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6 avril 2025
Politique
DIAGNOSTIC POUR UN NOUVEAU DÉPART
Le gouvernement annonce la présentation de son état des lieux de la situation du pays. L'événement, prévu pour le 26 septembre, promet de dévoiler les défis et les solutions envisagées. Il sera suivi le 7 octobre, du référentiel Sénégal 2050
(SenePlus) - Le président Bassirou Diomaye Faye tient sa promesse de transparence envers le peuple sénégalais. Dans un communiqué de presse publié par la Primature ce mardi 24 septembre, le gouvernement annonce une conférence de presse cruciale le jeudi 26 septembre à 10h00, au 10e étage du building administratif Mamadou Dia à Dakar.
Cette rencontre avec les médias sera l'occasion de présenter les conclusions d'un "diagnostic approfondi" de la situation du pays, mené à la demande du président par le Premier ministre et son équipe. L'étude, décrite comme "exhaustive et minutieuse", a été réalisée en parallèle de l'élaboration du nouveau cadre de référence économique baptisé "Sénégal 2050 - Agenda National de Transformation".
Le gouvernement promet de partager avec la nation les résultats de ce travail, incluant une analyse des conséquences de la situation actuelle et les mesures correctives envisagées pour "redresser et stabiliser" le pays.
Cette conférence de presse servira de prélude au lancement officiel, le lundi 7 octobre 2024, du référentiel Sénégal 2050. Ce plan stratégique vise à "opérationnaliser" le programme présidentiel, avec l'ambition affichée de "transformer durablement l'économie sénégalaise et bâtir un Sénégal souverain, juste et prospère".
ROSE WARDINI ANNONCE SON SOUTIEN AUX LISTES CHOISIES PAR PASTEF
À moins de deux mois des législatives, le Mouvement Citoyen Sénégal Nouveau, a annoncé son soutien au parti au pouvoir. Ce choix est "justifié par la volonté de consolider les politiques publiques et d’améliorer le bien-être des populations".
À l’approche des élections législatives anticipées, prévues dans moins de deux mois, Dr Rose Wardini, présidente du Mouvement Citoyen Sénégal Nouveau, a clarifié la position de son mouvement dans un communiqué adressé à ses militants. Elle a tenu à remercier ces derniers pour leur engagement constant et leur adhésion aux principes d’un "Sénégal nouveau" qui guide leur action politique.
Face à l’avenir politique du pays, Dr Wardini a annoncé que son mouvement apportera son soutien aux listes sélectionnées par le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Ce choix, justifié par la volonté de consolider les politiques publiques et d’améliorer le bien-être des populations, est, selon elle, la meilleure option pour accompagner les gouvernants dans la mise en œuvre de réformes vitales pour le Sénégal.
Consciente des défis auxquels fait face la nation, elle a insisté sur l’importance de garantir une majorité parlementaire au Chef de l’État afin de faciliter la conduite des politiques publiques. Dr Wardini a enfin appelé ses militants à rester mobilisés et engagés pour soutenir cette démarche jusqu’au jour des élections.
LÉGISLATIVES, TEKKI DE MAMADOU LAMINE DIALLO SOUTIENT PASTEF
Prenant acte de l'alliance entre Wallu et l'APR, le mouvement Tekki a choisi de ne pas rejoindre la coalition formée par le PDS pour les prochaines élections législatives.
Le mouvement Tekki n’ira pas aux prochaines élections législatives sous la bannière d’une coalition dirigée par le Parti démocratique sénégalais (PDS).
Le député Mamadou Lamine Diallo et ses camarades ont pris acte de la décision de leurs alliés de Wallu d’aller en coalition avec l’APR.
En conséquence, le Tekki a décidé de se ranger derrière le PASTEF d’Ousmane Sonko à qui il témoigne leur soutien « sans réserve et sans condition ».
Le mouvement Tekki appelle ses responsables, militants et sympathisants à « se mobiliser pour la victoire éclatante de la liste du Pastef le 17 novembre 2024 dans la paix et la sérénité, et défaire ainsi l’opposition adepte du présidentialisme absolu et de la prédation des ressources du peuple et ses coalitions, intercoalitions, listes parrainées ».
L'HÉRITAGE INACCOMPLI D'AMADOU MAKHTAR MBOW
L'ancien patron de l'Unesco décédé ce mardi, a présidé les Assises nationales visant à concevoir une nouvelle vision pour le pays. Si leurs recommandations avaient été suivies, le Sénégal aurait pu éviter certaines crises estime Doudou Diène
(SenePlus) - Le Sénégal pleure la disparition d'un de ses fils les plus illustres. Amadou Makhtar Mbow s'est éteint ce mardi 24 septembre 2024, à l'âge vénérable de 103 ans. Homme d'État, intellectuel et humaniste, son parcours exceptionnel aura marqué l'histoire du Sénégal et de l'Afrique. Mais c'est peut-être son rôle dans les Assises nationales de 2008-2009 qui restera comme l'un de ses plus grandes jcontributions au pays, bien que largement inexploité.
Dans un entretien accordé à RFI, le diplomate sénégalais Doudou Diène, qui a longtemps travaillé aux côtés de Mbow à l'UNESCO, revient sur cet épisode crucial de la vie politique sénégalaise. "C'est dans la lignée de son engagement pour son pays et son peuple d'abord", explique-t-il à propos de la décision de Mbow de présider ces Assises. "Il n'était pas un partisan, c'était son peuple, son pays qui étaient ses critères fondamentaux."
