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3 avril 2025
L’ETAT AVANCE SES PIONS POUR LA PÊCHE
Les récentes instructions présidentielles pour des concertations inclusives avec tous les acteurs s'inscrivent dans une vision globale de redynamisation d'un secteur dont dépend une part significative de la population
Pour asseoir la relance et le développement du sous-secteur de la pêche artisanale qui est vitale à l’économie nationale, le Président de la République Bassirou Diomaye Faye a instruit son gouvernement d’engager des concertations inclusives avec les acteurs. Cela pourrait contribuer à la redynamisation de ce sous-secteur qui fait face à d’énormes contraintes, ces dernières années. Ce volontarisme étatique intervient dans la foulée des mesures prises, dès l’arrivée du nouveau régime au pouvoir, pour la relance de la pêche artisanale. Dans cette sorte de « Plan Marshall », on notait l’arrêt de l’accord de pêche avec l’Union européenne, le renforcement des dispositifs de lutte contre les activités de pêche illicite ; la révision et l’application rigoureuse du Code de la pêche entre autres.
La pêche est une des mamelles de l’économie sénégalaise avec une contribution de plus de 200 milliards de francs et plus de 600 mille emplois directs et indirects. Mais, le secteur fait l’objet de nombreuses controverses de la part des acteurs notamment entre les pécheurs et les organisations de la société civile. En effet, les acteurs qui évoluent dans le secteur de la pêche artisanale relèvent un manque réel de politique d’une gouvernance transparente de ces ressources halieutiques au Sénégal. Aujourd’hui, elles sont menacées par une pêche non réglementée caractérisée par de nombreux accords illicites avec des navires étrangers qui s’adonnent à de mauvaises pratiques de pêches. Ce qui représente une menace pourla sécurité alimentaire des Sénégalais. On note pour autant une rareté de la ressource halieutique au niveau des eaux sénégalaises. Du coup, les acteurs déplorent tous la non application des textes réglementaires et des documents stratégiques. Ils attendent ainsi du nouveau régime de faire en sorte que ce pillage des ressources aux larges de nos côtes s’arrête le plus rapidement possible. Eu égard à tous ces contraintes qui plombent le développement du secteur de la pêche au Sénégal, protéger la pêche artisanale de l’incursion des bateaux étrangers est aujourd’hui une nécessité.
Pour revigorer un sous-secteur de la pêche vital pour l’économie et les moyens de subsistance au Sénégal, il est question pour le régime du président Bassirou Diomaye Faye de protéger la pêche artisanale qui emploie plus de 600 000 Sénégalais et qui est capitale dans la préservation des moyens de subsistance locaux. De plus, le renforcement des dispositifs de lutte contre les activités de pêche illicite s’avère crucial pour assurer la durabilité des ressources halieutiques et protéger les intérêts des pêcheurs artisanaux. C’est dans cette dynamique d’ailleurs que le Président de la République Bassirou Diomaye Faye a instruit avant-hier, mercredi 5 mars en conseil, des ministres à son gouvernement d’engager des concertations inclusives avec tous les acteurs concernés en vue d’assoir la relance et le développement de ce sous-secteur important pour l’économie nationale.
