué de presse publié le 19 décembre 2024 à Dakar.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre des prérogatives conférées à la SOMISEN par la loi n°2020-31 du 06 novembre 2020, qui lui confie notamment la gestion et l'évaluation des participations de l'État dans le secteur minier. Une première phase d'analyse, entamée en juin 2024, a permis d'identifier 14 sociétés minières dans lesquelles l'État détient des parts.
Le panorama révélé est particulièrement instructif : l'État sénégalais possède des participations de 10% dans la majorité des sociétés, notamment dans six sociétés aurifères, deux entreprises de phosphates, et deux cimenteries. Une exception notable est sa participation de 98% dans la Société des Mines de fer du Sénégal Oriental (MIFERSO), et de 15% dans les Industries Chimiques du Sénégal (ICS).
Le constat établi par la SOMISEN est préoccupant : malgré ces participations, l'État ne perçoit que peu ou pas de dividendes de ces exploitations minières. Face à cette situation, l'organisme a sollicité l'ensemble des documents nécessaires auprès des sociétés concernées pour mener son audit.
Cette démarche s'inscrit dans une volonté de valoriser le patrimoine minier national, conformément à l'article 25-1 de la Constitution qui stipule que "les ressources naturelles appartiennent au peuple." Un premier rapport d'évaluation, assorti de recommandations stratégiques, sera prochainement soumis aux autorités pour améliorer la gouvernance et la rentabilité du portefeuille minier de l'État.
Cette initiative marque une étape importante dans la nouvelle politique de gouvernance des ressources naturelles du Sénégal, visant à optimiser les retombées économiques du secteur minier au bénéfice de la population.