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26 février 2025
Politique
UNE INDÉPENDANCE À GÉOMÉTRIE VARIABLE
Si le rôle majeur joué lors de la présidentielle de 2024 a été loué, la justice sénégalaise n'a pas échappé à la critique sur des affaires aux relents politico-judiciaires
Du 8 au 12 juillet prochain, une délégation d’éminents juges du Forum des juges et juristes africains (AJIF) conduite la juge émérite et universitaire de renom Danielle Darlan de la Centrafrique se rendra à Dakar. L’objectif de cette visite est d’exprimer la solidarité du continent africain aux membres du pouvoir judiciaire du Sénégal pour la résilience et le courage dont ils ont fait preuve au début de l’année lorsqu’ils ont garanti le respect de la constitution, dans des circonstances extrêmement difficiles, pour assurer que les élections se tiennent dans les délais prévus par la loi fondamental de notre pays. Toutefois, force est de reconnaitre que cette même justice a failli à plusieurs reprises dans différents dossiers aux relents politiques.
La présence de l’Exécutif dans le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) ne lie pas les magistrats si l’on se réfère à l’organisation de la présidentielle de 2024 ? La plupart des analystes s’accordent que le Conseil constitutionnel, a contre, toute attente, infligé un ciglant revers au chef de l’État en lui demandant dans un premier temps, le respect du calendrier républicain qui est d’organiser les élections présidentielles selon les dispositions de la Constitution. Cette première déroute actée, il revenait au président Macky Sall de choisir une date pour la tenue de l’élection présidentielle. Des justificatifs ont été trouvés pour l’organisation de la présidentielle à une date qui dépasserait les délais impartis. Là également, le Conseil constitutionnel a tordu la main de celui qui fût président de la République pour décider d’une date qui allait circonscrire la présidentielle dans le temps constitutionnel. Un coup de maitre !
Le rôle de la justice avait été salué, et le président du Conseil constitutionnel, Mamadou Badio Camara, l’a rappelé lors de la prestation de serment du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le Conseil constitutionnel a aussi fait étalage de sa force dans le choix des candidats.
Mieux, un juge qui décide selon son intime conviction, on l’a senti lors de l’exclusion d’Ousmane Sonko, des listes électorales. Après la décision de l’Etat, le tribunal d’instance de Ziguinchor, a jugé la décision illégitime en demandant la réintégration de l’exclu. Une décision que confirmera le tribunal de grande instance de Dakar, après le recours des avocats de l’Etat du Sénégal. L’arrestation d’un chef religieux à Podor a valu au magistrat Ngor Diop, une procédure disciplinaire. L’ancien président du Tribunal de Podor a été affecté en août 2020 comme conseiller à la Cour d’appel de Thiès. L’Union des magistrats sénégalais (UMS) avait porté le combat. Le juge a été rétabli dans ses droits par la chambre administrative de la Cour Suprême.
A côté de ses cas qui ont confirmé l’exemplarité de la justice sénégalaise, les nombreuses arrestations à la vielle de la présidentielle ont conforté les défenseurs des droits humains dans leur idée que les décisions judiciaires sont dictées. Il a été constaté beaucoup de mandats de dépôt et d’entraves à la liberté de Sénégalais sous prétexte d’une atteinte à la sureté de l’Etat, la participation à une manifestation interdite ou plus grave encore, le terrorisme. Des personnes inculpées sont devenues libres sans jugement au nom d’une loi d’amnistie décidée par le président de la République Macky Sall, à quelques semaines de la présidentielle de 2024.
Les démêlées judiciaires d’Ousmane Sonko ont été assimilés à des représailles du pouvoir de Macky Sall contre un aspirant au fauteuil présidentiel. Pis, l’affaire de la caisse d’avance de la ville de Dakar qui a valu au maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, une détention synonyme de sa non-participation à la présidentielle de 2019, est jugée arbitraire.
PAR Djibril Mbaye
LETTRE À MON FRÈRE BLANC
EXCLUSIF SENEPLUS - Je ne reconnais plus la France. Sur les sentiers sinueux qui font l’histoire, elle a, me semble-t-il, perdue deux de ses trois filles : « égalité » et « fraternité ». Celle qui portait la robe de justice
Bonjour Lionel comment tu vas ? J’espère que maman et Rémy se portent bien.
C’est moi Djibril, ton frère « Nioul *».
L’heure à laquelle je tapote sur mon clavier te renseigne sur mon insomnie et sur mon état de détresse psychologique.
En fait, j’ai été réveillé par un terrible cauchemar dans lequel, un couple de diables est venu frapper à ma porte. Lorsque j’ai ouvert, j’ai vu cette vieille femme, trois fois cornue, le nez crochu, les yeux exorbités, la gueule baveuse et remplie d’une forêt de crocs de formes et de tailles différentes. Derrière elle, son fils, moins hideux, presque humain, à qui elle intima aussitôt l’ordre qui me fait encore trembler : « jordane, fous-moi dehors cette négraille !!», dans une voie électronique d’intelligence artificielle. Je fus réveillé par une salve applaudissements. Ouf, nous étions au théâtre… dans le cauchemar !
Depuis la décision de Macron de dissoudre l’Assemblée nationale, ces cauchemars me sont récurrents. Il m’arrive souvent, maintenant, de me réveiller en pleine nuit pour cogiter sur ma relation avec la France et le sens de notre vie ici. Je ne te cacherais ni mon inquiétude, ni ma préoccupation.