Il faut relever que dès mai 2024, le président Bassirou Diomaye Faye avait déjà esquissé un véritable « Plan Marshall » de redynamisation de la pêche sénégalaise. A travers une batterie de mesures touchant les différents segments de ce secteur d’activités, le chef de l’État avait rappelé au gouvernement la place primordiale de la pêche (notamment la pêche artisanale) dans le développement économique et social du Sénégal. Saluant d’abord la publication, le 06 mai 2024, par le ministre en charge des pêches, de la liste des navires autorisés à opérer dans les eaux sous juridiction sénégalaise, en gros 132 navires industriels battant pavillon sénégalais, 19 étrangers, à côté des 17 400 pirogues artisanales, le Président avait requis l’audit du pavillon sénégalais et l’évaluation des accords et licences de pêche. Dans ce même sillage, il avait « requis le recensement et l’évaluation des interventions, subventions et financements de l’État dans le secteur des pêches en termes d’infrastructures réalisées et de soutien aux acteurs ». Non sans demander au Premier Ministre et son gouvernement de « veiller au renouvellement et à la sécurisation de la flotte de pirogues artisanales ». La révision et l’application rigoureuse du Code de la pêche était aussi au menu, en relation avec un programme de relance du sous-secteur basée sur « l’urgence de la définition d’une politique nationale de gestion durable des ressources halieutiques »,
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LES UNES DE LA PRESSE DE CE VENDREDI 7 MARS 2025
Sud Quotidien, Walf Quotidien, Yoor-Yoor Bi, L'Observateur, Libération, Le Quotidien, Enquête, Vox Populi, Le Verdict News, L'As, Record, Le Soleil, Le Témoin Quotidien, WiwSport
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VERS UNE COMMISSION D’ENQUÊTE PARLEMENTAIRE SUR UN CONTRAT D’ARMEMENT DE 45 MILLIARDS
Le député Babacar Ndiaye, membre de la coalition PASTEF, a déposé une proposition de résolution pour la création de ladite commission. L’objectif : faire la lumière sur ce contrat d’armement.
L’Assemblée nationale pourrait bientôt se pencher sur une affaire aux allures de scandale. Une proposition de résolution visant la création d’une commission d’enquête parlementaire a été déposée par le député Babacar Ndiaye, membre de la coalition PASTEF, pour faire la lumière sur un contrat d’armement de 45 milliards de francs CFA signé en 2022 par le ministère de l’Environnement avec le marchand d’armes nigérien Aboubakar Hima, alias « Petit Boubé ».
Un contrat aux contours flous
Le marché en question prévoit l’acquisition de fusils d’assaut, de munitions, de pick-up, de citernes, de motos et de drones, destinés aux agents des Eaux et Forêts ainsi qu’aux Parcs nationaux. Une commande d’une ampleur inhabituelle pour un ministère dont les missions se concentrent sur la protection de l’environnement et la lutte contre le braconnage.
Plus surprenant encore, les armes commandées n’ont jamais été livrées aux agents concernés. Cette absence de matériel interroge d’autant plus que, selon des experts, le montant du contrat serait largement surévalué. En effet, des estimations indiquent que la commande n’aurait pas dû excéder 25 milliards de francs CFA, soulevant ainsi la question de l’affectation des 20 milliards restants.
Un fournisseur controversé
Autre élément troublant : le choix du fournisseur. Aboubakar Hima, alias « Petit Boubé », est un homme d’affaires sous le coup de mandats d’arrêt internationaux émis par le Niger et le Nigeria. Pourquoi et comment l’État sénégalais a-t-il collaboré avec un individu au passé judiciaire aussi lourd ?
Des interrogations en cascade
Face à ces zones d’ombre, la proposition de résolution met en avant plusieurs questions essentielles :
Pourquoi le ministère de l’Environnement a-t-il pris en charge cette commande alors que le ministère des Forces armées est l’organe habilité en matière d’achats d’équipements militaires ?
Quelle est la justification réelle d’une telle acquisition, jugée excessive même par des officiers supérieurs de l’armée sénégalaise ?
Pourquoi les armes n’ont-elles pas été livrées aux brigades de l’environnement ?
Où sont passés les 20 milliards de francs CFA qui semblent s’être volatilisés ?
Vers une commission d’enquête parlementaire
Pour répondre à ces interrogations, Babacar Ndiaye propose, en vertu de l’article 48 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Composée de onze députés, cette instance aura pour mission d’élucider les circonstances de cette transaction et d’informer aussi bien l’Assemblée nationale que l’opinion publique.
Ce dossier, qui mêle achat d’armes, opacité financière et soupçons de malversations, risque de secouer le paysage politique dans les semaines à venir.
ABDOUL MBAYE EXIGE UN BILAN DE LA CAMPAGNE AGRICOLE
L’ancien Premier ministre insiste sur l’évaluation de l’impact des 50 milliards de francs CFA investis et appelle à plus de transparence pour une meilleure planification des prochaines campagnes.
