SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
3 avril 2025
International
par Ousseynou Nar Gueye
LA FRANCE TOUSSE, LE SÉNÉGAL S'ENRHUME
Macron aura-t-il donné des idées à Diomaye, en matière de dissolution de l'Assemblée nationale ? Va-t-on alors vers la tenue d'élections législatives seulement dans six mois ? Quid du vote du Budget 2025 ?
Le président Diomaye a désormais le droit, depuis les 12 coups de minuit, de cette nuit du mercredi 11 au jeudi 12 septembre, de "dissoudre les députés".
Le sabre diomayesque va-t-il s'abattre dès aujourd'hui sur la tête des résidents habituels, dits "Honorables", de la Place Soweto ?
Les paris sont pris, en tous les cas !
Personnellement, je parie jusqu'à ma dernière chemise, que l'Assemblée nationale sénégalaise, en sa 14e législature élue en juin 2022 et installée en septembre de la même année, sera dissoute aujourd'hui jeudi 12 septembre 2024.
Le drame de la migration "piroguatoire" de Mbour, avec encore hier, 36 dépouilles mortelles installées sur la plage là-bas et plus de 100 disparus non encore retrouvés depuis le naufrage migratoire du 8 septembre ? Le déplacement subséquent hier du président Diomaye à Mbour avec présentation de ses condoléances officielles aux familles éplorées et à la Nation ? La déclaration présidentielle selon laquelle le "Sénégal est en deuil" ? (bien qu'un décret instituant officiellement ce deuil national n'a pas été pris). La question est donc : tout cela pourrait-il retenir le bras à sabre du président Diomaye dans l'intention évidente qui le démange depuis son élection le 24 mars, de couper la tête des députés - et en premier -, (même si cest "en même temps" pour tous les députés) de ceux d'entre eux qui appartiennent à la majorité parlementaire Benno Bokk Yaakar apérisée ?
Je penche pour le "non": à mes yeux, tout cela pourrait constituer des justifications supplémentaires (comme s'il en fallait encore...) pour une dissolution-blitzkrieg dès que possible de droit, soit aujourd'hui.
Ce matin, dans la presse, plusieurs leaders politiques de l'opposition ont appelé à ce que "le pouvoir exécutif Pastef ne politise pas les morts du naufrage au large de Mbour.
Avec le drame cruel encore frais de Mbour, le président sénégalais a encore plus de raisons de dissoudre au plus vite (avec des éléments de langage distillés depuis des mois pour convaincre les populations de cette urgence impérieuse de disposer de "ses" députés), pour que le peuple lui donne (si possible) une majorité de députés à l'hémicycle : c'est le seul levier, détenir une nouvelle majorité parlementaire, qui lui permettra de faire voter sans encombres les lois de ses projets de réformes, dont les projets économiques et de développement justement, pouvant retenir au Sénégal les milliers de candidats à l'émigration irrégulière sur les flots de l'Atlantique, candidats migrants qui ne semblent jamais tarir : c'est ce qui a été la promesse du président Diomaye hier à Mbour, à la jeunesse "dont la valeur de la vie est inestimable", - pour reprendre les mots du président -, et aux moins jeunes, hommes et femmes. Leur "donner les moyens de se réaliser ici au Sénégal", ce qui est possible, mais "prendra toutefois du temps", dit Diomaye Faye.
Tous les précédents dépôts de projets de loi par le GOS (Gouvernement Ousmane Sonko), ces dernières semaines (dont notamment les projets de loi portant dissolution du HCCT et du CESE) ne l'ont été que pour démontrer que cette Assemblée nationale empêche le régime Diomaye de gouverner et lui met des bâtons dans les roues, alors que le président et son GOS veulent donner corps, au plus vite, aux réponses étatiques à apporter face aux urgences sociales et économiques du moment et de l'avenir.
Bref : comme on accusait le président français Macron de toujours faire du "en même temps", le président Diomaye a beaucoup fait du "en même temps" dernièrement : notamment, faire ficeler des projets de loi et les envoyer à une Assemblée nationale dont il sait pertinemment qu'elle ne les votera pas. Un "en même temps" diomayesque qui culmine avec cette annonce d'une Déclaration de Politique (ou de Polémique?) Générale par le Premier ministre Sonko devant les ďeputés demain vendredi 13 septembre ; alors que cette 14e législature aura cessé d'exister la veille.
