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6 avril 2025
Politique
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TIKTOK ET LE MIRAGE DE LA MIGRATION
Chaque jour, des dizaines de jeunes sénégalais quittent tout, hypnotisés par les sirènes numériques d'une meilleure vie en Europe. Mais derrière les filtres et la musique entraînante se cache une traversée mortelle
Les réseaux sociaux ont changé la façon dont les gens migrent. Au Sénégal, de nombreux jeunes utilisent TikTok pour entrer en contact avec ceux qui sont arrivés avec succès en Espagne. Mais la route à travers l'Atlantique est souvent beaucoup plus difficile que ce qui est présenté en ligne.
Ce film suit deux amis essayant de réaliser leur rêve européen.
CHEIKH OUMAR ANNE POINTE DE NOMBREUSES FAILLES DANS L'ORGANISATION DES LEGISLATIVES
En marge de la rencontre entre une délégation de la Nouvelle responsabilité et celle de l’Alliance des forces de progrès pour sceller une alliance en vue des Législatives anticipées, Cheikh Oumar Anne a asséné ses vérités sur le processus électoral.
En marge de la rencontre entre une délégation de la Nouvelle responsabilité et celle de l’Alliance des forces de progrès pour sceller une alliance en vue des Législatives anticipées, Cheikh Oumar Anne a asséné ses vérités sur le processus électoral.
‘’Nous allons vers des élections exceptionnelles, anticipées. Les élections doivent être organisées en 60 jours dans une opacité qu’on n’a jamais vue depuis 1993, dans une insolence jamais vu de ceux qui nous gouvernent. Tous les acteurs sont quasiment exclus du processus. Alors que ce processus appelle un engagement, un comportement. Au Sénégal, on n’a fait 3 alternances. Le minimum est qu’on se concerte avant d’aller à des élections’’, a martelé le maire de Ndioum.
Avant d’ajouter : ‘’L’Assemblée nationale a été dissoute et on va à des élections où il n’y a pas de budget. Ni pour la confection des bulletins de vote ni pour les autres aspects logistiques. Pour les bulletins de vote, il faudra produire 7,5 millions de bulletins par candidat. S’il y a 50 listes, le coût total pourrait s’élever à 140 milliards de francs CFA’’. Proche de l’ancien Premier ministre Amadou Ba, Cheikh Oumar Anne n’a pas manqué de déplorer l’attitude du ministre de l’Intérieur. ‘’Il a montré qu’il est partisan. Il faut que les gens discutent pour voir comment organiser ces élections. Il faut que le peuple sénégalais sache comment on va trouver ces 140 milliards. Il faut un dispositif qui permette de contrôler le processus électoral. Ce sont eux qui appellent à la transparence, ils n’ont qu’à faire du ‘jubal’. Il faut permettre aux gens de s’organiser pour avoir des représentants dans tous les bureaux de vote, pour contrôler la mise à disposition de leurs bulletins dans tous les bureaux de vote du Sénégal. Ce sont des batailles qu’il faudra mener’’.
Et pour l’ancien ministre de l’Education, il revient aux membres de la société civile de prendre en charge ces questions. ‘’Nous irons à la rencontre des Sénégalais pour leur dire que c’est l’expérience, l’expertise, la compétence, qui peuvent sauver le Sénégal. Et nous savons que tout cela ne se trouve pas de l’autre côté. Ils sont à la tête du pays depuis 6 mois, mais ils ne peuvent rien faire’’, conclut M. Anne.
DIOMAYE ET SONKO PASSES A LA LOUPE
La Fondation Konrad Adenauer et WATHI ont organisé hier, mercredi 25 septembre 2024 une table ronde sur le thème : « La victoire du président Faye et les premiers mois de gouvernance au Sénégal ».
La Fondation Konrad Adenauer et WATHI ont organisé hier, mercredi 25 septembre 2024 une table ronde sur le thème : « La victoire du président Faye et les premiers mois de gouvernance au Sénégal ». Ce cadre de réflexion tenu dans les locaux du bureau de la Fondation Konrad Adenauer Sénégal, a permis au participants de discuter des premiers mois de la présidence de Bassirou Diomaye Faye, du gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, de revenir aussi sur les élections présidentielles qui ont eu lieu ici au Sénégal, le sentiment de soulagement qui en a suivi cette élection…
«Les premiers mois de la présidence de Bassirou Diomaye Faye reflètent une volonté de “rupture”, mais la capacité à maintenir cette dynamique de réforme et à répondre aux attentes de la population sera déterminante pour la réussite de son mandat et la consolidation de la démocratie au Sénégal ». C’est ce qu’ont essayé de faire comprendre dans un document les deux structures organisatrices de la table ronde. Ainsi, l’objet de cette table ronde selon Gilles Yabi, directeur exécutif de WATHI, c’était de discuter des premiers mois de la présidence de Bassirou Diomaye Faye, du gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, de revenir aussi sur les élections présidentielles qui ont eu lieu ici au Sénégal, le sentiment de soulagement qui a suivi cette élection…
Interrogée sur le choix de certaines personnalités neutres dans certains postes stratégiques, Aida Diop, Géologue, expert en gouvernance minière, pétrolière énergétique et genre, a analysé ce choix comme un signe de prudence ou de recherche de stabilité. Aussi le fait de nommer des personnalités non affiliées politiquement à des ministères aussi stratégiques ajoute-t-elle peut être aussi une volonté de renforcer l’indépendance de certaines institutions qui sont sensibles ou bien de réitérer l’engagement du gouvernement par rapport aujourd’hui, la confiance parce qu’ils avaient vendu un rêve. Avec ces personnalités peut-être ils vont contribuer apporter ce changement… »
