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3 avril 2025
Femmes
SAINT-LOUIS : LA PLACE DE LA RECHERCHE DANS LA RECHERCHE ET L'INNOVATION
‘’Les universités sont au cœur des enjeux de société, mais aussi impliquées dans les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et les infrastructures durables au service de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes
Saint-Louis, 8 mars (APS) – Fatou Diop Sall, présidente de la Cellule genre et équité de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, a souligné vendredi que le thème choisi cette année pour la célébration de la journée de la femme permet de revenir sur la contribution de la recherche et l’innovation au changement social en rapport avec les inégalités de genre.
Pour l’année 2019, la commémoration est placée sous le thème "Penser équitablement, bâtir intelligemment, innover pour le changement’’.
Elle a relevé que parmi les défis les plus urgents figurent en bonne place ‘’l’égalité de genre qui constitue un levier important pour le développement social et économique’’.
Mme Sall s’exprimait lors de la cérémonie de célébration de la 42e Journée internationale de la femme, à l’initiative de la Cellule genre et équité de l’UGB et du bureau genre de l’inspection d’académie (IA) de Saint-Louis.
Selon elle, l’université, à travers la recherche et l’innovation, est un ‘’maillon incontournable’’ qui doit jouer un rôle important de ‘’proposition de solutions pour identifier et lever les obstacles’’.
‘’Les universités sont au cœur des enjeux de société, mais aussi impliquées dans les systèmes de protection sociale, l’accès aux services publics et les infrastructures durables au service de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes et des filles’’, a-t-elle noté.
Ndeye Fatou Diop Sall a indiqué que depuis 2009, les groupes d’études et de recherche genre et société de l’université Gaston Berger de Saint-Louis se sont penchés sur des questions cruciales comme la citoyenneté foncière des femmes, les violences basées sur le genre, les droits économiques, sociaux et culturels.
Elle a précisé qu’actuellement les groupes se penchent sur les mariages d’enfants pour apporter des réponses pratiques aux préoccupations des populations et aider à la prise de décision.
Pour sa part, Khady Niang Guèye, présidente du bureau genre de l’IA de Saint-Louis, est revenu sur le concours des Miss maths et sciences, destiné à récompenser les meilleures filles de ces filières scientifiques, pour stimuler et encourager les élèves.
Selon elle, l’organisation de ce concours qui coïncide avec la célébration de la journée internationale de la femme, vise surtout à promouvoir ces matières scientifiques chez les filles au niveau de toutes les écoles des trois départements de la région de Saint-Louis.
MAMADOU SY TOUNKARA PRÔNE LA CONSOLIDATION DU LEADERSHIP DE LA FEMME
Le conseiller du président de la République, Mamadou Sy Tounkara, a souligné vendredi la nécessité de consolider le leadership féminin ‘’par la recherche permanente du savoir, la rigueur dans le travail
Dakar, 8 mars (APS) – Le conseiller du président de la République, Mamadou Sy Tounkara, a souligné vendredi la nécessité de consolider le leadership féminin ‘’par la recherche permanente du savoir, la rigueur dans le travail et le bon comportement des femmes dans l’accomplissement de leurs missions’’.
"Le leadership est par essence féminin, mais il doit être consolidé par la recherche permanente du savoir, la rigueur dans le travail et le bon comportement des femmes dans l’exécution des missions qui leur sont assignées", a dit M. Tounkara.
Il intervenait au cours d’un panel portant sur le thème "Leadership féminin : Apport de consolidation dans l’exécution des missions" tenu à l’Ecole nationale de police, dans le cadre de la journée internationale de la Femme.
Selon lui, " si le leadership des femmes échoue, c’est toute la société qui échoue, parce qu’elles jouent un rôle très important dans l’éducation des enfants’’.
Le conseiller du président de la République a révélé ’’qu’une étude a montré que les plus grands criminels sont ceux qui ont été éduqués dans des foyers instables’’. Ce qui justifie, selon lui, ‘’l’importance de veiller à ce que la femme puisse s’épanouir pour jouer pleinement son rôle dans la société’’.