Macron aura-t-il donné des idées à Diomaye, en matière de dissolution de l'Assemblée nationale ? Ce n'est pas exclu, vu le calendrier politique dernièrement observé dans les deux pays : c'est kif-kif, dans l'ex-pays colonisateur du Sénégal, et chez ce dernier.
Le remaniement gouvernemental post-dissolution et post-élections est en cours chez nos cousins gaulois, après près de 50 jours sans autre chose qu'un gouvernement interimaire. 50 jours qu'aura pris Macron pour trouver un Premier ministre en la personne de Michel Barnier (droite modérée), supposé peu censurable par l'actuelle législature française issue des urnes depuis le....7 juillet dernier.
"Dans les coulisses, les tractations battent leur plein. Trois à quatre ministres démissionnaires pourraient être reconduits, tandis que les autres seraient écartés. Parmi les portefeuilles les plus convoités figure celui de l'Intérieur, actuellement tenu par Gérald Darmanin. La bataille pour Beauvau est particulièrement acharnée, notamment chez Les Républicains, où deux noms reviennent sans cesse : Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau", indique le JDD français, Journal du Dimanche, aujourd'hui jeudi 12 septembre.
À Dakar, nous attendons donc impatienmment la dissolution de l'Assemblée nationale par le président Diomaye, pour aujourd'hui, sans coup férir, tel que pronostiqué publiquement sans grand risque de se tromper, par le patron du GOS (Gouvernement Ousmane Sonko).
Quid du vote du Budget 2025 de l'État sénégalais avant la fin de l'année 2024, dans un processus de session parlementaire qui aurait dû commencer en début octobre ? On verra après !
Quelle date après la dissolution de l'Assemblée nationale sénégalaise, pour la tenue de nouvelles élections législatives ? La radio RFI et d'autres observateurs/commentateurs/gens de médias, nous disent en novembre ou en décembre, soit donc, dans le délai de 60 jours minimum et 90 jours maximum (tel que le dispose la Constitution sénégalaise).
Mais alors, que fait-on de la disposition du Code électoral qui donne 150 jours (soit cinq mois) aux listes de candidats à la députation pour récolter des parrainages ? Lesquels parrainages devront être contrôles par le Conseil Constitutionnel.
Va-t-on alors vers la tenue d'élections législatives seulement dans six mois ? Si c'est le cas, ce sera une très longue campagne électorale pour les acteurs économiques de ce pays et pour nos investisseurs, nationaux comme étranger.
Et à la différence de la France de Macron, nous n'avons pas de Jeux Olympiques, pour faire marcher l'économie nationale durant la (longue ?) période électorale et post-électorale qui s'annonce. Nous n'aurons des ersatz de Jeux Olympiques que dans deux ans (les JOJ 2026)...
Ma conclusion un peu leste ? La France tousse, le Sénégal s'enrhume.
Ousseynou Nar Gueye est éditorialiste, fondateur-éditeur du site d'info Tract.sn, communicant (Axes & Cibles Com).
UMARO SISSOCO EMBALO RENONCE À BRIGUER UN NOUVEAU MANDAT
Alors que son premier mandat arrive à son terme, le président Bissau-guinéen a déclaré mercredi qu’il ne se représentera pas à la présidentielle qui devrait se tenir en 2025
Alors que son premier mandat arrive à son terme, le président Bissau-guinéen a déclaré mercredi qu’il ne se représentera pas à la présidentielle qui devrait se tenir en 2025.
Le président de Guinée-Bissau Umaro Sissoco Embalo, dont l’élection avait été contestée par ses opposants, a déclaré mercredi qu’il ne briguerait pas de second mandat après celui en cours jusqu’en 2025.
« Je ne serai pas candidat en 2025. Mon épouse m’a conseillé de ne pas me présenter. Je respecte donc ses conseils », at-il déclaré à des journalistes après le Conseil des ministres.
