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6 avril 2025
International
GUINÉE, LES AUTORITÉS MILITAIRES METTENT LES PRINCIPAUX PARTIS SOUS OBSERVATION
Le gouvernement de transition a déjà dissous 53 partis, selon un document officiel consulté mardi par l'AFP. Cette décision survient alors que la junte militaire, en place depuis le coup d'État de 2021, durcit les mesures contre l’opposition.
Le gouvernement de transition en Guinée a mis "sous observation" les principaux partis déjà grandement réduits à l'impuissance, et en a dissous 53 autres indique un document officiel consulté par l'AFP mardi.
Les résultats de cette "évaluation" sont publiés dans un contexte de répression continue exercée par les autorités militaires, et deux mois avant le terme de fin 2024 qu'elle avait initialement accepté sous la pression internationale pour rendre le pouvoir à des civils élus. Le régime en place depuis le putsch de 2021 a depuis lors fait savoir qu'il ne respecterait pas cet engagement.
Le ministère de l'Administration du territoire, auteur du rapport consulté mardi, justifie les mesures prises par une série de manquements à la législation sur les partis, par exemple sur l'existence d'un bureau en Guinée, la validité de l'agrément ou la transparence de la comptabilité. Il parle de la nécessité d'"assainir l'échiquier politique". Mais il écrit aussi dans le rapport que les défauts de régulation ont eu "pour conséquences de nombreux dérapages constatés dans l’exercice des libertés publiques par les responsables et militants, et des risques pour l’équilibre social de la Guinée".
Le ministère a dénombré 211 partis. Cinquante-trois sont dissous, 54 suspendus pendant trois mois, 67 mis "sous observation" pour trois mois pendant lesquels ils devront se mettre en conformité, faute de quoi ils seront suspendus. Trente-sept ne sont pas évalués.
Parmi les partis placés "sous observation" figurent les principaux partis dans l'opposition : le Rassemblement du peuple de Guinée d'Alpha Condé, président civil renversé par les militaires, l'Union des forces démocratiques de Guinée et l'Union des forces républicaines. Les dirigeants de ces partis sont en exil. Le rapport ne dit rien sur un retour des civils à la tête de ce pays pauvre malgré des ressources naturelles considérables, dirigé pendant des décennies par des régimes autoritaires. Des personnalités du pouvoir ont ouvert la voie à une candidature du général Mamadi Doumbouya, à la tête du pays depuis son putsch de 2021, malgré sa promesse initiale de ne pas se présenter à une future présidentielle.
La junte a fait arrêter, mis en cause ou contraint à l'exil de nombreux opposants. Elle a interdit les manifestations, dissous un collectif qui réclame le retour des civils au pouvoir,et retiré leur agrément à certains des principaux médias privés. La répression de manifestations non autorisées a causé la mort de dizaines de personnes, selon les défenseurs des droits et la société civile.
PAR Farid Bathily
DÉCLARÉ MORT À TORT, IL ÉCHAPPE DE PEU AU PRÉLÈVEMENT DE SES ORGANES
En octobre 2021, Anthony Hoover est déclaré mort après une overdose dans un hôpital du Kentucky. Alors que tout est prêt pour le prélèvement de ses organes, l'impensable se produit : le "défunt" se réveille
Déclaré mort, Anthony Hoover s’est réveillé alors que les médecins s’apprêtaient à lui prélever ses organes.
"Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais." Depuis trois ans, ce verset biblique est inscrit sur le siège d’Anthony Hoover chez lui. Il s’agit sans doute d’un marqueur de la vie de cet Américain de 36 ans encore appelé "TJ Hoover", depuis que celle-ci a basculé il y a trois ans sur la table d’opération de l’hôpital Baptist Health Hospital de Richmond dans le Kentucky.
Admis sur place totalement inconscient le 25 octobre 2021 à la suite d’une overdose de drogue, Anthony a été déclaré en état de mort cérébrale quatre jours plus tard, après un placement sous appareil respiratoire. Alors que les médecins s’apprêtaient à lui prélever ses organes en tant que donneur, le patient reprend vie.
