SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
5 avril 2025
Diaspora
Par Gilles Eric Foadey
DE LA PRISON À LA PRÉSIDENCE…POUR UNE AUBE NOUVELLE SALVATRICE (?)
EXCLUSIF SENEPLUS - Il y a assez de signes annonciateurs de ruptures. Ce n’est ni la néo-opposition qui s’adonne à attaquer de manière crypto personnelle Ousmane Sonko, ni les pseudo chroniqueurs indécents qui ébranleront ce pouvoir
À la question, sans réponse, de Yakham Mbaye au président finissant Macky Sall de ce qui allait leur advenir après son départ, ce dernier a trouvé une parade en faisant voter une loi d’amnistie, taillée pour être… amnésique.
Pastef qui n’était pas preneur de cette loi, si tant est qu’elle excluait les forfaitures telles que les disparitions forcées, les tortures, les assassinats et autres traitements inhumains dégradants, s’est abstenu de ne pas la voter en promettant qu’une fois au pouvoir elle la retirerait.
Un an jour pour jour après sa victoire incontestée à l’élection présidentielle de mars 2024 suivie de celle des élections législatives anticipées de novembre 2024 remportées, haut la main, il lui fallait à présent passer à l’acte en tenant l’une des ses promesses électorales capitales consistant à se départir de cette loi scélérate.
Seulement, voilà que ceux-là même qui avait voté cette loi inique ont braqué des quatre fers pour son abrogation totale pour ainsi asseoir une impunité de fait.
Comment s’y prendre ? Abroger, totalement ou partiellement, annuler ou interpréter la loi ?
L’exercice était, on ne peut plus, complexe. Si elle est abrogée expressément, il faudrait qu’elle soit explicitement énoncée dans un texte nouveau ; tacite ou implicite, elle pourrait l’être en raison de l’introduction, dans un nouveau texte, de dispositions incompatibles avec la disposition antérieure. Le dilemme est sacrément cornélien.
Au finish, la loi fut interprétée en délimitant clairement son champ d’application. La nouvelle loi d’amnistie ainsi interprétée, ne léserait pas les tiers, tous les tiers, tout en rendant justice aux disparus de force (Didier Badji et Fulbert Sambou) au torturé à mort (Francois Mancabou) et à la soixantaine, voire plus, de morts et de traumatisés à vie aux fins de mettre fin à ce cycle barbare précédant les élections au Sénégal. Plus Jamais !
Flasback…
Après avoir été réélu en 2019 de manière illégitime et avec un score annoncé à l’avance, Macky Sall, au lieu de mieux gouverner s’est plutôt attelé à « réduire l’opposition à sa plus simple expression ». Le parti est devenu prébendier en prenant le pas sur la patrie et la gouvernance sobre et vertueuse.
Pour ne rien y arranger la morbide Covid fit son apparition 2020 et la paix des braves s’est imposée aux acteurs de la classe politique via une loi d’habilitation qui donnait ainsi un blanc-seing au gouvernement de Macky Sall. Un couvre-feu fut installé et les citoyens qui ne le respectaient pas furent violentés. Pendant qu’ils étaient cloitrés chez eux, les forbans se remplissaient les poches et la bedaine. Sous la pression des bailleurs, un rapport a établi que plus de 1000 milliards de nos francs ont été détournés sans que l’on puisse, jusqu’à présent, exiger des coupables de rendre compte.
Alors que Macky Sall et Idrissa Seck étaient en mode « je t’aime moi non plus », le Pastef avec son leader charismatique Ousmane Sonko traçaient leur sillon et jouaient les empêcheurs de tourner en rond avec leur « Projet » porteur de rupture, vendu et accepté par une bonne partie des Sénégalais. Pendant que Macky Sall caressait l’idée d’un troisième et improbable mandat, Ousmane Sonko avait fini de convaincre les plus sceptiques avec ses ouvrages : « Solutions pour un Sénégal nouveau », « Pétrole et gazau Sénégal : Chronique d’une spoliation » et celui co-écrit avec son frère de parti, Balla Moussa Fofana « Les territoires du développement ».
À cette fin, il lui fallait liquider Ousmane Sonko et les siens. Un complot se tramait. Il vit le jour par un frais matin d’harmattan du mois de mars 2021. Complot trop gros pour être vrai. Ousmane Sonko, dans un lieu où il aurait pu se garder de s’y rendre, aurait violé une fille. Adji Sarr qu’elle s’appelle. Dakar s’embrase. Trois années de braise en perspective. Entre la levée de l’immunité d’Ousmane Sonko et les convocations pour se rendre au tribunal et les procès, Dakar et le Sénégal s’enflamment. Il y aura une accalmie temporaire. Le pouvoir de Macky Sall était dans la rue. Pastef pouvait le prendre. Suite à la médiation du Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, Ousmane Sonko a accepté sa requête, affirmant que le légaliste qu’il est souhaiterait que Macky Sall termine son mandat, non sans lui exiger des gages dont la libération de la centaine de ses militants et sympathisant déjà emprisonnées. Macky s’y plie en affirmant qu’il a « compris ». Pure diversion. Il revient à la charge, en achetant armes et munitions de manière indue et en recrutant davantage d’hommes dans les FDS. Dakar et ses points névralgiques sont occupés par des chars de combat et des FDS encagoulés. En attendant le procès pour « viols répétitifs avec menaces de mort », Ousmane Sonko se retranche sur Ziguinchor, dont il est entretemps devenu maire. Pendant qu’il s’y trouve, on le juge in absentia. Verdict : Il fut blanchi à grandes eaux par un prétoire qui s’est prêté au voyeurisme et à des propos scabreux. Ousmane Sonko sera donc condamné pour le délit désuet et obsolète de « corruption de la jeunesse ». Une jeunesse massivement en phase avec lui pour faire aboutir le « Projet » salvateur (?). Cette jeunesse est traquée, brutalisée et arrêtée par milliers. Certains ont donné de leur vie. Pour le gouvernement de Macky Sall et de ses juges, ces jeunes sont considérés comme étant des forces spéciales et/ou occultes.