Cette déclaration est inattendue, car des mouvements s’étaient formés en faveur de sa candidature.
La durée du mandat actuel et la date de la prochaine présidentielle sont sujettes à controverse.
Après l’élection de décembre 2019, M. Embalo, général de réserve de 51 ans dont la candidature avait été portée par le Madem G-15, revendiquant la victoire, s’était fait investir en février 2020, pour cinq ans, à la tête de ce petit pays lusophone d’Afrique de l’Ouest à l’instabilité chronique. Il a remplacé José Mario Vaz dont le magistère a été marqué par plusieurs crises.
La communauté internationale a fini par entériner son élection. Mais le résultat du contrôle avait donné lieu à des mois de contestation, même après l’investiture, devant les organes de validation.
Le principal adversaire de M. Embalo, Domingos Simoes Pereira du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (Paigc), a toujours refusé de reconnaître la victoire de son opposant, frauduleuse selon lui.
M. Embalo s’est déclaré mercredi opposé à ce que certains de ses rivaux lui succèdent.
« Ce ne sera ni Domingos Simoes Pereira, ni Nuno Gomes Nabiam, ni Braima Camara qui me remplaceront », at-il déclaré sans préciser son propos.
« Je ne serai pas remplacé par un bandit », at-il dit à propos de ces opposants.
Depuis son indépendance vis-à-vis du Portugal en 1974, le pays a connu une multitude de putschs et de tentatives de coup de force.
Avec la présidentielle de 2014, la Guinée-Bissau s’est engagée sur la voie d’un retour à l’ordre constitutionnel, ce qui ne l’a pas préservée des turbulences qui se sont poursuivies sous la présidence de M. Embalo.
La Guinée-Bissau est l’un des pays les plus pauvres au monde et considérée comme l’un des plus gangrénés par la corruption.
L’instabilité et la pauvreté révèlent les activités de narcotrafiquants qui utilisent la situation géographique de la Guinée-Bissau, sur la côte Atlantique de l’Afrique, pour faire transiter la cocaïne d’Amérique latine vers l’Europe, avec la complicité suspectée de cadres de l’armée et d’officiels.
HARRIS DOMINE TRUMP
René Lake fait le débriefing du débat présidentiel américain marqué notamment par la destabilisation du candidat républicain et le caractère offensif de son vis-à-vis démocrate sur de nombreux thématiques clés de la campagne
René Lake fait le débriefing du débat présidentiel américain marqué notamment par la destabilisation du candidat républicain et le caractère offensif de son vis-à-vis démocrate sur de nombreuses thématiques clés de la campagne.
L'invité de VOA Afrique estime que Kamala Harris a dépassé les attentes avec cette performance, à tel point que son équipe de campagne s'est dite prête pour un second round.
À 56 jours des élections, les stratégies se dessinent. Pour Trump, Lake conseille de rester focalisé sur l'économie et l'énergie. Quant à Harris, il recommande de continuer à mettre en avant l'avortement et l'inclusion, tout en soulignant le contraste avec "le chaos des années Trump".
QUAND LE FOUTA INVENTAIT LA DÉMOCRATIE
Une révolution oubliée refait surface sur les écrans sénégalais. Le docufiction de Moe Sow sur la révolution Toorodo de 1776 ébranle les consciences à Dakar et suscite un vif débat sur l'identité politique du pays
(SenePlus) - Le cinéma sénégalais s'apprête à offrir au public une plongée dans un pan méconnu de son histoire. Comme le rapporte Le Monde, le docufiction "1776, Thierno Souleymane Baal et la révolution du Fouta", réalisé par Moe Sow, a fait l'objet d'une avant-première très remarquée le 3 septembre au cinéma Pathé de Dakar.
Le film, qui doit sortir en salles en octobre au Sénégal et en novembre en Mauritanie, retrace un épisode historique d'une grande portée symbolique : la révolution Toorodo dans le Fouta, région à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie. Cette révolution, menée par Thierno Souleymane Baal vers 1776 à la création de l'Almamiyat, est une forme de théocratie islamique dotée de garanties démocratiques avant-gardistes.