"Toutes les femmes ont un leadership naturel, mais c’est aussi à elles de le prouver dans l’exécution des tâches qui leur sont assignées", a-t-il souligné, ajoutant : "nous devons aussi faire de sorte que les femmes s’épanouissent, parce que si elles sont épanouies, toute la famille s’épanouit".
"Le leader n’a pas le choix, il doit toujours faire preuve d’un comportement irréprochable et c’est pourquoi le savoir, le travail et le bon comportement doivent être ses viatiques", a-t-il ajouté.
Pour le commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle, Aby Diallo, ‘’le 8 mars est une journée de haute portée historique dédiée aux droits des femmes et non à la Femme".
"La célébration de la journée internationale de la femme est loin d’être un combat contre l’homme mais plutôt un combat pour le respect des droits de la femme parce que l’homme et la femme sont complémentaires", a-t-elle souligné.
"Ces droits de la femme ont évolué, mais jusqu’à présent nous avons des défis à relever, surtout les stéréotypes sexistes", a-t-elle poursuivi.
PAR MAMADOU KANE
FEMME
Sur ta poitrine orgueilleuse, je bâtis mon pari d'Homme - Femme fleuve et fleur d'une douleur pudique au Fouta - Recouvre le monde de la chaleur de tes pagnes !
Sur ta poitrine orgueilleuse, je bâtis mon pari d'Homme
Aan Debo
Tu es mon poème Yéla suprême Soleil
Grand Soleil de Chaleur
Chaleur, Femme!
Chaleur, tes yeux, tes cheveux
Je les chante, Dieu le veut
Ton cœur, ton corps, ton cou
Tes lèvres, tes joues
Sont flammes qui portent à cent ans
L'enthousiasme de mes vingt ans !
Chaleur, Femme, brimée et si belle
Femme fleuve et fleur d'une douleur pudique au Fouta
Très tôt le feu dans les vertèbres des nubiles
La rapide vieillesse de nos jeunes filles
Durement l'haleine des virginités violées
Avant le réveil des seins à la chaleur de Juin
Tumulte des tam-tams
Festin et encens brulé
Delya,
C'était la joie
Les larmes pourtant portant l'honneur
Les flammes faisant leur gymnastique
Les théières sur leur trône de feu
Gros tambours: boum-boum
Vieux fusils pan-Pam
La danse des griottes qui dérive de la cadence des jours
Le lait qui coule glouglou dans les bols de bois
Delya,
Je suis le matin en caleçon
Qui plonge agile dans la mer de lumières
D'un jour des travaux durs et prières
Avec toi, Femme
Femme-fleuve sans fond
Femme-baobab sans tronc
Toi la joie de nos cinq sens
Femme argile, femme ile
Femme ciel, femme miel
L'Afrique a froid, la diaspora saigne
Recouvre le monde de la chaleur de tes pagnes !
(Extrait de Delya, Mémorial des empreintes, Makkane Editions l'Harmattan, 2016)
PAR OUMOU WANE
MAIMOUNA KANE, GRANDE DAME DE LA REPUBLIQUE !
Cette femme de conviction a consacré sa vie à se battre pour plus de justice, plus d’humanité, pour la cause des femmes - Je veux dire merci à tante Maimouna, pour les combats qu’elle a portés, pour l’amour qu’elle a donné à notre pays
Si je prends la liberté de rendre un hommage public à ma tante Maimouna Kane, intellectuelle au regard maternel et au parcours exceptionnel, c’est que sa place est dans nos mémoires et dans nos cœurs pour toujours.
Maimouna, qui signifie « heureuse », selon la traduction, et « sous la protection divine », d’après l’étymologie, fait partie de ces générations de femmes dont la détermination à toute épreuve a fait avancer le sort de toutes les autres.
On dit que pour les musulmans, accorder ce prénom à leur enfant est un témoignage d’attachement à leurs racines et à leur religion. Je sais à quel point Tante Maimouna à travers sa foi, vénérait nos traditions et toutes nos cultures.
Ce samedi 2 mars à l’aube, c’est avec une très grande tristesse et beaucoup d‘émotion que j’ai appris par la voix de mon ami Diagna Ndiaye, fidèle parmi les fidèles de la famille, le décès de cette grande dame de la République.