De son côté Hamadou Tidiane Sy, directeur de Ejicom, lui parle nominations revanchardes. M. Sy rappelle avoir attiré l’attention en disant dès la nomination du Général Tine que c’était des nominations revanchardes. « C’est des gens qui ont été mis à l’écart qu’on a ramené », a fait savoir Tidiane Sy. Par ailleurs, le directeur de Ejicom trouve que les choses ne sont pas en train de changer, ce malgré les promesses de ruptures annoncées par les nouvelles autorités. Pour lui « Le premier scandale de ce gouvernement, on serait dans un pays où on nous a promis la rupture, un ministre qui est cité dans une affaire de corruption, on le met de côté en attendant qu’on règle les problèmes. »
Gaëlle Babacar Mbaye de son côté, est revenue sur la polémique liée à la faible présence des femmes dans l’attelage gouvernement. Prenant le contrepied de ses camarades féministes, Mme Mbaye estime qu’il faut plutôt évaluer les succès et l’échec de leur combat pour les droits des femmes. « Nous avons essayé aujourd’hui, avec la parité à l’assemblée nationale qui sont là-bas, et malheureusement, nous avons rarement vu des femmes parlementaires portées le combats des femmes au niveau local, portées des inquiétudes des femmes qui sont portés par des femmes qui sont dans les zones les plus reculées du Sénégal », a-t-elle indiqué, soutenant qu’ « Aujourd’hui, ce que j’aurai peut-être suggéré c’est d’évaluer le succès ou l’échec de nos combats, le succès ou l’échec de cette parité. »
TIRAGE AU SORT POUR DETERMINER L’ORDRE DE DEPOT DES DOSSIERS DE CANDIDATURE CE JOUR
La Direction générale des élections (DGE) procède ce jeudi, à partir de 10 heures, dans ses locaux, au tirage au sort devant déterminer l’ordre de passage des partis, coalitions politiques et entités indépendantes pour le dépôt des dossiers de candidature
Dakar, 26 sept (APS)– La Direction générale des élections (DGE) procède ce jeudi, à partir de 10 heures, dans ses locaux, au tirage au sort devant déterminer l’ordre de passage des partis, coalitions politiques et entités indépendantes pour le dépôt des dossiers de candidature prévu samedi, a-t-on appros de source officielle.
Il y a lieu de préciser que le tirage au sort concerne toutes les formations politiques et entités indépendantes désireuses de participer aux élections législatives anticipées du 17 novembre prochain, indique la structure du ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
LES DERNIERES CONFIDENCES DU PROFESSEUR MBOW
Interview rééditée - Le 6 juin 2017, le Professeur Amadou Makhtar Mbow avait décidé de briser le silence pour les auditeurs de Sud FM, les lecteurs de Sud Quotidien et les internautes de sudonline.sn.
Recueillis par Abdoulaye Thiam et Baye Oumar GUEYE |
Publication 26/09/2024
Le 6 juin 2017, le Professeur Amadou Makhtar Mbow avait décidé de briser le silence pour les auditeurs de Sud FM, les lecteurs de Sud Quotidien et les internautes de sudonline.sn. Dans une interview Grand Format qu’il avait accordée à Baye Oumar Guèye, directeur général de Sud FM et Abdoulaye Thiam, Rédacteur en Chef de Sud Quotidien, il y avait abordé son passage à l’Unesco (1974-1987) où son nom restera à jamais graver dans les annales avec le fameux NOMIC (Nouvel Ordre Mondial de l’Information et de la Communication) et ses bisbilles avec les Etats-Unis d’Amérique. Le Professeur Mbow a aussi revisité les Assises nationales qui avaient sorti Me Abdoulaye Wade, alors président de la République, de ses gonds mais aussi la controverse née de la publication du rapport de la Commission nationale de reforme des institutions (CNRI) qu’il avait également pilotée. Ayant toujours répondu à l’appel du peuple, nonobstant ses 96 ans d’alors, Mbow, telle une bibliothèque ambulante, nous avait retracé avec précision le film des douloureux événements de décembre 1962. Entre anecdotes et confidences, il admettra que l’envol du Sénégal a été plombé par la rupture entre Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia et que l’indépendance d’alors n’en est était une. Pour ses 100 ans, Sud Quotidien réédite pour ses lecteurs cette interview publiée le 7 juillet 2017 tout en lui souhaitant un joyeux anniversaire.
«NAISSANCE DE L’UPS»
«Nous décidons alors d’adhérer au parti de Senghor. Mais avant de le faire, nous sommes allés quand même voir les autres partis, notamment Lamine Guèye, l’UDS et d’autres. Nous leur avons dit que nous allons dans le parti de Senghor qui était d’accord en faisant un appel pour l’unification des partis politiques. C’est de là qu’est sorti l’UPS. Et nous avons unifié les partis sénégalais. Nous avons voulu unifier les partis de l’Afrique de l’Ouest. La RDA n’est pas venue avec nous. Mais nous avons tenu un congrès à Cotonou, en juillet 1958, et ce congrès constitutif, sans la RDA, a créé le PRA (Parti du regroupement africain) et qui a opté pour l’indépendance immédiate, la fédération africaine, la confédération avec la France disant: «nous ne pouvons pas discuter avec la France tant que nous n’avons pas, nous-mêmes, notre indépendance. Et, notre indépendance, nous la voulions avec la Fédération africaine». En 1958, le conseil de l’UPS se réunit à Rufisque. Senghor et Mamadou Dia optent pour la communauté. Nous, nous disons non. Nous sommes pour l’indépendance et nous quittons le Congrès pour créer, dans la nuit même, chez Gabin Guèye, à Rufisque, le Parti du regroupement africain Sénégal (PRA/Sénégal) en disant: «nous restons fidèles au mot d’ordre de Cotonou». Nous quittons le gouvernement. J’étais ministre de l’Education, de la Culture, de la Jeunesse et des Sports ; Latyr Camara était ministre de la Fonction publique ; Jaraf Diouf était ministre des Travaux publics ; Abdoulaye Ly avait été ministre du Commerce mais il avait auparavant démissionné. Nous avons, à notre tour, démissionné et formé le PRA/Sénégal et nous avons continué notre bataille pour l’indépendance du Sénégal. Evidement, nous avons perdu le référendum, mais nous avons continué à lutter.
