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6 avril 2025
Diaspora
Par Fatou Warkha SAMBE
L’ILLUSION D’UN PRIVILÈGE
Ces aménagements d’horaires ne sont pas des faveurs, mais des confirmations institutionnalisées du rôle que la société assigne aux femmes. Elles rappellent que peu importe leur fonction ou leurs ambitions, le foyer doit toujours primer sur leur travail
Au début de chaque Ramadan, nos pratiques basées sur nos réalités socioculturelles mettent en lumière les dynamiques de genre profondément ancrées dans notre société. Si cette période est un moment de recueillement, de partage et de solidarité, elle révèle aussi une répartition inégale des responsabilités domestiques, qui ne cesse d’être renforcée par des décisions institutionnelles. Derrière les discours de bienveillance qui justifient certaines mesures, la réalité est bien plus pernicieuse : ces aménagements d’horaires ne sont pas des faveurs, mais des confirmations institutionnalisées du rôle que la société assigne aux femmes. Elles rappellent, avec insistance, que peu importe leur fonction, leur statut ou leurs ambitions, le foyer doit toujours primer sur leur travail.
Le choix de réorganiser les horaires de travail dans certaines entreprises, publiques comme privées, telles que le Port autonome de Dakar et La Poste, pour ne citer que ceux-là, autorisant les femmes à quitter le travail plus tôt que les hommes pour préparer le «ndogou», illustrent à quel point ces inégalités sont institutionnalisées.
Peu importe depuis quand ces mesures sont reconduites ou si elles ont été formulées à la demande des femmes, elles ne font que réaffirmer une perception genrée du rôle des femmes dans la société : celle du foyer, de la cuisine et du travail invisible.
Ces mesures posent problème car elles supposent que la charge domestique revient naturellement aux femmes, comme si leur travail professionnel devait toujours s’adapter à cette responsabilité. En libérant uniquement les femmes, ces institutions valident une répartition inégale des tâches et renforcent l’idée que leur rôle premier est de nourrir et de servir. Peu importe leur grade ou leurs responsabilités : aux yeux de ces décisions, préparer le «ndogou» est plus essentiel que tout autre travail.
Certaines personnes disent que ces décisions ne sont que la réponse à une demande des femmes elles-mêmes. Mais cette demande n’est elle pas le reflet d’un problème plus profond ? Si les femmes demandent à partir plus tôt, c’est parce qu’elles sont enfermées dans un schéma où la gestion du foyer repose exclusivement sur elles. Ce n’est pas un choix, mais une contrainte sociale normalisée. Elles savent que si elles ne préparent pas le «ndogou», personne d’autre ne le fera à leur place. Cette demande ne témoigne donc pas d’un besoin d’aménagement, mais d’une répartition inégalitaire du travail domestique qui reste un fardeau invisible.
Celles qui rient aujourd’hui, pensant profiter d’un «privilège», oublient que chaque concession faite au nom du «rôle naturel de la femme» renforce une assignation à des tâches qu’elles n’ont jamais choisies. Elles confondent soumission et confort, acceptant que leur disponibilité pour le foyer soit un critère de respectabilité sociale. Ce sont ces mêmes normes qui, demain, leur reprocheront d’avoir sacrifié leur carrière, qui les rendront coupables de ne pas «assez» se consacrer à leur famille, ou qui feront d’elles des employées moins considérées parce qu’on leur suppose des «obligations domestiques prioritaires».
Le problème n’est pas de descendre plus tôt, mais ce que cela signifie : un système qui ne laisse pas d’autres choix aux femmes que d’endosser des responsabilités que les hommes, eux, peuvent se permettre d’ignorer. Ces mesures contribuent à renforcer une inégalité professionnelle structurelle. A long terme, elles alimentent la perception selon laquelle les femmes sont moins disponibles pour des postes à responsabilités, ce qui justifie leur exclusion progressive des espaces de décision. Cette discrimination indirecte s’ajoute aux nombreux obstacles qui freinent déjà leur progression dans le monde du travail, notamment les écarts salariaux, les préjugés sur leur capacité à gérer des charges élevées et la surcharge des tâches domestiques.
Plutôt que d’interroger les déséquilibres dans la gestion des tâches au sein des foyers, ces institutions préfèrent renforcer la norme patriarcale selon laquelle les femmes doivent jongler entre emploi et responsabilités domestiques, pendant que les hommes restent entièrement déchargés de ces obligations.
Cette normalisation ne remet jamais en question l’absence des hommes dans ces responsabilités. Pourquoi ces mesures ne concernentelles pas aussi les hommes ? Pourquoi ne pas envisager une flexibilité qui permette à tous les travailleurs, sans distinction de sexe, de s’organiser en fonction de leurs responsabilités familiales ? En limitant cette mesure aux femmes, ces institutions entérinent l’idée que les hommes ne sont pas concernés par le travail domestique et que le seul rôle des femmes, audelà de leur fonction professionnelle, est d’assurer le bien-être du foyer. Pire encore, en institutionnalisant cette norme sexiste, elles rendent toute remise en question de la répartition des tâches encore plus difficile.
Comparer cette mesure au congé de maternité est une tentative absurde de détourner le débat. Le congé de maternité est une mesure de protection médicale et physiologique nécessaire après un accouchement, qui vise à assurer la santé de la mère et du nouveau-né. Il ne repose pas sur un rôle socialement imposé, mais sur un besoin biologique indiscutable. A l’inverse, descendre plus tôt pour cuisiner ne répond à aucun impératif biologique, mais découle d’une norme sociale imposée par le patriarcat, qui assigne les femmes au travail domestique et au soin des autres.
Assimiler ces deux réalités revient à confondre une nécessité médicale avec une injonction sexiste. Le congé de maternité n’est pas un privilège, mais une protection. En revanche, libérer les femmes plus tôt pour préparer le «ndogou» revient à officialiser leur rôle de cheffes de la cuisine, perpétuant ainsi une inégalité structurelle. De plus, cette comparaison masque un problème fondamental : si le congé de maternité existe pour protéger les femmes, où sont les mesures équivalentes pour alléger la charge domestique qu’elles portent en permanence, y compris au travail ?
Dans un pays où l’égalité des sexes est un principe constitutionnel, ces mesures sont une contradiction flagrante. L’article 1er de la Constitution sénégalaise affirme que «la République du Sénégal garantit l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe ou de religion». De plus, l’article 25-1 précisait que «les hommes et les femmes ont les mêmes droits en matière d’emploi et de travail». Dès lors, toute mesure qui assigne un rôle spécifique aux femmes dans la sphère domestique, en les différenciant des hommes dans l’organisation du travail, constitue une violation directe de ces principes fondamentaux. Le milieu du travail doit être neutre, équitable et inclusif, et non renforcer les stéréotypes en dictant des pratiques basées sur des rôles genrés archaïques. En instaurant des horaires de travail différenciés selon le sexe, ces décisions institutionnalisaient une inégalité structurelle qui allait à l’encontre des engagements du Sénégal en matière de droits humains et d’égalité des sexes.
Ces décisions ne passaient pas seulement inaperçues aux yeux de certains, elles étaient même défendues par ceux et celles qui voyaient dans ces mesures une faveur à apprécier plutôt qu’une inégalité à dénoncer. Pourtant, revendiquer une égalité réelle ne signifie pas vouloir effacer les spécificités individuelles ou les besoins réels des travailleurs et travailleuses, mais bien remettre en question les injustices systémiques qui perpétuent l’oppression des femmes. Les féministes ne demandaient pas que le Ramadan soit plus difficile pour elles, mais que les responsabilités du foyer soient équitablement partagées.
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POUR QUE NOS LANGUES NE MEURENT JAMAIS
À contre-courant d'une édition dominée par le français, Ndeye Codou Fall Diop fait le choix des langues nationales. Son parcours, d'EJO Editions à la vice-présidence de Fonk Sunuy Làmmiñ, témoigne d'un engagement total
Dans un entretien accordé récemment à Amani TV, Ndeye Codou Fall Diop, directrice d'EJO Editions et vice-présidente de l'association Fonk Sunuy Làmmiñ, partage sa vision pour la promotion des langues nationales au Sénégal et détaille son parcours atypique qui l'a déterminé à devenir une figure incontournable de l'édition en langues locales.
Titulaire d'un baccalauréat littéraire et ayant débuté des études de philosophie à l'université, Mme Diop raconte comment son questionnement sur sa propre langue maternelle s'est développé au fil de son parcours. "J'ai découvert le potentiel de ma langue maternelle et j'ai découvert également que la langue est un vecteur de culture et également vecteur identitaire", explique-t-elle.
La maison d'édition qu'elle dirige, EJO Editions, fondée par l'écrivain Boubacar Boris Diop, est spécialisée exclusivement dans la publication d'ouvrages en langues nationales. Un choix qui ne va pas sans difficultés, notamment financières. "Nous travaillons sur fonds propres", précise-t-elle, tout en mentionnant quelques soutiens occasionnels comme celui du Fonds d'aide à l'édition de la Direction du livre.
Malgré ces contraintes, son engagement reste total : "On ne crée pas une maison d'édition pour attendre de l'aide. On crée une maison d'édition parce qu'on a envie de le faire", affirme-t-elle. Une philosophie qui reflète sa vision de l'édition comme un acte militant plus qu'une entreprise commerciale.
Pour Ndeye Codou Fall Diop, chaque livre publié en langue nationale représente une victoire et un héritage pour les générations futures : "Les paroles s'envolent et les écrits restent. Demain, quand on parlera de l'histoire culturelle et littéraire du Sénégal, on parlera également d'EJO et de LuDef Wou."
Le message central de cette prof de Wolo au Cesti est clair : un pays ne peut se développer en marginalisant la majorité de sa population. "Dans un pays où ceux qui comprennent et parlent les langues étrangères représentent peut-être 20 % de la population, je crois que tout ce que nous devons faire doit tourner autour des langues nationales", insiste-t-elle.
Cette conviction l'a également amenée à cofonder l'association Fonk Sunuy Làmmiñ, qui propose des cours gratuits d'alphabétisation en wolof, pulaar et serer. "Les cours sont gratuits, en présentiel et en ligne, et les gens peuvent s'inscrire et participer", précise-t-elle, soulignant l'engagement bénévole des membres de l'association.
Au-delà de l'alphabétisation, l'association organise également des événements culturels comme "Taataan" pour présenter des ouvrages en langues nationales et rendre hommage aux pionniers du domaine.
Interrogée sur la place des femmes dans le monde littéraire, Ndeye Codou Fall Diop est catégorique : "les femmes doivent s'exprimer parce que, comme on dit, elles sont mieux placées pour parler de leurs propres problèmes." Elle explique que les préoccupations et les perspectives féminines apportent une dimension essentielle à la littérature.
Pour encourager davantage les femmes à prendre la plume, elle recommande de "soutenir des événements comme 'Miss littérature' organisé par Salamata Ousman Diallo ou 'Le salon du livre féminin d'Amina Seck". Par ailleurs, elle suggère que l'on puisse mettre en place des ateliers d'écriture et aider les femmes à publier leurs ouvrages.
par Youssoupha Mbargane Guissé
ETHNICISME NEEDO KO BANDAM, VIOLENCES ET PRÉDATION SOUS MACKY SALL
EXCLUSIF SENEPLUS - En instrumentalisant les liens ethniques et communautaires traditionnellement facteurs de cohésion, le précédent pouvoir a établi un réseau clientéliste permettant le contrôle total de l'appareil d'État
Toute analyse faite, la particularité du système Macky Sall a été une gouvernance mue par l’ignorance, la cupidité et la peur. L’ignorance a développé l’esprit de soumission à l’impérialisme et le mépris des siens, le peuple sénégalais. La cupidité a nourri la prédation inouïe des biens et des ressources et aussi entretenu la peur de tout perdre. Cet état de fragilité psychologique a imprégné toute sa gouvernance orientée vers un seul but, celui de perpétuer cette prédation par le moyen déclaré de « réduire l’opposition à sa plus simple expression » ! Cette conception de la « réduction » est celle de la « négation », de « l’élimination » de l’adversaire politique perçu comme une menace. Une telle conception animée par la crainte de l’adversité se traduit nécessairement sur le terrain politique par le recours à la violence répressive et aux pratiques corruptrices. C’est dans cette direction que le président Macky Sall a cherché sa légitimé et sa cohérence en référence au Needo Ko Bandam, un trait culturel du Bien vivre ensemble, commun aux sociétés apparentées de cette partie de l’Afrique de l’Ouest appelée Sénégambie. Cette valeur d’appartenance identitaire est ici travestie dans un nouveau contexte comme facteur culturel de structuration de son groupe politique. L’objectif est dès le départ pour cette minorité d’accaparer l’appareil d’Etat et d’exercer son contrôle total sur le pays.
Le Needo ko Bandum. Une tradition de Téranga
Le Needo ko Bandum signifie en Pular, « l’homme, c’est sa parenté ». Autrement dit, seule l’appartenance à la même communauté ethnique, parlant la même langue définit l’individu. Cette parenté communautaire est primordiale car elle établit un lien sacré de solidarité entre tous ses membres. Ce lien de dépendance personnelle de l’individu à l’égard des membres de sa famille, de son ethnie et de sa communauté est tout à fait naturel et a constitué la base sociale et affective de la cohésion sociale des communautés africaines dans la longue histoire. La préservation des liens sacrés de cette parenté s’est faite par la gestion des inégalités à travers de puissants et subtils mécanismes de domestication de la violence. La culture de la paix (jàmm) s’est ainsi maintenue depuis des siècles à travers les générations dans la vie des différentes communautés en présence. Ainsi la Téranga (l’hospitalité) et le (Kal) le cousinage à plaisanterie, sont devenus à travers les âges, un patrimoine collectif précieux, un trait essentiel commun de civilisation à ces communautés diverses et apparentées. La sociabilité musulmane sufi des confréries a fortement renforcé cette culture traditionnelle d’unité, de cohésion sociale et de culture de la paix, lorsque à partir du 19é siècle, les confréries ont assuré la réorganisation des sociétés défaites militairement et ont porté l’élan puissant de leur renouveau.
