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3 avril 2025
Opinions
Par Papa Abdoulaye SECK
LE CINQUANTIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ISRA, MA PART DU GÂTEAU
Je n'ai pas de choix et je me réfugie auprès de Cheikh Hamidou Kane qui a écrit fort justement :"il n'y pas de tête lucide entre deux termes d'un choix "
Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je vais rater la célébration du cinquantième anniversaire de l'ISRA. Emporté par ma passion et par mon amour pour cet institut, je surprends ma plume insister pour que j'en fasse bon usage, sans report d'échéance. Je n'ai pas de choix et je me réfugie auprès de Cheikh Hamidou Kane qui a écrit fort justement :"il n'y pas de tête lucide entre deux termes d'un choix "
Oui, l'émotion est forte mais finalement domptée !
C'est le 4 Novembre 1974 que l'acte de naissance de l'ISRA a été signé, gratifiant, ainsi, notre pays d'une recherche agricole finalisée couvrant, dans un même cadre institutionnel, les productions agricoles, halieutiques, animales et forestières. En clair, un prolégomène venait d'être considéré, pour des analyses globalisantes du secteur agricole sénégalais.
A mon sens, c'est une des plus belles décisions politiques prises depuis notre accession à la souveraineté internationale. Il faut, par conséquent, en remercier le bâtisseur feu Djibril Sène accompagné, dans la mise en œuvre, de très valeureux chercheurs comme Pape Ibrahima Thiongane ,signataire de ma décision de recrutement ,en sa qualité de DG, Gora Bèye, feu Mahawa Mbodj, feu Sitapha Diatta, feu Kader Diallo, feu Seydil Moctar Touré, feu Faustin Sagna, Moctar Touré, Habib Ly, Moussa Fall, feu Mbaye Ndoye, feu Ndiaga Mbaye, feu Jacques Faye, feu Mamadou Sonko, Aboubacry Sarr, François Faye, feu El hadj Guèye, feu Madické Niang, feu Ablaye Niasse, Bara Diop,feu Talla Diaw, feu Pape Assane Camara etc. Je suis certainement incomplet !
Mon barycentre est trouvé, c'est Abraham Lincoln, à travers sa formule : " l'agriculture est le fondement de la société, la racine de l'économie, l'espoir de l'avenir". A l'évidence, cette formule va être plus succulente en y remplaçant "agriculture" par "secteur agricole" .
Au demeurant, un outil stratégique majeur, dont la mission originelle est de générer des résultats utiles et utilisables, est nécessairement une force motrice, aimant d'un progrès constamment consolidé et élargi. Car progresser, c'est faire les choses autrement et mieux avec comme adjuvant la science, la technologie et l'innovation.
Je pourrais traduire la formule révisée de Abraham Lincoln par une simple évidence : sans développement rural, point de développement économique et social, et sans recherche agricole performante, point de développement rural. Alors, la transitivité mathématique est vite établie : la recherche agricole est au cœur du développement économique et social.
De mon belvédère, avec mes lunettes d'observation et mon recul, j'observe l'ISRA et constate sa singularité.
L'ISRA est un monde de rêves, d'extases, de cauchemars, de doutes durables et continus et de certitudes dynamiques. En effet, nous devons y transformer des connaissances pré-réfléchies en connaissances rationnelles par un mixage de méthodes empiro-inductives et de méthodes hypothético -déductives, en référence à Nietzsche et à Leonardo da Vinci. Le premier recommandant la négation de toute évidence et le second "de penser beaucoup pour ne pas se tromper souvent". Alors dans ce monde, la rage de connaître et de transmettre s'invite au quotidien et l'excellence plurielle s'impose comme seul baromètre d'appréciation. Il ne saurait en être autrement, pour deux raisons essentielles :
La première raison: l'Isra est composé d'architectes du passé et du présent et d'architectes du futur, déjà interpellés par des clameurs aux urgences multiformes.
La deuxième raison: l'isra est la force centripète pour l'épanouissement total du secteur agricole, son métabolisme de base et sa boussole non pipée. C'est l'inoxydable charme et la lourde responsabilité de cet institut !
Des souvenirs, il y'en a une infinité, je vais retenir, pour ma part, le projet de fermeture de cette institution parle Président Abdoulaye Wade. Mal informé par des personnes qui aiment mal leur pays, le Président de la République avait envisagé de mettre fin à la mission de l'ISRA.
Directeur Général, j'avais convoqué les responsables administratifs et scientifiques pour l'organisation d'une semaine de portes ouvertes en vue de prendre à témoin l'opinion nationale et internationale.
Finalement, le Président Wade était venu nous visiter, le dernier jour, et avait écrit, après sa visite, sur le livre d'or ce qui suit : " J'ai été particulièrement impressionné par les réalisations de l'ISRA que je viens de découvrir et, aussi, par les perspectives qu'il s'est tracées.
Je suis convaincu que l'ISRA saura être l'instrument de l'ambitieuse politique agricole que j'ai assignée à notre pays.
Toutes mes félicitations au Directeur Général et aux chercheurs", signé Président Abdoulaye Wade.
Par cette visite, le Président Wade confirme qu'il est un intellectuel qui ne demande qu'à être convaincu pour revisiter sa position. Ce jour nous a marqués à jamais !
Une chose à retenir : la capitulation n'est jamais dans l 'ADN d'un agent de l 'ISRA.
Un autre souvenir : Directeur scientifique travaillant sous la supervision lumineuse du Dr. Habib ly, un chercheur phytopharmacien émérite, nous avons eu à passer la nuit au bureau pour que l'ISRA respecte ses engagements de remise d'un rapport pour un conseil interministériel. Le Premier Ministre feu Habib Thiam n'avait pas manqué, d'entrée de jeu, de féliciter le Ministre d'Etat Robert Sagna, lors de ce conseil, pour la qualité de la note introductive préparée par l'ISRA en si peu de temps.
Je pouvais aussi rappeler la très forte résilience de l'ISRA face aux velléités remettant en cause son intégrité en vue d'une dislocation injustifiée.
A l'évidence, cinquante ans d'existence et de contribution positive ne doivent pas éluder une nécessaire réflexion sur l'adaptation de cet outil aux turbulences de l'environnement national et international. En d'autres termes, c'est un beau prétexte pour s'en féliciter tout en s'interrogeant sur la solidité du cahier de charges de cet institut. Cela signifie : se réinventer en vue d'augmenter sa valeur marchande scientifique et son utilité sociétale. Dans cet exercice difficile, il convient de convier tous les acteurs publics et privés avec, comme point de ralliement, la transformation de nos systèmes alimentaires. Il s'agit d'une nécessité et d'une urgence dans la construction d'une sécurité alimentaire et nutritionnelle adossée à une politique de souveraineté alimentaire.
