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6 avril 2025
LA DOUANE SENEGALAISE, CHAMPIONNE D’AFRIQUE !
En cette année 2024 finissante, les poulains du Dr Mbaye Ndiaye ont réalisé une performance inédite en Afrique : 2.681 kg de cocaïne ont été saisis pour une valeur marchande estimée à plus de 200 milliards cfa
« Le Témoin » quotidien l’avait vu venir. Ça y est ! La Douane sénégalaise est championne d’Afrique en matière de lutte contre le trafic international de drogues. En cette année 2024 finissante, les poulains du Dr Mbaye Ndiaye ont réalisé une performance inédite en Afrique : 2.681 kg de cocaïne ont été saisis pour une valeur marchande estimée à plus de 200 milliards cfa
Si la lutte contre le trafic international de drogues était érigée en championnat d’Afrique, nul doute que la Douane sénégalaise serait championne toutes catégories confondues (cocaïne, héroïne, Hcl, Yamba etc). Au cours de cette année 2024 finissante, les poulains du Dr Mbaye Ndiaye ont réalisé des saisies record inédites et jamais égalées en Afrique. Rien que pour la cocaïne, 2.681 kg ont été interceptés par les différentes unités de la Douane sénégalaise. Un produit de la mort d’une contrevaleur au détail de plus de 200 milliards cfa. Ces belles opérations constituent un violent coup de poignard à l’économie sous-régionale de la drogue dès lors que la plupart des produits stupéfiants provenaient des pays voisins. Toujours est-il que le Sénégal, par le biais de sa Douane, a réussi à anéantir les corridors de la drogue dure qui portent atteinte à la santé publique et alimentent l’instabilité régionale.
En dehors de sa mission fiscale consistant à renflouer les caisses de l’Etat à partir des liquidations des droits et taxes à l’importation, et de protection de l’économie nationale de façon générale, les douaniers se sont bien distingués dans la lutte constante contre les drogues en renfort aux autres forces de défense et de sécurité dédiées. Grâce à leur professionnalisme et à de nouveaux équipements performants, la Douane a pu tirer son épingle du jeu criminel auquel s’adonnent les narcotrafiquants. Sans oublier la lutte contre la fraude et la contrebande où les soldats de l’économie ont encore fait leur preuve en 2024 pour sauvegarder l’économie du pays.
Comme la plupart des « Lions » médaillés ou champions d’Afrique, les douaniers seront sans doute reçus par la tutelle, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. Et pourquoi ne pas les conduire au Palais de la République…
SOULEYMANE DIALLO DEGAGE SON GROUPE DE 21 LIONS
Après trois mois de préparation, le sélectionneur de l’équipe locale du Sénégal a dégagé son groupe de performance de 21 joueurs en direction de la double confrontation qui opposer le Sénégal au Liberia.
Le sélectionneur de l’équipe du Sénégal locale Souleymane Diallo, a dégagé son groupe de performance de 23 joueurs en direction de la double confrontation face au Libéria, dans le cadre du dernier tour des qualifications au Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) prévu du 1er au 28 février prochain au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Les Lions locaux entament à Monrovia la manche aller ce dimanche face à la Lone Star.
Après trois mois de préparation, le sélectionneur de l’équipe locale du Sénégal a dégagé son groupe de performance de 21 joueurs en direction de la double confrontation qui opposer le Sénégal au Liberia. Exempté du premier tour en raison de son statut de champion en titre, les Lions feront face à la Lone star ce 22 décembre à Monrovia. Attendu ce jeudi dans la capitale libérienne, le technicien sénégalais a deux jours pour apporter les derniers réglages et de créer la cohésion dans ce groupe. Un groupe qui renferme les joueurs les plus en forme depuis le début de la saison mais qui présente sans doute des styles variés. Parmi les joueurs convoqués, on peut relever Moctar Koité, vainqueur avec le Sénégal du dernier CHAN, le champion d’Afrique U-17 Fallou Diouf ou encore Ibrahima Dieng, international U-20.
« Dans l’ensemble, la préparation s’est déroulée de très belle manière. On a reçu les trois joueurs du Jaraaf. L’état d’esprit est très bien. Nous allons nous focaliser sur nos atouts et pourquoi pas exploiter les faiblesses de l’adversaire », a confié Souleymane Diallo. Le coach estime que les Lions aborderont cette première rencontre dans de bonnes dispositions après avoir bien étudié l’adversaire qui, on le rappelle, a écarté au premier tour l’équipe de la Sierra Léone. Une formation aussi que le Sénégal avait affronté et éliminé lors de la dernière édition du CHAN en 2022 avant d’aller remporter le CHAN en Algérie. « On a une petite idée de l’adversaire. Hormis le déplacement que j’ai effectué au Libéria pour suivre leur match, on est en train de travailler sur les vidéos. On a travaillé sur leur animation défensive. Vendredi, nous allons travailler sur leur animation offensive. En fonction de cela, nous essayerons de mettre un plan de jeu pour pouvoir aborder ce match dans d’excellentes conditions », indique-t-il. Les Lions locaux vont recevoir le match retour le 28 décembre au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio.
COMPOSITION
Gardiens: Pape Abdoulaye Dieng (Linguère), Marc Philippe Diouf (Teungueth FC), Amar Fall (AS Pikine)
Milieux: Makha Ben Ahmad Ba (Jaraaf), Issa Kane (Casa Sports), Cheikh Tidiane Thiam (Oslo FA), Seydou Ndiaye (Dakar Sacré-Cœur), Serigne Moctar Koite (Jaraaf)
Attaquants : Oumar Ba (US Gorée), Ibrahima Dieng (AS Pikine), Mamadou Junior Soumaré (Dakar Sacré-Cœur), Moustapha Fanné (Guediawaye FC), Seydina Mandione Mbaye (AJEL), Ababacar Sarr (Jaraaaf), Almamy Matthew Fall (Jaraaf)
VIDEO
NATHALIE VAIRAC : NAÎTRE ET NE PAS ÊTRE
Pas le « bon » nez ni les « bons » cheveux pour être reconnue comme Indienne. Pas non plus assez « bâtie » pour être perçue comme une Noire authentique. Quel crime cette comédienne a-t-elle donc commis pour être ainsi toisée, ballottée entre deux cultures
Pas le « bon » nez ni les « bons » cheveux pour être reconnue comme Indienne. Pas non plus assez « bâtie » pour être perçue comme une Noire authentique. Quel crime cette comédienne a-t-elle donc commis pour être ainsi toisée, ballottée entre deux cultures - celle d’un père guadeloupéen et celle d’une mère indienne ?