Les Assises nationales, organisées par l'opposition à l'époque du président Abdoulaye Wade, visaient à repenser en profondeur l'avenir du Sénégal. Doudou Diène souligne l'importance historique de cette démarche : "C'est un travail extraordinaire et peut-être unique au monde. Ce que Mahtar Mbow et les intellectuels et autres Sénégalais ont voulu faire, c'est de remettre en place d'une de manière consensuelle interactive tout ce que le Sénégal a fait et d'évaluer ce qui a été fait et d'ouvrir donc des perspectives pour le Sénégal du futur."
Cependant, le diplomate ne peut s'empêcher de noter avec regret que les recommandations issues de ces Assises n'ont jamais été pleinement mises en œuvre. "Si les recommandations des Assises avaient été mises en œuvre d'une manière objective et consensuelle, peut-être que le Sénégal aurait évité un certain nombre de crises", avance-t-il.
Malgré cela, Doudou Diène reste convaincu de la pertinence continue de ce travail : "Ce travail qui a duré environ trois ans est absolument exceptionnel et je pense qu'il est encore là, il devra servir de boussole dans le Sénégal actuel."
Au-delà de son engagement national, Amadou Mahtar Mbow s'est également distingué sur la scène internationale, notamment à la tête de l'UNESCO. Doudou Diène rappelle que même les États-Unis, qui s'étaient initialement opposés à lui, ont fini par le respecter profondément. "Même les Américains qui l'ont combattu très férocement à cause de ses positions très justes ont fini par avoir le plus profond respect à son égard", témoigne-t-il.
Ce respect, Mbow l'a gagné non seulement par ses positions courageuses, mais aussi par son intégrité et son dévouement au service des autres. Diène évoque notamment le rôle méconnu de Mbow dans la tentative de résolution de la crise des otages américains en Iran, illustrant sa stature d'homme d'État et de médiateur international.
En fin de compte, c'est l'image d'un homme guidé par des valeurs profondes qui émergent du témoignage de Doudou Diène. "Makhtar Mbow n'a jamais laissé son corps s'éloigner de son intelligence, c'est-à-dire que c'est son cœur qu'il a toujours guidé", résume-t-il, peignant le portrait d'un homme d'action dont l'éthique et l'altruisme ont toujours dicté les actes.
Alors que le Sénégal rend hommage à cet illustre fils, la question demeure : le pays saura-t-il enfin tirer pleinement profit de l'héritage intellectuel et politique laissé par Amadou Makhtar Mbow, notamment à travers les Assises nationales ? Le défi est lancé aux nouvelles générations de dirigeants sénégalais.
ALY NGOUILLE NDIAYE, L'ALLIÉ CONVOITÉ
L'ancien ministre de l'Intérieur est devenu la cible de toutes les convoitises politiques à l'approche des législatives du 17 novembre. Son poids électoral à Linguère et sa réputation de gagneur attirent aussi bien l'opposition que le pouvoir en place
Plusieurs formations politiques comme l’Apr cherchent à s’allier avec Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre de l’Intérieur et de l’Agriculture, en vue des élections législatives du 17 novembre prochain. La solide réputation que le maire de Linguère s’est bâtie en remportant tous les scrutins y est pour quelque chose au point que du côté du régime en place, on chercherait à avoir son soutien.
L’ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye est en plein dans les préparatifs des élections législatives anticipées du 17 novembre prochain. L’ancien candidat à la Présidentielle et leader du Parti pour la souveraineté et le développement (Psd Njariñ) voit le siège de sa formation politique devenir un véritable carrefour pour les acteurs politiques influents.
Ayant reçu dernièrement une délégation importante de l’Alliance pour la République (Apr), comprenant le président sortant de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop, et plusieurs anciens ministres dont Mahmouth Saleh et Mbaye Ndiaye, l’ancien ministre de l’Intérieur a vu les émissaires de l’ancien Président Macky Sall tenter de le convaincre à rejoindre leur coalition pour ces élections. Devenu «incontournable» à Linguère où il a toujours remporté les scrutins, Aly Ngouille Ndiaye va rencontrer d’autres figures politiques, annonce-t-on. Parmi ces figures politiques, on cite l’ancien Premier ministre Amadou Ba et l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, ainsi que des responsables du Parti démocratique sénégalais (Pds) et même des représentants du pouvoir en place, a constaté Seneweb.
Après les difficultés connues lors de la dernière élection présidentielle du 24 mars dernier à l’issue de laquelle il avait fini derrière la Coalition «Diomaye Président» et Bby dans plusieurs départements, le soutien du maire de Linguère est considéré comme «crucial» et pourrait «influencer» l’issue du scrutin du 17 novembre. Ce qui qui fait que chacun des acteurs cherche à s’allier avec lui. Les jours à venir édifieront l’opinion publique sur la décision que prendra l’ancien ministre de l’Intérieur par rapport à ces joutes électorales.
Pour rappel, l’ancien ministre de l’Agriculture, de l’équipement rural et de la souveraineté alimentaire, Aly Ngouille Ndiaye, avait annoncé vendredi dernier la création de sa formation politique, le Parti pour la souveraineté et le développement, Jiitel Njarinu Reewmi (Psd Njariñe).
par Jaume Portelle Cano
OBLIGATIONS DE LA DIASPORA : UNE ALTERNATIVE POUR LE FINANCEMENT ?