Un montage dans l’imaginaire
La volonté de contrôle total sur le pouvoir d’Etat s’est appuyée sur l’appartenance du groupe dirigeant à la même communauté de langue et de culture qui dans le passé, aurait une suprématie sur les autres. Naturellement, il faut pour cela une terre d’origine ancestrale fondatrice de la légitimation de ce pouvoir, un territoire, un village de naissance. Cet ancrage dans l’espace et le temps conjugués donne un caractère sacré au pouvoir en place. Celui-ci est alors frappé du sceau de l’intemporel et devient par nature un pouvoir fort, non contestable, celui du Roi, Buur Guede ! On assiste ainsi à un reclassement politique des rapports de forces par leur transfert à un niveau purement symbolique, mais avantageux. Il s’effectue un effet de surimposition à la suite duquel le pouvoir d’Etat républicain porte en même temps la figure du royaume imaginaire construit par le Griot. Deux périodes historiques forts éloignées dans le temps et complètement différentes, sont recomposées en une même séquence présente, assurant au clan du président Sall, noyau dirigeant de l’APR, la légitimité historique de sa domination politique sur le pays.
L’instrument politique d’un groupe
Ce mélange implicite et diffus d’émotions et de croyances rétrogrades repose sur une perception floue de l’histoire, un fantasme sur sa propre identité de groupe. Une telle falsification a pour fonction de renforcer l’unité d’appartenance du groupe dirigeant et la légitimité de sa position hégémonique au sein de l’Etat. Cette opération mystificatrice est en même temps une dangereuse auto-aliénation du groupe lui-même et a sa propre décadence inévitable. Elle a en effet enfoncé davantage le pouvoir dans l’aveuglement politique et dans une logique implacable de répression massive des mouvements de contestation. Ainsi une gouvernance prise dans les flux des émotions, pulsions et des présupposés idéologiques, a entrainé la détérioration des fondements institutionnels, juridiques et moraux de la République. Elle a rejeté alors la transparence et les dispositifs consensuels et démocratiques garantis par la Constitution du Sénégal. Pour rester au pouvoir coûte que coûte, le président Macky Sall a encouragé les pratiques de manipulation dont l’ethnicisme Al Pular, au risque de la dislocation du pays. L’ethnicisme Needo Ko Bandam est donc ce lien d’appartenance culturel et linguistique utilisé sciemment pour assoir un clientélisme politique de privilèges et de corruption multiforme. En l’introduisant de manière diffuse et confuse dans la sphère dirigeante de l’Etat, le président Macky Sall et son clan l’on utilisé comme instrument d’efficacité politique, d’organisation et de déploiement opérationnel de l’APR.
Le binôme Macky-Farba
Cette démarche ethniciste dans les rapports politiques a permis de justifier la concentration extrême du pouvoir aux mains d’un groupe restreint. Ce dernier s’est donné la légitimité d’occuper la haute direction politique du pays afin de s’enrichir et de jouir abondamment des biens et privilèges. Le cas du griot Farba Ngom est très illustratif de cette fabrique de parvenus dont l’APR a été le foyer.
En effet, Farba Ngom a été au cœur de la stratégie, de l’organisation du modèle ethniciste qu’il incarnait lui-même de manière ouverte. Parti de rien de son village natal pour immigrer à Dakar où il a exercé plusieurs petits métiers, il est parvenu à être l’ami et le griot attitré du président Macky Sall et un des principaux animateurs de son parti, l’APR. Personnage très influent, il est devenu très rapidement un puissant homme d’affaires multimilliardaire et ne s’en cachait pas. Ami écouté, griot et bras droit du président, il jouait un rôle clé dans la configuration de la gestion politique ethniciste et politico-affairiste de l'Etat. Une des particularités de ce mode de gouvernance est le binôme formé par le président Macky Sall à la tête de l’Etat, gérant la haute politique et son griot animateur, gérant sur le terrain les réseaux affairistes. Autour de ce binôme tournaient en connexion différents cercles de soutien et de service : les alliés complices de Benno Bok Yakaar, certains responsables de la haute administration, des finances et du contrôle territorial, des marabouts et des griots influents, des commerçants importateurs, des quotataires, des gens du business privé, de nombreux courtisans, des journalistes et hommes de main à solde. Une telle structuration de gouvernance politique et de compromission affairiste et clientéliste a permis leur hégémonie chaotique sur le pays pendant douze ans. En effet, le président Macky Sall s’est appuyé sur les moyens de l’Etat pour exercer un acharnement sur le Pastef, son leader, ses cadres, sur la jeunesse et les populations, exerçant violences psychologique et morale, manipulations judiciaires, procès arbitraires, emprisonnements, tortures et tueries de manifestants. Tout cela dans une ambiance d’arrogance de certains membres du « cercle Al Pular » envers les opposants.
Le cercle Al Pular
En effet, pour assurer l’hégémonie politique du groupe dirigeant, le président Macky Sall a mis en place un dispositif institutionnel de nominations aux postes stratégiques de l’Etat. Ce maillage administratif assurait un contrôle politique stratégique à caractère ethnique Al Pular au cœur même de la gouvernance de l’Etat. C’est ainsi que de nombreux postes de décision, de contrôle et de sécurité au plus haut niveau de l’Etat ont été confiés à des responsables de l’APR originaires du Fuuta ou d’appartenance Al Pular. Ce mode d’organisation clanique reposait au plan économique sur la cooptation et la promotion d’éléments incompétents, mais rusés et efficaces dans le fonctionnement des réseaux affairistes d’enrichissement facile et rapide. L’économie du pays était ainsi sous l’emprise de trois catégories constituées par : - l’attelage d’hommes d’affaires milliardaires, industriels, chefs d’entreprises, banquiers, en particulier du régime libéral précédant, - des hauts fonctionnaires corrompus de l’administration bureaucratique classique en place depuis le président Senghor, et - des gens de la débrouillardise, issus des milieux précaires et des trafics illicites de tout genre qui ont prospéré à la faveur d’une économie mondiale de réseaux financiers et de trafics de tout genre. De cet ensemble composite, certains ont été promus et se sont retrouvés en connexion dans les instantes influentes de l’APR, sous la Direction du président Sall et de son griot Farba Ngom.
L’appareil APR
L’Alliance pour la République, APR garantissait - l’efficacité des pratiques de contrôle absolu du chef sur les membres du clan, -l’enrichissement scandaleux de ces derniers et la garantie de leur impunité, - la corruption organisée de tous les segments des élites du pays, - l’encadrement de la violence répressive sur l’opposition et les manifestants. Une telle structure renforce le pouvoir redoutable du Maitre sur les membres du clan, en contrepartie d’avantages de protection, de promotion et de possibilités ouvertes d’enrichissement personnel. Le Needo ko Bandam est somme toute un dérivé local du mode d’organisation caractéristique de la mafia, sans le code d’honneur de celle-ci.
Autour du président et du cercle Al Pular ont gravité des personnages troubles, souvent issus de nul part, courtisans, démarcheurs, nervis, prostituées, passeurs et aventuriers de tout bord. Ces arrivistes ignorants et arrogants promus au sein de l’APR se sont très vite immensément enrichis et ont renforcé la culture de la violence pour préserver leurs privilèges et le système lui-même. En effet, tous n’avaient qu’une seule patrie : le monde glauque de l’argent, celui des milliards, de milliers de milliards amassés, détournés, blanchis ! Il leur fallait avoir le contrôle de tous les leviers institutionnels de l’Etat pour s’accaparer impunément des biens et brader les ressources du pays. Ce réseau sélectif ethniciste et mafieux en connexion à de puissants intérêts étrangers, opérait dans tous les secteurs de l’Etat, de l’économie et du commerce par des pratiques de corruption, falsification et dissimulation.
Le favoritisme prévalait selon les proximités avec le cercle, s’agissant des recrutements et des promotions, de l’octroi des avantages et prébendes, des deals sur les marchés publics, le foncier, les patrimoines de l’Etat, les ressources minières, etc. Tout cela servait à consolider au détriment de la République, le pouvoir affairiste d’un clan, d’une famille et de nombreux lobbies. Ainsi, l’ethnicisme ambiant sous le régime du président Macky Sall a renforcé la cupidité avec laquelle un petit nombre a dépossédé le pays de ses biens, spolié ses richesses et marché sur des corps juvéniles fauchés par les balles, inertes, avec le drapeau du Sénégal entre les mains.
Ostracisme et pulsions de mort
Le gouvernement du président Macky Sall a même pratiqué un ostracisme ethniciste à l’égard de la région de la Casamance en bloquant délibérément les activités économiques et le commerce avec le reste du pays, cela pendant de longs mois. Ce fut une manière de punir les communautés et la jeunesse acquises au projet de Ousmane Sonko et conquises par son leadership. Cette répression contre la région fut un acte véritable de trahison de la Nation ! Le Neddo Ko Bandam imprégnait les rapports politiques, mais par sa nature fluide-obscure, son caractère ethno-raciste implicite ne pouvait s’exprimer au grand jour. Il n’avait pas la dignité d’une idéologie, n’en avait ni les capacités, ni les arguments, ni la raison morale, ni même le courage. C’est peut-être pour cela, qu’elle s’est rétractée, confinée à l’intérieur d’elle-même, nourrie de ses propres démons : l’ignorance, la cupidité et la haine. Mais l’intensification du conflit politique et les confrontations sur le terrain ont poussé le président Macky Sall à recourir pour se maintenir, à son fort penchant psychique, la « réduction » : procéder à des emprisonnements massifs, aux tortures et tueries. Les pulsions de mort ont donc explosé dans les maillons extrémistes du cercle dirigeant, les poussant à organiser la répression contre le peuple, recrutant des nervis mêlés aux Forces de Défense et de Sécurité, FDS. Certains cadres et militants, députés, journalistes, « insulteurs » du camp de l’APR, ont même publiquement appelé au meurtre des dirigeants de l’opposition patriotique, sans jamais être inquiétés. Le régime du président Macky Sall a laissé ainsi librement se développer une culture de la haine et de la criminalité politique dans le pays. Certains ont appelé cela « un gangstérisme d’Etat » !
Le Bloc de résistance
Cependant face à cela et aux manœuvres de division ethniciste, régionaliste et aux manipulations d’accusation de terrorisme, les dirigeants du Pastef et le peuple dans son ensemble, ont fait preuve de grande responsabilité et d’esprit citoyen, en restant focus sur les objectifs de la victoire électorale démocratique, préservant ainsi l’unité du pays et la cohésion sociale. Les communautés elles, dans leur diversité culturelle, religieuse confessionnelle, s’en sont toujours tenues au respect du pacte ancestral de paix et de solidarité entre elles. Dans tous les cas, les armatures communautaires, lignagères, familiales et les héritages spirituels du bien vivre ensemble ont constitué et restent des remparts à toute tentative de division et de séparatisme au Sénégal. L’échec de l’expérience du MFDC est à cet égard édifiant, de même celui du projet ethniciste Needo Ko Bandam qui s’est effondré. Aujourd’hui l’engagement citoyen et panafricaniste de la jeunesse sénégalaise constitue une puissante force contre tout mouvement ou idéologie prônant l’obscurantisme séparatiste. Désormais la réunification politique du continent pour l’abondance, la puissance et le rayonnement est le vaste horizon de ses rêves et de son engagement.
La transition révolutionnaire
Le cauchemar semble fini à présent, bien que se prolongent encore des attaques répétées dangereuses contre le nouveau pouvoir et les institutions. C’est une logique propre à toute situation de transition. Les forces centrifuges du régime déchu appuyées sur des réseaux de soutien extérieurs, s’organisent pour saper les ruptures salutaires mises en œuvre. Le peuple et ses dirigeants doivent faire face aux actes sabotage, de désinformation et de déstabilisation à tous les niveaux. La transition politique est complexe avec ses défis et ses promesses de grands succès. Elle exige des taches théoriques, celles de renforcer les nouveaux paradigmes de rupture conceptuelle et éthique, conditions de la reprise de l’initiative historique. Elle exige particulièrement à la direction politique et stratégique du Pastef de mener à bien les taches suivantes :
- une révolution culturelle, linguistique et pédagogique qui puise dans le génie culturel du peuple et potentiel subversif de ses traditions,
- une intelligence collective dans la direction politique stratégique du pays,
- une sécurisation de la révolution et de ses dirigeants,
- une mobilisation politique des masses,
- une économie productive moderne d’abondance,
- une politique des égalités sociales et territoriales,
- une stratégie de souveraineté politique régionale et panafricaine.
Ces conditions parmi d’autres, exigent chacune des politiques adaptées dont :
- la formation politique et idéologique des cadres et militants dans les pures traditions des résistances africaines, et des expériences révolutionnaires dans le monde,- la communication permanente avec les masses pour leur éveil de conscience élevé,
- la montée en puissance de la jeunesse sur les lignes de front de l’expertise scientifique et de l’innovation technologique de pointe,
- une refonte profonde de l’Administration et des Académies scientifiques, enfin et surtout
- la mobilisation des intellectuels et savants, des artistes, architectes, ingénieurs et créateurs dans la préfiguration du nouveau monde à naitre.
