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5 avril 2025
Opinions
par Mamadou Oumar Ndiaye
MONSIEUR LE PRESIDENT, PAS D’AUTRE ISSUE POUR VOUS QUE DE NEGOCIER «CI NJEKK REK» AVEC OUSMANE SONKO
Dans toute guerre, il faut savoir parfois opérer des replis tactiques. Actuellement, Macky Sall est cerné, acculé et ne tient plus que par les forces de défense et de sécurité elles-mêmes débordées
Tout ça pour ca, serait-on tenté de dire ! Deux ans d’enquêtes, d’instruction, de lynchage médiatique, au moins 15 morts (jusqu’au jour du procès), de nombreux blessés, des centaines d’arrestations, des saccages et des dégâts matériels occasionnant des dommages s’élevant à des milliards de nos francs, une économie au ralenti, un pays coupé en deux…
On peut dire que le Sénégal a payé un très lourd tribut aux mensonges d’une jeune fabulatrice manipulée par des gens de la majorité présidentielle et qui prétendait avoir été violée par la figure de proue de l’opposition. Deux ans après, à l’issue d’un procès auquel le principal accusé n’a pas pu ou voulu se présenter, voilà qu’on nous dit « naxeee mbaay !!! », ah, ah on vous a bien eus pauvres cons, il n’y avait absolument rien de ce pourquoi Ousmane Sonko était poursuivi depuis deux ans !
Pas de viols répétés et encore moins de menaces de mort à l’encontre de l’accusatrice ! Justice était enfin rendue au pauvre leader de Pastef persécuté depuis le début de cette affaire ? Vous n’y êtes pas car on n’allait quand même pas le laisser repartir comme ça les mains vides, ce serait trop facile voyons! On va donc lui donner un « yobeul » en guise de cadeau souvenir de la justice sénégalaise : deux ans de prison ferme pour corruption de la jeunesse. Un délit pour lequel il n’a jamais été poursuivi, contre lequel il n’a jamais été mis en position de se défendre et que le procureur de la République, bien en peine de soutenir l’accusation de « viol », a sorti de sa manche pour demander au président de la chambre de bien vouloir condamner Ousmane Sonko de ce chef si les accusations de viol et de menaces retenues contre lui n’emportaient pas son adhésion. Et le brave juge, qui ne pouvait évidemment rien refuser au maître des poursuites, s’est exécuté. Si ce n’est toi, c’est donc ton frère, avait dit le loup de la fable au malheureux agneau avant de le dévorer Ici, l’on a dit à Ousmane Sonko que si ce n’est pas un viol et s’il n’y a pas eu de menaces de mort à l’encontre de la menteuse Adji Sarr, c’est donc qu’il a corrompu la jeunesse !
En vertu — ou en répression — de quoi, on l’a condamné à une peine de deux ans de prison ferme. Voilà donc la singulière façon dont la justice est rendue au nom du peuple sénégalais c’est-à-dire à notre nom à tous. On ne sait pas encore si le brillantissime magistrat qui a rendu le jugement d’avant-hier est allé ensuite se laver les mains avant de s’écrier, comme Ponce Pilate, le procurateur romain qui avait condamné à mort Jésus Christ : « je suis innocent du sang de ce juste ! » Il y aurait en tout cas eu de quoi tellement ce jugement est scandaleux et ne fait que traduire la volonté du président de la République de voir liquider son principal adversaire, celui qui est le plus idéalement placé pour l’empêcher de réaliser la passe de trois c’est-à-dire d’obtenir ce troisième mandat — oups, pardon ce second quinquennat ! — auquel, selon beaucoup de gens, il penserait le matin en se rasant…
Le droit est mort et la justice injuste !
Partout dans le monde, et singulièrement en Afrique, où la justice ne rend pas des décisions justes — ou en tout cas perçues par telles par les populations auxquelles elles s’appliquent —, c’est le début de l’anarchie, les gens cherchent à se faire justice eux-mêmes, les forts écrasent les faibles et la raison du plus fort (celle-là même que cherche à faire prévaloir le régime qui nous gouverne) tend à devenir la meilleure. Comme celle du loup de la fable ! Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner de voir les peuples prendre les choses en main vu qu’ils ne se reconnaissent plus dans leur justice.
De ce point de vue, le spectacle auquel on a assisté jeudi à savoir celui d’étudiants brûlant la Faculté de Droit d’une Université en s’écriant : « Le droit est mort ! », « Le droit est mort ! » est un symbole extrêmement fort sur lequel il convient de méditer sérieusement. En tout cas, les morts (plus de onze officiellement en deux jours), les blessés, les dégâts matériels extrêmement importants — il y en a eu pour des milliards de nos francs —, la paralysie de l’économie, l’arrêt de tout trafic automobile, la fermeture des écoles…auxquels on a assistés immédiatement après le verdict de ce procès, tout cela prouve que d’importants pans de notre pays ne se sont pas retrouvés dans ce jugement à l’opposé de celui de Salomon ! Un jugement d’une justice tropicale dans une République arachidière…
En tout cas, les émeutes de ce jeudi noir et d’hier vendredi ont fini de montrer toute la vanité des rodomontades du président de la République déclarant sur un ton martial et à manière d’un matamore, à Diamniadio, devant les participants à ses concertations sur le pétrole et le gaz, que « ce qui s’était passé ici en mars 2021 ne se reproduira plus jamais! » Hélas, malgré les équipements répressifs de dernière génération offerts aux forces de défense et de sécurité et, dit-on, les conseils d’experts israéliens, cela s’est reproduit en plus grave avant-hier et hier. Car même s’il y a eu moins de morts qu’il y a deux ans (pour le moment du moins), les destructions, elles, sont bien plus importantes. Et tout cela parce que, jamais deux sans trois, on a voulu conduire à l’abattoir un opposant susceptible de s’opposer à l’envie de rempiler d’un président de la République après Karim Wade et Khalifa Ababacar Sall avant le scrutin de 2019.
Dans plusieurs quartiers de Dakar et beaucoup de localités du pays, ces deux jours, les manifestants étaient maîtres de la rue désertée par les policiers et les gendarmes. Et, l’Armée a même dû être appelée à la rescousse. Tout cela au lendemain du dialogue en forme de « deal » lancé en grande pompe mercredi par le président de la République. Un dialogue boycotté par la frange la plus significative de l’opposition qui voulait tenir au même moment son « contre-dialogue » interdit par le préfet de Dakar et dispersé à coups de grenades lacrymogènes par les FDS qui n’ont pas hésité à investir en toute illégalité le siège d’un parti politique pour en déloger les responsables de l’opposition qui s’y trouvaient !