Cette approche, déjà éprouvée par d'autres nations, promet de réduire drastiquement la charge de la dette tout en renforçant les liens avec les Sénégalais de l'étranger
Un PDF de 11 pages peut déclencher des changements politiques dans un pays de 54 millions d'habitants. C’est le cas ici. En proie à une lourde dette et en négociations avec le FMI, le Kenya a annoncé fin juin un plan économique prévoyant une hausse des impôts pour réduire le déficit budgétaire du gouvernement. Du pain aux transferts mobiles, tout était taxé. Avec une population frappée par l’inflation alimentaire, le plan a reçu le soutien des investisseurs, mais a été rejeté par les Kényans. Les manifestations ont fait au moins 39 morts et le parlement a été attaqué par certains manifestants. Cet épisode a conduit William Ruto, le président du Kenya, à annuler la loi.
C’était une démonstration de vitalité démocratique, mais une mauvaise nouvelle pour les investisseurs, comme l’a résumé un analyste des marchés émergents dans des déclarations à Bloomberg. Quelques jours après l’abandon des mesures, l’agence de notation Moody’s a abaissé la note de crédit du Kenya. Un signal clair : le Kenya, qui s’était endetté à plus de 10 % en février pour rembourser une obligation arrivant à échéance en juin, aura désormais un accès plus difficile aux marchés privés. Désormais, toute opération similaire lui coûtera probablement un taux supérieur à 10 %. Dans ces conditions, accéder au financement du FMI - à des taux d’intérêt plus bas - et accepter ses conditions devient presque une obligation.
C’est une impasse dans laquelle se trouvent tous les pays africains qui s’endettent en dollars sur le marché privé. Lorsque les taux d’intérêt augmentent à la Réserve fédérale et à la Banque centrale européenne, la fenêtre de financement se referme et ils se retrouvent piégés entre les créanciers privés et le FMI : soit ils acceptent de s’endetter à des taux prohibitifs, soit ils adhèrent à un plan d’ajustement structurel. Ils ne peuvent pas se passer de dollars : c’est avec eux qu’ils paient les importations de nourriture et de carburant, indispensables au bon fonctionnement de toute société.
Tant que le pays a accès aux prêts, il peut refinancer la dette peu avant l’échéance - emprunter 100 dollars pour rembourser les 100 dollars dus - et seuls les intérêts changent. Le problème survient lorsque la fenêtre est fermée ou que les prêts deviennent plus chers, transformant la boule de neige des intérêts en un fardeau qui s'accapare, année après année, une part importante des ressources du budget national. Au Kenya, en Angola, au Malawi, en Ouganda ou au Ghana, plus de 20 % des recettes publiques sont consacrées au paiement des intérêts de la dette. Deux pays dépassent les 30 % (Zambie et Nigeria), et l’Égypte a déjà franchi les 40 %. En mai, l’économiste bissau-guinéen Carlos Lopes écrivait que les pays africains avaient peu de chances de résoudre leur crise de la dette dans un système « truqué contre eux ».
Le financement comme point de départ
Le nouveau gouvernement sénégalais, présidé par Bassirou Diomaye Faye, a réussi à la fin du mois de mars à conclure l'une des histoires politiques les plus épiques de ces dernières années. Faye, qui était emprisonné, est passé en 11 jours de la prison à une victoire électorale dès le premier tour. Son principal soutien, le populaire Ousmane Sonko, est également sorti de prison et a joué un rôle clé dans la victoire contre Amadou Ba, dauphin du président sortant, Macky Sall. Leurs promesses ont reçu un fort soutien, notamment chez les jeunes Sénégalais. Pour l’instant, les premières initiatives en matière de politique économique ont suivi une ligne de continuité par rapport à l’administration précédente. Le FMI s’est félicité que le gouvernement de Faye reste engagé dans le programme de réformes existant et ait l’intention de poursuivre la « consolidation budgétaire ». La confiance des marchés financiers dans le nouveau gouvernement s’est manifestée avec la vente d’Eurobonds d’une valeur de 750 millions de dollars, à un taux d’intérêt de 7,75 % sur sept ans. Avec des échéances de dettes importantes en 2026, les promesses les plus radicales du programme - la sortie du franc CFA ou la renégociation des contrats d’exploitation des ressources naturelles avec des entreprises étrangères - semblent aujourd'hui un écho lointain. Avec un déficit commercial permanent, le Sénégal dispose de peu de marge de manœuvre pour réduire sa dépendance envers les prêteurs, qui, en conséquence, dictent les limites de ses politiques.
La nouvelle administration pourrait gagner un peu de répit grâce à sa diaspora croissante. La migration est, au Sénégal, un facteur économique de premier ordre : elle représente 10 % du PIB, et la population sénégalaise dispersée dans le monde a contribué en 2023 près de 3 milliards de dollars à l’économie nationale. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de transferts sporadiques qui contribuent à la consommation alimentaire et au paiement des factures courantes. Pendant la pandémie, ces envois ont été un véritable bouclier qui a permis au pays de tenir malgré la chute du tourisme. Ensuite, ils ont aidé à atténuer la hausse des prix alimentaires après la guerre en Ukraine. Cette diaspora, au fil des ans, a également pris une place politique. Au-delà du soutien financier, elle souhaite désormais participer au débat sur l’avenir du pays. Elle a joué un rôle clé dans le soutien financier au parti d’opposition qui a fini par remporter la présidence. Rarement diaspora et gouvernement sont aussi alignés qu’au Sénégal. À cet égard, les obligations de la diaspora pourraient être une option intéressante pour obtenir un financement - en dollars ou en euros - à un coût beaucoup plus bas. De cette manière, la diaspora pourrait transformer ses transferts périodiques en un levier d'investissement plus ambitieux.