Le président de l'Alliance démocratique Penco estime que l'argument budgétaire avancé par la majorité pour rejeter la proposition de loi d'abrogation de l'amnistie introduite par Thierno Alassane Sall est "fallacieux" et "dangereux" pour l'avenir
Le président de l'Alliance démocratique Penco, Moussa Tine, a vivement critiqué dimanche le rejet par l'Assemblée nationale de la proposition de loi d'abrogation totale de l'amnistie introduite par le député Thierno Alassane Sall. Invité de l'émission "Point de vue" sur la RTS, il a dénoncé cette décision qu'il qualifie d'"erreur parlementaire".
Selon Moussa Tine, l'argument avancé par la majorité pour rejeter cette proposition - celui des implications budgétaires - est totalement infondé. "La justification est fallacieuse, elle est grave et elle est dangereuse", a-t-il déclaré, expliquant que cette interprétation de l'article 82 de la Constitution crée un dangereux précédent.
"On dit qu'on rejette parce qu'il y a des incidences budgétaires. Mais tout projet de loi entraîne forcément une implication budgétaire, directe ou indirecte", a-t-il argumenté. "C'est quoi la charge nouvelle d'abroger une loi ? La loi existait, elle était là. On l'a créée, on dit juste 'la loi, elle n'existe plus'. C'est quoi la charge budgétaire nouvelle qu'on a créée ?"
Pour le leader politique, cette abrogation représente un devoir moral et politique, notamment pour faire la lumière sur les décès survenus lors des manifestations. "Les Sénégalais sont morts parce que nous avons appelé à des batailles [...]. Il s'est trouvé qu'il y a des Sénégalais qui sont morts", a-t-il rappelé.
"Aujourd'hui, quand nous avons la majorité, nous avons une obligation à la fois morale, mais aussi une obligation politique d'abroger cette loi d'amnistie pour permettre que la lumière soit faite justement sur cette affaire-là", a insisté Moussa Tine.
Il a également tenu à rassurer que l'abrogation ne remettrait pas en cause la situation des actuelles autorités : "Personne ne peut mettre le premier ministre en prison. Et d'ailleurs, nous avions considéré que ces gens étaient injustement en prison."
"Mais par contre, vous allez aider à savoir justement ce qui s'est passé, pourquoi des Sénégalais sont morts. Les familles vont savoir pourquoi leur enfant est mort", a-t-il conclu, estimant que cette vérité est due aux victimes et à leurs proches.
Les belles feuilles de notre littérature par Amadou Elimane Kane
AMINATA SOW FALL, LA VOLONTÉ ET L’ESPOIR
EXCLUSIF SENEPLUS - Elle est une médiatrice qui, par sa belle plume, fait passer une autre image de l’Afrique, celle des traditions, de l’intelligence, de la dignité, de la beauté, de l’énergie à combattre les injustices
Amadou Elimane Kane de SenePlus |
Publication 09/03/2025
Notre patrimoine littéraire est un espace dense de créativité et de beauté. La littérature est un art qui trouve sa place dans une époque, un contexte historique, un espace culturel, tout en révélant des vérités cachées de la réalité. La littérature est une alchimie entre esthétique et idées. C’est par la littérature que nous construisons notre récit qui s’inscrit dans la mémoire. Ainsi, la littérature africaine existe par sa singularité, son histoire et sa narration particulière. Les belles feuilles de notre littérature ont pour vocation de nous donner rendez-vous avec les créateurs du verbe et de leurs œuvres qui entrent en fusion avec nos talents et nos intelligences.
La problématique du roman d'Aminata Sow Fall pourrait a priori s’expliquer simplement. Pourtant il n’en est rien. Les paradigmes qui structurent le récit sont complexes et jamais unilatéraux.
Asta, une femme sénégalaise, la quarantaine diplômée et autonome, est victime d’une injustice alors qu’elle se rend en Europe pour une conférence sur l’Ordre Economique Mondial. A travers le récit d’Asta, arrêtée par la police des frontières et transférée au « dépôt » pour être reconduite chez elle, on assiste aux interrogations du peuple africain sur les sujets majeurs qui agitent le continent noir : la mésestime de soi, l’immigration comme seule chance de survie, chargée d’illusions d’un Eldorado impossible, la corruption des dirigeants africains et l’immobilisme qui en résulte, l’incompréhension et le mépris des autorités des pays occidentaux, la dépendance des Etats africains liée aux aides internationales, au pouvoir dévastateur du Fond Monétaire International, l’inégalité monétaire, politique, économique, sociale, la dureté des conditions de l’immigration, le passé colonial qui hante les esprits et produit les pires injustices.
A travers ces questionnements, Aminata Sow Fall ne donne aucune leçon de morale mais elle propose la voie intellectuelle, celle de l’écriture, la voie humaine, l’élan de dignité nécessaire à la construction, une voix de la renaissance africaine.
La construction littéraire de l’auteure est particulièrement intéressante car les personnages prisonniers du « dépôt » sont les témoins du chaos migratoire et racontent « l’enfer » de la déshumanisation. Le récit est haletant, comme une tragédie antique, au plus près des réalités contemporaines et utilisant un langage poétique qui émerge quand renaît l’espoir.
A l’extérieur du cachot, Anne, une amie française de Asta, se bat pour démêler l’imbroglio teinté de racisme primaire et l’injustice faite à sa « camarade ». Militante et convaincue de l’innocence de Asta, elle se heurte à la rigidité administrative, aux mensonges des diplomates, aux fausses promesses. Pendant ce temps, le drame continue de se jouer dans l’enceinte du « dépôt ».
Anne aussi rêve d’un monde meilleur pour former une ronde humaine et solidaire. C’est ce désir très fort qui unit les deux femmes si différentes et si semblables à la fois. C’est dans cette tentative d’harmonie féminine, de combat et de partage que prend toute sa dimension le récit de l’auteure.
Car Aminata Sow Fall est une médiatrice qui, par sa belle plume, fait passer une autre image de l’Afrique, celle des traditions, de l’intelligence, de la dignité, de la beauté, de l’énergie à combattre les injustices.
Dans l’épilogue du récit où Asta retrouve enfin la liberté, la blessure est vive mais elle n’est pas brisée. Et comme cadeau, elle reçoit une terre africaine qu’elle va aménager et cultiver pour la postérité. C’est le retour à la terre des ancêtres, loin de la cruauté de la ville, loin de l’illusion destructrice des côtes européennes.
Les Douceurs du bercail sont les richesses qui émergent de la terre de l’Afrique si l’on se bat, si l’on y croit, si le rêve est intact et que l’on transforme le savoir en abondance et que l’expérience devient sagesse.
Le roman de Aminata Sow Fall est l’expression de la force, de la confiance sereine, de la beauté, de la vérité, de la lumière de l’Afrique, éléments essentiels de la Renaissance Africaine et de la conscience historique du peuple africain.
L’EUROPE CLOUEE AU PILORI, L’UKRAINE ET ZELINSKI VOUÉS AUX GÉMONIES ?
EXCLUSIF SENEPLUS - Le Vieux Continent vient de se rendre compte d’une erreur capitale : celle de ne s’être concentrée que sur l’Europe économique et de n’avoir pas initié plus tôt, l’Europe de la défense
Le monde est sûrement dans une phase transitoire. Il vit des moments aussi difficiles qu’incertains, qui vont aboutir à un nouvel organigramme dans les relations internationales. Rien ne sera plus jamais comme avant.
Ce processus commencé depuis longtemps, est aujourd’hui bousculé par les conséquences d’un mal profond et planétaire, porté par une seule force obscure, réincarnée en l’homme le plus puissant du monde. Il vient accélérer la recomposition géopolitique, géostratégique et économique du monde.
À lui seul, cet homme représente la pire des choses qui soit arrivée à l’humanité depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Vous avez bien lu « deuxième » et pas « seconde », parce que la troisième guerre mondiale a déjà commencé.
Trump: Malum ex machina
Vous pouvez parfaitement vous fier à ce néologisme barbare de mon cru, il dépeint le caractère de la bête politique (au sens péjoratif de l’expression) qu’est Donald Trump. Il est comme qui dirait, un mal, une calamité sortie de la machine pour déstabiliser le monde. Tout l’opposé du « deus ex machina ».
À la chute des valeurs morales, constatée dans toutes les sociétés contemporaines, correspond l’émergence d’une classe politique décomplexée qui promeut et accompagne la consécration des idéaux autrefois indéfendables, parce que considérés comme immoraux, amoraux, violents et injustes.
L’avènement de Trump, et les multiples mesures contestables et contestées à travers le monde, qu’il s’empresse de mettre en place en sont les exemples les plus frappants.
Lui qui a accès au renseignement le plus pointu, est certainement au courant de cette décrépitude des valeurs sur lesquelles il a d’ailleurs surfé pour accéder une seconde fois à la tête de la première puissance mondiale. Le monde et les relations internationales n’en sortiront pas indemnes.
Populiste à souhait, il est maître dans l’art de « vaincre sans avoir raison ». Pour cela, il n’hésite pas à dire des contre-vérités, donner de faux chiffres, mener une politique débridée et « épileptique » , en abusant de la naïveté et de l’inculture d’une grande partie de son électorat.
Il sait que les grandes civilisations sont menacés dans leur suprématie et leur existence pour certaines. Il fait tout pour sauver la peau de l’Amérique, quelqu’injustes que puissent être ses décisions. Il n’a pas de scrupule et s’est entouré de jeunes loups de sa trempe, avec un seul objectif assumé : L’Amérique d’abord par tous les moyens.
C’est un businessman sans affect qui déroule en fast-track et de façon désordonnée (du moins en apparence) des décrets et décisions divers pour sanctionner, interrompre, autoriser ou encourager.
La malchance ou la chance est que Donald est intelligent et, parait-il, « logique » selon Macron. Ayant réussi dans les affaires, il est convaincu d’être doté d’une intelligence supérieure et d’un flair politique sans égal.
Sa réélection presque facile, en battant tous les records a conforté ses certitudes.
A vrai dire, il n’est pas le seul coupable. Mais il arrive à point pour exacerber les hostilités et accélérer les événements car il sait qu’il n’a pas beaucoup de temps. Toutes ses violentes saillies, d’apparence anarchiques et décousues, sont en réalité les maillons d’une chaîne de décisions bien planifiées, qui doivent conduire à une plus grande suprématie américaine au crépuscule de son second mandat.
Avec la « pause » sur l’aide militaire à l’Ukraine, les USA viennent de faire un grand bond dans l’ignominie, l’abjection et la lâcheté, pour rappeler au monde entier qu’il est capable, après sa co-responsabilité dans les dizaines de milliers de morts palestiniens, de danser également, sur des cadavres ukrainiens, après les avoir livrés sans défense, à l’armée russe.
Rien ne l’arrêtera. Il est décidé à continuer son hold-up des terres rares de l’ukraine pour s’accaparer indûment des minerais critiques et autres ressources naturelles dont il a besoin pour approvisionner les industries de pointe de son pays, dans la production des technologies nouvelles comme l’intelligence artificielle et s’affranchir de la dépendance vis à vis de la Chine, devenue son challenger direct.
Donald Trump est pragmatique et cela lui suffit. Il n’a pas besoin De s’encombrer d’empathie ou de sentiments humains. Il est un robot-président qui s’est auto-programmé un logiciel d’optimisation de richesses à tout prix. Il n’a ni amis, ni alliés. Tout au plus, il peut avoir des partenaires conjoncturels, sur une ou des questions factuelles. Et c’est tout ! L’Europe, comme l’Afrique, est en train de l’apprendre à ses dépens. Elle organise sa riposte.
L’Europe poussée, à son corps défendant, a assumer son propre destin militaire
Le comportement arrogant et égocentrique de Trump et le violent clash avec Zelinski ont eu, au moins un avantage. C’est de faire se resserrer les rangs des Européens en leur apprenant, à leur dépens, qu’on ne délégue pas sa sécurité, de surcroît à un allié impérialiste et capitaliste. Ces derniers termes, qui résonnaient désuets, tellement on ne les rencontrait plus que dans les manuels d’histoire, ont été remis au goût du jour par les deux plus grandes puissances militaires.
Pour Trump, les choses peuvent ne pas se dérouler comme lui et ses équipes l’ont prévu. car si on souhaite garder quelqu’un sous sa domination, on ne doit pas le pousser a rechercher les moyens de s’en affranchir.
Un pouvoir n’existe que dans sa reconnaissance et l’Amérique risque de perdre celle de l’Europe et incidemment sa position de « god-father », de parrain.
En méprisant ses alliés historiques européens, Trump a commis un crime de lèse majesté. En se réunissant à Bruxelles ce 6 mars, l’Europe manœuvre pour continuer à exister et garantir elle-même sa propre sécurité. Elle se prépare un avenir d’affranchie.
La prémonition de De Gaulle vient de se réaliser, les États-Unis ne sont pas les alliés fidèles que l’on pense : « un jour, les Etats-Unis quitteront le Vieux Continent. Celui-ci doit devenir adulte, sauf à céder sur ce qui lui est cher – inviolabilité des frontières, non-recours à la force, appui aux démocraties libérales naissantes ».
Ils viennent de se rendre compte que ni les Nations Unies, ni l’organisation mondiale du commerce, ni la Cour internationale de justice, ni le comité des droits de l’homme, ni les conclusions des conférences d’après guerre, ni les règles strictes de l’OTAN ne seront un paravent à la soif d’hégémonie économique de Donald Trump, qui ne cesse de les piétiner.