N’étant ni des devins, ni des mages, ne sachant pas manier les cauris encore moins lire dans le marc de café, nous ne nous hasarderons donc pas à prédire l’issue de cette énième éruption populaire qui a éclaté après le verdict du procès Adji Sarr/Ousmane Sonko. La seule chose dont on soit sûrs, en revanche, et qui est aussi certaine que le lever du soleil, c’est celle-ci : le président de la République ne pourra jamais écraser par la force ce soulèvement populaire qui débute. D’autres présidents plus puissants et mieux armés que lui s’y sont essayés ailleurs (Tunisie, Egypte, Libye…) et se sont cassé les dents. La seule solution de sagesse et l’unique voie de salut résident — si ce n’est trop tard, hélas — dans l’ouverture de négociations franches avec l’opposition et son chef, Ousmane Sonko. Le Président devra dire clairement qu’il ne briguera pas un troisième mandat, permettre à tous les candidats qui le désirent de se présenter à la présidentielle de 2024 et libérer les centaines de prisonniers politiques détenus dans ses geôles — dont notre confrère et ami Serigne Saliou Guèye embastillé sous le ridicule délit d’exercice illégal de la profession de journaliste.
Le seul avec qui le président de la République doit négocier c’est Sonko et non pas avec les charlots et autres Pieds-Nickelés qu’il a invités à son dialogue « Benno » et qui ne représentant absolument rien du tout et même pas leurs propres personnes!
Un « dialogue » qui lui aura coûté cher assurément parce que sa phrase « si les gens ne veulent pas que je fasse un autre mandat, ils doivent me le demander gentiment car nul ne peut me forcer » — nañu mako laaj ci njekk — a contribué à attiser la colère populaire. Dans toute guerre, il faut savoir parfois opérer des replis tactiques. Actuellement, le président Macky Sall est cerné, acculé et ne tient plus que par les forces de défense et de sécurité elles-mêmes débordées. Il a tout intérêt à reculer et à négocier car sinon hélas…
Par Me Ciré Clédor LY
CLARIFICATION
Me Ciré Clédor LY membre du collectif de la défense d’Ousmane SONKO est formel
L'état avait mis la résidence de Ousmane Sonko en état de siège dans l'attente qu'on lui livre une commande politique emportant privation systématique de ses Droits électoraux, à savoir une condamnation avilissante et infamante pour crime de viol.
Pour rappel, Ousmane Sonko n'a jamais reçu de convocation et n'a pu comparaitre ni être défendu.
La Chambre Criminelle n'a pu livrer la commande et a prononcé un verdict d'acquittement.
Cependant, elle a trouvé une pirouette tout aussi inacceptable, inconcevable et inexplicable, une peine de substition par défaut, pour condamner le leader de l'opposition Sénégalaise.
L'ordonnance de renvoi et de mise en accusation pour crime et délits connexes, fixe les limites de la compétence et de la saisine de juridiction de jugement et de ses juges. Dès lors, lorsque les juges sont convaincus de l'innocence d'un accusé parce que les faits reprochés ne sont pas constitués ou les éléments matériels constitutifs des éléments du crime ne sont pas réunis, il acquitte purement et simplement sans pour autant substituer au crime un autre crime ou un délit non visé dans l'acte d'accusation.
L'incitation de mineurs à la débauche ou la corruption de la jeunesse (deux infractions distinctes dans leurs éléments constitutifs l'une l'autre bien que voisines) sur une mineure de 21 ans, ne figurent ni dans l'acte d'accusation qui a saisi la juridiction de jugement, encore moins dans la convocation servie à la co-accusée, l'héroïque Ndèye Khady Ndiaye qui contient aussi les seules infractions retenues contre le leader de l'opposition démocratique à l'exclusion de toute autre.
Les faits retenus pour atteindre l'objectif de privation du Droit d'être candidat à une élection et de destitution de la fonction de Maire de Ziguinchor, n'ont jamais fait l'objet d'une instruction ou d'un débat, même hors la présence de l'accusé.
La contumace est une sanction obsolète qui a disparu de toutes les législations des États Démocratiques parce qu'inconciliable avec les impératifs des droits de la défense et du droit de toute personne de pouvoir contester sa culpabilité et la peine devant une juridiction d'appel y compris le contumax.
Une condamnation avait été annoncée par certains responsables politiques du régime en place dans des vidéos virales qui circulent encore sur la toile et qui anticipait le verdict impunément, confortant les accusations de complot d'Etat. En tout état de cause, avec la décision rendue, le leader charismatique est dégagé du contrôle judiciaire et recouvre sa pleine et totale liberté.
Son passeport doit lui être immédiatement rendu à l'instant et sans délai, les barrières érigées devant son domicile devront aussi être levées et les forces de répression renvoyées illico presto dans leurs casernes. Ce sont les conséquences immédiates du verdict rendu.
Par ailleurs, tous les comploteurs qui sont responsables du chaos installé dans le pays avec son cortège de morts et de désolation, doivent être poursuivis et punis. Pour la suite, nous aviserons dès que nous nous serons concertés avec notre client.
par l'éditorialiste de seneplus, félix atchadé (2020)
MACKY SALL, LA POLITIQUE DE LA TERRE BRÛLÉE ET LE SÉNÉGAL
Sa tendance à vouloir réduire « l’opposition à sa plus simple expression » prépare l’avènement d’un leadership nihiliste qui capitalisera à son compte le mécontentement populaire. Le Sénégal gronde, les Sénégalais sont en colère
Félix Atchadé de SenePlus |
Publication 03/06/2023
La Constitution du Sénégal donne des pouvoirs exorbitants au Président de la République. C’est un monarque absolu que nous élisons (parfois) tous les cinq ou sept ans selon l’opportunisme politique ou l’humeur réformatrice de la loi fondamentale du patron de l’exécutif en place. Le chef de l’État nomme à tous les emplois civiles et militaires. Mis à part le droit de vie et de mort sur les citoyens, il y a peu de prérogatives qui lui échappent. Signe de cette puissance, au parlement, les députés de la majorité n’hésitent pas à dire qu’ils sont au service du président. Il commande et les juges exécutent sa volonté. Le pouvoir présidentiel est tel qu’il arrive que la société civile sollicite son arbitrage pour des questions qui n’entrent pas dans ses prérogatives. Qui ne se souvient pas de l’appel à Macky Sall de ce dignitaire qui voulait qu’il désigne le leader de sa famille religieuse ? Il n’y a pas de contre-pouvoir institutionnel à celui du président. Dans un monde de plus en plus complexe, le président fait remonter à lui les plus banales des questions nourrissant l’illusion qu’il est omniscient et omnipotent. À cette « gouvernance » d’un autre âge, il ajoute un autre signe d’archaïsme, la volonté d’instaurer un monolithisme politique de fait.