Cet événement majeur doit, aussi, offrir une occasion unique pour donner le nom du siège de l'ISRA à son bâtisseur feu Djibril Sène, premier chercheur sénégalais au CNRA de Bambey, un généticien remarquable et remarqué, ici et ailleurs, un homme si inspirant pour ses successeurs, une personne de conviction, un homme qui avait le cœur sur la main et qui parlait toujours la main sur le cœur, une personne d'une piété rare, un scientifique d'élite au sens propre et figuré.
En un mot, comme en mille, retenons et magnifions la longue et fertile carrière de ce chercheur d'exception sur le podium de l'excellence scientifique à l'échelle de l'humanité, en tout temps et en tout lieu.
Paix pour le repos de l'âme de cet immortel dont la seule évocation du nom suffit pour nous faire frémir d'émotion, par devoir de reconnaissance infinie.
Misons davantage sur une solidarité sans limites pour aller de l'avant car "la recherche est un sport collectif", pour paraphraser la Prof. Catherine Brechignac de l'Académie des Sciences de France. En abrégé, le philosophe Pascal aurait avancé que " le Moi est haïssable "
L'avenir frappe déjà à notre porte !
Nos félicitations, nos encouragements et nos ferventes prières à l'ISRA.
J'aime l'ISRA, il m'a donné plus que mes rêves les plus fous !
C'est l'heure de ma sieste de jeune retraité, je m'efface !
Alhamdoulilah !!!
Que Dieu bénisse l'ISRA
par Aoua Bocar LY-Tall
SOULEYMANE BACHIR DIAGNE PLAIDE-T-IL POUR LA NON RESTITUTION DES ŒUVRES D'ART AFRICAINS ?
EXCLUSIF SENEPLUS - Le philosophe sénégalais affirme que les objets d'arts sont "chez eux" au Louvre, oubliant le combat historique pour leur retour. Sa conception de l'universalité apparaît comme une caution intellectuelle au statu quo colonial
Nul ne peut nier que Souleymane Bachir Diagne est un philosophe rigoureux et un érudit. Cependant, il lui arrive de mettre cette rigueur sous le paillasson par des pirouettes intellectuelles qui en étonnent plus d’un. Ce fut encore récemment le cas. J'ai lu avec étonnement ses propos dans une entrevue accordée au quotidien français La Croix du 13 octobre 2024, recueille par Mme Marianne Meunier (Cf. :https://www.la-croix.com/culture/restitutions-d-ouvres-les-objets-venus-dafrique-sont-chez-eux-au-louvre-20241013).
La Croix a d'ailleurs intitulé son entrevue par le fond de sa pensée, notamment : "Restitutions d’œuvres : « Les objets venus d’Afrique sont chez eux au Louvre »" Ce, au nom de son nouveau paradigme d'universalité que le président Macron s'est fait le plaisir de citer dans son discours d'ouverture de la XIXe session de la Francophonie tenue le 5 août 2024 à Villiers-Cotterêts, en France.
À la question de Mme Meunier : "Vous sentez-vous confronté, ici, à un récit colonial, qui célèbre une France au centre du monde, comme certaines voix le dénoncent ?", Souleymane Diagne répond : " Je me faisais cette idée du Louvre jusqu’à l’inauguration, en 2000 […] Dès lors, j’ai commencé à reconsidérer cette notion […] et à me dire que, d’une certaine façon, ce pavillon des Sessions recevait ces objets chez eux. "
Pire, Professeur Diagne renforce son argumentaire par des propos de feu Amadou Mokhtar Mbow. Il affirme que : " ... mais dans le même temps, il (Ndir Mbow) reconnaissait que ce patrimoine avait pris racine sur sa terre d’emprunt." Prendre racine dans un pays étranger pour y avoir duré ne signifie pas qu'on perd ses racines originelles et qu'on ne veut plus et/ou qu'on ne va plus retourner à ses vraies racines. Bien entendu avec leurs valeurs, leurs beautés, leurs spécificités, ces œuvres africaines ont rehaussé le statut des musées européens, et surtout, celui de Quai Branly. C'est cela que le patriarche Mbow soulignait. Cependant, l'historienne Bénédicte Savoy nous apprend dans son essai, « Le long combat de l’Afrique pour son art », Édition Seuil qu'en 1978, alors qu'il était directeur de l'Unesco, le Sénégalais, Amadou Mahtar M’bow, dans un discours qui fera date, défend fermement que : « ces biens de culture qui sont partis de leur être, les hommes et les femmes de ces pays ont droit de les recouvrer. » Et, monsieur Mbow n’a jamais vacillé de cette position qui avait été saluée ce jour là par le présentateur français Roger Gicquel dans le journal télévisé de TF1, à 20 heures. (La Croix).
Madame Savoy rappelle d’ailleurs dans son ‟passionnant et minutieux essai sur les efforts sans relâche d’un continent pour son art‟ que la demande de la restitution des objets d’art arrachés de force avait débuté par une « bombe » en forme d’injonction : « Rendez-nous l’art nègre », exige en 1965 le journaliste béninois Paulin Joachim à la une du mensuel sénégalais Bingo, lu dans toute l’Afrique francophone. (La Croix, 2024). Combat que poursuivra Mbow et beaucoup d’autres Africain-e-s et repris aujourd’hui par la jeunesse africaine.
Pourquoi professeur Diagne, votre plaidoyer au nom de l'Universel s'en tient-il uniquement à des objets d'art et ne s’étend-il pas aux Humains ? N'était-ce pas par là qu'il aurait dû commencer ? Pourquoi ne dites-vous pas aux Français au nom de votre conception d’universalité que les Africain-e-s qui arrivent en France sont chez eux ? Ce qui est fondamentalement vrai et fondé. Car, leurs ancêtres ont défendu cette France, ont versé énormément de leur sang sur cette terre française en vue de la sauver de la domination nazie et des humiliations hitlériennes. De même, les Africain-e-s resté-e-s sur leur continent ont nourri au nom de "l'effort de guerre" les Français et les ont sauvés de la faim engendrée par la première, et surtout, la seconde guerre mondiale. Les biens et les ressources (diamant, or, argent, manganèse, cobalt, uranium, phosphate, cuivre, uranium, etc.) de l'Afrique ont enrichi l'Europe et contribué à sa construction et à son essor économique. La force de travail des Africain-e-s drainée par l'ignoble "Traite des Humains" a enrichi la France et mis en valeur le dit "Nouveau monde" à savoir l'Amérique au point qu'elle soit devenue la première puissance mondiale. Aussi, ces objets d’art africains sont aussi une importante source d’enrichissement pour l’Europe, car, nul n’entre dans un musée sans payer. Pourquoi ne pas retourner une part de cette richesse à l’Afrique ? Alors, Souleymane Bachir Diagne, les Africain-e-s ne sont-ils pas chez eux en Europe, surtout dans les pays colonisateurs et aux États-Unis ?
