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5 avril 2025
Opinions
par Ciré Clédor Ly
APPEL À TÉMOINS
Ousmane Sonko est séquestré par plus de 500 policiers armés et équipés de véhicules de combat de destructions massives à la cité Keur Gorgui, empêché de tout contact avec ses avocats, dans l’arbitraire et l’illégalité manifeste
Je prends à témoins la communauté nationale et internationale,les chefs religieux et traditionnels du pays pour ce qu’ils représentent pour le peuple Sénégalais,sur les atteintes graves à l’exercice de la profession d’avocat par l’Etat du Sénégal.
Le leader politique Ousmane Sonko est séquestré par plus de 500 policiers armés et équipés de véhicules de combat de destructions massives à la cité Keur Gorgui, empêché de tout contact avec ses avocats, par les autorités politiques agissant dans l’arbitraire et l’illégalité manifeste.
La communauté internationale, l’union internationale des avocats et toutes les organisations nationales et internationales de droit de l’Homme, les chefs religieux et traditionnels du pays, sont interpellés pour qu’ils agissent par les moyens adéquats dont ils disposent, pour que les avocats puissent accéder immédiatement à lui et exercer leur profession en toute liberté et indépendance.
Ciré Clédor Ly est membre du collectif de la défense d'Ousmane Sonko.
VIDEO
BARTH DEMANDE À MACKY SALL D’ANNONCER SANS DÉLAI QU’IL NE SERA PAS CANDIDAT EN 2024
DERNIÈRE MINUTE SENEPLUS - La Justice est en grande partie responsable des maux dont souffre le pays – Le maire de Dakar appelle l’armée à rester républicaine et à sa place - Il invite tous les acteurs à faire preuve de retenue
Depuis deux jours, le Sénégal est secoué par des émeutes d'une grande gravité. Face à cette situation, Barthelemy Dias, maire de Dakar, s'est exprimé pour présenter ses condoléances au peuple sénégalais et partager sa profonde préoccupation en tant qu'acteur politique et citoyen. Dans sa déclaration, il dénonce ce qu'il considère comme une parodie de justice et met en garde contre les conséquences d'une volonté présumée du Président Macky Sall de briguer un troisième mandat. Dias appelle à la responsabilité et à la paix, exhortant le Président à respecter ses engagements envers le peuple sénégalais.
Barthelemy Dias, maire de Dakar, a pris la parole aujourd'hui pour exprimer sa profonde tristesse face aux émeutes en cours au Sénégal. Il a adressé ses sincères condoléances au peuple sénégalais et a souligné la gravité de la situation qui prévaut dans le pays. En tant qu'acteur politique et citoyen sénégalais, Dias est préoccupé par les événements récents et pointe du doigt ce qu'il considère comme une parodie de justice.
Selon Dias, la justice sénégalaise est en grande partie responsable des maux dont souffre actuellement le pays. Il critique vivement ce qu'il qualifie de volonté manifeste de discréditer et d'éliminer des acteurs politiques de premier plan. Il met en garde contre les conséquences de cette parodie de justice, soulignant que l'objectif recherché est de créer les conditions propices à l'organisation d'une sélection, plutôt qu'une véritable élection présidentielle en 2024, tant attendue par le peuple sénégalais.
Le maire de Dakar interpelle directement le Président Macky Sall, affirmant qu'il n'y a pas de problème juridique concernant les hommes politiques, mais plutôt la volonté du Président de s'attaquer à d'autres citoyens et leaders politiques. Dias rappelle au Président Sall son engagement lors de la campagne sur le référendum et lui demande de respecter sa promesse de ne pas briguer un troisième mandat.
Dias souligne que le Sénégal ne mérite pas de vivre dans la souffrance actuelle causée par des considérations politiques irresponsables. Il appelle le Président à prendre ses responsabilités et à s'adresser au peuple sénégalais pour le rassurer. Il exhorte Sall à respecter ses propres engagements et à éviter de plonger le pays dans une crise encore plus profonde.
Le maire de Dakar rappelle à Macky Sall son parcours politique et lui fait comprendre qu'il a déjà occupé les plus hautes fonctions de l'État sénégalais. Il insiste sur le fait que le Sénégal ne doit plus rien à son Président et que celui-ci a la responsabilité historique d'accompagner le pays sur le chemin du développement durable et viable.
Barthelemy Dias s'adresse également à l'armée sénégalaise, saluant sa présence et l'appelant à rester à sa place. Il demande à tous les acteurs politiques de faire preuve d'intelligence, de responsabilité et de citoyenneté dans la recherche de solutions pour sortir de la crise actuelle.
Barthelemy Dias, maire de Dakar, a lancé un appel à la responsabilité et à la paix au milieu des émeutes en cours au Sénégal. Il a exprimé sa tristesse et sa préoccupation face à la situation actuelle et a exhorté le Président Macky Sall à respecter ses engagements envers le peuple sénégalais. Dias rappelle l'importance de préserver la stabilité du pays et souligne que la politique ne doit pas compromettre l'avenir du Sénégal. Il appelle tous les acteurs à faire preuve de retenue et à travailler ensemble pour trouver des solutions pacifiques et durables.