En effet, nous sommes loin des années-fac avec notre inconscience et nos délires, nos bonheurs et plaisirs simples et nos mille questions sur un avenir alors lointain.
Je me souviens de nos sentiments forts d’affections, de solidarité et de camaraderie désintéressés. Je me souviens de notre innocence imperméable à toute idée de xénophobie. Mais c’était il y a plus de trois décennies et nous sommes déjà immergés dans cet avenir qui nous semblait si insaisissable, qu’il échappait aux jumelles de notre vision pourtant jeune et précise et à notre prodigieuse imagination d’alumni.
L’histoire est passée par là. Et comme l’histoire consiste en une transformation de l’ensemble des êtres humains, nous avons dû vraiment changer, et les Français aussi.
Je ne reconnais plus la France. Sur les sentiers sinueux qui font l’histoire, elle a, me semble-t-il, perdue deux de ses trois filles :« égalité » et « fraternité ». Celle qui portait la robe de justice et celle qui, de son irrésistible et enviable charme, invitait à la convivialité et forçait le respect.
Je me fais un sang d’encre !
Et si je me fais du mauvais sang, c’est d’abord pour mes enfants. Surtout pour le grand qui comprend déjà tout.
Ensuite, c’est pour ces millions d’enfants que la France a conçus dans une relation consentie, d’amour et parfois de raison aussi, que certains politiciens malhonnêtes présentent comme adultérine, illégitime et déshéritable.
Comme tu le sais, ils sont nés ici et sont tous Français. Ils ne connaissent que la France. Aujourd’hui, en regardant l’actualité, il m’arrive de regretter de ne les avoir pas rapprochés davantage du Sénégal, là où tout a commencé. Ils auraient pu avoir au moins une bouée de sauvetage face à cette France qui semble naufrager dans le déni de leur légitimité.
Je m’en veux aujourd’hui et confesse mon impardonnable absence de réalisme.
Par contre, j’assume les avoir laissés vivre librement leur francité, avec leurs camarades, amis et concitoyens français. À travers qui, je nous revois jeunes étudiants à la faculté de droit.
Je ne suis pas étonné du fait que la jeunesse française « de souche » soit moins réceptive à l’appel du racisme et de la haine envers l’étranger. Je pense qu’à cet âge, ils sont encore préservés de la phobie de la différence. Ils sont isolés et égoïstes. Ils vivent dans le confort de leur bulle artificielle. Ils sont insouciants et n’ont pas encore conscience de la violence des relations sociales.
Les démons de la différence ne les courtisent que plus tard, lorsqu’adultes, ils se frottent à la réalité de la vie et qu’ils sont confrontés à la lutte pour l’insertion, la réussite ou la survie.
Quand les ambitions se réveillent et s’affrontent. C’est en ce moment que les plus faibles cherchent un alibi, un bouc émissaire. Et « l’autre », l’étranger, vulnérable parce que hors de chez lui, qui ne leur ressemble pas, apparaît dès lors comme le coupable idéal.
Cette situation est la résultante des rapports que ces jeunes, devenus adultes ont eu et continuent d’avoir avec les autres composants de la société. C’est le fruit des rapports sociaux.
Karl Marx ne semble pas dire le contraire, dans une très fameuse 6ème thèse sur Fuerbach. Il considère que l’essence humaine n’est pas une abstraction liée à l’individu isolé. Mais que dans son essence, elle est le résultat de l’ensemble des rapports sociaux.
Donc, la société et les autres, ont leur part de responsabilité dans la dépravation des rapports et le climat délétère actuel.
Je pense donc, mon cher frère, que la France aura besoin, au lendemain de ces élections, d’une véritable remise en question de ses politiques économique, sécuritaire, sanitaire et sociale.
En effet, ces questions qui taraudent les Français comme l’inflation, la sécurité et l’immigration, la santé et j’en passe, restées sans réponse, ont eu raison de la sérénité de ce pays. Elles devront être purgées avec franchise, réalisme et efficacité.
Aujourd’hui, entendre M. Bardella dire que l’immigration met en péril l’identité nationale et que le droit du sol serait remis en cause en cas de victoire, m’interroge. Même si je sais que la France restera un État de droit et que le Conseil constitutionnel veillera à retailler considérablement les ambitions malsaines de ces politiciens professionnels.
Je ne sais pas comment l’entend mon fils Bachir. Il me faudrait en discuter avec lui. Savoir réellement ce qu’il pense des hommes politiques qui portent en fusil d’épaule la question migratoire comme la principale névralgie de la France, indissociable de son nerf défaillant : l’étranger !.
Se sent-il stigmatisé, se sent-il prêt à affronter toute sa vie durant, ce doigt, ces regards, ces projecteurs et cette actualité pointés sur lui, sur nous, en permanence ?
En tout cas, moi qui ne suis pas Français, mais trois fois père de Français, qui adore la France, je sens dans ma chair et ma dignité d’être humain, cet omni-niant crachat, jeté sur le visage des immigrés.
Je ne serais pas surpris qu’il le vive mal, car une nationalité, c’est sacré !
C’est une histoire extraordinaire entre une femme, un homme et sa terre natale, ses origines, ses fibres, son histoire et même son esprit. Cela ne se choisit pas à la légère. En réalité, la plupart du temps, c’est la nationalité qui vous choisit, plus que vous ne la choisissiez. Et quand elle vous prend, vous n’avez pas la force de lui échapper.