Un destin hors du commun et une simplicité toute ordinaire, cette femme de conviction a consacré sa vie à se battre pour plus de justice, plus d’humanité, pour la cause des femmes et pour leurs meilleures conditions de vie.
Femme de justice admirée pour son exigence et sa liberté, elle quittera cependant la fonction de magistrate pour un Secrétariat d'État auprès du Premier ministre en charge de la Condition féminine et de la Promotion Humaine. Puis elle sera nommée Ministre du Développement social.
Chantre de la révolution sociale, elle a largement contribué à la protection des droits de la personne humaine au Sénégal et plus particulièrement ceux des femmes et des enfants.
À l’occasion de ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes et à la mémoire de Maimouna Kane, je veux rendre hommage aujourd’hui à toutes les femmes sans distinction, les femmes, sans lesquelles, la politique, si souvent distante et sourde, ne serait que querelle et bureaucratie.
Elles seules savent aimer pour défendre les intérêts de la population, pour écouter et rester sincères par respect pour les milliers de personnes qu’elles représentent.
Notre président, s’il souhaite s’inscrire dans son époque et peut-être même la devancer, serait bien inspiré de remédier à l'insuffisante représentation des femmes dans la vie politique.
Car si la place des femmes en politique progresse, mais non sans peine et bien lentement, les hommes continuent d’occuper majoritairement les postes clés à tous les niveaux dans les sphères décisionnelles dans tous les secteurs et dans la politique.
Or, selon moi, ce sont elles les véritables dirigeantes, celles qui aiment et qui dévouent leur vie à rendre celle des autres meilleures.
C’est pourquoi, je veux dire merci à tante Maimouna, pour les combats qu’elle a portés, pour l’amour qu’elle a donné à notre pays.
Mes pensées vont vers ses enfants Soukeyna, Mounina, Aziz, Cheikh, ses proches et tous ceux qui ont eu la chance de la côtoyer et qui savent combien cette femme, toute en retenue, était exceptionnelle.
VIDEO
ON NE DOIT PAS TOUT ATTENDRE DE NOTRE HOMME
EXCLUSIF SENEPLUS - Cacahouètes, bissap, pagne africaine, béthio et autres ornent son étal - Daba Mbengue est l’une de ces femmes résilientes qui refusent d’être une charge pour leur mari - VIDÉO EN WOLOF
Omar Niane et Fanseyni Djitté |
Publication 08/03/2019
Au marché de l’unité 20 des Parcelles Qssainies, Daba Mbengue tient son petit commerce à même le sol. Contrairement aux grands commerçants, elle met ses marchandises dans des paniers, des sachets, des baignoires bref, tout contenant pouvant servir. Cacahouètes, bissap, pagne africaine, béthio et autres ornent son étal. ‘’Je ne veux pas toujours demander à mon mari de l’argent pour subvenir à mes besoins. Je sais qu’il n’a pas les moyens. C’est pourquoi je me suis lancé dans le commerce’’, déclare-t-elle, son bébé de moins d’un an entre les mains. Cette brave dame est le second coup de cœur de notre rubrique du mois de mars consacrée spécialement à la femme.
Voir la vidéo.
LA PREMIERE FEMME PILOTE DE L’ARMEE SENEGALAISE
Mame Rokhaya Lô, capitaine à la gendarmerie nationale, est la première femme pilote dans l’histoire des Armées sénégalaises
La mise impeccable, la casquette bien vissée, le regard droit et le léger sourire qu’elle arbore traduisent une posture assez noble. Mame Rokhaya Lô, capitaine à la gendarmerie nationale, est la première femme pilote dans l’histoire des Armées sénégalaises. Après des études à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar où elle a obtenu un master 2 en commerce et management, en 2011, elle s’est présentée au concours d’entrée à la gendarmerie, en 2012.