Prenons l’exemple de la dernière euro-obligation vendue par le Sénégal. À 7,75 %, le Sénégal devra verser environ 58 millions de dollars d’intérêts chaque année pendant sept ans. Au total, il aura payé plus de 400 millions pour recevoir 750 millions. Une obligation de la diaspora est un instrument déjà utilisé par des pays comme Israël ou l’Inde. Le patriotisme des investisseurs permet d’obtenir des taux d’intérêt plus avantageux. Dans certains cas, ce type de financement est utilisé lorsque le pays a du mal à accéder aux financements - ce qui est précisément la situation actuelle des pays africains. Si le Sénégal pouvait vendre une obligation de 750 millions de dollars à sa diaspora avec un taux d’intérêt de 1 %, il économiserait plus de 50 millions de dollars d’intérêts annuels. Cet argent pourrait être réinvesti dans des écoles, des hôpitaux, des infrastructures ou des aides aux agriculteurs. Chaque année. Une augmentation de la production alimentaire au Sénégal réduirait la facture des importations de produits alimentaires tels que le riz (657 millions de dollars en 2022), le maïs (100 millions), les pommes de terre (32 millions) ou les oignons (113 millions).
Les économies réalisées sur la facture des importations permettraient de réinvestir cet argent au Sénégal ou de financer l’importation de machines pour améliorer la productivité agricole ou renforcer la souveraineté énergétique. Sur le point de devenir un producteur de pétrole et de gaz, le Sénégal disposera de nouvelles sources de revenus qui, sous la structure actuelle, serviront à payer les intérêts croissants du service de la dette. Ces intérêts élevés contribuent à maintenir la structure économique actuelle : face à la nécessité d’honorer les paiements annuels de la dette, le pays peine à financer un projet d’industrialisation. Il continue d'exporter des arachides - à qui un tiers de ses terres cultivées sont dédiées - sans transformation, comme à l'époque coloniale. Réduire la facture des intérêts ouvrirait la voie à une meilleure protection sociale ou à des investissements accrus, tout en permettant de mener une politique agricole avec plus de ressources ou de tenter de valoriser les ressources naturelles du pays.
Le court terme s'oppose au long terme
Réduire la quantité de fonds envoyés aux familles constituerait un changement important. Moins de fonds signifie également moins de consommation et moins de clients pour certains commerces. Cela provoquerait un choc pour l'économie locale. C'est le principal inconvénient potentiel d'une obligation de la diaspora, mais les bénéfices à moyen terme seraient considérables : une amélioration de la productivité agricole – obtenue grâce au soutien aux agriculteurs avec des engrais moins chers – augmenterait la quantité de nourriture disponible, réduisant ainsi les dépenses liées aux produits alimentaires importés, actuellement financées par ces envois d'argent. Une réduction structurelle des taux d'intérêt – si le Sénégal parvenait à réduire progressivement son portefeuille d'obligations à 7 % d'intérêt pour le convertir en un portefeuille avec des obligations à 1 % – libérerait des fonds pour financer une partie de cette transition pour les familles touchées. Le paiement des intérêts de la dette extérieure est l'une des dépenses les plus importantes du gouvernement sénégalais. En 2023, selon l'UNCTAD, le Sénégal a consacré 12,5 % des recettes de l'État au paiement des intérêts de sa dette. Avec des obligations de la diaspora et des investissements orientés vers l'agriculture locale, le Sénégal serait en mesure de réduire cette charge et de réaffecter ces fonds à sa population. Contrairement aux émissions obligataires, qui dépendent des fluctuations des marchés internationaux et des taux d'intérêt fixés par les banques centrales des pays riches, la diaspora envoie cet argent au Sénégal chaque année, quoi qu'il arrive. Ce qu'elle envoie représente déjà le double de l'aide internationale reçue par le pays. Si cet argent existe, pourquoi ne pas l'utiliser autrement ?
PAS DE MAJORITE POUR DES DICTATEURS, SELON OUMAR YOUM
Le coordonnateur départemental de l’APR de Mbour monte au créneau contre le nouveau pouvoir
Le coordonnateur départemental de l’APR de Mbour a présidé une assemblée générale de mobilisation en vue des législatives, ce lundi. Au cours de cette rencontre Maître Oumar Youm a estimé que » donner la majorité au pouvoir actuel c’est renforcer une dictature ».
» Donner au pouvoir la majorité à l’Assemblée nationale est gros de dangers. C’est renforcer la dictature. On vous avait bien dit de ne pas s’aventurer à voter pour ces gens-là qui n’atteignent pas Macky Sall à la cheville. Actuellement, tout le monde constate que tout est devenu plus cher, la viande, le poisson… », a déclaré Me Oumar Youm au cours de l’Assemblée générale.
« Le rapport du FMI sur le Sénégal est alarmant. Je parie qu’il y aura diminution de salaires car le président de la République a lui-même dit que la masse salariale est incontrôlée. En plus, il y a beaucoup de licenciements, à la Poste, à la Lonase, au Port. C’est pour toutes ces raisons que nous devons nous mobiliser avec nos alliés pour éviter que le pouvoir gagne les législatives. Nous devons faire preuve d’ouverture avec nos alliés car ce sera un choix difficile, celui des candidats » ajoute le maire de Thiadiaye
» Avec Macky Sally, il y avait une augmentation de la croissance, des terroirs émergents, des villages électrifiés, des cadres nommés à des postes de responsabilité. Il faut renaître l’espoir et faire du département un centre névralgique du Sénégal », souligne Oumar Youm.