La richesse apparente de la double culture, ou du métissage, dissimule souvent les douleurs que vivent en silence de nombreuses personnes métisses. Et que dire lorsque, dès le départ, un mariage n’est pas accepté, surtout s’il implique un ou une conjoint(e) perçu(e) comme « casté(e) » ? L’histoire de Nathalie Vairac illustre parfaitement cette réalité. En effet, le mariage de ses parents, célébré dans les années soixante, a été mal accueilli par une partie de la famille maternelle. Une Indienne qui ose épouser un Noir ?
Guadeloupéenne par son père et Indienne par sa mère, Nathalie a vu l’amour de ses parents se heurter à des résistances de part et d’autre des deux familles. Cette « union interdite », vécue comme un sacrilège du côté maternel, s’est alourdie du poids des incongruités coloniales. Sous l’influence de la politique d’assimilation, certains de ses très lointains ancêtres, arrière-arrière-grands-parents, avaient renoncé officiellement à leur identité, dans l’espoir fallacieux d’accéder à un statut « supérieur » et aux avantages supposés qui y étaient attachés. Une manipulation qui n’a fait qu’accroître le poids des douleurs et des souffrances que Nathalie a portées durant des années, hantée par cette question constante : « Qui suis-je ? ».
Le temps, cependant, a fait son œuvre, et Nathalie a peu à peu trouvé le chemin de la guérison. Comédienne chevronnée, avec plus de trente ans d’expérience sur les planches, elle s’est ouverte à d’autres formes d’expressions artistiques, notamment la performance.
C’est ainsi que, dans le cadre de la 15e édition de Dak’Art, Nathalie a présenté le projet « Mutikkap Patate » au Raw Material Company, situé au Point E. À travers cette œuvre, elle a partagé son histoire et les résonances de son parcours. Grâce au théâtre, qui favorise la rencontre et l’introspection, ainsi qu’à la psychanalyse et à d’autres démarches de compréhension de soi, Nathalie a entrepris un travail de réconciliation intérieure. Elle a refusé de couper les liens avec sa famille, qu’elle soit paternelle ou maternelle, malgré le lourd héritage familial et colonial.
Son retour en Afrique, en tant qu’Afrodescendante, a également joué un rôle clé dans ce processus de guérison. Bien que son père n’ait peut-être jamais eu de connexion avec ce continent, Nathalie y a trouvé un sens profond et apaisant. Après quatre ans passés au Kenya, elle vit depuis dix ans au Sénégal, où elle semble avoir trouvé un équilibre.
Son histoire reflète celle de milliers, voire de millions de métisses confrontés aux questions identitaires, au racisme et aux séquelles d’un passé colonial pesant. En définitive, malgré les avancées de la civilisation, l’humanité persiste à nourrir des comportements teintés d’obscurantisme, d’intolérance et d’inhumanité.
ACCES A L’INFORMATION, LE CHEF DE L’ÉTAT VEUT UNE ADOPTION RAPIDE DE LA LOI
Le directeur de la Promotion de la bonne gouvernance, une structure dépendant du ministère de la Justice, s’exprimait ainsi au cours de l’atelier de partage de ce projet de loi avec les médias.
Le directeur de la Promotion de la bonne gouvernance, Alassane Guèye, a fait part mardi, à Dakar, de la volonté du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, de parvenir à l’adoption rapide du projet de loi sur l’accès à l’information, assurant que le dossier était déjà sur la table du secrétaire général du gouvernement. « Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a instruit les services concernés pour l’adoption de la loi relative à l’accès des médias et du public à l’information. Le projet de loi est actuellement sur la table du ministre-secrétaire général du gouvernement », a-t-il dit.
Le directeur de la Promotion de la bonne gouvernance, une structure dépendant du ministère de la Justice, s’exprimait ainsi au cours de l’atelier de partage de ce projet de loi avec les médias. La rencontre est organisée en collaboration avec la société civile et la coopération internationale allemande (GIZ). Cette rencontre « vise à informer et mobiliser les médias, (…) afin de relancer le processus législatif par un partage d’informations et un plaidoyer efficace », indiquent les organisateurs.
Le processus d’élaboration de la loi portant accès des médias et du public à l’information, initié depuis 2009, à l’initiative de la société civile (Article 19, Forum civil et RADDHO), a connu des lenteurs importantes. « Heureusement, aujourd’hui, avec l’actuel président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ce processus est déclenché de nouveau pour que cette loi soit adoptée très rapidement », a assuré le directeur de la Promotion de la bonne gouvernance.
RENFORCER L’ETAT DE DROIT ET AMELIORER LA QUALITE DU DEBAT PUBLIC
Cette nouvelle démarche au pas de charge obéit, selon lui, à l’importance que le chef de l’€tat accorde à la transparence et la bonne gouvernance – qui figurent en bonne place dans le nouveau référentiel des politiques « Vision Sénégal 2050 » – et au droit du public et des médias à l’information.
« Le président de la République, qui a inscrit son magistère sous le sceau de la transparence, et de la bonne gouvernance, est très motivé à l’adoption de la loi afin que les journalistes, la société civile, les citoyens aient accès aux informations utiles concernant la gestion des affaires publiques », a fait savoir Alassane Guèye.