Pourquoi avec votre puissante voix, ne faites-vous pas le plaidoyer des Africain-e-s mal traité-e-s, emprisonné-e-s, malmené-e-s, humilié-e-s, enchaîné-e-s et jeté-e-s au fond des mers, en plein désert ou au fond des geôles européens où ils sont malmené-e-s comme des bandits de grands chemins ? Pourtant, leur unique tort face à leurs pays laissés en ruine par des siècles de domination politique, d'exploitation économique, d'humiliation culturelle, c’est d'aller chercher dans cette Europe que l'Afrique a enrichie, de meilleures conditions de vie et des moyens pour aider leurs familles et leurs communautés ?
Alors, pourquoi ne le dites-vous pas aux Européens au nom de l'universalité ?
"Détruire l’universel, c’est détruire l’idée d’humanité", dites-vous toujours au cours de cette entrevue avec le journal La Croix. Détruire l’universel, n'est-ce pas plutôt déshumaniser une partie des Humains à travers des pratiques reconnues aujourd'hui comme "un crime contre l'Humanité", à savoir l'esclavage et ses séquelles qui perdurent à des traves le racisme et les discriminations. Professeur, la priorité n'est-il pas de contribuer à restaurer cette Humanité par entre autres votre conception de l'universel ?
Quand vous répondez à propos de la sculpture fon attribuée à Akati Ekplékendo, avant 1858, Bénin/Capucine-BARAT--GENDROT que : ‟« Ce “dieu du fer”, qui provient du Bénin, m’évoque la question des restitutions. Dans le film Dahomey (1), les étudiants béninois déplorent son absence parmi les 26 objets que la France a rendus à leur pays. De mon côté, je le vois bien rester ici. Cet objet est chez lui au Louvre. ‟ Là, je reste sans voix. Ainsi, vous alliez à l'encontre des aspirations du peuple africain, surtout de sa jeunesse ?
Je suis assurée que votre grand-frère, le grand combattant pour la liberté de l'Afrique et la dignité des Africain-e-s, le patriote Pathé Diagne (paix à son âme) était encore en vie, il vous aurait réprimandé en vous disant : "Non Bachir, il ne faut pas dire ça. Ce n'est pas juste. Rendons à César ce qui lui appartient. Il faut restituer aux Africain-e-s leurs objets d'art qui sont d'ailleurs dans la plupart des cas, des objets sacrés en Afrique. ..."
Dre Aoua Bocar LY-Tall est chercheure associée à l'Institut d'Études des Femmes de l'Université d'Ottawa au Canada, Historiographie et membre du COPIL de l'H.G.S ou Histoire Générale du Sénégal, sociologue/analyste, écrivaine et conférencière internationale.
Bougane n’aurait-il pas le droit, s’il le souhaitait, de manifester devant le président de la République à Bakel, muni de pancartes et de sifflets ? Quelle disposition de notre droit positif l’en empêcherait ?
En direct du procès de Bougane au tribunal de Tambacounda, je ressens honte et tristesse en écoutant la défense déconstruire le communiqué de la Gendarmerie nationale. Question à Amnesty International Sénégal, Afrika Jom Center et compagnie : Bougane n’aurait-il pas le droit, s’il le souhaitait, de manifester devant le président de la République à Bakel, muni de pancartes et de sifflets ? Quelle disposition de notre droit positif l’en empêcherait ? Vivons-nous dans une démocratie de façade où un simple coup de fil de l'autorité peut bâillonner le droit fondamental de se déplacer dans une ville parce que le président s’y trouve ?
Senegaal Kese s’engage, dans son programme législatif, à abroger la loi d’amnistie, et les récents événements soulignent la nécessité de cette proposition. Les appels à l’usage des armes par un responsable du camp présidentiel, suivis d’une attaque aux cocktails Molotov contre le siège d’un parti politique, révèlent l’existence d’une culture de violence en politique, confortée par cette loi d’amnistie.
Qui pourrait croire que ceux ayant récemment lancé des cocktails Molotov contre le siège d’un parti en étaient à leur coup d’essai ? Qui pourrait croire que la Justice applique la même diligence que celle réservée à Bougane et autres, dans l’affaire de l’apologie de la violence assumée par un représentant du camp présidentiel ?
Le 17 novembre, les électeurs devront trancher. Soutenir ces dérives, ou voter pour une Assemblée déterminée à exercer un contrôle fort et juste sur l’exécutif. Il est temps de faire le bon choix.
PAR BIRA SALL
LETTRE OUVERTE ADRESSÉE AU MINISTRE DE L'ENVIRONNEMENT ET DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE
"Je viens par cette présente vous informer de l’installation d’une exploitation de béton dans une zone habitée par des populations dont la santé est menacée par la pollution de leur environnement du fait de la poussière qui se dégage de cette exploitation
Le Président de la République, dans un de ses messages à la nation, a rappelé que “dans une société démocratique comme la nôtre, les droits et libertés individuels et collectifs, consacrés par la constitution, sont partie intégrante de la citoyenneté. Il est juste et légitime qu’ils soient exercés sans entrave indue. Mais la citoyenneté n’est pas que droits et libertés ; elle est aussi devoirs et responsabilités”.
C’est ainsi que j’use de ce devoir de citoyen, rappelé par notre président, pour vous adresser une correspondance.
Monsieur,
Je viens par cette présente vous informer de l’installation d’une exploitation de béton dans une zone habitée déjà par des populations dont la santé est menacée par la pollution de leur environnement du fait de la poussière qui se dégage de cette exploitation située sur la route de Ndiassane pas loin du village de Ndiakhaté Amar dans la ville sainte de Tivaouane. Cette exploitation se trouve à proximité du lycée Ababacar Sy de Tivaouane où, plus de 3000 élèves, des dizaines de professeurs et un personnel administratif se retrouvent pour les besoins des enseignements apprentissages. Et il est évident que la poussière qui est libérée menace dangereusement la santé de tous ces élèves et personnels qui voient leur environnement de travail pollué sans pouvoir rien faire. Je refuse de croire que ceux qui ont des moyens ou des amis hauts placés peuvent se permettre, rien que pour du profit, de polluer notre environnement sans être inquiétés.