De retour sur Dakar Ousmane Sonko fera face à un procès en diffamation contre Mame Mbaye Niang. Il perd le procès. La sentence ne lui permettra plus d’être éligible aux élections. Entre temps, il est mis sous arrêt, barricadé, chez lui pour près de deux longs mois. Quand il s’en sort, ce sera pour être accusé de « vol de téléphone portable » et emprisonné. Son parti est dissous et ses camarades les plus en vue sont embastillés. Il s’adonne à une grève de la faim graduelle et très médiatisée. De sa cellule, stratège qu’il est, il prépare des plans alternatifs à sa candidature qu’il sait qu’elle sera invalidée. Macky quant à lui s’astreint, difficilement, mais finalement à renoncer à son troisième mandat et…reporte les élections à quelques heures de l’ouverture de la campagne électorale pour les présidentielles. Mobile du report ? Le Conseil Constitutionnel ayant décidé que Karim Wade n’étant pas exclusivement Sénégalais, lui dénie sa participation à l’élection présidentielle. Se sentant irrité, le sieur Wade a accusé deux juges du Conseil d’avoir été corrompu. Et que le corrupteur serait… Amadou Ba candidat à la succession de Macky Sall. Vite fait, une Commission d’enquête parlementaire est mise sur pied avec les députés de l’APR et du PDS. Toute cette manœuvre avait pour but, non pas seulement, de ramener Karim Wade dans la course mais surtout Ousmane Sonko. Hélas c’était mal connaitre Ousmane Sonko fervent adepte du « don de soi pour la patrie ». Dans la solitude de son domicile où il fut, de force, barricadé il avait déjà concocté des plans alternatifs en mettant en orbite une diversité de candidatures qui ont tous passé le filtre du parrainage. Du fond de sa cellule, il attendait le moment propice pour abattre sa carte maîtresse : Bassirou Diomaye Diakhar Faye, l’élu du choix clairvoyant du généreux Ousmane Sonko qui devrait porter le projet.
Libérés tous les deux avec des milliers d’autres patriotes, à moins de dix jours du démarrage de la campagne, Ousmane s’effaça pour propulser Diomaye en faisant comprendre aux Sénégalais et à ses troupes que Sonko moye Diomaye et que Diomaye moye Sonko. Telle une osmose fusionnelle, la mayonnaise a pris. Dakar et le Sénégal étaient en liesse. La victoire en chantant. Elle s’est matérialisée dès la fin du crépuscule le 24 Mars comme pour sonner le départ des crapules. La messe était dite. Le lendemain 25 mars, présage du sort, Bassirou Diomaye Diakhar Faye fête son anniversaire et devient, à 44 ans le cinquième Président de la République du Sénégal. Ousmane Sonko est son Premier ministre. Un duo inédit prend les rênes du Sénégal.
Une aube nouvelle s’est levée. Sera-t-elle salvatrice ?
De quoi le Projet est-il le nom ? Dénommé Vision Sénégal 2050, il devrait s’arrimer sur un « pacte national fondé, d’une part sur la probité et l’intégrité des détenteurs de l’autorité publique » d’où le slogan, sous forme du tryptique, « Jub, Jubal, Jubbanti », que l’on pourrait traduire en français par « Dresser, Corriger et Redresser ». Tâche titanesque, mais pas impossible s’il en est, lorsque l’on considère le rapport du Sénégalais à la discipline, à l’argent, à la rigueur et à la préservation de son environnement.
En décidant dès le début de leur magistère de convoquer les Assises de la Justice, il y a lieu de s’attendre à ce que ses conclusions soient adoptées avec célérité aux fins de réconcilier les Sénégalais avec leur justice, longtemps perçue comme une justice aux ordres de l’exécutif en place. Si la justice fait diligemment sa mue, elle sera une composante significative, voire essentielle, pour accompagner la mise en œuvre ordonnée des quatre axes principaux contenus dans la Vision Sénégal 2050 que sont : la bonne gouvernance, une économie compétitive et pas extravertie, une durabilité, le renforcement du capital humain et l’équité sociale.
Seulement, la matérialisation de ces axes pour assurer un développement durable exige un changement structurel et systémique aussi bien dans le management de l’Administration centrale que dans les modes de gestion des secteurs primaire, secondaire et tertiaire tout comme dans les chaînes de valeurs y afférent.
Un an à l’épreuve du pouvoir le duo Diomaye-Ousmane a-t-il eu les coudées franches pour mettre en œuvre la Vision Sénégal 2050 en initiant sa phase quinquennale 2024-2029 au regard du legs des douze années de Macky Sall?
En formant un gouvernement volontariste et pas pléthorique avec à la clef des ministres « apolitiques » titulaires de Départements de souveraineté (Justice, Forces armées, Intérieur, Souveraineté alimentaire) le ton était donné pour faire face aux innombrables défis qui sont les leurs. La volonté politique est affirmée mais ne saurait, à elle seule, suffire. Il va falloir sérieusement se retrousser les manches pour y parvenir en travaillant de manière conséquente. Les conclusions des Assises de la justice étant actées, il est attendu qu’elles soient mises en œuvre. Le président de la République départi de son boubou de membre du Pastef, semble de par les actes qu’il pose être au-dessus de la mêlée... même s’il demeure toujours dans le Conseil Supérieur de la Magistrature. L’on pourrait toujours s’en accommoder. Par contre, il faudrait impérativement donner corps aux réformes approuvées dont le toilettage du corpus du Code pénal et du Code de Procédure Pénale surtout dans leurs dispositions portant sur la loi anti-terroriste promulguées en 2021 et décriées de tous. C’est d’un impératif catégorique en attendant de construire d’autres lieux plus humains pour la population carcérale et matérialiser la mutation promise pour la Justice. Cette justice chamboulée, mais pas encore totalement refondée devrait à bien mener la reddition des comptes en toute impartialité et sans acharnement aucun. En clair, ceux qui ont fauté devront rendre compte selon les dispositions de la loi en la matière. Car, transiger avec la reddition des comptes aurait des conséquences sérieuses sur ce premier quinquennat. Le nouveau Pool (Pôle ?) judiciaire financier de même que l’Ofnac sont attendus sur ce terrain. Quoiqu’à l’Ofnac à défaut de ne pouvoir démettre, pour l’heure, son patron Serigne Bassirou Gueye il serait prudent de revisiter ses prérogatives.
L’autre mammouth à abattre est l’Administration centrale, voire la fonction publique. Fortement politisée au cours des deux dernières décennies, elle doit être assainie et requinquée par des profils qui servent avec loyauté la République. C’est certainement fort de cela que lors de la tenue de la toute première Conférence des Administrateurs et Managers publics (CAMP), le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a donné un signal fort ambitieux pour la transformation de la fonction publique avec comme objectif, la « rationalisation des dépenses de l’État et l’amélioration de ses marges de manœuvre budgétaires, dans le cadre d’un assainissement durable et d’une gestion vertueuse des finances publiques ». Ce faisant, « l’affairisme d’État » ne saurait plus prospérer en matière notamment de la commande publique qui gagnerait à être centralisée le plus tôt possible car, pour l’heure, l’administration est certes « républicaine » mais, elle manque de cohérence tout en étant « figée dans des schémas dépassés, alors même que les réalités socio-économiques évoluent rapidement, marquées notamment par la transformation numérique et l’essor de l’intelligence artificielle ».