Le réalisateur Moe Sow explique sa démarche dans les colonnes du Monde : "Ce que je voulais, c'était rétablir une vérité : nos sociétés n'ont pas attendu une modernité occidentale pour accoucher de systèmes politiques précurseurs de nos démocraties." Cette volonté de réappropriation historique a trouvé un écho favorable auprès de nombreuses personnalités politiques et intellectuelles présentes à l'avant-première.
Parmi les spectateurs de marque, on notait la présence de l'ancienne premier ministre Aminata Touré, du conseiller mémoire du président Dialo Diop, et même du Premier ministre Ousmane Sonko. Le député panafricaniste Guy Marius Sagna a réagi avec enthousiasme, désincarné sur sa boucle WhatsApp : "Nous avons chez nous nos modèles qui n'ont rien à envier à personne", soulignant que cet épisode historique peut "constituer une boussole politique" pour l'avenir.
Le film mêle reconstitutions historiques et entretiens d'intellectuels, offrant différentes perspectives sur cet événement. Certains y voient un fait démocratique inscrivant le Sénégal dans une modernité globale, d'autres l'analysent comme un phénomène islamique et abolitionniste.
Cheikh Tidiane Gadio, député et descendant d'un dirigeant de l'Almamiyat, affirme : « Il y a une fierté qui s'exprime lors de la découverte par le grand public d'un événement comme la révolution Toorodo."
Malgré son importance historique, cette révolution reste peu connue au Sénégal. Absente des manuels scolaires, elle commence elle cependant à susciter l'intérêt, selon Le Monde. Ousmane Kane, président de l'Association Thierno Souleymane Baal, a appelé lors de l'avant-première à "célébrer nos héros" et a proposé l'érection d'une statue à Dakar en l'honneur du leader révolutionnaire.
Le film pourrait bien jouer un rôle éducatif important. Le ministre de l'éducation, Moustapha Mamba Guirassy, s'est engagé à le diffuser dans les écoles du pays, ouvrant ainsi la voie à une meilleure connaissance de cet héritage historique et démocratique.
VIDEO
DUEL ÉLECTRIQUE HARRIS-TRUMP
Dans un contexte politique incertain, les deux candidats ont croisé le fer sur tous les sujets brûlants de la campagne. À 50 jours du scrutin, ce face-à-face pourrait bien rebattre les cartes de la course à la Maison Blanche
Dans la nuit du mardi 10 au mercredi 11 septembre 2024, à seulement 50 jours du scrutin présidentiel américain, Kamala Harris et Donald Trump se sont livrés à un duel électrique sur le plateau d'ABC News à Philadelphie. Ce face-à-face, tant attendu par les électeurs, a tenu toutes ses promesses en matière d'intensité et de confrontation.
Dès les premières minutes, l'atmosphère s'est électrisée. La vice-présidente Harris, visiblement bien préparée, a adopté une posture offensive, martelant son programme et n'hésitant pas à qualifier son adversaire de menteur à plusieurs reprises. Face à elle, Donald Trump, inhabituellement sur la défensive, a tenté de contre-attaquer en accusant l'administration actuelle d'incompétence et de mener le pays au désastre.
Les échanges ont couvert un large éventail de sujets brûlants, de l'économie à l'immigration, en passant par l'avortement et la politique étrangère. Chaque thème a été l'occasion d'une passe d'armes féroce, révélant deux visions diamétralement opposées pour l'avenir des États-Unis.
Particulièrement remarquée, l'intervention de Harris sur l'avortement avec un Trump en difficulté, ce dernier peinant à clarifier sa position. De son côté, l'ancien président a tenté de reprendre la main sur les questions économiques, martelant le thème de l'inflation.
Au terme de ces 90 minutes d'affrontement, les deux camps ont, sans surprise, revendiqué la victoire. Cependant, de l'avis de nombreux observateurs, Kamala Harris semble avoir marqué des points précieux dans cette première manche cruciale de la course à la Maison Blanche.
Alors que les sondages annoncent un examen serré, ce débat pourrait bien s'avérer décisif dans la dernière ligne droite de la campagne.