L’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye a lancé un appel au gouvernement, l’exhortant à communiquer sur les résultats de la dernière campagne agricole. Dans une déclaration, il souligne l’importance d’évaluer l’impact des 50 milliards de francs CFA annoncés lors du conseil interministériel pour financer cette campagne.
« S’il vous plaît messieurs, donnez des informations sur les résultats de la campagne agricole afin que nous puissions apprécier l’efficacité de cette dépense », a-t-il déclaré. Il insiste sur la nécessité d’un bilan clair pour mesurer les besoins et la détresse des agriculteurs, alors que les préparatifs pour la campagne 2025-2026 doivent déjà être engagés.
Pour Abdoul Mbaye, l’heure est à l’anticipation et à la transparence, afin d’assurer une meilleure planification des politiques agricoles et d’éviter une crise dans le secteur.
SUSPENSION DE L’AIDE AMÉRICAINE, UNE MENACE POUR LA LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE
Ce gel du financement fragilise particulièrement les pays à revenu faible et intermédiaire, dont 18 dépendent à 89 % de cette aide. L’OMS appelle à une mobilisation urgente pour éviter un recul des progrès réalisés contre la maladie.
Dakar, 6 mars (APS) – La suspension des 250 millions de dollars représentant le financement annuel américain destiné à la lutte contre la tuberculose aura un impact dévastateur sur les programmes de lutte contre cette maladie, mettant en danger ‘’des millions de vies’’, notamment en Afrique, a alerté l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
‘’Les coupes budgétaires de 2025 auront un impact dévastateur sur les programmes de lutte contre la tuberculose, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire qui dépendent fortement de l’aide internationale, les États-Unis étant le plus grand donateur bilatéral’’, avertit l’organisation dans un communiqué publié sur son site officiel.
Le président américain, Donald Trump, a décidé, le 20 janvier dernier, de suspendre l’aide étrangère de son pays pour 90 jours.
Selon les données recueillies auprès des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose et les rapports du gouvernement américain, cette aide représente environ le quart du financement international en faveur de la lutte contre la tuberculose.
‘’Le gouvernement des États-Unis a fourni environ 200 à 250 millions de dollars par an en financement bilatéral pour la lutte contre la tuberculose au niveau national’’, rapporte le communiqué.
La même source rappelle que le gel de l’aide américaine met en danger 18 pays qui dépendent à 89 % de ce financement pour la prise en charge de la tuberculose.
‘’La région africaine de l’OMS est la plus touchée par les perturbations budgétaires, suivie par les régions de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental de l’OMS’’, a indiqué l’Organisation mondiale de la santé.
Elle prévient que si rien n’est fait, les efforts déployés durant des décennies dans la lutte contre la tuberculose seront compromis.
‘’Sans intervention immédiate, ces défaillances systémiques vont paralyser les efforts de prévention et de traitement de la tuberculose, réduire à néant des décennies de progrès et mettre en danger des millions de vies’’, souligne le communiqué.
L’OMS a réaffirmé sa détermination à soutenir les gouvernements nationaux, la société civile et les partenaires mondiaux pour garantir un financement durable et des solutions intégrées afin de préserver la santé et le bien-être des personnes les plus vulnérables à la tuberculose.
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LES ENNEMIS DE L'ÉGALITÉ AU POUVOIR
Edwy Plenel évoque les connexions entre le régime de Poutine, l'administration Trump et l'extrême droite européenne. Il rappelle les crimes coloniaux commis par la France dont l'héritage pèse encore sur le présent
Dans une interview percutante accordée à TV5 Monde ce jeudi 6 mars 2025, Edwy Plenel, cofondateur de Mediapart, a dressé un tableau sombre des défis géopolitiques actuels, établissant des liens entre les crises en Ukraine, à Gaza, et la montée de l'extrême droite mondiale.
"Monsieur Poutine c'est monsieur Trump", a affirmé Plenel, dénonçant l'émergence d'un "pacte des oligarques" et d'un "capitalisme mafieux à la face du monde". Le journaliste a qualifié le président russe de "mafieux", dirigeant "un régime criminel" qui menace "non seulement son propre peuple mais les libertés du monde".