Admise sur titre, c’est-à-dire en tant que spécialiste en gestion, elle effectue deux années de formation. Affectée à sa sortie à la compagnie de Rufisque comme adjointe au commandant, capitaine Lô, ambitieuse, se présente à un concours ouvert pour former des pilotes dans la gendarmerie. A l’issue de cette « compétition », elle a été reçue pour entrer dans la troisième dimension : « acquérir des compétences pour piloter des avions ultra légers ». A partir des airs, la mission de la section aérienne de la gendarmerie consiste à participer à la surveillance du territoire national en aidant les unités au sol dans le renseignement par la vidéo, la photographie pendant de grands évènements comme la dernière élection présidentielle du 24 février 2019.
Persévérante, Mame Rokhaya Lô a été très tôt fascinée par la présence des forces de la gendarmerie durant la période du Grand Magal de Touba dans la sécurisation des personnes et des biens. Lorsque le désir de servir sous le drapeau est devenu plus ardent, grâce à des informations fournies par des camarades étudiants, le choix a été vite fait. Cela après avoir pourtant constitué un dossier pour le concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration (Ena). Ce pur produit de l’école publique sénégalaise a grandi et forgé son caractère de battante dans la banlieue de Dakar, précisément à Pikine.
C’est au lycée Limamoulaye qu’elle a décroché son baccalauréat série S2, en 2004. « Etre pilote, ce n’est pas évident. Comme nous le disons dans notre jargon, intégrer la « troisième dimension » n’est pas une sinécure, car il faut avoir de solides connaissances scientifiques et techniques, mais surtout travailler avec abnégation, avoir confiance en soi, être méthodique et persévérant dans le travail bien fait. Le pilotage est un travail où le respect des normes sécuritaires en suivant le canevas, la culture de la concentration sur son élément, sont des qualités essentielles pour devenir un bon pilote », indique-t-elle, sereine.
A l’endroit des filles qui aspirent à ce métier, elle conseille : « Elles doivent se dire qu’il n’y a pas de limites à se donner dans l’engagement, le culte du travail, parce que les filles et les femmes excellent dans des domaines où les hommes sont moins performants et vice-versa. Il suffit juste de ne pas avoir peur, de cultiver l’assurance en soi comme les femmes savent le faire au foyer, au sein du cocon familial. Le travail physique dans la formation ne doit pas rebuter les filles, car au Sénégal, comme partout ailleurs dans le monde, il y a des barèmes. Les femmes font le même parcours d’obstacles que les hommes et sont formées dans le même moule que leurs frères d’armes ». Malgré ses charges, en tant que femme capitaine, pilote, elle dit faire de son mieux pour concilier la vie professionnelle et la vie familiale. Il suffit juste, à ses yeux, de faire la part des choses et de bénéficier de la compréhension des parents et de la belle-famille qui prennent le relais dans l’environnement familial chaque fois que le devoir l’appelle.
Y-A-T-IL UN TABOU AUTOUR DU HARCELEMENT SEXUEL EN AFRIQUE ?
La sociologue et professeure au FMI, Hermine Zossoungbo, lève les contours du phénomène de harcèlement sexuel sur le continent, dans un contexte de liberation progressive de la parole des victimes
A l’occasion du récent Fespaco à Ouagadougou, deux actrices ont révélé avoir été la cible de harcèlement et d'agressions sexuels. Elles ont lancé le mouvement Mêmepaspeur, un Metoo africain tardif mais salutaire. Comment libérer la parole des femmes sur cette question ? Du monde de l’enseignement, à l’entreprise ou même l’Église, quelles solutions pour lutter contre ce fléau ? Hermine Zossoungbo donne quelques éléments de réponse sur le plateau de VOA Afrique.
PAR NDEYE FATIMA NDIAYE
LE PRINCE ET LA SERVANTE
Il reste encore du chemin à faire pour atteindre le plein épanouissement des femmes dans la société sénégalaise - Pourquoi devrions-nous être inférieures au jugement de l’homme ?
Le 8 mars est une journée importante célébrée partout à travers le monde. C’est l’occasion pour toutes les sociétés de mesurer les progrès faits et ceux à entreprendre pour améliorer le sort de la gente féminine. Mais où en est le Sénégal quant aux droits de la moitié de sa population ?