D’ailleurs c’est la raison pour laquelle je n’ai jamais senti la nécessité de solliciter une naturalisation. Pour ce qui justifie mon séjour en France, un titre périodique suffit largement. Le sentiment de fierté et d’amour avec ma terre d’origine, le lien historique et social et l’honnêteté et la franchise à l’égard de la France, ont fini de me convaincre de rester Sénégalais, résident en France.
C’est pourquoi rejeter les millions d’étrangers nés français et particulièrement abjecte.
C’est la négation de leur identité intrinsèque. Ils ne viennent pas souiller une identité nationale. Ils sont cette identité même. Ils en sont la substance et la force. N’en déplaise aux ennemis de la diversité.
Ces hommes politiques ignorent-Ils l’apport des immigrés, la demande du patronat français en main d’œuvre étrangère pour les années à venir ? Savent-ils vraiment combien de Français sont émigrés en Afrique et dans le monde et y vivent tranquillement ? Comme ces dizaines de milliers d’immigrés sénégalais qui d’après une étude récente sont plus diplômés que les Français. Une configuration inattendue pour nombre de politiciens, qui ne doit pas être abordée en termes de concurrence à l’employabilité des Français, mais en termes de plus-value et d’expertise apportées à la France.
Et puis Lionel, cette situation apporte la réplique à ta boutade qui m’amuse 30 ans après. Tu m’avais dit textuellement : « Si j’échoue au DEUG, j’émigre au Sénégal, parce qu’au Sénégal, être blanc est un diplôme ». Mdr!
Bref, autant de questions qui m’empêchent de dormir pleinement, mon déjà très court sommeil… si les diables me laissent tranquille.
Et puis je t’embête avec mes questions bêtes et décousues. Des questions qui m’embêtent et qui, sûrement, ne te laissent pas indifférent.
Mon cher frère « toubab », ton « salut les niouls* » me manque, comme cette belle époque, qui a fait les plus beaux jours de ma vie. J’espère que tu n’as pas trop changé. Tant que tu resteras à droite ou au centre ça va. Évite les extrêmes ! Ça rend aigris et moche.
Pour ma part, j’ai demandé à tout mon entourage de ne pas voter pour ceux qui ne les apprécient pas. C’est la moindre des politesses.
J’espère qu’on se verra cette année.
En attendant, je vous embrasse tous. Dis à maman que je pense fortement à elle et à Rémy de m’appeler.
Bises
Djibril, ton frère, « nioul».
Nioul ou Ñul : noir, en wolof, langue nationale du Sénégal.
par Abdoul Aziz Diop
CENT ILLISIBLES JOURS AVEC DIOMAYE
EXCLUSIF SENEPLUS - Les deux inspecteurs des Impôts n’obtinrent pas de l’ancien premier ministre Amadou Ba ce dont un autre ancien premier ministre, Mamadou Lamine Loum, gratifia le régime du président Abdoulaye Wade
Invité, le dimanche 2 juin 2024, de l’émission « Objection » sur la radio Sud FM, deux mois après la prestation de serment du président Bassirou D. D. Faye, l’historien Mamadou Diouf trouva « prématurées les critiques » faites au président Faye et à son premier ministre Sonko. Le Professeur Diouf expliquait que le délai de 100 jours requis est celui au terme duquel les critiques sont fondées. À la décharge du nouveau régime, Mamadou Diouf disait même tolérer « l’amateurisme et les erreurs » des trois premiers mois d’exercice du pouvoir par le tandem Faye-Sonko.
Dans 12 jours au plus, c’est-à-dire 100 jours après la troisième alternance politique au Sénégal, les critiques pour cause d’amateurisme et d’erreurs au sommet s’expliqueront alors moins par la durée que par l’absence de méthode.
Pas de programme, pas de méthode
En matière de gouvernance, l’ossature du programme sur lequel un.e candidat.e à l’élection présidentielle a fait campagne en dit long sur la méthode d’exercice du pouvoir.
Le programme est le document pensé et élaboré dans lequel un.e candidat.e atteste d’une bonne connaissance du pays, mis en exergue dans un état exhaustif des lieux, et propose un plan pour la transformation du réel trouvé sur place. Second volet de tout programme dont le premier volet est le diagnostic, le plan fait état de la vision, correspondant à la réponse à la question bien connue de base : « Quel sera le visage du pays transformé au bout de 25 ans au moins ?» Ledit plan présente ensuite les valeurs (conditions subjectives du succès) qui sous-tendent l’action et montre la disponibilité incontestable des ressources financières et humaines (conditions objectives du succès). Vision et conditions (subjectives et objectives) supposent un agenda au terme duquel le produit fini (un Sénégal nouveau et souhaité) est livré à la collectivité tout entière. Dans cette optique, les projets - il y en a plusieurs, pas un seul - renvoient aux modalités pratiques d’exécution du plan. À titre d’exemple, le Plan Sénégal émergent (PSE) est exécuté à travers les Projets d’Actions Prioritaires (PAP).
Après avoir longuement abusé les citoyens (militants, sympathisants, indépendants, etc.) de ce qu’ils appellent tous les deux « le Projet », Diomaye et Sonko arrive au pouvoir en empruntant le chemin inverse à celui d’un programme tel que nous l’avons présenté ici. L’amateurisme et les erreurs dans le jugement et l’action au quotidien s’expliquent alors par la méconnaissance de la situation du Sénégal au 2 avril 2024. Les deux inspecteurs des Impôts et des Domaines Bassirou D. D. Faye et Ousmane Sonko n’obtinrent pas de l’ancien premier ministre Amadou Ba ce dont un autre ancien premier ministre, Mamadou Lamine Loum, gratifia le régime du président Abdoulaye Wade, à savoir la situation du Sénégal au 2 avril 2000. Autre temps, autres bonnes mœurs que les profanes du politique - tous des inconditionnels de Sonko - fustigent sans en avoir la moindre idée.