Un exercice du pouvoir archaïque
Il y a vingt mois, Macky Sall était réélu au 1er tour de la présidentielle avec 58 % des suffrages exprimés. Ses adversaires qui avaient fortement critiqué et dénoncé le processus électoral et le scrutin en lui-même avaient néanmoins pris acte des résultats proclamés par le Conseil Constitutionnel. Leur seul acte de défiance a été le refus de le féliciter. Macky Sall en avait peut-être pris ombrage, mais seuls les usages et « les bonnes manières » exigent que les perdants fassent un tel geste. La loi n’impose aucun impératif en la matière. C’est donc un président Sall dans la configuration de l’entame de son premier mandat qui inaugurait son deuxième et dernier mandat à la tête de l’État le 2 avril 2019. Une scène politique pacifiée, une opposition qui ne conteste pas sa légitimité en mobilisant la rue. Cette configuration n’est pas fréquente. En vingt ans de pouvoir, Abdou Diouf n’a pas eu cette chance. Abdoulaye Wade n’en a bénéficié qu’à l’entame de son premier mandat en 2000. C’est donc dire que le président avait plus que tous ses prédécesseurs l’occasion d’asseoir le caractère apaisé de la démocratie sénégalaise en se mettant au travail et en laissant le soin à l’opposition de s’organiser et se préparer à une éventuelle alternance.
Alors qu’il avait fait campagne en vantant les mérites de la Constitution et promis d’impulser des réformes dans les domaines économique et social pour mieux répartir les fruits de la croissance, Macky Sall posait comme premier acte de gouvernement de son quinquennat, une réforme constitutionnelle pour supprimer le poste de Premier ministre au nom du concept « fast track ». Quelques semaines plus tard, il lançait une concertation peu transparente sur ses objectifs et finalités qui a tenu en haleine un microcosme politique et médiatique déconnecté des réalités que vivent les classes populaires du pays.
Le gouvernement « d’ouverture et d’unité » : une manœuvre politicienne de courte vue
Le dimanche 1er novembre 2020, au terme d’un « dialogue politique » entamé en mai 2019, le président a procédé à la nomination d’une nouvelle équipe gouvernementale. Ce gouvernement dit « d’ouverture et d’unité » entérine l’arrivée dans la majorité présidentielle d’Idrissa Seck et de dissidents du Parti démocratique sénégalais (PDS) de l’ancien président Abdoulaye Wade. Selon les verbeux communicants du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor, ce remaniement tient compte « du contexte de la pandémie de la COVID-19, et de ses impacts » et vise à « imprimer une dynamique constructive d’innovation, de transformation, de réalisations et de changements nécessaires à l’accélération de l’émergence du Sénégal » le tout en mode « fast track ». Vaste programme ! La conséquence immédiate de cette nouvelle magouille politique est que les élections locales sont renvoyées aux calendes grecques. Après un Acte trois de la décentralisation dont le seul résultat a été l’affaiblissement institutionnel et opérationnel des collectivités locales, le pouvoir parachève son œuvre en portant un rude coup à la légitimité de ceux qui les incarnent. L’autre résultat est selon le journaliste Mandiambal Diagne, qui revendique l’amitié et la proximité de Macky Sall, la désorganisation de « l’opposition politique ». De tous ses adversaires à l’élection présidentielle de février 2020, il n’y a plus que Ousmane Sonko comme l’opposant. Khalifa Ababacar Sall, l’ancien député-maire de Dakar est pour le moment privé de ses droits civiques selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel. Les appareils politiques de gauche sont neutralisés dans la coalition présidentielle BBY et ne s’expriment que pourfendre ceux qui soutiennent les luttes sociales. Il n’y a pas de doute, ces manœuvres sont des réussites du point de vue de la tactique politique. Malheureusement, il s’agit d’un calcul de courte vue. Dans une démocratie libérale, les leaders de l’opposition ne sont que l’incarnation à un moment donné d’un courant d’opinion de défiance vis-à-vis de la politique menée. Ils ne font que capitaliser à leur compte le mécontentement populaire et les espoirs de changement aux prochaines échéances électorales.
Il y a chez Macky Sall une tactique de la terre brûlée préjudiciable à la démocratie sénégalaise, à l’État de droit et porteuse de risques pour la paix civile. Sa tendance à vouloir réduire « l’opposition à sa plus simple expression » prépare l’avènement d’un leadership nihiliste qui capitalisera à son compte le mécontentement populaire. Le Sénégal gronde, les Sénégalais sont en colère, les exemples d’aventures politiques existant dans la sous-région et dans le monde sont de nature à susciter des vocations. Le Président de la République serait bien avisé d’en tenir compte !
par Jean Pierre Corréa
DIALOGUE JUDICIAIRE
Les juges Sénégalais ont hier joué une sorte de "Return to Forever", en sortant de leurs "effets de Manchots", "un article de l'oie" vieux comme Hérode, mais surtout indigne et de l'Illiade et de l'Odyssée
Le président Léopold Sédar Senghor doit s'étirer d'aise dans sa tombe de Bel-Air... Jamais il n'aurait pu imaginer qu'enfin nos hommes politiques, véritablement pleins de ressources, au propre comme au figuré, allaient plonger le Sénégal dans l'Antiquité Grecque, et ramener notre système judiciaire aux bons vieux temps de l'Ordalie, et où le sort des prévenus, quelque soit leur renommée, ne dépendait que des caprices des Dieux, qui de rien en faisaient tout un fromage.
Les juges Sénégalais ont hier joué une sorte de "Return to Forever", en sortant de leurs "effets de Manchots", "un article de l'oie" vieux comme Hérode, mais surtout indigne et de l'Illiade et de l'Odyssée. On ne peut pas dire que nos juges sont incultes, c'est évident, et ils ont de la lecture, pour être allés dénicher l'épisode où Mélétos accuse Socrate de corrompre la jeunesse, autrement dit, il lui reprochait d'enseigner aux jeunes le rejet des dieux. « Socrate, disait l'acte d'accusation, est coupable en ce qu'il corrompt la jeunesse, qu'il n'honore pas les dieux de la cité et leur substitue des divinités nouvelles. »
Plus on approchait de la scène finale du péplum ennuyeux, "Ousmane rencontre Adji Raby", plus leur scénario prenait l'eau, et avant que leur bateau ivre et surchargé de vulgaires turpitudes, ne s'écrase sur les récifs du ridicule, l'Amiral du Vaisseau dégaina piteusement son improbable "Joker", sorti des tréfonds de la mauvaise foi, et bafouilla, honteux : "Corruption de la Jeunesse"... 17 millions de Sénégalais furent tous en même temps pris d'un inextinguible fou-rire, rire jaune et nerveux tout de même comme pour dire, tristes et navrés : "Tout ça...pour ça?"