Certes nous avons aujourd'hui de plus en plus de femmes instruites et professionnellement bien établies. Néanmoins, il reste encore du chemin à faire pour atteindre le plein épanouissement des femmes dans la société sénégalaise. Au sein même du noyau familial, des pratiques sociétales ancrées dans notre culture relèguent toujours la femme au second plan ou jettent les bases d'un confinement de la femme à un rôle secondaire. En effet, très tôt dans l’éducation des enfants sénégalais, on note déjà une disparité flagrante entre les petites filles et leurs frères. Les garçons peuvent aller jouer au ballon pendant que les filles doivent rester pour faire la vaisselle et autres travaux ménagers. La sœur doit faire le linge de son frère. Les garçons ont le droit d’aller dehors tard le soir. La fille se doit de rester au côté de sa mère pour apprendre à être une femme, une bonne épouse plus tard. Ne dit-on pas d’ailleurs que taarou jigguen mooy seuy ? (La beauté d’une femme réside dans le mariage). À quelle époque de l'évolution sociale la femme a-t-elle cessé d'être un être à honorer pour ne devenir que la servante du prince sénégalais ?
La femme sénégalaise se doit d'être parfaite : belle, raffinée et toujours aux aguets pour satisfaire les moindres caprices culinaires où encore charnelles de papa chéri. Il suffit d'aller aux marchés Sandaga ou HLM pour constater tout l'arsenal de séduction existant de la femme pour satisfaire son homme. Que fait l'homme pour séduire la femme sénégalaise ? Nada. Car la jonguéité est affaire de femme, tout comme l'exemplarité et le dévouement au foyer. Dans le monde occidental, la femme se bat pour acquérir l'égalité avec l'homme dans les salaires, les responsabilités... Il y a encore beaucoup de choses à améliorer cependant. Mais dans nos pays, notamment au Sénégal, la femme se bat pour être considérée comme un être à part entière et cesser d'être l'enfant de son père ou la femme de son mari. Il suffit de parcourir les téléfilms sur le web pour en faire le malheureux constat.
Une nouvelle télésérie Maîtresse d’un homme marié a fait son apparition après Pod et Marichou ou encore Mbetel de Rouba Seye... Des femmes exemplaires de par leur docilité et soumission à leurs chers maris... Dans l’épisode 11 de la semaine passée, on y voit Birame, jeune homme sans ambition, qui sort tous les soirs se soûler, y battre violemment sa femme, Djalika, jeune belle femme, brillante au travail, qui prend en charge toutes les dépenses du foyer. Sa belle-mère, complice, dormant dans la chambre d’à côté, n’a même pas daigné intervenir et arrêter son fils qu’il adore par-dessus tout le monde. Ceci est devenu habituel au petit écran sénégalais. Comme dans les téléfilms que j’ai cités plus haut. Normal, me diriez-vous. Ce sont des hommes qui écrivent les scénarios. Ils ne font que relater leur fantasme du monde idéal patriarcal. Et dire que la société sénégalaise a déjà été en majorité matrilinéaire ! Et dans le monde du vedettariat, il n’est pas rare d’entendre qu’untel a battu sa femme. N’a-t-on pas entendu un célèbre lutteur excuser son forfait au fait qu’en battant sa femme, il a enfoncé son bras dans le mur ? Et un autre rockeur-mbalax-man défoncer le visage de sa femme célèbre mannequin… Et le tout sans qu’ils ne soient traduits en justice pour voie de faits. Alors, on ne peut qu’imaginer le désarroi des femmes anonymes qui vivent cette violence physique et psychologique en silence. Car jigguen dafay mougn (la patience dans l’épreuve est une qualité chez une femme).
Devant tant de misogynie, oui, c’est bien de mépris qu’il s’agit – de discrimination des genres et de maltraitance - la femme que je suis ne peut que s’indigner et sensibiliser mes jeunes sœurs, nièces et filles que non, nous ne méritons pas un tel traitement.
Nous sommes toutes et tous nés d’hommes et de femmes et sommes égales et égaux devant le jugement divin. Pourquoi devrions-nous être inférieures au jugement de l’homme ? Nos grand-mères ont été des Reines et des Princesses. Si vous en doutez, allez lire l’histoire d’Aline Sitoé, Yacine Boubou et ses consœurs. Ces femmes de Ndër qui, un mardi du mois de novembre 1819, se sacrifièrent collectivement pour ne pas tomber entre les mains d’esclavagistes maures. Des femmes dignes dont je salue le courage pour avoir choisi la mort plutôt que de perdre la dignité. Car la dignité est humaine et dans ce cas-ci bien féminine.