Concernant la réponse européenne au conflit ukrainien, le cofondateur de Mediapart s'est montré particulièrement critique: "Ce qu'a dit monsieur Macron hier, c'est à la fois trop tard et trop peu". Selon lui, l'Europe aurait dû "mettre le paquet" dès le début de l'agression russe contre l'Ukraine, "un peuple souverain agressé par un impérialisme".
Plenel a également dénoncé l'application à "géométrie variable" du droit international, soulignant le paradoxe d'une défense des principes en Ukraine tout en soutenant "inconditionnellement monsieur Netanyahou dans sa guerre de vengeance avec ses crimes de guerre" à Gaza.
L'interview a pris une dimension particulière lorsque le journaliste a établi des liens entre ces conflits et les dynamiques politiques intérieures: "Monsieur Poutine et monsieur Trump, c'est l'extrême droite européenne, c'est Orban, c'est nos extrêmes droites", a-t-il déclaré, évoquant une "droite trumpisée" en France qui "parle comme l'extrême droite".
La France face à son passé colonial
Évoquant son livre "Palestine notre blessure", Plenel a développé une analyse qui replace le conflit israélo-palestinien dans la continuité du colonialisme européen. Il n'a pas hésité à aborder frontalement l'histoire coloniale française, rappelant que "la France avait commis en Algérie des dizaines de milliers de crimes".
"Le laboratoire des crimes européens a été la colonisation", a-t-il affirmé avec force, en élargissant son propos aux autres territoires colonisés par la France. "C'est le cas des Kanaks", a-t-il précisé, mentionnant également la pratique consistant à couper les têtes des colonisés et à les conserver.
Le journaliste a évoqué des épisodes particulièrement violents de l'histoire coloniale, citant notamment le cas d'un responsable français qui aurait préconisé "d'exterminer tous" les habitants au-dessus de sept ans dans certaines situations, allant jusqu'à utiliser "des chiens mangeurs d'esclaves" importés de Cuba.
Sur la situation actuelle du débat public, Plenel a dénoncé les tentatives de censure visant ceux qui rappellent ces faits historiques, évoquant le cas récent de son confrère Jean-Michel Aphatie, "banni pour quelques jours d'une antenne de radio privée pour avoir simplement fait le propre du métier de journaliste, c'est-à-dire énoncer des vérités de fait".
Face à ces défis multiples et à ces héritages douloureux, Edwy Plenel a lancé un appel solennel: "Nous sommes dans un moment où il faut être au-dessus de nous-même. Nous avons rendez-vous avec notre humanité."
GRAND MALAISE AU TRÉSOR
Entre les révélations du rapport de la Cour des comptes, l'affaire des 125 milliards de francs de transactions suspectes, et les critiques acerbes des experts-comptables, l'administration du Trésor fait face à une crise de confiance majeure
Acculés de toutes parts, dans le viseur de Dame Justice sur certains dossiers, les comptables publics avaient prévu d'organiser un point de presse, avant d'y sursoir, en raison, soulignent-ils, “d'impératifs de dernière minute”.
Le cout est déjà très amer pour la population. Il l'est presque autant pour les fonctionnaires du Trésor public, voués aux gémonies par beaucoup d'observateurs, qui trouvent que leur responsabilité est pleine et entière dans les différents scandales qui secouent la République.
Dans un communiqué, le Syndicat unique des travailleurs du Trésor (SUTT) informait vouloir organiser un point de presse. La structure prévoyait ainsi une mise au point sur le rapport de la Cour des comptes. “Cette rencontre avec la presse est une occasion pour le SUTT de faire une mise au point, suite à la publication du rapport de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques”, pouvait-on lire dans le document.
Contre toute attente, la rencontre, initialement prévue hier à 15 h dans un hôtel de la place, a été reportée jusqu'à lundi, “en raison d'impératifs de dernière minute”, informe la source qui a tenu à présenter ses excuses pour les désagréments. Mais qu'avez donc à dire les agents du Trésor sur le rapport de la Cour des comptes ? Jusqu'où ces fonctionnaires vont-ils se délier de l'obligation de réserve qui les tient pour laver l'honneur de leur corps gravement souillé par les derniers scandales sur la gestion des deniers publics ? L'histoire va-t-elle se répéter comme dans l'affaire Tahibou Ndiaye en 2012-2013 ?