Il vient de les jeter en pâture au très vindicatif et ambitieux Poutine qui rêve du retour sur la scène internationale et surtout de la grande Russie. Or la grande Russie s’arrête aux portes de l’Europe unifiée, qui craint désormais pour sa sécurité. Celle-ci est devenue tellement hypothétique avec le désengagement tous azimuts des USA, mais aussi et surtout son intention de sacrifier le destin de l’Ukraine sur l’autel de ses ambitions économiques et politiques, que c’est l’urgence absolue pour l’Europe de trouver un parapluie nucléaire. «On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ».
La décision de l’Europe, sous l’égide du président français, d’ouvrir la discussion sur la nécessité d’une défense par et pour l’Europe, en dit long sur les états d’âme des Européens et leur désillusion vis-à-vis des États-Unis, leur allié majeur dans l’OTAN, qui n’en est plus un.
En fait, l’Europe vient de se rendre compte d’une erreur capitale : celle de ne s’être concentrée que sur l’Europe économique et de n’avoir pas initié plus tôt, l’Europe de la défense.
La France incarne la fierté européenne. Il pousse au sursaut, mais tous les protagonistes ne sont pas réceptifs. Certains, comme Victor Orban de la Hongrie, font la sourde oreille pour cause d’intérêts économiques trop imbriqués, pour ne pas dire dépendants des USA et de la Russie. Pendant ce temps, l’Ukraine perd chaque jour des centaines d’hommes et du terrain et risque de perdre la guerre, si la situation perdure .
Zelinski et l’Ukraine voués aux gémonies ?
Zelinski a fini par se coucher par terre finalement, en présentant ses plates excuses à ceux qui ont essayé de l’humilier dans le bureau ovale, plus pour sauver son peuple et son armée d’une déconfiture certaine et sans précédent que par faiblesse.
Sacrifier un peu de sa dignité et de sa fierté, pour que survive ses intérêts vitaux, sa population ou sa patrie est parfois un exercice auquel pourrait être contraint un chef d’Etat d’un pays faible ou pauvre.
Avec le retrait de l’aide américaine, l’Ukraine risque de perdre les moyens de se défendre aussi bien dans les tranchées que dans les airs et en mer, sans le précieux et très nécessaire renseignement militaire américain.
En effet, sans l’aide américaine, l’Ukraine est condamné à court, terme à négocier en position de faiblesse et à très moyen terme, à une défaite certaine. En attendant, il enterre ses enfants, de plus en plus nombreux à mourir sur le front et des civils dans les bombardements plus récurrents des villes.
Mais l’Ukraine peut, certainement compter sur l’aide et le soutien de l’Europe.
Les Européens n’interviennent cependant pas seulement pour des raisons humanitaires ou religieuses ou pour sauver les pauvres âmes ukrainiennes en souffrance. Elle intervient surtout pour un souci réaliste et géostratégique: la peur qu’a l’avenir, la Russie, puissance impérialiste, ne continue son expansion vers la Pologne, la moldavie et d’autres pays membres de l’OTAN. Ce qui rapprocherait les batteries de missiles russes à portée immédiate des pays européens.
On se rend compte que le monde est entré dans une phase où la force militaire est redevenue le langage économique le plus parlé par les grandes puissances pour « négocier » les questions économiques. Elles ont décidé de piétiner le droit et les codes diplomatiques pour coloniser, de gré ou de force, les ressources et les territoires de leurs voisins et au delà.
La loi de la jungle remplace celle des hommes pour la survie économique.
On assiste à une sorte de débandade des grandes puissances qui n’hésitent plus à se lancer dans des campagnes d’annexion des terres riches ou utiles à leur sécurité ou à leur développement économique, au mépris des règles de droit international et des codes diplomatiques qui assuraient jusqu’ici la justice et la paix entre les peuples.
Tous ces bouleversements augurent d’une redistribution des cartes et d’un avenir difficile auquel est promis l’humanité et surtout les États les plus faibles.
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OUSTAZ TAÏB SOCÉ, LE PRÉDICATEUR AUX MULTIPLES TRIBUNES
Formé exclusivement dans les écoles coraniques, ce maître de l'exégèse a su transformer sa connaissance traditionnelle en succès médiatique. Son émission "Tafsir 2.0" représente l'aboutissement d'un parcours riche en enseignements et en défis
Reconnu comme l'une des voix les plus influentes de la prédication islamique au Sénégal, Oustaz Taïb Socé poursuit son parcours médiatique avec son émission "Tafsir 2.0" diffusée sur Radio Sénégal International et la télévision nationale.
Formé exclusivement dans les écoles coraniques traditionnelles, d'abord auprès de son père puis de son oncle dans un village du Rip, ce natif de Ndina Sabar a commencé sa carrière comme maître coranique pendant une dizaine d'années avant de s'installer à Dakar.
C'est en 1994 que sa carrière médiatique prend son envol sur les ondes de Dunia FM. Son exégèse de la sourate Yassine rencontre un succès immédiat auprès du public, le propulsant rapidement parmi les prédicateurs les plus écoutés du pays.
Malgré une épreuve judiciaire en 2019 - où il a été accusé d'escroquerie avant d'être blanchi par la justice - Oustaz Taïb Socé a su rebondir. En plus de trente ans de carrière, il a multiplié les collaborations avec différents médias (iTélé, Sud FM, RFM, 7FM) et continue d'élargir son audience avec son style d'exégèse caractéristique.
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LE SPRINT DU NDOGOU À DAKAR
Les routes dakaroises se muent en champ de bataille quand l'heure de la rupture du jeûne approche. Des milliers de jeûneurs, affaiblis et impatients, défient les lois de la prudence dans une course effrénée vers leur domicile
À Dakar, le mois de Ramadan transforme les heures de pointe en véritable défi. Chaque soir, les automobilistes se lancent dans une course effrénée pour rejoindre leur domicile avant la rupture du jeûne.
Les embouteillages s'intensifient et la tension monte sur les routes. La faim et la soif, après une journée de jeûne, augmentent l'irritabilité des conducteurs, entraînant parfois des accrochages. "La faim et la soif me conduisent à ressentir de la colère et occasionnent un manque de concentration", témoigne un chauffeur de taxi.
Face à cette situation préoccupante, des appels à la prudence se multiplient. "On est dans le mois de Ramadan, on doit gérer. Soyons juste plus compréhensifs", rappelle un usager de la route.
Pour les fidèles, partager le "ndogou" (rupture du jeûne) en famille reste un moment précieux qui justifie cette précipitation quotidienne. Cependant, les autorités insistent sur l'importance d'arriver à destination sain et sauf, rappelant que la sécurité doit primer sur tout le reste.
LA DOUBLE PEINE DE L'AUTORITÉ PARENTALE
Des procédures administratives bloquées, des enfants privés de voyages ou même de nationalité : le quotidien de nombreuses Sénégalaises est rythmé par l'absurdité d'un Code de la famille qui perpétue des inégalités flagrantes
Maguette Ndao et Ndeye Saly Diatta |
Publication 09/03/2025
Chaque année, la Journée internationale des droits des femmes est l’occasion, pour les Sénégalaises, de faire entendre leurs revendications. Parmi elles, une demande revient avec insistance : la réforme du Code de la famille. Derrière les textes de loi, ce sont des vies qui se jouent, des décisions cruciales parfois bloquées par des dispositions que certaines femmes jugent injustes.
Fatou Dia, la trentaine, est fatiguée. Depuis plusieurs mois, elle enchaîne les démarches administratives pour obtenir un passeport pour son fils. Mais impossible d’avancer sans l’autorisation du pater. ‘’Quand on prend seule en charge son enfant, pourquoi doit-on encore quémander l’accord d’un père absent ?’’ Sa voix tremble et valse entre la colère et l’épuisement.
Comme elle, de nombreuses mères dénoncent les obstacles posés par l’article 277 du Code de la famille. Ce texte reconnaît certes l’autorité parentale conjointe, mais en cas de désaccord ou tant que le mariage subsiste, c’est le père qui a le dernier mot en tant que chef de famille. Une réalité qui, pour beaucoup de femmes, complique les choses au quotidien.
Des pères absents, mais toujours décideurs
Aïssatou, installée en Espagne depuis des années, connaît bien ce casse-tête. Son fils, né à l’étranger, n’a toujours pas la nationalité sénégalaise. Et pour cause : le père, avec qui elle n’a plus de contact, refuse de donner son autorisation. ‘’Même pour aller au Sénégal en vacances, je dois voyager sans lui’’, confie-t-elle, résignée. Malgré des recours judiciaires, la situation reste bloquée.
Ce pouvoir laissé aux pères même absents ou désengagés est au cœur des frustrations. Une autre mère, exaspérée, décrit les lourdeurs administratives : ‘’C’est révoltant de courir après un irresponsable pour faire sortir son propre enfant du territoire.’’ Certaines évoquent même des situations de chantage où l’autorisation parentale devient un moyen de pression. Certains pères vicieux ou frustrés par la séparation l'utilisent contre la mère de leurs enfants.
Les choses, espère-t-on, pourraient changer avec les autorités actuelles. Une députée, membre de la majorité présidentielle, Maïmouna Bousso a posé le problème lors de de la déclaration de politique générale du Premier ministre Ousmane Sonko. Ainsi, elle a exhorté les autorités à décliner des orientations pour régler cette problématique. Mieux encore, la députée Marième Mbacké du groupe parlementaire Pastef/Les patriotes a déposé une question écrite adressée au ministre de la Justice. ‘’Dans la législation sénégalaise, l'autorité parentale exclusivement réservée au père pose de véritables problèmes aux mères divorcées avec des enfants. La mère divorcée est souvent responsable de la garde des enfants. À cet égard, elle devrait pouvoir signer les documents de voyage de ses enfants mineurs’’, écrit-elle. ‘’Cependant, certains hommes utilisent cette autorité comme une arme de guerre contre leur ex-épouse au point de nuire à leurs propres enfants en leur refusant, sans raison, la signature de l'autorisation parentale. Ce qui entraîne des conséquences graves, particulièrement pour les enfants vivant avec leur mère à l'étranger’’, argue-t-elle.
D’après Marième Mbacké, ‘’les femmes de la diaspora sénégalaise nous ont souvent interpellées sur ces questions. C'est pourquoi, sans adopter une perspective féministe, nous vous prions de reconsidérer cette mesure. Le père, en tant qu'autorité morale au sein de la famille, ne pose pas de problème, mais il est important que les deux parents puissent donner leur consentement aux voyages de leurs enfants’’. Ainsi, ‘’pour remédier à cette situation, ne serait-il pas opportun de réviser le Code de la famille ? Quelles seraient les mesures que vous comptez prendre pour trouver des solutions à ce problème’’, a demandé Marième Mbacké à Ousmane Diagne.
Ce dernier n’a pas encore répondu ou, du moins, sa réponse n’est pas pour le moment publiquement partagée. Donner une suite favorable à cette demande aidera à couronner des années de luttes des Sénégalaises.
Par ailleurs, existe une autre disposition légale jugée discriminatoire à l’égard des femmes. Il s’agit de l'article 196 du Code de la famille. Il interdit la recherche de paternité pour un enfant né hors mariage, sauf si le père accepte de reconnaître l’enfant. Une disposition qui, pour beaucoup, prive les enfants de leur droit à connaître leur filiation et place les mères dans une situation de dépendance juridique.
Le 8 Mars, au-delà du folklore
Par ailleurs, alors que les préparatifs pour la Journée internationale des droits des femmes battent leur plein, certaines veulent profiter de l’occasion pour mettre ces questions au centre des débats. ‘’Le 8 Mars, ce n’est pas juste pour défiler ou offrir des fleurs. On veut des changements concrets, surtout sur l’autorité parentale’’, martèle une militante engagée dans la défense des droits des femmes.
Depuis 2004, le Sénégal est pourtant signataire du Protocole de Maputo, un texte continental qui garantit l’égalité entre les hommes et les femmes, y compris dans les droits parentaux. Mais vingt ans plus tard, plusieurs dispositions du Code de la famille restent en décalage avec ces engagements. C’est le cas de l’article 111, qui fixe l’âge minimum du mariage à 16 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons. Une différence qui, pour les défenseurs des droits humains, consacre une inégalité dès l’union matrimoniale et va à l’encontre des principes d’égalité défendus par le Protocole.
Un combat long et éprouvant
Pour celles qui décident d’entamer des démarches pour obtenir la puissance parentale exclusive, le chemin est semé d’embûches. ‘’Il faut être prête mentalement et financièrement. C’est long, compliqué et rien ne garantit qu’on aura gain de cause’’, explique Mariama, qui a engagé une procédure contre son ex-mari.
Certaines espèrent que le nouveau régime politique fera de ces questions une priorité. ‘’Il est temps qu’on arrête de laisser un père absent décider de la vie de son enfant’’, tranche une autre mère, lassée par les lenteurs administratives et juridiques.
Entre attentes et espoir de réforme
Pour beaucoup, il ne s’agit pas seulement d’une question juridique : c’est une bataille pour la dignité et l’égalité. Derrière ces revendications, il y a l’espoir qu’un jour, être mère au Sénégal ne rime plus avec dépendance ou impuissance face à la loi.
À l’approche du 8 Mars, ces voix veulent se faire entendre. Et au-delà des discours officiels et des célébrations symboliques, elles attendent surtout des actes.
Les noms des femmes qui ont témoigné dans cet article sont des noms d’emprunt.