Il n’a pas manqué de tirer à boulets rouges sur président de la République à qui il a reproché de ne pas tenir sa parole.
« En tant que fils du département de Mbour que Diomaye qui est un digne fils de Diegueme puisse en arriver à ne pas respecter sa parole. Ce n’est pas honorer sa communauté connue pour son sens élevé de l’honneur et du respect de la parole donnée », a-t-il souligné devant ses militants.
Beaucoup de responsables Apéristes ont brillé par leur absence à cette Assemblée générale où il n’ y avait que trois maires Alpha Samb de Nguéniéne, Aliou Gning de Sandiara et Oumar Youm de Thiadiaye.
Par Hamidou ANNE
VITE, UN FRONT REPUBLICAIN !
«Seule une main peut défaire ce qu’une autre a fait» serait la traduction plus ou moins proche du dicton wolof. Mais l’idée reste de mon point de vue sans nuance aucune : la démocratie a conduit au pouvoir un parti anti-démocratique et anti-républicain
«Seule une main peut défaire ce qu’une autre a fait» serait la traduction plus ou moins proche du dicton wolof. Mais l’idée reste de mon point de vue sans nuance aucune : la démocratie a conduit au pouvoir un parti anti-démocratique et anti-républicain. C’est à la démocratie d’enlever l’abcès Pastef du corps du Sénégal. En six mois, Pastef a montré qu’il n’était pas un parti de gouvernement. Il avait mis en avant une infrastructure insurrectionnelle censée le conduire au pouvoir et compte gouverner par la menace et l’outrance.
Ceux qui sont surpris par cette gouvernance chaotique me surprennent. Soit ils n’avaient pas assez observé ce parti dans l’opposition, soit ils étaient peu exigeants sur les valeurs démocratiques et républicaines, soit enfin ils ne sont pas de bonne foi. Ces gens ne peuvent pas gouverner dans la sérénité car ce sont des populistes dont les idées s’ancrent dans une perspective insurrectionnelle et dans une volonté de détruire les fondements de l’Etat laïc et républicain. Mon ami Yoro Dia a été bien inspiré un jour de souligner que le projet du parti Pastef relevait d’une «négation du Sénégal» par sa volonté de destruction du modèle social de concorde sociale et religieuse et d’ouverture du pays à tous les vents féconds du monde.
Six mois après l’arrivée au pouvoir de ces amateurs, les Sénégalais découvrent un chef de gouvernement plus prompt à aller au théâtre qu’à l’Assemblée ; en plus de sortir des énormités verbales dans une langue plus que sommaire. Pire, nos concitoyens se rappellent qu’entre deux missions du Fmi, la charge de gestion d’un Etat requiert sérieux et compétence et non verbiage et slogans vaseux. Le Fmi, qui soulignait, dans un compte-rendu du mois de mai 2024, que les signaux étaient au vert avec un déficit à 3,9% et une croissance à 7,1%, sonne désormais l’alarme et informe qu’en trois mois, tous les indicateurs sont passés au rouge. Le déficit passe à 7,5% et la croissance chute à 6%, avec une économie dont la perspective est négative. Le ralentissement économique reflète, selon le Fonds, «une activité plus faible dans les secteurs minier, de la construction et agro-industriel». Au lieu de s’acharner à maintenir la trajectoire vertueuse dessinée par le régime précédent, le gouvernement a versé dans des actions tape-à-l’œil de blocage systématique de l’activité économique. L’arrêt des chantiers sur le littoral, l’acharnement fiscal, les discours incendiaires vis-àvis de nos partenaires internationaux, les atermoiements sur le franc Cfa, les clins d’œil aux aventuriers de l’Aes, les purges annoncées par l’Exécutif, l’incompétence au sommet de l’Etat sont autant de facteurs qui déroutent les investisseurs, menacent le climat des affaires et freinent l’activité économique. Ils ont hérité d’un Sénégal sur une pente ascendante avec une signature crédible, des signaux au vert et dans une vraie dynamique d’émergence, et veulent le transformer en un petit Etat tropical du début des années 60 préoccupé par les règlements de comptes et les économies d’épicier, et les discours suspicieux propres aux dictatures de l’époque. Ils glosaient sur des milliers de cadres compétents et intègres, mais ont dû racler les fonds de tiroir pour trouver des ministres et directeurs généraux dont l’incompétence et l’irresponsabilité suintent à la première prise de parole. Les mêmes qui ont appelé au «Mortal Kombat» pour sauver le «Projet» ont avoué le 24 avril qu’ils n’en avaient pas un. Ils sont les mêmes à avoir rusé pour soustraire leur gourou de l’exigence constitutionnelle de la Déclaration de politique générale. Ces gens ont rompu avec la tradition de la concertation consacrée depuis 1991 en vue de l’organisation de chaque rendez-vous électoral.
Les violations de la loi se multiplient, de même que les volontés de règlements de comptes ; sans oublier les discours orduriers et les injures et propos outrageants à l’encontre des chefs religieux, autorités coutumières, journalistes et intellectuels qui ont l’outrecuidance de ne pas se soumettre aux désidératas du gourou et de son fidèle échanson.