PAR Abdoulaye Ndiaye
LETTRE OUVERTE AUX ENTITÉS ÉCONOMIQUES INTERNATIONALES
EXCLUSIF SENEPLUS - Je vous exhorte à plaider pour une cessation immédiate de la violence et la répression injuste des opposants politiques au Sénégal. Votre influence dans les affaires internationales pourraient être essentielles face à cette crise
Objet : Appel urgent concernant les troubles politiques au Sénégal
Lettre ouverte à :
Fonds monétaire international (FMI)
Le Groupe de la Banque mondiale
La Banque Africaine de Développement (BAD)
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
L'Union européenne (UE)
L'Agence américaine pour le développement international (USAID)
L'Agence Française de Développement (AFD)
La Banque de développement de Chine (CDB)
Chers estimés représentants,
Je vous écris en tant que huit entités pivots qui jouent un rôle important dans la coopération économique avec le pays du Sénégal. En tant qu'organisations internationales, il est compréhensible que vous soyez moins à l'écoute des réalités politiques immédiates du pays. Cette lettre vise à attirer votre attention sur l'escalade des troubles politiques et la détérioration du climat démocratique au Sénégal, une nation autrefois vénérée comme un phare de la démocratie en Afrique.
Les événements récents présentent une descente alarmante par rapport aux normes démocratiques pour lesquelles le Sénégal était autrefois célébré. Les plus urgentes sont les émeutes meurtrières qui secouent actuellement Dakar, la capitale et diverses grandes villes. Alimentées par le mécontentement du public face à la gestion de l'opposition politique par le gouvernement, ces émeutes ont pris une tournure horrible avec au moins 14 décès signalés en deux jours. La grave préoccupation est maintenant que ces affrontements pourraient s'intensifier, conduisant à un scénario tragique où l'armée pourrait être mobilisée contre des manifestants civils.
En plus de ce grave scénario, le gouvernement a décidé de supprimer la liberté d'expression et la libre circulation de l'information. Au cours de ces manifestations, l'accès aux plateformes de communication essentielles telles que Twitter, WhatsApp, Facebook et d'autres médias sociaux a été bloqué. Ce déni des droits numériques est une menace directe pour le processus démocratique et les libertés civiles des citoyens sénégalais, aggravant la crise politique du pays.
Dans ce contexte d'instabilité, le gouvernement de Sall a fait l'objet d'un examen minutieux. L'affaire controversée contre le chef de l'opposition Ousmane Sonko est particulièrement troublante. Beaucoup interprètent cela comme une instrumentalisation du pouvoir judiciaire par le président Sall pour disqualifier Sonko des élections présidentielles de 2024.
Avec la possibilité imminente que le président Sall sollicite un troisième mandat anticonstitutionnel, parallèlement à un schéma évident de suppression de l'opposition et de restriction de la liberté de la presse, il y a une nette déviation des normes démocratiques. Cette tendance, accentuée par la militarisation accrue des forces de l'ordre, est profondément préoccupante pour l'avenir de la démocratie au Sénégal.
Votre position et votre influence importantes dans les affaires internationales pourraient être essentielles pour faire face à cette crise. Je vous exhorte à plaider pour une cessation immédiate de la violence et la répression injuste des opposants politiques au Sénégal. Le président Sall devrait être persuadé de s'engager publiquement à ne pas briguer un troisième mandat et, compte tenu de l'escalade de la violence, à considérer sa démission immédiate comme une étape vers le rétablissement de la paix et des valeurs démocratiques.
Je plaide également pour une enquête approfondie sur les violations des droits humains et la destruction de biens lors des manifestations en cours et de mars 2021. Les responsables doivent être tenus responsables. Le procès contre Sonko devrait être accéléré pour vérifier son éligibilité aux prochaines élections présidentielles, garantissant ainsi un processus démocratique équitable.
Le peuple sénégalais, en particulier la jeunesse, est prêt à défendre son pays et ses principes démocratiques. Il est de notre responsabilité de les soutenir, de défendre ces valeurs et d'œuvrer à une résolution pacifique et démocratique de cette crise.
J'apprécie l'attention que vous portez à cette question cruciale et j'attends avec impatience votre réponse favorable. Ensemble, nous pouvons contribuer à restaurer et à renforcer la démocratie au Sénégal.
Cordialement,
Abdoulaye Ndiaye est Professeur adjoint d'économie, Université de New York.
par l'éditorialiste de seneplus, alymana bathily
AUX NOMS DE TOUS NOS SAINTS
EXCLUSIF SENEPLUS - Les Khalifes généraux, l’Archevêque de Dakar et le Pasteur de l’église protestante doivent se rendre tous ensemble, auprès du président, de toute urgence pour lui présenter certaines doléances. Le temps presse, il faut agir vite
Alymana Bathily de SenePlus |
Publication 03/06/2023
L’Horloge de l’Apocalypse est cette montre virtuelle qui indique la proximité de la catastrophe nucléaire et de la fin du monde fixées à minuit.
