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6 avril 2025
ABDOULAYE DIOUF SARR LANCE SON THINK TANK « IDÉES »
« Entre moi et l’APR, c’est du passé. Je ne veux pas revenir sur les détails, mais c’est terminé », a déclaré l’ancien coordonnateur de la Convergence des cadres républicains (CCR).
L’ancien ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr a officiellement quitté l’Alliance pour la République (APR). L’annonce a été faite ce vendredi 20 décembre 2024, à Yoff Layène, lors de la présentation de son think tank « Idées ». Débarrassé de ses attaches politiques avec l’APR, il entend désormais se consacrer pleinement à cette plateforme de réflexion dédiée aux grandes questions d’intérêt public.
« Entre moi et l’APR, c’est du passé. Je ne veux pas revenir sur les détails, mais c’est terminé », a déclaré l’ancien coordonnateur de la Convergence des cadres républicains (CCR), mettant ainsi fin à plusieurs mois de spéculations.
Diouf Sarr s’éloigne donc de la scène politique partisane pour se consacrer à « Idées », une plateforme qui ambitionne de produire des réflexions et des propositions sur les enjeux majeurs de la société sénégalaise. « Il croit fermement que notre pays a besoin d’une vision constructive et de débats fondés sur des idées pour relever les défis qui se présentent à nous ».
Ancien maire de Yoff, Abdoulaye Diouf Sarr a connu des hauts et des bas dans son parcours politique. Longtemps considéré comme un proche de Macky Sall, il a dirigé le ministère de la Santé avant de voir sa gestion remise en question suite à l’incendie tragique de la maternité de l’hôpital Mame Abdou Aziz Sy Dabakh de Tivaouane. Cet événement, qui a coûté la vie à plusieurs nouveau-nés, a laissé une marque indélébile sur son mandat.
En novembre 2024, son exclusion des investitures pour les élections législatives a confirmé sa marginalisation au sein de l’APR. Ce retrait de la vie politique active semble marquer un tournant dans sa carrière, désormais orientée vers une mission plus intellectuelle et citoyenne.
Avec « Idées », Abdoulaye Diouf Sarr ambitionne de devenir un acteur clé du débat public au Sénégal, en s’appuyant sur l’expertise de son équipe et une approche non partisane.
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LE REGIME VEUT M'ENLEVER MON MANDAT DE MAIRE MAIS NE VEUT PAS SE SALIR LES MAINS
C'est depuis son bureau au Building communal, une annexe de la mairie de la Ville de Dakar, que Barthélémy Dias s'est adressé aux Sénégalais.
Dans une interview accordée hier à nos confrères de 7TV et de Sen Tv, Barthélémy Dias a répété à qui veut l'entendre que seul le chef de l'État peut le démettre de son poste de maire de la Ville de Dakar. Il a, à cet effet, dénoncé une forfaiture drapée sous les couleurs de la loi.
C'est depuis son bureau au Building communal, une annexe de la mairie de la Ville de Dakar, que Barthélémy Dias s'est adressé aux Sénégalais. Pour coller à l'exercice, l'ex Maire de Dakar a accordé un entretien à nos confrères de 7Tv et de Sen Tv. D'emblée, il a été questionné sur la déchéance de ses mandats de député et de maire en l'espace d'une semaine. “Aujourd'hui, je ne vais pas évoquer l'aspect juridique et judiciaire de l'affaire. Ce n'est pas aussi une question politique. C'est une question de bon sens. La décision de me démettre de la Ville de Dakar n'est pas basée sur le droit. J'ai fait ce qu’il fallait pour suspendre la décision du préfet. Mais, ils ont décidé de passer outre. C'est une forfaiture et une décision injuste”, a martelé “Dias fils” non sans dénoncer une “justice des vainqueurs”
Dans son argumentaire, il a relevé qu'au titre de l'article 135 du Code des collectivités territoriales, il est question de “maire condamné pour crime ou délit".“Moi j'ai été condamné dans l'affaire de l'attaque de la Mairie de Mermoz en 2017 pour coups et blessures qui est défini par le code pénal comme étant un délit”. “ Si Macky Sall pouvait me démettre de mon poste de maire de Dakar, il l'aurait fait depuis”, a-t-il évoqué contre la décision du préfet de Dakar qui l’a déclaré démissionnaire dans ce même dossier suite à sa condamnation définitive.
Mais, pour lui, la déchéance de ses mandats électoraux ne relève que d'une volonté de le réduire politiquement. “ Je ne parlerai pas du préfet de Dakar qui est nommé alors que moi je suis un élu de Dakar. Il est autorisé alors que moi je suis une autorité. Le ministre de l’Intérieur qui est le supérieur du préfet ne peut pas me démettre de mon poste de maire. Seul le président de la République peut me révoquer de mon poste de maire. Le régime veut m'enlever mon mandat de maire mais ne veut pas se salir les mains. Ils pensent que ce sera facile de me révoquer de mon poste”, vocifère “Dias-fils”.
“LE RÉGIME PRÉPARE DES FORFAITURES QU'IL ESSAYE DE FAIRE CAUTIONNER PAR LA LOI”
Très virulent, Barthélémy Dias a critiqué le fonctionnement de la Justice. “ Le régime veut détourner le regard des Sénégalais en menant la question sur le débat juridique. Car, statiquement, ce droit rédigé en français n'est pas accessible à tout le monde. Le régime prépare des forfaitures qu'il essaye de faire cautionner par la loi. Pourquoi attendre cette législature pour demander ma radiation alors que la décision est devenue définitive depuis la précédente législature ? C'est une forfaiture habillée sous des attributs juridiques”, a martelé l'ex maire de Dakar non sans ajouter : “ Tout ce qu'il m'est arrivé aujourd'hui n'aurait jamais dû arriver si je n'étais pas candidat aux élections législatives. Je n'ai jamais pensé à siéger à l'Assemblée nationale. Par ailleurs, ma lettre de démission était à mon bureau le 2 décembre, lors de l'installation de la quinzième législature. Je ne l'ai pas déposée parce que j'étais à Saint-Louis. Même si la justice tranche à ma faveur avec mes recours, je ne vais pas siéger à l’Assemblée nationale. Je l'ai déjà dit à mes collègues de Samm Sa Kaddu. Il s'agit par ces recours de savoir si le Sénégal a une justice”.