En tant que ministre de l'environnement, soucieux de notre cadre de vie, vous avez sûrement compris que « l’environnement sénégalais est un patrimoine national, partie intégrante du patrimoine mondial ; sa protection et l’amélioration des ressources qu’il offre à la vie résultent d’une politique nationale dont la définition et l’application incombent à l’Etat, aux collectivités locales et aux citoyens ». En effet, la Loi 2001-01 du 15 Janvier portant code de l’environnement, en son article premier, rappelle que tout individu a droit à un environnement sain dans les conditions définies par les textes internationaux. Un droit assorti d’une obligation de protection de l’environnement.
Seulement, on est au regret de constater que partout dans le pays, notre cadre de vie est sans cesse agressé par des hommes d’affaires et entrepreneurs, qui ne se soucient que de gagner de l’argent sans aucun respect de la loi et des textes règlementant leur activité. D’ailleurs, le Président Diomaye avait constaté et déploré que notre citoyenneté est mise en mal, parce que, entre autre exemple, l’espace public est occupé sans titre ni droit, au risque de poser de graves problèmes d’encombrements, d’insalubrité et de sécurité publique.
Changer tout. Vite dit, mais pas vite fait… ce slogan pourrait s’appliquer à beaucoup de projets au Sénégal. Il arrive que nous soyons tous d’accord sur ce qu’il faudrait changer sans que les choses évoluent pour autant. S’intéressant à la question, Pourquoi il est difficile de changer ? Nicolas de Journet, journaliste de la revue française, Sciences humaines (Mensuel N° 288 spécial-Janvier 2017), analyse les obstacles au changement dont « l’aversion à la perte », par exemple, les conséquences négatives d’un problème environnemental sont difficilement mesurables pour chacun de nous. Cette explication psychologique m’a permis de comprendre pourquoi le propriétaire de l'exploitation commerciale, à qui j’ai parlé, me confiait : la poussière qui se dégage de son exploitation, ne prend pas la direction du lycée et n’affecte pas l’environnement de l’établissement. Comme si le tourbillon de poussière, qui se dégage de cette exploitation, choisit de déposer les substances polluantes qu’il transporte loin du lycée. Ce qu’on oublie souvent, c’est qu’un individu soumis à la pollution atmosphérique sur une longue durée, même à faible dose, risque davantage d’être touché par une maladie cardio-pulmonaire (infarctus du myocarde, asthme, etc.). D’après certaines études sur l’impact de la pollution, les risques de cancer sont également plus importants ; la pollution atmosphérique contribue à une baisse de la fertilité, à une augmentation de la mortalité infantile- les enfants de moins de 12 ans sont plus sensibles à la pollution, car leur organisme est moins bien protégé- et à un affaiblissement du système immunitaire. Parmi les victimes, il y a beaucoup d’enseignants craie en main, des professeurs d’éducation physique et sportive(EPS) qui, seuls avec leurs élèves, restent exposés à la poussière dans des salles de classe souvent sans portes ni fenêtres au moment où leurs chefs d’établissement sont à l’abri de la pollution parce que retranchés dans des bureaux bien fermés.
Aujourd’hui, plus qu’hier, on dépense plus en frais médicaux pour soigner des problèmes respiratoires, surtout que nous souffrons de toute sorte d’allergies dues à des substances polluantes et restons enrhumés 300 jours sur 365. D’ailleurs, l’organisation mondiale de la sante (L’OMS) a récemment lancé une campagne nommée BreathLife avec pour objectif de faire prendre conscience aux populations que la pollution de l’air- désignée ici comme un « tueur invisible » - représentait un risque sanitaire et environnemental majeur. En effet, la pollution de l’air tue chaque année plus de 7 millions de personnes dont 600.000 enfants.
Un des obstacles majeurs au changement sur lequel insiste le chroniqueur de la revue française Sciences Humaines, c’est l’absence de sanctions à l’endroit des pollueurs. Selon lui, « lorsque la contrainte et la menace sont exclues, comme cela devrait être le cas dans une démocratie, même les projets a priori les plus bénéfiques à la collectivité peuvent se heurter à des obstacles pendant de longues années, voire ne jamais aboutir… ».
Au Sénégal, ces pollueurs trouvent des complices dans notre administration, des amis qu’ils corrompent facilement parmi les conseillers municipaux, surtout des élus locaux responsables dans les commissions domaniales de nos localités où, accaparement de terres, clientélisme politique, passe-droits, prébende, détournements de fonds sont notés dans les pratiques de la « gouvernementalité » de proximité.
Il y a également le silence coupable des populations qui ne font rien pour dénoncer ces pollueurs qui viennent installer leur business dans des quartiers où ils ne vivent pas avec leur famille. Le changement annoncé dans le projet pour améliorer notre cadre de vie dépend beaucoup de l’autorité des représentants de l’exécutif, dont le préfet qui relève pour sa gestion du ministère de l’intérieur, de l’exemplarité des hommes politiques, de leur disponibilité qui doit être totale pour répondre aux sollicitations des populations. Mais on n’arrivera à rien, si les citoyens ne collaborent pas dans la lutte contre l’occupation anarchique de l’espace public, l’encombrement, la pollution sous toutes ses formes, comme la police les invite également à dénoncer les malfaiteurs ; on n’arrivera à rien si les populations n’acceptent pas d’assumer de nouveaux rôles dans l’exercice de leur citoyenneté, celle participative. Je pense, par exemple, à celui de « lanceur- d’alerte », un citoyen actif qui voudrait alerter d’un risque ou d’un danger.
En adressant cette lettre ouverte au ministre de l'environnement et du développement durable, j’espère trouver une oreille attentive auprès de vous et vos services déconcentrés, pour que des mesures, en rapport avec le code de l’environnement et de l’urbanisme, soient prises pour préserver notre environnement de travail, notre cadre de vie.
par l'éditorialiste de seneplus, oumou wane
DIOMAYE INVESTIT LE FUTUR EN ARABIE SAOUDITE
EXCLUSIF SENEPLUS - À Riyad, le président a présenté une stratégie centrée sur l'industrialisation locale, la transition énergétique et le capital humain. Aux passéistes sourds à la révolution qui est en cours, il devrait être une source d’inspiration
A elle seule, l’intervention de notre président Bassirou Diomaye Faye à la 8e édition de la « Future Investment Initiative », illustre qu’il y a enfin une autre actualité possible dans notre pays. La politique et ses violences absurdes nous minent le moral. Interrogé lors de sa première visite officielle en Arabie Saoudite par Richard Attias sur les principales priorités de la Vision 2050 pour atteindre la croissance, le chef de l'Etat sénégalais a fait savoir que toute la différence pourrait se faire grâce à la transformation des matières premières au pays avant toute exportation.
