SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
4 avril 2025
Opinions
par Prosper Ndione
MONSIEUR LE PRÉSIDENT, VOTRE PEUPLE EST FÂCHÉ
Arrêtez les déplacements inutiles, réorganisez votre équipe et assurez-vous que ceux qui vous entourent partagent votre vision d'un Sénégal uni et prospère. Vos concitoyens veulent des solutions, non des discours
Monsieur le président, le Sénégal est dans une situation préoccupante, et le peuple attend des actions concrètes.
Vous avez été élu avec espoir, mais aujourd'hui, les Sénégalais se sentent trahis et méprisés par une gouvernance qui semble s'éloigner de ses engagements. Ils sont mécontents et le font savoir.
Monsieur le président, en tant que chef de cette grande nation, vous avez le devoir de répondre à leurs attentes et de restaurer la confiance perdue.
Monsieur le président, il est également impératif d’évaluer le rôle de votre Premier ministre. Bien que votre mentor, proche de vous et de vos idéaux, il ne vous a pas élu (vous avez été élu par Dieu et par le peuple sénégalais), il est perçu par de nombreux citoyens comme une figure qui divise plutôt qu’elle
n’unit. Son comportement et son ton, parfois arrogants, nourrissent la frustration du peuple sénégalais.
Monsieur le président, il est temps de vous demander si cette personne, qui occupe le poste le plus influent après vous, est vraiment en train de servir la nation, ou si elle contribue (par ses actions, ses révélations, ses accusations voilées de complicité de complaisance, protecteur de l’impunité) à creuser
davantage le fossé entre les gouvernants et le peuple. Soyez courageux !!!
Monsieur le président, des scandales répétés comme ceux liés à l'ASER et au PRODAC, et le sentiment d’impunité, fragilisent encore plus la confiance des Sénégalais envers leur gouvernement. Comment pouvez-vous leur demander de patienter face aux souffrances et aux difficultés quotidiennes alors qu'ils
voient, au sommet de l'État, des pratiques et des attitudes qui contredisent les principes de transparence et d'intégrité ? Monsieur le président, le peuple attend de vous que vous mettiez fin à ces dérives, et
que vous instauriez une justice indépendante qui n'hésite pas à traiter de manière exemplaire même les plus hauts responsables, y compris votre premier ministre s’il le faut.
Monsieur le président, cette situation exige un leadership fort, décisif et impartial. Le Sénégal attend de vous non seulement des paroles, mais des actes concrets. Arrêtez les déplacements inutiles, réorganisez
votre équipe et assurez-vous que ceux qui vous entourent partagent votre vision d'un Sénégal uni et prospère. Vos concitoyens veulent des solutions, non des discours. Ils aspirent à une nation où la loi est respectée et appliquée sans exception, où même les figures de pouvoir, que ce soit du parti au pouvoir
ou de l'opposition, soient jugées équitablement pour leurs actes.
Monsieur le président, soyez le leader qui impose la discipline et la justice. Les Sénégalais ne peuvent pas attendre cinq ans pour voir des changements. Prenez des mesures fortes et démontrez que votre mandat ne se résumera pas à des paroles, mais qu'il portera réellement les valeurs de notre devise : Un peuple, Un but, Une foi.
par Ousseynou Nar Gueye
BIRIMA MANGARA PROMEUT LA FIN DES DÉBATS PARLEMENTAIRES HYSTÉRISÉS ET UNE PRESSE DÉBARRASSÉE DES LOIS LIBERTICIDES
Le programme de Kiraay ak Natangué conjugue ambition numérique et protection sociale, avec notamment une taxation des géants du web au profit des médias locaux. Une vision qui se veut pragmatique et moderne
Comme cela se sait, les têtes des listes candidates à la députation pour le scrutin du dimanche 17 novembre 2024 ont un temps d’antenne dévolu à la RTS de trois minutes chaque jour. Aussi, le chef de file de notre Coalition Pôle Alternatif 3eme Voie Kiraay ak Natangué, le président Birima Mangara, s’est plié avec fermeté, sérieux, force de conviction et grande force d’empathie à cet exercice qui sera une tradition pour les trois prochaines semaines.
Dans sa déclaration télévisée, tout de blanc d’un boubou trois pièces vêtu, le président Mangara, lundi 28 octobre 2024, a plaidé fortement pour un rôle rénové du député avec un exercice de son mandat dans le respect strict des règles démocratiques par le député, et il s’est engagé, en cas de son élection et des députés de sa liste à l’Assemblée nationale, à ne plus laisser prospérer le jeu politicard des échanges hystérisés au sein de l'Hémicycle de la Place Soweto, où on a vu des invectives pétries d’injures et même des agressions physiques entre députés lors de la quatorzième législature sortante.
Le président Mangara s’engage aussi, comme il l’a dit hier, pour des réseaux sociaux libres mais dont l’utilisation responsable est promue. La tête de liste de Kiraay ak Natangué a fermement promis qu’il mettra fin, aussi, par les proposition de lois idoines, à toutes les lois liberticides de notre droit positif concernant la presse.
Allons un peu au-delà des trois minutes de temps d’antenne RTS.
Notre Coalition Kyraay ak Natangué promeut, dans son programme, la captation, dans une démarche régionale sous l’égide de la CEDEAO, de l’UEMOA et de l’UA, d’une taxe numérique sur les GAFAM ou assimilés – Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft et leurs filiales - à travers de solides conversations politiques et diplomatico–économiques qui seront engagées avec l’OMC, l’OCDE, l’UE, le Trésor américain, notamment, avec création de chefs de file par organisation d’intégration économique africaine. Aussi, dans le cas de notre présence forte à la Place Soweto, nous ferons une proposition de loi sur l’économie numérique et sur un code de conduite : pour surveiller les blockchain projects et obliger les géants du numérique, comme Google, Facebook et consorts, à compenser les médias traditionnels sénégalais et autres diffuseurs y compris numériques, de façon juste et équitable quand ils reprennent leur contenu en ligne, proportionnellement aux revenus que leur contenu original génère comme revenus aux GAFAM, ainsi que pour les articles commerciaux, comme des streamings de musique qui sont téléchargés et distribués sur leurs plateformes. Seront aussi visés les revenus publicitaires de la part des entreprises numériques. Aussi, les petites publications des médias sénégalais figureront-elles dans le champ d’application de ladite future proposition de loi.