À cette fin, le temps est également venu d’accélérer la transformation numérique de nos administrations. La dématérialisation des formalités et leur accessibilité simplifiée représenteront des gages de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance.
La stratégie « New Deal Technologique » qui repose sur trois piliers fondamentaux que sont : la souveraineté numérique, la modernisation de l’administration et le développement de l’économie numérique et du savoir devront satisfaire à cette exigence des temps modernes.
Mais comment s’atteler à ces urgences si l’on sait que dès sa prise de fonction le gouvernement du Sénégal par la voix de son Premier ministre, Ousmane Sonko, a déclaré tout de go que sa gouvernance sera une de vérité et que les fondamentaux macroéconomiques sont désastreux et qu’il avait hérité d’un « pays en ruine ».
Comme pour confirmer ses déclarations, l’Inspection Générale des Finances (IGF), en Septembre 2025, faisait état de manquements criants dans la gestion de la comptabilité publique. Manquements confirmés par la Cour des Comptes trois mois plus tard qui évoquait des « falsifications ». Le FMI après s’être imprégné dudit rapport parlera de « dettes cachées » du fait de « misreporting » ou en français, pas facile de « faussification des faits ». Par qui et pour qui? En interne déjà, il y avait des gens qui savaient. L’ancien directeur pays de la BCEAO l’aurait affirmé. Au sein du FMI aussi on le savait. Mieux, les autorités actuelles avant d’être au pouvoir avaient tiré sur la sonnette d’alarme quant au manque d’orthodoxie dans la tenue de la comptabilité publique. Au total, la Cour des Comptes évoque la « possibilité de référés ou de déférés » car, ces faits peuvent non seulement constituer des fautes de gestion, mais des infractions pénales.
Malgré tout, les salaires sont régulièrement payés, les dettes cumulées dûs au paysans honorées et des baisses significatives sur les denrées de première nécessité opérées.
En clair, le Sénégal fait face à des défis budgétaires importants. Des réformes audacieuses et rapides, notamment la suppression des exonérations fiscales indues et la réduction des subventions énergétiques aux plus riches, sont cruciales pour assurer la viabilité des finances publiques pour ainsi placer la dette sur une trajectoire descendante. Mieux, Il serait judicieux pour l’État du Sénégal d’ajuster sa fiscalité en tenant compte surtout du secteur informel majoritaire qui, pour l’essentiel, échappe au paiement de l’impôt. C’est le lieu de rappeler que la dette n’a jamais développé un pays et qu’un pays souverain devrait compter sur ses ressources endogènes et des mécanismes internes innovants internes pour asseoir les bases de son développement.
En faisant de la souveraineté son viatique pour développer le Sénégal, voilà que, comme une aubaine, le début de la gouvernance de Pastef a coïncidé avec l’exploitation du pétrole et du gaz. Avec l’exploitation desdites ressources couplée surtout à la transformation de leurs dérivés que sont entre autres, le diesel, le kérosène, l’essence et le gaz butane, l’espoir est quasi permis de s’attendre à ce qu’elle ait un effet d’entrainement pour développer principalement les secteurs primaire et secondaire.
La production bien que modeste est très stratégique. Les revenus attendus de ces ressources devraient atteindre des milliards de dollars. Ces revenus pourraient jouer un rôle clé dans l'accélération du développement économique du Sénégal, notamment en soutenant des projets d'infrastructure et en favorisant la diversification industrielle.
Ce développement pourrait également générer des bénéfices économiques en optimisant la chaîne de valeur locale. Au total, Le Sénégal ferait mieux d’opter pour la construction d'un secteur intermédiaire afin de raffiner sa propre part de brut et, très probablement, de signer un droit de préemption sur le coût et le bénéfice du pétrole du partenaire d'exploitation, de sorte qu'elle puisse cesser d'importer des combustibles avec des devises rares, améliorer sa balance commerciale et ses paiements et renforcer ses fondamentaux macro-économiques.
Alors que le Sénégal importe quasiment l’essentiel des aliments de base et de produits finis dont il a besoin, engendrant ainsi une balance commerciale extrêmement déficitaire supérieure à 4000 milliards FCFA en 2023, l’exploitation du pétrole et du gaz devraient contribuer, en partie, à asseoir les bases d’une politique agricole pour atteindre l’autosuffisance et booster l’industrialisation.
Il est tout à fait possible qu’au bout de la fin du premier quinquennat du Pastef au pouvoir, que des céréales comme le riz, des fruits, des produits maraichers et autres pommes de terre, carottes et oignons dont les Sénégalais sont de grand consommateurs ne puissent plus être importés et que les jeunes Sénégalais au lieu de s’inscrire en masse pour être ouvriers agricoles en Espagne ou en Italie demeurent chez eux pour être des entrepreneurs agricoles qui produisent et transforment localement les dits produits agricoles.
Il en va de même pour l’industrialisation à commencer par les produits rudimentaires de la modernité. En 2018, 0,98% était la part allouée au ministère de l’Industrie. Il faudrait chercher l’erreur… Voici un secteur-niche générateur de milliers d’emplois significatifs et durables que le « vrai secteur privé, celui qui veut et sait entreprendre, qui veut travailler sérieusement et honnêtement » aux dires du Premier ministre Ousmane Sonko, devrait prendre en charge.
Il n’est pas concevable aujourd’hui que les outils de la modernité, dont nous ne pouvions nous passer au quotidien, soient toujours importés. Qu’est-ce qui nous empêche de produire localement, en interdisant en amont leur importation, couteaux, cuillère, fourchettes, ampoules électriques, articles de plomberie, robinetterie, aiguilles, dés à coudre, seringues médicales ? Et, la liste est longue. Ce faisant, il est quasi certain que le problème de l’emploi et de l’employabilité des jeunes, formés convenablement, sera définitivement résolu.
Avec la volonté politique affichée des nouvelles autorités, il n’est pas si difficile d’industrialiser le secteur secondaire si les prérequis nécessaires sont édictés.