LA JEUNESSE ENTRE CHÔMAGE ET NAUFRAGE
26 vies fauchées en mer, c'est le prix cruel d'un système qui peine à offrir des perspectives. Ce nouveau drame jette une lumière crue sur les défis auxquels fait face le pays. Il rappelle que derrière les statistiques se cachent des destins brisés
(SenePlus) - Le phénomène de l'émigration clandestine continue de faire des victimes au Sénégal, malgré l'alternance politique et les promesses du nouveau gouvernement. Le dernier naufrage en date, survenu le dimanche 8 septembre 2024 au large des côtes sénégalaises, a coûté la vie à au moins 26 personnes qui tentaient de rejoindre l'Europe à bord d'une pirogue.
Dans une interview accordée à DW Afrique, Momar Ndao, président de l'Association de consommateurs du Sénégal, analyse les raisons profondes de la persistance de ce phénomène. Selon lui, le manque de perspectives professionnelles est au cœur du problème : "Beaucoup de jeunes ici n'ont pas de métier ou de formation qui leur permettent de trouver un emploi facilement", explique-t-il.
Le faible niveau d'éducation des candidats à l'émigration est également pointé du doigt. "Ce ne sont pas des personnes qui ont un niveau d'instruction élevé, souvent supérieur au secondaire", précise Ndao. Cette situation les pousse à sous-estimer les risques encouragés lors de la traversée : "Ils n'ont pas une idée précise du danger qu'ils courent en prenant une embarcation pour plusieurs jours dans des conditions effroyables."
Malgré les promesses de campagne du nouveau gouvernement, le phénomène persiste. Momar Ndao explique cette situation par l'absence de solutions immédiates : "Il n'y a pas de solution immédiate pour les jeunes sans métier, sans éducation ou sans compétences. Il n'y a pas non plus de marché de l'emploi pour ceux qui ont des compétences." Face à ce manque de perspectives, l'émigration clandestine apparaît comme la seule option pour de nombreux jeunes : "Les gens se disent que la seule option est de jouer au loto ou de risquer leur vie pour trouver une situation meilleure de l'autre côté."
Le phénomène touche particulièrement les régions côtières du Sénégal, où la proximité avec la mer et la tradition de la pêche ont facilité l'essor de ces départs. "À l'origine, beaucoup de départs avaient lieu dans le nord du Sénégal, vers Saint-Louis, Louga, etc. Il y a eu aussi de nombreux départs du côté de Mbour, et ensuite également du côté de Ziguinchor", détaille Ndao.
L'évolution du profil des candidats à l'émigration est également notable. Si initialement, les départs concernaient principalement "des marins, des pêcheurs, des gens de la mer, qui n'ont pas peur de l'océan", le phénomène s'est progressivement étendu à d'autres catégories de la population.
MARQUAGE A LA CULOTTE
Pretoria poursuit son action contre Tel Aviv à la Cour internationale de justice, en dépit des menaces israéliennes de pression via les États-Unis.
Pretoria poursuit son action contre Tel Aviv à la Cour internationale de justice, en dépit des menaces israéliennes de pression via les États-Unis.
L’Afrique du Sud a réaffirmé son engagement à poursuivre son action contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ), malgré les menaces d’Israël de tirer parti de ses relations étroites avec les États-Unis pour faire pression sur Pretoria afin qu’elle abandonne son action en justice.
Mardi, le ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération a annoncé que le pays déposerait son mémoire à la CIJ en octobre 2024, en présentant des faits et des preuves pour étayer les affirmations selon lesquelles Israël commet un génocide en Palestine.
« Cette affaire se poursuivra jusqu’à ce que la Cour rende une décision. Tant que l’affaire est en cours, nous espérons qu’Israël respectera les ordonnances provisoires rendues à ce jour par la Cour », a déclaré le ministère dans un communiqué.
L’action en justice, engagée par l’Afrique du Sud en décembre 2023, accuse Israël d’avoir violé la Convention sur le génocide de 1948 lors de ses opérations militaires à Gaza.
Selon des informations en provenance d’Israël cette semaine, l’administration de Benjamin Netanyahu envisage de demander au Congrès américain de l’aider à faire pression sur l’Afrique du Sud pour qu’elle abandonne l’affaire devant la CIJ, faute de quoi elle s’exposerait à de « graves répercussions ».