"Il s’est réveillé", se souvient avoir entendu sa sœur Donna Rhorer de la part des médecins. "Il bougeait dans tous les sens, se débattait. Il s'agitait sur le lit. Et quand on s'est approchés, on pouvait voir qu'il avait des larmes qui coulaient. Il pleurait visiblement", témoigne Natasha Miller, chargée de la préservation d’organes à NPR.
Des signes avant-coureurs
La scène décrite comme "chaotique" par Miller provoque immédiatement le refus des chirurgiens de procéder à l'opération. Des signes avant-coureurs auraient pourtant dû alerter les personnes chargées du patient.
Selon le déroulé des évènements rapporté par Nyckoletta Martin, un autre chargé de la préservation d’organes sur place, Anthony Hoover s'était réveillé et avait manifesté des signes de conscience lors d'un cathétérisme cardiaque destiné à évaluer la viabilité de son cœur dans la perspective d’une transplantation.
Malgré cela, la procédure de don d'organes a suivi son cours. Sa sœur se souvient même l'avoir vu "ouvrir les yeux" lors de son transfert vers le bloc opératoire. "On nous a dit que ce n’étaient que des réflexes, juste une réaction normale", affirme-t-elle.
L’affaire révélée au grand public le mois dernier en marge d’une audience de la Commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants sur les organismes de prélèvement d'organes, fait désormais l’objet d’enquêtes des autorités fédérales et de l’État.
Un système sous pression ?
À en croire certains observateurs, elle remet au goût du jour la controverse sur le concept de "mort cérébrale". La loi américaine datant de 1980 la définit comme "l'arrêt total des fonctions du cerveau". Or, la science révèle aujourd’hui que l'hypothalamus de certains patients dits "morts" peut continuer de réguler la température de leurs corps ainsi que leurs hormones.
Des questions émergent également quant au processus du don d'organes aux États-Unis. Alors que les services du ministère de la Santé estiment à 170 millions le nombre d’Américains inscrits à cet effet, moins de 1% répondent effectivement aux critères spécifiques de l’opération, selon l’organisation fédérale à but non lucratif, Donor Network West.
Cela entraîne 17 décès par jour en liste d'attente de greffe. Trois ans après cet incident, Anthony Hoover vit près de sa sœur. "TJ connaît des difficultés, notamment des problèmes de mémoire à court terme, de vision et d'équilibre. Mais il est assez robuste pour suivre une kinésithérapie plusieurs fois par semaine, et il a gardé son humour", décrit CNN qui lui a rendu visite.
MACKY SALL CONFIRME SON ABSENCE DE LA CAMPAGNE
L'ancien président, chef de liste de la coalition d'opposition Takku Wallu, préfère rester à l'étranger. Il invoque le respect de "la tradition" des ex-chefs de l'État sénégalais pour justifier son choix de laisser le champ libre à ses successeurs
(SenePlus) - L'ancien président Macky Sall, tête de liste de la coalition Takku Wallu, ne rentrera pas au pays pour la campagne électorale. Dans un entretien exclusif accordé à RFI Fulbe, il écarte toute possibilité de retour immédiat à Dakar, bouleversant ainsi les plans de sa formation politique.
"Mon retour au Sénégal n'est pas encore à l'ordre du jour. Une fois décidé, je ferai moi-même une annonce officielle", a déclaré l'ancien chef d'État installé désormais au Maroc. Il justifie cette absence par le respect des traditions : "Quand un président est longtemps resté au pouvoir, il doit se retirer pour laisser le soin à ses successeurs afin qu'ils puissent bien dérouler."
Malgré son absence physique, Macky Sall reste actif dans la campagne. Dimanche, lors du meeting de sa coalition à Fatick, il est intervenu par téléphone pour galvaniser ses troupes. "Les Fatickois ont toujours fait montre de dignité et de loyauté. Comme d'habitude, nous sommes conscients qu'ils vont faire la bonne option pour le bien du Sénégal", rapporte Le Soleil, citant ses propos.
Cette campagne à distance suscite déjà des critiques acerbes. Seydina Oumar Touré, l'ancien capitaine de gendarmerie devenu directeur général de l'Agence nationale de la sécurité de proximité, n'a pas manqué de railler l'ancien président, le qualifiant de "première tête de liste de l'histoire du Sénégal à battre campagne sur WhatsApp et TikTok".