Au total et à la veille de la célébration de la fête nationale, sous le magistère du duo fusionnel Ousmane-Diomaye il y a assez de signes annonciateurs de ruptures. Ce n’est ni la néo-opposition qui s’adonne à attaquer de manière crypto personnelle Ousmane Sonko, ni les pseudo chroniqueurs indécents qui ébranleront ce pouvoir. En cas de dérives, ce pouvoir sera contenu par ses propres électeurs. C’est le moindre mal qu’on leur souhaite. Ils nous ont séduits en nous annonçant la fin de la dépendance. Bonne fête d’indépendance sur le Boulevard Mamadou Dia.
Gilles Eric Foadey est journaliste, consultant media, et interprète-traducteur de conférence. Il réside à Johannesburg, Afrique du Sud, et travaille à Addis-Abéba, en Éthiopie. Il fut responsable de la Communication du NEPAD de 2009 à 2016.
LE COORDINATEUR DE L'APR AUX MAINS DE LA JUSTICE FRANÇAISE
Ancien ambassadeur itinérant de Macky Sall et figure influente de la diaspora sénégalaise, Amadou Daff est en garde à vue pour un présumé détournement d'un demi-million d'euros de fonds publics à Mantes-la-Jolie
(SenePlus) - Un séisme judiciaire ébranle la communauté sénégalaise en France. Amadou Daff, ancien ambassadeur itinérant de Macky Sall et coordinateur en France du parti de l'ex-président, a été placé en garde à vue avec son épouse pour des soupçons de détournement massif de fonds publics, selon des informations exclusives révélées par Europe 1.
Le couple a été interpellé mercredi par les forces de l'ordre dans les Yvelines, où M. Daff exerçait jusqu'à récemment des fonctions de conseiller municipal à Mantes-la-Jolie. D'après les révélations du journal l'affaire a débuté début 2023 suite à un signalement au procureur de la République de Versailles.
À l'origine de cette procédure, un audit d'experts-comptables réalisé auprès de plusieurs associations bénéficiant de subventions publiques. L'une d'entre elles, dédiée à la médiation dans les quartiers de Mantes-la-Jolie et dirigée par Amadou Daff, a particulièrement attiré l'attention des enquêteurs.
"L'audit a mis en évidence un possible système de fausses factures et de sociétés fictives", précise une source proche du dossier. Les investigations menées par le parquet de Versailles se sont rapidement concentrées sur le sexagénaire, directeur de l'association aujourd'hui fermée.
Selon les informations du média, le personnage central de l'affaire "est soupçonné d'avoir régulièrement détourné des fonds publics en enregistrant des fausses factures à travers cette association". Plus préoccupant encore, "le montant du préjudice sur 10 années passées au peigne fin par les policiers dépasserait le demi-million d'euros", affirme une source policière.
Amadou Daff, 60 ans, n'est pas un inconnu dans le paysage associatif et politique franco-sénégalais. Très implanté à Mantes-la-Jolie auprès de la communauté sénégalaise, il a exercé des fonctions d'élu local jusqu'à une décision récente de la justice administrative.
En effet, comme le rapporte Europe 1, il "a été démis de ses fonctions l'année dernière du conseil municipal par la justice administrative en raison de son absence dans les bureaux de vote lors des élections européennes du 9 juin 2024, alors qu'il était convoqué pour siéger comme assesseur." Son siège a été attribué à Pierre Bédier, président du conseil départemental des Yvelines, qui figurait sur la même liste électorale.
Les liens entre les deux hommes semblaient étroits puisque, selon les informations d'Europe 1, "tous deux s'étaient rendus en 2019 au Sénégal dans le cadre d'un voyage d'une délégation du département des Yvelines pour soutenir des projets locaux, selon le site internet du département."
Mais c'est surtout son rôle auprès de l'ancien président qui retient l'attention. Le média précise qu'Amadou Daff "avait été désigné par l'ancien président de la Républiquel, Macky Sall comme ambassadeur itinérant et coordinateur en France de son parti, l'Alliance pour la République."
Un réseau associatif étendu
Le parcours d'Amadou Daff révèle une présence significative dans le milieu associatif. Europe 1 souligne qu'il "a aussi été à la tête de plusieurs entités associatives d'aide à la médiation, liées au développement du Sénégal ou encore à la solidarité des migrants."
Cette position lui aurait potentiellement permis d'établir un réseau d'influence important, tant dans la communauté sénégalaise qu'auprès des institutions françaises locales.
À ce stade de l'enquête, Europe 1 indique que "ni l'entourage d'Amadou Daff ni la ville de Mantes-la-Jolie ni le parquet de Versailles n'ont pu, pour l'heure, répondre à nos questions." L'instruction judiciaire se poursuit donc, tandis que le mis en cause et son épouse demeurent en garde à vue.
Cette affaire intervient dans un contexte politique délicat pour l'ancien président sénégalais Macky Sall, qui a quitté le pouvoir en 2024 après une période de tensions politiques dans son pays.
VIDEO
DIOMAYE MISE SUR L'UNITÉ ET LA DISCIPLINE BUDGÉTAIRE
Le président a conjugué dans son discours en marge de la célébration du 4 avril, réalisme économique et ambition nationale, détaillant les chantiers prioritaires de son gouvernement. Il appelle à l'unité face aux "défis nombreux et complexes"
Le président Bassirou Diomaye Faye a prononcé ce jeudi 3 avril 2025 une allocution solennelle à la veille de la fête nationale. Dans son discours, il a mis l'accent sur l'unité nationale, les réformes économiques et les projets de développement.
Évoquant la convergence de cette célébration avec la fin du Ramadan et le carême chrétien, le président a rappelé que "la foi est notre plus belle richesse" et nourrit la capacité des Sénégalais à vivre ensemble dans l'harmonie.
Sur le plan économique, il a présenté les mesures d'assainissement des finances publiques, notamment l'apurement des arriérés dus aux opérateurs agricoles (70 milliards FCFA versés sur 113 milliards constatés) et du secteur BTP (62 milliards FCFA).
Parmi les projets annoncés figurent :
La phase 2 du programme d'autonomisation des femmes (107 milliards FCFA)
Un programme de 3 000 fermes intégrées sur 15 000 hectares
Le lancement des coopératives agricoles communautaires
La poursuite de la baisse des prix des denrées de première nécessité
Le chef de l'État a également évoqué l'entrée du Sénégal dans "l'ère de la production pétrolière et gazière", promettant transparence et bénéfices pour le peuple sénégalais, ainsi que des avancées dans la renégociation des contrats.
Concernant les infrastructures, il a mentionné la phase 2 des forages ruraux, le projet de "grand transfert d'eau" pour 15 millions de Sénégalais et l'accélération de l'électrification rurale.