LETTRE collective AU SG DES NATIONS UNIES
DE LA PERSÉCUTION DES TUTSI CONGOLAIS
EXCLUSIF SENEPLUS - Le conflit de l'Est de la RDC ira en s'aggravant tant que la question de la nationalité des Banyarwanda du Congo ne sera pas résolue. Aucun groupe humain ne peut accepter indéfiniment la négation de son être
La situation dans l'est de la RDC occupe régulièrement la une des journaux et attire l'attention des dirigeants politiques. Des écrivains, artistes, hommes d'État, journalistes, représentants religieux, survivants de génocide, chercheurs et universitaires provenant des quatre coins du globe ont pris la décision de dénoncer le silence entourant la persécution des Tutsis congolais. Plus de 400 signataires, originaires de plus de 50 pays, ont pris la décision d'envoyer une lettre au Secrétaire général des Nations Unies. Parmi ces éminentes personnalités, on trouve des scientifiques tels que le professeur indien Bibhuran Nayak, récipiendaire d'une médaille d'or en sciences géologiques, le professeur brésilien Carlos F.O. Graeff, le professeur Josias Semujanga, membre de la Société royale du Canada, Jean-Pierre Karegeye, Directeur du Centre pluridisciplinaire sur le génocide. On y retrouve également la présidente de l'université américaine de Bulgarie, Dr Margee Ensign, des historiens spécialisés dans la région des Grands Lacs, tels que Vincent Duclert et Jean-Pierre Chrétien.
Plusieurs écrivains de renom tels que Boubacar Boris Diop, lauréat du Prix international de littérature Neustadt 2022, Gaël Faye, lauréat du Prix Renaudot 2024, Dominique Célis, ainsi des survivantes et autrices comme Yolande Mukagasana, Esther Mujawayo et Félicité Lyamukuru, ont signé la lettre.
De nombreuses associations représentant les victimes, établies en RDC, au Rwanda, au Burundi, aux États-Unis, au Canada, en France, en Belgique, en Papouasie-Nouvelle-Guinée (Océanie), ont décidé de faire entendre leur voix. C’est aussi le cas de nombreux hommes d'État, en fonction ou en retraite, qui appellent aussi à chercher et trouver une paix durable. Parmi eux, le professeur Charles Murigande, ancien recteur de l'Université du Rwanda et ancien ministre des Affaires étrangères et ambassadeur, le sénateur belge, Dr. Alain Destexhe.
Les signataires considèrent que le conflit dans la région orientale du Congo a été réduit à une unique narration : celle de la menace de fragmentation de l'État et de l'exploitation de ses ressources. Le monde demeure largement indifférent à l'exclusion des Tutsi congolais, tandis que l'incitation à leur extermination est soutenue par certains acteurs politiques congolais. Les signataires de la lettre sollicitent l'intervention de l'ONU afin de prévenir un génocide analogue à celui des Tutsis au Rwanda en 1994, compte tenu de la situation alarmante. Ils soutiennent une perspective holistique de la crise en procédant à un réexamen de ses causes profondes.
En résumé, les signataires estiment que les Nations Unies se doit d'intervenir avec célérité pour garantir la protection des Tutsi congolais ainsi que d'autres communautés menacées. À cet égard, il présente huit recommandations en vue d'établir une paix durable.
M. António Guterres
Secrétaire Général des Nations Unies
Siège des Nations Unies
New York, NY, 10017
405 East 42nd Street,
New York, NY, 10017, USA.
Monsieur le Secrétaire général,
Nous, écrivains, artistes, journalistes, avocats, religieux, membres de la société civile, chercheurs et professeurs des universités d’Afrique, d’Amérique du Nord, d’Amérique Latine, des Caraïbes, d’Europe, du Moyen Orient et d’Asie unissons nos voix pour exhorter respectueusement l'Organisation des Nations Unies à ne pas répéter les mêmes tragiques erreurs d'appréciation que lors du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994. Des graves événements de l'Est du Congo plongeant leurs racines dans l'histoire, n'émerge qu'un récit unique : le risque de balkanisation du Congo et l’exploitation de ses richesses. On passe ainsi sous silence l’exclusion des Tutsi congolais dont l'extermination est de plus en plus ouvertement évoquée par certains acteurs politiques. Cette guerre, aussi abominable soit-elle, ne saurait être réduite à une seule de ses causes. Elle résulte plutôt d'un mélange explosif de tensions sociales et économiques qui se sont progressivement cristallisées en une crise identitaire et en conflit armé.
Il est impératif de conclure un cessez-le-feu immédiat afin de préserver des vies humaines et d’ouvrir la voie à une solution négociée. Le meilleur moyen d'y parvenir n'est certainement pas de répéter l'accusation particulièrement simpliste selon laquelle le Rwanda soutiendrait le Mouvement du 23 mars (M23) dans le seul but d'exploiter les ressources naturelles du Kivu. Cette interprétation univoque, largement relayée par les médias, choisit d'ignorer les atrocités épouvantables commises au grand jour contre les Tutsi congolais tués, mutilés et parfois dévorés par leurs bourreaux. Elle exacerbe en outre les tensions et alimente les discours de haine. L'actuelle escalade militaire en est du reste une conséquence directe.
Nous vous invitons par la présente à privilégier la recherche d'une solution durable prenant en compte les causes profondes de ce conflit. Telle est à nos yeux la démarche adéquate pour assurer, à travers la stabilité de la région des Grands Lacs, la sécurité et le bien-être de millions d'hommes et de femmes ne demandant qu'à vivre dans la tranquillité.
Nous jugeons tout aussi important de bien identifier les principales forces présentes sur le terrain ainsi que leurs objectifs et leur philosophie politique. Le M23 fait face à l'armée congolaise, appuyée par les FDLR, désignées comme une entité terroriste en raison de leur idéologie génocidaire qui est aussi celle des Wazalendo, composés de plus de deux cents autres groupes armés. Outre des mercenaires européens et les forces des Nations Unies, le Burundi, l'Afrique du Sud, la Tanzanie et le Malawi entre autres pays se battent aux côtés de l’armée congolaise. En plus d'exploiter les ressources naturelles du Congo et de semer la terreur par des viols massifs et des tueries brutales, les groupes armés FDLR et Wazalendo organisent le recrutement forcé d'enfants-soldats. Quant à la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco), elle s'est malheureusement éloignée de son objectif de maintien de la paix en s'associant étroitement à ces groupes armés entretenus par le gouvernement de Kinshasa.
Monsieur le Secrétaire général,
Ce conflit résulte en grande partie du défaut d'intégration de populations regroupées malgré elles au sein de nouvelles configurations frontalières établies par les autorités coloniales. Il est également motivé par le refus de prendre en compte des mouvements migratoires dans la période ayant précédé et suivi les indépendances africaines. Une autre de ses causes est la restriction de la citoyenneté à des critères ethniques et physiologiques. Il est aisé de comprendre que les épreuves subies par les populations tutsi du Congo ont laissé des séquelles dans leur psychisme.
Depuis trois décennies, des centaines de milliers d'entre eux sont condamnés à une vie précaire dans des camps de réfugiés au Burundi, en Ouganda, au Kenya et au Rwanda s'ils n'ont pas trouvé refuge dans plusieurs pays occidentaux. Face à l’indifférence ou à la complicité de l'état congolais, certains d'entre eux ont pris les armes pour assurer leur propre défense. C'est dire que ce conflit ira en s'aggravant tant que la question de la nationalité des Banyarwanda du Congo ne sera pas résolue. Aucun groupe humain ne peut accepter indéfiniment la négation de son être même et, sauf votre respect, les résolutions de l'ONU sont bien dérisoires face à un tel dilemme existentiel.
Nous nous permettons aussi de vous faire remarquer que la tragédie vécue par les Banyamulenge, Tutsi du Sud-Kivu, ne correspond en aucun cas à la fable simpliste que l'on cherche à imposer au monde. Le M23 est en effet né et évolue en dehors des territoires traditionnels des Banyamulenge, dans des zones où les ressources minières sont négligeables. Pourtant les Banyamulenge subissent depuis plus de sept ans, sur la base de cette fausse assomption, les attaques des forces armées congolaises (FARDC) et de diverses milices ethniques telles que les MaiMai.
Au Nord-Kivu, les génocidaires FDLR ont vu leurs rangs grossir dans les zones qu'elles contrôlaient avant d'en être délogées par le M23. Elles s'y étaient livrées pendant longtemps et en toute impunité à toutes sortes d'exactions. L'Etat congolais, au lieu de réagir, les laissait au contraire exploiter les minerais et le bois revendus sur le marché mondial avec la complicité de certains politiciens. De plus, elles percevaient des taxes dans les régions sous leur contrôle. Cette situation a contraint de nombreux Tutsi à chercher refuge dans les pays voisins.
Monsieur le Secrétaire général,
L’étude approfondie de l’histoire complète de la région démontre que l'émergence du M23 n’est pas la cause, mais bien la conséquence de la privation systématique des droits humains des Banyarwanda et des Tutsi en République Démocratique du Congo, faisant d’eux des citoyens de seconde zone interdits de participer pleinement à la société civile.
Julius Nyerere savait donc de quoi il parlait lors qu'il a mis en exergue en 1996 l'indissociabilité des habitants de cette partie de l'Afrique : « (…) il est inutile, disait-il, de respecter les frontières sans respecter les individus qui se trouvent à l'intérieur de ces frontières (…) Par conséquent, en abordant la question du respect de la frontière établie entre l'Allemagne et la Belgique, il est essentiel d'envisager également le respect des populations concernées par cette division.»
On peut déduire de tout cela que l'émergence du M23 n’est pas la cause, mais bien la conséquence de la question des Banyarwanda et des Tutsi en République Démocratique du Congo.
Permettez-nous de soumettre à votre réflexion les faits particulièrement significatifs que voici :
· Trois ans après l'indépendance du Congo (1960), le Nord-Kivu a vécu une période de troubles connue sous le nom de Guerre de Kanyarwanda. Le leader Nande, Denis Paluku a proclamé la souveraineté du Nord-Kivu contre Kinshasa. Ses collègues rwandophones se sont opposés à lui et prôné l'unité du Congo. En réaction, Paluku avait décidé d'envoyer une expédition punitive dans le Masisi. Les Tutsi y étaient arrêtés et exécutés à Kiroshe. En ce temps-là, le M23 n'existait pas.
· Dans les années 80, des étudiants tutsi ont été molestés sur le campus de Kinshasa aux cris de : "Vive la nationalité zaïroise ! A mort les usurpateurs de notrenationalité !". Un tract appelait aussi à "éradiquer partout et dans leur intégralité ces serpents (les étudiants Tutsi) qui veulent nous mordre". On pouvait également y lire ceci : « Tous les écrits reconnaissent que les Tutsi se trouvant au Zaïre, sont des immigrants et partant ne doivent pas bénéficier des mêmes droits que les fils authentiquesde ce pays. » En ce temps-là, le M23 n'existait pas.
· En 1991, les Tutsi congolais ont été interdits de participation à la Conférence Nationale Souveraine, sous prétexte qu'ils n'étaient pas "zaïrois". En ce temps-là, le M23 n'existait pas.
· Pendant la Deuxième République, surtout à partir des années 80, les Tutsi rwandophones avaient la possibilité d’être électeurs sans pour autant être éligibles. En ce temps-là, le M23 n'existait pas.
· La Constitution de la République démocratique du Congo a été modifiée à plus de sept reprises, chaque révision étant associée à la question des Rwandophones. En ce temps-là, le M23 n'existait pas.
Il est clair à nos yeux que la communauté internationale commet une erreur aux effets potentiellement dévastateurs en s'imaginant que l'élimination d'un seul groupe rebelle et l'imposition de sanctions contre le Rwanda suffiront pour restaurer la paix dans l'Est du Congo.
Monsieur le Secrétaire général,
S'il est une leçon à tirer de ce conflit, c'est que la coopération entre l'État congolais, la Monusco, les Wazalendo et les FDLR a contribué à accroître la militarisation de la région et à attiser la haine envers les Tutsi de la RDC et du Rwanda.
Une telle alliance militaire et idéologique entretient une sorte de guerre perpétuelle et éloigne chaque jour un peu plus la paix que votre organisation a pour mission de promouvoir. C'est ce qu'avait bien compris l’ancien président sud africain, Thabo Mbeki, quand il alertait sur le danger d'un conflit de longue durée en ces termes: « Si le gouvernement congolais ne protège pas les Tutsi congolais, alors le M23 continuera d'exister, car ils auront des armes pour se défendre. »
Selon nous, pour une paix et une sécurité durables dans la région des Grands Lacs, il est nécessaire :
· De réexaminer le rôle et la nécessité de la MONUSCO aujourd’hui
· De réexaminer les causes et les conséquences de la faillite des Nations Unies dans la prévention et la lutte contre le génocide des Tutsi, et la possibilité d’un génocide contre les Tutsi congolais à la lumière de la Convention de Genève , des rapports de l’Union africaine ainsi que ceux de Duclert et de Muse
· de prendre au sérieux les préoccupations sécuritaires du Rwanda en neutralisant les FDLR et leur idéologie génocidaire qui gangrène depuis 1994 toutes les anciennes colonies belges ;
· de passer en revue les nombreux accords entre le gouvernement congolais et le M23 en vue de déterminer ce qui a empêché leur application ;
· d’arrêter et décourager tout appui militaire au gouvernement congolais tant que ce dernier continuera à faire appel à des génocidaires, à des mercenaires et à des milices dont le programme politique se limite à l'extermination des Tutsi ;
· de désigner un ou une représentante des Nations Unies crédible aux yeux des deux parties. Son rôle de médiation viserait à promouvoir la paix en impliquant les communautés locales ;
· de réaffirmer le double principe de l’intangibilité des frontières congolaises et du droit inaliénable des communautés tutsi ou rwandophones de vivre en toute sécurité, sur leur terre natale et ailleurs au Congo;
· de garantir la sécurité des minorités en encourageant une éducation aux valeurs favorisant la compréhension de l'identité congolaise à travers le prisme de l’individu-citoyen plutôt que de l’appartenance à une tribu/ethnie.