“JE VAIS RÉSISTER AVEC PLUS DE SÉNÉGALAIS. IL VA FALLOIR ME METTRE EN PRISON POUR LA GAGNER”
En attendant que la Justice tranche avec les recours qu'il a déjà introduits, Barthélémy Dias entend se battre jusqu'au bout. Il promet même de remporter la guerre. “ L’étape décisive commencera à partir du moment où le régime décidera de me révoquer de mes fonctions de maire de Dakar. Je vais résister. Et de jour en jour, je vais résister avec plus de Sénégalais. Parce qu'il ne s'agit pas de Barthélémy Dias mais du Sénégal”, a-t-il prévenu avant d'ajouter :“ Mais je leur dis déjà qu'ils ne peuvent pas gagner la guerre. Il va falloir me mettre en prison pour la gagner. Pour me révoquer de mon poste de maire de Dakar, il va falloir que le régime se salisse les mains. Je perdrai certes des batailles mais pas la guerre. Je vous aurai à l’usure et sur le temps. J'ai fait 19 ans d'opposition. Par la grâce de Dieu, pendant 16 ans, j'ai été maire ou député-maire. Quand j'ai été élu maire, ceux qui nous dirigent n'étaient pas encore en politique. Donc, vous ne pouvez pas faire disparaître Barthélémy Dias”.
Enfin, il s'est permis de relever que si les régimes d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall se sont mal terminés malgré des bilans exemplaires, c'est à cause des manquements aux valeurs démocratiques. “Malheureusement après tant d'années de sacrifice, nous sommes en train de revivre les mêmes situations”, a-t-il regretté non sans ajouter que l’objectif du régime, c'est de le mettre en prison. “Il pense que c'est en mettant les gens en prison qu'il va les détruire. Il se fâche à chaque fois qu'on le tutoie. Le PM qu'il entend, c'est petit mec en lieu et place de Premier ministre. Parce qu'un Premier ministre, ça ne va pas chez les gens pour les menacer”, s’est-il attaqué à Ousmane Sonko sans le nommer dans son entretien de 58 minutes.
Par Abdoul Aly KANE
LE SENEGAL ENTRE CRISE DE LA DETTE ET SOUVERAINETE ECONOMIQUE
Deux rapports d’institutions financières majeures ont attiré notre attention ces temps derniers. Il s’agit du « Rapport Pays » 2024 de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de celui de la Banque Mondiale sur la dette.
Deux rapports d’institutions financières majeures ont attiré notre attention ces temps derniers. Il s’agit du « Rapport Pays » 2024 de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de celui de la Banque Mondiale sur la dette.
Ces rapports tranchent d’avec ceux du passé, en ce qu’ils sont éloignés du dithyrambe habituel sur la « robustesse » de la croissance économique d’un Sénégal au seuil de l’émergence économique. Dette et transformation structurelle font l’objet d’un examen critique, voilant à peine les responsabilités du régime précédent en la matière. Sur les infrastructures du PSE, la BAD conclut avec sévérité qu’elles n’ont pas permis d’atteindre les objectifs de croissance espérés, encore moins de mettre le pays sur Les rails d’une émergence économique prévue pour 2035.
En voici quelques extraits :
« Sur la période 2014-2023, l’économie du Sénégal a connu un dynamisme sans précèdent, se traduisant par un taux de croissance moyen annuel de 5,3% contre 3.1% entre 2004 et 2013. Cette performance s’explique par la mise en œuvre d’infrastructures majeures. Cependant cette croissance ne semble pas s’opérer dans un processus plus inclusif à travers une amélioration de la productivité. Le rythme de croissance impulsé par le Plan Sénégal Emergent (PSE) ne semble pas avoir créé des emplois en quantité et en qualité suffisantes pour réduire la pauvreté et les inégalités. Cette situation montre également que les investissements structurels mis en œuvre n’auraient pas encore atteint le niveau susceptible d’impulser la transformation structurelle du pays. Le financement de cette croissance soulève des questions de viabilité des finances publiques; La construction des infrastructures, à travers le financement extérieur, a entrainé une hausse significative de la dette publique qui est passée de 20 % du PIB en 2008 à 80 % en 2023. Les taux d’intérêt élevés dus à la perception du risque des pays africains et des notations défavorables des agences de notation internationales, ont renchéri le service de la dette qui représente plus de 33% des recettes publiques en 2023 et devient alors l’un des postes les plus importants du budget, réduisant significativement l’espace budgétaire ».
Concernant la situation de l’économie, le rapport poursuit. Ces propos se passent de commentaire. Là où le rapport parle de « niveau » insuffisant d’investissements, nous aurions préféré que l‘on dise plutôt « inefficience » dans le choix des investissements. En effet, pour l’essentiel, ceux-ci n’ont pas impulsé un rythme soutenu de croissance endogène par transformation industrielle, ni généré des retours financiers qui auraient permis l’allègement de l’encours global de la dette. Les autorités en charge des finances ont préféré, en cas de besoin, la « reprofiler » en usant de la « cavalerie financière »
Le rapport de la Banque mondiale, quant à lui, est concentré sur la dette. Celle-ci de par son ampleur, saperait l’efficacité du budget de l’Etat, avec près du 1/3 des dépenses consacrées au paiement de la dette. Le rapport sur la dette arrive chronologiquement dans un contexte de contestation par le Premier Ministre Ousmane Sonko, du montant de 15 000 milliards de FCFA annoncé par l’équipe sortante.
Schémas initiaux bouleversés
L’institution financière intervenant en dernier ressort, aggrave la note en avançant le chiffre de 24 889 milliards de FCFA, soit un accroissement de 66% par rapport à l’encours initial.
A notre sens, la conséquence la plus dommageable est que cette réévaluation intervient dans le contexte de la mise en œuvre de la 1ère phase (2025-2029) de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » dont le financement est estimé à 18 500 milliards de francs CFA. En effet, ces nouveaux chiffres vont sans doute bouleverser les schémas initiaux de mise en œuvre de ce projet, parce qu’ils auront été élaborés à partir de statistiques erronées, en particulier ceux relatifs à la capacité d’endettement.
La Banque mondiale ajoute que « l’architecture financière internationale actuelle ne serait pas très favorable pour le financement de la transformation structurelle du Sénégal, du fait de la perception du risque sur le marché international des capitaux, des notations défavorables des agences financières internationales ».