Si une telle horloge existait pour estimer la proximité d’une catastrophe politique, elle indiquerait que nous sommes aujourd’hui au Sénégal à quelques heures seulement du point de bascule.
Nous sommes à quelques heures seulement de l’heure fatidique à laquelle, ailleurs en Afrique des sous-officiers, commandants et capitaines, forcent l’entrée des palais présidentiels avec leurs chars, et au nez et à la barbe des généraux repus et assoupis, se saisissent de son excellence le président de la République par le collet pour l’envoyer en prison quand il n’a pas été exfiltré par les barbouzes de quelques pays amis étrangers.
C’est alors que les pays plongent souvent dans l’abime, subissent coups d’États et contre coups d’États, guerres civiles et ethniques manipulées de l’extérieur, bradages sans précédent des avoirs et des ressources naturelles, exodes massifs, famines …
Le Sénégal est aujourd’hui à ce point de bascule : sombrera-t-il dans le gouffre lui aussi ou au contraire s’en éloignera-t-il pour faire face enfin à ce destin historique exceptionnel qu’il s’est attribué depuis toujours sans jamais l’accomplir ?
Il faut refonder l’exceptionnalisme sénégalais
Pour cela, il faudrait une initiative historique : que les Khalifes généraux des Tidianes, des Mourides, des Niassénes, des Layénes, l’Archevêque de Dakar et le Pasteur de l’église protestante, se rendent tous ensemble, en personnes, auprès du président de la République, de toute urgence.
À la manière du général Jean Alfred Diallo, face au président Senghor en 1968, qu’ils lui présentent abruptement les doléances suivantes :
le président de la République doit déclarer solennellement qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2024 ;
que l’amnistie sera accordée à toutes les personnes détenues au cours des trois dernières années pour délit d’opinion et/ou pour activités politiques ;
qu’Ousmane Sonko ayant été victime d’une erreur judiciaire selon les avis concordants des meilleurs spécialistes indépendants du droit, aura droit à la révision de son procès dans les meilleurs délais.
que toutes les personnes qui remplissent les critères établis par le Code électoral et notamment messieurs Karim Meissa Wade, Khalifa Sall et Ousmane Sonko seront autorisées à se porter candidats à l’élection présidentielle de 2024 ;
que le président Macky remplira son présent mandat jusqu’à son terme ;
qu’un nouveau gouvernement d’union nationale sera mis en place dans les plus brefs délais.
Ces six mesures simples restaureront immédiatement le calme dans le pays.
Sans aucune intervention extérieure.
L’exceptionnalisme sénégalais, cette baraka que tous les Saints et mystiques de toutes les « tarikhas », saints chrétiens et des religions traditionnelles, enterrés aux quatre points cardinaux, ont transmis à ce vieux pays, sera dès lors refondé.
En outre, le prestige et l’autorité de nos chefs religieux seront restaurés auprès de nombre de jeunes gens désenchantés par leur silence face aux turpitudes des élites et aux excès des classes dirigeantes.
Mais le temps presse, il faut agir vite.
Aux noms de tous nos Saints !
par Aliou Sané
MACKY SALL DOIT DÉMISSIONNER
La mobilisation doit se poursuivre et s'intensifier, pour libérer notre pays de la dictature sanglante du régime. Aucun Sénégalais ne devrait rester indifférent face à tous ces citoyens tués à balles réelles
La seule exigence qui s'impose aujourd'hui, est la démission du président Macky Sall, pour sauver notre cher Sénégal !
J'ai été remis en liberté hier par le juge d'instruction du 2ème cabinet, après 5 jours de détention arbitraire, ponctuée de valses entre commissariats, brigades de gendarmerie et la cave du TGI de Dakar.
Des centaines de nos sœurs et frères sont injustement arrêtés dans le cadre d'une rafle systématique, et retenus dans ces lieux depuis plusieurs jours. Certains sont blessés, torturés, insultés et maintenus dans des conditions des plus inhumaines et dégradantes.
La mobilisation doit se poursuivre et s'intensifier, pour libérer notre pays de la dictature sanglante du régime de Macky Sall. Aucun Sénégalais ne devrait rester indifférent face à tous ces citoyens tués à balles réelles. Ces jeunes tabassés et blessés par des forces de l'ordre, nervis et escadrons de la violence en toute impunité, ces centaines de détenus arbitraires, ces dégâts matériels inestimables, j'en passe !
En conséquence, le président Macky Sall doit démissionner. C'est la seule exigence qui s'impose.
Aliou Sané est Coordonnateur de Y en a marre.
LA GAUCHE FRANÇAISE ACCABLE MACKY SALL
Le groupe parlementaire de la France Insoumise - NUPES condamne la décision de justice prise contre Ousmane Sonko, ainsi que la répression qui a suivi les manifestations de la jeunesse sénégalaise. La France à réagir à la situation
Le groupe parlementaire de la France Insoumise - NUPES a publié un communiqué vendredi 2 juin 2023 concernant les violences qui ont lieu au Sénégal, suite à la condamnation d'Ousmane Sonko, principal opposant au président sénégalais Macky Sall, à deux ans de prison ferme pour "corruption de la jeunesse". Cette décision de justice a été prise après des mois de procédures contre Sonko, qui avait initialement été accusé de viol.