En plus de favoriser cet accès à l’information, cette loi, une fois adoptée en Conseil des ministres et votée à l’Assemblée nationale, permettra, a-t-il ajouté, de « lutter contre la corruption et de protéger les lanceurs d’alerte ».
L’accès des médias et du public à l’information, contenue dans les documents publics et relative à la gestion des affaires publiques, est un droit fondamental consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 et l’article 19 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples du 27 juin 1981.Actuellement, vingt-neuf pays africains disposent déjà d’une telle loi qui « renforce la démocratie et l’État de droit », et « améliore la qualité du débat public », liton dans un document remis à la presse.
35 MESURES D’ATTENUATION DU CHANGEMENT CLIMATIQUE VALIDEES PAR LE MINISTERE DE L’ENVIRONNEMENT
Le Sénégal s’est engagé dans une lutte contre le changement climatique avec la contribution déterminée au niveau national, adoptée en 2020, afin d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre.
Le ministère de l’Environnement et la Transition écologique (METE) a organisé, hier mercredi, en collaboration avec la Banque mondiale, un atelier de validation de la courbe MACC, un outil stratégique permettant de hiérarchiser les actions climatiques en fonction de leur coût et de leur impact sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’objectif de cette rencontre, qui a réuni les institutions locales, internationales, des partenaires techniques et financiers, vise aussi à faire de cette outil une opportunité pour le renforcement économique et sociale au Sénégal.
Le Sénégal s’est engagé dans une lutte contre les changements climatiques avec la contribution déterminée au niveau national, adoptée en 2020, afin d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre. A cet effet, une rencontre a été organisée hier, mercredi 17 décembre 2024, dans un hôtel de la place. Une occasion pour les acteurs d’échanger sur les résultats de la Courbe des Coûts Marginaux de réduction (MACC, en anglais) qui va permettre de réduire l’impact carbone en identifiant les actions et des projets qui ont le potentiels de réduire le plus efficacement les émissions, explique Mme Sarr Madeleine Diouf, Directrice du Changement climatique, de la Transition écologique et du Financement vert. «Cette analyse a permis d’identifier 35 mesures d’atténuation qui sont des mesures gagnants-gagnants pour le Sénégal, mais également de voir quel est le coût de ces mesures et combien de gaz à effet de serre ces mesures vont permettre au Sénégal d’éviter. Et cela nous permettra de mieux négocier avec nos partenaires.»
Et Mme Sarr Madeleine Diouf de préciser : «ces mesures concernent différents secteurs notamment : le secteur de l’environnement, le secteur de tout ce qui est reforestations, tout ce qui est protection des mangroves, lutte contre les feux des brousses, développement des foyers améliorés, les augmenter pour réduire la pression sur les forêts. Nous avons les projets sur l’énergie comme promouvoir le gaz butane dans la cuisson des ménages ; des projets également sur l’assainissement comme réduire les émissions de méthanes dans le secteur en augmentant l’accès à l’assainissement et le traitement des eaux usées ; dans le transport électrique mais également le transport hydride où on peut utiliser de l’essence et de l’électricité».
Selon elle, cette collaboration renforce la planification climatique, en orientant les politiques publiques du Sénégal en matière de lutte contre le changement climatique en maximisant les bénéfices environnementaux et économiques, explique Mme Sarr. «Nous sommes là pour valider un rapport sur ce qu’on appelle l’Etude MACC, qui est l’étude d’évaluation du niveau du coût d’abattement des projets d’atténuation de gaz à effet de serre. Donc, c’est un instrument économique qui nous permet de réellement voir le rapport coût et niveaux de réduction d’une politique d’émission des gaz à effet de serre». Elle souligne que «c’est un instrument économique à hiérarchiser les opinions d’atténuation selon leur impact carbone et financier. Cet outil vient à son heure parce que nous allons déployer la prochaine CNN du Sénégal et pouvoir servir à l’ensemble des acteurs ici présent et les secteurs présents sur l’identification de nos mesures prioritaires au Sénégal», a indiqué la Directrice du Changement climatique, de la Transition écologique et du Financement vert qui a insisté sur la collaboration et l’engagement des parties prenantes pour garantir le succès du projet, avec l’appuis de la Banque mondiale pour la conception et la mise en œuvre de la courbe, qui s’inscrit dans le cadre du programme Partenership for Market Implementation (PMI), et des partenaires financiers et techniques.
LE FËGG JAAY À LA MERCI D’UN CLIMAT IMPRÉVISIBLE
Les manteaux et pulls restent sur les étals pendant que le thermomètre affiche plus de 32°C. Un dérèglement climatique qui bouleverse les traditions commerciales et menace la survie économique de nombreux commerçants
Confrontés aux effets et variations d’un climat imprévisible, bouleversant les habitudes, nombres de commerçants et grossistes de vêtements de seconde main appelés «fëgg jaay» (en wolof et friperie en français) sont dans l’expectative. Ayant investi beaucoup d’argent dans les vêtements de chaleur (pulls, manteaux, couvertures… souvent en vogue en période de froid), comme chaque année en pareille période, nombre de ces grossistes et détaillants, qui avaient anticipé la saison, se retrouvent avec des stocks importants d’invendus, la fraîcheur tardant encore à s’installer, entrainant des pertes énormes.
Colobane ! Des rues étroites grouillant de monde, des clients, des marchands et des «borom pousse-pousse» s’entrecroisent. Dans une cacophonie, des bruits et tintamarres familiers, le marché de friperie, communément appelé marché «fëgg jaay», l’un des plus grands pourvoyeurs de ce produit au Sénégal, ne désempli pas. Entre klaxons stridents des motos, chargées de «fëgg jaay», de balles de friperie et vacarme de vendeurs criant à tue-tête ou à l’aide de mégaphones pour attirer le maximum de clients, il y a de l’animation partout. En cette matinée ensoleillée au ciel couvert, avec un vent modéré, la prévision météo annonce une température de 25°C à 28 voire plus, c’est selon. Une «anomalie», due aux changements imprévisibles du climat, qui perturbe les activités des commerçants locaux. Notamment ceux spécialisés dans la vente des vêtements chauds (pullovers, jackets, manteaux, couvertures…), auxquels les populations font souvent recours quand les températures chutent.