Au-delà de la dette, le rapport admet également que les investissements structurels mis en œuvre n’ont pas permis d’atteindre le niveau susceptible d’impulser la transformation structurelle du pays. A notre sens, il conviendrait sur ce point de parler « d’efficience » au lieu de « niveau de mise en œuvre » ; car il ne s’agit pas de persévérer dans la réalisation d’infrastructures de prestige ruineuses, mais de réorienter les investissements vers des infrastructures économiquement structurantes. Ce propos sonne comme un désaveu du PSE, dont le financement a multiplié la dette du pays par 8 depuis 2012.
De ces rapports découlent les constats suivants :
-La croissance économique générée sur la période n’a pas créé d’emplois significatifs, le secteur informel demeure le principal pourvoyeur d’emplois du pays (90% des emplois).
-Cette croissance est erratique, sujette à variations en fonction de la croissance agricole et de la bonne rémunération de nos ressources minières et naturelles (Or non monétaire, titane, zircon, produits de la pêche, phosphates, arachide, tourisme etc.) pour l’essentiel exportées sans transformation ou peu transformées. Faute de valeur ajourée, les revenus d’exportation n’ont pas l’impact financier suffisant pour faire face au service de la dette et à la couverture des besoins essentiels des populations ;
-La croissance ne vient pas des entreprises industrielles, mais du secteur des services (banque, assurances, tourisme etc), et faiblement du secteur industriel et agricole.
-La croissance n’est pas tirée par le secteur privé local.
-Les institutions multilatérales conviennent d’ailleurs que : « L’accès au financement demeure un goulet d’étranglement majeur qui entrave la transformation structurelle », ce qui revient à dire que le secteur privé n’est pas mis dans les conditions de jouer son rôle d’acteur principal de l’émergence économique.
Ceci est une forme de reconnaissance du rôle de secteur privé dans la transformation structurelle ; or le secteur privé local est financièrement réprimé par le système bancaire, en particulier par des banques mues par le profit immédiat, ayant une préférence pour des remplois liquides non risqués, prises en étau entre les normes prudentielles dissuasives de la BCEAO et les lenteurs dans les décisions de justices lorsque des contentieux surviennent.
Cette question qui touche à la politique monétaire et bancaire, est d’ailleurs en contradiction avec la recommandation faite à la BCEAO, de « persister dans le resserrement monétaire » pour la maitrise de l’inflation.
La croissance sous sa forme actuelle, est appauvrissante du fait du poids du service de la dette sur des budgets étriqués, aux recettes rabotées par la sous-valorisation de nos richesses naturelles et minières.
L’étroitesse budgétaire conduit à arbitrer entre le règlement à bonne date des échéances d’emprunts et la nécessité de couvrir les dépenses sociales essentielles (éducation, santé et protection des populations contre la vie chère).
Cette dette est de plus en plus décriée parce qu’insoutenable pour les économies, ce qui conduit depuis quelques temps les partenaires financiers à prôner la réforme de l’architecture financière internationale actuelle.
Cette idée portée par les institutions de Bretton Woods, est de plus en plus agitée, compte tenu du développement incontrôlé des marchés financiers, dont les états sont devenus les clients, et qui jouent un rôle d’amplification des crises financières systémiques depuis 2008.
La croissance est portée par l’état via la réalisation d’infrastructures et non par le secteur privé. L’Etat s’est complu dans la posture d’un état keynésien initiateur de grands travaux, générateurs de croissance. Aussi la dette est devenue abyssale (133% du RNB), ce qui milite en faveur des tenants d’un abandon de créances
Il y a 26 ans, c’était l’initiative PPTE, dispositif global de réduction de la dette des pays pauvres très endettés mis en place par le FMI et la Banque Mondiale.
Aujourd’hui on peut caractériser la situation de « Retour à la case départ », du fait de la charge intolérable du service de la dette sur les budgets nationaux.
LES EMIGRES SOLLICITES POUR PRETER DE L’ARGENT A L’ETAT
Budget 2025 - Près de 1500 milliards cfa de Diaspora-Bonds à capter - Le Comité national de la Dette publique (Cndp) a élaboré une Stratégie de Dette à Moyen Terme du Sénégal sur l’horizon 2025-2027
La nouvelle stratégie d’endettement de l’Etat 2025-2027 mise sur le potentiel financier de la diaspora sénégalaise. Le Comité national de la Dette publique (Cndp) a élaboré une Stratégie de Dette à Moyen Terme du Sénégal sur l’horizon 2025-2027. Si le Comité préconise à mobiliser les ressources concessionnelles disponibles auprès des bailleurs traditionnels, il indique à développer les financements domestiques et les mécanismes innovants de levée de fonds de proximité comme approche stratégique. C’est dans ce cadre que l’Etat du Sénégal a misé sur la Diaspora pour lever 1500 milliards cfa sur le marché de l’épargne et de l’économie des sénégalais de l’étranger. Une Diasporabonds pour se démarquer des « Eurobonds » comme source de diversification de l’endettement en monnaie locale. Autrement dit, un emprunt obligataire comme titre de créance digne de chez nous !
Dans la nouvelle stratégie de financement de l’endettement du Sénégal 2025- 2027, l’Etat du Sénégal multiple les voies et moyens à renverser la tendance en misant surtout sur les financements domestiques à hauteur de 59% à l’horizon 2027. Il s’agit d’un moyen de financement de masse par l’émission d’un titre de créance dont les bailleurs ne sont autres que les braves émigrés sénégalais. Comme quoi, l’Etat du Sénégal compte se démarquer des bailleurs traditionnels pour trouver, cette fois-ci, des ressources concessionnelles disponibles estimés à 41% auprès de la Diaspora à travers une sélection rigoureuse de projets à financer. Dans ce cadre, l’Etat envisage de lever 1500 milliards cfa sur le marché de l’épargne et de l’économie des ressortissants sénégalais vivant à l’étranger. Cette Diaspora-bonds constitue une source citoyenne de diversification de l’endettement en monnaie locale.
Cette nouvelle approche édictée par le Comité national de la dette publique (Cndp) consiste à développer les financements domestiques voire les financements innovants. Un mécanisme de levée de fonds qui sera mis en œuvre par une augmentation soutenue de la part des dépenses, épargnes et économies en transactions financières locales. A partir de ces flux financiers internationaux et autres transferts d’argent, l’Etat cherche alors à tirer un meilleur profit de cette masse monétaire manipulée par la diaspora sénégalaise. Selon les chiffres d’une étude publiée en février 2023, les transferts des émigrés représentent 46 % des financements reçus de l’extérieur au Sénégal. Donc, autour de 2,7 milliards de dollars, soit environ 1645 milliards de FCfa. Un montant qui dépasse largement les 1500 milliards recherchés par le Gouvernement. Et plus que l’Aide publique au développement. (APD).