Le communiqué exprime des condoléances aux victimes et à leurs proches, ainsi qu'au peuple sénégalais dans son ensemble. Il condamne la décision de justice considére comme une manœuvre politique pour empêcher Sonko de se présenter à l'élection présidentielle de 2024, à laquelle le président Macky Sall souhaite se représenter en dépit de l'interdiction de faire plus de deux mandats inscrite dans la Constitution sénégalaise.
Le groupe parlementaire de la France Insoumise - NUPES a appelé le pouvoir sénégalais à la désescalade de la situation, en soulignant le risque de fracture dans un pays jusqu'à présent considéré comme un modèle démocratique dans la région. Ils ont également appelé la France à réagir à cette situation, sans esprit d'ingérence, pour éviter de cautionner la confiscation de la démocratie que déplore la majorité des Sénégalais.
Le pouvoir sénégalais est appelé à garantir le choix du peuple sénégalais dans les urnes, sans quoi le futur de la relation entre la France et le Sénégal pourrait être hypothéqué. Le groupe parlementaire de la France Insoumise - NUPES observe la situation avec inquiétude et appelle à la fin des violences.
Le communiqué souligne également que la jeunesse sénégalaise a été dans la rue pour protester contre la décision de justice, et que le pouvoir a réagi en réprimant les manifestants. Le groupe parlementaire de la France Insoumise - NUPES exprime sa solidarité envers la jeunesse sénégalaise et appelle le pouvoir à respecter leur droit de manifester pacifiquement.
PAR Momar Dieng
MACKY SALL, ÉCHEC ET IMPASSE
Le chef de l’Etat, actionnaire majoritaire de la tragédie sénégalaise qui s’offre en spectacle au monde, en porte une énorme part de responsabilité en remettant en cause lui-même son impossible candidature à l’élection présidentielle de 2024
Innocenté par le tribunal criminel qui le jugeait (en son absence) des accusations de viols et menaces de mort proférées par une mythomane grassement entretenue par des forces occultes, Ousmane Sonko est sorti grandi de ce qui aura été jusqu’ici l’épreuve majeure de sa jeune carrière politique. Le verdict des juges en sa faveur – mis à part le subterfuge politicien utilisé en dernière instance pour sauver la face à certains – lave publiquement son honneur et celui de sa famille au terme d’une campagne de dénigrement sertie autour d’une violence inouïe qui attendra longtemps avant de trouver un équivalent dans l’histoire des adversités politiques sénégalaises.
La désormais sanglante journée du 1er juin 2023 a fait son entrée fracassante au panthéon des grandes dates de la violence politique au Sénégal. Le président Macky Sall s’en souviendra longtemps encore après avoir promis, au lendemain des événements meurtriers de mars 2021, que « cela ne se reproduira plus jamais. » L’histoire a bégayé ! Et c’est pour lui rappeler que la gouvernance d’un pays ne se fait jamais durablement contre ses populations, contre leurs aspirations, contre les principes fondamentaux de justice, d’équité, de bons sens. L’arrogance, la volonté de puissance, le mépris, l’intolérance, l’illusion de l’invincibilité, voilà des mauvaises conseillères qui ont de tout temps et en tout lieu corrompu les capacités de jugements des ‘’princes’’.
« Force restera à la loi », ânonnent à longueur de journée des bataillons de politiciens sans vergogne et dont l’utilité publique n’est pas toujours à la hauteur des prébendes qui les font vivre au crochet généreux du bien public. Ils parlent de « la loi » transformée en un grotesque instrument judiciaire de liquidation d’adversaires politiques. Ils parlent de « la loi » qui discrimine les citoyens selon qu’ils appartiennent à une chapelle X ou Y. Ils parlent de « la loi » qui ferme les yeux sur les appels publics à la violence et au meurtre suivant qu’ils sont proférés par certains et pas par d’autres.
Ce sont toutes ces entraves à un fonctionnement normal de la justice dans notre pays qui indignent et exaspèrent les Sénégalais dans leur chair, la persécution d’Etat contre Ousmane Sonko n’en étant que le reflet grandeur nature. C’est cela l’échec majeur du Macky Sall président de la République après la version Bêta qui nous avait vendu des nouilles pour accéder à la magistrature suprême. Il nous a eus, et dans l’ordre !
Le chef de l’Etat Macky Sall, actionnaire majoritaire de la tragédie sénégalaise qui s’offre en spectacle au monde, en porte une énorme part de responsabilité en remettant en cause lui-même son impossible candidature à l’élection présidentielle de février 2024. C’est cela la pierre angulaire de ce chaos ambiant qui nous menace tous. A la gravité de son serment constitutionnel et de ses engagements personnels, il a osé opposer en dernière instance des considérations du juge constitutionnel et des « circonstances politiques » contraignantes pour lui. Cette posture de reniement rampant apparait comme le soubassement des dérives autoritaires mises en œuvre par des organes sécuritaires qui ne semblent plus avoir de limites légales. Leurs pratiques ont radicalement changé le visage de la démocratie sénégalaise et la valeur du principe de liberté dans l’espace public. Nous ne sommes pas loin d’un régime d’exception inédit pour notre pays.