Femmes Sénégalaises, ne sommes-nous pas dignes filles de ces reines héroïques ?
CES PAYS AFRICAINS QUI DONNENT L'EXEMPLE DE LA PARITÉ AU PARLEMENT
Le Sénégal se classe 10e avec environ 42 % de femmes à l'Assemblée nationale - Ces progrès n’ont pas été sans volonté politique forte, pour battre en brèche un patriarcat encore vivace
Six Etats africains figurent parmi les 20 du monde ayant le plus de femmes au Parlement. Le Rwanda arrive en première position, avec 61 % de femmes députées contre une moyenne mondiale de 24 %. Avec la Namibie, l’Afrique du Sud, le Sénégal, le Mozambique et l’Ethiopie, ce pays marque une longueur d’avance africaine en matière de parité.
Les pays scandinaves et latino-américains ne sont plus les seuls à pouvoir se targuer d’avoir fait le plus d’avancées en termes de parité hommes-femmes dans la représentation politique. Premier de la classe depuis plusieurs années, le Rwanda devance en effet dans cet ordre Cuba, la Bolivie, le Mexique et la Suède, selon les chiffres 2019 de l’Union interparlementaire, un organisme suisse qui fait référence, en collectant les données à travers le monde.
Avec 46,2 % de femmes au Parlement, la Namibie se classe 7e, entre Grenade et le Costa Rica. Viennent ensuite l’Afrique du Sud et le Sénégal, 10e et 11e avant la Finlande, avec environ 42 % de femmes au Parlement respectivement. Quant au Mozambique (39,4 %), il se classe 17e après la France, et l’Ethiopie (38,8 %) 19e après l’Argentine. Se distinguent également la Tanzanie, le Burundi, l’Ouganda, le Zimbabwe, le Cameroun et l’Angola, avec plus de 30 % de femmes parlementaires.
Des gouvernements paritaires en termes de genre dirigent par ailleurs le Rwanda, les Seychelles et l’Ethiopie où une femme est présidente depuis octobre 2018. La diplomate Sahle-Work Zewde a ainsi quitté le système des Nations unies pour rejoindre une liste d’une dizaine de femmes ayant été chefs d’Etat en Afrique.
Des quotas dans les Constitutions
Ces progrès n’ont pas été sans volonté politique forte, pour battre en brèche un patriarcat encore vivace. Plusieurs pays affichent aussi en Afrique parmi les plus faibles niveaux de femmes députées au monde. Le Nigeria se classe dernier (5,6 %), après le Bénin, la Centrafrique, le Mali et le Botswana (entre 7 % et 9,5 %).
Dans certains pays en situation post-crise ou post-conflit, des mesures fortes ont été adoptées en faveur de quotas. La Constitution de 2003, au Rwanda, a notamment établi « l’attribution d’au moins 30 % des postes aux femmes dans les instances de prise de décision de l’Etat ». Un quota préconisé en 1995 par la Déclaration de Beijing lors de la conférence mondiale sur les femmes, et largement dépassé depuis au Parlement rwandais. Cette volonté politique « correspondait à la réalité du Rwanda après le génocide, les femmes représentant 70 % de la population », explique Tito Rutaremara, qui a participé à la rédaction de la Constitution. Elle s’aligne aussi sur une politique de promotion des femmes menée par le Front patriotique rwandais (FPR) à tous les niveaux.
Parmi les pays d’Afrique ayant inscrit un quota de 30 % de femmes au Parlement dans leur Constitution figurent l’Ouganda (34,9 % de femmes députées), le Burundi (36,4%), la Tanzanie (37,2 %) et le Soudan du Sud (28,5 %). Au Kenya, un projet de loi est en cours de discussion, pour faire passer les femmes au Parlement de 22 % actuellement au tiers des sièges, comme le prévoit la Constitution de 2010, qui tarde à être appliquée.