Faye a annoncé la finalisation des lois sur la transparence et l'avancement des réformes judiciaires, ainsi que la tenue prochaine d'une Journée nationale du dialogue sur le système politique.
"L'histoire des nations nous enseigne que le chemin du développement nécessite des sacrifices collectivement consentis", a-t-il déclaré, appelant les Sénégalais à la résilience et à la solidarité face aux défis actuels.
AIR SÉNÉGAL ET AIBD, DES PATIENTS AU PRONOSTIC VITAL ENGAGÉ
Le gouvernement dresse un tableau alarmant des deux sociétés nationales de transport aérien. Le Premier ministre exige des audits approfondis, notamment sur des contrats classés "secret-défense" ayant englouti 200 milliards FCFA
L’aéroport international Blaise Diagne (AIBD SA) et la compagnie nationale de transport aérien Air Sénégal SA ont été dépeintes, jeudi, lors d’une réunion interministérielle axée sur leur situation financière, comme des sociétés “à l’agonie”, des ”patients au pronostic vital engagé”, des ”malades”, du fait de “graves difficultés financières”.
Il ressort d’un document compilant les décisions prises par le Premier ministre, Ousmane Sonko, que ”des enjeux critiques persistent dans les deux entités”.
AIBD et Air Sénégal font face à de ”graves difficultés financières menaçant leur pérennité et leur capacité à jouer pleinement leur rôle dans l’économie du pays”, relève ce document final.
Le gouvernement a rappelé que, depuis sa création en 2018, l’Etat a injecté dans la compagnie nationale Air Sénégal près de 181 milliards FCFA.
”Pourtant, elle fait aujourd’hui face à une dette dépassant 118 milliards FCFA, après avoir enregistré des pertes successives de 89 milliards FCFA en 2022 et 57 milliards FCFA en 2023”, indique le document lu par le ministre secrétaire général du gouvernement, Ahmadou Al Aminou Lô.
En outre, ajoute M. Lô, plus de 100 milliards FCFA ont été dépensés en locations d’avions, alors que ”le plan d’actions de relance de la compagnie, initié en 2022, n’a finalement été réalisé qu’à hauteur de 5%”.
Faisant l’”état des lieux”” concernant Air Sénégal, le ministre secrétaire général du gouvernement pointe ”des défaillances managériales”.
Le Premier ministre veut voir plus clair dans les contrats secret-défense à l’AIBD
Le document révèle que la société AIBD SA ”se trouve aujourd’hui dans une situation critique”.
En guise d’exemple, son budget pour l’exercice 2024 avait été fixé à 23 milliards FCFA pour des ressources propres ne s’élevant qu’à 6 milliards FCFA, déplore-t-il.
“Cette dérive s’explique notamment par une explosion des effectifs, passés de 275 agents en juin 2021 à 983 en 2024”, indique la même source.
Les autorités font remarquer que les 200 milliards FCFA issus de la Redevance pour le développement des infrastructures aéroportuaires (RDIA), destinés au développement du hub aérien, ”ont été consommés à travers des contrats classés secret-défense, dont la justification reste à établir”.
Le Premier ministre a insisté pour que la lumière soit faite sur ces contrats classés secret-défense par des audits ”approfondis” menés par les corps de contrôle. Le chef du gouvernement soupçonne en effet des abus.
Il a demandé d’emblée d’auditer les marchés et le personnel de l’AIBD, d’annuler les contrats non essentiels et de rationaliser les dépenses.
En outre, relève le gouvernement, ”aucune évaluation n’a été faite, dans le sens de la revoyure de la convention de concession liant AIBD SA au concessionnaire de l’exploitation de l’aéroport Blaise de Diagne de Dakar, la société LAS (LIMAK/AIBD/SUMA)”.
Le gouvernement a assuré de la nécessité de réévaluer cette convention avec le gestionnaire de l’AIBD et reste engagé pour une reprise en main, dans un moyen terme, dans le cadre de sa politique de souveraineté.
SONKO EXIGE DES COMPTES AVANT LE DÉCOLLAGE DU TRANSPORT AERIEN NATIONAL
"Des avions qui ne décollent pas" malgré 180 milliards de francs CFA investis: Ousmane Sonko ordonne des audits rigoureux d'Air Sénégal et de l'AIBD, qualifiés de "symboles de la gestion catastrophique" de l'ancien régime
La relance de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD SA) et d’Air Sénégal SA, deux sociétés nationales de transport aérien dans une situation difficile, ne peut se faire sans des audits “approfondis”, a déclaré jeudi, le Premier ministre, Ousmane Sonko.
“Il est important que nous sachions ce qui s’est exactement passé (dans la gestion d’AIBD et d’Air Sénégal) et d’en tirer toutes les conséquences en termes de reddition des comptes”, a-t-il notamment insisté.
Ousmane Sonko estime, en effet, qu’on ne peut mettre “plus de 180 milliards de francs CFA” dans la compagnie aérienne et se retrouver avec “des avions qui ne décollent pas”.
Le chef du gouvernement présidait un conseil interministériel sur la situation des deux sociétés, au Building administratif. Une réunion à laquelle ont pris part les ministres en charge des Transports aériens, des Forces armées, de l’Intérieur, du Travail, de l’aménagement du territoire, du Tourisme, les représentants de leurs collègues des Finances et de l’Economie ainsi que du secteur privé national.
“La vision et les orientations stratégiques que vous avez présentées aujourd’hui ne souffrent d’aucune contestation solide, c’est un bon document pour relancer et sauver le secteur (aérien)”, a-t-il dit, saluant la présentation faite par le directeur général de Air Sénégal, Tidiane Ndiaye, et celui d’AIBD, Cheikh Bamba Dièye.
Le Dg de Air Sénégal, Tidiane Ndiaye, a fait observer que sur les 8 avions de la compagnie, 4 sont cloués au sol.
Une “vaste entreprise de prédation”
Le Premier ministre a ordonné, face à cette “vaste entreprise de prédation” autour d’Air Sénégal et d’AIBD, “de faire des audits de la gestion des deux sociétés”.
“Il faudra identifier et sanctionner (les responsables de ces manquements), sinon ça ne servira à rien”, a dit le chef du gouvernement, rappelant que ces deux entités du secteur aérien sont des “symboles de la gestion catastrophique” de l’ancien régime.
Ousmane Sonko a aussi souligné la nécessité de mettre les corps de contrôle sur les audits d’Air Sénégal et d’AIBD. Il a demandé également que des audits internes soient faits par les tutelles technique et administrative.