Un mécanisme innovant de levée de fonds !
Pour preuve, près de 90% de la masse d’argent envoyée par les émigrés sont orientés vers la consommation locale immédiate. Les fonds restant sont mobilisés dans des projets immobiliers s’ils ne dorment pas dans les banques. D’où la vision de l’Etat de capter valablement cette énorme masse d’argent à travers des projets structurants et attractifs proposés aux sénégalais de la Diaspora. « Il faut relever cependant que la mise en œuvre de cette option nécessite d’ores et déjà un travail de benchmarking, de sensibilisation ainsi qu’une étude approfondie des profils de la cible pour réussir une bonne structuration de projets suffisamment attractifs pour capter les flux. Ces ressources des Diaspora Bonds conjuguées à la bonne capacité d’absorption des titres du Sénégal sur le marché domestique (par adjudication et par Appel public à l’épargne), estimée à plus de 1500 milliards de FCFA, permettront sur le moyen-long terme de substituer à la domination des ressources d’origine externe dans le portefeuille la prééminence de dette en monnaie locale avec tous les avantages en termes de réduction de l’exposition au risque de change et au risque de taux d’intérêt variable » souligne le Cndp
Ce Comité étatique d’endettement ajoute que « l’orientation de la stratégie vers la constitution d’une dette dominée par la monnaie locale n’exclut pas le bénéfice des opportunités offertes par les autres types de financements innovants comme les financements portés vers l’Environnement, le Social et la Gouvernance (ESG) qui ont été expérimentés en 2024. Le Document-cadre de financements durables du Sénégal élaboré en 2023 et aligné, en la matière, aux principes de l’Association internationale des Marchés de capitaux (ICMA) et de l’Association des Marchés de prêt (LMA) ouvre de belles opportunités pour capter les liquidités orientées vers les projets visant à soutenir le développement durable » indique-t-il.
Des sources géographiques de l’endettement à diversifier !
Le Comité national de la Dette publique souligne qu’il serait primordial d’opérer une large diversification géographique des sources, en explorant les zones du Moyen-Orient et de l’Asie qui présentent actuellement des possibilités immenses en termes de liquidités disponibles. « La modalité de financement relative aux contrats de partenariat Public-privé (PPP) est fortement encouragée dans cette stratégie. Il s’agira pour le privé de prendre le relais de l’État qui s’est fortement engagé ces dernières années. La création de l’Unité Nationale d’Appui aux Partenariats Public-Privé (UNAPPP) et la mise en place des textes encadrant les contrats de PPP constituent une opportunité dont il faudra tirer pleinement partie. Le plan de financement de l’année 2025 qui découle de cette stratégie donne la répartition par devise, par nature et par type de taux des ressources qui seront mobilisées pour combler le besoin de financement qui sera dégagé dans le budget » estime le Comité national de la dette publique (Cndp) dans son plan stratégique misant sur le marché de l’épargne et de l’économie des sénégalais de l’étranger pour lever près de 1.500 milliards cfa. Une « diasporabonds » qui va sans doute atteindre les résultats escomptés !
MACRON ACCUSÉ DE TENIR DES PROPOS RACISTES
Le Monde rapporte que le président français aurait déclaré : "le problème des urgences dans ce pays, c'est que c'est rempli de Mamadou". Alors que la gauche s'indigne unanimement, l'Élysée tente d'éteindre l'incendie en opposant un démenti ferme
(SenePlus) - Une vive controverse secoue la sphère politique française après la publication d'une enquête du quotidien Le Monde attribuant des propos polémiques au président de la République. L'affaire, qui met en lumière des déclarations à caractère discriminatoire, suscite de vives réactions au sein de la gauche française et un démenti formel de l'Élysée.
Selon l'enquête du Monde, Emmanuel Macron aurait, en 2023, tenu des propos controversés devant son ministre de la Santé de l'époque, Aurélien Rousseau. Le président aurait notamment déclaré que "le problème des urgences dans ce pays, c'est que c'est rempli de Mamadou". Cette déclaration, dont l'authenticité est contestée par l'Élysée, a immédiatement provoqué une onde de choc dans la classe politique.
Le sénateur communiste de Paris, Ian Brossat, a été parmi les premiers à réagir sur le réseau social X, qualifiant sans détour ces propos de "racistes" et d'"accablants". Dans la même veine, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a dénoncé "une insulte à la République" et "une honte absolue".
L'enquête du Monde ne s'arrête pas là. Elle révèle également que l'Élysée aurait surnommé Matignon "La cage aux folles" pendant le mandat de Gabriel Attal comme Premier ministre. De plus, le président aurait qualifié de "cocottes" Marine Tondelier, dirigeante des Écologistes, et Lucie Castets, proposée par le Nouveau Front populaire pour Matignon.
Ces révélations successives ont suscité de multiples réactions indignées. Le député de la Somme François Ruffin a ainsi fustigé ce qu'il considère comme une accumulation de "racisme, homophobie, sexisme", dénonçant un président "enfermé dans un palace doré, loin du regard des Français". Marine Tondelier elle-même a réagi sur X, condamnant des "propos homophobes extrêmement choquants" concernant Gabriel Attal, suivis de "propos sexistes".
Face à cette polémique grandissante, l'Élysée a publié un démenti catégorique le vendredi 20 décembre au matin, affirmant que ces propos rapportés "n'ont fait l'objet d'aucune vérification auprès de la présidence avant publication". Le quotidien Le Monde, de son côté, maintient ses affirmations.
LE NAVIRE WILLEM VAN RUBROECK MARQUE LE COUP D’ENVOI DU FUTUR PORT DE NDAYANE
Porté par DP World en collaboration avec l’État du Sénégal, ce projet stratégique, situé à 70 kilomètres au sud de Dakar, vise à désengorger le Port autonome de Dakar et à renforcer les infrastructures logistiques du pays.
Le navire dragueur Willem Van Rubroeck a accosté à Ndayane, symbolisant le début des travaux d’un port ambitieux de 1,2 milliard de dollars. Porté par DP World en collaboration avec l’État du Sénégal, ce projet stratégique, situé à 70 kilomètres au sud de Dakar, vise à désengorger le Port autonome de Dakar et à renforcer les infrastructures logistiques du pays.