· de mettre en place une Commission internationale neutre chargée d'enquêter sur les contrats miniers ainsi que sur les pratiques liées à l’exploration, à l’exploitation, à la commercialisation et au financement de l’économie des minerais, des terres rares et des exploitations agricoles et forestières dans toute la République Démocratique du Congo ;
· d’encourager les initiatives de paix initiées par des institutions religieuses telles la Conférence Nationale du Congo (CENCO) en collaboration avec l’Eglise du Christ au Congo (ECC) et récemment celles de l’Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale (ACEAC)
Monsieur le Secrétaire général,
Nous attendons de vous que vous preniez, à l’inverse de celui qui occupait vos fonctions en 1994, la mesure des périls qui menacent des populations civiles sans défense et dont le seul tort est d’être ce qu’elles sont : des Tutsi. Nous pensons qu’il est urgent de procéder à une analyse moins tendancieuse et étriquée de la situation du Kivu, préalable nécessaire à toute solution durable. Nous ne saurions trop insister sur le fait que la focalisation exclusive sur le M23 et le Rwanda est suspecte et encourage les discours venimeux chez les extrémistes de plus en plus hardis qui trouvent dans les médias sociaux un moyen efficace de populariser leur idéologie de haine.
Le génocide de 1994 au Rwanda est encore dans toutes les mémoires. L'ONU a certes présenté ses excuses aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda mais tout porte à craindre que trente-deux ans plus tard elle se verra hélas contrainte de présenter ses excuses aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsi au Congo.
Nous vous invitons à prendre vos responsabilités face aux menaces sur lesquelles nous avons tenu à attirer votre attention. Il n’en va pas seulement du destin des populations des Grands Lacs et de leur besoin de sécurité. Il en va aussi de la crédibilité des Nations Unies et de l’honneur de l’humanité.
Les signataires,
Voici la liste complète des signataires avec leurs noms, professions, villes et pays :
1. **Dr. Jean-Pierre Karegeye** - Director, Interdisciplinary Genocide Studies Center - Boston, USA
2. **Dr. Josias Samujanga** - Professor, University of Montreal - Montreal, Canada
3. **Gael Faye** - Singer, Writer, Prix Renaudot - Paris/Kigali, France/Rwanda
4. **Boubacar Boris Diop** - Writer, Neustadt International Prize for Literature in 2022 - Dakar, Senegal
5. **Dr. Vincent Duclert** - Historian, Senior Research Scientist, EHESS-CNRS - Paris, France
6. **Dr. Ali Chibani** - Writer and journalist - Paris, France
7. **Dr. Wajiha Raza Rizvi** - Senior Research & Policy Specialist, Educationalist, Filmmaker - Lahore, Pakistan
8. **Madeleine Mukamabano** - Journalist - Paris, France
9. **Dr. Karolyn M. Byerly** - Academic, researcher, activist, editor - Washington, USA
10. **Ms. Sumaira Latif** - Journalist DW-Urdu Service/Filmmaker - Lahore, Pakistan
11. **Mr. Khalid Hussain** - Cartoonist, Illustrator, Artist - Lahore, Pakistan
12. **Amadou Bator Dieng** - Engineer - Dakar, Senegal
13. **Djomo Clorore** - Engineer - Garches, France
14. **Jean-Paul Gaffiot** - Historian, Université Cheikh Anta Diop - Paris, France
15. **Dr. Abderahmane Ngayde** - Sociologist, City University of New York - Dakar, Senegal
16. **Jessica Mwiza** - Musician, Cineast - New York, Rwanda
17. **Macky Madiba Sylla** - Engineer - Switzerland
18. **Omar Fall** - Cineast - Paris, France
19. **Pape Altoune Dieng** - Painter, author of works of memory on the genocide against the Tutsi of Rwanda - Dakar, Senegal
20. **Bruce Clarke** - Professor, activist - Paris, France
21. **Dr. Juan Montero Gomez** - Professor of Literature - Spain
22. **Dr. Martin-Suarez** - MonAbelatca - Tenerife, Spain
23. **Mahrouka Gasmi** - Writer, genocide Survivor - Tunis, Tunisia
24. **Yolande Mukagasana** - Researcher in Critical Discourse and Conflict Analysis - Kigali, Rwanda
25. **Dr. Bojana Coulibaly** - Professor of Engineering, San Carlos University - Boston, USA
26. **Dr. Flor de Mayo Gonzalez** - Senior Lecturer, School of Law, University of Rwanda - Guatemala
27. **Dr. Alphonse Murefu** - École de journalisme - Kigali, Rwanda
28. **Dr. Adama Togola** - Research Specialist, Michigan State University - Bamako, Mali
29. **Dr. Jean Kayitsinga** - Development Consultant & Practitioner - East Lansing, USA
30. **Ms. Tahira Habib** - Resident Physician, Mobile Infirmary Hospital - Lahore, Pakistan
31. **Dr. Maryam Mohsin** - Sr. Educational Policy Advisor - Mobile, AL, USA
32. **Dr. Worku Negash** - Retired Professor, Alabama A & M University - Addis Ababa, Ethiopia
33. **Dr. Gatsinzi Basaninyenzi** - Artist - Alabama, USA
34. **Dalita Boitaud** - Visiting Faculty, Canadian University Dubai - Uzest, France
35. **Ms. Faiza Rafique** - Dubai, UAE
36. **Dr. Ambirish Saxena** - University of South Asia - Delhi, India
37. **Dr. Waseem Anwar** - Professor & Director, International Centre for Pakistani Writing in English, Kinnaird College for Women - Lahore, Pakistan
38. **Dr. Muhammad Zahid Bilal** - Associate Professor, Head, Department of Media & Communication Studies, University of Okara - Okara, Pakistan
39. **Dr. Taimoor Hassan** - Professor, University of Central Punjab - Lahore, Pakistan
40. **Dr. Eni Maryani** - Professor, Faculty of Communication Sciences, Universitas Padjadjaran - Bandung, Indonesia
41. **Dr. Veronica Yepez-Beyes** - Professor of Communication, Pontificia Universidad Católica del Ecuador - Quito, Ecuador
42. **Dr. Zara Masood** - Assistant Professor, Forman Christian College - Lahore, Pakistan
43. **Mr. Wasif Karim** - Telecommunication Industry / Sector - Islamabad, Pakistan
44. **Mahwa Aloys** - Researcher, Peace Ambassador and John Lewis Fellow - Goma, DRC
45. **Mr. Rehan Tayyab** - Criminologist - Faisalabad, Pakistan
46. **Tuza Oxygène** - Chercheur en géopolitique - Rotterdam, Pays-Bas
47. **Dominique Celis** - Autrice, écrivaine et professeur de philosophie - Kigali, Rwanda
48. **Dr. Marie-Josée Gicali** - Autrice - Montréal, Canada
49. **Aymeric Givord** - Membre du CPCR et du CA d’Ibuka France - Paris, France
50. **Romain Poncet** - Enseignant en histoire, membre d’Ibuka France - Paris, France
51. **Dr. Surafel Tilahun** - Professor and Head of the HPC and Big Data Analytics Centre of Excellence, Addis Ababa Science and Technology University - Addis Ababa, Ethiopia
52. **MPINGANZIMA-CATTIER Immaculée** - Fonctionnaire - France
53. **Jean-Claude Ngabonziza** - Journaliste - Gatineau, Canada
54. **Nkusi R.** - Developer (I.T.) - Bruxelles, Belgique
55. **Dr. Yoporkea Somet** - Professor, University of Technology - Nairobi, Kenya
56. **Dr. Samba Gadjigo** - Professor, Holyoke College - Massachusetts, USA
57. **Dr. Etienne Musonera** - Professor of Marketing, Mercer University, Atlanta - Atlanta, USA
58. **Immaculée Rukamba** - Retired - Brussels, Belgium
59. **Chantal Mutamuriza** - Human rights Defender - Geneva, Switzerland
60. **Dr. Hélène Dumas** - Historienne, spécialiste du génocide des Tutsi - Paris, France
61. **Innocent Muñozí** - Journaliste, directeur de la Radio TV Renaissance - Burundi
62. **Nestor Bidadanure** - Écrivain et philosophe - Burundi
63. **Dr. Waqas A. Khan** - Advisor (Forests), Minister of Education, Punjab - Changa Manga, Pakistan
64. **Dr. Jean-Berchmans Niakirutimana** - Associate Professor, Arts, Brock University - Saint Catherines, Canada
65. **Dr. Richard Ndayidgamiye** - Lecturer, Arts, Brock University - Saint Catherines, Canada
66. **Dr. Emmanuel Nkururizza** - Educator, researcher, activist, University of Calgary - Toronto, Canada
67. **Dr. Regine Uwibereyeho King** - Calgary, Canada
68. **Dr. Pierre Canisius Kamarzi** - Professor, Education, Université de Montréal - Montréal, Canada
69. **Dr. Nshimiyimana, Eugène** - Associate Professor, Arts, McMaster University - Hamilton, Canada
70. **Henri Boyi** - Senior Lecturer, Arts, Western University - London, Canada
71. **Christian C. Rukimbira, Ing** - Ingénieur de projets, WSP Canada inc. - Montréal, Canada
72. **Jose Brito** - Ancien Diplomate - Praia, Cap Vert
73. **Mr. Asad Khalid** - Artist, Designer, Arimatron Film - Lahore, Pakistan
74. **Dr. Jean B Niakirutimana** - Associate Professor, Brock University - St. Catharines, ON, Canada
75. **Thérèse GASENGAYIRE** - Assistante Sociale - Paris, France
76. **Dr. Aurelia Kalisky** - Researcher, Centre Marc Bloch, Berlin - Berlin, Germany
77. **Annick Kayitesi-Jozan** - Writer, Psychologist, Genocide Survivor - Paris, France
78. **Dr. Jean-Marie Vianney Rurangwa** - Novelist, playwright - Deventer, Netherlands
79. **Eric Perreault** - Fonctionnaire Gouv du Canada (retraité) - Gatineau, Canada
80. **Charles Butera** - Writer - Genocide survivor - Hamilton, Canada
81. **Richard Glasgara** - Lawyer - Paris, France
82. **Remy Kayibanda** - Logistics - Michigan, USA
83. **Stéphane Audoin-Rouzeau** - Historien et directeur d'études de l'EHESS - Paris, France
84. **Jacques Morel** - Writer - Paris, France
85. **Dr. Mahamadou Lamine Sagna** - Professor, Social Science & Policy Studies, Worcester Polytechnic Institute - Worcester, USA
86. **Henriette Mutegwaraba** - Writer, Genocide Survivor - Houston, USA
87. **Gerardine Umulisa** - Conflict Management Specialist/Canadian Federal Gov. Genocide survivor - Ottawa, Canada
88. **Dr. Etienne Musonera** - Professor of Marketing, Mercer University - Atlanta, Georgia, USA
89. **Jean-Luc Galabert** - Consultant en projet de développement - Nyamata, Rwanda
90. **Dr. Caesar Rowland Aperitik** - University of Calgary, AB, Canada - Calgary, Canada
91. **Norbert Munyarusisiro** - Expert in Community Development - Calgary, Canada
92. **Irais Fuentes Arzate** - Professor, National Autonomous University of Mexico - Mexico City, Mexico
93. **Mr. Diishad Rao** - Textile Designer, Researcher, Archivist, Academic - Lahore, Pakistan
94. **Dr. Andrew F. Rusatsi SJ** - Prof of Biblical Exegesis and Peace Studies - Nairobi - Juba, Kenya - South Sudan
95. **Joseph Uwagaba** - Adjunct Professor/ VUZA Poland - Warsaw, Poland
96. **Christian Musana** - Banker - Nienburg, Germany
97. **Dr. Suchismita Pattanaik** - Researcher and Policy Specialist - Bhubaneswar, India
98. **SAMBO Armel** - Professor, History, The University of Maroua - Maroua, Cameroon
99. **Célestin Essoh** - Consultant en informatique - Paris, France
100. **Katherine Hughes Fratesh** - Associate Director, Field Initiatives - Please ADD, Please ADD
101. **Placide TUYUMVIRE** - Please ADD, Please ADD
102. **Bruno Gouleux** - Consultant - Kigali, Rwanda
103. **MUGENZI PATRICK** - Senior Economist, Central Bank - Kigali, Rwanda
104. **Jeanine Munyeshuli** - Economist - Geneva, Switzerland
105. **Aline Muhongayire** - Accountant - Calgary, Canada
106. **Dr. Virginie Brinker** - Enseignante-Chercheure, Université Bourgogne - Dijon, France
107. **Mr. M. Farooq** - Television Producer - Lahore, Pakistan
108. **Mr. Raza Ahmed** - Freelance Journalist - Lahore, Pakistan
109. **Ms. Asma Omar** - Freelance Journalist - Lahore, Pakistan
110. **DABIRE Soviet Aristide** - Attaché d'administration scolaire et universitaire - Dano, Burkina Faso