Au cours de ce rendez-vous prestigieux, visant à promouvoir l'investissement dans les pays participants, le plus jeune président de l’histoire du Sénégal a eu l’occasion de détailler sa stratégie de transformation économique.
Au cœur de cette vision donc, la transformation locale des matières premières pour générer de la valeur ajoutée en créant des emplois. Mais aussi, la transition énergétique, « Notre ambition, c’est de faire que le kilowattheure baisse au moins jusqu’à 60% », a déclaré le président Faye. Un projet phare de 4 gigawatts d’énergie solaire est notamment en cours de développement. Autre pilier central de sa stratégie, l’amélioration du climat des affaires, « pour donner les meilleures opportunités aux investisseurs d'arriver dans le pays dans des conditions favorables », a ajouté Bassirou Diomaye Faye. Le capital humain enfin constitue le cœur de cette transformation. Avec une population dont 75% a moins de 35 ans et un âge médian de 19 ans, le Sénégal mise sur sa jeunesse pour porter sa transformation économique.
« L’Afrique représente le futur », a insisté le président, en invitant les investisseurs à « regarder l’Afrique avec un autre œil ».
« Nous avons décidé de sortir de la logique des urgences électoralistes », avait d’emblée annoncé le chef de l’État sénégalais. Plutôt encourageant pour l’avenir et sur un ton qui appelle à ne pas se faire peur avec des scénarios catastrophes, il a affirmé son ambition de rompre avec les pratiques du passé.
Aux passéistes sourds à la révolution qui est en cours, il devrait être une source d’inspiration.
Au Sénégal, pendant ce temps-là, Ousmane Sonko et le mouvement Pastef révolutionnent le financement en politique. Alors que la campagne électorale pour les législatives bat son plein depuis le 27 octobre dernier, le Premier ministre compte sur la générosité des militants du parti au pouvoir pour conquérir l’Assemblée nationale.
Une preuve encore, qu’avec moins de moyens et plus de créativité, si nous le croyons tous, transformer le Sénégal est possible.
C’est peut-être cela la nouvelle signature de notre exécutif, en même temps que Diomaye partage sa vision avec Mohammed bin Salman bin Abdelaziz Al Saoud, Prince Héritier du Royaume d’Arabie Saoudite, pour un avenir prospère et durable au bénéfice des deux peuples, Ousmane Sonko, lui, à la maison, bat la campagne, en quête d’une majorité large mais « irréprochable ». Il est déterminé à remporter ces élections législatives, pour faire face aux défis économiques et politiques à venir.
Notre pays est une démocratie d’une qualité reconnue, avec des institutions crédibles, dans une Afrique qui est jeune dans son indépendance politique mais aussi dans sa démocratie. Jeune surtout dans sa démographie.
Après de longues années de stagnation économique, l'Afro-optimisme est de retour dans les milieux financiers internationaux, qui voient dans notre continent le dernier réservoir de croissance mondiale.
Avec deux milliards et demi d'habitants attendus sur le continent en 2050, l'Afrique va devenir le plus grand réservoir de main-d'œuvre et de consommateurs du monde. Un quart de la population mondiale vivra en Afrique d'ici 2050, alors pourquoi ne pas être optimiste et croire dans le futur ?
Oumou Wane est présidente Citizen Media Group-africa7.
lettre d'amérique, par rama yade
TRUMP-HARRIS : ET L’AFRIQUE DANS TOUT ÇA ?
Alors que les derniers sondages cumulés placent l’ancien président républicain Donald Trump et la vice-présidente démocrate Kamala Harris au coude-à-coude, l’élection présidentielle du 5 novembre prochain n’impactera pas seulement la vie des Américains
Alors que les derniers sondages cumulés placent l’ancien Président républicain Donald Trump et la vice-présidente démocrate Kamala Harris au coude-à-coude, l’élection présidentielle du 5 novembre prochain n’impactera pas seulement la vie des Américains. C’est le monde entier qui sera affecté par leur choix.
Le Moyen-Orient au cœur de la campagne
De manière surprenante et, contrairement aux habitudes, la politique étrangère aura occupé une place substantielle dans cette campagne. Qu’il s’agisse de la convention républicaine à Milwaukee en juillet et la convention démocrate de Chicago en août 2024, on a vu des vétérans venir à la tribune évoquer leur expérience en Afghanistan ou des familles d’otages israéliens évoquer le conflit à Gaza. A l’occasion des débats présidentiels, les candidats ont été interrogés sur l’Ukraine et Taiwan. C’est que, dans cette élection serrée, chaque voix compte. On a ainsi constaté l’importation du conflit israélo-palestinien dans le débat national, comme l’ont démontré les manifestations propalestiniennes dans les universités américaines ou encore l’influence de la candidate écologiste Jill Stein, partisane d’un arrêt des livraisons d’armes à Israël, dans les Etats-clés du Midwest tels que le Michigan qui compte 200 000 électeurs arabo-musulmans. Quand on se remémore qu’en 2016, Trump y avait devancé Clinton de 10 704 voix et que Stein, déjà candidate, avait rassemblé 51 463 voix, on peut imaginer à quel point Kamala Harris marche sur des œufs. Sans doute faut-il y voir la raison pour laquelle celle-ci se révèle plus sensible au sort des Palestiniens. Selon l’institut de sondage de Gallup, 44% des électeurs démocrates souhaitent la fin de la fourniture systématique d’armes à Israël, alors qu’ils ne sont que 25% à y être encore favorables.
Kiev en arrière-plan
La guerre en Ukraine continue aussi de polariser les débats nationaux en raison de la volonté de Donald Trump d’y mettre fin, y compris par la reddition de Kiev. Alors qu’un nouveau livre de Bob Woodward, le journaliste qui avait révélé le scandale du Watergate, vient de mettre en évidence les liens secrets entre l’ancien Président et Vladimir Poutine, cette drôle de paix porterait un coup sérieux à l’alliance transatlantique pour laquelle Trump exige des Européens de payer plus. Lors d’un meeting électoral en février 2024 en Caroline du Sud, il avait dit : «Vous n’avez pas payé ? Vous êtes de mauvais payeurs ? (…) Non, je ne vous protégerai pas. En fait, j’encouragerai [les Russes] à faire ce que bon leur semble.» Cette position est, bien entendu, à rebours de celle de Kamala Harris, un soutien indéfectible de l’Europe et de l’Otan, dans la droite ligne de la politique suivie par Biden. Les Etats-Unis ont, sous administration démocrate, déjà dépensé 120 milliards de dollars de soutien militaire à l’Ukraine.