Deux ans après la pose de la première pierre en 2022 et le démarrage timide de quelques travaux préliminaires, notamment la construction d’infrastructures maritimes communes et du terminal à conteneurs, les travaux de construction du futur port de Ndayane sont désormais effectifs.
Les premiers ouvrages terminés, la phase de construction démarre avec l’arrivée dans les eaux sénégalaises du navire dragueur Willem Van Rubroeck. A ce jour les travaux ont porté sur une digue de protection de 575 m sur 2 500 m linéaires pour une largeur de 10 m et un terminal de 300 hectares.
Après le lancement, le Port Autonome de Dakar et le concessionnaire présentent le début des travaux. D’une part, sur terre, le terminal occupera un espace de 300 hectares. D’autre part, en mer, les premiers coups de drague commencent pour approfondir le chenal d’accès. Ce chantier évalué à 1,2 milliard de dollars doit se réaliser en deux phases. La première se terminera en décembre 2027. Elle prévoit la livraison du terminal à conteneurs. La seconde comprendra plusieurs terminaux. Sa date de livraison n’est pas encore dévoilée.
De plus, il est aussi prévu une zone économique située à proximité de l’aéroport. Cette zone permettra de réaliser des opérations conjointes air-mer. Le port en eau profonde de Ndayane est prévu pour répondre à la croissance soutenue du trafic sur la plateforme dakaroise.
Les travaux maritimes incluront le dragage d’un chenal de 5 kilomètres, essentiel pour accueillir les plus grands navires porte-conteneurs au monde. La première phase prévoit la construction d’un quai de 840 mètres et une capacité de gestion annuelle de 1,2 million d’EVP (équivalant vingt pieds).
Une seconde phase ajoutera un quai de 410 mètres, positionnant ainsi Ndayane comme un hub commercial incontournable en Afrique de l’Ouest. DP World s’appuie sur son expertise au Port autonome de Dakar, où le trafic annuel est passé de 300 000 EVP en 2008 à 800 000 en 2023. Cependant, les limites d’expansion de l’actuel port, enclavé dans une zone urbaine dense, rendent indispensable la création de cette nouvelle infrastructure pour répondre aux besoins croissants du commerce sénégalais et international.
Selon Ahmed Bin Sulayem, président directeur général de DP World, ce projet positionnera le pays comme un acteur clé du commerce régional. En partenariat avec British International Investment (BII), l’agence britannique de financement du développement, DP World estime que le port de Ndayane pourrait augmenter le PIB du Sénégal de 3% d’ici 2035, générant une valeur commerciale de 15 milliards de dollars.
La phase de construction devrait créer plus de 1 800 emplois directs, tandis que l’exploitation du port soutiendra 2,3 millions d’emplois, dont 22 000 directement liés à l’intensification des activités commerciales. Pour rappel, le 22 novembre 2024, la société RMO, en charge du recrutement, a organisé une session à la mairie de Yenne pour répondre aux besoins en main d’œuvre. Les postes proposés incluent des métiers techniques (topographes, soudeurs, conducteurs d’engins), des fonctions de supervision (chefs d’équipe, superviseurs RH) et des emplois accessibles sans qualifications spécifiques.
600 MILLIARDS DE PERTES DE RECETTES FAUSSENT LES PREVISIONS
Au cours des années budgétaires 2023- 2024, l’ancien régime du président Macky Sall a basculé le Sénégal dans une atmosphère de fin de régné jugée « tragique » livrant ainsi les finances publiques aux pillages systématiques
Entre mars 2023 et mars 2024 marquant la tentative d’un troisième mandat et la renonciation à se présenter à l’élection présidentielle, le président Macky Sall a plongé le Sénégal dans une ambiance de fin de régne « tragique ». Des autorités politiques et des dignitaires de l’Apr ont profité de ce climat de sauve-qui-peut pour piller les finances publiques. Des pillages systématiques liés à des exonérations fiscales accordées à des « amis », des marchés fictifs, des dépenses extrabudgétaires, des créations de richesses personnelles, des fuites de capitaux etc. Un environnement économique difficile hérité par les nouvelles autorités a fait que ces dernières ne pouvaient guère redresser la situation. Des prévisions initiales très optimistes avec une hausse de 20% de recettes attendue par rapport aux réalisations de 2023 n’ont pas pu être réalisées. Au finish, la loi de finances rectificative 2024 est faussée par la perte de recettes de près de 600 milliards cfa attendue en fin décembre. Ces contre-performances, détournements et pillages sur fond de « barbarie » financière ont impacté sur les prévisions initiales.
Au cours des années budgétaires 2023- 2024, l’ancien régime du président Macky Sall a basculé le Sénégal dans une atmosphère de fin de régné jugée « tragique » livrant ainsi les finances publiques aux pillages systématiques. Pourtant, les dernières missions du Fmi et de la Banque mondiale avaient averti les nouvelles autorités sur une baisse des recettes inquiétantes et une hausse énorme des dépenses. Ces institutions internationales de contrôle financier avaient préconisé des mesures urgentes de redressement sur concernant la fin des subventions énergétiques et exonérations fiscales. Alors voulant s’inscrire dans la trajectoire de la transparence budgétaire, l’Etat reconnait des contreperformances qui ont considérablement impacté les prévisions initiales avec des moins-values de près de 600 milliards de frs à fin décembre. Le projet de loi de finances rectificative qui sera déposé sur la table des députés par le Gouvernement confirme une baisse des ressources et une hausse des dépenses. « La situation des recettes indique que le montant cumulé à fin novembre 2024 s’élève 3 310,9 milliards de FCFA, montant réparti entre la Direction générale des Impôts et des Domaines, la Direction générale des Douanes et la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor, pour respectivement, 2 143 milliards de FCFA, 1 018,0 milliards de FCFA et 149,4 milliards de FCFA. Comparativement à l’objectif cumulé de 3 822,1 milliards de FCFA, il ressort une moins-value de 511, 2 milliards de FCFA qui pourrait même atteindre 600 milliards de FCFA à fin décembre 2024 » lit-on à travers le document.