111. **Dr. Wandia NJOYA** - Associate professor, Daystar University - Nairobi, Kenya
112. **Antoine Mugesera** - Écrivain, Ex-Président de Tiouka, Ex-sénateur - Kigali, Rwanda
113. **Sheba Hakiza** - Treasurer, USRCA, President Pinnacle Planning Associates LLC - Maryland, USA
114. **Emmanuel Ganza** - Senior Pastor Of the House of Grace Church - New York, USA
115. **Rebecca Kalissa** - Educator - Boston, USA
116. **Tom Nataliro** - Advisor and Researcher in Interdisciplinary Genocide Studies Center - Kigali, Rwanda
117. **Alba Purroy** - Peace & Development Consultant / Gender Perspective - Caracas, Venezuela
118. **Racheal Nikuze** - Health Policy & Advocacy - Boston, USA
119. **Dr. BUCAGU Maurice** - Medical Doctor - Please ADD, Please ADD
120. **Mary Balikungeri** - Peace and Development - Please ADD, Please ADD
121. **Claire Rwiyereka** - Health Development & Performance - Kigali, Rwanda
122. **Sandrine Ricci** - Chercheuse et chargée de cours (Université du Québec à Montréal) - Montréal, Canada
123. **Delice Kumbuka** - Please ADD, Please ADD
124. **Antoine Rudasigwa** - Please ADD, Senegal
125. **Esperance Nasezero** - Please ADD, Please ADD
126. **Yehoyada Mbangukira** - Président de la communauté mandalée des États-Unis - California, USA
127. **Jean Baptiste Sibomana** - Business analyst - Johnston, USA
128. **Dirk Deprez** - Lawyer - Brussels, Belgium
129. **Lucas Perla** - Sociologist, professor - Bogotá, Colombia
130. **Donatha Musanabagamwa** - Please ADD, Bondurant, USA
131. **Jacqueline Uwamwiza** - Economist - Dakar, Senegal
132. **Philominna Uwamaliya Thiam** - Pédiatre - Dakar, Senegal
133. **Alexia Nitsuti Muhtre** - Economist - Londres, UK
134. **Yasmine Thiam** - Account - Dakar, Senegal
135. **Andrew Gombaniro** - Economist - Please ADD, Please ADD
136. **Dr. Carlos F.O. Graeff** - Professor, Materials Science, Universidade Estadual Paulista - Bauru, Brazil
137. **Habib Thiam** - Environnementaliste - Dakar, Senegal
138. **MUKANSONERA PASCASIE** - Anthropologue - Kigali, Rwanda
139. **Alhanase Karayenga** - Journaliste Burundais - Cluny, France
140. **Illuminée Mukantaganzwa** - Economist - Dakar, Senegal
141. **Kabano S. Isabelle** - Artiste - Comédienne Rwanda - Kigali, Rwanda
142. **Enrique Pelaez** - Demographer - Cordoba, Argentina
143. **Esperance Nasezerano** - Congolese Living abroad, Sud-Kivu native, A Manzanafenge survivor of the Gaturnia refugee camp genocide - Atlanta, USA
144. **Charles Domingue** - Cinéaste - Saint-Hilaire, Canada
145. **Innocent Niezhyayo** - Avocat et coordinateur du collectif des avocats et de victimes Banyamulenge, Hema et Tutsi du Nord Kivu - Hull, UK
146. **Odette Rwubuzizi** - Présidente Isoko Canada (Ass. des congolais d'ethnie Tutsi) - Toutes les provinces, Canada
147. **Rosine Gasirabo** - Retired - Obidos, Born Sucesso, Portugal
148. **Theophile Rwigimba** - Enseignant - Milton, Canada
149. **Patrick Ndahiriwe** - Coordinator - DRC Refugee Return Initiative (Organisation Sans but lucratif - Canada Office) - Ottawa, Canada
150. **DRC Refugee Return Initiative** - Organisation Sans but lucratif - USA Office - Washington, USA
151. **Noelline Mugisha** - Aide enseignante - Hamilton, Canada
152. **Dr. Jean Kamanzi** - Consultant, FAO - Gatineau, Canada
153. **Georges Ruàgengwa** - Real Estates Manager - Kigali, Rwanda
154. **Dr. Jean Bosco SHEMA** - Enseignant - Huye, Rwanda
155. **Musinga Bandora** - Ambassador (retired) - Dar es Salaam, Tanzania
156. **Pierre Canisius Kamanzi** - Professor, University of Montreal - Montreal, Canada
157. **Jackson Mukiza K.** - Librarian - Please ADD, Please ADD
158. **Olivier Byabagabo (PhD Cand)** - Coordinator of Legacy of Peace Impact - Bulare, Rwanda
159. **Muhvara Bachoba Joseph** - Misericorde ASBL - Sydney, Australie
160. **Barra Hart** - Author, Musician, Pan-Africanist - Abuja, Nigeria
161. **Jeanine Imtura** - Student at Northwest University - Washington State, USA
162. **Patrick Mbonyimtura** - Economist - Kigali, Rwanda
163. **Patrick Seminungu** - Accountant - Washington State, USA
164. **Jules Sebahizi Makura (PhD candidate)** - Governance expert and consultant - Please ADD, Please ADD
165. **BAHATI RUZIBIZA DANIEL** - Civil Aviation Engineer/ATM/Air Traffic Management) - Maine State, USA
166. **Cecil Halkey** - Civil Society Organisation/ Never Again Rwanda - Kigali, Rwanda
167. **Deo MUVUNYI** - Engineer - Kigali, Rwanda
168. **Peter MUJUI** - HR Personnel - Kigali, Rwanda
169. **Dr. Bucagu Maurice** - Medical Doctor - Please ADD, Please ADD
170. **Matabishi Lyjane** - Artist - Torino, Italy
171. **Musoni Oswald** - Catholic Priest Diocese of Goma /DRC - Goma, DRC
172. **NKAKA Jean** - Civil society - Kigali, Rwanda
173. **James Kiru Korneroj** - Community Development Specialist at Community Good Inc. - Port Moresby, Papua New174. NKAKA Jean - Société civile - Kigali - Rwanda
175. James Kinu Komengi - Spécialiste en développement communautaire chez Community Good Inc. - Port Moresby - Papouasie-Nouvelle-Guinée
176. Dr. Bibhuranjan Nayak - Scientifique en chef - Bhubaneswar - Inde
177. Amit Ratanlal Matta - Banquier - Mumbai - Inde
178. Mr. Jack-Abby - Coordonnateur humanitaire - [Ville non précisée] - [Pays non précisé]
179. Dr AKERE Orimisan - Opérateur d'entreprise - Lagos - Nigeria
180. Nathan Mwesigye Byamukama - Chercheur - Kampala - Ouganda
182. Aline Mwamikazi - [Informations manquantes]
183. Dr. Reyna Avila - Pharmacienne - Mexico City - Mexique
184. Dr. Jessie Heather - Médecin - Roseau - Dominique
185. Abg.Edward Ramos - Avocat - Caracas - Venezuela
186. Abg. Reinaldo Ramos - Avocat - Caracas - Venezuela
187. Abg.Eleades Magaly Cedres - Avocat - Caracas - Venezuela
188. Abg. Karina Peña - Avocate - Caracas - Venezuela
189. Amit Matta - Chef d'entreprise - Pune - Inde
190. Philippe Rwinkusi - Comptabilité - Washington - USA
191. Dr. Serigne Sèye - Enseignant-Chercheur, Université Cheikh Anta Diop - Dakar - Sénégal
192. Dr. Sébastien Caquard - Professeur, Université Concordia (Canada) - Montréal - Canada
193. Steven Karake - Professeur d'économie - Vancouver - Canada
194. Dr Benjamin Franklin - Consultant à Water for people - Vancouver - Canada
195. AIsha Dème - Consultante projets culturels, auteure, curatrice indépendante - Dakar - Sénégal
196. Dr. Aloys Tegera Buseyi - Anthropologue - Goma - RD Congo
197. Dr. Abdarajmane Ngaidé - Historien, Université de Cheikh Anta Diop - Dakar - Sénégal
198. Esther Mujawayo - Écrivaine, Traumathérapeute - Essen - Allemagne
199. Catalina Sagarra - Professeure associée, éditrice du journal électronique GenObs - Peterborough - Canada
200. Prof Felicien Karege - Professeur émérite, Université du Rwanda - Kigali - Rwanda
201. Kazinguvu Ruboneka - Président du collectif des communautés Banyamulenge/ Gakondo - Edmonton - Canada
202. Dr. Rangira Béa Gallimore - Professeure émérite - Columbia, Mo - USA
203. Teddy Mazina - Photographe, Artiste - Bruxelles - Belgique
204. Manirarora Annoncee - Ancien membre du Parlement du Rwanda - Kigali - Rwanda
205. Philippe Olle-Laprune - Éditeur écrivain - Mexico city - Mexique
206. Dr. Aimable Twagilimana - Professeur distingué, Buffalo State University SUNY - Buffalo - USA
207. Dr Jean Mukimbiri - Médiateur - [Ville non précisée] - [Pays non précisé]
208. Musoni Damas - Fonctionnaire public et activiste des droits de l'homme - Kigali - Rwanda
209. Evode Kalima - Ancien membre du Parlement et consultant de la société civile - Huye - Rwanda
210. Adélaïde Mukantabana - Écrivaine, survivante du génocide - Dordogne - France
211. Mr. Eric Nsengumukiza - Théologien - Vienne - Autriche
212. Sylvie Amizero - Ressources humaines - Ottawa - Canada
213. Claude Ndahiriwe - Journaliste - Kigali - Rwanda
214. Théophila Nyirahonora - [Profession non précisée] - Kigali - Rwanda
215. Prof. Charles Murigande - Fonctionnaire civil à la retraite - Kigali - Rwanda
216. Mukarumongi Dafroza - Ingénieure retraitée/Co-fondatrice CPCR - Reims - France
217. Alain Gauthier - Président CPCR - Reims - France
218. Murigande Jacques Mighty Popo - Directeur principal, Rwanda School of Creative Arts and Music - Kigali - Rwanda
219. Amadou Bator Dieng - Journaliste, fondateur du site Kirinapost - Dakar - Sénégal
220. Agnès Gumira - Retraitée des Nations Unies - Dakar - Sénégal
221. Denyse Gashugi - Sociologue - Dakar - Sénégal
222. Safari Philemon - Économiste - Kigali - Rwanda
223. Dr. Vincent Rusanganwa - Chercheur, Université d'Umeå - Umeå - Suède
224. Dr Rene BEYNIS - Médecin - Dakar - Sénégal
225. Edith Joyce Beynis - Juriste - Dakar - Sénégal
226. Uwamaliya Condo - Historien/Éducateur - Anvers - Belgique
227. Kalisa Callixte - [Informations manquantes]
228. François MURASHI - Expert en aviation - Dakar - Sénégal
229. Dr Innocent NIZEYIMANA - Bioinformaticien - Dakar - Sénégal
230. Espérance Brossard - Comptable - Niort - France
231. JeanPaul Brossard - Retraité - Niort - France
232. Ndoli Didas - Expert en télécommunications - Kigali - Rwanda
233. Theobald Habiyaremye - Fonctionnaire civil et survivant du génocide - Kigali - Rwanda
234. UWASE BUKURU Christiane - Sociologue - Kigali - Rwanda
235. Dr. Kenedid Hassan - Sociologue - Hargeisa - Somaliland
236. Clementine Murekatete - Consultante en affaires - Kigali - Rwanda
237. Eugène Gumira - Artiste plasticien - Montréal - Canada
238. Charles Mugiraneza - Retraité - Terrebonne - Canada
239. Ngarambe J.D - Résident - Sacramento - USA
240. Nsinga Buki Longin - Trader - Kigali - Rwanda
241. Enrique Teran - Professeur de médecine/Chercheur biomédical - Quito - Équateur
242. Kabano Niwese Sophie - Avocate - Kigali - Rwanda
243. Olivier Uwineza Bahizi - Professionnel de l'information en bibliothèque et archives - Michigan - USA
244. Safari Munyarugendo - Président ISOKO USA - Nashville - USA
245. Kenny Nkundwa - Artiste - Montréal - Canada
246. Hamama Tul Bushra - Artiste, Designer - Olathe - USA
247. Idra Rwafonyo Muhire - Membre Isoko USA - Kentucky - USA
248. Arsene Rutaganya - Membre Isoko Canada - Edmonton - Canada
249. Marie Vandenabeele - Financier - Huy - Belgique
250. Pr Ndayizeye Longin - Spécialiste en santé publique - Kigali - Rwanda
251. Pr Ndayizeye Longin - Ancien membre du Parlement et pharmacien - Kigali - Rwanda
252. Antoine Somayire - [Informations manquantes] - Kigali - Rwanda
253. Emmanuel Nzitatira - Fonctionnaire civil retraité - Kigali - Rwanda
254. Georges Kaneza - Membre Isoko Europe - Halle - Belgique
255. Gilbert RWAMPUNGU GUMIRA - [Informations manquantes]
256. Dr Liberata Gahongayire - Historienne - Kigali - Rwanda
257. Dr Charles Muhizi - Enseignant - Huye - Rwanda
258. Dr. Nima Jerrit John - Professeur associé - Mumbai - Inde
259. NSENGIMANA Jason - Retraité - Kigali - Rwanda
260. Amb.Valens MUNYABAGISHA - Diplomate à la retraite et ancien sénateur, consultant indépendant - Kigali - Rwanda
261. Dr Muhakanyi NSANZE - Psychiatre - Waterloo - Belgique
262. Bahati william - Homme d'affaires - Kigali - Rwanda
263. Dr Munyakayanza Jean Francois - Historien, Président de l'Association du personnel universitaire retraité (RUSA) - Kigali - Rwanda
264. Arunima Mukherjee - Éducatrice - [Ville non précisée] - Inde