En effet, avec la baisse de température notée le début du mois, avec des précipitations ou pluies hors saison enregistrées entre les 2, 3 et même 4 décembre 2024 dans plusieurs régions du pays dont celles du Nord et de l’Ouest notamment à Dakar, nombre de commerçants, «sentant ainsi la fraicheur s’installer» enfin, ont investi dans ces vêtements contre le froid. Mais, le froid tarde escompté encore. Pis, à leur grande surprise, les températures ont vite grimpé, dépassant souvent les 32°C depuis lors. Ce qui fait que des grossistes et détaillants du marché «fëgg jaay» de Colobane se retrouvent avec des stocks encombrants : c’est de l’argent bloqué entrainant des pertes qui s’accumulent.
Une anticipation basée sur les habitudes passées
Certains commerçants du marché Colobane adaptent et font leurs achats par anticipation en fonction des saisons climatiques et des habitudes. Depuis des décennies, la période de l’harmattan, qui s’étend de novembre à mars, marquée par «un vent du Nord-est, très chaud le jour, plus froid la nuit, très sec et le plus souvent chargé de poussière» est caractérisé par «un alizé continental» avec des températures qui «chutent et où l’air devient sec et frais». Une fraîcheur qui constitue une véritable aubaine pour eux, permettant l’écoulement de ces vêtements adaptés.
Ainsi, les manteaux, pulls, écharpes et autres couvertures se vendent à grande échelle. Pour les grossistes comme pour les détaillants, cette saison est un moment clé pour faire de bonnes affaires et des bénéfices. Ces habitudes du passé continuent de dicter leurs stratégies de commandes et d’achats : en novembre, ils commandent des produits qu’ils stockent dans l’attente de l’arrivée du froid.
Ces prévisions basées sur des années d’expérience, des cycles climatiques réguliers, et la conviction de l’arrivée de la fraîcheur surtout au sortir d’un hivernage pluvieux, leur permettaient alors de se préparer pour un pic de ventes. Cependant, cette année, comme d’ailleurs l’année précédente, un imprévu bouscule leurs certitudes : le changement du climat. Jusqu’à la mi-décembre, Dakar, à l’image de l’intérieur du pays, continue d’enregistrer des vagues de chaleurs. Ce que témoigne El Hadj Lamine, un grossiste-revendeur. «Je suis très inquiet ! J’ai investi 5 millions pour ces marchandises dont 1 million dans les vêtements pour la période de fraîcheur. Mais je n’ai vendu que 2 balles au début du mois. Depuis lors, je n’ai plus rien vendu, c’est vraiment difficile !».
Ce constat est similaire chez M. Niang : «cette situation nous impacte financièrement. Malheureusement, nous n’avons pas d’issus pour les acheteurs qui ne savent pas si demain il fera chaud ou froid».
Pour les détaillants, la situation est aussi délicate. Fatou Diop, une détaillante installée au marché Colobane depuis quelques années, s’en désole. «En octobre, j’ai acheté trois balles d’habits chauds comme des manteaux et des pulls, parce que les gens se ruent vers ces habillement dès que le froid arrive. Mais, cette année, rien ne se vend.»
Des stocks qui pèsent sur les finances
Cette anticipation, basée sur les habitudes du passé et non sur les prévisions climatiques, s’avère un pari risqué cette année. Les piles de manteaux, pulls et écharpes s’accumulent dans les boutiques, magasins et les entrepôts. «J’ai investi tout mon capital dans ces vêtements chauds», raconte Fatou, visiblement inquiète. «Si je ne les vends pas rapidement, je ne pourrai pas acheter de nouveaux produits. Et, avec les dépenses de fin d’année, ce sera très difficile».
M. Niang, quant à lui, se retrouve avec un entrepôt plein. «Nous sommes dans un contexte où tout est cher. Si on vend moins, cela se fait ressentir automatiquement». Pour El Hadj, «lorsque les conteneurs viennent de l’Italie, de l’Allemagne, de la Belgique…, nous les grossistes revendeurs, nous perdons parce que la marchandise ne bouge pas. J’ai les stocks de l’année dernière que je comptais écouler cette année, mais je ne comprends rien», confie-t-il.
Des stratégies limitées pour écouler les stocks
Face aux variations climatiques et le retard ou l’incertitude quant à l’effectivité de l’installation du froid attendu, les commerçants et grossistes tentent de s’adapter. Fatou a décidé de baisser les prix : «j’ai procédé à des réductions - en guise de promotions, soldes -, mais les clients ne veulent pas acheter des manteaux alors qu’il fait chaud». Certains détaillants se montrent plus prudents : «je préfère attendre que le froid arrive avant d’acheter de nouveaux vêtements. Sinon, je risque moi aussi de me retrouver avec des invendus», explique El Hadj Lamine. De son coté, M. Niang essaie de proposer des remises sur les balles d’habits de chaleur. «Nous faisons des réductions pour certains articles comme les vêtements de chaleur. Mais, pour ceux du froid, nous gardons les mêmes prix, vu que nous vendons en gros», ajoute-t-il.
Eclairage du ministère du Commerce sur l’interdiction du « fëgg jaay »
A ces inquiétudes soulevées vient s’ajouter la polémique née de la volonté annoncée du ministère du Commerce, de l’Industrie et des PMI d’interdire les friperies au Sénégal. Seulement, le département chargé du Commerce qui parle de mauvaise interprétation de l’annonce du ministre Serigne Guèye Diop sur l’interdiction de l’importation de vêtements de seconde main au Sénégal a apporté des précisions. «(…) Il ne s'agit en aucun cas d'une mesure immédiate ou d'une interdiction brutale, comme cela a été interprété. La décision annoncée fait partie d’une stratégie à moyen et long terme visant à soutenir et développer le secteur textile local, en encourageant la production nationale et la création d’emplois dans ce secteur clé de notre économie. Loin d'être immédiate, cette mesure sera implémentée après la réouverture des usines textile et la mise en activité de sites de production visant à valoriser la filière coton de sa production à sa transformation dans le but d’encourager le consommer local et de renforcer le secteur du vêtement local», informe un communiqué du ministère qui dit être «pleinement conscient de l’importance des vêtements de seconde main pour de nombreuses familles sénégalaises et pour une grande partie de la population qui y trouve un moyen de subsistance».