Ces dépenses incompressibles relevées par la LFR
Le ralentissement économique en 2024 provoqué par un climat politique très tendu d’un régime qui hésitait à déclarer clairement la trajectoire démocratique de la tenue ou pas de la présidentielle et du 3ème mandat de Macky Sall. L’impact s’est ressenti dans la mobilisation des recettes. D’où des contre-performances significatives. Des prévisions initiales très optimistes avec une hausse de 20% attendue par rapport aux réalisations de 2023 n’ont pas pu être réalisées. Il faut y ajouter les mesures de renonciation à des droits et taxes, pour près de 140 milliards de FCFA. À cela, s’ajoute le fait que les recettes externes n’ont été mobilisées qu’à hauteur de 65,5 milliards de FCFA, sur une prévision de 303,8 milliards FCFA, soit une baisse sensible de 238,3 milliards de FCFA. Au total, les recettes du budget général (externes et internes) ont baissé de 839,1 milliards de FCFA, par rapport à la LFI 2024 informe les services du ministère des Finances et du Budget Cheikh Diba.
Des dépenses extrabudgétaires sur fond de pillage systématiques
Le document de la Loi de finances rectificative ( Lfr) renseigne que l’Etat fut contraint de prendre en charge en charge des dépenses prioritaires et incompressibles, notamment les intérêts sur la dette pour un montant supplémentaire de 245,9 milliards de FCFA, sous l’effet du renchérissement des conditions d’emprunt, les indemnisations des victimes des manifestations politiques préélectorales et les efforts soutenus pour l’accompagnement du secteur agricole, avec 73,675 milliards de FCFA, au titre d’apurement des arriérés.
Dans le même sillage, un montant additionnel de 289 milliards de frs a été accordé en subvention additionnelle au secteur de l’énergie pour la compensation tarifaire versée à la Senelec et aux pertes commerciales induites par le blocage des prix à la pompe des hydrocarbures. L’Etat a dû faire face à des dépenses imprévues dans le cadre de la lutte contre les inondations suite aux fortes pluies de l’hivernage 2024, avec un débordement du fleuve Sénégal. L’État a mobilisé des moyens financiers et matériels substantiels, destinés à apporter une assistance aux personnes impactées dans les régions Nord et Est du pays (départements de Tambacounda, Bakel, Matam et Saint-Louis).
Le projet de loi de finances rectificative propose une révision à la baisse des recettes budgétaires d’un montant de 839,1 milliards de FCA et une hausse des dépenses budgétaires d’un montant de 682,9 de milliards FCFA. Ainsi, dans ce même PLFR, le montant budgétaire global passe d’un déficit de 840,2 milliards de FCFA de LF 2024 à un déficit budgétaire de 2362,2 milliards de FCFA, soit un creusement du déficit budgétaire de 1522 milliards de FCFA.
Les services financiers de l’Etat estiment incontournable sur la base de ces ajustements, la mise en place d’un nouveau cadrage budgétaire de la loi de finances. Avec un déficit budgétaire de 11,6% du PIB, l’objectif est d’aller vers la consolidation budgétaire en 2027 et d’atteindre les 3% du PIB, conformément aux directives de la convergence de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). La loi de finances rectificative fait apparaître un taux de croissance du PIB de 6,7% contre 9,2 % initialement prévu notamment en liaison avec le nouveau profil de producteur de pétrole et de la situation des tensions du premier trimestre sur l’économie et du ralentissement de l’activité économique, une inflation qui ressortirait à 2% et un taux de pression fiscale projeté à 17,8% contre 19,4 % dans la LFI 2024
A l’analyse, force est de déplorer que le gouvernement de Diomaye-Sonko a hérité un Etat du Sénégal presque déficitaire. Une situation inquiétante due à l’absence de pilotage voire de contrôle rigoureux des finances publiques qui a conduit à des pertes de 600 milliards de recettes.
Par Youssoupha Ba
SONKO SI FORT, SI FAIBLE
Le principal acteur du combat pour l’alternance Ousmane Sonko peut être comparé à un chef de guerre qui, après avoir brillamment conduit ses troupes et remporté une longue et périlleuse bataille, se retrouve par la suite moins gradé que ses soldats.
L’ordre de préséance républicaine place Ousmane Sonko derrière le président Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye. Le principal acteur du combat pour l’alternance Ousmane Sonko peut être comparé à un chef de guerre qui, après avoir brillamment conduit ses troupes et remporté une longue et périlleuse bataille, se retrouve par la suite moins gradé que ses soldats. En effet, après avoir défait Macky Sall au terme d’une lutte acharnée qu’il a dirigée de bout en bout, il se retrouve à une station telle que moins sécurisée que celles de ses hommes. Cette situation inédite résulte du fait qu’une fois sa candidature à la dernière présidentielle compromise, Sonko n’avait d’autre alternative que de désigner quelqu’un pour conquérir le pouvoir à sa place. Une fois la victoire acquise avec un score aux allures de plébiscite, le tout nouveau Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye le nomme au poste de Premier Ministre. Après cet épisode, Sonko va à l’assaut d’une autre bataille pour le contrôle de l’Assemblée nationale, la deuxième institution du pays, afin de pouvoir mettre en œuvre son projet par le billet d’une majorité confortable. Comme il l’avait si bien réussi lors de la présidentielle, il descend lui-même sur le terrain pour battre campagne et parvient à convaincre le peuple. Au lendemain de sa victoire sur un score sans appel, les supputations sur son choix entre la Primature et l’hémicycle défraye la chronique. Mais l’ancien chef de l’opposition, choisit de se maintenir à son poste et place un de ses lieutenants au perchoir pour diriger l’institution parlementaire. De ce fait, après avoir pourtant réussi à élire un chef de l’État et lui assurer une majorité de députés il n’a pas plus son destin en main pour continuer à diriger le gouvernement. Son maintien à ce poste reste désormais suspendu aux volontés du Chef de l’État et de l’Assemblée nationale les seules habiletés à mettre fin à ses fonctions. Le premier par un simple décret présidentiel et le second à travers une motion de censure.
La primature, un choix aussi logique que risqué...