Lois électorales et quotas dans les partis
Au Sénégal, c’est une loi électorale sur la parité « absolue » qui a tout changé en 2010. Adopté sous la pression d’une coalition de femmes de tous les partis, le texte stipule que 50 % de femmes doivent figurer sur les listes de tous les scrutins, avec un système précis alternant hommes et femmes pour éviter que ne soient inscrits 10 hommes en premier, et les femmes ensuite. Résultat : lors des législatives de 2012, la part des femmes au Parlement a bondi de 22 % à 42 %. La Côte d’Ivoire a emboîté le pas le 7 mars 2019, en adoptant une loi établissant un quota de 30 % de femmes sur les listes de candidats aux législatives, sénatoriales et les élections locales.
D’autres pays voient les partis politiques remplir des quotas, parfois de façon spontanée, sans contrainte légale. L’engagement historique des femmes dans la lutte contre l’apartheid et la puissance de la Ligue des femmes du Congrès national africain (ANC) expliquent ainsi leur essor en politique en Afrique du Sud. L’ANC a adopté de son propre chef un quota du tiers des candidates sur ses listes dès 1994. Les femmes ne sont pas seulement présentes au Parlement, où elles n’étaient que 2,7 % avant 1994. Elles sont aussi passées de 33 % à 41 % des membres du gouvernement entre 2004 et 2016.
Des avancées purement cosmétiques ?
Certaines n’en contestent pas moins ces avancées comme peu représentatives de l’état des sociétés concernées. Au Sénégal, la loi sur la parité n’a rien changé à des inégalités de genre enracinées, selon la sociologue et féministe Fatou Sow. « Il n’y a pas d’égalité dans une société patriarcale, estime-t-elle. Les hommes dominent, même dans les organisations sociales matrilinéaires où les oncles maternels et les frères occupent une place centrale. Les hommes affirment par ailleurs que le discours sur l’égalité est "occidental". Ils estiment que la culture "porte le respect des mères", etc. L’opinion publique - quelquefois féminine hélas - en est généralement bien d’accord. »
En Afrique du Sud, l’essor des femmes en politique concerne aussi le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), qui compte parmi les plus jeunes femmes noires députées avec Hlomela Bucwa, 25 ans, et Gwen Ngweya, 28 ans. Au Rwanda, l’avancée des femmes en politique est encadrée par l’hégémonie du Front patriotique rwandais (FPR), au pouvoir. Deux opposantes qui voulaient se porter candidates à la présidentielle, Victoire Ingabire et Diane Rwigara, ont ainsi été emprisonnées avant d’être libérées, en septembre et octobre dernier, peu avant que l’une des femmes les plus puissantes du Rwanda, Louise Mushikawabo, ancienne ministre des Affaires étrangères, n’accède au poste de secrétaire générale de la Francophonie.
PAR JEAN PIERRE CORRÉA
ROSE ANGELE FAYE, FEMME D’ACTIONS ET DE GRÂCES
Le Sénégal et l’Afrique tiennent en Rose-Angèle Faye, une dame qui c’est sûr, veut concrétiser ses rêves pour ceux qu’elle aime, et auxquels elle dit tous les jours que l’on « peut viser la lune et atteindre les étoiles »
Cette « Journée des Droits de la Femme » célébré ce 8 mai interroge tous les sénégalais sur la place qu’ils donnent aux femmes de ce pays, qu’elles soient leurs épouses, leurs mères, sœurs ou collègues dans la vie de notre pays. Cependant, certaines d’entre elles portent le flambeau de cette cause partout où elles agissent, et travaillent à cette émergence de notre Sénégal tant appelée des vœux de nos dirigeants, et travaillent à aider leurs concitoyens avec discrétion mais efficacité, notamment dans le domaine de la santé et de l’éducation. C’est le cas de Madame Rose-Angèle Faye, dont nous dressons ici le portrait.
Raconter l’histoire de cette femme singulière et attachante, est un pur bonheur, agrémenté du sentiment ludique de jouer comme à « saute-moutons » en voulant évoquer un parcours jalonné de curiosités revendiquées, de culot assumé, de volonté assurée, et d’un réjouissant savoir-faire. Rose-Angèle Faye, c’est avant tout une histoire de racines et d’ailes qui l’ont portée vers des ailleurs fécondants.