Il s’agit, par ailleurs, de prendre, en renforcement de ce dispositif, un
autre texte appelé, comme au Canada ou en Australie, Loi sur la radio-telediffusion, pour soumettre les géants du web à contribuer financièrement à la création et à la découverte de contenu culturel sénégalais. L’assiette en sera déterminée par l’évaluation de la valeur du contenu et la compensation appropriée. Nous prônons et porterons, inch'Allah, une proposition de loi pour une taxation de la création de contenus sur les réseaux sociaux (assiette : paiements des GAFAM, avec comme en Australie, une disposition d’exclusion, si le seuil perçu individuellement est inférieur au SMIG annuel). Ainsi, les créateurs et les utilisateurs des médias sociaux seraient exemptés de la loi, jusqu’à ce seuil. Dans le cadre de nos propositions de loi pour une protection renforcée de l’enfant contre les avatars du numérique (toile et réseaux sociaux), nous travaillerons à la mise en place de KËR XALEYI, des garderies sociales municipales, ce qui nécessitera une modification du Code général des collectivités territoriales. Cela va dans le sens d’une protection renforcée de l’enfant (Code de l’enfant), en particulier, de la fille et mesures d’encouragement à son maintien à l’école) ; ceci nous amènera à la restauration des Centres d’Assistance sociale départementaux, que seront les KËR JIGEN YI.
Toujours dans le cadre de notre «Programme Kiraay Ak Natangué de Contrat Social et de Pacte Parlementaire avec le Peuple Sénégalais pour un Choc d’Industrialisation multi-territorialisé et inclusif », il s’agit pour le groupe parlementaire que nous appelons de nos vœux à ce que les Sénégalaises et les Sénégalais nous donnent, de conduire les réformes pour que notre pays le Sénégal se réinvente sans naïveté, c’est-à-dire puisse se mettre totalement dans son aire et son ère, se lancer plus résolument et de manière plus stratégique dans ses quêtes et conquêtes, et tout en restant intransigeants sur ses exigences, devenir agiles dans nos démarches collectives.
En vérité, il nous faut réparer, remodeler et réformer, faire face à toutes nos responsabilités, prenant en main les missions vitales pour le Sénégal, avoir comme sacerdoce, abriter ; autrement dit le Kiraay, couvrir chaudement, mettre à l’abri les populations. C’est cette vision qui conduit au réel progrès. Celle-ci s’associe sur deux socles qui font fortes valeurs de symbole : faire revenir la confiance, au sein des populations et faire ce qui est bon pour le Sénégal.
Qui, cependant, pour apporter le progrès ? Qui pour transformer le changement en réalisations concrètes perçues sensiblement dans la vie quotidienne, dans les poches et dans le panier de marché des Sénégalaises et des Sénégalais ? Nous, Kiraay ak Natangué y sommes résolus, dans la situation actuelle dans laquelle le nouveau régime « n’a pas fini de commencer à travailler ».
Résolument, il faut compter sur la jeunesse et les femmes qui ont l’abnégation, la grande capacité et le pouvoir hors du commun d’apporter le changement.
Pour un pays moderne mis sur orbite avec une forte ambition, porteur de renaissance démocratique, fondateur d’une économie apte à générer des emplois agricoles et industriels massifs, créateur de richesses et soucieux du bien-être des populations.
« Seuls ceux qui sont assez peu sages pour penser qu’ils peuvent changer le monde y parviennent ».
« VOTÈL LÉNN LISTE BIRIMA MANGARA, COALITION PÔLE ALTERNATIF 3ÈME VOIE KIRAAY AK NAATANGUÉ ! »
Rejoignez-nous massivement et soyons majoritairement des BMW (Birima Mangara Wolëré), de fabrication solide et avec un très bon moteur pour faire avancer le pays.
Ousseynou Nar Gueyeest Coordonnateur de la Task Force Communication, Coalition Pôle Alternatif 3eme Voie Kiraay ak Natangué.
par Alioune Tine
ENGAGER IMMÉDIATEMENT LA DÉSESCALADE POUR DES ÉLECTIONS APAISÉES ET TRANSPARENTES
Il se met en place une culture du dégagisme et du pousse-toi que je m'y mette sans normes, sans limites où tous les coups sont bons. Nous vivons l'effondrement de l'éducation et de la culture, l'effondrement du civisme, du patriotisme
Entendre la leçon magistrale du président Diomaye pour des élections transparentes et apaisées, c'est appeler tous les leaders politiques du pouvoir comme de l'opposition à condamner les actes de violence, à bannir les violences politiques. C'est maintenant pendant la campagne électorale qu'il faut le faire, sans aucune ambiguïté.
C'est seulement après les condamnations de la violence que la promotion d'élections apaisées peut faire sens dans la bouche des leaders politiques. Aucune rupture systémique du système ne peut s'opérer dans un climat de violence et de guerre civile larvée.
Pour réguler la violence politique et électorale, il faut que les institutions publiques s'en mêlent de façon résolue, notamment la justice et le ministère de l'Intérieur en charge de la sécurité. C'est le moment pour ces institutions de montrer leur efficacité et leur impartialité, c'est le moment de montrer leur capacité à rassurer la société.
Autrement, tous ceux qui appellent à la violence doivent au moins faire l'objet d'une audition par la justice, tous les actes de violence doivent faire l'objet d'une enquête judiciaire pour en tirer toutes les conséquences.
Nous assistons depuis quelques années à la montée d'une violence politique et électorale inhabituelle, qui transforme petit à petit la démocratie sénégalaise, par une logique diffuse et une culture sourde, en une démocratie négative d'insurrection et de contre insurrection. Il se met en place une culture vulgaire du dégagisme et du pousse-toi que je m'y mette sans normes, sans limites et où tous les coups sont bons. Ses effets sociaux sont terribles avec une polarisation extrême de la société et une radicalisation de la défiance sociale.