Alors que la situation dans la région continue de s’aggraver, l’Afrique du Sud cherche à mettre en lumière la crise humanitaire résultant des actions d’Israël, qui auraient entraîné la mort de plus de 41 000 Palestiniens, principalement des femmes et des enfants.
L’affaire a recueilli un soutien international, plusieurs nations se joignant à l’Afrique du Sud dans sa quête de responsabilité pour les actions d’Israël.
Cette coalition reflète les efforts croissants déployés à l’échelle mondiale pour lutter contre la violence persistante au Moyen-Orient et souligne la complexité de la diplomatie internationale dans le cadre du conflit israélo-palestinien.
LE BURUNDI CRIE AU SCANDALE APRÈS SA DÉFAITE CONTRE LE SÉNÉGAL
La Fédération de Football du Burundi dénonce auprès de la CAF, non seulement un pénalty litigieux, mais aussi des irrégularités dans la désignation des arbitres
(SenePlus) - Le match de qualification pour la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2025 entre le Sénégal et le Burundi continue de faire des vagues. Selon des informations rapportées par le journal L'Équipe, la Fédération de Football du Burundi (FFB) a déposé une plainte officielle auprès de la Confédération Africaine de Football (CAF) suite à sa défaite 1-0 contre les Lions de la Téranga.
Au cœur de cette controverse se trouve un penalty accordé au Sénégal à la 66e minute et transformé par Ismaïla Sarr. La FFB conteste vivement cette décision de l'arbitre égyptien Mohamed Maarouf Eid Mansour, estimant qu'elle a injustement influencé l'issue du match. Dans un communiqué publié sur la plateforme X, la fédération burundaise n'a pas mâché ses mots : "La FFB estime que l'arbitre a faussé le résultat du match car il était à moins de cinq mètres de l'action."
Elle soulève également des questions sur un changement de dernière minute dans la composition de l'équipe arbitrale. "La FFB s'interroge également sur la modification des arbitres du match", peut-on lire dans le communiqué. "Alors que des arbitres marocains étaient désignés pour la rencontre, aucune notification de la raison de leur remplacement n'a été portée à la connaissance des parties liées au match, contrairement aux usages de la CAF."
Cette défaite place les Hirondelles du Burundi en deuxième position du groupe L, juste derrière le Sénégal. Malgré une victoire prometteuse 3-2 contre le Malawi le 5 septembre, cette controverse vient assombrir leur parcours dans ces éliminatoires. Du côté sénégalais, cette victoire, bien que contestée, apporte un soulagement après un match nul inquiétant (1-1) face au Burkina Faso lors de la première journée des qualifications.
Par Hamidou ANNE
CES STAGIAIRES AU SOMMET DE L’ÉTAT
S’en prendre à la France, au Maroc, à Israël, multiplier les bourdes diplomatiques, entrer en conflit ouvert avec des multinationales étrangères, auront comme finalité l’isolement du Sénégal à l'international
Les régimes sénégalais successifs ont toujours maintenu une constance en matière de politique étrangère. A l’aube de l’indépendance déjà, notre pays, petit par la taille et le poids économique, avait acquis une certaine respectabilité sur la scène internationale. Le Sénégal a toujours été au cœur des enjeux du monde grâce à une politique étrangère sobre et ambitieuse, et à des diplomates aussi compétents que discrets. Il y a également dans ces succès quelque chose d’abstrait, qui relèverait d’un esprit sénégalais : un savant mélange de raffinement, d’ambition, de talent et de cet art exquis du compromis.
Ce n’est guère un hasard si notre petit point qui embrasse l’Atlantique a pu placer ses fils à la tête de grandes organisations internationales. Abdoul Karim Gaye, Amadou Mahtar Mbow, Lamine Diack, Jacques Diouf, entre autres, représentaient l’âme d’un petit pays, qui a décidé très tôt d’être grand par son poids dans la géopolitique mondiale.
De Léopold Senghor à Macky Sall, l’un socialiste, l’autre social-libéral, nous avons maintenu nos acquis diplomatiques ; mieux nous n’avons jamais manqué le rendez-vous des grands enjeux multilatéraux.