LA VISITE DE DE GAULLE A DAKAR
Le Général Charles De Gaulle est venu à Dakar en 1958. Je n’y étais pas. Lamine Guèye et le gouvernement dont je faisais partie, l’ont reçu par la voix de Valdiodio Ndiaye. Evidemment, les étudiants sénégalais en France et les étudiants sénégalais à Dakar, qui étaient pour l’indépendance, tiendront une manifestation avec les partis politiques, comme l’UDS d’ailleurs, mais également l’UPS. Le mot d’ordre de Cotonou était l’indépendance. En ce moment, on n’avait pas encore fait la réunion de Rufisque où Senghor et Mamadou Dia vont nous entrainer dans la communauté. Nous nous sommes réunis à Rufisque pour le conseil de l’Ups. Senghor et Dia disent qu’ils vont opter pour la communauté. Dia expliquera pourquoi. Je rappelle que quand Dia est venu à Cotonou, Senghor devait faire le rapport politique, mais il avait refusé de nous le donner. J’étais dans la délégation sénégalaise avec Abdoulaye Ly. Pr Assane Seck devrait y être, mais à la dernière minute, il y a eu quelqu’un de sa famille qui était malade.
La majorité était pour l’indépendance immédiate. On s’est réuni et on a dit à Mamadou Dia: «Senghor refuse de nous donner le rapport politique qu’il a fait mais nous sommes pour l’indépendance immédiate». Mamadou Dia répond: «je suis la majorité». Il a défendu qu’il était pour l’indépendance immédiate à Cotonou.
Après, parait-il que Senghor lui a dit : «Mamadou, j’ai promis à De Gaulle et à Pompidou de voter pour la communauté». Dia dit à Senghor que ce n’est pas possible. Senghor lui dit : «rentrons dans la communauté et au bout de quelque temps, on demande à sortir». Quand on a fait Cotonou, ils ont obtenu de De Gaulle qu’on mette dans la nouvelle Constitution qu’on peut sortir de la communauté. Senghor a dit à Dia que nous ne sommes pas prêts pour l’indépendance. On demandera l’indépendance quand on sera prêt. Dia lui a répondu: «dans combien de temps ?» Senghor aurait dit : «dans 25 ans !». Je n’étais pas là, je ne peux pas te dire comment ça s’est passé. Mais, quoi qu’il en soit, quand ils sont venus, ils ont fait la fédération avec le Mali. De Gaulle a dit: «on construit maintenant des gouvernements autonomes, la France s’occupe de la défense et des affaires étrangères, tout le reste dépend de la communauté. Il devait y avoir un gouvernement de la communauté en France qui n’a pas été créé.
Bref, le Mali est constitué et c’est la fédération du Mali qui va demander l’indépendance. Et c’est Mamadou Dia qui ira signer l’indépendance. De Gaulle n’a pas voulu donner l’indépendance à la fédération malienne, il a voulu donné l’indépendance aux Sénégalais et au Soudan. Evidemment, on a eu l’indépendance. Il y a eu l’éclatement de l’indépendance parce que les Soudanais voulaient donner la présidence du Mali à Lamine Guèye or, Senghor et le Sénégal voulaient la présidence du Mali. Mais quand de Gaulle était venu, il y a longtemps, Senghor et Dia étaient absents. Mamadou Dia lui, avait le glaucome. Il était parti se soigner en France. Ils ont laissé donc les seconds couteaux s’arranger avec De Gaulle.
«L’INDEPENDANCE N’A JAMAIS ETE UNE INDEPENDANCE»
«Nous, nous étions dans l’opposition. Il y avait, à mon avis, une divergence politique profonde entre Mamadou Dia et Léopold Sédar Senghor. Les orientations n’étaient pas les mêmes. Mamadou Dia est allé en Russie ou quelque part dans un pays du bloc de l’Est. N’oubliez pas que nous sommes en pleine guerre froide et on reprochait certainement à Mamadou Dia de vouloir s’approcher des soviétiques. Mais en réalité, l’indépendance n’a jamais été une indépendance. Il faut être honnête et dire les choses telles qu’elles sont. On nous a donné l’indépendance, mais il faut reconnaitre que toutes nos orientations allaient dans le sens des intérêts français et des intérêts français qui existaient ici au moment de la colonisation même à l’heure actuelle, nous en sommes encore là. Il faut être honnête. Evidemment, est-ce qu’on pourrait choisir une autre voie ?
Certains diront non, d’autres diront oui. Nous, nous disions, qu’il fallait quand même rompre avec le système colonial, c’était notre option quand nous étions en France. Nous nous disions: «nous n’aurons justes que des relations amicales et cordiales avec la France. Je l’ai fait d’ailleurs à l’Unesco. Mais nous disons que la colonisation c’est fini ! Il faut en finir avec toutes les structures nées de la colonisation. Il faut que nous prenions nos responsabilités, il faut que nous essayions de bâtir notre nation, nous-mêmes, par nous-mêmes, avec nos moyens».