Le résultat, c'est l'impuissance totale qu'on crée à gouverner ce pays, quel que soit le parti et les coalitions de partis qui se mettent en place. Les logiques électoralistes et les logiques pouvoiristes en marche depuis quelques années mettent à mal les liens sociaux, mettent à mal le pacte républicain que le président Diomaye Faye appelle sans pouvoir se faire entendre malheureusement.
Nous avons besoin plus que jamais de dialoguer, de rediscuter dans la sérénité, et dégager pendant cette campagne des éléments de consensus qui réduisent les risques belligènes et renforcent le consensus sur un pacte démocratique et républicain.
On va vers un monde plus difficile et plus complexe, il faut s'y préparer par l’éducation, la culture et une capacité de résilience et de sublimation. Comme ce Sénégal en a d'ailleurs le secret.
Nos chefs religieux toutes obédiences confondues doivent réagir maintenant.
Tout ce que nous vivons signale l'effondrement de l'éducation et de la culture, l'effondrement du civisme et du patriotisme.
par Pierre Sané
LE MIROIR BRISÉ DE L'OCCIDENT
Les Israéliens en bons Européens au fond ne font que dérouler leurs valeurs de civilisation : la barbarie. Ne devraient-ils pas être exclus des Nations Unies comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud à l’époque ?
Un oxymore est une figure de style qui consiste à allier deux mots de sens contradictoire. Ainsi en est il de « civilisation occidentale ».
Gandhi a qui un journaliste anglais demandait ce qu’il pensait de la « civilisation occidentale », aurait répondu « ce serait une bonne idée ! »
Aimé Césaire plus incisif dans son Discours sur le colonialisme écrit « Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde »
Aujourd’hui Israël qui se réclame comme étant l’avant-poste de la civilisation occidentale au Moyen Orient se voit enfin (!) desafiliée sinon répudiée par le président français qui a dit lors de la conférence sur le Liban : « Je ne suis pas sûr qu’on défende une civilisation en semant soi-même la barbarie». Israel, le mouton noir de la civilisation occidentale ? Israel dont les agissements criminels (la barbarie), seraient aux antipodes des règles de « bonne conduite de la civilisation occidentale » ? Ou plutôt Israël, le dernier avatar de ce que la « civilisation occidentale » a déroulé depuis cinq siècles dans le reste du monde ?
Les Européens n’ont-ils pas inventé les génocides ? Le nettoyage ethnique ? L’extermination des « brutes » ? Le colonialisme, la traite esclavagiste, le racisme, l’apartheid ? Les Israéliens en bons Européens au fond ne font que dérouler leurs valeurs de civilisation : la barbarie. C’est dans l’ADN de l’Europe qui à exterminé six millions de juifs. C’est pourquoi elle se tait. De même que leurs cousins Américains qui ont ensevelis sous les bombes des centaines de milliers d’Irakiens de Syriens d’Afghans de Serbes de Yéménites et autres. Clairement, l’occident est à l’agonie et il ne lui reste qu’une option pour maintenir son hégémonie : la violence aveugle.
En attendant, Israël qui défie toutes les règles de l’ordonnancement international mérite-t-il d’exister ? A-t-il le droit d’exister ? Ne devrait-il pas être exclu des Nations Unies comme ce fut le cas pour l’Afrique du Sud à l’époque ? On est en droit de se poser la question au vu de ses agissements. Cela permettrait au moins à la minorité occidentale de sortir de son silence honteux.
Par Bakhao Ndiaye
ENGAGEMENT DES NOUVELLES AUTORITES DANS LES PROJETS DE LA DIASPORA
Je suis Sénégalais vivant à l’étranger depuis plus de 35 ans, j’ai toujours ressenti le désir d’apporter ma contribution à notre cher pays. C’est dans cet esprit qu’en 2011, avec un ami professeur d’université, nous avons fondé l’Association Santé Sunugaa
Je suis Sénégalais vivant à l’étranger depuis plus de 35 ans, j’ai toujours ressenti le désir d’apporter ma contribution à notre cher pays. C’est dans cet esprit qu’en 2011, avec un ami professeur d’université, nous avons fondé l’Association Santé Sunugaal en Belgique, une initiative née de notre volonté de contribuer à l’amélioration des conditions de santé au Sénégal. Depuis 2015, notre association est immatriculée au Sénégal et mène des actions concrètes et significatives.
Depuis sa création, Santé Sunugaal a œuvré pour l’amélioration de la santé publique au Sénégal, en offrant des dons de matériel médical d’une valeur dépassant un milliard de FCFA. Nous avons également organisé en 2016 un cours international en épidémiologie de terrain, en partenariat avec le Ministère de la Santé et de l'Action sociale (MSAS), l’Institut Pasteur de Dakar, le Laboratoire de bactériologie de l’hôpital le Dantec, le Centre national de lutte contre le SIDA et l’Association française Epiter. Ce projet a été rendu possible grâce au soutien de la coopération technique belge, de l’Union européenne et de la Compagnie sucrière sénégalaise. Ces collaborations ont permis de renforcer nos actions et d’élargir notre impact au sein des communautés.
Aujourd’hui, Santé Sunugaal bénéficie d’un partenariat solide avec le MSAS et la Mairie de Linguère, où plusieurs conventions et arrêtés ont été signés. Cela démontre la confiance et l’engagement des nouvelles autorités sénégalaises à accompagner les initiatives citoyennes de la diaspora. Cette collaboration nous a permis de concrétiser des projets, notamment la création d’un centre de santé communautaire à Linguère. Grâce à l’appui du MSAS, un médecin et une infirmière ont été affectés à ce centre, tandis que la mairie de Linguère a mis à disposition une assistante, une technicienne de surface et un gardien. De notre côté, Santé sunugaal a pris en charge le coût du loyer du logement, tout le matériel médical, les médicaments, ainsi que la mise à disposition de deux ambulances.