LA SANTE DES POPULATIONS EN PERIL
La poussière qui envahit Dakar ne se contente pas de rendre la visibilité difficile ; elle représente un danger pour la santé publique, en particulier pour les personnes atteintes de maladies respiratoires, pulmonaires...
Hier, la capitale sénégalaise, Dakar, s'est réveillée sous un épais de nuage de poussière, rendant l’air irrespirable et plongeant les habitants dans un quotidien empreint de défis. La scène, rappelant les pires jours de la crise sanitaire de 2019, a vu le retour massif des masques, devenus une nécessité pour se protéger d’une menace invisible mais bien réelle.
La poussière qui envahit Dakar ne se contente pas de rendre la visibilité difficile ; elle représente un danger pour la santé publique, en particulier pour les personnes atteintes de maladies respiratoires, pulmonaires... Asthmatiques, allergiques et autres vulnérables ont dû redoubler de précautions pour éviter de graves complications. «Je suis asthmatique. Quand je porte le masque, j’étouffe. Mais, je n’ai pas le choix. Sans cela, ma santé risque de prendre un coup sérieux», confie Madame Ndiaye, résidente de la Sicap Baobab, visiblement affectée par la situation.
Dans les rues, des opinions partagées émergent. Si certains, fatalistes, estiment que «rien ne peut empêcher la maladie si elle doit arriver», d’autres tentent de se protéger autant que possible. Mais, au-delà des individus, c'est l’ensemble de la population qui demeure exposée à des risques accrus d’allergies et d’autres complications respiratoires.
Les marchés de Dakar, déjà souvent bousculés par des conditions sanitaires difficiles, subissent de plein fouet l’impact de cette tempête de poussière. Les produits alimentaires, parfois mal couverts, sont directement touchés, exposant les consommateurs à des risques d’ingestion de particules nocives.
À Tillène, quelques vendeuses et bouchers ont pris des précautions ; mais cela reste insuffisant. «Ce sale temps complique tout. Il faut sans cesse nettoyer les produits. Et malgré nos efforts, la poussière s’infiltre partout», explique une commerçante.
Pour les ménages, la poussière est un ennemi redoutable. Les meubles se salissent à une vitesse record, augmentant la charge de travail des domestiques. Fatou, employée de maison, s’inquiète : «Nos employeurs ne comprennent pas que c’est la poussière qui cause cela. Cela devient une corvée constante.»
Malgré les difficultés de visibilité, les automobilistes roulent sans allumer leurs phares, augmentant ainsi les risques d’accidents. Cette situation rend les déplacements encore plus dangereux dans une ville déjà marquée par des embouteillages chroniques.
Dans un bulletin publié avanthier, mardi 17 décembre 2024, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) a alerté sur un épisode de poussière. Cette poussière qui va s’accentuer au courant de la journée du jeudi 19 décembre sur l’ensemble du territoire nationale, commencera à se dissiper progressivement à partir du samedi 21 décembre 2024.
Elle sera ressentie plus particulièrement au Nord et au Centre notamment, Saint-Louis, Podor, Matam, Linguère, Louga, Thiès, Dakar, Diourbel, Kaolack, où les concentrations seront plus élevées et par conséquent les visibilités seront réduites. Par contre, les effets seront moins marqués mais seront ressentis de façon intermittente au Sud avec les régions de Kolda, Ziguinchor, Sédhiou.
Dans la période du 18 au 23 décembre il est prévu une baisse des températures. Durant cette période, une baisse significative des températures est attendue sur tout le Sénégal notamment, au Nord (SaintLouis, Podor, Linguère, Matam) et Centre-Ouest (Louga, Thiès, Diourbel, Kaolack, Dakar): le refroidissement sera plus marqué et les nuits seront particulièrement fraiches, avec des températures descendant parfois en dessous de 17°C. Par ailleurs, au Sud (Kolda, Ziguinchor, Sédhiou) une baisse modérée est prévue, toutefois les nuits resteront plus fraiches que d’habitude.
ADDIRIS, POUR UNE TRANSFORMATION DES POLITIQUES PUBLIQUES
Pour la réduction des risques face aux addictions, des pays de la francophone se sont rassemblés pour mettre en place un réseau dénommé (Addiris).
Réunis à Dakar du 16 au 18 décembre dernier, les membres du réseau ADDIRIS demandent une transformation des politiques publiques en matière d’addictions, fondée sur les droits humains, la dignité, la santé et la sécurité publique. Les acteurs ont fait face à la presse hier, mercredi à Dakar.
Pour la réduction des risques face aux addictions, des pays de la francophone se sont rassemblés pour mettre en place un réseau dénommé (Addiris). Engagés à promouvoir la réduction des risques comme réponse pragmatique et humaine aux défis des addictions, ces derniers se sont réunis pendant trois jours à Dakar pour réfléchir sur les mécanismes à mettre en place pour atteindre l’objectif. Pour les parties prenantes de ce réseau, le projet s’inspire de l’expertise de terrain, des avancées scientifiques, et de la richesse des échanges interculturels.
Selon le professeur Idrissa Ba, directeur du centre de prise en charge intégré des addictions de Dakar, (Cpiad) : « quand on met les deux termes addiction et réduction des risques qui renvoient à (Adirais), c'est pour montrer qu'il y a quelque chose qui doit évoluer dans nos pratiques. Il ne faut pas qu'on reste sur ce qu'on a toujours fait jusque-là, parce que c'est un domaine qui est très mouvant celui des drogues ». Et d’ajouter : « pour parler plus spécifiquement du cas du Sénégal et de l'Amérique de l'Ouest, que je maîtrise beaucoup plus, il y a de nouvelles drogues, de substances qui circulent. Donc, il nous faut nous adapter sans cesse. On ne peut pas continuer à courir derrière ces problèmes. Ce qu'il nous faut, c'est vraiment changer les stratégies dans nos réponses».