VIDEO
LA MARQUE SONKO À LA PRIMATURE
Alors que le Sénégal s'apprête à célébrer son 65ᵉ anniversaire d'indépendance, cette première année du chef de Pastef à la Primature marquera l'histoire comme celle d'une rupture assumée et d'une gouvernance axée sur la souveraineté et l'avenir
Un an après sa nomination comme Premier ministre du Sénégal par le Président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a imposé sa marque à la tête du gouvernement. Tour d'horizon d'une année marquée par des réformes audacieuses et un style de gouvernance inédit.
"La souveraineté a un prix," martèle régulièrement le Premier ministre. Cette signature idéologique s'est concrétisée à travers plusieurs initiatives fortes, à commencer par la mise en place d'une commission de relecture des contrats conclus dans les secteurs stratégiques. "Nous avions pris l'engagement ferme de revenir sur ces différents accords pour les rééquilibrer dans le sens de l'intérêt national," affirme Sonko, balayant au passage les critiques qui l'accusaient de vouloir "tout raser".
Des foules en liesse l'accueillent à chaque déplacement. De Dakar à Saint-Louis, de Louga à Matam, Ousmane Sonko cultive un lien direct avec la jeunesse. "Nous n'avons pas dit que nous réglerons tous les problèmes en un jour, mais je puis vous assurer que chaque seconde sera exclusivement consacrée à trouver des solutions pour vous," promet-il aux jeunes, ajoutant avec conviction : "Nous n'accepterons plus que nos ressources naturelles soient pillées pour nous laisser la pauvreté et le chômage."
L'ambitieux programme des "autoroutes de l'eau" illustre la vision transformatrice du gouvernement. Ce projet phare prévoit "le grand transfert du lac de Guiers vers le triangle Dakar-Thiès-Mbour incluant une branche vers Touba" et devrait "régler définitivement les préoccupations hydrauliques des populations."
Dans le domaine numérique, le Premier ministre a fait adopter une loi sur les start-ups pour "positionner le Sénégal comme un hub en Afrique de l'Ouest", exhortant les jeunes talents: "Nous sommes cette génération qui refuse de confier à d'autres nations la construction de son avenir numérique."
Le gouvernement Sonko a également marqué l'histoire en commémorant dignement le 80ᵉ anniversaire du massacre de Thiaroye 44. "Une graine est semée pour le passé d'une société, pour son présent mais surtout pour son futur," a déclaré le Premier ministre lors de cette journée mémorielle du 1ᵉr décembre 2024.
La révélation de l'état catastrophique des finances a constitué un autre temps fort. "Plus de 2.500 milliards ont été dépensés ces dernières années sous le sceau du secret défense," a dénoncé Sonko lors d'un face-à-face inédit avec la presse. Des irrégularités confirmées par le rapport de la Cour des Comptes publié en février 2025.
Sur la scène internationale, le Premier ministre a privilégié l'Afrique pour ses premières visites officielles, marquant ainsi sa vision panafricaniste. Au Mali, il a fermement dénoncé l'embargo imposé précédemment : "Sous notre régime, ces genres de pratiques ne pourront jamais prospérer et personne ne passera par le Sénégal pour déstabiliser un pays frère."
Après un an de gouvernance à un rythme soutenu, le Premier ministre reste déterminé malgré les défis : "Nous devons tous faire notre introspection et gérer les choses avec beaucoup plus de rigueur. Sous ces conditions, je peux vous assurer que tous ensemble, nous allons relever ce pays, parce que nous ne pouvons pas échouer."
MÊME LES MANCHOTS TAXÉS PAR DONALD TRUMP
Ironie absurde de la guerre commerciale trumpienne : des îles désertes de l'océan Austral, jamais visitées depuis une décennie, figurent sur la liste des territoires taxés
Des îles inhabitées de l'océan Austral, uniquement peuplées de manchots, se retrouvent dans le collimateur des nouvelles taxes douanières américaines. Un cas qui illustre l'ampleur de l'offensive commerciale lancée par Donald Trump.
Selon The Guardian, les îles Heard et McDonald, territoires "extérieurs" australiens situés à environ 1.700 km de l'Antarctique, figurent sur la liste des territoires visés par une taxe de 10% annoncée mercredi 2 avril par la Maison Blanche.
L'ironie est totale : ces îles volcaniques sont l'un des "endroits les plus reculés sur notre planète", accessibles uniquement après "un voyage de deux semaines en bateau depuis Perth", et aucun humain n'y a mis les pieds "depuis presque 10 ans", comme le souligne le quotidien britannique.
Plus étonnant encore, d'après "les chiffres de la Banque mondiale portant sur l'année 2022", les États-Unis auraient importé de ces îles désertes "pour 1,4 million de dollars de marchandises", principalement des "machines et appareils électriques".
L'île Norfolk, autre territoire extérieur australien situé "à environ 1.600 km au nord-est de Sydney", subit quant à elle une taxe encore plus lourde de 29%, soit "19 points de plus que le reste de l'Australie".
Face à cette situation, le Premier ministre australien a réagi en déclarant que "cela souligne simplement le fait que personne n'est à l'abri" de la nouvelle guerre commerciale lancée par l'administration Trump.
Cette offensive douanière frappe large, avec des taux atteignant "20% pour les produits originaires de l'Union européenne, 24% pour ceux provenant du Japon, 46% pour les marchandises 'made in Vietnam'", précise le média.
Par Ibou FALL
MOSS DEM, IL SERA UNE FOIS…
La ritournelle qui circule sur les réseaux sociaux résume la situation tragicomique du président Diomaye, candidat par défaut devenu chef d'État par procuration, à qui le "Projet" semble déjà préparer la sortie
Magistrature suprême : le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, peut-il raisonnablement penser à se présenter comme candidat de Pastef en 2029 ? «Moss dèm» est déjà l’une des ritournelles de nos réseaux sociaux qui montent en puissance…
Il sera notre premier chef d’Etat de l’histoire à ne faire qu’un mandat. La rupture, c’est aussi cela ?
Au regard du scénario des législatives qui voit le parti des «Patriotes» enterrer la Coalition «Diomaye Président» en plus d’effacer tout ce qui renvoie au Président élu depuis quelques mois, aucune chance… Résultat des courses : l’Assemblée nationale, sur cent-cinquante députés, en compte cent-trente triés sur le volet et prêts à mourir pour Ousmane Sonko, le Premier ministre ci-devant président de Pastef, mais qui ne se lèveraient même pas à l’aube rien que pour plaire au chef de l’Etat.