Et puis, ne reculant devant aucune muflerie, la meilleure manière qu'ils ont trouvée pour masquer leur incurie et se départir de leur côté "pieds nickelés", c'est d'avoir la sottise de l'autruche qui enfouit sa tête dans le sable, et expose son croupion dodu au soleil en son zénith. Comment ? En mettant en branle le truc le plus ringard qui soit, et qu'on croyait réservé aux Chinois, aux dictatures tropicales, à savoir la mise sous le boisseau de la totalité des réseaux sociaux. On se croirait en Afrique tout d'un coup !
"La case de Birama brûle-telle à ce point-là?" Ou alors quels coups tordus le pouvoir prépare-t-il pour vouloir couper toutes sortes d'expressions citoyennes, entre dépit, colère et détermination à se battre contre un mépris jeté avec violence et désinvolture irresponsables à la face des Sénégalais ?
Durant deux années, les Sénégalais ont été les témoins hagards, puis stupéfaits d'une télénovela d'un goût douteux, dont les thèses qui criaient au complot étaient opposées à des convaincus qui avaient saisi là l'occasion de mettre hors course le leader des Patriotes, Ousmane Sonko qui a refusé de mettre sa tête sur le billot électoral d'une part et qui n'a laissé au président Macky Sall aucune autre issue que de devoir respecter sa promesse de ne pas être candidat en 2024. Ce "Mortal Kombat" fit glisser inexorablement notre exemplaire démocratie, vers une "démocrature" rampante et son cortège d'arrestations et une "pornocratie" exhibée sans complexe ni pudeur, dans un pays où la majorité des hommes ne jubilent et n'exultent que pour ce qui réjouit leurs ventre et leurs bas-ventre. Deux années et 40 morts plus loin, les Sénégalais s'étaient fait une conviction où viol et menaces de mort insultaient nos intelligences, lesquelles intelligences tout de même concevaient, en regard des valses hésitations de l'accusé, et des renoncements à vouloir en éclaircir les zones d'ombres, que décidément un cabinet de Kinésithérapie ne saurait porter sérieusement l'appelation érogène de "Sweet Beauty"... Faut tout de même pas nous prendre pour des buses ou pour des perdreaux nés la semaine dernière.
Deux années à hurler au viol et au complot, traversées par les appétits obscènes de certains caciques d'un pouvoir qu'on aurait pu ériger en "Benno-Bokk-Adji Sarr"... Mais ne nous égarons pas sur des chemins empruntés par des mufles toujours pourtant à la tête de sociétés nationales importantes.
Ils inventèrent donc l’infraction de corruption de la jeunesse, ainsi définie : « quiconque aura attenté aux mœurs en excitant, favorisant ou facilitant habituellement la débauche ou la corruption de jeunesse de l'un ou l'autre sexe au-dessous de l’âge de vingt et un ans, ou, même occasionnellement, des mineurs de seize ans », sera puni d’une peine de 2 à 5 ans et d’une amende de 300 000 à 4 000.000 FCfa.
Cette sentence est un foutage de gueule de haute volée ... Quelle honte... À ce tarif là, ils vont devoir emprisonner tout le Sénégal, au vu de tous ceux qui, sans vergogne ni honte, se font appeler "Daddy" par tant de jeunes nymphes avides de IPhones 14, pour se saoûler de ridicules selfies ... Corruption de jeunesse ... Guiness Book de la turpitude. C'est digne de Mickey, parce que nos énervés de la cinquantaine n'ont cure d’inscrire et de maintenir sciemment la jeunesse dans une situation de débauche et de perversité.
Les faits dont il s’agit, sont de nature à anéantir tous les efforts consentis par l’État, pour éduquer, former et encadrer la jeunesse sénégalaise, dans le sens des valeurs morales héritées de nos ancêtres, fondatrices de notre société et de notre nation, qui par ces temps de market-loving, sapent les fondements de notre société. Banalisation des infractions financières des caciques du pouvoir contre banalisation des appels à l'insurrection.
Ce Sénégal est notre Sénégal, au-dessus de chacun d'entre nous. Tant de morts pour un vaudeville politique, assaisonné par l'obstination d'un clan à vouloir s'arcbouter et s'accrocher aux ors qui symbolisent leur désuet et évanescent pouvoir, qu'ils ont, pour la plupart empli de la suffisance crasse et obscène qui en fait la kleptocratie la plus rustre de notre Histoire. Personne ne s'émeut de tous ces morts qui n'ont même pas droit à une identité posthume... On les additionne, on les dispose dans les colonnes d'un bilan macabre, et il serait temps que la personne la plus indiquée pour stopper cette tragédie, au lieu de plastronner dans les dédales viciés d'un dialogue national au chevet d'un pays en deuil, vienne poser sa parole responsable d'un homme qui ne saurait mener les Sénégalais qui l'ont choisi il y a 12 ans pour les guider, autre part que vers les contours d'un Sénégal apaisé, dont les filles et fils ont bien d'autres choses à faire que de servir de chair à canon et de balises aux troubles ambitions d'hommes qui semblent oublier qu'ils ne sauraient être providentiels.
Sinon, nous sommes mûrs pour tomber joyeusement dans les sombres liens de "la dictature de l'ignorance". De "Sweet Beauté" à "Shit Beauté"... Le ver est dans le fruit... Le poison infuse... Il a le goût mortel de la Cigüe.
par Gnambi Sonko
LE PEUPLE SOUVERAIN SAUVERA LE SÉNÉGAL
Contrairement au Capitaine Alfred Drefus et aux autres victimes de conjurations, les évidences du complot sont connues d’avance de tous, y compris du juge, qui malgré tout prononce une sentence qui n’a pour seul fondement que la commande de Macky
La pire chose qui puisse arriver à un peuple, à une corporation socioprofessionnelle (telle que la médecine, l’enseignement, l’agronomie, la magistrature, la gendarmerie, la police, etc.) est de renoncer aux exigences de sa profession, en termes de responsabilités et d’éthique, pour se soumettre aux broutilles d’une personne ou d’une organisation, quel que soit son rang ou son positionnement administratif ou institutionnel.
Au sein du peuple et dans chacune de ces corporations, on relève des responsabilités individuelles et collectives. Autrement dit, le peuple et chacune de ces corporations, c’est à la fois chacun et l’ensemble des individus qui les composent. Par conséquent, quand un individu du peuple ou d’une corporation renonce à ses responsabilités, non seulement il écorne sa propre image, mais plus grave, il abime celle collective de son corps d’appartenance.
Les exigences et responsabilités, ici évoquées, renvoient aux droits et devoirs conférés par la constitution et les lois nationales, ainsi que par les conventions et autres chartes internationales. C’est en référence à ces référentiels juridiques que la notion d’état de droit est définie. Il s’agit d’un cadre dans lequel, l’Etat composé à la fois de chacun et de l’ensemble des individus (personnes physiques ou morales) est soumis au droit, c’est-à-dire soumis à la constitution, à l’ensemble des lois nationales et aux conventions et autres chartes internationales.