L'attaque de Touré va plus loin, rappelant le bilan contesté de Macky Sall : "Après s'être illustré dans la dictature en enregistrant le plus grand nombre d'arrestations, d'emprisonnements, de radiations et de morts, entre autres incommodités", avant d'ajouter ironiquement que "cet homme nous réserve encore des surprises".
Face à ces critiques, l'ancien président reste stoïque. S'il reconnaît que sa décision "pourrait peut-être créer une situation de découragement", il minimise l'impact sur sa campagne, rappelant que "l'expression du vote revient aux Sénégalais". Une posture qui interroge alors que le scrutin du 17 novembre approche.
Il y a quelques jours, Jeune Afrique révélait déjà que l'ancien chef de l'État avait choisi de mener la campagne des législatives depuis l'étranger par "crainte de voir ses adversaires, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko, lancer une procédure judiciaire contre lui et le faire arrêter une fois arrivé sur le territoire national".
VINICIUS VICTIME DE SON COMBAT CONTRE LE RACISME ?
L'attaquant brésilien du Real Madrid et son entourage voient dans sa défaite au Ballon d'or 2024, la sanction de son combat acharné contre le racisme. Une controverse qui éclate alors que le joueur de 24 ans a réalisé une saison sportive exceptionnelle
(SenePlus) - Le Ballon d'Or 2024 laisse un goût amer à Vinicius Jr. L'attaquant brésilien du Real Madrid, deuxième derrière l'Espagnol Rodri de Manchester City, voit dans ce résultat la conséquence de son engagement contre le racisme, rapporte Reuters.
"Je le referai 10 fois si nécessaire. Ils ne sont pas prêts", a lancé le joueur sur X après la cérémonie, boycottée par le Real Madrid qui avait anticipé la non-victoire de son attaquant vedette. Un message lourd de sens, que son entourage a tenu à expliciter auprès de Reuters : "Le monde du football n'est pas prêt à accepter un joueur qui se bat contre le système."
Le Brésilien de 24 ans s'est en effet imposé comme le fer de lance de la lutte antiraciste dans le football espagnol. Régulièrement ciblé par des insultes racistes dans les stades de Liga, son combat a déjà abouti à deux condamnations historiques en Espagne.
Cette défaite au Ballon d'Or apparaît d'autant plus contestable que la saison sportive de Vinicius a été exceptionnelle. Pilier du Real Madrid lors du doublé Ligue des Champions-Liga, il a contribué à une année presque parfaite, couronnée par les titres de meilleur entraîneur pour Carlo Ancelotti et de meilleur club pour le Real Madrid.
La solidarité s'est rapidement manifestée. "Mon frère, tu es le meilleur joueur du monde et aucun prix ne peut dire le contraire", a affirmé son coéquipier Eduardo Camavinga sur X. Plus virulente, la légende brésilienne Marta s'est insurgée : "J'ai attendu toute l'année que Vini Jr soit reconnu comme le meilleur joueur du monde et maintenant on me dit que le Ballon d'Or n'est pas pour lui ?"
France Football, organisateur du trophée attribué par les journalistes des 100 premiers pays du classement FIFA, n'a pas souhaité réagir à la controverse, précise Reuters. Cette polémique pose une question cruciale : l'engagement contre le racisme peut-il devenir un handicap dans la course aux récompenses individuelles ?
par Pierre Sané
LE MIROIR BRISÉ DE L'OCCIDENT
Les Israéliens en bons Européens au fond ne font que dérouler leurs valeurs de civilisation : la barbarie. Ne devraient-ils pas être exclus des Nations Unies comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud à l’époque ?
Un oxymore est une figure de style qui consiste à allier deux mots de sens contradictoire. Ainsi en est il de « civilisation occidentale ».