Illisibilité
En l’absence totale de programme et de méthode, nous ne savons des cent premiers jours du nouveau régime que les fuites en avant dont le premier ministre est passé maître depuis son entrée en fonction. C’est du chef du gouvernement lui-même que tout le monde apprend que le ministre de l’Intérieur a agi seul dans l’opération de déguerpissement des occupants de la voie publique dans plusieurs localités du pays. En même temps, l’annonce d’une descente à la mythique plage Anse Bernard - au lieu de Hans au goût de Sonko - n’aura de sens que si tous les entrepreneurs du domaine maritime sont traités à la même enseigne. On en est bien loin ! C’est du moins ce qu’explique un opposant stupéfié par le séjour long du chef du gouvernement à l’hôtel Azalaï aux frais du contribuable sénégalais déjà averti du dépeçage fiscal drastique au cours des prochaines semaines.
Et comme si tout cela ne suffisait pas, le président de la République dit ne pas faire de son maintien au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) une obsession au moment même où les amateurs de la VAR diffusent la vidéo de l’opposition farouche de Sonko à l’idée d’un tel maintien. Ajouté à ce qui est dit, l’accusé de réception si peu clair des conclusions des Assises de la Justice, commanditées par le président, en dit assez sur les cent illisibles jours de Diomaye comme président de tous les Sénégalais.
En attendant « le Projet » et la méthode qui va avec.
Abdoul Aziz Diop est le fondateur de Pacte institutionnel pour la défense des institutions de la République et de la démocratie.
par Madieye Mbodj
ACCÉLÉRER LE PAS SUR LE CHEMIN DE LA RUPTURE
Le 24 mars 2024 marque une précieuse victoire d’étape, mettant face-à-face deux visions de l’avenir du pays : Jub- Jubal- Jubbanti, ou Dëng - Dëngal - Dëngalaat ? Il ne faut pas baisser la garde. Le difficile reste à venir
1. Après moi, le déluge ! Ce DG, sur les traces encore fraiches de son mentor de président de la République sortant, peut-il décemment attendre le 29 mars 2024 (après les résultats de la présidentielle) pour anticiper, en toute connaissance de cause, sur son limogeage certain et signer un accord d’établissement avec les syndicats, accord irréaliste à coup sûr, mais sciemment conclu avec la volonté de léguer à son successeur une patate chaude sur un terrain bourré de mines ? Sans oublier les augmentations à l‘emporte-pièces des salaires et primes, d’autres largesses suspectes et contrats de travail de la vingt-cinquième heure ? Promotion des intérêts des travailleurs ou volonté cynique de sabotage et combat politicien d’arrière-garde : après moi, le déluge ! N’est-ce pas cette même logique qui montre le bout du nez derrière cette volonté de jeter de l’huile sur le feu dans les relations entre marchands ambulants et commerçants d’un côté, nouvelles autorités de l’autre, relativement à la nécessité de corriger des situations de désordre et d’encombrement anarchique de la voie publique, entretenues des décennies durant à force de gestion laxiste et clientéliste ?
2. Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre ou bruitages autour d’une crise institutionnelle factice ? La majorité actuelle à l’Assemblée nationale, faisant fi à la fois de la loi organique et de la norme législative communautaire supranationale, s’est permise de renvoyer aux calendes grecques le débat d’orientation budgétaire fixé au 29 juin dernier, sous le prétexte spécieux que le Premier ministre Ousmane Sonko refuserait de présenter sa DPG devant les députés, démontrant ainsi selon eux, la vacuité du tant vanté Projet du duo Jomaay mooy Sonko, mais aussi et surtout le ‘’manque de respect’’ de l’institution parlementaire de la part du Premier ministre. C’est alors bizarrement au président Bassirou Diomaye Faye, pourtant il n’y a guère décrié par le « Macky » et ses thuriféraires, taxé de « terroriste pur et dur, salafiste impénitent, anti-confréries et anti-chefs religieux », que l’on vient demander d’assumer son rôle de « garant du bon fonctionnement de nos institutions », et patati et patata !!! Dans une contribution en date du 10 juin dernier, intitulée : « Quand les pilleurs de la République voient à présent le monde à l’envers », je mettais déjà le doigt, entre autres, sur diverses manœuvres désespérées visant à « créer une fausse rivalité, animosité, zizanie ou bisbille entre le président et le Premier ministre - en pure perte d’ailleurs pour qui connait réellement ces deux leaders, imbus de valeurs et de principes éthiques, pleinement convaincus ensemble de la pertinence du Projet pour un Sénégal souverain, juste et prospère, dans une Afrique de progrès ». Quant au nouveau cap fixé, le gouvernement précisait déjà il y a plus de deux mois : « La première phase du plan d’action pluriannuel du Projet sera inscrite dans le projet de loi de finances initiale 2025, qui sera soumis à l’approbation de l’Assemblée nationale, au début du mois d’octobre prochain » (Communiqué du Conseil des ministres du 24 avril 2024).