La préférence de Ousmane Sonko de rester Chef du gouvernement est logique en soit loin puisqu’après avoir conçu et proposé sa vision et validé par la majorité des sénégalais, il ne pouvait s’astreindre à l’obligation de son pilotage afin d’en assumer l’entière responsabilité en cas de réussite ou de défaite. L’autre raison qui pourrait l’expliquer résulte du fait que Sonko, après avoir placé son pion à la tête de l’exécutif se trouve dans l’obligation de le couver contre les attaques et manœuvres d’une opposition pressée de voir leur compagnonnage mal tourner. C’est pourquoi dès l’installation du Chef de l’État dans ses fonctions, Sonko s’est érigé en véritable bouclier pour prendre sa défense. Mais c’est surtout le Premier ministre qui a été le plus ciblé par ces détracteurs qui ne rataient jamais l’occasion pour le traîner en boue. Des critiques que certains ont assimilé à un souhait de voir le duo au sommet de l’État entre le Président de la République et son Premier ministre mal tourner. Malheureusement cette entreprise est vouée à l’échec face à la détermination des deux hommes forts du pouvoir à préserver leur compagnonnage et la volonté du peuple qui leur a renouvelé sa confiance. C’est pourquoi Ousmane Sonko est plus que jamais rassuré de séjourner à la Primature autant qu’il le voudra sans le moindre risque de voir son siège menacé. Ce, en dépit des contre arguments soutenus par certains se fondant sur les leçons tirées de notre histoire politique marquée par des duos qui ont fini par éclater. Le contexte dans lequel où nous nous trouvons n’étant pas le même l’on ne saurait les comparer dès lors que pour les exemples précédents tous ceux qui ont dirigé ces duos, s’appuyaient sur leur puissance étatique en plus de leurs coefficients personnels de popularité. De ce fait lorsqu’ils ont estimé devoir se séparer de leurs seconds ils n’avaient pas éprouvé trop de peine à mettre en œuvre leurs désirs. Mais pour ce cas-ci, la réalité est toute autre car Ousmane Sonko principal chef d’orchestre pour la prise du pouvoir et le contrôle de l’Assemblée nationale reste aussi le détenteur de la légitimité populaire.
Sonko si fort, si faible...
La victoire de Sonko aux législatives de novembre dernier intervenue sept mois seulement après celle de la présidentielle n’a fait que confirmer le leadership incontesté de l’homme dans le landerneau politique sénégalais. Et ce qui confirme la puissance de l’homme, c’est le choix risqué d’aller à la conquête de l’institution parlementaire sous la bannière de son parti politique. Autrement dit sans la présence du moindre allié sur les listes de députés. Cette option adossée sur une stratégie mûrement réfléchie a eu les effets escomptés car elle permet au Pastef de régner dorénavant en maître à l’hémicycle et à Sonko chef d’orchestre de cette victoire d’y peser de tout son poids. Ce, à travers son écrasante majorité composée de ses propres hommes sur lesquels, il peut s’appuyer pour dérouler sa vision et faire passer «ses» projets de loi comme lettre à la poste. Ceci cumulé avec la puissance qu’il incarne au sommet de l’État en tant que chef du gouvernement ainsi que les rapports de confiance avec le Président de la République met Ousmane Sonko dans une position de force à toute confrontation contre ses adversaires politiques. Toutefois l’on est tenté de nous interroger sur ses aspirations à court terme. En tout cas si on fait le rapport entre la déclaration du chef de l’État au lendemain de son élection, l’invitant à ne pas lorgner son fauteuil mais à le fixer et celle plus récente de l’opposant Barthélémy Dias en ces termes «celui qui ne peut pas attendre 2027 ne peut attendre 2029» il y tout à dire. Mais le Premier ministre aussi puissant soit-il, n’a jusque là pas laissé apparaître des signes qui peuvent donner raison aux propos du désormais ex maire de Dakar. Seulement pour assurer ses gardes et éviter d’être emporté par l’ouragan qui a eu raison sur ses prédécesseurs, le patron du Pastef pourrait renforcer ses pouvoirs pour mieux sécuriser son poste qui dépend de la volonté d’une seule personne. Ceci va davantage installer un climat de confiance dans ses rapports avec le Chef de l’État et affaiblir leurs adversaires politiques. Tout ceci dans la perspective de répondre favorablement aux attentes des populations en s’attaquant résolument aux besoins les plus urgents. C’est l’unique voix qui peut mener ce régime jusqu’à l’horizon 2050, voire plus.
LE MOUVEMENT «DEMAIN, C’EST MAINTENANT» INTERPELLE LE GOUVERNEMENT
Dix mois après l’alternance démocratique du 24 mars 2024, suivie des législatives anticipées du 17 novembre 2024, le mouvement «Demain C’est Maintenant» (DCM) s’est exprimé pour analyser la situation politique, économique et sociale du Sénégal
Dix mois après l’alternance démocratique du 24 mars 2024, suivie des législatives anticipées du 17 novembre 2024, qui ont consolidé la majorité parlementaire du parti au pouvoir, le mouvement «Demain C’est Maintenant» (DCM) s’est exprimé dans une déclaration de presse pour analyser la situation politique, économique et sociale du Sénégal, dans un communiqué de presse.
Dans ce contexte de transition politique réussie, DCM a salué le respect des principes démocratiques mais a insisté sur l’urgence de relever les défis qui persistent. Parmi les priorités soulignées figurent la réduction de l’endettement, la modernisation de l’agriculture pour assurer l’autosuffisance alimentaire, l’industrialisation, l’emploi des jeunes, l’autonomisation des femmes, la lutte contre la pauvreté et l’amélioration de l’accès à une éducation et une santé de qualité. Le mouvement s’est prononcé en faveur de la suppression du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et du Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT), deux institutions jugées peu productives. Toutefois, DCM a plaidé pour la création d’une nouvelle institution consultative basée sur un consensus national.
En revanche, DCM a exprimé une vive inquiétude face aux atteintes aux libertés fondamentales. Il a dénoncé les convocations et détentions répétées d’opposants, leaders d’opinion et journalistes. Le mouvement a également critiqué la récente décision du ministre de la Communication d’établir une liste restreinte des « médias reconnus », qualifiée de mesure anticonstitutionnelle portant atteinte à la liberté de la presse et au droit à l’information des citoyens.
DCM s’est fermement opposé aux actions des forces de l’ordre contre Barthélémy Dias, maire de Dakar, lors de sa tentative de tenir une conférence de presse dans les locaux de l’Hôtel de Ville. Qualifiant cet acte de « violation du sanctuaire municipal », le mouvement a rappelé que les maires, élus au suffrage universel direct, méritent respect et considération.
Un appel à l’action et au dialogue
Fidèle à son rôle d’opposition constructive, DCM a réitéré son engagement en faveur de la défense des libertés et du dialogue inclusif. Le mouvement a plaidé pour une modernisation de la gestion des collectivités locales et pour des actions concrètes permettant de répondre aux aspirations des populations confrontées à des conditions de vie difficiles. La DCM a appelé le gouvernement à transformer 2025 en une année de progrès économique et social, tout en souhaitant aux Sénégalais une fin d’année paisible et prospère.