Gandhi a qui un journaliste anglais demandait ce qu’il pensait de la « civilisation occidentale », aurait répondu « ce serait une bonne idée ! »
Aimé Césaire plus incisif dans son Discours sur le colonialisme écrit « Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde »
Aujourd’hui Israël qui se réclame comme étant l’avant-poste de la civilisation occidentale au Moyen Orient se voit enfin (!) desafiliée sinon répudiée par le président français qui a dit lors de la conférence sur le Liban : « Je ne suis pas sûr qu’on défende une civilisation en semant soi-même la barbarie». Israel, le mouton noir de la civilisation occidentale ? Israel dont les agissements criminels (la barbarie), seraient aux antipodes des règles de « bonne conduite de la civilisation occidentale » ? Ou plutôt Israël, le dernier avatar de ce que la « civilisation occidentale » a déroulé depuis cinq siècles dans le reste du monde ?
Les Européens n’ont-ils pas inventé les génocides ? Le nettoyage ethnique ? L’extermination des « brutes » ? Le colonialisme, la traite esclavagiste, le racisme, l’apartheid ? Les Israéliens en bons Européens au fond ne font que dérouler leurs valeurs de civilisation : la barbarie. C’est dans l’ADN de l’Europe qui à exterminé six millions de juifs. C’est pourquoi elle se tait. De même que leurs cousins Américains qui ont ensevelis sous les bombes des centaines de milliers d’Irakiens de Syriens d’Afghans de Serbes de Yéménites et autres. Clairement, l’occident est à l’agonie et il ne lui reste qu’une option pour maintenir son hégémonie : la violence aveugle.
En attendant, Israël qui défie toutes les règles de l’ordonnancement international mérite-t-il d’exister ? A-t-il le droit d’exister ? Ne devrait-il pas être exclu des Nations Unies comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud à l’époque ? On est en droit de se poser la question au vu de ses agissements. Cela permettrait au moins à la minorité occidentale de sortir de son silence honteux.
ANTONIO GUTERRES, AVOCAT DU SAHEL ET DU LAC TCHAD
Le Secrétaire général des Nations Unies a plaidé en faveur des régions du Sahel et du lac Tchad auprès des bailleurs de fonds lors d’une conférence tenue ce week-end à Djeddah, en Arabie saoudite.
Le Secrétaire général des Nations Unies a plaidé en faveur des régions du Sahel et du lac Tchad auprès des bailleurs de fonds lors d’une conférence tenue ce week-end à Djeddah, en Arabie saoudite.
António Guterres a réclamé davantage de soutien pour les pays du Sahel et du bassin du lac Tchad (Nigéria, Niger, Tchad, Cameroun, Burkina Faso et Mali). Lors de cette rencontre, il a indiqué que 33 millions de personnes ont actuellement besoin d’aide humanitaire et de protection – dont 11 millions de déplacés et de réfugiés.
« Les Nations Unies sont sur le terrain, aidant les gouvernements et les communautés à fournir de la nourriture, des soins de santé, une éducation et un abri. Mais nous avons besoin de plus de soutien. Nos plans de réponse humanitaire sont financés à environ 40 % », a déclaré le chef de l’ONU dans un message vidéo adressé aux participants. Il a remercié les contributeurs pour leur générosité tout en demandant aux pays de redoubler d’efforts pour financer pleinement les plans de réponse onusiens.
Le Secrétaire général a souligné que les régions du Sahel et du bassin du lac Tchad possèdent un potentiel immense, avec des populations jeunes et dynamiques, ainsi que de vastes possibilités dans le domaine des énergies renouvelables.
Toutefois, ces régions sont confrontées à des défis profonds : de la violence et du terrorisme à la crise climatique, avec des inondations qui ont cette année bouleversé la vie de quelque cinq millions de personnes.
Le Sahel abrite plus de sept millions et demi de personnes déplacées, dont deux millions de réfugiés, tandis que plus de trente millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire.
António Guterres a appelé à des actions allant au-delà de l’aide humanitaire, en s’attaquant aux causes profondes des crises : réduire la pauvreté et les inégalités, en particulier pour les femmes et les filles ; s’adapter au changement climatique ; promouvoir la paix et la démocratie ; et exhorter les parties prenantes à mettre fin aux hostilités, à protéger les civils et à garantir un accès humanitaire sans entraves.
« Les Nations Unies sont désireuses de travailler avec les communautés, les pays, les partenaires humanitaires, les banques multilatérales de développement et les fonds internationaux pour apporter des changements », a conclu le diplomate portugais.