En être là en 2023, à devoir tenir des statistiques autour de toutes ces vies (jeunes) fauchées parce que certains ont décidé de privatiser la justice, à assister à la destruction de biens publics et privés et d’infrastructures nationales coûteuses. En être là en 2023, à devoir enchaîner des jours entiers d’improductivité économique pour un pays quasiment sous tutelle de Bretton Woods. En être là en 2023, à devoir subir des perturbations scolaires et universitaires dans un système souffrant déjà de graves lacunes. En être là en 2023, douze ans après les déflagrations ayant accompagné la fin de pouvoir d’Abdoulaye Wade, à batailler encore sur le nombre de mandat. En être là en 2023 n’est signifiant que d’une réalité : impasse et échec.
Les événements sanglants du 1er juin 2023 n’honorent pas le Sénégal, certes, mais il est encore temps de renouer avec notre culture démocratique, seul garant de notre survie collective. Cela passe par un retour à une sorte d’état de nature où tout roulerait comme sur des roulettes. Cela donnerait un Président raisonnable qui doit se convaincre définitivement que son magistère n’ira pas plus loin que février 2024 conformément à la Constitution qu’il a fait voter. Des opposants raisonnables dont les ambitions ne sauraient être contradictoires à l’intérêt général. Une justice raisonnable qui exerce ses pouvoirs en liberté et indépendance, à l’ombre du peuple souverain.
par Prof Mary Teuw NIANE
LIBÉREZ LES RÉSEAUX SOCIAUX
On ne peut pas arrêter la mer avec ses mains disait le président Lamine Guèye. Il est impossible d’arrêter la vague impétueuse du combat pour la liberté notamment la liberté d’expression.
On ne peut pas arrêter la mer avec ses mains disait le président Lamine Guèye.
Il est impossible d’arrêter la vague impétueuse du combat pour la liberté notamment la liberté d’expression.
Ces mains menues qui brisent les chaînes silencieuses de l’assujettissement à un pouvoir qui cherche coûte que coûte à se reproduire et à se pérenniser vont se démultiplier au fur et à mesure que la répression inadmissible continue à s’intensifier.
Ces multitudes de voix venues des toutes les contrées s’élèvent outrées pour s’opposer à l’autoritarisme qui tente vainement d’envelopper ce peuple libre grouillant d’une joie de vivre explosive dans un silence glacial d’un peuple soumis qu’il n’est pas.
Les solidarités intergénérationnelles se nouent, se tissent et se fortifient chaque jour que la faucheuse aveugle assassine une jeune pouce dont l’avenir prometteuse est brutalement interrompue.
Ils sont un, dix, vingt, bientôt trente, emportés à la fleur de l’âge, à l’âge où tous les rêves sont possibles, à l’âge où les parents construisent l’espoir de leur futur sur leur progéniture en pleine croissance.
Ils sont partis emportant avec eux l’espoir de leurs parents, semant la désolation d’un peuple qui perd ses enfants et amplifiant la lutte irrésistible de tous ceux qui veulent la paix et la sérénité d’une nation retrouvée.
Ceux qui nous gouvernent pensent, en coupant les réseaux sociaux, en ralentissant Internet, stopper le commerce, la communication et la palabre entre les Sénégalais.
Ils croient pouvoir ainsi endiguer la vague de colère que leurs faits et gestes inadmissibles produisent. Ils se trompent. Ils ne font qu’amplifier le désir de défiance à l’autorité illégitime, à l’institution injuste et à un pouvoir qui pose des actes de privation de liberté, de répression implacable et d’arrogance qui terrorise.
Nos compatriotes sont intelligents et ingénieux.
Beaucoup d’entre eux ont d’ores et déjà trouvé les applications pour contourner ces restrictions d’un autre temps.
Le Sénégal se classe désormais dans la liste peu enviable des régimes autoritaires dont la prétention est de contrôler la parole, les actes et la mobilité de leurs citoyens.
Il est heureux de savoir que tous ces régimes politiques ont échoué dans leur prétention à vouloir mettre sous contrôle la liberté d’expression, de penser et de parler de leur peuple.
Cette décision honteuse de suspendre les réseaux sociaux n’empêchera pas les Sénégalais d’exercer leur droit inaliénable à la liberté d’expression.
Elle ne fera que classer notre pays dans la liste des pays autoritaires et des États qui ont de graves manquements dans les principes de l’État de droit.
Bientôt notre pays sera la cible des communiqués des responsables de organisations africaines et internationales. De Médecin de la démocratie dans le monde, notre pays va devenir le malade des libertés sur lequel se pencheront les pays africains et organisations internationales.
Pour le droit à la liberté d’expression, levez ces mesures dérisoires de suspension des réseaux sociaux !