Récemment, il est apparu dans les réseaux sociaux une information, démentie par la suite, selon laquelle, un juge ayant des responsabilités de contrôleur ou d’évaluateur de l’action de ses pairs, aurait déclaré devant ceux-ci que dans l’affaire Ousmane Sonko – Adji Sarr, le gendarme a pris ses responsabilités, le médecin a pris ses responsabilités, seul le magistrat n’a pas pris ses responsabilités. Si cette information a été démentie, sa portée professionnelle, sociale et sociétale est sans équivoque.
Aujourd’hui, une interrogation subsiste : chacun des autres Sénégalais, prendra-t-il ses responsabilités, pour préserver, devant l’histoire, la bonne réputation de son image personnelle et celle collective du peuple ? C’est la question qui nous interpelle individuellement et collectivement face à la situation actuelle de violation de tous les droits de notre pays et de toutes les chartes et autres conventions internationales.
Il est vrai que dans l’histoire de l’humanité (y compris au Sénégal), pour détruire moralement ou physiquement une personne, il y a eu des complots politiques, militaires, professionnels, etc. Mais, celui portant sur le président Ousmane Sonko a la particularité d’être éventré très tôt. En effet, si dans les affaires du capitaine Alfred Dreyfus, du philosophe grecque Socrate et autres, les accusations qu’on leur prêtait semblaient flagrantes, car mystérieusement bien couvertes au moment de leur exécution, dans le complot contre le président Ousmane Sonko, les évidences ont fini d’en démontrer la nature sordide dès le début et durant tout le temps (plus de deux ans) des poursuites. Non seulement, tout le monde sait qu’il y a complot contre le président Ousmane Sonko, mais les auteurs sont connus de tous. L’objectif est également connu de tous : le condamner pour quelque motif que ce soit afin de le rendre inéligible.
La condamnation du président Ousmane Sonko vient d’être prononcer par un juge. A-t-il pris ses responsabilités ? Non. Ainsi, après le Gendarme et me ùédecin qui ont pris leurs responsabilités en s’alignant aux exigences à tous points de vue de leur fonction, le juge s’est dérobé des siennes pour satisfaire une commande politique !
Désormais, il appartient au peule de prendre ses responsabilités.
Oublions le président Ousmane Sonko et Ndèye Khady Ndiaye et pensons individuellement à chacun de nos enfants, petits-enfants et autres individus de notre descendance. Projetons-nous dans cet avenir d’un Sénégal où notre enfants ou petit-enfant, accusé d’un crime qu’il n’a pas commis, soumis à une procédure judiciaire lapidaire dans laquelle le droit et l’honneur sont piétinés, aucune preuve n‘est apportée, et malgré tout notre enfant ou petit-enfant fini par être condamné pour autre chose, cette autre chose qui elle-même, non seulement n’est découverte que dans le réquisitoire final du procureur en alternative au défaut de preuve sur l’accusation initiale, mais n’est établie pas aucune évidence.
Au terme de cette parodie de justice, seule trois choses sont à retenir :
Le président Ousmane Sonko est lavé de tout acte de viol et de menace de mort, objet du complot et de toute la procédure judiciaire qui s’en est suivie.
Le complot contre le président Ousmane Sonko est clairement établi, avec une implication de monsieur Macky Sall, de personnalités du gouvernement et autres comploteurs bien identifiées.
La tentative de rendre le président Ousmane Sonko inéligible est actée, par une condamnation juridiquement infondée, donc illégale.
Contrairement au Capitaine Alfred Drefus, à Socrate et aux autres victimes de conjurations, ici les évidences du complot sont connues d’avance de tous, y compris du juge, qui malgré tout prononce une sentence qui n’a pour seul fondement que la commande politique de Macky Sall et de ses scribes.
Au total, le processus de tentative de Macky Sall et de son régime, d’installer une tyrannie et de déstabiliser l’Etat de droit au Sénégal, a atteint son paroxysme. Mais, en même temps, il vient d’acter son arrêt de mort définitif ? Il appartient aux Sénégalais de le matérialiser de façon irréversible.
A l’image du gendarme, du médecin et contrairement au juge, le peuple prend ses responsabilités, à partir de cet instant : pour rappel, le peuple, c’est à la fois chacun et l’ensemble des sénégalais.
Le peuple souverain sauvera le Sénégal
Vive le peuple du Sénégal
Vive le Sénégal
Vive le panafricanisme
Gnambi Sonko est Commissaire scientifique Pastef-les patriotes.
Par Abdoulaye VILANE
PARLONS-NOUS !
Ce 1er juin 2023 a été une journée bien noire pour mon pays et pour tous les Sénégalais. Je dirais même plus, dans le monde entier, tous les amis de notre pays sont certainement malheureux de voir de terribles images leur parvenir.
Ce 1er juin 2023 a été une journée bien noire pour mon pays et pour tous les Sénégalais. Je dirais même plus, dans le monde entier, tous les amis de notre pays sont certainement malheureux de voir de terribles images leur parvenir. Je peux vous assurer que je suis profondément meurtri par ce qui s’est passé ce 1er juin 2023. Cependant ce n’est pas parce qu’étreint par ces drames, cette violence inouïe, ces morts que je ne m’interroge sur le pourquoi et ne réfléchit sur que faire pour que la sérénité reprenne le dessus sur la haine, la violence, les horreurs, le manque de lucidité, et l’aveuglement obtus de nous tous.
Notre pays ne s’est pas construit sans violence ni sans conflit violent. La démocratie s’est installée à force de contestations, de bagarres de rue. Même dans le parti qui est le mien, le PS, rien ne s’est fait toujours sans de profondes dissensions et parfois de violences. Voilà pourquoi je voudrais parler à mes concitoyens en tant que membre du PS, élu de ma région, et surtout député donc législateur pour dire d’abord que le dialogue a été le chemin le plus difficile mais aussi le plus enthousiasmant pour que le Sénégal soit le pays démocratique que le monde nous reconnait.
Ces mots que je vous adresse, c’est pour appeler à la sérénité et la prise de conscience que l’on ne construira pas ce pays pour le développement dans la haine et la destruction. Je ne critiquerai pas la justice parce que c’est à elle de juger. Elle dit le droit. J’en prends acte. En tant que législateur, respectueux de la séparation des pouvoirs, je me soumets à son verdict.