Ceux-là qui appelaient à la préférence nationale voient leur ministre de la Santé assumer que la préférence allait au parti et à ses militants. Cheikh Tidiane Dièye, cet opportuniste qui a en plus le bon goût d’être un incompétent notoire, pense esquiver pour toujours le dossier de l’Onas, tandis que Cheikh Oumar Diagne est maintenu en fonction malgré son incompétence, ses diplômes douteux et ses propos sidérants menaçant l’unité et la sécurité nationales.
Pour les Législatives anticipées, les démocrates et républicains doivent se mobiliser afin de faire échec à ce régime dont la volonté est de nous maintenir dans des basses querelles de vaisselle et de micro-ondes, faute de vision solide et de solutions concrètes aux vrais enjeux économiques et sociaux.
La dissolution téléguidée, l’organisation chaotique du scrutin à venir et les menaces graves du parti Pastef sur l’unité nationale nous engagent et nous obligent. Au nom de la laïcité républicaine, des libertés publiques, du pouvoir d’achat et de la crédibilité du Sénégal à l’étranger, nous devons toutes et tous faire preuve de responsabilité avant que l’irréparable ne se produise.
En démocratie, entre républicains, nous sommes des adversaires opposés par des visions différentes sur la société et sur la manière de conduire nos stratégies de développement. Mais sur l’essentiel, qui consacre la préservation de la République, de la laïcité et du modèle social sénégalais, nous sommes assis sur le même socle érigé par nos Pères fondateurs. Ce n’est pas le cas de Pastef, qui est un parti fasciste, donc en dehors de l’arc républicain, et dont la pratique politique se fonde exclusivement sur la violence et la grossière manipulation.
Tout ceci nous oblige au combat avec rigueur, hargne et hardiesse afin de faire un demi-tour démocratique dès les Législatives et transformer l’essai en 2029. Le parti Pastef doit être une parenthèse dans la République, comme le nazisme l’a été en Allemagne.
Au regard de ce qui précède, je suis convaincu qu’un large rassemblement des forces politiques autour de l’impératif d’un Front républicain constitue une urgence. Les limites idéologiques de ce Front républicain sont l’adhésion aux valeurs de la République. Les familles politiques historiques, socialistes, libéraux et sociaux-libéraux, parce qu’elles ont fondé le Sénégal et gouverné jusque-là, ont une obligation de sauver la République du désastre Pastef, de l’islamisme rampant, des menaces sur les libertés, de l’effondrement économique et de l’isolement du Sénégal sur la scène internationale.
Ce rassemblement nécessite de l’ingéniosité grâce à l’expérience électorale des uns et des autres, de la générosité, du courage de décider parfois contre les siens et du sens du sacrifice pour la seule urgence valable : la République.
La République du Sénégal est menacée. Tâchons toutes et tous d’être à la hauteur de l’histoire et de l’exigence de sauver la Patrie républicaine outragée, menacée et désacralisée. Si le parti fasciste a entre les mains tous les leviers du pouvoir, il en sera fini du Sénégal dont nous avons hérité et qu’il nous incombe de transmettre comme legs précieux aux prochaines générations de Sénégalaises et de Sénégalais.
J’avais écrit dans ces mêmes colonnes ceci, le 26 mars dernier : «Dès la proclamation définitive des résultats, il faut offrir à la moitié des Sénégalais, qui ont refusé de confier le pays à des aventuriers, un horizon, un projet, un discours et un cadre d’expression pour une opposition exigeante sur les principes, intelligente sur la stratégie et innovante sur les méthodes. Dans ce chemin d’espérance qui doit surgir pour faire de la défaite du 24 mars un terreau fertile pour un sursaut vers des victoires futures, je suis prêt à assumer toute ma part de responsabilité.»
Pour ce scrutin, nous ne devons pas nous dérober face à nos responsabilités afin de faire face aux fascistes, au nom de la République et du vivre-ensemble.
Vite, un Front républicain !
CAPITAL MORTAL KOMBAT
Avec ses sept sièges convoités, Dakar devient le théâtre d'un affrontement politique majeur dans le cadre des élections législatives. Entre le nouveau pouvoir, Taxawu et Amadou Ba, c'est un combat à trois qui se profile
Si, à l’intérieur du pays, la course aux sièges sera âprement disputée pour ces Législatives anticipées, à Dakar, la bataille pour les 7 le sera davantage. Entre un nouveau pouvoir tenu de s’imposer, le camp de Taxawu, détenteur de la municipalité de cette ville et un Amadou Ba, chef de l’opposition obligé de s’affirmer dans son fief, l’enjeu augure un mortal kombat.
Le jackpot en vaut la chandelle ! Plus qu’un grenier de sièges pour l’Assemblée, Dakar est aussi politiquement convoitée du point de vue symbolique. Inutile donc de dire que c’est au cœur de cette capitale que vont se jouer les plus intenses joutes de ces Législatives anticipées. Mieux, le caractère quasi exceptionnel du contexte préfigure à lui seul la force de l’enjeu. Autrement dit, un parti présidentiel décidé à laver l’affront face à d’anciens alliés qu’il considère avoir conduit jusqu’à destination, avant d’être «trahi» en tant que locomotive électorale de Yewwi askan wi. Sur ce, les esprits sont évidemment braqués sur Khalifa Sall et ses camarades dont le plus ciblé Barthélémy Dias. Bien que frappé d’inéligibilité aux Législatives, le maire de Dakar est farouchement attendu sur le terrain par Abass Fall, patron de Pastef dans la capitale. «Ce qui est sûr, c’est que le Pastef va reprendre Dakar. On connait d’ailleurs le rôle que nous y avons joué lors des précédentes élections. Rien que pour la Présidentielle, nous avons remporté 280 000 voix. Surtout qu’on ne peut pas être un parti au pouvoir sans contrôler Dakar. Parce que qui gagne Dakar gagne le Sénégal», avait juré le parlementaire au cours de l’émission «Banc public» sur Seneweb. C’est dire que pour quelqu’un qui rêvait de conduire la liste de Yewwi à Dakar aux dernières Locales, puis Législatives avant d’être écarté au profit de Barth’, l’heure de la revanche a sonné.