Pour le représentant de la France, la consommation de drogue est plus souvent liée à la précarité. « Je pense que la grande question n'est pas tant que ça la drogue, c'est la précarité́. Aujourd’hui, de par notre expérience d'accompagnement dans différents services, c'est qu'il se joue véritablement, c'est une façon de dire que la précarité́ est extrêmement exacerbée dans la plupart des sites de consommation, que ce soit les quartiers du Nord-Est parisien, les quartiers de Côte d'Ivoire en passant par la banlieue de Dakar, la question des drogues devient quasiment l'épiphénomène qui cache le vrai sujet, qui est le sujet de la précarité́» a souligné Abdou Ndiaye.
A la fin des travaux, les pays membre de l’Addiris que sont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la France, le Canada (Québec), le Sénégal, la Suisse ont produit un manifeste. A cet effet, ils estiment avoir fait le choix d’unir leurs forces au sein de la francophonie pour créer un espace d’apprentissage mutuel. Des expériences échangées lors de cette Académie, à l’image des débats ouverts et inclusifs qu’ils vont promouvoir et qu’ils démontrent que la coopération est la clé pour élaborer des politiques cohérentes, adaptées et durables. « Les politiques des drogues actuelles, centrées sur la répression et la prohibition, ont échoué à protéger les personnes et à réduire les dommages sociaux liés aux addictions », a fait savoir Addiris. Et de constater aussi que ces politiques ont engendré des violations des droits humains, y compris le droit à la vie, à la santé, à la sécurité et à la dignité. Une répression qui selon le réseau marginalise les personnes consommatrices, souvent confrontées à la stigmatisation et à des traitements dégradants. Les pays ont aussi relevé au cours de leur rencontre une absence de régulation cohérente, laissant les États désarmés face aux nouvelles substances et à leurs impacts sociaux, une absence de reconnaissance et d’investissement dans des pratiques innovantes, adaptées aux nouvelles substances et réalités. Face à ces constats, les pays ont appelé à faire encrer la réduction des risques dans les politiques publiques, en mettant au cœur des actions sociales les principes de dignité, de droits humains, de sécurité et de liberté. De dépénaliser la consommation et décriminaliser les actes liés à l’usage personnel, pour mettre fin à des pratiques punitives incohérentes avec les objectifs de santé publique.
Réguler les substances psychoactives, en reprenant des mains des mafias le contrôle des marchés pour assurer la sécurité et la santé des citoyens et citoyennes, et en intégrant les apprentissages issus d’expériences réussies ailleurs, mais de développer des services intégrés et accessibles, combinant prévention, traitement, réduction des risques et accompagnement social, en impliquant les personnes concernées à tous les niveaux, pour répondre aux besoins complexes des populations concernées entre autres.
NICOLAS SARKOZY, LE BRACELET AU PIED
Hier, 18 décembre 2024, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, (2007-2012), a été condamné à porter un bracelet électronique. Une décision qui a fait l’objet d’un « breaking news » sur plusieurs chaînes de télévision.
Hier, 18 décembre 2024, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, (2007-2012), a été condamné à porter un bracelet électronique. Une décision qui a fait l’objet d’un « breaking news » sur plusieurs chaînes de télévision. Cette sanction sans précédent dans l’histoire politique de la France, a frappé l'opinion publique et alimente plus largement, le débat sur la probité des responsables politiques. Retour sur les faits et les éléments qui ont conduit à cette sanction sans précédent dans l’histoire politique récente de la France.
Les ennuis judiciaires de Nicolas Sarkozy remontent à plusieurs années, lorsqu'il a été mis en cause dans diverses affaires liées à son mandat présidentiel : l’affaire Paul Bismuth (ou affaire des écoutes), l’affaire Bygmalion (dépassement du budget de campagne), affaire du financement libyen, affaire Bettencourt, affaire Bernard Tapie-Crédit Lyonnais, affaire des sondages de l’Elysée, affaire Khazakhgate (en cours).
L’affaire dite des « écoutes », qui s’inscrit dans ce contexte, a joué un rôle central dans sa condamnation. En 2013, alors que des juges d’instruction enquêtaient sur des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, les autorités ont mis sur écoute, les conversations téléphoniques de Sarkozy et son avocat de toujours, Thierry Herzog.
Les écoutes révèlent que Sarkozy et Herzog utilisaient une ligne secrète, enregistrée sous le pseudonyme de « Paul Bismuth », pour éviter la surveillance judiciaire. Ces discussions laissent entendre que Sarkozy aurait tenté d'obtenir des informations confidentielles sur une autre affaire judiciaire le concernant, en échange d'un « coup de pouce » pour un poste de prestige à Monaco destiné à Gilbert Azibert, alors magistrat à la Cour de cassation.
En mars 2021, le tribunal correctionnel de Paris condamne Nicolas Sarkozy à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour corruption active et trafic d'influence dans cette affaire. Cette décision marque un tournant : c’est la première fois qu’un ancien président français est condamné à une peine privative de liberté pour des actes commis après ou pendant son mandat. Bien qu’il ait fait appel, la Cour d'appel de Paris a confirmé en mai 2023 la peine de prison ferme, tout en adaptant ses modalités d’exécution : le port d’un bracelet électronique en lieu et place de l'incarcération.