Tabaski Ngom, rapport Cour des comptes, Tahirou Sarr, ces dossiers qui éclaboussent le Trésor
À l'époque, pour défendre un des leurs, c'est tous les syndicalistes de l'administration des impôts qui s'étaient levés pour s'ériger en bouclier. Ousmane Sonko en tête en tant que figure de proue de cette structure. À ceux qui les reprochaient de corporatistes et de pression exercée sur la justice, il répondait : “Un syndicat, il a vocation à défendre les intérêts matériels et moraux de ses membres. Monsieur Ndiaye a été parmi nous pendant 36 ans ; il est membre du syndicat, détenteur d'une carte de membre, cotisant. Même s'il avait commis une faute, nous serions à ses côtés, pour lui témoigner notre solidarité, assister les siens. Mais là, on constate des manipulations de l'institution judiciaire à des fins politiques et nous allons le démontrer.”
Aujourd'hui, les agents des impôts se retrouvent au pouvoir. Leurs cousins du Trésor au cœur de la clameur populaire. Depuis la publication du rapport de la Cour des comptes et surtout l'ouverture de poursuites judiciaires, ils sont l'objet de toutes sortes de critiques. Comment ont-ils pu laisser passer toutes ces malversations et fraudes présumées sur les deniers publics ? La question est sur toutes les lèvres.
Dernièrement, le député Tahirou Sarr est monté au créneau pour interpeller directement le ministre de la Justice, garde des Sceaux.
Selon lui, il faut situer les responsabilités dans les transactions suspectes issues du Trésor public, notamment dans l'affaire Farba Ngom-Tahirou Sarr. “Monsieur le Garde des Sceaux, fulmine le parlementaire dans une question écrite, il a été porté à la connaissance de l'opinion publique, à travers un communiqué du procureur de la République financier, que la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) a transmis un rapport faisant état de transactions suspectes d'un montant total estimé à 125 milliards de francs. Dans cette procédure, il a été aussi relevé des virements du Trésor public au bénéfice d'individus n'occupant aucune fonction officielle, ne disposant d'aucune activité connue justifiant de tels paiements et n'ayant accompli aucune prestation pour le compte de l'État. Face à la gravité des faits rapportés, il est impératif d'établir la chaîne des responsabilités et d'identifier les hautes autorités administratives et politiques qui ont permis ces opérations manifestement irrégulières”.
Mor Dieng Onecca : “On parle du secteur informel, mais la comptabilité publique est aussi informelle”
Tout en soulignant l'obligation du gouvernement à donner des explications au peuple, le député non-inscrit pose une kyrielle de questions sur la responsabilité des comptables publics. Ci-après la liste de ses interrogations : “Le ministre des Finances en fonction à l'époque de ces transactions a-t-il été informé de ces virements massifs ? Si oui, répondra-t-il de ses responsabilités ? Comment ces paiements ont-ils pu être effectués sans pièces justificatives ni prestations en contrepartie ? Qui a signé les ordres de paiement ? Répondront-ils devant la justice ? Ces montants figuraient-ils dans une ligne budgétaire spécifique ? Si oui, laquelle et qui a validé ces engagements ? Quels sont les fonctionnaires de haut rang qui, par leur signature, leur négligence ou leur complicité, ont facilité ces transactions ? Répondront-ils de leurs responsabilités respectives ? Quels mécanismes le gouvernement entend-il mettre en place pour éviter que de tels détournements ne se reproduisent ?”.
À défaut de réponses claires du gouvernement, il a promis “d'introduire une demande de commission d'enquête parlementaire auprès du bureau du président de l'Assemblée nationale, afin de statuer sur la crédibilité du Trésor public et d'établir toutes les responsabilités dans cette affaire”.
Comme si cela ne suffisait pas, les experts-comptables agréés sont venus, il y a quelques jours, en rajouter une couche. Lors de la cérémonie de prestation de serment des nouveaux membres de l'Ordre national des experts-comptables et comptables agréés (Onecca), le président de la structure a jeté de grosses pierres dans le jardin des comptables publics du Trésor. Pour lui, on parle beaucoup de secteur informel, mais avec les révélations du rapport de la Cour des comptes, ils se sont rendu compte que “la comptabilité publique de l'État du Sénégal reste informelle”.