«Borom Ndakaaru» menacé
Pour l’autre camp qui se revendique «Borom Ndakaaru», c’est aussi l’occasion de prouver qu’il reste maitre des lieux. Mieux, après la grosse déception de la Présidentielle, Khalifa Sall, ou Taxawu, court le risque de ne garder que la mairie. En attendant les prochaines Locales. Il est loin le temps où il mettait en ballotage le parti au pouvoir en 2017 avec une différence de 2000 voix dans le département de Dakar en faveur de Benno qui avait fini par rafler les 7 sièges. Une intercoalition avec le Ps et Amadou Ba ou le Pur comme annoncé sera-t-elle suffisant pour reprendre la main à Dakar, après le score fleuve de la coalition Diomaye Président à Dakar et ailleurs ? Taxawu n’a pas d’autre choix que de trouver une formule puissante à la dimension de YewwiWallu.
Amadou Ba contre l’Apr, le combat des frères ennemis
Prêt à se lancer dans sa «Nouvelle responsabilité» politique, Amadou Ba est l’autre baron attendu dans cette bataille de Dakar. À l’image d’un Abass Fall, lui aussi est sûrement loin d’avoir digéré le choix qui était porté sur Diouf Sarr comme tête de liste de Benno à Dakar aux Locales de janvier 2022. Probablement, l’Apr (re)mettra l’homme de Yoff dans la capitale. Emancipé du mentorat politique du Président Macky Sall qui l’avait contraint de faire profil bas, le leader de l’opposition (au regard des résultats de la dernière Présidentielle) n’a plus droit à l’échec dans son propre fief. Avec ces Législatives, il est appelé une nouvelle fois à prouver que c’était Macky Sall qui avait obstrué son ascension, quoique n’importe quel schéma aurait difficilement résisté à la vague YewwiWallu en 2022. Et pour un homme politique de sa trempe qui aspire à la Présidence, c’est maintenant ou jamais !
LE PARTI DÉMOCRATIQUE SÉNÉGALAIS DANS UN JEU DÉCIDÉMENT ILLISIBLE
Tiraillé entre alliances controversées et dissensions internes, le PDS peine à trouver sa place dans le nouveau paysage politique. À l'approche des législatives du 17 novembre, le spectre d'une division profonde plan sur cette formation historique
Le Parti démocratique sénégalais (Pds) risque d’aller aux élections législatives du 17 novembre prochain en rangs dispersés. Des dissidents de ce parti voulaient tenir hier une conférence de presse pour exprimer leur position et se démarquer du choix fait par la direction officielle de s’allier avec l’Alliance Pour la République à ce scrutin. Depuis sa perte du pouvoir en 2012, ce parti libéral qui mena tant de batailles pour l’avènement et la consolidation de la démocratie dans notre pays peine à rebondir.
Depuis 12 ans, il en est réduit à nouer des alliances ou à se faire remorquer pour survivre sur la scène politique nationale. Ce qui fait qu’il est difficile de mesurer son vrai poids électoral. Le parti de Me Wade doit ses sièges de la quatorzième législature, qui vient d’être dissoute par le président de la République Bassirou Diomaye Faye au soutien du leader de Pastef, l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait battu campagne et incité les électeurs à voter pour lui dans certains départements. Le parti de l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, avait participé à ce scrutin sous la bannière de la coalition Wallu dont il était la locomotive. Par la suite, cette dernière avait fondé avec la coalition dirigée par Ousmane Sonko l’inter-coalition Wallu-Yewwi pour essayer d’imposer une cohabitation avec l’ancienne majorité, Benno Bokk Yaakar (BBY). À l’arrivée, lors de l’installation des députés de la 14ème législature, le Pds avait profité de l’inexpérience politique de Yewwi Askan Wi (YAW), pour constituer son propre groupe parlementaire « des libéraux et démocrates » présidé par l’expérimenté Mamadou Lamine Thiam. Après avoir été élus grâce à Ousmane Sonko, aussi bien le Pds que Takhawou Sénégal, le mouvement dirigé par Khalifa Sall, n’avaient pas tardé à s’éloigner de leurs bienfaiteurs de Pastef n’hésitant pas même parfois à les poignarder dans le dos. En flirtant notamment avec l’ancienne majorité au pouvoir. C’est donc instruits par l’expérience et en ayant en tête que chat échaudé craint l’eau froide, que les dirigeants de Pastef ont décidé cette fois-ci de présenter une liste de leur seul parti pour les législatives du 17 novembre prochain. Ce même s’ils n’excluent pas de coopter à l’intérieur de celle-là des responsables de partis alliés dans le cadre de la coalition « Diomaye Président » qui porta l’actuel chef de l’Etat au pouvoir. Selon certains observateurs politiques, toutefois, cette option de faire cavalier seul constitue un pari risqué pour le parti dirigé par Ousmane Sonko. Des observateurs politiques qui semblent toutefois oublier que l’actuel Premier ministre est un homme de défis !