OU SE SITUE L’ECHEC ?
«Je ne veux pas situer de responsabilités. Je peux simplement redire une chose. C’est que nous, nous sommes revenus en politique avec Senghor en 1966. C’est le PRA qui va négocier avec Senghor, pas moi. Des bruits courraient, des rumeurs dans les années 1964 faisant état d’un coup d’état au Sénégal. On a même cité les noms d’officiers, mais je ne les cite pas, parce qu’en réalité ils n’ont pas fait de coup d’Etat.
En 1967, quand je suis affecté, on est venu me chercher, on m’a demandé de venir servir à l’Ecole normale supérieure pour former les professeurs de premier cycle de l’école de l’enseignement secondaire, aussi bien du point de vue historique, géographique et pédagogique. Un beau jour, un des amis de mon oncle, Mix Guèye, m’interpelle: «Il y a un de ses amis, Jean Alfred Diallo avait voulu me connaître». Il est arrivé au Sénégal comme capitaine et comme commandant du génie militaire français à Bargny et il avait suivi mon parcours comme ministre de l’Education sous la loi Cadre. C’est moi qui avais créé les collèges d’enseignement général. Pourquoi ? D’abord j’ai créé les collèges parce que quand je suis devenu ministre en 1957, le concours d’entrée en 6ème a lieu en juin. Il y a eu beaucoup d’élèves admis en 6ème. J’ai demandé à l’inspecteur d’académie, il me dit: «on ne peut admettre que selon les disponibilités dans les lycées et collèges qui existaient». Or, il n’y avait que les lycées Faidherbe et Peytavin à Saint-Louis (technique), les Collèges Maurice de Lafosse, le lycée Van Vo Dakar, le Collège Blanchot à Saint-Louis. Ça ne faisait pas la moitié des élèves qui avaient la moyenne. J’ai dit qu’il faut qu’on les recrute tous. Je suis allé en France pour recruter les bons instituteurs pour les affecter dans les 6ème et des Professeurs.
Jean Alfred Diallo me dit: «je sais que vous êtes dans l’opposition. J’ai dit au président (Senghor) que le pays ne peut plus continuer comme ça». Il me dit ensuite: «il y a des ministres qui sont non seulement incompétents mais aussi corrompus. J’ai dit au président que les gens compétents sont à l’extérieur, dans l’opposition». Je lui ai répondu: «Jean Alfred, si Senghor veut discuter, il n’a qu’à discuter avec l’opposition et avec le PRA, pas avec moi. Je ne suis pas l’opposition».
Par la suite, le PRA s’est réuni. Il y avait évidemment des points de vue différents. Il y en a qui étaient d’accord avec Senghor, d’autres non. Mais nous nous sommes réunis en Conseil national. Senghor a fini par s’adresser au PRA. Je ne cache pas que j’ai rencontré Senghor à l’époque et je lui dis: «je ne discuterais pas avec vous des problèmes politiques. Vous allez le faire avec le PRA/Sénégal dont je suis membre». Senghor a dû appeler Abdoulaye Ly qu’il avait mis en prison. Sur les raisons de l’arrestation de Abdoulaye Ly, j’ai demandé à ce que son communiqué soit signé par tous les membres du Bureau politique. J’ai dit à Senghor nous mettra tous en prison ou ne mettra personne en prison. Abdoulaye Ly qui état le secrétaire général du parti, a voulu épargner les autres. Senghor l’a appelé et a discuté avec lui jusqu’à ce qu’on soit d’accord qu’il y ait une négociation. Je n’ai pas fait partie de la délégation du Pra/Sénégal qui a négocié avec Senghor. On a constitué une délégation avec Abdoulaye Guèye et d’autres. On a négocié et Senghor était d’accord avec nous sur, d’abord, qu’on change l’orientation politique. Malheureusement, ça ne s’est pas fait et ça a abouti aux événements de 1968».
CE QUE LES SENEGALAIS IGNORENT DES EVENEMENTS DE 1968
«En 1968, il y a eu quelque chose que les Sénégalais ne savent pas. Il y a eu une délégation militaire qui est allée voir Senghor. Un de mes neveux en faisait partie pour régler les problèmes et dire à Senghor qu’il faut discuter avec le syndicat pour lever la grève. En réalité, quand Senghor est arrivé, parait-il, il leur a dit: «vous prenez le pouvoir, faites ceci, faites cela». Ils ont répondu: «Non Président ! Nous ne sommes pas venus pour prendre le pouvoir. Vous êtes le Président, c’est vous qui avez le pouvoir, mais nous demandons de faire ceci, ceci, cela pour sauver le pays». Le Sénégal est un pays assez singulier dans la mesure où nous sommes un pays attaché à certaines valeurs démocratiques. Les militaires n’ont jamais considéré qu’ils doivent prendre le pouvoir. Ils ont d’abord une éducation africaine qui les y écarte. Ensuite, ils ont une éducation moderne qui les y écarte. Nous ne sommes pas des aventuriers, c’est ça notre avantage. Les gens sont éduqués de telle sorte, il y a eu peut-être quelques uns qui ont été tentés par l’aventure, je le sais (éclats de rire) mais qui n’ont pas réussi à entrainer leurs camarades dans l’aventure. Quoi qu’il en soit, Senghor demande à Alfred Diallo de lui faire une proposition. Alfred Diallo, lui demanda d’écarter des gens du gouvernement. J’ai la note dans mes archives quelque part. Jean Alfred Diallo a agi de façon très diplomatique. Il n’a pas dit qu’ils étaient venus dire à Senghor de ne pas changer les choses. Il a dit : «vous m’avez dit de vous faire des suggestions, voici les suggestions». Jean Alfred Diallo était un homme de grande qualité humaine mais les gens ne le connaissent pas.