Démarche ne saurait être plus claire et plus respectueuse de la séparation des pouvoirs et des prérogatives reconnues à l’Assemblée nationale. Quel acteur politique, quel journaliste, quel citoyen un tant soit peu honnête et sérieux ne saurait faire la différence entre, d’une part, la formulation d’un projet de société ou d’un programme à caractère stratégique soumis au vote du peuple souverain et, d‘autre part, l’exercice de planification opérationnelle de la mise en œuvre d’un tel programme, sur la base - soit dit en passant - du diagnostic de l’état des lieux réel, des dégâts et autres retards accumulés, renvoyant ici, comme mentionné plus haut, aux différentes phases du plan d’action pluriannuel à décliner à partir du projet de loi de finances 2025, à soumettre au vote de l’Assemblée nationale, normalement à l’occasion de la session budgétaire d’octobre à décembre prochains ?
Par ailleurs, l’Article 55 de la Constitution dispose : « Après sa nomination, le Premier ministre fait sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale. » Que dit le règlement intérieur actuel de l’Assemblée quant aux modalités et procédures ? Rien ! Il se trouve en effet que, sous le régime du Macky, le poste de Premier ministre a d’abord été maintenu en 2012, ensuite supprimé en 2019 puis rétabli en 2021, tout cela au gré des calculs de petite politique de courte vue, sans même que les dispositions de droit conséquences n’aient été prises à chaque fois. C’est ainsi qu’après avoir supprimé du règlement intérieur toute référence au Premier ministre et à la DPG, notamment par l’envoi à la corbeille des Articles 97, 98 et 99, nos doctes donneurs de leçon n’ont pas hésité à recourir à la fraude en distribuant aux députés une fausse version du règlement Intérieur. Dites alors aux citoyens sénégalais, entre ceux qui s’emploient à dissimuler et à cautionner la forfaiture et la fraude sur les textes de l’Assemblée et celui qui ne réclame que leur rétablissement et application conformes, qui en droit et en fait, ne respecte pas l’institution parlementaire ?! Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude, il appartient clairement au président de l’Assemblée et à sa majorité de modifier en bonne et due forme le règlement intérieur, en vue de fixer la date de la DPG, et c’est tout. N’est-ce pas d’ailleurs, mesdames et messieurs de l’APR-BBY, le chemin le plus court et le plus efficace pour ‘’confondre’’ le Premier ministre Sonko, si jamais il était habité d’une quelconque « peur » de décliner sa feuille de route devant l’hémicycle ?
3. N'est-il pas temps alors de dissoudre l’Assemblée nationale ? Beaucoup de bruits ont été distillés ces derniers jours sur d’illusoires possibilités pour les députés d’empêcher le président de la République de prononcer la dissolution de l’Assemblée. L’Article 87 de la Constitution dispose : « Le président de la République peut, après avoir recueilli l’avis du Premier ministre et celui du président de l’Assemblée nationale, prononcer, par décret, la dissolution de l’Assemblée nationale. Toutefois, la dissolution ne peut intervenir durant les deux premières années de législature… L’Assemblée nationale dissoute ne peut se réunir… Le mandat des députés n’expire qu’à la date de la proclamation de l’élection des membres de la nouvelle Assemblée nationale. » Sous cet éclairage, les dernières élections législatives ayant eu lieu le 31 juillet 2022 et les résultats définitifs officiels ayant été proclamés par le Conseil Constitutionnel en sa séance du 11 août 2022, la dissolution de l’actuelle 14ème législature devrait pouvoir intervenir soit le 31 juillet, soit le 11 août 2024, sauf à recourir aux « pouvoirs exceptionnels » que confère l’Article 52 de la Constitution au président de la république dans des situations d’exception explicitement précisées. En tous les cas, en la matière, l’avis du Conseil constitutionnel fera foi, et aucune tentative d’obstruction ou de blocage ne saurait prospérer.
4. Faire focus résolument sur les demandes populaires : L’exigence est de renforcer l’organisation du peuple et la mobilisation citoyenne, d’accélérer le pas sur le chemin de la rupture et de la mise en œuvre du Projet, afin de répondre mieux et plus vite aux attentes populaires légitimes.
Le 24 mars 2024 marque une précieuse victoire d’étape de la dynamique de révolution démocratique, sociale et citoyenne en marche dans notre pays, mettant face à face deux visions, deux orientations, deux voies et deux camps qui continuent de se confronter à propos de la gestion et de l’avenir de notre pays : Jub- Jubal- Jubbanti, ou Dëng - Dëngal - Dëngalaat ? La question de savoir qui l’emportera n’est pas définitivement résolue : il ne faut donc pas baisser la garde, le plus difficile étant encore devant nous. Les tenants ouvertement partisans du régime déchu continuent de plastronner dans les administrations centrales et locales, dans les collectivités territoriales, à l’Assemblée nationale, et restent encore nichés dans plusieurs autres stations ou institutions budgétivores, assis bien souvent sur de confortables matelas financiers indus, leur permettant de continuer à actionner divers lobbys et relais, médiatiques, économiques ou socio-culturels, sans négliger ces pratiques, mentalités et habitudes négatives sédimentées dans le corps social de chez nous, jusqu’à être considérées comme des normes intangibles de notre vivre-ensemble !