APPLE DIT AVOIR SUSPENDU SES APPROVISIONNEMENTS EN MINERAIS EN PROVENANCE DE LA RDC ET DU RWANDA
Apple « conteste fermement » les allégations contenues dans les plaintes déposées contre ses filiales en France et en Belgique, les 16 et 17 décembre, par des avocats mandatés par la République démocratique du Congo (RDC)
Après le dépôt de plaintes en France et en Belgique contre ses filiales pour recel de crimes de guerre, blanchiment de faux et tromperie des consommateurs, la société californienne annonce avoir instruit ses fournisseurs dans ces deux pays de cesser leurs exportations.
Apple « conteste fermement » les allégations contenues dans les plaintes déposées contre ses filiales en France et en Belgique, les 16 et 17 décembre, par des avocats mandatés par la République démocratique du Congo (RDC), qui l’accusent de recel de crimes de guerre, blanchiment de faux et tromperie des consommateurs.
L’entreprise indique par ailleurs avoir pris soin d’informer ses fournisseurs qu’ils « devaient suspendre l’approvisionnement en étain, tantale, tungstène et or en provenance de la RDC et du Rwanda », mais sans préciser clairement quand ces instructions ont été données, expliquant seulement l’avoir fait « alors que le conflit dans la région s’intensifiait plus tôt cette année ». « Nous avons pris cette mesure car nous craignions qu’il ne soit plus possible pour les auditeurs indépendants ou les mécanismes de certification du secteur d’effectuer les contrôles requis pour respecter nos normes élevées », explique le communiqué de la firme de Cupertino.
Cette décision d’un des géants des nouvelles technologies pourrait avoir un effet considérable sur le secteur. La RDC et le Rwanda sont parmi les principaux producteurs de certains des minerais essentiels à la fabrication des composants électroniques des ordinateurs et téléphones portables. Mais extraits dans l’est de la RDC, frontalier du Rwanda, zone de guerre depuis près de trente ans, ceux-ci portent l’étiquette infamante de « minerais de sang » car leur commerce alimente les groupes armés.
Avant de déposer plainte, les avocats de l’Etat congolais avaient mis en demeure Apple aux Etats-Unis et en France en avril sur les mêmes faits. Le 3 juin, Apple disait déjà prendre ses « responsabilités » et des mesures « lorsque nos normes strictes ne sont pas respectées » et expliqué avoir retiré quatorze fonderies et raffineries de sa chaîne d’approvisionnement. Il n’était pas encore question de suspendre son approvisionnement dans toute cette région.
« SATISFACTION ET PRUDENCE »
Les conseils de l’Etat congolais, les cabinets Amsterdam, Bourdon et Marchand, accueillent donc la dernière déclaration d’Apple « avec satisfaction et prudence » et parlent d’un « revirement déclaré ». Ils demandent que cette annonce soit vérifiée « dans les faits, sur le terrain, chiffres à l’appui ». « Les déclarations d’Apple ne changent rien au passé et aux crimes qui auraient été commis », commentent-ils encore dans un communiqué commun.
En Belgique, la plainte a déjà réuni les conditions de recevabilité, ajoute Me Christophe Marchand. « Désormais, nous sommes sûrs qu’un juge d’instruction belge mènera une enquête à laquelle les parties civiles pourront contribuer », souligne ce dernier.
Jean-Claude Mputu, porte-parole de la coalition anticorruption « le Congo n’est pas à vendre », est aussi d’avis que cette annonce d’Apple « n’exonère pas » la société. « Cela fait des années que la société civile interpelle Apple et les autres entreprises sur leurs responsabilités dans les crimes en RDC sans qu’elles agissent », insiste-t-il, appelant l’entreprise américaine à rendre public la liste de tous ses fournisseurs.
Depuis 2021 surtout, le système de certification des minerais dits 3 T – étain, tantale, tungstène – mis en place mis en place par l’association mondiale des producteurs d’étain, l’Initiative internationale de la chaîne d’approvisionnement de l’étain (Itsci), fait l’objet de nombreuses mises en cause des Nations unies et d’ONG. Global Witness l’a ainsi qualifié de « blanchisseuse ».
MENACE D’UN EMBARGO
« Apple aurait dû réagir. La leçon à tirer pour les autres entreprises est que la diligence raisonnable implique de prendre des mesures appropriées lorsque de nouvelles informations sont révélées, et non de garder le silence et d’espérer que tout ira pour le mieux », juge Gregory Mthembu Salter, un ancien du groupe d’experts de l’ONU, chargé d’enquêter sur l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises. Il ajoute que la décision d’Apple pourrait être suivie par d’autres sociétés, entraînant un « embargo de facto mais qui sera difficile à maintenir » sur les exportations venues de RDC et du Rwanda, du fait des richesses minérales de ces deux pays.
« Pour l’étain et le tungstène, c’est possible de s’approvisionner ailleurs, mais la contribution congolaise dans la production de tantale est plus déterminante sur le marché, même si elle reste surestimée dans le discours public », explique Christophe Vogel, un autre ancien expert de l’ONU, tout en précisant que chaque embargo « impacte les communautés de certains territoires car il y a toute une économie qui découle de cette exploitation artisanale et qui ne bénéficie pas qu’aux groupes armés ».
La menace d’un embargo inquiète de nombreux opérateurs économiques en RDC. L’un d’eux explique avoir déjà entendu parler de cette mesure conservatoire d’Apple il y a quelques mois, suite à la mise en demeure des avocats de l’Etat congolais et, plus encore, après un communiqué du département d’Etat américain en juillet exprimant ouvertement sa préoccupation au secteur privé sur la fraude entourant cette chaîne d’approvisionnement. « Il n’y a pas qu’Apple qui ne veut plus acheter. Au niveau des fonderies et raffineries, il n’y a plus d’engouement sur les minerais 3 T de notre région à cause de toutes les accusations publiques », relate la source précédemment citée.
Soucieux de préserver son image, le géant de la tech affirme que désormais « la majorité des minerais utilisés dans les produits Apple sont recyclés, y compris le tungstène recyclé à 99 % dans tous les produits et (…) du cobalt recyclé à 100 % dans les batteries conçues par Apple sur toute la gamme d’iPhone 16 ».