SELON CERTAINS, L’ENVOL DU SENEGAL A ETE PLOMBE PAR CETTE RUPTURE ENTRE SENGHOR ET MAMADOU DIA ? ESTCE VOTRE AVIS ?
Ça a certainement joué un rôle. Les points de vue étaient différents sur la façon de percevoir le Sénégal. Il faut reconnaitre que Mamadou Dia était un homme très têtu, il croyait au pays, il a fait des erreurs. Ce sont ces erreurs qui l’ont perdu. Ces erreurs, c’est le renvoi des fonctionnaires en 1959. Moi, j’ai été suspendu en 1959. Mais Senghor m’a envoyé son chef de cabinet pour me dire qu’il n’en était pour rien, que c’était Mamadou Dia. Pourtant, j’étais un proche de Mamadou Dia quand nous étions dans le gouvernement. Il était un grand patriote, il a peut-être commis des erreurs, comme tout le monde en commet. Mais, je crois qu’il y a eu plusieurs évènements qui ont contribué à créer la situation».
L’ECOLE SENEGALAISE D’HIER A AUJOURD’HUI
«Au Sénégal, il y a du tout. Il y a des meilleures personnes du monde, comme on trouve également des gens qui ne sont pas bien du tout dans ce pays. Mais, ce pays avait des valeurs. Il y a des choses qu’un sénégalais ne pouvait pas se permettre de faire en regardant les autres sénégalais en face. Notre génération avait été élevée comme ça, peut-être qu’il y a eu d’autres qui l’ont commencé. Parce que les gens s’entraidaient. Nos pères nous avaient appris, nous, qu’on n’était pas seul au monde, qu’on ne pouvait pas manger alors que nos voisins n’avaient pas mangé. On nous élevait pour que jamais, on nous mente. On nous élevait dans la solidarité, dans la responsabilité. Mêmes gosses, nous étions responsables dans nos familles. Nous étions responsables vis-à-vis de nos voisins. Moi, je le crois avoir transmis à mes enfants. Quand je suis allé en France pour la première fois, en 1940, à mon retour, ma tante me dit: «Makhtar, tu es allé jusqu’en France. Mais, est-ce que tu es allé une seule fois chez ton grand-père ?». En 1941, je suis allé au village natal de mon père, de mon arrière grand-père, du côté de mon père à Ngaye. Et, depuis ce temps, je suis lié aux gens de Mekhé, de Ngaye».
RELATIONS ET AMOUR POUR HAÏTI
«J’ai épousé une haïtienne. Haïti est un pays extraordinaire. J’ai connu ma femme à Paris, à la Sorbonne, elle était étudiante en histoire comme moi. Son père était ambassadeur à Bruxelles. Nous nous sommes connus, nous avons noué des relations amicales et nous sommes fiancés, nous nous sommes mariés. Son père était un universitaire et un diplomate à Bruxelles. J’étais comme un fils pour mon beau-père parce qu’il n’avait que des filles. Son parcours me rappelait un peu le mien. Mon beau-père a été mis en prison pendant 5 ans par son propre cousin, par le ministre de l’Intérieur, parce qu’il était consul général d’Haïti à Saint Domingue. Il avait dénoncé le ministre de l’Intérieur qui trafiquait les Haïtiens comme des esclaves avec des Planteurs de la République dominicaine. Il a alors démissionné de son poste, il est revenu à Haïti, a fondé son parti et s’est mis à attaquer ce ministre de l’Intérieur. Il est arrêté et mis en prison. Mais sa chance, c’est que le chef de la prison qui était un colonel avait beaucoup d’admiration pour lui. Quand ma femme allait le voir en prison, ce n’était pas au parloir, c’était au bureau du commandant du camp. La famille de ma femme était une famille d’intellectuels, des gens qui ont toujours combattu au côté du peuple. Ma famille est très liée aux gens de mon village».
MA FAMILLE AVANT TOUT
«Quand on est venu me chercher pour présider les assisses nationales, avant de répondre, j’avais consulté tout le monde. J’ai consulté ma femme, mes enfants parce que je me suis dit que tout ce que j’engage dans ma vie, a des répercussions sur ma famille. Mes enfants, je les ai toujours mis au courant. J’ai toujours élevé mes enfants en leur disant: «votre père fera tout ce qu’il peut pour vous, mais c’est par votre propre travail que vous arriviez à quoi que ce soit».