Nous recherchons actuellement des fonds pour équiper le centre de santé communautaire d’un laboratoire d’analyse médicale et pour créer une unité de diagnostic. Notre mission principale reste la prévention et la lutte contre la morbi-mortalité néonatale, un fléau qui touche encore trop de vies dans notre pays. En collaboration avec le MSAS, nous sommes également en voie de mettre en place un centre de dialyse dans le nord du Sénégal.
Je souhaite exprimer ici ma gratitude à nos partenaires français et belges pour leurs généreux dons de matériel médical, qui ont été essentiels pour la concrétisation de nos projets. Ces soutiens témoignent d’une solidarité sans frontières, renforçant notre capacité à répondre aux besoins de santé de nos concitoyens.
Une mention spéciale revient au ministre de la Santé, qui a agi rapidement et efficacement en réponse à nos demandes, mobilisant du personnel pour le centre de santé communautaire.
À la diaspora sénégalaise, je dis : les nouvelles autorités sont prêtes à nous soutenir, jusqu’à preuve du contraire. Dans mes démarches, j’ai eu l’opportunité d’être reçu par le Ministre de la Santé, à la Primature et à la Présidence, simplement en tant que Sénégalais souhaitant contribuer au bien-être des populations de son pays, sans avoir recours à des réseaux d’influence. Cette accessibilité des nouvelles autorités est une avancée qui mérite d’être saluée.
Je vous invite à poursuivre vos projets et à continuer à apporter votre pierre à l’édifice du développement de notre pays. Ensemble, nous pouvons transformer des vies, bâtir des infrastructures et laisser un héritage durable pour les générations futures.
Avec toute ma reconnaissance et mon engagement pour le Sénégal,
Par Alioune FALL
LE VILLAGE ARTISANAL, UN FACTEUR DE DEVELOPPEMENT DU TOURISME
Dans la perspective de contribuer à trouver des éléments de réponse, le village artisanal de Soumbédioune doit faire l’objet d’une sérieuse considération.
Dans l’article «Le tourisme sénégalais à la recherche d’une nouvelle identité» de M. Mamadou Diombéra, enseignant-chercheur en tourisme, Unité de formation et de recherche en sciences économiques et sociales, Université Assane Seck de Ziguinchor, Sénégal, paru dans Open Edition Journal du 21/2/2012, l’auteur disait que «le secteur du tourisme au Sénégal s’est imposé comme le véritable moteur de l’économie, au second rang après la pêche». Sous ce rapport, mettre en valeur tout ce qui peut contribuer à booster notre tourisme devient donc une préoccupation constante.
Dans la perspective de contribuer à trouver des éléments de réponse, le village artisanal de Soumbédioune doit faire l’objet d’une sérieuse considération. En effet, jadis très bien fréquenté par les touristes de par la variété de ses offres, il est aujourd’hui très enclavé et difficilement accessible en raison de la réalisation d’infrastructures dont l’impact a tout simplement porté un sérieux coup d’arrêt aux activités de ce village artisanal qui nous a pourtant donné beaucoup de fierté dans le passé.
Le village artisanal représente une ressource indéniable pour le tourisme. En effet, il a la capacité d’attirer un grand nombre de touristes et d’aider à enrichir et à diversifier les activités touristiques pour mettre à disposition de nombreuses options attrayantes pour les touristes.
Comme son nom l’indique, un village artisanal est un endroit où des personnes dont le principal moyen de subsistance est le revenu qu’elles tirent de leur travail essaient de présenter toutes les facettes de l’histoire et de la culture du pays. Le village renforce l’élévation de ces artisans en leur fournissant un endroit où pratiquer et gagner de l’argent avec leurs compétences. Le village offre enfin le meilleur de la richesse des traditions et du patrimoine sénégalais avec des boutiques d’art, d’artisanat et d’antiquités.
Dans la tendance de l’ouverture et de l’intégration économique internationale, les villages artisanaux traditionnels retrouvent progressivement leur place dans la vie économique, culturelle et sociale de chaque pays et de chaque nation. Ces villages sont comme des images colorées qui contribuent à recréer les caractéristiques uniques, vivantes, séparées et irremplaçables du pays et de ses habitants. Actuellement, le développement du tourisme est devenu une priorité partout dans le monde. Un village artisanal est normalement destiné à redéfinir l’expérience touristique, en permettant aux visiteurs d’acheter des produits uniques fabriqués par les artisans locaux, tout en profitant de la culture et du patrimoine dynamiques du pays. Conçu pour être une plaque tournante pour les produits sénégalais authentiques, le village artisanal de Soumbédioune a toujours su raconter l’histoire du Sénégal et présenté un large éventail d’offres, allant de l’artisanat unique à des articles souvenirs.
Donner un second souffle à notre village artisanal par sa relocalisation dans un autre site qui sera plus accessible permettra donc à nos artisans de mettre en valeur leurs compétences et leurs créations, offrant aux visiteurs la possibilité d’acheter des souvenirs qui capturent l’essence de l’art sénégalais. Le village attirera non seulement un flux constant de visiteurs, mais créera également de nouvelles opportunités pour les artisans pour stimuler la croissance économique et favoriser un plus grand sentiment de fierté communautaire. En offrant aux visiteurs une expérience authentique et immersive qui met en valeur le meilleur de la culture et de l’artisanat sénégalais, le village peut devenir rapidement une destination incontournable pour les voyageurs à la recherche d’un lien plus profond avec la destination Sénégal.
En tant que centre de présentation d’objets d’art tirés de l’histoire et de la culture sénégalaises, le village artisanal peut être un facteur important de développement touristique durable qui honore et préserve le riche patrimoine sénégalais. Le fait de lui trouver un autre site plus accessible sera sans nul doute le prélude à situation gagnant-gagnant pour tout le monde. Nos visiteurs, y compris les nationaux, ne manqueront pas de saluer cette initiative et nos artisans seront satisfaits de retrouver le rôle de détenteurs culturels et artistiques au centre de notre stratégie touristique.
Alioune FALL
108, Comico Mermoz
Par George DIOP
L’ART DE TUER DES HEROS ET HISSER DES ZEROS
Dans le pays de grands hommes et d’intellectuels abreuvés aux sources de la science pure et aux valeurs cardinales de notre société, l’abêtissement a atteint un point culminant dans l’échelle de la folie humaine.