La condamnation repose sur deux éléments majeurs : d’une part, les écoutes ont établi que Sarkozy avait bien tenté de corrompre un haut magistrat. D’autre part, les juges ont estimé que ces actes étaient d’une gravité exceptionnelle pour un ancien chef d’État, dont la fonction suppose une exemplarité absolue. L'affaire a provoqué un vif débat en France. Pour ses partisans, Sarkozy est victime d’un acharnement judiciaire et médiatique. Lui-même n’a cessé de clamer son innocence, qualifiant les accusations de « mensongères » et affirmant que les écoutes étaient une atteinte à la confidentialité entre un avocat et son client. En revanche, ses détracteurs estiment que cette condamnation montre que nul n’est au-dessus des lois, y compris les anciens présidents. Même si le port d’un bracelet électronique lui évite la prison, cette décision restera une tâche sur son héritage politique. En effet, la mise en place effective du bracelet électronique suit une procédure précise. Dans un délai compris entre 15 jours et un mois, Nicolas Sarkozy sera convoqué par le juge d’application des peines qui lui signifiera les modalités de l’exécution de la peine, notamment les horaires de sortie autorisés et les restrictions de déplacement. Ainsi, l'installation du dispositif pourrait intervenir entre fin décembre 2024 et mi-janvier 2025. Toutefois M. Sarkozy (bientôt 70 ans) pourra solliciter une libération conditionnelle en vertu de la loi française qui autorise des aménagements de peine pour les personnes de cet âge. Il pourrait même être dispensé du port du bracelet électronique après un période relativement courte.
Le site français linternaute nous apprend par ailleurs, que M. Sarkozy a annoncé son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour contester sa condamnation. Cependant, cette démarche n'a pas d'effet suspensif sur l'exécution de sa peine, et le processus d'installation du bracelet électronique suivra son cours en attendant une éventuelle décision de la CEDH.
Si le port du bracelet électronique évite à Nicolas Sarkozy de se retrouver derrière les barreaux, l'impact symbolique de cette décision reste immense. Elle rappelle que la justice, en dépit des pressions et des controverses, peut frapper jusqu'aux plus hauts sommets de l’État. Ce fut le cas de Jacques Chirac (président de 1995 à 2007) qui avait été reconnu coupable de détournement de fonds publics et d’abus de confiance dans une affaire datant de l’époque où il était maire de Paris (1977-1995) et condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis. François Hollande quant à lui, n’a jamais été inquiété par la justice après son départ de l’Elysée
Au-delà du cas Sarkozy, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la responsabilité et la transparence des dirigeants politiques. Ces affaires judiciaires témoignent d’une évolution de la perception du statut présidentiel. Longtemps considérés comme intouchables, les anciens chefs d’État sont désormais soumis à un contrôle judiciaire accru. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de demande de transparence et de responsabilité de la part des citoyens.
TENSION A DAKAR BARTH EMPECHE ENCORE DE FAIRE SA CONFERENCE DE PRESSE PAR LA POLICE
Le bras de fer entre la Police et le maire « révoqué » de Dakar continue. Un nouvel acte a été posé hier puisque la Police a empêché à Barthélémy Dias de faire sa conférence de presse. Le maire « révoqué » a eu toutes les peines du monde pour rejoindre l’Hôtel de Ville de Dakar. Un impressionnant dispositif policier lui fera un premier barrage au niveau de la Place de l’Indépendance. Libéré de ce premier blocage, il fait cap vers ses anciens bureaux. Il en sera stoppé net par la Police qui le conduit versles hauteurs du supermarché Auchan qui fait face à l’Hôtel de Ville. La tension était palpable dans les environs puisqu’une foule de curieux et surtout des militants de l’ancien maire de Dakar surchauffaient l’ambiance. Barthélémy Dias ne prendra pas la parole pour une déclaration officielle. Il a subi le même sort lundi dernier. Il avait été empêché par les policiers de tenir sa conférence de presse. Le maire « révoqué », accompagné de son convoi, a quitté les lieux peu après son arrivée devant le supermarché, sans tenir la conférence attendue. Le maire de Dakar écrira un message sur sa page Facebook : « Aujourd’hui, j’ai voulu apporter un démenti clair et incontestable à l’opinion nationale et internationale concernant la nature des hommes qui dirigent ce pays. Ils manipulent l’opinion publique à travers des communiqués mensongers, cherchant à divertir les Sénégalais et les Sénégalaises, les Dakaroises et les Dakarois. Mais à quelle police peut-on vraiment se fier ? », a fait savoir Barthelemy Dias qui appelle ses militants à être unis et mobilisés.
POINT DE PRESSE DE BARTH LES CONSEILLERS MUNICIPAUX INTERDITS D’ACCES A L’HOTEL DE VILLE DE DAKAR
Hier ce n’est pas seulement l’ancien maire qui n’a pas pu accéder à l’Hôtel de Ville. Plusieurs conseillers municipaux ont subi le même sort. Ces derniers, stoppés à l’entrée, n’ont reçu aucune explication claire, si ce n’est la mention d’«instructions » transmises aux agents sur place. Cette agitation précède une session ordinaire du Conseil Municipal prévue ce jeudi 19 décembre 2024 à 15 heures. À l’ordre du jour figurent plusieurs points majeurs, dont l’installation d’un nouveau conseiller municipal, l’adoption du Plan Triennal d’Investissement 2026-2027 et du Plan Annuel d’Investissement 2025, ainsi que l’examen et l’adoption du budget pour l’année 2025.