Que des citoyens n’acceptent pas une décision de justice, je comprends, mais est-ce une raison pour vivre ce que nous avons vécu ce 1er juin 2023 ? Je ne crois pas à cette façon de faire même si des citoyens sont profondément déçus par un verdict prononcé là où cela se doit. Tous les jours, la justice prend des décisions qui ne satisfont aucune partie, comme c’est le cas dans ce procès qui nous vaut de si graves troubles.
Je crois toutefois, malgré cette souffrance qui m’étreint à la vue de tous ces drames, pouvoir dire que chaque citoyen a l’obligation de polir la pierre qui peuple nos rues, nos campagnes, nos villes et villages pour participer à la construction nationale avec humanité et bâtir des palais pour la vertu sans laquelle rien de solide ne s’élèvera sur ce sol sur lequel nous fondons tous nos espoirs.
Chers compatriotes, reprenons nos esprits. Parlons-nous !
Le Dialogue National qui vient d’être lancé est une formidable opportunité si la sincérité est de rigueur chez tous les acteurs. Notre responsabilité historique nous y oblige. Trouvons les moyens de conforter ce qui a fait de notre Sénégal un pays exemplaire. La Téranga que tout le monde nous reconnait devrait d’abord signifier, en nous, paix et solidarité, engagement national pour le bien-être de tous, fraternité, justice et liberté.
Que notre Seigneur protège le Sénégal !
par Dr Boubacar CAMARA Kamâh
LE PONT S’EST TRANSFORMÉ EN MUR !
De l’étranger, je regarde avec désolation le spectacle que m’offre le Sénégal, mon pays, ma patrie. Partout, le regard me suit avec la remarque sarcastique : « Le Sénégal nous avait habitué à mieux que cela ».
De l’étranger, je regarde avec désolation le spectacle que m’offre le Sénégal, mon pays, ma patrie. Partout, le regard me suit avec la remarque sarcastique : « Le Sénégal nous avait habitué à mieux que cela ».
Nous étions toujours reliés par un pont quelles que soient nos différences et nos divergences sur tous les plans. Nous vivions tous en harmonie traversant le pont dans tous les sens.
Aujourd’hui, les actes posés par le régime de Macky Sall, ont abouti au triste résultat que tout le monde peut constater : le Pont s’est transformé en Mur.
La condamnation du Président Ousmane SONKO est la goutte d’eau qui est en train de faire déborder le vase. La place du Président SONKO n’est pas la prison. Je lui exprime mon soutien constant et indéfectible. Sa dignité, son intégrité physique et ses droits de participation à l’élection présidentielle du Président Sonko ne sont pas négociables.
Ceux qui avaient pensé avoir un gain politique en s’adonnant à souffler sur les braises (XAMB TAAL) devaient savoir que l’injustice subie depuis plusieurs années par les forces démocratiques, la provocation dont a fait l’objet la jeunesse, le mensonge érigé en règle pour justifier la persécution, l’arrogance et la surdité à l’alerte, allaient produire cette grave situation et en tirer les conséquences.
Ils doivent accepter leur responsabilité.
Malgré tout, je ne désespère pas que la frustration, le désir de changement, la colère et l’injustice légitimes ne nous conduiront pas sur une voie sombre et destructrice.
Rappelez-vous que chaque vie perdue est une tragédie, chaque blessure est une douleur, et chaque bien détruit est une perte pour notre patrimoine commun.
Je m’adresse à vous aujourd’hui avec une profonde inquiétude et un appel urgent à la raison.
Nous avons le pouvoir, d’inspirer des générations futures, de surmonter cette période difficile et de construire un avenir où chaque voix est entendue, chaque droit est respecté et chaque personne est valorisée.
Ensemble, nous pouvons briser le mur dressé entre nous et reconstruire le pont qui nous unit. Que toutes les bonnes volontés s’y mettent !
Que la paix et la sagesse guident chacun de nos pas.
Dieu veille sur le Sénégal !
par Idrissa Seck
MACKY NE DOIT PAS SE LAISSER IMPRESSIONNER
L’affaire Sonko n’est que le prétexte pour beaucoup d’autres acteurs d’attaquer notre pays. Nous avons une urgence : restaurer l’ordre et prêter à la justice la puissance publique nécessaire à son exercice, sans menaces ni pression d’aucune sorte
Mes chers compatriotes, rassurez-vous. Le temps de l’angoisse et de la souffrance ne va pas durer. Notre pays est fort et résiliant. Notre peuple dispose de toutes les ressources nécessaires pour surmonter la crise présente. Nous l’avons déjà fait dans le passé. Nous le referons InchaAllah.
Dans cette perspective, le président de la République ne doit se laisser ni impressionner ni distraire par le concert de réactions émotives que soulèvent les images insoutenables de violence dans les rues de quelques unes de nos villes, si souvent habituées au calme et à la sérénité.
J’ai vu la lettre que lui ont adressée trois anciens Premiers ministres. Son contenu ne manque pas d’intérêt mais le temps de son examen n’est pas encore venu.
J’ai lu en son temps la tribune d’éminents intellectuels de notre pays d’ici et de la diaspora, pétrie d’enseignements pour faire progresser davantage notre modèle démocratique.
J’ai lu beaucoup d’articles de la presse nationale et internationale sur les récents événements. Le temps de se plancher sur cette abondante moisson d’idées, de parler démocratie, libertés individuelles et collectives, mandats présidentiels.
Mais aujourd’hui nous avons une urgence : restaurer l’ordre et prêter à la justice la puissance publique nécessaire à son exercice plein et entier, sans menaces ni pression d’aucune sorte. D’apporter tout notre soutien à nos vaillantes forces de sécurité et de défense en charge de faire revenir l’ordre et la sérénité dans nos rues, sans brutalité. Exercice très difficile face au consortium de menaces à affronter.
L’affaire Ousmane Sonko n’est que le prétexte pour beaucoup d’autres acteurs d’attaquer notre pays. Les bandits qui profitent du chaos apparent pour piller. Les jihadistes qui guettent la moindre occasion pour faire avancer leurs cellules dormantes. Les séparatistes violents, de plus en plus à l’étroit, face aux avancées significatives de la paix dans notre région sud avec des dépôts d’armes rassurants. Des puissances étrangères dont le Sénégal est perçu comme une plate-forme devant servir leurs intérêts géostratégiques. Les intérêts économiques et financiers aux aguets pour s’accaparer de nos ressources pétrolières gazières et minières.
C’est cette urgence « law and order » qui doit retenir l’entièreté de l’attention du président de la République dont la mission première est, avec le soutien de Dieu et de tous les patriotes républicains, de protéger le Sénégal, sa République, sa Constitution et ses lois, ses institutions, ses citoyens et leurs biens.