WADE, MOI ET LES ASSISES NATIONALES
«Avant d’accepter d’être président des Assises, je suis allé voir Abdoulaye Wade. J’ai consulté les membres de ma famille, j’ai consulté Abdoulaye Wade. J’ai consulté aussi des amis qui me sont chers comme Mamoudou Touré, Cheikh Hamidou Kane etc. parce que ce sont des gens avec lesquels j’ai été de très grands liens et tous m’ont dit d’accepter. Quand je suis allé voir Wade, il était avec quatre personnes de son parti. J’étais seul. Je lui ai dit: «Abdoulaye, je suis venu te consultait pour te dire pourquoi j’ai accepté de présider les Assises nationales et je te demande de venir aux Assises». Je lui ai dit: «Abdoulaye, Dieu a beaucoup fait pour le Sénégal. Au lieu de passer notre temps à vous battre les uns et les autres, pourquoi ne pas se mettre ensemble, faire l’analyse de la situation du pays depuis l’indépendance, voir pourquoi depuis l’indépendance, on n’a pas pu résoudre les problèmes essentiels, comme donner du travail aux populations, permettre à chacun de vivre décemment». Et il me répond: «Non, moi, je ne viens pas aux Assises parce que ces gens là ne me reconnaissent pas» ; et il avait raison. Les gens ne le reconnaissent pas. Je suis parti et j’ai donné mon accord pour présider les Assises. Au bout de quelques temps, Wade m’a appelé pour me dire: «Makhtar, j’ai besoin de te voir». Je ne vous dirai pas ce qu’il m’a dit, mais ce n’est que de bonnes choses. Je lui ai posé la question de savoir: si depuis que je préside les assises, est-ce qu’il a entendu une seule personne dire qu’elle ne te reconnait pas. Je lui ai dit: «tu n’as pas lu mon discours ?». Dans le discours, j’ai dit que je reconnaissais le gouvernement en place, nous ne ferions rien dans les Assises qui puisse contribuer à porter préjudice à son gouvernement mais nous sommes des Sénégalais, d’un pays libre et indépendant, que nous avons le droit et même le devoir, de réfléchir sur les problèmes de notre pays et que nous le ferons. Il m’a dit OK. C’est tout !
LA SUITE, ON LA CONNAIT ?
Oui ! La suite, on l’a connaît. J’ai accepté de présider la Commission nationale de régulation des institutions (CNRI). Je l’ai présidée, c’est moi-même qui ai choisi les membres. Je les ai proposé au Président et il les a accepté. Nous avons donné des résultats et nous pensons, je pense, que c’est l’une des meilleures Constitutions qu’on ait faites pour le Sénégal. Maintenant, d’autres peuvent avoir des points de vue différents. Mais, ce que je peux dire, c’est que malgré que nous nous venions des horizons très divers, nous avions réussi à nous mettre d’accord sur le contenu de la Constitution.
VOUS N’AVEZ PAS DE REGRETS QUE CE TRAVAIL SOIT RANGE DANS LES TIROIRS. PIS, QUE LE CONSEILLER JURIDIQUE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DECHIRE MEME VOTRE «CONSTITUTION» EN SOUTENANT QUE VOUS AVEZ OUTREPASSE VOS COMPETENCES ?
J’ai simplement publié la lettre que le président de la République nous avait envoyée. Mais, je ne polémique pas. Il est jeune. La vie lui apprendra beaucoup de choses, ce conseil du Président (Professeur Ismaïlia Madior Fall, Ndlr). Moi, je crois que nous avons fait notre devoir, nous avons donné une Constitution, le reste ça intéresse le Président de la République et le peuple sénégalais.
VOTRE NOM EST LIE AU NOMIC A L’UNESCO, AUX ASSISES NATIONALES, A LA CNRI. QU’EST CE QUI N’A PAS MARCHE POUR QUE LES GENS NE VOUS SUIVENT PAS DANS VOTRE VOLONTE DE CHANGER LES CHOSES ?
Ah non ! En ce qui concerne le NOMIC (Nouvel ordre mondial de l’information et de la communication, Ndlr) je ne peux pas dire que les gens ne m’ont pas suivi quand même. Il est vrai que certains pays ont été convaincus sur les propositions que j’ai faites mais, en réalité, il y a eu beaucoup de choses qui ont changé en ce qui concerne l’information. N’oubliez pas que quand on fait le Nomic, le Sénégal n’avait pas un journal indépendant et libre. Et c’est Sud qui était le premier. Et nous vous avons quand-même aidé dans le cadre du PIDC (Programme international de développement de la communication).
NOUS AVIONS ESSAYE DE CHANGER LES MENTALITES. ON A EU DES ACQUIS EN CE QUI CONCERNE LE NOMIC.
L’information joue un très grand rôle dans le monde, d’ailleurs on l’appelle même le quatrième pouvoir dans beaucoup de pays. Malheureusement, nous avons constaté que l’information est souvent manipulée par tous les pouvoirs, politique, syndical, religieux, professionnel, entre autres. Tout le monde veut manipuler l’information en fonction de ses intérêts et non pas en fonction de la réalité de telle sorte que l’information qu’on diffuse dans le monde n’est pas toujours correcte, même si on ne peut pas dire qu’il n’y pas d’information correcte. Il y en a mais, quand-même, il y a beaucoup de désinformation. A l’époque, il n’y avait que les 4 grandes agences de l’information (Afp, Tass, Upi et AP). Quand je disais aux journalistes que j’ai participé à nos événements, quand c’était rapporté, on donnait les noms des journalistes qui signaient des dépêches pour rendre compte des évènements auxquels j’étais mêlé. Quand je leur disais: «mais ce que vous avez raconté, vous savez que c’est faux !» Il y en a qui me répondaient: «j’ai envoyé une dépêche correcte. Ça a été modifié au desk principal, c’est-àdire chez les patrons». En parlant du NOMIC, j’ai voulu juste normaliser. Il y a eu des réunions avec des agences de presse, des journalistes et j’ai proposé, étant à l’Unesco, une réunion pour définir une déontologie de la presse, à Paris. J’ai dit qu’on fixe les règles c’est-à dire qu’un journaliste a la responsabilité de ce qu’il écrit et que plus jamais, on ne change une dépêche qu’envoie un reporter. Et que le journaliste doit assumer sa responsabilité. C’est tout !
POURQUOI, LES AMERICAINS VOUS ONT-ILS COMBATTU ?