Pour briser net les manœuvres de diversion, d’intoxication, de manipulation ou de division, et endiguer les menaces de déstabilisation ou tentatives effrénées en vue d’un hypothétique retour en arrière, il est plus impératif que jamais, d’une part de renforcer l’organisation et la mobilisation populaires sous l’impulsion et la direction d’un parti Pastef plus que jamais solide et debout, d’autre part d’accélérer le pas sur le chemin de la rupture systémique pour la mise en œuvre du Projet. Dans ce cadre, renforcer la liaison avec les masses par les actions de terrain, l’information et la communication, l’organisation et les activités citoyennes ; dynamiser le parti de la base au sommet dans la perspective en particulier de la préparation et de la tenue du premier congrès ainsi que de la participation victorieuse aux prochaines échéances électorales ; mettre en œuvre tous les moyens légaux disponibles en vue de rendre effective la reddition des comptes : les nombreux rapports des corps de contrôle doivent être exploités dans la transparence et la célérité, les auteurs des crimes économiques et financiers doivent rendre gorge, tout comme les auteurs et responsables des crimes de sang doivent être identifiés et châtiés à la hauteur de leurs ignominies. Les avaleurs de terres et de plages doivent restituer aux communautés et aux citoyens spoliés ce qui appartient à tous. Jub-Jubal-Jubbanti : ce viatique ne cible pas seulement les autres ; de notre côté, des insuffisances voire erreurs de parcours sont parfois inévitables : le cas échéant, il faut savoir les corriger et les dépasser suivant la démarche dialectique : unité-critique-nouvelle unité ! D’autant plus vrai que nous-mêmes, nous portons les stigmates du système vaincu, d’où l’impératif : « Changer nous-mêmes pour changer le Sénégal et l’Afrique » ! Notre pays, sur la voie du patriotisme, de la souveraineté et du panafricanisme, a besoin de compter pleinement sur toutes ses ressources, humaines et matérielles, afin de se mettre définitivement sur la trajectoire du travail, de l’éthique et de la fraternité, de la vérité, de la justice et de l’intérêt général, pour une prospérité partagée, au service des générations présentes et futures. Nous le pouvons si nous le voulons, et si nous y œuvrons avec fermeté, lucidité et esprit d’ouverture, opiniâtreté, ténacité et persévérance.
CHEIKH DIENG PRÉCONISE LA DISSOLUTION DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE
Le parti Feep Tawfekh dénonce les gesticulations de l'opposition qu'il accuse de chercher à détourner l'attention
Le parti Fraternité et éthique pour le progrès et la prospérité tawfekh (Fépp tawfeex) de Cheikh Dieng pense que le chef de l’Etat doit mettre fin à la crise en gestation entre l’exécutif et le législatif. Le parti réclame tout simplement la dissolution de l’Assemblée nationale.
Dissolution de l’Assemblée nationale. C’est ce qu’exige le parti Fraternité et éthique pour le progrès et la prospérité Tawfekh (Feep Tawfekh), membre de la mouvance présidentielle dirigé par l’actuel directeur de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), Cheikh Dieng. «En ce qui concerne la déclaration de politique générale, le bureau politique de Feep Tawfekh regrette les gesticulations immatures d’une minorité de politiciens en mal de popularité qui cherchent à détourner l’attention sur le vrai débat qui concerne la réécriture du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. En conséquence, le bureau politique exige la mise à jour du règlement intérieur qui ignore encore le poste de Premier ministre et demande la dissolution de l’Assemblée nationale», a fait savoir d’emblée le bureau de Féep Tawfekh. Et de poursuivre : «dès lors, le peuple souverain, arbitre du jeu démocratique, se choisira une nouvelle majorité confortable capable de porter le Projet pour lequel il a un espoir immense et qu’il a plébiscité le 24 mars dernier».
Faisant le point sur la situation de l’Assemblée nationale, les camarades de Cheikh Dieng qui saluent la posture de leur leader aux côtés de la mouvance présidentielle tancent l’opposition. «Le bureau politique de Féep Tawfekh condamne avec la dernière énergie la décision illégale et irresponsable prise par le bureau de l’Assemblée nationale de surseoir au débat d’orientation budgétaire. Cette posture politique de Benno bokk Yaakaar dénote surtout de l’état d’esprit autocritique, fébrile et malsain d’une ancienne majorité aujourd’hui déchue et qui a du mal à assumer son nouveau rôle d’opposant», renseigne le communiqué parvenu à «L’As».
Ainsi l’instance de Feep Tawfekh considère que les agissements de certains acteurs politiques qui tirent à boulets rouges sur le régime du président Bassirou Diomaye Faye ne sont qu’une ruse pour détourner l’attention des Sénégalais. «Les audits lancés semblent leur donner le tournis. Alors, toutes les occasions sont bonnes pour jeter le discrédit sur le travail important abattu depuis l’installation du nouveau gouvernement», indique le bureau politique.
LE SAMES DÉNONCE UN NÉPOTISME À OUTRANCE AU MINISTÈRE DE LA SANTÉ
Les nominations "fantaisistes" et la prise en compte insuffisante des revendications des travailleurs de santé sont dénoncées par le syndicat qui exige une correction diligente de la part du ministre
Comme à l’accoutumée, le syndicat autonome des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal (Sames) est monté au créneau pour dénoncer les nominations de «camaraderie» du ministre de la Santé. Dans un communiqué, il déplore le fait que le ministre procède à des nominations basées sur la camaraderie.