A mon jeune frère et/ou neveu Ousmane, ne vous laissez surtout pas enivrer par la vague de soutien de tous ces acteurs précités qui se servent de votre leadership pour faire avancer leur propre agenda. Rappelez vous nos échanges du 27 mars : ne pas confondre le temps judiciaire et le temps politique. Le pouvoir politique ne peut ni ne doit influencer le cours de la justice. En revanche le chef de l’Etat, avec le soutien de sa majorité parlementaire, a le pouvoir, après le temps judiciaire, d’atténuer voire d’abroger ce que la justice aura décidé. C’est la fonction dévolue à la grâce présidentielle et au mécanisme de l’amnistie qui permet un nouveau départ.
Face aux épreuves qui te frappent je te redis mon soutien sous la forme que tu connais déjà de moi : la vérité, pas la vile flatterie du genre « Ousmane Mou Sell Mi ». Tu as commis des erreurs, beaucoup d’erreurs. Mais tu mérites une seconde chance. Ne la gaspille pas.
Je reviens à vous chers compatriotes et en particulier chers jeunes. Je comprends votre colère et votre impatience de voir se matérialiser ici et maintenant les nobles idéaux qui habitent vos cœurs : plus de justice sociale, plus d’emplois et de revenus, plus d’alimentation d’éducation et de santé, plus de gestion sobre et vertueuse, plus de patrie et moins de partis.
Mais retenez ceci votre Sénégal est le fruit des efforts des générations passées qui ont fait ce qu’ils ont pu pour vous offrir une nation plurielle mais indivisible, respectée dans le monde, pacifique et stable.
A charge pour vous de le détruire ou comme je vous y invite de l’embellir, de l’améliorer, de le construire et de le faire davantage progresser.
Dans le respect de nos plurielles différences, demeurons ce peuple sans coutures dont parlait Léopold Sédar Senghor.
Uni debout et fier d’être ce que nous sommes et que le monde entier nous reconnaît: une exception.
Que le seigneur des mondes nous vienne en aide.
par Abdoul Aziz Diop
49 UNIVERSITAIRES TROQUENT LEUR SCIENCE CONTRE UN TRACT REBELLE
Le tract des universitaires de Pastef se substituant à la démonstration scientifique à laquelle un bon universitaire doit son rang et son prestige, le mensonge sur les faits et les sentiments se passent de commentaire
Le 23 février 2021, 102 universitaires sénégalais rendent public un manifeste intitulé « la crise de l’Etat de droit au Sénégal ». Dès le 1er mars, le célèbre chroniqueur qu’on ne présente plus, Madiambal Diagne, publie dans les colonnes du journal Le Quotidien un texte remarquable dans lequel il dénonce « 102 impostures » et se demande : « Qui parmi ces 102 signataires n’a pas un engagement politique ou syndical ? » Et Diagne de poursuivre : « Ce ne serait pas une imposture si les signataires, militants actifs de Pastef ou d’autres partis politiques d’opposition, avaient pris la précaution de signaler leur qualité politique au lieu d’avancer masqués, de “s’(en)cagouler” derrière la seule signature d’universitaire. “102” universitaires militants de formations politiques au pouvoir qui auraient spontanément produit un texte collectif pour parler par exemple d’une supposée bonne situation de l’Etat de droit au Sénégal, seraient vite qualifiés “d’intellectuels alimentaires” ! » À la question qui précéda le commentaire de Madiambal Diagne répondent maintenant 49 universitaires qui se résignent enfin à reconnaître leur affiliation politique à la faction insurrectionnelle et terroriste dont ils sont les membres déclarés dans un tract qu’auraient mieux conçu et réalisé des étudiants rigoureux de première année. Le tract se substituant à la démonstration scientifique à laquelle un bon universitaire doit son rang et son prestige, le mensonge sur les faits et les sentiments se passent de commentaire.
Amnésie d’universitaires « patriotes »
Au début de leur tract touffu et désincarné, les 49 signataires prononcent leur sentence : « Depuis que Macky Sall est devenu le président de la République, les droits de participation et de compétition électorales de l'opposition politique sénégalaise sont régulièrement confisqués. » Pas en tout cas aux dernières élections locales de janvier 2022 et législatives de juillet 2022 ! Sans soumettre leur mémoire à rude épreuve, les 49 nouveaux rédacteurs de tracts s’aperçoivent seuls que l’opposition sénégalaise a fait une performance, jamais atteinte dans le passé, aux législatives du 31 juillet 2022. Les résultats sortis des urnes renvoient dos à dos le pouvoir (82 élus sur un total de 165 sièges à pourvoir) et l’opposition composée de Yewwi (56 élus), Wallu (24 élus), Bokk Gis-Gis Liguey (1 élu), AAR Sénégal (1 élu) et Les Serviteurs/MPR (1 élu). Ces résultats correspondent incontestablement - le président Macky Sall l’a rappelé lors de son dernier entretien avec le journaliste Assane Guèye - au niveau élevé de respect des règles démocratiques (équité, sécurité des électeurs, pluralité, etc.) dont le Sénégal reste crédité en Afrique et dans le reste du monde. Le tract publié est donc celui de 49 insurgés dont les faits (têtus) contrarient leur présupposé scientifique. Ils n’ont plus rien à faire dans nos universités et grandes écoles. Ils ne s’en cachent d’ailleurs pas en disant qui ils sont vraiment : « Nous, citoyens, intellectuels et universitaires sénégalais, qui avons librement choisi Pastef comme formation politique, Ousmane Sonko comme leader, et Jotna comme programme alternatif de sortie d'un système présidentialiste, néocolonialiste et clientéliste de prédation et de corruption, invoquons notre droit constitutionnel de résistance à l'oppression et appelons nos compatriotes à faire de même ! »
Qui sont-ils ?
La publication du tract au format image nous donna du fil à retordre pour compter numériquement le nombre exact de signataires : 49 ! Aucun d’eux ne peut se prévaloir de la qualité enviable de virtuose en bureautique. Nous les dénombrâmes en deux ou trois clics grace à un freeware en ligne de reconnaissance optique de caractères (OCR). 49 au lieu des 102 de février 2021 ! Où sont les 53 autres universitaires ? Ils courent toujours après avoir parrainé les émeutes historiques de mars 2021. Le courage des 49 est de reconnaître aujourd’hui leur participation au crime ayant coûté la vie à 14 de nos concitoyens. Depuis la liste s’allonge ! Au moment où elle s’allonge et que 53 universitaires se taisent, 49 autres rebelles disent appeler à la résistance là où leur science (impuissante) abdique. Ils sont tous membres de la faction insurrectionnelle et terroriste Pastef.