Que peut-il bien se passer dans la tête d’un président de la République, élu comme le candidat par défaut de son parti, qui avoue une marge de manœuvre réduite par l’état des finances publiques, et semble en une année perdre pratiquement toutes ses prérogatives au profit de son encombrant Premier ministre ?
Dès son installation, Bassirou Diomaye Faye prend même la précaution de préciser au micro de confrères chanceux d’en entendre une aussi grosse, qu’il «encourage le Premier ministre à lorgner le fauteuil présidentiel». Avec une Assemblée nationale sur laquelle il ne peut absolument pas compter si le Premier ministre se rebiffe, que lui reste-t-il d’autre, hormis l’Etat ?
Et là, ça commence à chanceler…
Peut-il compter sur une administration qui falsifie les chiffres officiels, des fonctionnaires priés de chercher du travail ailleurs, ou des Forces de défense et de sécurité qu’une loi interprétative de la loi d’amnistie, ouf, s’apprête à conduire au bûcher, accompagnée de son silence ? Que peut-il attendre d’une Magistrature qu’il entend réformer parce que soupçonnée de compromissions avec l’ancien régime, au point d’avoir, via sa Cour des comptes, validé de drôles de calculs, fermé les yeux sur des dettes abyssales, fait jeter en prison d’innocents militants de la juste cause, comprenez le «Projet» ?
Dans la foulée de son élection triomphale le 24 mars 2024, affublé des prérogatives que la République décerne à son président, le taiseux Bassirou Diomaye démissionne de ses fonctions à Pastef pour se contenter du modeste statut de militant. Un acte assez peu habituel dans un pays qui voit, depuis les indépendances, le chef de l’Etat s’agripper avec la dernière énergie au poste de patron de son parti, sa machine électorale ; la règle, jusque-là, consiste à se maintenir à la tête des cohortes capables d’aller à l’assaut des urnes.
On a des arrière-pensées ou l’on n’en a pas ?
Certes, c’est une coalition dénommée «Diomaye Président» qui le porte au pouvoir dont le gros de la troupe est à chercher dans les rangs des «patriotes» autoproclamés. En pleine campagne, c’est à peine si son mentor, Ousmane Sonko, lui laisse le micro face à la foule des inconditionnels du «Projet».
Scène impérissable : le candidat Diomaye debout devant une marée humaine et n’a rien d’autre à lui proposer qu’un cri d’extase teinté d’étonnement : «Mahaza !»…
A-t-il vraiment besoin de déployer des trésors d’ingéniosité, multiplier les promesses électorales ? Son principal rival, Amadou Ba, a du plomb dans l’aile, fusillé dans le dos par son propre camp. Ceux-là mêmes qui votent une loi d’amnistie scélérate, et font reporter les élections aux calendes grecques. Macky Sall ne s’en arrêtera pas là : les informations qui fuitent depuis un an font état de rencontres nocturnes, d’accords secrets, d’appuis logistiques et financiers, de consignes de votes clandestines.
La totale en matière de traîtrise…
D’ailleurs, lors de leur première sortie médiatique à la sortie de prison, le ton de Ousmane Sonko change vis-à-vis du «mackyavélique» chef d’Etat qui complote jusqu’à les jeter en prison sans jugement. Le duo fraîchement élargi indique la nouvelle tête de Turc : c’est Amadou Ba, le chef de gouvernement d’alors, qui serait à l’origine de leurs déboires. Macky Sall devient comme par enchantement leur ange gardien qui les sort de prison et auquel ils font même l’accolade au moment de la passation du témoin.
Lors de sa prestation de serment, devant le monde entier et ses deux épouses, le nouvel impétrant se contente de remercier sa famille et le Peuple sénégalais. Le nouveau président sénégalais cultive la modestie, et même la sobriété, avouant préférer les chants de coq et les coups de pilon matinaux de son natal Ndiaganiao à l’enfer bruyant de Dakar, quand bien même depuis le Palais de l’avenue Senghor, il serait au bord de la mer, face à la rustique Gorée et l’infini azuréen.
Le Sénégal, géant diplomatique malgré son économie à la ramasse et sa démographie insignifiante, dans la longue tradition senghorienne qui imposera son respect aux quatre coins de la planète, aurait pu, pour le président de la République, aller lui chercher des soutiens dans le monde entier. Seulement voilà : Yassine Fall est-elle vraiment sortable ?
Et puis, avec la France qui dégage depuis moins d’un an, dont la justice passe sous silence l’assassinat d’un grand argentier sénégalais, le Fmi qui ne doit pas apprécier qu’un pays sous-développé déclare le couillonner depuis plusieurs années, ça va lui être difficile de glaner des soutiens étrangers. Certes, au cours d’un de ses nombreux périples à travers le monde, il pose avec Karim Wade au Qatar. Oui, mais après ? Apparemment, Bassirou Diomaye Faye n’aura pas grand-monde avec lui à l’orée de 2029.
Vous me direz que deux épouses, c’est déjà beaucoup pour un seul homme ?
LE BOULEVARD GÉNÉRAL DE GAULLE REBAPTISÉ EN HOMMAGE À MAMADOU DIA
Cette décision marque la réhabilitation officielle d'une figure fondamentale de l'indépendance sénégalaise, longtemps marginalisée dans la mémoire nationale
À l’occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance, le président de la République a pris une décision historique : rebaptiser le Boulevard Général De Gaulle en Boulevard Mamadou Dia. Ce choix symbolique marque une reconnaissance nationale envers l’un des principaux artisans de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale.
Ce geste, qui inscrit davantage Mamadou Dia dans la mémoire collective, revêt une signification particulière. Anciennement appelé Allées Coursins, cet axe emblématique de Dakar fut le théâtre du deuxième défilé de l’Indépendance le 4 avril 1962, une initiative prise par Mamadou Dia lui-même alors qu’il occupait la fonction de Président du Conseil.
Homme d’État visionnaire, Mamadou Dia a joué un rôle central dans le processus qui a mené à l’indépendance du Sénégal. Il fut, avec son homologue malien Modibo Keïta, cosignataire des accords de Transfert de compétences du 4 avril 1960 avec le Président français Charles De Gaulle. Ces accords ont marqué la naissance de la Fédération du Mali, première tentative d’union entre le Sénégal et le Soudan français (actuel Mali).