Par Mohamed GUEYE
UN DÉVELOPPEMENT ENDOGÈNE
Le pays veut mobiliser plus de 12 800 milliards de FCFA de fonds publics et 5 675 milliards en PPP. Face à l'ampleur du défi et aux turbulences actuelles, l'horizon temporel de cette transformation reste la grande inconnue
Le gouvernement du Sénégal voudrait revoir son programme avec le Fonds monétaire international. Les médias prêtent au ministre des Finances et du budget, Cheikh Diba, d’avoir annoncé, en marge des Réunions annuelles conjointes Fmi-Banque mondiale, à Washington, que le pays souhaitait réviser l’accord actuel qui le lie à l’institution financière. Depuis les péripéties nées de la déclaration d’un audit des Finances publiques, qui aurait dévoilé des chiffres «falsifiés» et maquillés, dans le but de faire croire à une situation beaucoup plus reluisante qu’elle n’était, la situation des Finances publiques, déjà difficilement gérable à l’arrivée du duo Sonko-Diomaye au pouvoir, est devenue très fortement perturbée, à dire le moins.
Selon les médias, un nouveau programme avec le Fmi devrait intervenir en 2025, et celui actuellement poursuivi, qui implique le décaissement d’1,8 milliard de dollars, serait tout bonnement abandonné. Il faut dire que le Fonds monétaire international, si prompt à communiquer sur d’éventuels développements avec ses pays partenaires, est resté étonnamment muet sur la question. Ni sur le site ni dans ses communiqués concernant le Sénégal, il n’a été fait mention d’une volonté du Sénégal de remettre en cause les fameux accords. La seule chose évidente depuis le mois de septembre, est que la notation du Sénégal a été dégradée par les agences de notation, à savoir Moody’s qui a été la première, suite à l’annonce de fraude sur les chiffres par le Premier ministre Sonko. Standard & Poor’s a suivi, ce qui n’incite vraiment pas à l’optimisme.
Il s’en est suivi que le gouvernement ne donnait plus de signal clair à ses partenaires, au point que la dernière mission du Fonds a fait état d’une certaine dégradation des agrégats : «Le Sénégal continue de faire face à un environnement difficile, avec des signes de tensions accrues dans l’exécution du budget. Le manque à gagner en termes de recettes, identifié lors de la dernière visite des services, a été confirmé à fin septembre. Parallèlement, les dépenses sont restées élevées, principalement en raison d’une augmentation substantielle des dépenses d’investissement, comme le suggèrent les conclusions préliminaires du rapport de l’Igf». Ce fameux rapport de l’Igf n’a toujours pas encore été rendu public, bien qu’il soit la première preuve de l’accusation de l’ancien régime. Le Fonds monétaire a néanmoins ajouté dans son rapport : «Le déficit budgétaire devrait s’aggraver cette année, dépassant l’estimation précédente de 7,5 % du Pib.» Sur ce point, les accusations des nouveaux dirigeants font état d’un déficit budgétaire qui dépassera les 10% du Pib, le double des 5,5% annoncés par l’ancien ministre des Finances Mamadou Moustapha Ba. Entretemps, est intervenue la dissolution de l’Assemblée nationale, empêchant le vote d’une Loi des finances rectificative, qui aurait pu permettre au gouvernement d’utiliser les près de 338 milliards que le Fonds devait débloquer, sans compter les près de 450 milliards de Cfa de son dernier eurobond, levé à plus de 7%.
Le ministre des Finances n’a jamais pu expliquer à ses partenaires les conditions de levée de cet eurobond, qui ne s’est pas fait dans la transparence. En conséquence, le Fonds monétaire a été obligé d’arrêter ses décaissements, plongeant encore plus l’économie dans le marasme. Aujourd’hui, le ministre nous informe de la volonté de son gouvernement de mettre fin à son programme avec le Fmi, sans nous annoncer à quoi nous attendre. Depuis quasiment l’arrivée de Abdoulaye Wade au pouvoir, le Sénégal s’est toujours arrangé pour reconduire ses accords avec le Fonds monétaire. Et cela n’a pas toujours été pour l’argent, parce qu’à un moment, le programme avec le Fonds était sans décaissement.