Les magouilles du Parti !
Pour en revenir au Parti démocratique sénégalais, il a joué un rôle déterminant dans le report de la présidentielle du 24 février dernier jusqu’au mois de mars qui a suivi. Après que son candidat Karim Wade a été recalé par le Conseil constitutionnel pour cause de double nationalité, le Pds avait accusé les magistrats du Conseil constitutionnel d’avoir été corrompus par le candidat de Benno, Amadou Ba. À quelques heures du démarrage de la campagne électorale pour l’élection présidentielle du 24 février, l’ancien président de la République, Macky Sall qui, décidément, voulait encore s’accrocher au pouvoir, même s’il disait le contraire, avait abrogé le décret convoquant le collège électoral, le temps, disait-il, de permettre de faire la lumière sur cette affaire. Les députés de Benno, de connivence avec ceux du Pds, avaient voté le report de la présidentielle jusqu’en décembre avant que cette décision soit retoquée par le Conseil constitutionnel qui avait imposé la date du 24 mars à laquelle l’élection présidentielle s’est effectivement tenue. Elle avait permis la survenue d’une troisième alternance à la tête du pays. L’Apr, autrefois locomotive de la coalition Benno Bokk Yaakaar, a perdu le pouvoir lors de l’élection présidentielle de mars 2024. Quelques mois après cette défaite, l’ancien président Macky a officiellement dissous Bby, marquant la fin d’une coalition politique majeure qui avait dominé la scène sénégalaise pendant 12 ans.
Le Pds malgré lui, alliance contre nature !
Après avoir soutenu la candidature de Bassirou Diomaye Faye président à la présidentielle du 24 mars, le Parti démocratique sénégalais s’était rapproché du nouveau régime lors des plénières à l’Assemblée nationale face à la majorité Benno. Contre toute attente, pourtant, pour les législatives du 17 novembre prochain, le parti de l’ancien président, Me Abdoulaye Wade, a décidé de rejoindre celui du tombeur de ce dernier c’est-à-dire l’Apr de Macky Sall. Le Parti démocratique sénégalais (Pds) et l’Alliance pour la République (Apr) ont en effet annoncé la formation d’une grande coalition en perspective de ce scrutin. Une alliance contre nature au regard du lourd contentieux entre les deux formations. Toutefois, c’est l’instinct de survie qui a prévalu dans ces deux partis qui se sont succédé au pouvoir. Conscients que, seuls, ils risquent d’être écrasés par le rouleau compresseur Pastef, ils ont choisi d’unir leurs forces pour limiter les dégâts. Carsi, après la perte du pouvoir en 2012, le Pds a subi une saignée au profit de l’Apr qui avait encouragé à fond la transhumance de ses principaux cadres, la famille libérale, l’Apr, à on tour, subit un retour de flammes. En effet, plusieurs de ses cadres, et non des moindres, l’ont quitté le parti et certains d’entre eux ont rejoint Amadou Bâ, candidat de Bby lors de la dernière présidentielle et leader d’un mouvement dénommé Nouvelle Responsabilité. L’ancien Premier ministre et candidat malheureux de Benno Bokk Yaakar (BBY) lors de la dernière présidentielle est en discussions avec le Parti Socialiste et Taxawu Sénégal, le mouvement de l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, en vue de former une coalition pour ces législatives de novembre. L’Apr quant à elle, on l’a vu, malgré ses divisions internes, a décidé de s’unir avec son ancien frère ennemi du Pds, de l’ancien président de la République Me Abdoulaye Wade.
Le risque d’aller aux législatives en rangs dispersés !
Toutefois, alliance avec l’Apr ou pas, le Pds risque d’aller aux législatives en rangs dispersés. Des dissidents de ce vieux parti créé en 1974 voulaient d’ailleurs tenir une conférence de presse hier pour exprimer leur position et se démarquer du choix de la direction du parti. Dans un communiqué rendu public, son porte-parole, Bachir Diawara, a apporté des clarifications. Il porte à la connaissance de tous que cette invitation est fausse et n’émane pas du PDS. «Nous informons la presse nationale et internationale que l’invitation du PDS à une conférence de presse, dans un restaurant d’un quartier de Dakar, n’émane pas de notre parti et constitue une manœuvre frauduleuse d’individus qui utilisent illégalement les couleurs et le sigle de notre parti ». Dénonçant un canular, Bachir Diawara invite les militants et sympathisants à plus de vigilance. « Le PDS n’est pas à l’origine de cette invitation et de cette conférence de presse, il s’agit d’un canular organisé par une petite poignée d’individus au service de l’éternel perdant qui ferait mieux de s’expliquer sur l’affaire de corruption ayant empêché la candidature notre candidat Karim Wade. Nous demandons à tous les militants et sympathisants du PDS de rester alertes, vigilants et à l’écoute des directives du Parti. Vive le PDS », lit-on dans le communiqué signé par Bachir Diawara. Les libéraux se recherchent pour exister face à la nouvelle configuration politique incarnée par la jeunesse. La présidentielle du 24 mars a signé le déclin ou la mort anticipée des idéologies politiques. Vivement un rajeunissement du parti de l’ancien président de la République Abdoulaye Wade dont le fils est toujours en exil au Qatar !