HEROS DU SENEGAL UN VASTE PROGRAMME DE BAPTEMES DE RUES ET EDIFICES
Dopé par son déplacement à Thiès ce jeudi 12 décembre pour inaugurer le monument dédié au héros national Lat Dior Ngoné Diop, le président de la République a réitéré en conseil des ministres de ce mercredi 18 décembre 2024 son attachement particulier à la valorisation de notre patrimoine historique et culturel si nécessaire à la préservation d’un récit national assumé qui prend en compte nos valeurs traditionnelles séculaires, basées sur une culture de la mémoire et la célébration de nos héros nationaux dans tous les domaines. Dès lors, il a demandé au Premier Ministre, au Ministre des Collectivités territoriales, au Ministre de la Culture et au Secrétaire d’Etat en charge de la Culture, de travailler avec les Collectivités territoriales en vue de mettre en adéquation la dénomination de nos rues, avenues, boulevards et édifices publics avec les faits historiques et héros nationaux qui ont unanimement marqué la vie de notre pays. Le Président de la République a aussi souligné l’importance de vulgariser et d’enseigner l’histoire générale du Sénégal. Il a, à cet égard, demandé au Premier Ministre d’évaluer et de relancer le projet de réécriture scientifique de l’histoire générale du Sénégal, de réhabiliter et de promouvoir le patrimoine historique de nos communes et villes. Dans cet élan, il a indiqué au Ministre en charge de la Culture et au Secrétaire d’Etat chargé du patrimoine historique, la nécessité de travailler à la réhabilitation du patrimoine des îles, notamment Gorée et Carabane en étroite collaboration avec les autorités municipales et les populations. Il a, en outre, invité, le Premier Ministre à engager la réflexion sur la création d’un Conseil national de la Mémoire et de la Gestion du Patrimoine historique afin de faire de la préservation de notre histoire, un facteur majeur de développement économique, social et culturel du Sénégal.
DPG OUSMANE SONKO DEVANT LES DEPUTES LE VENDREDI 27 DECEMBRE
Le Premier Ministre a informé le Conseil qu’en vertu des dispositions de la Constitution, notamment en son article 84, Monsieur le Président de la République a saisi l’Assemblée nationale pour la tenue de sa Déclaration de Politique générale (DPG), le vendredi 27 décembre 2024, conformément aux dispositions de l’Article 55 de la Constitution. Abordant la préparation de l’agenda législatif de l’année 2025, le Premier Ministre a indiqué que les projets de textes y afférents doivent être en phase avec le nouveau Référentiel des politiques publiques Vision Sénégal 2050. Il a, en outre, souligné l’exigence pour chaque ministère d’élaborer et de transmettre au Secrétariat général du Gouvernement son agenda législatif au titre du premier semestre de l’année 2025, au plus tard à la mi-janvier 2025. À cet égard, il a demandé aux Ministres de veiller, après une stricte revue des projets de texte élaborés antérieurement à avril 2024, à bien identifier les textes à vocation stratégique et ceux à vocation opérationnelle, aux fins d’anticiper sur la complexité et les délais d’élaboration ainsi que sur l’ordre de priorité. En outre, il devra être tenu compte de l’orientation majeure de rationalisation des ressources publiques.
ENTREPRISES PUBLIQUES EN DIFFICULTE
Restons en conseil des ministres. Le Premier Ministre a relevé l’attention particulière à accorder à la restructuration des entreprises publiques et parapubliques en grande difficulté pour garantir la continuité du service public. Il a ainsi demandé au Ministre Secrétaire général du Gouvernement de procéder à la reprise des travaux du Comité interministériel de Suivi et de Restructuration des entreprises publiques et parapubliques et instruit le Ministre des Finances et du Budget de prendre les dispositions nécessaires pour la mise en œuvre effective du Fonds de Relance pour la restructuration des dites entreprises.
ANNULATION DU BUREAU DE L’AN LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL REJETTE LE RECOURS DE ME AISSATA TALL SALL
Le Conseil Constitutionnel a rejeté hier le recours de Me Aïssata Tall Sall présidente du Groupe parlementaire Takku Wallu visant à annuler le bureau de l’Assemblée nationale. Aïssata Tall Sall, qui contestait la légalité de l’élection du bureau a saisi le Conseil Constitutionnel en arguant le fait que ladite institution judiciaire a été appelée à trancher du fait que l’élection du Bureau de l’Assemblée nationale est rattachée aux élections législatives anticipées. Le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye dans son mémoire de réponse a fait observer que la requête des députés de Takku Wallu n’entre pas dans le domaine de compétence du Conseil Constitutionnel. La deuxième personnalité de l’Etat aura gain de cause. Le Conseil Constitutionnel estime que ses attributions en matière électorale prennent fin à la proclamation des résultats du scrutin marquant la fin du processus électoral. L’élection du bureau de l’Assemblée nationale qui procède de l’organisation interne de cette institution ne fait pas partie du processus électoral. Le Conseil Constitutionnel s’est alors déclaré incompétent. Cette décision du Conseil constitutionnel représente une victoire pour El Malick Ndiaye. Elle confirme sa détermination à faire prévaloir l’Etat de droit et à préserver la stabilité institutionnelle au sein de l’Assemblée nationale.
LE DG DE SOCIETE FINANCIERE INTERNATIONALE MAKHTAR DIOP A DAKAR
Le Directeur général de la Société financière internationale (IFC) Makhtar Diop effectue une visite au Sénégal du 18 au 23 décembre. Il aura des échanges avec des hauts responsables du Gouvernement du Sénégal, des acteurs du secteur privé et des entrepreneurs pour explorer comment IFC peut intensifier son soutien au développement économique et à la création d’emplois dans le pays. Selon la note parvenue à la Rédaction, la visite de M. Diop offre une opportunité de mettre en lumière les possibilités pour le Sénégal de stimuler son développement en encourageant une plus grande participation du secteur privé dans les domaines de l’agroalimentaire, de l’industrie, des infrastructures, du numérique et du tourisme. Cette démarche s’inscrit dans l’engagement d’IFC à soutenir la mise en œuvre de l’agenda national de transformation « Vision Sénégal 2050 ». M. Diop s’entretiendra notamment avec le Président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre Ousmane Sonko, d’autres membres du gouvernement, ainsi que des dirigeants des secteurs de l’agroalimentaire et de l’industrie. Il effectuera également une visite à MADIBA, le vaccinopôle de l’Institut Pasteur de Dakar situé à Diamniadio, près de Dakar. En tant que chef de file de la mobilisation pour ce projet, IFC a structuré un financement de 45 millions de dollars, comprenant un prêt de 15 millions de dollars d’IFC et de 30 millions de dollars mobilisés auprès d’institutions partenaires