Sénégal, Abdoul Aly KANE
COMMENT SORTIR DE L’IMBROGLIO POLITICO-JUDICIAIRE DANS LEQUEL LE SENEGAL EST ENGLUE ?
Le Sénégal d’aujourd’hui ressemble à un western spaghetti de série B.
Le Sénégal d’aujourd’hui ressemble à un western spaghetti de série B.
Pour ceux qui s’en souviennent, Sergio Leone, talentueux metteur en scène italien, avait imaginé tourner une parodie de western américain, dans des décors européens ressemblants, la recette étant de mettre en avant un acteur vedette américain (en l’occurrence Clint Eastwood dans la trilogie des « dollars »), entouré d’acteurs italiens auxquels il était demandé de tirer à tout va, avec des pistolets à mille coups.
L’affaire Adji Sarr/Ousmane Sonko ressemble à s’y méprendre à un western spaghetti mettant en situation un acteur principal, Ousmane Sonko, et des acteurs de second plan mal doués pour leurs rôles et difficilement crédibles du fait de leurs moultes contradictions, avec un scénario de bas niveau à l’écriture confiée à des petites inexpertes.
Le peuple avait déjà dénoncé le déni de justice, et voilà que le verdict de ce jeudi a disqualifié les crimes de viol et de menaces de mort reprochés à Ousmane Sonko pour retenir en définitive que le délit de « corruption » de la jeunesse ».
Tout ça pour ça serait-on tenté de dire.
Malheureusement, ce navet cinématographique a complètement esquinté un Sénégal déjà fatigué et tenu en haleine depuis plus de deux années durant lesquelles les populations ont connu la maladie du COVID et ses dégâts, la baisse drastique de leur pouvoir d’achat, et une création nette d’emplois négative si l’on compare les arrivées de demandeurs sur le marché du travail aux destructions d’emplois dues aux fermetures d’entreprises, aux emplois créées dans le « xéyu ndawyi ».
Les chefs religieux au faîte de l’organisation spirituelle nationale sont dépassés et cloués au pilori sur les réseaux sociaux qui ont fini, eux aussi, de représenter des centres d’information justes et adaptés à la demande de rapidité dans la livraison de l’information exprimée par une jeunesse désabusée par le ronron des médiats mainstream. Les pare feux traditionnellement sollicités pour coordonner un dialogue national indispensable pour lever les incompréhensions et surtout entendre les désiderata, ont été usés jusqu’à la corde à l’instar de Famara Sagna.
De 2021 à 2023, la situation sociale s’est dégradée
Les adversaires politiques, devenus ennemis, conviennent tous qu’on est entré dans la phase finale de l’affrontement tant les espaces et canaux de dialogue et de communication habituels ont perdu de leur efficacité.
A la veille du verdict de l’affaire Ousmane Sonko/Adi Sarr, le Président Sall vient de lancer un nouveau dialogue national dont les calculs politiques sous-jacents n’ont échappé à aucun observateur averti du jeu politique et de ses enjeux actuels.
En réalité, ce dialogue des forces vives de la nation n’est rien d’autre qu’une opération de marginalisation d’un adversaire politique condamné d’avance à une inéligibilité à la prochaine élection présidentielle.
Comme une sorte de cautère sur une jambe de bois, le Prince informe au détour d’un semblant d’énervement sur la question du 3ème mandat qu’il n’exclue pas ce point des termes de références. D’ailleurs, a-t-il dit, sa non-participation à ce scrutin est négociable, le prix à payer par les demandeurs étant la courtoisie, le respect et la considération (njekk).
A l’observation, on remarque que le Président n’a donné la parole à aucun des ténors de l’APR durant cette séance de lancement, ni aux communicateurs traditionnels dont les louanges dithyrambiques auraient enlevé toute l’impartialité requise lorsque les idées s’affrontent.
S’agit-il d’une nouvelle ruse du Prince ? On serait tenté de le penser si l’on se réfère aux résultats stériles des exercices précédents.
Ce dialogue est-il sincère et inclusif ? Nous ne le pensons point. Dialoguer sans Ousmane Sonko et le Pastef est un leurre dans la situation actuelle.
Si tant est que l’idée avait traversé les esprits des initiateurs, il aurait fallu rendre Sonko libre de ses mouvements dans un premier temps, et déconstruire tous les scénarii (terrorisme djihadiste, forces spéciales et autres rébellions) qui ont mené au cachot un grand nombre de militants de cette organisation politique.
Il aurait été inconfortable pour Ousmane Sonko de participer à un dialogue national dans ces conditions. Dans le même ordre d’idée, le Président SALL n’avait sans nul doute aucune intention d’inviter Sonko à un dialogue, sauf à l’amener à se déconsidérer aux yeux de ses partisans.
Si le dialogue national est le moyen destiné à présenter une configuration du panorama des élections et à la faire valider par une assemblée de notables et de partis non alignés, avec la présence de candidats potentiels crédibles comme Khalifa Sall pouvant rendre digeste l’absence d’Ousmane Sonko, s’il consiste en réalité à choisir des candidats et à en éliminer d’autres, en particulier Ousmane Sonko, il est évident, au vu de l’actuelle dégradation du climat politique, que l’on file tout droit vers l’échec.