Le Sénégal est-il maudit ? On est tenté de répondre par l’affirmative au regard des choix opérés au pays de Léopold le poète. Le choix de confier le pouvoir à des personnes qui n’ont ni l’expérience, ni la consistante intellectuelle, ni la probité morale, est une escroquerie démocratique et sociale. Dans le pays de grands hommes et d’intellectuels abreuvés aux sources de la science pure et aux valeurs cardinales de notre société, l’abêtissement a atteint un point culminant dans l’échelle de la folie humaine. La folie n’est pas seulement caractérisée par le port de haillons et la nudité mais elle est caractérisée par la nudité morale, de ceux qui sans le savoir ont perdu toute rationalité dans leurs délires. Telle est la maladie de notre temps qui ronge notre jeunesse et nos politiciens avides de pouvoir. L’avènement au pouvoir du duo Bassirou Diomaye Faye - Ousmane Sonko est la consécration du summum de la bêtise humaine en promouvant l’insulte, l’invective, la délation et la débauche. Cette façon de hisser des zéros au sommet et de tuer des héros est la nouvelle marque de fabrique de notre société, qui accepte le mensonge et légalise l’adultère, qui certifie l’incompétence et acclame l’incurie. Il y a soit dans notre société une hypnotisation collective pour ne pas sentir l’odeur pestilentielle de l’arnaque ou soit l’ignorance généralisée s’est installée à jamais. Tenons-nous bien «l’ignorance et la bêtise du peuple font la force du dictateur» car Claude Chabral nous apprend que «la bêtise est plus infiniment fascinante que l’intelligence…L’intelligence a des limites, la bêtise n’en a pas». Depuis une décennie, il y a un nivellement par le bas, une prime à la bêtise et à la laideur. Le discours politique est devenu un dépotoir à ciel ouvert où les idées sont rangées dans tiroirs au détriment du dénigrement, de l’insulte, de la manipulation. Et, c’est à mieux qui sait mentir ou raconter des contre-vérités pour remporter le palme de la décadence. Nous sommes une société en déchéance, une société de l’invective, de l’indécence, du manque de respect et de l’ignorance. La République est devenue la rue publique, l’Etat un appareil de vengeance et de manipulation de nouveaux parvenus.
Au Sénégal, la bêtise n’a pas de limites et elle «…n’est pas loin de la méchanceté» et explique les actes posés par le nouveau régime depuis son installation. Le samedi 19 octobre 2024 marquera à jamais un repère dans le délitement de l’humanisme sénégalais en voyant nos héros du quotidien au Fouta et à Bakel dans le désarroi total. Pendant ce temps, dans l’enclos du Dakar Aréna, une bande de sots gambadait pour faire hisser un zéro sorti de la cuisse de Jupiter. Au même moment, le président de la République survolait le désastre humanitaire sans aucune compassion comme pour rester dans sa bulle et demeurer dans son hibernation légendaire. Cette façon de faire aérienne et insipide, marque de fabrique du président de la République, est à l’antipode de l’esprit républicain et constitue une non-assistance à personne en danger. Oui, un soldat est parti au combat sans combattre, mais il devrait comprendre, comme le dit Rousseau, qu’«il n’y a point de bonheur sans courage ni de vertu sans combat». En laissant ces populations à elles-mêmes, il s’agit d’un abandon délibéré d’une partie du Sénégal dans la souffrance ou d’une incompétence notoire dans l’anticipation et la prise en charge des préoccupations des populations dans le besoin. Marcel Proust disait fort à propos que «l’indifférence aux souffrances qu’on cause est la forme terrible et permanente de la cruauté». Venant du duo Diomaye Faye et Ousmane Sonko, rien ne devrait surprendre dans cette entreprise de déconstruction et de sabordage des fondamentaux de notre République.
Cet abandon de nos populations dans la détresse n’est que le prolongement du manque d’élégance et de hauteur de nos nouveaux gouvernants. Il y a des actions qui façonnent l’imaginaire collectif et offre à nos jeunes générations des exemples de légendes vivantes, mais il y en a d’autres qui souillent le fondement de la défense de la République. Cette dernière est faite d’élégance, elle doit être l’espace de célébration de nos talents, elle doit offrir à nos générations actuelles et futures des modèles de courage et d’abnégation. Ces valeurs d’exaltation de nos talents ne peuvent pas être portées par des autorités qui n’ont ni le sens de l’Etat ni la préparation requise pour comprendre que la République doit être parée de belles perles pour couver et chérir ceux qui, par des sacrifices énormes, ont hissé le drapeau national au sommet du monde. Elle doit être le reflet du courage de nos héros et le miroir qui guident le pas de nos enfants en projetant le parcours de nos vaillants héros comme Aliou Cissé, Macky Sall et Bougane Guèye Dany. Hélas, en fondant son projet sur la désacralisation de nos institutions politiques, religieuses et traditionnelles, et l’appel à l’insurrection, une inversion de la célébration est consacrée. Il faut être vulgaire, savoir insulter et calomnier, être un as du mensonge et de la délation pour accéder au banquet du pouvoir. L’échelle de la pertinence ne se mesure plus à la dimension des réflexions et propositions fondées sur le savoir, mais à qui sait mieux défendre le projet par des attaques viles et sordides. La récente réception aux EtatsUnis par le président de la République, d’un homme qui a reconnu avoir financé à coup de millions de dollars des activités ayant conduit à la mort de plusieurs Sénégalais, en est une parfaite illustration. Au même moment l’Etat décidait de ne plus renouveler le contrat de Aliou Cissé sans honneur, ni élégance. Et comme «la bêtise insiste toujours», la ministre des Affaires étrangère a pris fait et cause pour une insolente qui s’est attaquée au président de la République Macky Sall. Comble de tout, Bougane Guèye Dany est en prison par le seul fait qu’il a voulu apporter un soutien à des compatriotes dans le besoin en se substituant à une prérogative de l’Etat. Lorsqu’on hisse des zéros au sommet, on renverse les critères d’appréciation du patriotisme car pour être patriote au Sénégal, il faut être « MIMI » ou Violent, Arrogant, Ignorant, Nihiliste (V. A. I. N)
Ces manœuvres relèvent d’une volonté manifeste de faire tabula rasa de tout ce qui peut être attaché au bilan de Macky et aux acquis démocratiques de notre pays. La négation de notre passé économique social, culturel et religieux des nouvelles autorités est un cancer en République, elle annihile les sauts qualitatifs constatés depuis plus de quatre décennies. Ce «négationnisme» comme décrit par Pierre Cahuc et André Zylberberg parasite le débat public en s’appuyant sur trois axes. D’abord, l’éthos, avec des «experts» se présentant comme défenseurs du bien commun mais qui adoptent un discours idéologique creux. Ensuite, le pathos, en désignant des boucs émissaires comme le système et la dette publique. Enfin, le logos, avec des arguments apparemment logiques véhiculés par de faux savants, mais en réalité simplistes et déformant la réalité. Il ne reste plus qu’à ceux qui croient à la République avec une once de sagesse et de conscience, de travailler à ressusciter nos héros et tuer les zéros.