La menace chinoise comme priorité
Même les sujets domestiques ont une composante internationale forte. L’économie, qui apparaît ainsi comme l’un des sujets dominants de la campagne électorale, est rarement abordée par les candidats sans que la Chine ne soit mentionnée. Ainsi, en mai dernier, l’administration démocrate a quadruplé les droits de douanes sur les véhicules électriques chinois. Grâce à 2000 milliards de dollars d’investissements massifs dans la transition verte et les technologies, les régions de la ceinture de la rouille, là où précisément se trouvent les Etats-clés, sont en voie de réindustrialisation. L’Amérique veut aussi reprendre le contrôle des chaînes d’approvisionnement dont la pandémie avait révélé la vulnérabilité : c’est une question de sécurité nationale. Mais parce que c’est aussi une question de paix civile, il s’agit désormais de «mettre la politique étrangère au service de la classe moyenne», selon l’expression de Jack Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale de Joe Biden, en avril 2023. Renchérissant, Donald Trump, qui continue de dénoncer l’inflation pourtant largement contenue, entend y remédier en promettant de taxer tous les produits importés, y compris d’Europe.
Afrique, une absence en trompe-l’œil
Autre sujet de campagne à l’avantage de Donald Trump, selon les Américains interrogés dans les sondages, l’immigration. Sur ce sujet, l’ancien Président n’a cessé de durcir ses positions, appelant à une «déportation de masse» des 11 millions d’«illégaux» présents dans le pays et qui «souillent le sang des Américains».
La question migratoire est ainsi fortement indexée sur les relations avec les pays d’origine, le Mexique, le Guatemala, le Venezuela, mais également la Chine et les pays africains. L’ancien Président Trump a pu ainsi faussement accuser «le Congo», sans qu’on sache lequel de Kinshasa ou Brazzaville, de vider ses prisons et d’envoyer des criminels violents aux Etats-Unis.
L’Afrique. Naturellement absente de la campagne tant elle semble éloignée des préoccupations des électeurs comme des candidats, elle n’a pas encore eu l’opportunité d’accueillir les deux derniers présidents américains. Donald Trump ne lui a jamais manifesté le moindre intérêt malgré quelques initiatives commerciales telles que Prosper Africa. Joe Biden promet de visiter l’Angola avant la fin de l’année. Même si Kamala Harris a accueilli à la Maison Blanche des dirigeants africains comme le Zambien Hichilema en septembre 2021 ou la Tanzanienne Hassan en avril 2022, et visité le Ghana, la Zambie et la Tanzanie en mars 2023, son programme pour l’Afrique demeure inconnu à ce jour. Sous la Présidence Biden, on l’avait entendue vanter la démocratie et l’innovation, exprimant le souhait d’une politique «avec», et non simplement «pour» l’Afrique. Fille d’un Jamaïcain et d’une Indienne, elle peut incarner un rapport plus émotionnel au continent, que tant d’Africains attendaient de Barack Obama d’ascendance kenyane. «En raison de cette histoire, l’Afrique revêt une signification particulière pour moi, en tant que première vice-présidente noire des EtatsUnis d’Amérique», avait-elle confié lors de sa visite à Accra.
A Washington, au-delà des appétences personnelles, c’est surtout l’urgence de limiter l’influence chinoise et russe en Afrique qui est le moteur principal des deux équipes de campagne. Vraisemblablement, l’accès aux minerais stratégiques occupera l’agenda du prochain Président américain, qu’il soit démocrate ou républicain, en raison de la nécessité de reprendre le contrôle sur les chaînes d’approvisionnement, d’accélérer la transition énergétique et de gagner la course à l’innovation technologique. Et l’Afrique est un acteur-clé de cette impitoyable compétition.
Rama Yade est Directrice Afrique Atlantic Council.
par Prosper Ndione
MONSIEUR LE PRÉSIDENT, VOTRE PEUPLE EST FÂCHÉ
Arrêtez les déplacements inutiles, réorganisez votre équipe et assurez-vous que ceux qui vous entourent partagent votre vision d'un Sénégal uni et prospère. Vos concitoyens veulent des solutions, non des discours
Monsieur le président, le Sénégal est dans une situation préoccupante, et le peuple attend des actions concrètes.
Vous avez été élu avec espoir, mais aujourd'hui, les Sénégalais se sentent trahis et méprisés par une gouvernance qui semble s'éloigner de ses engagements. Ils sont mécontents et le font savoir.
Monsieur le président, en tant que chef de cette grande nation, vous avez le devoir de répondre à leurs attentes et de restaurer la confiance perdue.
Monsieur le président, il est également impératif d’évaluer le rôle de votre Premier ministre. Bien que votre mentor, proche de vous et de vos idéaux, il ne vous a pas élu (vous avez été élu par Dieu et par le peuple sénégalais), il est perçu par de nombreux citoyens comme une figure qui divise plutôt qu’elle
n’unit. Son comportement et son ton, parfois arrogants, nourrissent la frustration du peuple sénégalais.
Monsieur le président, il est temps de vous demander si cette personne, qui occupe le poste le plus influent après vous, est vraiment en train de servir la nation, ou si elle contribue (par ses actions, ses révélations, ses accusations voilées de complicité de complaisance, protecteur de l’impunité) à creuser
davantage le fossé entre les gouvernants et le peuple. Soyez courageux !!!
Monsieur le président, des scandales répétés comme ceux liés à l'ASER et au PRODAC, et le sentiment d’impunité, fragilisent encore plus la confiance des Sénégalais envers leur gouvernement. Comment pouvez-vous leur demander de patienter face aux souffrances et aux difficultés quotidiennes alors qu'ils
voient, au sommet de l'État, des pratiques et des attitudes qui contredisent les principes de transparence et d'intégrité ? Monsieur le président, le peuple attend de vous que vous mettiez fin à ces dérives, et
que vous instauriez une justice indépendante qui n'hésite pas à traiter de manière exemplaire même les plus hauts responsables, y compris votre premier ministre s’il le faut.