Son port d’ancrage est choisi et ce sera Yenguélé, village niché au cœur du Sine. Les parents, dont le papa enseigne alors, sont appelés à traverser le Sénégal du Sud au Nord où la jeune Rose exhibe ses pétales au Poulhar et à d’autres langues des terroirs habités. Alors, elle va dérouler le cursus d’une belle élève, dont le curriculum serait une litanie d’excellence, et qu’il est plus juste de voir comme la sculpture de l’écrin qui va abriter ses rêves. Du Lycée d’Excellence Mariama Bâ à Gorée jusqu’à l’école de Commerce de Nancy, elle sait que pour « faire », il lui faudra « pouvoir », et s’arme, en polyglotte, du russe et de l’anglais. Les yeux ronds ouverts sur le Monde, elle s’abreuve d’universalité, forge les outils qui vont dessiner son parcours, et capitalise ses émerveillements. Elle sait aussi que quand le Monde est méchant et qu’on veut le changer, il convient d’en faire une affaire personnelle. Elle s’en donne alors les moyens et vouera son énergie créatrice à endurcir sa colonne vertébrale et à respecter son serment au bénéfice de Yenguélé, aux confins de Fatick, havre de paix pour 1 300 habitants. « Le port de mes éternels retours », dit-elle, conciliant sans soucis les deux parties de sa vie, arguant que « l’avenue Montaigne où elle a ses bureaux est pareille que Yenguélé ». Sur son seul nom, et sur la confiance qu’elle suscite, elle aimante les actes de générosité et fédère l’engagement de ses amis et de ses réseaux, pour équiper des structures sanitaires en matériels médicaux, dans de nombreuses contrées du Sénégal. « C’est mon devoir de remboursement », souligne, sereine, celle qui est partie faire ses études supérieures avec une bourse de 297 euros.
Encouragée dans ses actions humanitaires par l’organisation non gouvernementale française «Hôpital assistance international», elle obtient pour l’Hôpital Militaire de Ouakam à Dakar pour un milliard de matériel médical et paramédical. Rose-Angèle Faye travaille aussi avec l’Hôpital Principal de Dakar, administré avec sérieux, compétences et détermination par les Forces Armées du Sénégal. A travers ces expériences humanitaires bien menées, elle a tissé un lien très fort avec les militaires sénégalais, dont elle ne cesse de dire l’importance dans la cohésion de notre nation. La ville Sainte de Tivavouane reçoit de Rose-Angèle Faye un important lot de matériel médical. Son activité humanitaire rencontre l’œcuménique. Serigne Habib Sy Mansour, porte-parole de la Tidjanya, a ainsi souligné que «ce geste très noble provient d’une fille de l’église à l’endroit des musulmans», avant d’affirmer que «cela symbolise la belle entente qui lie chrétiens et musulmans au Sunugaal et qui facilite le dialogue inter-religieux.
Bien évidemment, les plus hautes autorités du Sénégal adhèrent aux actions humanitaires de Rose-Angèle et la soutiennent dans toutes ses initiatives, surtout lorsque celles-ci honorent le Sénégal et son histoire. Cette dame ne faisant rien de banal, a encore innové en faisant à son papa Joe Latyr Faye, le sublime cadeau de lancer au mois de janvier dernier, son livre sur « L’Histoire du Sine d’Hier », dans une communauté rurale, au cœur du Royaume Sérère, en présence, excusez du peu, du chef de l’état sénégalais, le Président Macky Sall, il est vrai natif de la région. Cela démontre juste que c’est parce qu’elle sait donner, qu’elle reçoit aussi tant de grâces.
Le Sénégal et l’Afrique tiennent en Rose-Angèle Faye, une dame qui c’est sûr, veut concrétiser ses rêves pour ceux qu’elle aime, et auxquels elle dit tous les jours que l’on « peut viser la lune et atteindre les étoiles ». Une véritable « Dame de Faire ». Puisqu’on vous le dit…