La transhumance est un fléau dont on pouvait penser que le couple Sonko-Diomaye se départirait en tant que détestable coutume d'un autre temps. Ce qui vient de se passer est une faute, laquelle, si les deux chefs de l'exécutif ne sont pas assez vigilants sur ce point, pourrait être lourde de conséquences. Attention aux erreurs de ce type, qui peuvent vite, si l'on n'y prend garde, être annonciatrices d'une catastrophe dont on ne connait ni les tenants, ni les aboutissants.
Que messieurs Ndiaye, Fall et la cohorte des moutons transhumants qui vont suivre se découvrent une âme pastéfienne, comme par hasard à l'approche des élections, pourquoi pas? Mais alors, qu'ils fassent le parcours, à savoir, s'inscrire au parti, militer avec leurs frères de la base, distribuer des affiches et monter les échelons. Là, ils seront crédibles. Pour l'instant, et à juste raison, on ne peut que comprendre qu'ils se comportent comme des opportunistes, qui n'apportent rien ni au parti, ni au pays, et prouvent, s'il en était besoin, que leur décision a plus été motivée par la lecture de leur relevé bancaire mensuel, que par une conviction profonde d’apporter leur pierre à l'édifice.
Qu'ils tentent leur chance, mon dieu, pourquoi pas ! Il y a bien longtemps qu'ils ont fait la démonstration de leurs convictions à géométrie variable, et qu'ils ont toujours et de tous temps, envisager la politique comme un moyen de se servir, au lieu de servir. Mais qu'une main suprême signe un décret de nomination de l'un de ces moutons contaminés, nous ne sommes plus dans le domaine de l'erreur, mais de la faute qui espérons-le, ne constitue pas les prémices d'une catastrophe qui rode en permanence aux abords du Palais Présidentiel. Et il va falloir très vite rattraper les premiers dommages, à savoir l'apparition d'une faille dans le tandem Diomaye-Sonko.
Attention, la politique n'est pas un monde de bisounours : la moindre erreur se paie cash. Le monde entier a les yeux fixés sur le Sénégal, le Parrain mafieux veut sa revanche et surtout éviter les inévitables procès qui lui pendent au nez (ce qui, pour l'instant, ne fait pas de lui un coupable) même si la plupart de ses actes sont couverts par une immunité, le temps de son magistère. Mais ce qui s'est passé en Mauritanie, avec l'ex-président Aziz, peut donner des sueurs froides au Parrain mafieux voisin. le Sénégal n'est pas le centre du monde: la révélation par le Premier ministre Sonko, du trafic des comptes, même si je l'ai personnellement applaudie des deux mains, n'a pas fait plaisir à tout le monde. On n’oblige pas le FMI et la Banque mondiale à faire volte-face, et les obliger à reconnaitre que, finalement, ils savaient sans savoir mais en sachant quand même, sans laisser des traces et susciter un certain agacement, voir plus.
C’est en fait tout un système mondial qui a été quelque peu dévoilé, et Monsieur le Premier ministre Sonko doit en prendre conscience: ses propos dépassent le cadre de son parti et de son pays, c'est pourquoi il aurait tout intérêt à démissionner de toutes ses fonctions dans son parti, le Pastef, et endosser enfin le costume de Premier Ministre: il ne peut pas continuer dans ses fonctions avec la veste de Premier Ministre et le pantalon de chef de parti. Non seulement ce n'est pas possible, mais c'est extrêmement dangereux pour la suite, et surtout pour le peuple sénégalais. Cela ne fait pas plaisir aux autres puissances étrangères, qui bien évidemment, font la même chose.
Alors, seuls contre le reste du monde ? Oui, pourquoi pas, mais à condition d'être irréprochables, et ne pas mettre le ver dans le fruit. Quand vous savez que beaucoup de gens veulent vous pousser dans l'escalier pour vous faire tomber, prenez la précaution de ne jamais être suivi, ça vous évitera une chute!
Par Mohamed GUEYE
UN DÉVELOPPEMENT ENDOGÈNE
Le pays veut mobiliser plus de 12 800 milliards de FCFA de fonds publics et 5 675 milliards en PPP. Face à l'ampleur du défi et aux turbulences actuelles, l'horizon temporel de cette transformation reste la grande inconnue
Le gouvernement du Sénégal voudrait revoir son programme avec le Fonds monétaire international. Les médias prêtent au ministre des Finances et du budget, Cheikh Diba, d’avoir annoncé, en marge des Réunions annuelles conjointes Fmi-Banque mondiale, à Washington, que le pays souhaitait réviser l’accord actuel qui le lie à l’institution financière. Depuis les péripéties nées de la déclaration d’un audit des Finances publiques, qui aurait dévoilé des chiffres «falsifiés» et maquillés, dans le but de faire croire à une situation beaucoup plus reluisante qu’elle n’était, la situation des Finances publiques, déjà difficilement gérable à l’arrivée du duo Sonko-Diomaye au pouvoir, est devenue très fortement perturbée, à dire le moins.