La question est que, tant qu’il reste une économie ouverte, le Sénégal a besoin de gagner la confiance de ses partenaires. Cette confiance est garantie par le contrôle du Fmi, pour un pays en développement. Mais pas que. Des pays aussi développés que la France, les Etats-Unis d’Amérique ou l’Inde, font aussi recours à l’expertise des services du Fonds. Cela leur permet de se bien faire voir des agences de notation, comme des emprunteurs. Aujourd’hui, si l’on se réfère à la Snd, le gouvernement semble se tourner, petit à petit, sur un repli sur soi sur le plan économique. Ce qui semble cohérent avec son actuel référentiel des politiques publiques : «Pour consacrer la Vision d’un «Sénégal souverain, juste et prospère», le pays s’efforcera, sur la période 2025-2029, à relever les défis relatifs à (i) la construction d’un modèle économique endogène, à partir des pôles territoriaux de développement.»
Le document ajoute un peu plus loin que «Le coût global du Pap 2025-2029 est estimé à 18 496,83 milliards de francs F Cfa. Il est composé de financement public «pur», entièrement pris en charge par l’Etat pour 12 821,4 milliards de F Cfa, et d’un apport du secteur privé dans le cadre des Partenariats Public-Privé (Ppp) pour un montant de 5675,38 milliards de F Cfa. Dès lors, la Snd instaure une innovation car il n’y a plus de financement à rechercher pour la prise en charge du développement». C’est dire que le pays est prêt à couper toutes les relations avec le Fonds monétaire. Il dit compter sur ses ressources extractives ainsi que sur son capital humain pour lever toutes les ressources financières dont il a besoin. On peut se demander combien de temps il lui faudra pour réaliser son ambition.
RODRI SACRÉ BALLON D'OR 2024
L'Espagnol a été désigné lundi soir à Paris, devançant le Brésilien Vinicius. Cette consécration historique, assombrie par le boycott du Real Madrid, couronne une année exceptionnelle marquée par un titre de champion d'Angleterre et une victoire à l'Euro
(SenePlus) - L'Espagnol Rodri de Manchester City a été couronné Ballon d'Or 2024 lundi soir au théâtre du Châtelet à Paris, une consécration historique pour ce milieu de terrain arrivé en béquilles à la cérémonie suite à une grave blessure au genou.
Vainqueur et meilleur joueur de l'Euro 2024 avec l'Espagne, champion d'Angleterre avec Manchester City, Rodri devient le premier joueur depuis Fabio Cannavaro en 2006 à remporter le prestigieux trophée sans évoluer à un poste strictement offensif. Il s'inscrit dans la lignée du Tchèque Pavel Nedved, lauréat en 2003.
"Je crois que ce trophée consacre ma victoire mais aussi la victoire d'autant de joueurs espagnols, d'Iniesta, de Xavi", a déclaré le lauréat, rendant hommage à ses illustres prédécesseurs qui n'ont jamais remporté la récompense. Rodri rejoint ainsi le cercle très fermé des Espagnols sacrés, après Alfredo Di Stefano (1957, 1959) et Luis Suarez (1960).
La soirée a été marquée par l'absence remarquée du Real Madrid, qui a boycotté la cérémonie. Vinicius, l'attaquant brésilien du club merengue, termine deuxième du classement. Rodri n'a pas manqué d'avoir une pensée pour son coéquipier en sélection Dani Carvajal, quatrième mais absent : "J'aimerais parler à Carvajal, qui méritait d'être ici mais qui est blessé."
Bonmati conserve son titre
Chez les femmes, l'Espagnole Aitana Bonmati a conservé son Ballon d'Or, confirmant l'hégémonie du football espagnol. La milieu de terrain du FC Barcelone, championne du monde 2023 avec la Roja, devance ses coéquipières Caroline Graham Hansen et Salma Paraluello.
"Je suis extrêmement reconnaissante de recevoir ce deuxième Ballon d'or consécutif", a confié Bonmati, qui succède à sa compatriote Alexia Putellas au palmarès. "Ce n'est pas un exploit personnel ou individuel", a-t-elle souligné, rendant hommage au FC Barcelone, "un club unique, hors norme" qu'elle a rejoint à l'âge de 14 ans.