Monsieur le président, cette situation exige un leadership fort, décisif et impartial. Le Sénégal attend de vous non seulement des paroles, mais des actes concrets. Arrêtez les déplacements inutiles, réorganisez
votre équipe et assurez-vous que ceux qui vous entourent partagent votre vision d'un Sénégal uni et prospère. Vos concitoyens veulent des solutions, non des discours. Ils aspirent à une nation où la loi est respectée et appliquée sans exception, où même les figures de pouvoir, que ce soit du parti au pouvoir
ou de l'opposition, soient jugées équitablement pour leurs actes.
Monsieur le président, soyez le leader qui impose la discipline et la justice. Les Sénégalais ne peuvent pas attendre cinq ans pour voir des changements. Prenez des mesures fortes et démontrez que votre mandat ne se résumera pas à des paroles, mais qu'il portera réellement les valeurs de notre devise : Un peuple, Un but, Une foi.
par Ousseynou Nar Gueye
BIRIMA MANGARA PROMEUT LA FIN DES DÉBATS PARLEMENTAIRES HYSTÉRISÉS ET UNE PRESSE DÉBARRASSÉE DES LOIS LIBERTICIDES
Le programme de Kiraay ak Natangué conjugue ambition numérique et protection sociale, avec notamment une taxation des géants du web au profit des médias locaux. Une vision qui se veut pragmatique et moderne
Comme cela se sait, les têtes des listes candidates à la députation pour le scrutin du dimanche 17 novembre 2024 ont un temps d’antenne dévolu à la RTS de trois minutes chaque jour. Aussi, le chef de file de notre Coalition Pôle Alternatif 3eme Voie Kiraay ak Natangué, le président Birima Mangara, s’est plié avec fermeté, sérieux, force de conviction et grande force d’empathie à cet exercice qui sera une tradition pour les trois prochaines semaines.
Dans sa déclaration télévisée, tout de blanc d’un boubou trois pièces vêtu, le président Mangara, lundi 28 octobre 2024, a plaidé fortement pour un rôle rénové du député avec un exercice de son mandat dans le respect strict des règles démocratiques par le député, et il s’est engagé, en cas de son élection et des députés de sa liste à l’Assemblée nationale, à ne plus laisser prospérer le jeu politicard des échanges hystérisés au sein de l'Hémicycle de la Place Soweto, où on a vu des invectives pétries d’injures et même des agressions physiques entre députés lors de la quatorzième législature sortante.
Le président Mangara s’engage aussi, comme il l’a dit hier, pour des réseaux sociaux libres mais dont l’utilisation responsable est promue. La tête de liste de Kiraay ak Natangué a fermement promis qu’il mettra fin, aussi, par les proposition de lois idoines, à toutes les lois liberticides de notre droit positif concernant la presse.
Allons un peu au-delà des trois minutes de temps d’antenne RTS.
Notre Coalition Kyraay ak Natangué promeut, dans son programme, la captation, dans une démarche régionale sous l’égide de la CEDEAO, de l’UEMOA et de l’UA, d’une taxe numérique sur les GAFAM ou assimilés – Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft et leurs filiales - à travers de solides conversations politiques et diplomatico–économiques qui seront engagées avec l’OMC, l’OCDE, l’UE, le Trésor américain, notamment, avec création de chefs de file par organisation d’intégration économique africaine. Aussi, dans le cas de notre présence forte à la Place Soweto, nous ferons une proposition de loi sur l’économie numérique et sur un code de conduite : pour surveiller les blockchain projects et obliger les géants du numérique, comme Google, Facebook et consorts, à compenser les médias traditionnels sénégalais et autres diffuseurs y compris numériques, de façon juste et équitable quand ils reprennent leur contenu en ligne, proportionnellement aux revenus que leur contenu original génère comme revenus aux GAFAM, ainsi que pour les articles commerciaux, comme des streamings de musique qui sont téléchargés et distribués sur leurs plateformes. Seront aussi visés les revenus publicitaires de la part des entreprises numériques. Aussi, les petites publications des médias sénégalais figureront-elles dans le champ d’application de ladite future proposition de loi.
Il s’agit, par ailleurs, de prendre, en renforcement de ce dispositif, un
autre texte appelé, comme au Canada ou en Australie, Loi sur la radio-telediffusion, pour soumettre les géants du web à contribuer financièrement à la création et à la découverte de contenu culturel sénégalais. L’assiette en sera déterminée par l’évaluation de la valeur du contenu et la compensation appropriée. Nous prônons et porterons, inch'Allah, une proposition de loi pour une taxation de la création de contenus sur les réseaux sociaux (assiette : paiements des GAFAM, avec comme en Australie, une disposition d’exclusion, si le seuil perçu individuellement est inférieur au SMIG annuel). Ainsi, les créateurs et les utilisateurs des médias sociaux seraient exemptés de la loi, jusqu’à ce seuil. Dans le cadre de nos propositions de loi pour une protection renforcée de l’enfant contre les avatars du numérique (toile et réseaux sociaux), nous travaillerons à la mise en place de KËR XALEYI, des garderies sociales municipales, ce qui nécessitera une modification du Code général des collectivités territoriales. Cela va dans le sens d’une protection renforcée de l’enfant (Code de l’enfant), en particulier, de la fille et mesures d’encouragement à son maintien à l’école) ; ceci nous amènera à la restauration des Centres d’Assistance sociale départementaux, que seront les KËR JIGEN YI.
Toujours dans le cadre de notre «Programme Kiraay Ak Natangué de Contrat Social et de Pacte Parlementaire avec le Peuple Sénégalais pour un Choc d’Industrialisation multi-territorialisé et inclusif », il s’agit pour le groupe parlementaire que nous appelons de nos vœux à ce que les Sénégalaises et les Sénégalais nous donnent, de conduire les réformes pour que notre pays le Sénégal se réinvente sans naïveté, c’est-à-dire puisse se mettre totalement dans son aire et son ère, se lancer plus résolument et de manière plus stratégique dans ses quêtes et conquêtes, et tout en restant intransigeants sur ses exigences, devenir agiles dans nos démarches collectives.
En vérité, il nous faut réparer, remodeler et réformer, faire face à toutes nos responsabilités, prenant en main les missions vitales pour le Sénégal, avoir comme sacerdoce, abriter ; autrement dit le Kiraay, couvrir chaudement, mettre à l’abri les populations. C’est cette vision qui conduit au réel progrès. Celle-ci s’associe sur deux socles qui font fortes valeurs de symbole : faire revenir la confiance, au sein des populations et faire ce qui est bon pour le Sénégal.