265. Shubham Mishra - Académique, chercheur - Delhi - Inde
266. Kate Ramil - Militante pour la paix durable - Manille - Philippines
267. Constantin Muco - REAP - Kigali - Rwanda
268. Charles Karangwa - Consultant en recherche - Kigali - Rwanda
269. Adut Lillian - Étudiante - Ifrane - Maroc
270. Amb. Dr. François X Ngarambe - Ancien ambassadeur du Rwanda - Kigali - Rwanda
271. Imani Smith - Étudiante - Austin - USA
272. Dr Jean Claude - Médecin - Kigali - Rwanda
273. Dr. David Kamugundu - Médecin/Médecin-conseil en santé publique - Kigali - Rwanda
274. Dr. Hannah Mweru Mugambi - Professeure d'anglais et de littérature, Université Akhawayn - Ifrane - Maroc
275. Nsengiyumva Yvan Christian - Ingénieur mécanicien - Kigali - Rwanda
276. Rev. Karen Thomas Smith - Aumônier, Université Akhawayn, Présidente de l'Église évangélique au Maroc - Ifrane - Maroc
277. Valens Shyirambere - Écrivain - Kigali - Rwanda
278. Dr Ritwik Ghosh - Éducateur, praticien - Delhi - Inde
279. Nyirashema Claire - Infirmière retraitée - Bruxelles - Belgique
280. Adele Kibasumba - Fondatrice, Amahoro Peace Association - New York - USA
281. Me. Gatete Nyiringabo R. - Chercheur principal, Institut d'analyse et de recherche sur les politiques (IPAR) - Kigali - Rwanda
282. Ndayambaje Theogene - Fonctionnaire civil - Kigali - Rwanda
283. Fred Mufulukye - Analyste politique - Kigali - Rwanda
284. Yrsa Rustman - Étudiante en paix et développement - Uppsala - Suède
285. Michael Egan - Historien, Université McMaster - Hamilton - Canada
286. Emmanuel Mungwarakarama - RCA Montréal - Québec - Canada
287. Nipunika Sarkar - Éducatrice - Delhi - Inde
288. Pacifique Nyaminege - Université d'État de Dakota du Nord - DAKOTA - USA
289. Mr.Gentil Misigaro - Artiste et militant - Calgary - Canada
290. Ishimwe Clement - Producteur de musique - Kigali - Rwanda
291. Ally Soudy Uwizeye - Journaliste - Seattle - USA
292. Toussaint Ruboneka - Management - Kigali - Rwanda
293. Ashish Chatterjee - Éducateur (Médias) - Delhi - Inde
294. Tultul Chatterjee - Académique, chercheur, Musique classique - Delhi - Inde
295. Musicworx - Musique, Médias - [Ville non précisée] - Inde
296. Nel ngabo - Artiste/Musicien - Kigali - Rwanda
297. Dr Mugisha Stephen - Homme d'affaires - Kigali - Rwanda
298. Willy Gakunzi - Auteur, Expert en matière de risques et de rapports réglementaires - Toronto - Canada
299. Ignace MUSANGAMFURA - Secteur privé - Kigali - Rwanda
300. Serge Mushinzimana - Président RCA Ottawa-Gatineau - Ottawa - Canada
301. Didier Kayumba - Membre, RCA Ottawa-Gatineau - Ottawa - Canada
302. Mugisi Jean Claude - Informaticien - Kigali - Rwanda
303. Nsabimana Benjamin - Auteur - Kigali - Rwanda
304. Elvis Ruhanama - Journaliste - [Ville non précisée] - [Pays non précisé]
305. Dr. Wolfgang Reinhardt - Chercheur sur le génocide, conférencier, militant pour les survivants du génocide, pasteur et enseignant retraité - Kassel - Allemagne
306. Emmanuel Nyirimana - Spécialiste en informatique - Kigali - Rwanda
307. Dr Dan KARASIRA TUMUSIIME - [Profession non précisée] - Kigali - Rwanda
308. Rureshya Zawadi - Spécialiste en informatique - Maine USA - USA
309. NIZEYIMBABAZI Jean de Dieu - Directeur de l'unité Agriculture et Ressources naturelles [MSc] - District de BURERA - Rwanda
310. Nassira Munyabuliza - Divertissement - Oregon - USA
311. Adrien Misigaro - Artiste/Musicien - Washington - USA
312. Gashugi Rachel - Banquière - Metz - France
313. Thérèse Gumira - Retraitée - Genève - Suisse
314. Devota Gacendeli - Survivante du génocide - Kigali - Rwanda
315. Kaneza Patrick - Chef de la communauté abanyamulenge/Montréal - Montréal - Canada
316. Samuel Ntakirutimana - Ingénieur/Ind.M Formateur professionnel - Hannover - Allemagne
317. Innocent Mumararungu - Militant des droits de l'homme et humanitaire - Niamey - Niger
318. Liliane Iradukunda - Infirmière clinicienne - Montréal - Canada
319. Dr. Tim Gallimore - Ancien porte-parole du Procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) - Missouri - USA
320. Mberakurora Olivier - Avocat - Kigali - Rwanda
321. Clément KARANGIRA - Secteur privé - Kigali - Rwanda
322. UMUGIRANEZA Alain Fred - Artiste - Kigali - Rwanda
323. BISENGIMANA Charles - Officier des douanes - KIGALI - Rwanda
324. ESPOIR MUGUNGA - Pasteur - Edmonton - Canada
325. Carine Umutesi - [Informations manquantes]
326. Tom NDAYISHIMIYE - Étudiant en études globales et internationales à l'Université d'Indiana Indianapolis - Indiana - USA
327. Rachel Kirenga - KryptoVision - Los Angeles - USA
328. Diana Mwizerwa - [Profession non précisée] - Boston - USA
329. Monica kirenga - LACCD - LOS ANGELES - USA
330. Gicondo Ananias - Chercheur - Kigali - Rwanda
331. Dr. Sarvesh Dutt Tripathi - Éducation aux médias - Delhi - Inde
332. Erik Griswold - Étudiant en informatique et philosophie - Houston - USA
333. Jean-François Cahay - Ingénieur - Bruxelles - Belgique
334. Alain Kagabo Mitali - Spécialiste en informatique - North Bethesda - USA
335. Jimmy Makuza - Communauté Igisabo Minembwe - Ontario - Canada
336. Dushime R. Innocent - Juriste - Kigali - Rwanda
337. Dr. Nima Jerrit John - Professeur associé - Mumbai - Inde
338. Marcel Kabanda - Historien - Paris - France
339. Adolphe Musafiri - Ingénieur en fabrication - Washington DC - USA
340. AMANI BIRASA Raphael - Étudiant en droit international à l'Université de Wuhan - Wuhan/Chine - République populaire de Chine
341. Jean-Damascene Gasanabo - Chercheur - Sciences sociales - New York - USA
342. Dr. Alphonse Kayiranga - Professeur associé et chercheur à l'Académie chinoise des sciences - Wulumqi - République populaire de Chine
343. PhD Jean-Claude Aimé Kumuyange - Chercheur UQAM - Montréal - Canada
344. Michael Rurangwa Yohana - Militant environnemental - Bujumbura - Burundi
345. Marie Rwagasana - Retraitée - San Francisco - USA
347. Jean François Dupaquier - Écrivain - Paris - France
348. Immaculée Sinvura - [Profession non précisée] - Ottawa - Canada
349. Jean-Pierre Chretien - Historien - Bordeaux - France
350. Patricia Bandora - Architecte/Chercheuse - Daressalaam - Tanzanie
351. Dr. NSENGIYUMVA Emmanuel - Professeur de langues à l'Institut Catholique de Kabgayi - Kabgayi - Rwanda
352. Emmanuel NKUSI - Société civile - Kigali - Rwanda
353. Munyengabe Tharcisse - Étudiant en droit (ILPD) - Kigali - Rwanda
354. Dr Merard Mpabwanamaguru - Consultant en planification urbaine, enseignant universitaire et chercheur - Kigali - Rwanda
355. Solange Uwamahoro - Infirmière - Kigali - Rwanda
356. Dr Alain Destexhe, MD - Essayiste, ancien sénateur - Bruxelles - Belgique
357. Dr. Margee Ensign Présidente de l'Université américaine de Bulgarie - Blagoevgrad - Bulgarie
358. Laure de Vulpian - Journaliste - Auray - France
359. Dusabe Jean Marie Vianney - Homme d'affaires - Kigali - Rwanda
360. Mikky Moustapha - Économiste en finance et développement - Houston - USA
361. James NTAYOMBA - Doctorant/Chercheur - Nanjing - RPC
362. Enat Terefe - Infirmière - Beyrouth - Liban
363. CHANCE Pascal - Doctorant/Personnel de l'Institut polytechnique du Rwanda - Pékin - Chine
364. Alexia Mukazi - Retraitée, famille de victimes du génocide des Tutsi au Rwanda - Nyon - Suisse
365. Muringa Ndatabaye Félix - Indépendant - Kigali - Rwanda
366. Mugisha John Spencer - Finance Rwandair ltd - Kigali - Rwanda
367. Professor Nicki Hitchcott - Professeure de français et d'études africaines, Université de St Andrews - St Andrews - Écosse
368. Ina Van Looy - Directrice du Centre d'éducation à la citoyenneté du CCLJ - Bruxelles - Belgique
369. Dr Jacques Kiruhura - Médecin et résident en obstétrique et gynécologie - Kigali - Rwanda
370. Manirarora Annoncee - Ancien membre du Parlement du Rwanda - Kigali - Rwanda
371. John Kagarama - Développement commercial et services de conseil/BDF - Kigali - Rwanda
372. Dr Nkaka Raphael - Professeur associé d'histoire, Université du Rwanda - Huye - Rwanda
373. John Kanimba - Travailleur social - Edmonton - Canada
374. Dre Jacinthe Samuelson - Psychologue - Montréal - Canada
375. Félicité Lyamukuru - Survivante du génocide des Tutsi 1994, auteure de "L'Ouragan a frappé Nyundo", militante pour la transmission de la mémoire des victimes de génocide et l'éducation - Bruxelles - Belgique
376. Dr. Liza Lorenzetti - Professeure adjointe en travail social - Calgary - Canada
377. Dr. Manasvi Maheshwari - Enseignement supérieur - Études médiatiques - Delhi - Inde
378. Dr Manmeet Kaur - Professeure (Communication) - Delhi - Inde
379. Dr Pramod Pandey - Éducateur, DME - Delhi - Inde
380. Dr. Susmita Bala - Académique, chercheuse, médias et communication - Delhi - Inde
381. Prince Shadwal - Réalisateur, scénariste, producteur - Fiction/Documentaire Monteur et superviseur post-production - Mumbai - Inde
382. Ayushi Singh - Académique, chercheuse - Delhi - Inde
383. Ndagijimana Jean Baptiste - Enseignant retraité - Gisagara - Rwanda
384. Sylvine Umuhire - Analyste financière - Edmonton - Canada
385. Aaron Ledoux - Indépendant - Edmonton - Canada
386. Nshimiyimana Dawidi - Mécanicien - Byumba - Rwanda
387. Manzi Jacques Mutimura - [Profession non précisée] - Shawinigan - Canada
388. Dr. Charles M. Rutonesha - Avocat et consultant - Columbus, Ohio - USA
389. Victor Biakweli - Société civile Québec - [Ville non précisée] - Canada?
390. Umugwaneza Laetitia - Spécialiste en informatique - Kigali - Rwanda
391. Musabyimana Pierre Damien - Enseignant à l'Institut Catholique de Kabgayi - Kabgayi - Rwanda
392. Gerhard Reuther - Pasteur et responsable d'un projet éducatif au Rwanda - Ruhla - Allemagne
393. Kotek Joël - Professeur émérite des universités - Bruxelles - Belgique
394. Butera Fidele - Prothésiste et orthésiste à l'Hôpital orthopédique et spécialisé de Rilima - Kigali - Rwanda
395. NGARAMBE Sylvestre - Enseignant à l'Université de technologie et d'arts de Byumba - Byumba - Rwanda
396. Dr. Gasana Sebastien - Enseignant/Université de technologie et d'arts de Byumba - Kigali - Rwanda
397. Ntirurambirwa Damien - Indépendant - Huye - Rwanda
398. Nyamaswa Francois - [Informations manquantes] - Gisagara - Rwanda
399. Kazinierakis Alain - Professeur de photographie - Photographe - Bruxelles - Belgique
400. King NGABO - Artiste, chercheur et fondateur-directeur du Musée Ingabo - Kigali - Rwanda
401. Mr. Ganza K. Bertin - Écrivain panafricain et fondateur d'A.F.F.L.A.T.U.S - Kigali - Rwanda
402. NGABONZIZA Emmy - Consultant en finance et gestion - Kigali - Rwanda
403. Mukarubayiza Beatrice - Notaire privé - Dakar - Rwanda
404. Juliana Bidadanure - Professeure associée à l'Université de New York - New York - USA
405. Muzana Alice - Membre du Parlement du Rwanda - Kigali - Rwanda
406. Sebera Nyunga Antoine - Notaire privé-médiateur - [Ville non précisée] - [Pays non précisé]
407. Ben Arrous Michel - Géographe - Jérusalem/Bordeaux - Israël/France
408. Rose Gakumba - Responsable de la performance - Lexington, Kentucky - USA
409. Eric Karengera - Producteur créatif - fondateur du réseau musical afro-européen AFROGROOV - Kigali - Rwanda
410. Dr Christian Beynis - Professeur assistant en mathématiques/physique, Université Iona - New York - USA
411. Mvano jean Baptiste - Avocat - [Ville non précisée] - [Pays non précisé]