Le Syndicat automne des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Sénégal est très remonté contre le ministre de la Santé à cause des nominations, dit-il, de camaraderie qu’il est en train d’opérer au sein du ministère. Le bureau exécutif national (Ben) du Sames rejette avec une extrême fermeté les récents actes de nominations effectués par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Ibrahima Sy, au détriment du corps des médecins pharmaciens et chirurgiens-dentistes. Ainsi le bureau exécutif national rappelle au ministre en charge de la Santé que le fait de mettre un agent économiste à la tête d’une division technique de lutte contre le SIDA constitue une insulte grave à la communauté scientifique «malgré toutes les avancées obtenues dans ce domaine, sous la conduite d’un médecin infectiologue de renommée mondiale, ayant cumulé des décennies de recherche et d’enseignement dans le domaine, et aux états de service irréprochables».
Cependant, le BEN exige du ministre de la Santé Ibrahima Sy une réparation immédiate de ces impairs, «seul gage d’une poursuite correcte de collaboration entre lui et les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes». L’urgence dans le secteur de la Santé, selon le Sames, c’est de procéder à une prise en main sérieuse des revendications des travailleurs, «une correction diligente et sans faiblesse aucune des dérives notées dans la gestion des services de santé, mais non des nominations népotiques, à la limite fantaisistes», indique-t-il dans un communiqué.
Le syndicat invite le ministre de la Santé d’inscrire ses actes dans le sillage du «Jub Jubël Jubënti» et non dans des nominations avec des penchants de camaraderie. «Nous demandons aux camarades de se tenir prêts pour défendre la corporation et user de tous les moyens légitimes pour une satisfaction intégrale des préoccupations des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes», prévient le Sames.
ISMAÏLA MADIOR FALL FAIT SON MEA-CULPA
Après avoir affirmé que la loi d'amnistie couvrait l'affaire des gendarmes Badji et Sambou, l'ancien ministre Ismaïla Madior Fall est revenu sur ses propos et a reconnu son "inadvertance"
L'ex ministre de la Justice n'a pas tardé à réagir par rapport à sa sortie polémique sur l'affaire Fulbert Sambou et Didier Badji. En effet, après avoir soutenu que l'amnistie couvre ces affaires, Professeur Ismaïla Madior Fall est revenu sur sa position en affirmant que cette affaire n'a aucun rapport avec la loi d'amnistie et parle « d'inadvertance » de sa part. Un rétropédalage qui fait suite à une avalanche de critiques contre l'ex garde des Sceaux.
Même un professeur de droit de la trempe d'Ismaël Madior Fall n'est pas infaillible par rapport à l'interprétation de la loi. Si, en effet, depuis plusieurs années, une certaine doxa pense à tort ou à raison que la raison politique dicte les raisonnements juridiques de l'éminent constitutionnaliste, cette fois-ci, c'est le principal concerné qui «confesse» son erreur. Invité de l'émission MNF sur 7tv, l'ancien ministre de la Justice a répondu de manière affirmative quand la journaliste lui a demandé si la loi d'amnistie couvre les affaires Fulbert Sambou et Didier Badji.
Une réponse qui a suscité une levée de boucliers contre l'universitaire, poussant ce dernier à revenir sur sa position. « ...Réagissant à une curieuse relance inattendue sur l'éventuelle intégration de l'affaire Didier Badji et Fulbert Sambou dans le champ d'application de la loi d'amnistie, j'ai spontanément et par inadvertance répondu par «en principe oui», rappelle Professeur Fall avant de confesser : «Je tiens à préciser que cette affaire n'a aucun rapport avec la loi d'amnistie. Ma réponse est tout simplement un lapsus dont je voudrais m'excuser auprès des téléspectateurs et de toutes les personnes que ces propos auraient choqués».
Toutefois, force est de dire que cette amende honorable de la part de l'ex chef de la diplomatie sénégalaise fait suite à une avalanche de critiques après sa sortie sur 7tv à commencer par l'ancienne Première ministre Aminata Touré. Tirant à boulets rouges sur son ancien collègue et camarade de parti, elle déclare : «Nous avons entendu avec effarement, de la bouche de l'ancien garde des Sceaux Ismaïla Madior Fall que l'affaire des gendarmes portés disparus Didier Badji et Fulbert Sambou serait couverte par la loi d'amnistie, Ah bon !»
Soulignant dans la foulée que le constitutionnaliste est mis en demeure d'expliquer aux Sénégalais le lien de la disparition par noyade des deux gendarmes et les événements politiques amnistiés.
Par ailleurs, elle pense que cette sortie de l'ancien ministre de la Justice est une raison de plus pour révoquer cette loi d'amnistie «qui porte atteinte aux droits des victimes», se désole l'ancien président du CESE. L'actuel directeur de la CDC qui a fait plusieurs mois de prison à cause d'un post sur Facebook relatif à cette affaire, parle quant à lui d'un «aveu implicite» de l'ex-garde des Sceaux. Mais Fadilou Keita promet que ce dossier sera tiré au clair.
Rappelons que les gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou ont été déclarés « disparus » depuis le 18 novembre 2022 par les autorités sénégalaises de l’époque. Le corps sans vie de Sambou a été retrouvé et remis à sa famille. Celui de Badji est toujours introuvable.
par Momar Dieng
UN LAPSUS RÉVÉLATEUR SUR LE SORT DE DIDIER BADJI ET FULBERT SAMBOU ?