Les Amériques ! Il y a plusieurs choses. Je crois que les grandes puissances ont toujours tendance à vouloir dicter aux dirigeants des instances internationales quelques unes de leur volonté. Je ne l’ai jamais accepté dans ma vie. Il y a eu des faits, je ne les dirais jamais. Je dois garder des réserves. Personne dans le gouvernement du Sénégal ne m’a amené à prendre une décision que je ne voulais pas. Au contraire ! J’ai toujours insisté pour qu’on ne fasse pas de mauvais coups. Quand je suis redevenu ministre de l’Education en 1966, j’ai dit à Senghor : «Président, il faut laisser tous les membres du PAI que vous avez condamnés, revenir au Sénégal». Il a accepté. J’ai su que dans le gouvernement, certains ne voulaient pas qu’il accepte. Vous avez parlé du NOMIC, des Assises, de la CNRI. J’ai un défaut, mais c’est mon défaut et je l’accepte. Il ne faut jamais obliger aux gens d’accepter ce qu’ils ne veulent pas accepter. Mais si vous voulez réunir tout le monde, il faut avoir la patience d’écouter tout le monde et de ne pas considérer qu’on a un point de vue et que ce point de vue est le seul juste. J’ai toujours donc obtenu le consensus même avec le Nomic. Tout le monde a voté y compris les Etats-Unis. A chaque fois que je présidais quelque chose j’ai toujours eu la patience parce que je respecte tout le monde.
LE NAUFRAGE ÉTERNEL DU JOOLA
Alors qu'un musée-mémorial ouvre enfin ses portes à Ziguinchor, les familles des victimes luttent toujours pour obtenir justice et vérité. "On peut pardonner mais on ne peut pas oublier", estime l'un des rares rescapés
(SenePlus) - Vingt-deux ans après l'une des plus grandes catastrophes maritimes de l'histoire, le Sénégal commémore le naufrage du ferry Joola. Ce drame, qui a coûté la vie à près de 2000 personnes le 26 septembre 2002, continue de hanter la mémoire collective du pays, comme le rapporte RFI dans un reportage.
L'ouverture d'un musée-mémorial à Ziguinchor, dans le sud du Sénégal, marque une étape importante pour les familles des victimes. Malang Batchi, l'un des rares rescapés, souligne l'importance de ce lieu : "C'est un endroit pour tirer les leçons du passé. C'est aussi un lieu de recueillement, un lieu de rappel pour que, plus jamais, cela ne se répète dans ce pays. On peut pardonner mais on ne peut pas oublier".
Cependant, la quête de justice et de vérité reste inachevée. Lamine, qui a perdu son père dans le naufrage alors qu'il n'avait que 9 ans, exprime la frustration des familles : "En 2003, le procureur avait classé le dossier sans suite. Et c'est ce qui n'est pas normal. Donc, pour nous, c'est inacceptable que la justice ne fasse pas son travail et qu'un accident d'une telle nature se produise dans un pays normal et que personne ne soit responsable".
Les enquêtes menées en 2004 ont révélé de nombreux manquements, notamment le mauvais état du bateau et une surcharge massive de passagers. RFI rappelle que 1 928 personnes étaient à bord au lieu des 580 prévues, soit plus du triple de la capacité officielle du navire. La lenteur des secours, arrivés seulement 10 heures après le naufrage, est également pointée du doigt.
Les familles des victimes continuent de demander le renflouement du Joola. Cette requête, techniquement réalisable selon l'association des familles de victimes, vise à permettre aux proches n'ayant pu enterrer leurs disparus de faire enfin leur deuil.
MAME BOYE DIAO VOTE PASTEF AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES
Pour la coalition Diao 2024, ce choix s’inscrit dans la continuité de sa démarche de rupture et de renouveau politique.
El Hadji Mamadou Diao, candidat à la présidentielle du 24 mars 2024, annonce son soutien à la liste de la coalition Pastef, dirigée par Ousmane Sonko, pour les élections législatives anticipées du 17 novembre prochain.
Lors de l’élection présidentielle, Diao avait défendu son projet de société intitulé « JUBANTISUNUGAAL-GUI », visant à bâtir un nouveau Sénégal et à œuvrer pour la réconciliation des Sénégalais. Cependant, c’est le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye qui avait été choisi par les électeurs.
Dans cette logique, la coalition Diao 2024 a décidé de soutenir la liste Pastef, considérant qu’elle est en phase avec son objectif de rupture et de renouveau politique. « En toute logique, et conformément à sa démarche de rupture, la coalition Diao 2024 votera pour la liste Pastef dirigée par le Président Ousmane SONKO, » précise le communiqué de la Coalition Diao 2024.
OFFENSIVE CONTRE LES PASSEURS
"C'est à cause de gens comme vous que les drames de l'immigration se succèdent. Vous tuez nos fils". À Mbour, une récente audience a révélé les destins brisés des migrants et la détermination des autorités à endiguer le phénomène
(SenePlus) - Le tribunal de grande instance de Mbour, à 70 km au sud-est de Dakar, est devenu le théâtre d'une lutte acharnée contre le trafic de migrants. Dans un contexte marqué par des tragédies successives en mer, la justice sénégalaise serre la vis face aux réseaux de passeurs, comme le rapporte Le Monde dans un récent article.
Le 24 septembre, un public particulièrement tendu à mis en lumière l'ampleur du phénomène. Des personnes ont défilé à la barre pour diverses accusations liées au trafic de migrants. Le procureur, visiblement ému par les récents drames, n'a pas mâché ses mots : "C'est à cause de gens comme vous que les drames de l'immigration se succèdent. Vous tuez nos fils et vous voulez continuer votre vie comme si de rien n'était."