Pr Daouda NGOM, FST/UCAD
Pr Massamba DIOUF, FMPO/UCAD
Pr Alassane DIEDHIOU, UASZ
Pr Gaoussou CAMARA, UFR SATIC/UADB
Pr Cheikh THIAW, USSEIN
Pr Mouhamed Abdallah LY, IFAN/UCAD
Pr Benoit TINE, UASZ
Pr El Hadj Babacar LY, UGB
Pr Diouma KOBOR, UASZ
Pr Ibrahima NDOYE, UCAD
Pr Aliou NDIAYE, FST/UCAD
Pr Abdoulaye GASSAMA, UFR SET/UASZ
Dr Oumar DIA, FLSH/UCAD
Dr Bakary SARR, FLSHA/UCAD
Dr Fatou DIOUF, FSJP/UCAD
Dr Samba KA, USSEIN
Dr El Hadji Sega GUEYE, Université Sorbonne Paris Nord
Dr Sekouna DIATTA, FST/UCAD
Dr Albino NDECKY, UGB
Dr Cherif Saloum DIATTA, UFR-SATIC/UCAD
Dr Mamecor FAYE, FST/UCAD
Dr Adama NDIAYE, USSEIN
Dr Pape Abdoulaye DIAW, UADB
Dr Ousmane CISSE, UCAD
Dr Thierno LY, IFEE/UCAD
Dr Diéry NGOM, UFR-SATIC/UADB
Dr Jean Jude DOMINGO, FST/UCAD
Dr Birahim DOUF, UADB
Dr Aliou SENE, FASTEF/UCAD
Dr Diome FAYE, FLSH/UCAD
Dr Mounirou DIALLO, FLSH/UCAD
Dr Jean Sibadioumeg DIATTA, FLSH/UCAD
Dr Bocar Kane, Université de Strasbourg
Dr Aminata SARR, UGB
Dr Babacar DIOP, FASTEF/UCAD
Dr Salif BALDE, ESEA/UCAD
Dr Mouhamed SARR, ENSETP/UCAD
Dr Mouhamed Lat Soukabé DIOP, UCAD
Dr Mamadou THIOR, UCAD
Dr Boubacar SOLLY, UASZ
Dr Boubacar CAMARA, UASZ
Dr Lamine BADJI, UASZ
Dr Abdoulaye Djidiack SARR, ESIEX
Dr Ibrahima KA, EPT/UCAD
Dr Ibrahima MANDIANG, UADB
Dr Ibrahima SY, FLSH/UCAD
Dr Mountaga DIALLO, FLSH/UCAD
Dr Samba SIDIBE, EPT
Dr Joseph Sambasene DIATTA, UASZ
Quand le chroniqueur dont les textes font autorité, Madiambal Diagne, publiait le papier cité au début de cette tribune, son seul tort avait été d’avoir raison avant tout le monde. Ses fidèles lecteurs lui doivent aujourd’hui respect et reconnaissance.
par Amadou Tidiane Wone
MONSIEUR LE JUGE
Il n’y a pas eu viol, ni menaces de mort. Que reste-t-il alors dans le dossier pouvant justifier la mise entre parenthèses (pour deux longues années) de la vie de Sonko et de celle de Khady Ndiaye en état de grossesse très avancé ?
Le verdict dans l’affaire opposant Adji Sarr, plaignante, à Ousmane Sonko accusé de « viol et de menaces de mort » vient de tomber.
Nous avons laissé le temps de la justice se dérouler, à son rythme. Nous avons observé le silence sur l’instruction de l’affaire et toutes les étapes de la procédure. Par respect pour la justice de notre pays. Jusqu’à ce matin du 1er juin 2023 où le verdict nous apprend que :
Ousmane Sonko est innocent des faits de « viol et de menaces de mort » dont l’accusait la dame Adji Sarr. Aucune preuve n’ayant été apportée par sa défense pour corroborer ses allégations, on est allé chercher, dans la panoplie des éléments répressifs de la loi, les moyens d’asseoir une condamnation, à nos yeux extrêmement sévère ! En vue de disqualifier le candidat du Pastef lors de la prochaine élection présidentielle prévue en 2024 ? Une question politiquement correcte, convenez-en, et que se posent de larges secteurs de l’opinion nationale.
La voie est maintenant ouverte aux conséquences, politiques et citoyennes, morales et culturelles, que chaque sénégalaise et sénégalais, devrait pouvoir tirer de cette affaire sordide qui nous a coûté si cher !
Monsieur le Juge et chers compatriotes ! Le temps de nous la jouer est maintenant terminé ! Nos consciences sont interpellées ! Sans délais.
Nul n’à le droit de se défausser.
Que chaque citoyen analyse, froidement, les suites d’une affaire qui nous tient en haleine depuis plus de deux ans au prix de plusieurs morts, de milliard de pertes pour l’économie réelle, en plus de tensions innommables sur notre vivre-ensemble !
Et que chacun prenne ses responsabilités.
Monsieur le Juge ! Permettez-moi de vous dire qu’il va falloir maintenant que vous fassiez face au jury de la nation au nom de laquelle vous êtes sensé dire le droit !
Selon vous :
Il n’y a pas eu viol, ni menaces de mort !
Que reste-t-il alors dans le dossier pouvant justifier la mise entre parenthèses (pour deux longues années) de la vie d’Ousmane Sonko et de celle de Khady Ndiaye en état de grossesse très avancé ?
Avez-vous pris la pleine mesure des conséquences de votre décision de destituer, dans les faits, le maire de Ziguinchor, élu pourtant au suffrage universel comme le Chef de l’État?
Avez-vous pris en compte l’enfant de NDeye Khady Ndiaye qui frappe aux portes de la vie ainsi que le stress que vous lui faites subir pour des faits non établis?
Avez-vous apprécié, comme il se doit, la vague d’espoir que suscite pour la jeunesse sénégalaise, Pastef et son leader, et le risque de la voir se transformer en vagues de colères aux conséquences imprévisibles ?
N’aviez-vous pas, au vu de l’inexistence des faits objet de la plainte, une occasion de sauver notre pays de l’aventure ?
Ousmane Sonko et Ndeye Khady Ndiaye auraient-ils moins le droit à réparation pour leur dignité bafouée et leurs vies privées exposées sans fards ?
Après votre jugement, n’avez-vous pas ressenti la vague de honte et de gêne que votre décision a répandu dans le pays et qui pourrait se traduire, dans les jours à venir, par des incidents dont la gravité aurait pu être évitée si la Raison avait prévalu ?
Au fil de ces questions, que je me pose et que je vous pose Monsieur Le juge, j’éprouve un profond malaise. Un malaise sourd, indéfinissable et qui m’arrache des soupirs de douleurs. Je ne trouve que dans nos langues une tentative d’exprimer mon ressenti en wolof et en pulaar : « Dama am gacce ! Dum ine hersini ! »
En attendant que nos plaintes et complaintes montent vers le ciel vers « Le Meilleur des Juges ! » Qu’Il déverse sur notre pays de la Miséricorde en abondance et nous sauve de tous les périls.