Si l'ancien ministre de la Justice s'est ensuite rétracté, ses propos originels suggérant un possible lien avec les événements politiques amnistés ont provoqué l'indignation et relancé les soupçons sur les circonstances réelles de cette affaire
L’affaire Didier Badji-Fulbert Sambou est-elle couverte par la loi d’amnistie votée par les députés sous l’ancien régime le 6 mars 2024 et concernant les événements meurtriers survenus au Sénégal entre février 2021 et février 2024 ? A la question balancée par la journaliste Maimouna Ndour Faye sur le plateau de 7Tv, le Pr Ismaila Madior Fall, ancien ministre de la Justice, a répondu : « oui, en principe c’est inclus là-dedans », ajoutant que « la loi d’amnistie est large, hein. On y a mis tous les événements… »
Les gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou, sous-officiers des armées sénégalaises, ont été déclarés « disparus » depuis le 18 novembre 2022 par les autorités sénégalaises de l’époque. Le corps sans vie de Sambou a été « retrouvé » et remis à sa famille. Mais celui de Badji reste introuvable.
L’affirmation d’Ismaila Madior Fall est lourde de conséquences. Elle pourrait suggérer que les deux sous-officiers ont pu être éliminés pour diverses raisons dont une dite d’Etat que le régime de Macky Sall n’aurait pas voulu assumer. Une interprétation raisonnablement admissible d’autant plus que les conditions dans lesquels Didier Badji et Fulbert Sambou ont été déclarés disparus n’ont jamais été clairement explicitées par les autorités sénégalaises. La fébrilité du pouvoir à la simple évocation du dossier et sur les mystères qu’il porte ont couté plusieurs mois de prison à un responsable du parti Pastef, Fadilou Keïta, coupable de s’être interrogé - par amitié - sur le sort des deux gendarmes ?
La « bévue » oratoire de l’ex garde des Sceaux est-elle révélatrice d’une vérité cachée ?
Selon l’ancienne première ministre Aminata Touré, « Ismaila Madior Fall est mis en demeure hic et nunc d’expliquer aux Sénégalais quel est le lien entre la disparition par noyade supposée des deux gendarmes et les évènements politiques amnistiés ».
D’après elle, les propos de l’ex garde des Sceaux sont « une raison de plus pour révoquer cette loi d’amnistie qui porte atteinte aux droits des victimes ».
Le rétropédalage d’Ismaila Madior Fall ne s’est pas fait attendre. Dans un post tiré de sa page Facebook et rapporté par la plateforme Ma Revue de Presse, il s’explique :
« Je tiens à préciser que cette affaire n’a aucun rapport avec la loi d’amnistie. Ma réponse est tout simplement un lapsus dont je voudrais ‘excuser auprès des téléspectateurs et de toutes personnes que ces propos auraient choqués ». Il souligne avoir répondu « spontanément » et « par inadvertance » « à une curieuse relance inattendue » de la part de notre consoeur.
BOUGANE GUEYE ANNONCE UNE CONFÉRENCE PUBLIQUE LE 16 JUILLET
Selon un communiqué de son mouvement, il appelle à une «conférence publique sur les 100 jours de Diomaye/Sonko».
Tout comme le leader du PASTEF qui a animé une conférence publique avec les Jeunesses Patriotes du Sénégal (JPS) au Grand Théâtre, le leader de la coalition Gueum Sa Bopp va lui aussi tenir sa conférence le mardi 16 juillet au Grand Théâtre.
Selon un communiqué de son mouvement, il appelle à une « conférence publique sur les 100 jours de Diomaye/Sonko ».
Il va aborder les thèmes « du clientélisme, du populisme, du surendettement et de la misère » des Sénégalais qui couronnent selon lui les trois mois de gestion du nouveau régime.
Dans une récente vidéo partagée sur Seneweb, Bougane Guèye a exprimé ses doutes quant à la capacité de ce tandem à diriger le pays. «Tous ces politiciens n’ont jamais rien réalisé dans le pays», avait-il déclaré.
«Ce ne sont pas ces gens-là qui vont changer le Sénégal», remet une couche le leader de «Gueum sa bopp». Ces propos reflètent une profonde désillusion face aux promesses de changement portées par les autorités actuelles.
LE FRAPP CONDAMNE LA DÉCORATION DU GÉNÉRAL KANDÉ PAR LA FRANCE
Les activistes pensent que cet acte, bien qu’il puisse sembler honorifique, « est en réalité une manœuvre néocoloniale déguisée ».
Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (PRAPP) a déposé, ce vendredi, à l’ambassade française au Sénégal une lettre pour contester la décoration du général Kandé par le président français Emmanuel Macron. Les activistes pensent que cet acte, bien qu’il puisse sembler honorifique, « est en réalité une manœuvre néocoloniale déguisée ».
Le Front soutient aussi que cette décoration illustre une tentative de perpétuation de l’influence francaise en Afrique sous le couvert de relation bilatérale et s’interroge sur les motivations réelles de cette démarche qu’il juge «inacceptable et représente une ingérence flagrante dans les affaires souveraines du Sénégal ».
Parlant de la présence de l’armée française au Sénégal, le FRAPP exige au président Bassirou Diomaye Faye de se prononcer sur le retrait definif de la base militaire français installé à Dakar et ce dans les plus brefs délais. Il estime en effet que la diminution du nombre n’impacte en rien sur leur pouvoir de contrôler les États néocolonialistes.
En effet, selon le porte-parole du jour Souleymane Gueye, membre du secrétariat exécutif national, l’accord de défense signé en décembre 2023 entre le gouvernement française et celui du Sénégal prévoyant une réduction défectif des militaires français est insuffisant. Donc, poursuit-il «nous demandons au gouvernement actuel d’aller plus loin que cette réduction d’effectifs c’est-à-dire vers le retrait définitif de ces militaires françaises ainsi que toutes les forces militaires étrangères et dans un délai très court ».