Qui, cependant, pour apporter le progrès ? Qui pour transformer le changement en réalisations concrètes perçues sensiblement dans la vie quotidienne, dans les poches et dans le panier de marché des Sénégalaises et des Sénégalais ? Nous, Kiraay ak Natangué y sommes résolus, dans la situation actuelle dans laquelle le nouveau régime « n’a pas fini de commencer à travailler ».
Résolument, il faut compter sur la jeunesse et les femmes qui ont l’abnégation, la grande capacité et le pouvoir hors du commun d’apporter le changement.
Pour un pays moderne mis sur orbite avec une forte ambition, porteur de renaissance démocratique, fondateur d’une économie apte à générer des emplois agricoles et industriels massifs, créateur de richesses et soucieux du bien-être des populations.
« Seuls ceux qui sont assez peu sages pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent ».
« VOTÈL LÉNN LISTE BIRIMA MANGARA, COALITION PÔLE ALTERNATIF 3ÈME VOIE KIRAAY AK NAATANGUÉ ! »
Rejoignez-nous massivement et soyons majoritairement des BMW (Birima Mangara Wolëré), de fabrication solide et avec un très bon moteur pour faire avancer le pays.
Ousseynou Nar Gueyeest Coordonnateur de la Task Force Communication, Coalition Pôle Alternatif 3eme Voie Kiraay ak Natangué.
par Alioune Tine
ENGAGER IMMÉDIATEMENT LA DÉSESCALADE POUR DES ÉLECTIONS APAISÉES ET TRANSPARENTES
Il se met en place une culture du dégagisme et du pousse-toi que je m'y mette sans normes, sans limites où tous les coups sont bons. Nous vivons l'effondrement de l'éducation et de la culture, l'effondrement du civisme, du patriotisme
Entendre la leçon magistrale du président Diomaye pour des élections transparentes et apaisées, c'est appeler tous les leaders politiques du pouvoir comme de l'opposition à condamner les actes de violence, à bannir les violences politiques. C'est maintenant pendant la campagne électorale qu'il faut le faire, sans aucune ambiguïté.
C'est seulement après les condamnations de la violence que la promotion d'élections apaisées peut faire sens dans la bouche des leaders politiques. Aucune rupture systémique du système ne peut s'opérer dans un climat de violence et de guerre civile larvée.
Pour réguler la violence politique et électorale, il faut que les institutions publiques s'en mêlent de façon résolue, notamment la justice et le ministère de l'Intérieur en charge de la sécurité. C'est le moment pour ces institutions de montrer leur efficacité et leur impartialité, c'est le moment de montrer leur capacité à rassurer la société.
Autrement, tous ceux qui appellent à la violence doivent au moins faire l'objet d'une audition par la justice, tous les actes de violence doivent faire l'objet d'une enquête judiciaire pour en tirer toutes les conséquences.
Nous assistons depuis quelques années à la montée d'une violence politique et électorale inhabituelle, qui transforme petit à petit la démocratie sénégalaise, par une logique diffuse et une culture sourde, en une démocratie négative d'insurrection et de contre insurrection. Il se met en place une culture vulgaire du dégagisme et du pousse-toi que je m'y mette sans normes, sans limites et où tous les coups sont bons. Ses effets sociaux sont terribles avec une polarisation extrême de la société et une radicalisation de la défiance sociale.
Le résultat, c'est l'impuissance totale qu'on crée à gouverner ce pays, quel que soit le parti et les coalitions de partis qui se mettent en place. Les logiques électoralistes et les logiques pouvoiristes en marche depuis quelques années mettent à mal les liens sociaux, mettent à mal le pacte républicain que le président Diomaye Faye appelle sans pouvoir se faire entendre malheureusement.
Nous avons besoin plus que jamais de dialoguer, de rediscuter dans la sérénité, et dégager pendant cette campagne des éléments de consensus qui réduisent les risques belligènes et renforcent le consensus sur un pacte démocratique et républicain.
On va vers un monde plus difficile et plus complexe, il faut s'y préparer par l’éducation, la culture et une capacité de résilience et de sublimation. Comme ce Sénégal en a d'ailleurs le secret.
Nos chefs religieux toutes obédiences confondues doivent réagir maintenant.
Tout ce que nous vivons signale l'effondrement de l'éducation et de la culture, l'effondrement du civisme et du patriotisme.
par Pierre Sané
LE MIROIR BRISÉ DE L'OCCIDENT
Les Israéliens en bons Européens au fond ne font que dérouler leurs valeurs de civilisation : la barbarie. Ne devraient-ils pas être exclus des Nations Unies comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud à l’époque ?
Un oxymore est une figure de style qui consiste à allier deux mots de sens contradictoire. Ainsi en est il de « civilisation occidentale ».
Gandhi a qui un journaliste anglais demandait ce qu’il pensait de la « civilisation occidentale », aurait répondu « ce serait une bonne idée ! »
Aimé Césaire plus incisif dans son Discours sur le colonialisme écrit « Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde »
Aujourd’hui Israël qui se réclame comme étant l’avant-poste de la civilisation occidentale au Moyen Orient se voit enfin (!) desafiliée sinon répudiée par le président français qui a dit lors de la conférence sur le Liban : « Je ne suis pas sûr qu’on défende une civilisation en semant soi-même la barbarie». Israel, le mouton noir de la civilisation occidentale ? Israel dont les agissements criminels (la barbarie), seraient aux antipodes des règles de « bonne conduite de la civilisation occidentale » ? Ou plutôt Israël, le dernier avatar de ce que la « civilisation occidentale » a déroulé depuis cinq siècles dans le reste du monde ?
Les Européens n’ont-ils pas inventé les génocides ? Le nettoyage ethnique ? L’extermination des « brutes » ? Le colonialisme, la traite esclavagiste, le racisme, l’apartheid ? Les Israéliens en bons Européens au fond ne font que dérouler leurs valeurs de civilisation : la barbarie. C’est dans l’ADN de l’Europe qui à exterminé six millions de juifs. C’est pourquoi elle se tait. De même que leurs cousins Américains qui ont ensevelis sous les bombes des centaines de milliers d’Irakiens de Syriens d’Afghans de Serbes de Yéménites et autres. Clairement, l’occident est à l’agonie et il ne lui reste qu’une option pour maintenir son hégémonie : la violence aveugle.
En attendant, Israël qui défie toutes les règles de l’ordonnancement international mérite-t-il d’exister ? A-t-il le droit d’exister ? Ne devrait-il pas être exclu des Nations Unies comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud à l’époque ? On est en droit de se poser la question au vu de ses agissements. Cela permettrait au moins à la minorité occidentale de sortir de son silence honteux.