Le 24 mars dernier, les Sénégalais ont fait un choix sans ambiguïté certes, mais celui-ci n’est guère un chèque en blanc pour autoriser toutes les outrances et tous les outrages, qui auront comme finalité la ruine du crédit et du prestige de l’Etat. En moins d’un semestre, le vulgaire et l’ordinaire ont élu domicile au cœur de la République, avec une désinvolture dans les propos et dans les méthodes.
C’est avec une immense peine que j’ai lu la déclaration de la présidence de la République à l’issue de la visite du Premier ministre Espagnol, Pedro Sanchez. Dans le texte, il est écrit «puissance occupante» pour faire référence à Israël. Cette affirmation est inappropriée et ne reflète pas l’état de nos relations avec ce pays. Nous entretenons une coopération avec l’État hébreu, même si notre proximité avec le peuple palestinien, héritée de nos pères fondateurs, reste sans équivoque. Il est inacceptable pour la présidence de la République du Sénégal d’utiliser le terme «puissance occupante», surtout que nous reconnaissons l’Etat d’Israël depuis les années 60. A la présidence toujours, un hurluberlu, conspirationniste et islamiste assumé, tient des propos d’une gravité inouïe sur le roi du Maroc et son père, accusés respectivement d’homosexualité et de franc-maçonnerie. Je me demande encore comment a-t-on pu ne serait-ce qu’imaginer nommer cet individu au cœur de l’Etat ? Le Maroc n’est pas un pays ami, c’est un pays frère ; il s’agit d’un de nos plus proches alliés, avec lequel nous partageons une histoire vieille et profonde. Les propos orduriers de ce rustre sont choquants et ne reflètent que sa petitesse d’esprit.
Parce que ce régime à la médiocrité dans son ADN, le Premier ministre s’en mêle avec la hardiesse qu’on lui connaît, quand il s’agit d’incarner l’incompétence et le manque d’épaisseur. Il met en danger notre pays par des déclarations d’une grande irresponsabilité. Parti à la manifestation en soutien au Peuple palestinien, il vilipende des Etats alliés comme le Qatar et l’Arabie Saoudite, par des propos d’une rare grossièreté. Pire, il s’attaque non pas à Israël mais aux «Juifs». Parler des «Juifs» et les accoler tout de suite à la banque » renvoie à une rhétorique antisémite abjecte. Le drame que vivent les populations de Gaza depuis le 7 octobre et dont le responsable est le gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Netanyahu est inacceptable. Mais quand on est responsable public, on se prononce avec comme unique boussole le droit international. Un responsable public doit se donner comme exigence de ne jamais céder aux excès racistes, islamophobes ou antisémites.
La défense de la cause palestinienne est un marqueur de notre politique extérieure depuis toujours. Yasser Arafat a longtemps voyagé avec un passeport diplomatique sénégalais. L’ambassadeur Saïd Abassi, après 32 ans de présence sur notre sol, repose pour l’éternité au cimetière de Yoff.
Dans le même temps, nous accueillons une ambassade israélienne à Dakar. Israël est le quatrième pays au monde à avoir reconnu le Sénégal indépendant. Le Sénégal a donc à jouer un rôle de médiateur et de facilitateur pour arriver à la seule solution viable, celle de deux Etats côte-à-côte dans des frontières sûres et reconnues.
Nous avons une responsabilité devant l’ampleur de la catastrophe humanitaire à Gaza et devons poursuivre les efforts à New York, à Genève et au Caire pour obtenir un cessez-le-feu.
S’en prendre à la France, au Maroc, à Israël, multiplier les bourdes diplomatiques, entrer en conflit ouvert avec des multinationales étrangères auront comme finalité l’isolement du Sénégal sur la scène diplomatique. Un pays jadis respecté et estimé partout risque de devenir un Etat paria du fait de l’incompétence d’un homme sans relief. Dans la gestion de l’Etat, la tenue, la retenue et la responsabilité sont des valeurs capitales. Mais certains ne vivent que pour les caméras et pour le reflet de leur propre image, prouvant définitivement leur nature de personne disqualifiée à porter la voix du Sénégal. Quand l’injure et la vaine bravade s’unissent, ils ne charrient que la banalisation de la parole publique et de ses tenanciers.