Cette audience intervient dans un contexte dramatique. Deux jours plus tôt, 38 corps sans vie étaient découverts à bord d'une pirogue à la dérive au large de Dakar. Face à ces tragédies répétées, le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé une "traque sans répit" des passeurs et la mise en place d'un numéro vert pour les dénoncer, souligne le journal français.
Les chiffres témoignent de l’intensification de la lutte contre ce fléau. Selon la Division nationale de lutte contre le trafic des migrants (DNLT), citée par Le Monde, le nombre d'interceptions de pirogues a plus que doublé en un an, passant de 25 en 2023 à 61 au premier semestre 2024. Les passeurs ont également connu une hausse significative, de 127 à 210 sur la même période.
Le commissaire Omar Boun Khatab Guèye, à la tête de la DNLT, explique au Monde la complexité des réseaux : "Dans une filière, il existe au moins quatre types de profil : des recruteurs, des hébergeurs, l'organisateur et les capitaines." Cette structure élaborée rend la tâche des autorités particulièrement ardue.
Malgré l'existence d'une loi prévoyant des peines allant de cinq à dix ans d'emprisonnement, certains observateurs, comme l'avocat Oumar Sène interrogé par Le Monde, estiment que les sanctions actuelles ne sont pas assez dissuasives. Il plaide pour une criminalisation du trafic de migrants avec une période de sûreté de dix ans.
LA COALITION SENEGAAL KESE EST NÉE
L'alliance regroupant 14 mouvements et partis politiques, se présente comme le porte-étendard d'une vision renouvelée de la démocratie, à l'approche des législatives du 17 novembre prochain
(SenePlus) - À l'approche des élections législatives du 17 novembre 2024, le paysage politique sénégalais connaît un nouveau bouleversement avec l'émergence de la coalition « Senegaal Kese ». Dans un communiqué de presse publié ce 25 septembre 2024, cette alliance citoyenne et politique annonce sa détermination à « défendre les intérêts vitaux de la nation et des citoyens ».
Elle se positionne comme une alternative aux partis traditionnels, mettant en avant une vision politique centrale sur le service du Sénégal et de son peuple, loin des "ambitions personnelles et des gains matériels". Senegaal Kese articule son projet autour de trois piliers fondamentaux : la priorité donnée à l'intérêt général du Sénégal, une opposition républicaine et constructive, et l'union des forces citoyennes et politiques pour assurer un équilibre des pouvoirs.
L'un des objectifs majeurs de la coalition est de redonner à l'Assemblée nationale son rôle de contre-pouvoir. "Les députés doivent jouer un rôle crucial dans l'accompagnement et le contrôle de l'exécutif, pour ainsi assurer une gouvernance responsable et au service de tous", affirme le communiqué.
La coalition Senegaal Kese rassemble une diversité d'acteurs politiques et de mouvements citoyens, dont l'Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT) d'Abdoul Mbaye, la République des Valeurs/Réewum Ngor de Thierno Alassane Sall, l'Alliance des Verts, Sénégal Ca Kanam, les Mouvements Sàmm Sunu Kaddu, Un Autre Avenir, Ci Laa Bokk, Ziguinchor Pour Un Changement entre autres.
Cette alliance hétéroclite lance un appel vibrant aux Sénégalais, les invitant à se joindre à leur démarche pour "faire entendre leur voix et participer à l'édification d'un Sénégal où les institutions fonctionnent dans l'intérêt de tous". La coalition promet de travailler à la construction d'un avenir offrant des perspectives à la jeunesse, une économie au service de l'amélioration des conditions de vie, et le respect des droits et libertés de chaque citoyen.
LE POUVOIR FAIT BLOC AUTOUR DE CHEIKH OUMAR DIAGNE
L'intellectuel musulman, aux positions jugées provocatrices, bénéficie du soutien tacite du pouvoir malgré les critiques. Pour l'entourage de Diomaye Faye, il est victime de manœuvres visant à déstabiliser le président
(SenePlus) - Au cœur du palais présidentiel, un homme cristallise les tensions et les débats : Cheikh Oumar Diagne. Directeur des moyens de la présidence, cet intellectuel musulman se retrouve sous le feu des critiques de l'opposition et des grandes confréries soufies du pays. Dans un entretien accordé au Monde, il défend ses positions et sa vision d'un Islam ouvert au débat.
Surnommé "maître" par ses collègues en référence à son érudition religieuse, Diagne ne cache pas ses convictions. "Je suis soufi", affirme-t-il, tout en revendiquant le droit de débattre avec les marabouts et de discuter "de l'œuvre terrestre et humaine des figures des confréries". Cette posture, rare au Sénégal, lui vaut l'hostilité des communautés mouride et tidjane, qui l'accusent de propos irrespectueux envers leurs grandes figures.
Son parcours atypique, de l'opposition au cœur du pouvoir, intrigue. Ancien détenu politique sous le régime de Macky Sall, il a côtoyé l'actuel président Bassirou Diomaye Faye en prison. "Il m'a fait forte impression. Je me suis décidé à soutenir sa campagne dès que nous serons libérés", confie-t-il.
Malgré les controverses, Diagne assume ses positions. "Je n'ai rien contre le qualificatif d'islamiste", déclare-t-il, proposant même la création de "tribunaux religieux à côté des tribunaux laïcs". Ces déclarations alimentent les critiques de l'opposition, qui voit en lui une menace pour la laïcité de l'État.
Face aux accusations, l'entourage présidentiel temporise. "L'opposition cherche à nuire au président et cherche des angles d'attaque. Il en est devenu un", murmure-t-on au sein du parti présidentiel Pastef.