CIJ, L'AFRIQUE DU SUD DÉPOSE UN DOSSIER DE PREUVES DE GÉNOCIDE CONTRE ISRAËL
Cette initiative s'inscrit dans un long combat juridique mené par Pretoria pour la reconnaissance des droits des Palestiniens, alors que les violences en cours à Gaza ont fait plus de 40 000 victimes, dont de nombreuses femmes et enfants.
L’Afrique du Sud a déclaré lundi avoir déposé à la Cour internationale de justice (CIJ) un dossier de preuves du génocide perpétré par l’Etat israélien sur le peuple palestinien.
Dans un communiqué relayé le même jour par plusieurs médias, la présidence sud-africaine souligne que le dossier contient des preuves démontrant que le gouvernement israélien a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée par les Nations unies en 1948.
L’annonce du dépôt de ce dossier de preuves marque une nouvelle étape dans un combat initié par l’Afrique du Sud auprès de la Cour internationale de justice dans le but de permettre au peuple palestinien de recouvrer ses droits.
La Cour internationale de Justice, saisie par l’Afrique du Sud d’une plainte en décembre 2023, avait ordonné en janvier dernier à Israël de prendre des mesures pour garantir que son armée ne viole pas la Convention sur le génocide.
Près de dix mois après cette décision, la situation s’est détérioré pour les Palestiniens soumis à des raids et bombardements quasi-quotidiens dans la bande de Gaza principalement où l’intervention militaire israélienne déclenchée en octobre 2023 a déjà coûté la vie à plus de 40 000 personnes, des femmes et des enfants en majorité.
La quasi-totalité des habitations et des infrastructures hospitalières de l’enclave palestinienne a été détruite alors que les Gazouis, obligés sans cesse de se déplacer sur ordre de l’armée israélienne entre le nord et le sud du territoire, peinent à trouver de la nourriture en raison du blocage d’une quantité importante de l’aide humanitaire.
LE REAL MADRID BOYCOTTE LA CÉRÉMONIE DU BALLON D'OR
Convaincu que son attaquant vedette Vinicius ne sera pas couronné, le club espagnol dénonce un manque de respect flagrant. "Le Real Madrid n'est pas là où il n'est pas respecté", affirment les champions d'Europe en titre dans un communiqué cinglant
(SenePlus) - Un coup de tonnerre secoue la cérémonie du Ballon d'Or 2024. Le Real Madrid, grand favori avec son attaquant brésilien Vinicius, a décidé de boycotter l'événement prévu ce lundi soir au Théâtre du Châtelet à Paris.
Le club madrilène, vainqueur de la Ligue des champions 2024, exprime son mécontentement dans une déclaration cinglante à l'AFP : "Si les critères d'attribution ne désignent pas Vinicius comme vainqueur, ces mêmes critères devraient désigner Carvajal comme vainqueur. Comme cela n'a pas été le cas, il est évident que le Ballon d'Or de l'UEFA ne respecte pas le Real Madrid. Et le Real Madrid n'est pas là où il n'est pas respecté."
Cette année, les organisateurs avaient opté pour une nouvelle approche en gardant secrète l'identité du lauréat jusqu'à la cérémonie, rompant avec la tradition qui voulait que le vainqueur soit informé quelques jours avant l'événement.
L'absence annoncée des joueurs madrilènes laisse entrevoir que ni Vinicius, ni Dani Carvajal, ni Jude Bellingham, pourtant artisans du triomphe européen du Real, ne seront couronnés. Cette situation ouvre la voie à Rodri, le milieu espagnol de Manchester City, récent vainqueur de l'Euro-2024 avec la Roja et élu meilleur joueur du tournoi par l'UEFA.
Le prestigieux trophée est décerné sur la base des votes d'un jury composé de journalistes représentant les 100 premières nations au classement FIFA.
La décision sans précédent du Real Madrid de boycotter la cérémonie marque un tournant dans l'histoire du Ballon d'Or, remettant en question les critères d'attribution de cette récompense individuelle majeure du football mondial.