Ces gens sont un boulet pour notre pays, relativement au prestige de l’Etat et à la sécurité nationale. Les meilleures blagues sont les plus courtes. Il y a un devoir et une responsabilité de renvoyer ces stagiaires à leurs chères études dès les législatives prochaines.
SCANDALE AUTOUR DES FONDS PUBLICS ALLOUES AUX JOPARIS 2024
Le Mali est plongé dans un scandale financier d’une ampleur inattendue, remettant en cause la gestion des fonds publics alloués à la participation du pays aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
Le Mali est plongé dans un scandale financier d’une ampleur inattendue, remettant en cause la gestion des fonds publics alloués à la participation du pays aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
Au cœur de la polémique qui secoue le milieu sportif quant à la gestion des JO de Paris, le Comité National Olympique et Sportif du Mali (CNOSM) et le ministère de la Jeunesse et des Sports sont en désaccord sur les montants réellement versés et la manière dont ils ont été utilisés.
Le ministère des Sports, dirigé par Abdoul Kassim Fomba, a initialement affirmé avoir mis à la disposition du CNOSM un montant global de 360 millions de FCFA pour la préparation et la participation du Mali aux Jeux de Paris. Cependant, le CNOSM, à travers son trésorier général Abdoulaye Coulibaly, a rapidement réfuté cette affirmation, déclarant que seulement 93 921 633 FCFA leur avaient été alloués, soit à peine 22 % du budget prévu.
Cette divergence a rapidement pris une tournure politique et médiatique, avec des accusations de mauvaise gestion de la part du ministère et des allégations de rétention de fonds. Selon le CNOSM, un budget initial de 420 millions de FCFA avait été soumis au ministère des Sports, mais celui-ci n’a transféré qu’une fraction des fonds demandés.
Le CNOSM a clairement indiqué qu’il ne gérait qu’une petite partie des fonds attribués et qu’il prévoyait de rembourser au Trésor public près de 12 millions de FCFA qui avaient été alloués en cas de qualification de l’équipe de football pour la deuxième phase du tournoi. Pour sa part, le ministère des Sports a affirmé que le Comité olympique avait reçu une somme suffisante pour assurer la préparation et la participation des athlètes.
Cette situation a suscité des interrogations sur la destination des fonds restants. Le Bureau du Vérificateur général du Mali et d’autres instances de contrôle envisagent de procéder à un audit approfondi des comptes du ministère des Sports afin de faire la lumière sur cette affaire et de déterminer si des détournements de fonds ont eu lieu.
Les faibles performances des athlètes maliens aux Jeux Olympiques ont déjà suscité des critiques et cette affaire risque de porter un coup supplémentaire à l’image du sport malien à l’échelle internationale.
Pour de nombreux observateurs, ce scandale est symptomatique d’un problème plus large de transparence et de gestion des ressources dans les instances gouvernementales. Le ministre Abdoul Kassim Fomba a souligné l’importance d’un suivi rigoureux des fonds publics, affirmant que « nul ne peut se prévaloir de son identité pour refuser de justifier l’argent public ». Il a appelé à une gestion plus responsable et transparente des ressources allouées au sport.
Alors que les appels à un audit indépendant se multiplient, l’opinion publique reste divisée. Certains soutiennent les actions du ministre des Sports, qui a cherché à faire la lumière sur les fonds manquants, tandis que d’autres dénoncent une gestion chaotique au sein du ministère, pointant du doigt les retards de transfert des fonds et un manque de coordination avec le CNOSM.
Le CNOSM, de son côté, se défend en affirmant avoir fait preuve de transparence en publiant des détails sur les dépenses engagées pour les Jeux. Toutefois, le comité devra répondre à des questions concernant l’utilisation précise des 93 millions de FCFA reçus ainsi que sur la planification des prochains grands événements sportifs.
En attendant, la communauté sportive malienne retient son souffle, espérant qu’une enquête indépendante apportera des réponses claires et contribuera à redorer l’image du sport malien à l’international.