À l'en croire, les griefs décelés dans le rapport de la Cour des comptes pourraient être regroupés en deux catégories. Il y a, d'une part, un problème de système d'information, d'autre part, un problème de comptabilité. “Concernant la comptabilité, c'est le non-respect des dispositions comptables. C'est aussi parce que le Conseil national de la comptabilité ne fonctionne pas. Si le conseil fonctionnait et que les règles ont été respectées, on n’en serait pas là”, soulignait le président de l'Onecca. Ce qui s'est passé, selon lui, est inquiétant. “Si c'est comme ça que les choses se passent, c'est-à-dire que c'est plus informel que les entreprises informelles de la place”, a-t-il renchéri, avant de laisser entendre que tout cela, c'est parce que les experts-comptables ne sont pas impliqués dans cette gestion, alors qu'ils sont les garants de l'information financière fiable.
Les non-dits sur le point de presse reporté du Syndicat des travailleurs du Trésor
Cette sortie a rendu la coupe pleine. Alors que depuis l'éclatement de l'affaire Tabaski Ngom, les agents étaient divisés dans la posture à avoir, entre ceux qui militaient pour la jurisprudence Ousmane Sonko dans l'affaire Tahibou Ndiaye et les légalistes qui estiment qu'il faut laisser la justice faire son travail sans pression.
Cette fois-ci, une bonne partie a jugé nécessaire de monter au créneau pour remettre les pendules à l'heure. Ce, d'autant plus que le rapport de la Cour des comptes a beaucoup contribué à jeter l'opprobre sur cette administration. C'est pour apporter des réponses à ces graves accusations du président de l'Ordre national des experts-comptables qu'il a finalement été décidé d'organiser ce point de presse. “Il faut avouer qu'il y a eu beaucoup de tractations pour que le point de presse ne se tienne pas, comme cela se passe souvent d'ailleurs. Mais je pense que le syndicat est déterminé à le faire. Vous savez, cette administration est dirigée par de très hauts fonctionnaires dont l'honneur est injustement trainé dans la boue. Malheureusement, ils ne peuvent pas se défendre, mais le syndicat, lui, il peut bien rétablir la vérité sur certains points. Il ne s'agit nullement de défendre l'indéfendable”, confie une des sources à ‘’EnQuête’’.
Outre les questions évoquées (sortie de Tahirou Sarr, du président de l'Onecca, rapport de la Cour des comptes), il était aussi question de revenir sur la fameuse confusion relative au compte du trésorier général. “Je pense que parfois, il y a beaucoup d'amalgames. Il faut savoir que le comptable public ne paie que sur pièces. Ce qu'il y a après le paiement, ce n'est pas son problème”, soutient notre interlocuteur revenant sur les questionnements du député Tahirou Sarr.
À propos de la comptabilité de l'État, il rappelle qu'il y a, depuis quelques années, un grand changement de paradigme et les comptables publics ont dû faire des efforts énormes pour se mettre aux normes. Les agents comptables soupçonnent une volonté des experts-comptables de vouloir juste capter de nouvelles parts de marché, ce qui justifierait leurs attaques virulentes.
AMNESTY RECLAME JUSTICE POUR LES VICTIMES DES MANIFESTATIONS POLITIQUES
Les autorités sénégalaises doivent rendre justice, vérité et réparations aux milliers de victimes de la répression violente des manifestations entre 2021 et 2024, a déclaré l'organisation
Les autorités sénégalaises doivent rendre justice, vérité et réparations aux milliers de victimes de la répression violente des manifestations entre 2021 et 2024, a déclaré Amnesty International à l’occasion du premier anniversaire d’une loi accordant une amnistie aux forces de sécurité.
« La justice, la vérité et la réparation exigent que les forces de sécurité présumées responsables d’un usage excessif et illégal de la force lors des manifestations soient poursuivies. La loi d’amnistie constitue un obstacle que les autorités sénégalaises actuelles doivent lever, comme elles s’y sont engagées », a déclaré Marceau Sivieude, directeur régional par intérim d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, dans un communiqué rendu public jeudi.