Selon les médias, un nouveau programme avec le Fmi devrait intervenir en 2025, et celui actuellement poursuivi, qui implique le décaissement d’1,8 milliard de dollars, serait tout bonnement abandonné. Il faut dire que le Fonds monétaire international, si prompt à communiquer sur d’éventuels développements avec ses pays partenaires, est resté étonnamment muet sur la question. Ni sur le site ni dans ses communiqués concernant le Sénégal, il n’a été fait mention d’une volonté du Sénégal de remettre en cause les fameux accords. La seule chose évidente depuis le mois de septembre, est que la notation du Sénégal a été dégradée par les agences de notation, à savoir Moody’s qui a été la première, suite à l’annonce de fraude sur les chiffres par le Premier ministre Sonko. Standard & Poor’s a suivi, ce qui n’incite vraiment pas à l’optimisme.
Il s’en est suivi que le gouvernement ne donnait plus de signal clair à ses partenaires, au point que la dernière mission du Fonds a fait état d’une certaine dégradation des agrégats : «Le Sénégal continue de faire face à un environnement difficile, avec des signes de tensions accrues dans l’exécution du budget. Le manque à gagner en termes de recettes, identifié lors de la dernière visite des services, a été confirmé à fin septembre. Parallèlement, les dépenses sont restées élevées, principalement en raison d’une augmentation substantielle des dépenses d’investissement, comme le suggèrent les conclusions préliminaires du rapport de l’Igf». Ce fameux rapport de l’Igf n’a toujours pas encore été rendu public, bien qu’il soit la première preuve de l’accusation de l’ancien régime. Le Fonds monétaire a néanmoins ajouté dans son rapport : «Le déficit budgétaire devrait s’aggraver cette année, dépassant l’estimation précédente de 7,5 % du Pib.» Sur ce point, les accusations des nouveaux dirigeants font état d’un déficit budgétaire qui dépassera les 10% du Pib, le double des 5,5% annoncés par l’ancien ministre des Finances Mamadou Moustapha Ba. Entretemps, est intervenue la dissolution de l’Assemblée nationale, empêchant le vote d’une Loi des finances rectificative, qui aurait pu permettre au gouvernement d’utiliser les près de 338 milliards que le Fonds devait débloquer, sans compter les près de 450 milliards de Cfa de son dernier eurobond, levé à plus de 7%.
Le ministre des Finances n’a jamais pu expliquer à ses partenaires les conditions de levée de cet eurobond, qui ne s’est pas fait dans la transparence. En conséquence, le Fonds monétaire a été obligé d’arrêter ses décaissements, plongeant encore plus l’économie dans le marasme. Aujourd’hui, le ministre nous informe de la volonté de son gouvernement de mettre fin à son programme avec le Fmi, sans nous annoncer à quoi nous attendre. Depuis quasiment l’arrivée de Abdoulaye Wade au pouvoir, le Sénégal s’est toujours arrangé pour reconduire ses accords avec le Fonds monétaire. Et cela n’a pas toujours été pour l’argent, parce qu’à un moment, le programme avec le Fonds était sans décaissement.
La question est que, tant qu’il reste une économie ouverte, le Sénégal a besoin de gagner la confiance de ses partenaires. Cette confiance est garantie par le contrôle du Fmi, pour un pays en développement. Mais pas que. Des pays aussi développés que la France, les Etats-Unis d’Amérique ou l’Inde, font aussi recours à l’expertise des services du Fonds. Cela leur permet de se bien faire voir des agences de notation, comme des emprunteurs. Aujourd’hui, si l’on se réfère à la Snd, le gouvernement semble se tourner, petit à petit, sur un repli sur soi sur le plan économique. Ce qui semble cohérent avec son actuel référentiel des politiques publiques : «Pour consacrer la Vision d’un «Sénégal souverain, juste et prospère», le pays s’efforcera, sur la période 2025-2029, à relever les défis relatifs à (i) la construction d’un modèle économique endogène, à partir des pôles territoriaux de développement.»
Le document ajoute un peu plus loin que «Le coût global du Pap 2025-2029 est estimé à 18 496,83 milliards de francs F Cfa. Il est composé de financement public «pur», entièrement pris en charge par l’Etat pour 12 821,4 milliards de F Cfa, et d’un apport du secteur privé dans le cadre des Partenariats Public-Privé (Ppp) pour un montant de 5675,38 milliards de F Cfa. Dès lors, la Snd instaure une innovation car il n’y a plus de financement à rechercher pour la prise en charge du développement». C’est dire que le pays est prêt à couper toutes les relations avec le Fonds monétaire. Il dit compter sur ses ressources extractives ainsi que sur son capital humain pour lever toutes les ressources financières dont il a besoin. On peut se demander combien de temps il lui faudra pour réaliser son ambition.
par l'éditorialiste de seneplus, alymana Bathily
PASTEF : LA SIGNIFICATION DE L’ÉVÉNEMENT DU 19 OCTOBRE 2024
EXCLUSIF SENEPLUS - La levée de fonds du Dakar Arena redéfinit le rapport entre un parti et sa base. Une leçon de transparence qui tranche avec la "patrimonialisation" habituelle des partis politiques sénégalais par leurs fondateurs
Alymana Bathily de SenePlus |
Publication 28/10/2024
La salle omnisports du Dakar Arena de Diamniadio a été prise d’assaut par les militants de Pastef samedi 19 octobre 2024. Ils répondaient à l’appel du président Ousmane Sonko pour une levée de fonds en vue du financement de la campagne législative de Pastef.
Les militants « patriotes » sont venus de tous les coins du pays, certains ont quitté leurs localités à l’aube pour s’assurer d’avoir une place pourtant payée à 1000F CFA et de participer ainsi à l’événement.
L’opération de levée de fonds dénommée "Waajal campagne" a permisde collecter dès ce premier jour la somme de 500 millions Fcfa grâce à la vente des billets d’entrée au Dakar Aréna, à la cotisation des cadres du parti et aux contributions en ligne, provenant surtout de la diaspora.