Les deux protagonistes principaux tirent sur la corde ; elle risque de se casser à très court terme.
Certains crient : « foutons le au gnouf », en réponse, d’autres assènent « brûlons tout, on reconstruira après ».
Il est clair pour nous que l’élimination de Sonko du jeu politique est porteuse de destructions en tous genres, si l’on se réfère aux évènements de Ziguinchor et de la Caravane de la Liberté interrompue.
Depuis l’annonce du verdict de ce procès, les foyers de contestation et de destruction de biens publics et privés se sont démultipliés. Le pays a-t-il la capacité de porter la lourde charge du « GATSA GATSA » VS « FORCE RESTE A LA LOI », et le tout « quoiqu’il puisse en coûter » ?
Je ne le crois pas.
Tout détruire n’est pas responsable alors que les dettes ayant servi à réaliser ces biens et infrastructures demeurent, et que leur remboursement conditionne la qualité de la signature du pays dans les marchés financiers incontournables pour le financement des investissements longs.
Concernant la prochaine présidentielle, le Président Sall doit répondre à deux défis majeurs sur la candidature qui représentent les deux faces d’une même médaille. Il s’agit de présenter sa propre candidature au risque de se dénier au regard des engagements pris sur la question et, dans le même temps, d’éliminer la candidature de Sonko.
Le report des élections à 2026 permettrait au Président de différer les urgences. Il doit être dans l’idée des initiateurs de cette formule, de préparer sereinement l’amnistie envisagée pourles candidats potentiels, à savoir Khalifa Sall et Karim Wade, et étudier les conditions de son extension à Ousmane Sonko en 2026.
D’ici là, une épée de Damoclès serait suspendue sur sa tête.
Bien entendu, il ne s’agit ici que de politique fiction mais tous les scenarii doivent être mis en perspective car il s’agit d’un moment crucial de la vie de notre nation.
Ce scénario ne serait bien entendu valable que pour autant que le Président Macky Sall reste le maître du jeu.
Pour l’instant, la violence destructrice s’installe et touche particulièrement les biens publics et privés. Le lancement du dialogue national n’a pas été un franc succès du fait de son impréparation et de son caractère exclusif. Il a fait l’impasse sur Ousmane Sonko et la jeunesse qu’il incarne qui tiennent le pays en haleine depuis quelque temps, l’impasse sur l’économie et sur les questions de gouvernance.
Sur l’économie, des vérités doivent être dites en commissions au-delà du consensus observé quant à une réussite étayée par des réalisations d’infrastructures visibles et de taux de croissance consensuellement salués sans interrogation sur les transferts de revenus sociaux qu’ils auront permis, encore moins sur les transformations structurelles réalisées sur les diverses filières d’activités.
Les dégagements des participants sur les perspectives ouvertes par l’exploitation du gaz et du pétrole ont vite fait de clore la question. Un dialogue national non centré sur l’emploi des jeunes, dans une configuration où 60 % de la population a moins de 25 ans, exclut la grande majorité de la population.
Attention, le Président SALL n’est pas le seul responsable du sous-emploi structurel dans notre pays. Celui-ci est induit par un modèle économique datant de la colonisation perpétué par ses dirigeants successifs en charge de nos destinées depuis 63 ans.
Seulement, c’est pendant son magistère que les attentes de la jeunesse sont les plus fortes, et le désespoir plus grand..
Changer de paradigme devient, dans ces conditions, une urgence nationale, et le consensus « transpartisan », une exigence.
Le mythe de l’homme providentiel ou d’un Deus ex Machina qui apporterait une solution miracle pour sortir notre pays du sous-développement économique a vécu.
Bâtir un consensus sur les grandes orientations économiques, c’est parler le même langage de défense des intérêts nationaux en tout temps, au-delà des alternances politiques.
Nettoyer le programme économique de son prédécesseur sous le prétexte que le sien est meilleur, soumet le pays à des discontinuités dans les plans de développement. La force des dirigeants n’est point dans le regard de ceux qui les appellent « homme fort » ou qui vantent leur leadership. Elle réside plutôt dans leur capacité à mobiliser les citoyens sur des orientations économiques qu’elles finissent par s’approprier.
Le Sénégal a perdu beaucoup de temps. Le bruit, la fureur et l’adversité nous ont empêchés depuis 2019 de nous entendre sereinement sur les enjeux fondamentaux. Les élections étant dans 8 mois à peine, les critères de choix des citoyens tourneront autour de la confiance ou la peur, du conservatisme ou l’aversion pour le changement, tout cela au détriment des programmes économiques proposés par les prétendants, les citoyens n’ayant eu au préalable aucune information en la matière ni de temps disponible pour apprécier les offres politiques.
Cette échéance sera d’autant plus à risques que l’invalidation de la candidature d’Ousmane Sonko a été judiciairement actée à la fin d’un procès pour viol qui a tourné court.