Ainsi, l’Ong qui milite pour la défense des droits de l’homme, rappelle également qu’elle a dénoncé la loi d’amnistie et a appelé le gouvernement sénégalais à respecter le droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique dans le cadre de sa campagne « Protégeons les manifs ». Il faut noter que la loi d’amnistie, votée le 6 mars 2024, couvre tous les actes susceptibles d’être qualifiés de crimes ou délits relatifs à des « manifestations ou événements à motivation politique », qui ont eu lieu entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024.
Durant cette période, rappelle Amnesty dans sa note, les forces de sécurité ont régulièrement fait un usage excessif et meurtrier de la force contre les manifestants. Selon les chiffres recueillis par Amnesty International et d’autres organisations de la société civile, au moins 65 personnes ont été tuées, la majorité par arme à feu, et au moins 1 000 autres blessées. Environ 2000 personnes ont été arrêtées durant cette période.
« L’aide financière versée en 2024 à certaines des victimes de détention et annoncée en 2025 aux familles de personnes tuées lors des manifestations est un premier pas. Cependant, elle ne répond pas à leur besoin de justice, ni ne constitue une garantie que de tels événements ne se reproduisent pas dans le futur. Les autorités sénégalaises doivent abroger la loi d’amnistie et rendre justice à toutes les victimes de violations des droits humains lors des manifestations », a renchéri le Directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama.
En 2024, Amnesty souligne que les autorités ont fourni une aide financière à certaines victimes de détention arbitraire par l’intermédiaire du ministère de la Famille et des Solidarités. En janvier 2025, l’aide a été étendue aux familles de personnes tuées lors de manifestations et à davantage de victimes de détentions arbitraires. Dans son communiqué, le ministère de la Famille et des Solidarités a estimé à 79 le nombre de morts lors des manifestations et à 2 172 le nombre d’anciens détenus à assister. L’assistance s’est déroulée en dehors du cadre judiciaire, mais en partie en consultation avec les comités de prisonniers politiques et les organisations de la société civile, dont Amnesty International.
LE SUTT QUALIFIE DE MINEUR LE VOL À LA DIRECTION DE L'INFORMATIQUE DU TRÉSOR PUBLIC
Selon le secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs du Trésor, seuls des matériels sans grande valeur ont été emportés. L’enquête est en cours, mais le SUTT rassure la population sur la sécurité du système informatique du Trésor.
Le Syndicat unique des travailleurs du Trésor (SUTT) qualifie d’‘’incident mineur’’ le vol perpétré à la direction de l’informatique du Trésor public, en estimant que seulement du matériel ‘’sans grande valeur’’ a été emporté.
‘’Il s’agit d’un incident mineur ayant occasionné le vol de quelque matériel sans grande valeur’’, déclare le secrétaire général du SUTT, El Hadji Dioumorou Dia, dans un communiqué reçu jeudi à l’APS.
‘’Une enquête a été ouverte par les autorités compétentes’’, a ajouté M. Dia.
Le Syndicat unique des travailleurs du Trésor ‘’tient à préciser […] que les faits relatés ce matin [par] un quotidien de la place, concernant la direction de l’informatique du Trésor public, se sont produits depuis le week-end dernier, dans la nuit du dimanche 2 mars 2025’’.
‘’Le SUTT tient à rassurer les concitoyens’’, quant à ‘’la sécurité et [à] la fiabilité de notre système informatique de gestion de la trésorerie, qui n’a connu aucune perturbation’’, a assuré M. Dia.
Les ‘’données du Trésor […] sont stockées dans des serveurs ultrasécurisés, avec des technologies de pointe et des algorithmes puissants, dans un lieu quasiment inaccessible’’, a-t-il écrit.
Le quotidien L’Observateur annonce dans son édition de ce jeudi que ‘’plusieurs objets de valeur [ont] été emportés’’ à la direction de l’informatique du Trésor public.
‘’Les malfaiteurs ont ciblé des bureaux stratégiques’’, affirme le journal.