Selon le président du Pastef, au vu de l’enthousiasme des militants, le fonds pourrait atteindre le milliard FCFA dans quelques jours.
Bis bunu nee nepp sol kopati bu week nu def ko, lu nu yooyu jot ko
« Le jour où tout le monde comme un seul homme portera un bonnet blanc pour obéir au même mot d’ordre alors nous pourrons atteindre tout objectif que nous nous serons fixés ».
Cheikh Anta Diop avait fait de cette sentence, qu’il répétait par souci didactique, la mesure du niveau de préparation du peuple sénégalais à l’accomplissement de la révolution nationale démocratique.
A l’aune de cette sentence du Pharaon du Savoir, on peut dire au vu de l’événement du 19 octobre, que les militants de Pastef, si ce n’est le peuple sénégalais dans son ensemble, sont bien « prêts pour la révolution », comme disait l’autre.
Il faut considérer que l’appel du président Sonko n’avait été lancé que quatre jours avant l’événement. Il faut avoir vu l’enthousiasme avec lequel les militants ont formé de longues files devant les guichets, dès 15 heures et comment nombre d’entre eux ont tenu à s’acquitter de 2 à 5 fois le montant requis à l’entrée.
Il faut avoir vu la joie qui irradiait les visages de ces milliers de jeunes et de moins jeunes qui ont rempli l’enceinte, chantant et dansant pendant toute la cérémonie. Tout ceci dans la discipline la plus parfaite.
Cette mobilisation des militants montre combien ils sont impliqués individuellement pour défendre l’idéal de Pastef auquel ils croient pour leur pays : un Sénégal souverain, démocratique et prospère.
Une nouveauté dans le paysage politique sénégalais : un parti financé par les militants
Cet événement constitue aussi une rupture.
Tout le monde sait que les partis politiques sénégalais, sont financés généralement par des opérateurs politiques quelque peu fortunés soutenus par des puissances occultes tant que le parti est dans l’opposition puis par l’argent public quand il arrive au pouvoir par l’intermédiaire de “militants” placés dans les démembrements de l’Etat les plus « liquides ».
La “patrimonialisation” des partis politiques par leurs fondateurs n’est pas spécifique au PDS, elle s’observe dans tous les partis jusqu’à l’Alliance pour la République (APR) dont on peut se demander à qui appartient vraiment le siège sur la VDN et les centaines des fameux pick up L200.
C’est cette patrimonialisation des partis qui explique que les leaders sont quasiment irremplaçables à la tête de leurs partis qui de ce fait n’ont rien de démocratiques.
Le Pastef Les Patriotes propose une alternative : c’est ce qui a été démontré travers l'événement du Dakar Arena de Diamniadio samedi 19 octobre 2024 : le financement volontaire par les militants à tous les niveaux du parti, de l’intérieur du pays comme de la diaspora.
"Ce que nous avons réalisé aujourd'hui, c’est du patriotisme. Nous n'avons pas utilisé les moyens de l'État pour financer notre campagne, car nous avons la capacité de nous financer nous-mêmes. Ce modèle de financement innovant est ce qu'on appelle un « patriot bond »", indiquera Ousmane Sonko.
« Pas un seul centime ne sera prélevé dans les caisses de l'Etat pour financer notre campagne », ajoutera -t-il.
Ayib Daffé, le Secrétaire Général ajoutera "nous avons jugé nécessaire de rééditer cette tradition pour éviter le syndrome qui frappe de nombreux partis politiques au pouvoir en Afrique : la corruption et le détournement des deniers publics ".
Un démenti cinglant à l’ancien régime et à ses médias
On se souvient que c’est en décembre 2021 déjà, que ce mode de financement par les militants avait été initié. Il s’agissait alors de « chercher les moyens logistiques et humains pour faire les tournées politiques initiées dans le cadre de l’activité dénommée ‘’Nemmeeku tour’’ ».
Une « Journée internationale de levée de fonds de Pastef Les patriotes » avait été organisée le samedi 2 janvier à travers la chaîne YouTube Jotna Tv et avait permis la levée de 125 millions FCFA en cette seule journée.
Ceci avait provoqué la panique du régime de Macky Sall. Le ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome avait cru devoir menacer le Pastef, prétextant que « tout parti politique qui reçoit des subsides de l’étranger ou d’étrangers établis au Sénégal s’expose à la dissolution », conformément à la loi.
Malgré la proposition d’Ousmane Sonko de transmettre les comptes financiers de Pastef aux services du ministre de l’Intérieur et de dévoiler les noms des gens qui ont donné leur participation lors de la campagne « Néméku tour », la campagne pour l’interdiction de Pastef a continué.
C’est ainsi que le journaliste Madiambal Diagne se fendra d’un long éditorial au titre explicite : « Soutenir Antoine Diome pour l’ordre et la loi »! Il s’agissait d’encourager le ministre de l’Intérieur à …interdire le Pastef.
Et Maître El Hadj Diouf de pousser à la roue prétendant que la levée des fonds n’était qu’une façade pour recycler l’argent sale du Pastef.
Pour un fonctionnement et un financement transparent des partis politiques
Le Pastef a démontré par la levée de fonds du 19 octobre après celle de 2021 pour le Nemeko Tour, qu’il était possible à tout parti politique si tant est qu’il bénéficie d’une base populaire, de financer ses propres activités, en tout indépendance.
Ce qui ne veut pas dire, qu’il ne doit pas y avoir de financement public.
Il reste à présent au gouvernement du premier ministre Sonko de mettre en oeuvre la Loi N°81-17 du 06 mai 1981 relative aux partis politiques, modifiée par la loi N°89-36 du 12 octobre 1989 ainsi que les dispositions des articles 812 à 814 du Code des Obligations Civiles et Commerciales et notamment la disposition relative au dépôt “chaque année, au plus tard le 31 janvier, le compte financier de l’exercice écoulé.
Il s’agit à présent d’appliquer le loi pour qu’aucun parti politique ne soit plus une propriété privée et ne soit financé par des lobbies étrangers.