En toutes hypothèses, éliminer de la compétition électorale le leader d’une jeunesse désespérée est gros de danger pour la tenue d’élections apaisées et la paix civile.
Imposer ces consultations, c’est prendre le risque d’un désordre assuré et ancrer les forces de défense et de sécurité dans l’affrontement avec les jeunes manifestants, dont nous avons en temps réel les avant-goûts.
PAR Ousmane Ndoye
DES INSTITUTIONS OU QUAND L’APPRENTI-SORCIER MENA SON PAYS AU CHAOS
Il nous faut nous attendre à ce qu’il ne s’arrête pas jusqu’à la catastrophe : quand il forcera sa 3e candidature ? quand il perdra les élections et refusera de céder le pouvoir ?
La crise politique actuelle au Sénégal démontre, s’il en était encore besoin, la nécessité d’avoir des institutions crédibles. Malheureusement, les institutions du Sénégal ont été fortement affaiblies durant ces vingt dernières années. Au passage du président Abdoulaye Wade, elles l’étaient déjà. L’espoir était permis d’une refondation de ces institutions avec l’avènement du nouveau président Macky Sall qui avait eu la chance de bénéficier de la dynamique des Assises nationales et avait lui-même enclenché un processus visant la refondation avec les travaux de la Commission Nationale de Réforme des Institutions (CNRI). Malheureusement pour le Sénégal, les calculs politiciens de maintien du pouvoir ont prévalu et les conclusions de la CNRI ont été mises dans les tiroirs pour être remplacées par un toilettage cosmétique porté par un référendum qui n’a pas réformé grand-chose. La décrédibilisation des institutions entamée sous l’ère de l’ancien président s’est ainsi poursuivie.
Le nouvel élu a commencé par l’institution présidentielle entachée par l’affaire du pétrole et du gaz sénégalais au cœur duquel se trouvait son frère qui bénéficiait de sa signature de contrat malgré les recommandations contraires de l’Inspection Générale d’Etat (IGE). Puis vint le tour de l’Assemblée nationale où les députés de la liste de la majorité furent choisis par le président de la République, pour une institution censée contrôler l’Exécutif. Puis la Justice, devenue bras armé pour la liquidation d’adversaires politiques dont un se retrouvait exilé et un autre condamné dans la ligne droite de la course à la Présidentielle de 2019. Utilisant l’immense étendue de son pouvoir financier et de nomination, le nouveau président avait détruit au passage toutes les forces politiques et sociales qui pouvaient constituer une menace pour son pouvoir absolu, et, la nature ayant horreur du vide, il ouvrait la voie à l’émergence de forces politiques et sociales d’un nouveau type.
Toutefois, encouragé par l’acceptation de l’injustice par une frange de la population et sa réélection, le président maintint son cap pour poursuivre son entreprise de liquidation des forces adverses, avec toujours les mêmes méthodes.
Pendant qu’une partie de l’opinion vantait son génie politique, nous avons toujours pensé que cet apprentissage de la sorcellerie mènerait un jour le pays au chaos. Malheureusement, l’histoire nous a donné raison. Aujourd’hui, notre pays est au creux de la vague, avec une crise politique profonde, doublée d’une crise économique et sociale, avec son lot de violences, de morts et de destructions, à quelques mois d’une élection présidentielle où les principaux candidats de l’opposition ont été rendus inéligibles et le président sortant maintenant le flou sur une 3e candidature que la Constitution du pays n’autorise pas.
En définitive, l’apprenti-sorcier a piégé la démocratie sénégalaise, mais aujourd’hui le piège se referme sui lui-même, et in-fine sur un peuple sénégalais meurtri et désemparé. Et comme avec tous les apprentis-sorciers, il nous faut nous attendre à ce qu’il ne s’arrête pas jusqu’à la catastrophe : quand il forcera sa 3e candidature ? quand il perdra les élections et refusera de céder le pouvoir ?
Les enseignements ?
Les institutions d’un pays sont trop sérieuses pour qu’on joue avec, qu’on en use et en abuse ;
Un citoyen doit rejeter toute injustice même quand cette injustice s’abat sur des personnes ou des organisations qu’il n’aime pas, car à terme cette injustice ne touche pas seulement ceux qui en sont victimes mais tout le monde peut en subir les conséquences ;
Le peuple sénégalais doit être plus exigeant avec ses dirigeants, et, concernant le Président de la République, dès le début de son 1er mandat, en particulier sur la question de la refondation de nos institutions. En effet, une fois que le Président est encouragé dans l’apprentissage de la sorcellerie, il ne connait plus les limites et c’est la voie vers les dérives qui mènent au chaos. Cette exigence du peuple devra s’appliquer à tous nos futurs Présidents, car, malheureusement pour les peuples, les apprentis-sorciers ne sont pas une espèce rare ;
Si le peuple perd le combat en cours, les prochains combats - quand le président sortant forcera sa 3e candidature ou quand il perdra les élections et refusera de céder le pouvoir - seront sans nul doute plus désastreux et sanglants, car les limousines des apprentis-sorciers ragaillardis n’ont malheureusement pas de freins.