Cependant, l’éclatement de cette fédération en août 1960 marqua une rupture politique entre Mamadou Dia et Léopold Sédar Senghor, aboutissant quelques années plus tard à son éviction du pouvoir et à son incarcération en 1962. Malgré ces épreuves, son engagement en faveur d’un développement économique et social axé sur l’autosuffisance et la souveraineté reste une référence dans l’histoire politique du Sénégal.
En donnant le nom de Mamadou Dia à cet axe majeur de la capitale, l’État sénégalais réhabilite une figure essentielle du nationalisme sénégalais et panafricain. Ce geste s’inscrit dans une dynamique de valorisation des pères fondateurs de l’Indépendance et de transmission de l’histoire aux générations futures.
Dakar, ville chargée d’histoire, voit ainsi l’un de ses plus prestigieux boulevards porter le nom d’un homme dont la contribution à la construction du Sénégal moderne est indéniable. Ce changement intervient à un moment où le pays aspire à réaffirmer son identité et à reconnaître l’héritage de ceux qui ont œuvré pour sa souveraineté.
En ce 4 avril, jour de fête et de mémoire, le nom de Mamadou Dia reprend toute sa place dans l’espace public sénégalais, rappelant son combat pour un Sénégal fort et indépendant.
LA NOUVELLE DOCTRINE DE TRUMP FRAPPE L'AFRIQUE DE PLEIN FOUET
Plusieurs pays africains se retrouvent piégés dans un arsenal de tarifs douaniers punitifs. Le Lesotho et Madagascar, avec des taux respectifs de 50% et 47%, figurent parmi les nations les plus lourdement taxées au monde
(SenePlus) - Donald Trump a instauré ce mercredi 2 avril 2025, un régime tarifaire fondamentalement nouveau, imposant un tarif de base de 10% sur toutes les marchandises importées aux États-Unis, quelle que soit leur provenance. Cette mesure de base est complétée par des "tarifs réciproques" plus élevés pour environ 60 pays que l'administration Trump considère comme traitant injustement les États-Unis.
Selon une clarification ultérieure de la Maison Blanche rapportée par le New York Times, les pourcentages présentés dans les tableaux incluent à la fois le tarif de base de 10% et le tarif réciproque additionnel. Par exemple, l'Union européenne fera face à un tarif total de 20%, composé du tarif de base de 10% plus un tarif réciproque de 10%. Pour la Chine, le tarif total de 34% comprend le tarif de base de 10% plus un tarif réciproque de 24%.
Ces tarifs réciproques, entrés en vigueur le 9 avril, sont calculés selon une formule spécifique : l'administration prend le taux tarifaire global qu'elle estime être appliqué par chaque pays (incluant les barrières non tarifaires comme la manipulation monétaire), puis applique la moitié de ce taux sur tous les produits importés de ce pays.
Seuls le Canada et le Mexique sont exemptés de ces nouvelles mesures pour le moment, bien qu'ils soient encore soumis à des tarifs antérieurs de 25%.
Le New York Times souligne que la majorité des nations visées par ces tarifs réciproques sont des économies pauvres et en développement. Le document de huit pages distribué aux journalistes par l'administration révèle que certaines des nations les plus pauvres du monde - comme le Soudan du Sud, le Burundi et la République centrafricaine - ainsi que des pays en pleine guerre, notamment le Soudan, figurent sur cette liste.
Dans ce nouveau contexte commercial, plusieurs pays africains se retrouvent particulièrement affectés:
Le Lesotho fait face à l'un des taux les plus élevés au monde avec un tarif réciproque de 50%, résultant de l'estimation par l'administration Trump que ce pays applique l'équivalent de 99% de tarifs et autres barrières commerciales contre les États-Unis.
Madagascar suit de près avec des tarifs américains de 47%, en réponse aux 93% de barrières estimées. Ces chiffres placent ces deux pays parmi les plus pénalisés globalement, aux côtés de Saint-Pierre-et-Miquelon (50%) et du Laos (48%).
D'autres pays africains font également face à des tarifs réciproques substantiels:
Myanmar (Birmanie): 44% en réponse à des barrières estimées à 88%
Sri Lanka: également 44% pour le même niveau de barrières
Mauritanie: 40% contre des barrières évaluées à 80%
Falkland Islands: 41% suite à une estimation de 82% de barrières
Syrie: 41% en réponse à 81% de barrières estimées
Iraq: 39% contre 78% de barrières
En revanche, de nombreux pays africains maintiennent des relations commerciales plus équilibrées avec les États-Unis et ne feront face qu'au tarif de base de 10%:
De nombreux petits États insulaires africains sont également dans cette catégorie
Comme le rapporte le New York Times, ces mesures tarifaires ont stupéfié de nombreux observateurs par leur ampleur. Bien que des tarifs élevés étaient attendus, le niveau annoncé dépasse les prévisions. Ces mesures vont probablement forcer certaines productions à revenir aux États-Unis, mais également augmenter les coûts pour les consommateurs et fabricants américains, tout en déclenchant des guerres commerciales sur de multiples fronts.
L'administration Trump a également présenté un plan permettant aux Américains de déduire les paiements d'intérêts sur les prêts automobiles de leurs impôts, mais uniquement si la voiture est fabriquée aux États-Unis. Cette mesure est présentée comme une compensation pour les prix plus élevés des automobiles résultant des tarifs, bien qu'il ne soit pas clair combien d'Américains pourront réellement bénéficier de cette déduction fiscale, de nombreux Américains à faible revenu ne payant déjà pas beaucoup d'impôts sur le revenu.
Cette nouvelle structure tarifaire risque d'exacerber les difficultés économiques de certains pays africains déjà fragiles. Les experts en commerce international soulignent que ces mesures pourraient entraver les efforts de diversification économique du continent et compromettre les tentatives d'amélioration des infrastructures commerciales.
Selon certains analystes, la méthode de calcul des "autres formes de tricherie" par l'administration Trump, notamment la manipulation monétaire et les autres barrières commerciales, est particulièrement problématique pour les économies africaines. Ces pays disposent souvent de moins de ressources pour contester ces évaluations dans les forums internationaux comme l'Organisation mondiale du commerce.
Les pays comme le Lesotho, dont l'économie dépend fortement des exportations textiles vers les États-Unis, pourraient être particulièrement vulnérables à ces nouvelles mesures. Madagascar, avec son secteur émergent d'exportation de vanille et d'autres produits agricoles, pourrait également voir ses perspectives de croissance considérablement réduites.
Il est particulièrement préoccupant, comme le souligne le New York Times, que des pays parmi les plus pauvres du monde ou en proie à des conflits armés figurent sur cette liste, ce qui pourrait aggraver des situations humanitaires déjà précaires.